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  • il y a 2 heures
Avec Philippe Spanghero
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##RUGBY_ECOXPERT-2026-06-27##

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Et justement, je pense qu'on est assez bien placé, et Philippe Swanguero particulièrement, pour parler de cette saison 2025
00:06-2026 qui confirme l'évidence, Philippe, le top 14 et le plus grand championnat du monde.
00:11Et se conclut donc cette saison ce samedi soir, après un exercice quand même marqué par des budgets en hausse,
00:18des records d'affluence, d'audience et un suspense constant.
00:23Oui, on peut dire ça. Alors, on l'a dit tout à l'heure, c'est la saison de tous
00:26les records du côté du top 14, en termes d'influence, en termes de budget moyen, et aussi en termes
00:33de spectacle sportif,
00:34puisqu'on finit cette saison avec plus de 7,2 essais de moyenne par match, des records explosés, 470 points,
00:44record absolu, 60 essais lors de la troisième journée, record d'essais, 61 essais lors de la quatorzième journée.
00:54Donc, en fait, on a tout au fil de la saison vécu des records, qu'ils soient sportifs ou économiques,
01:03directement ou indirectement, notamment quand on parle des affluences.
01:07Donc, voilà quel est l'état de notre rugby français, qui nous permet d'être quelque part euphorique par ce
01:15qu'on vit au quotidien et les perspectives aussi que ce rugby pro français nous offre,
01:20mais qui nécessite quelques points de vigilance, on y reviendra tout à l'heure.
01:25Oui, justement, alors le niveau de jeu, parlons sportif d'abord, Philippe, le niveau de jeu, je pense qu'on
01:30peut dire qu'on s'est régalé cette année.
01:31Il y a eu, en plus, il y a eu plusieurs phases. On a d'abord eu du jeu très
01:34ouvert avec, comme tu disais, beaucoup d'essais, et puis plus on s'est rapproché de la phase finale,
01:38plus on a vu un jeu émerger, porté un peu par le stade français, par le racing, par Montpellier, un
01:45jeu, j'ai pas envie de dire plus restrictif, mais plus cohérent, plus structuré,
01:52et plus assez proche du niveau international, en fait.
01:57Oui, il y a aussi une stat, alors je ne l'ai pas vu dans les records quand j'ai
02:02préparé cette chronique, mais sur les standards de discipline.
02:06On en a parlé souvent, mais les équipes qu'on a retrouvées en phase finale, c'est des équipes qui
02:10ont été extrêmement disciplinées,
02:12et on a parlé régulièrement des standards internationaux, et ces équipes-là s'en sont rapprochées aussi.
02:17Donc ça rejoint un peu ce que tu disais, quand on est monté en puissance sur la fin de cette
02:21phase régulière,
02:22et dans la préparation de ces phases finales, on a vu des équipes restreindre un peu le jeu,
02:27très solides, très homogènes défensivement, et aussi extrêmement disciplinées.
02:34Effectivement, donc le top 14 quand même, historiquement, a toujours été dans la danse pour être ou non le meilleur
02:40championnat du monde.
02:41Ça a même parfois été un argument de vente du diffuseur, mais aussi le super rugby l'a utilisé,
02:46le championnat anglais l'a utilisé aussi au début des années 2000,
02:49mais là, il y a eu des débats légitimes pendant longtemps.
02:53Aujourd'hui, moi, de mon point de vue personnel, je pense qu'il n'y a plus de débats légitimes.
03:00C'est le top 14, c'est tout.
03:02Il n'y a plus aucun débat légitime, peu importe l'angle où on le...
03:08Oui c'est ça, sportif, financier, audience, économie, voilà, il n'y a plus match.
03:14Alors, sur le sportif, il y aura toujours une forme de discussion,
03:18puisque, en effet, on n'est pas capable de se comparer encore.
03:23Enfin, on verra ce qui va se passer avec cette nouvelle formule de championnat du monde des clubs,
03:30qui va émerger prochainement entre les meilleures nations du Sud et du Nord,
03:36pour une espèce de super phase finale.
03:37Et donc, à ce moment-là, on pourra aussi définitivement régler la question sportive.
03:42C'est la seule question en suspens aujourd'hui.
03:44Mais aujourd'hui, la réalité, on le dit assez souvent,
03:47c'est que le rugby français est le seul championnat du monde
03:50qui a de vraies divisions professionnelles dignes de ce nom,
03:52et qui, d'un point de vue de son économie,
03:56écrase toutes les autres compétitions et tous les autres championnats du monde.
03:59Il y a eu un match au début des années 2000 avec les Anglais,
04:02qui avait une économie qui était plutôt saine, qui était solide,
04:07des affluences qui étaient un peu supérieures aux nôtres,
04:10et un rugby anglais qui se portait bien dans son ensemble
04:12et dans ses relations entre ligue et fédération.
04:15Et puis, assez vite, les Anglais ont décroché.
04:17C'est autour des années 2010 qu'on a vu ce rugby anglais
04:22prendre un peu de distance par rapport au rugby français,
04:25qui, lui, n'a pas cessé de développer son potentiel et sa croissance.
04:32Et ça nous amène où on est aujourd'hui,
04:34c'est-à-dire à un championnat qui n'a plus d'équivalent dans le monde.
04:39Plus aucun équivalent dans le monde, effectivement.
04:42Et en plus, tu parles de tous ces points-là,
04:45mais l'économie jour de match, on fait presque de la macroéconomie,
04:48mais c'est très intéressant parce que ce qui se passe en France,
04:50c'est que, oui, il y a un diffuseur exceptionnel,
04:54qui est Canal+, qui donne beaucoup d'argent.
04:56Oui, il y a des mécènes, mais il y a une économie jour de match aussi,
05:00qui est un véritable moteur de ce sport, qui grossit.
05:03Et ça, c'est à mettre au crédit des clubs et de leurs initiatives.
05:07Bien sûr, on en a parlé aussi régulièrement cette saison.
05:10L'enjeu des infrastructures, on le dit assez souvent,
05:13mais l'économie de notre sport, elle repose sur les revenus jour de match.
05:17Et aujourd'hui, l'équation, elle est assez simple.
05:19C'est-à-dire qu'il y a des droits télé avec le diffuseur Canal+,
05:22qui sont signés pour des durées assez longues.
05:24Donc, vous savez ce que vous allez récupérer comme cote-part sur les droits télé.
05:29Avec les sponsors, le contexte économique est toujours un peu compliqué.
05:32Donc, c'est difficile d'aller sur des évolutions en termes de montant de partenariat
05:38qui soit très significatif par rapport à ce qui se fait déjà aujourd'hui
05:41et qui est plutôt bien fait par les clubs.
05:44Donc, le levier de croissance, c'est l'économie jour de match,
05:46parce qu'on voit qu'il y a un public de plus en plus nombreux
05:50qui souhaite aller au stade
05:51et qui souhaite vivre l'expérience de jour de match.
05:54Et ça, j'en ai parlé souvent.
05:55L'enjeu, c'est de faire vivre une expérience au spectateur.
05:58Et ça, de nombreux clubs l'ont compris assez tôt.
06:01Faire rester le public après les matchs,
06:03le faire arriver assez tôt avant les matchs
06:05pour qu'il consomme au-delà de sa place de match, simplement.
06:09Et donc, c'est ça qui est la grande différence ces dernières saisons.
06:13C'est ces clubs qui ont pris le virage de leurs infrastructures
06:16et donc qui amènent l'économie encore renforcée
06:19et, quelque part aussi, qui renforcent l'économie réelle.
06:24On a dit souvent qu'on était dans une économie virtuelle
06:26dans le rugby français et c'était plutôt vrai.
06:29Et moi, ce que je souligne particulièrement
06:31dans la dernière étude de la LNR,
06:33c'est qu'on revient à une forme de sagesse
06:35de la part des présidents de clubs de top 14 et de pro D2,
06:39mais particulièrement de top 14.
06:40On a eu une période dans laquelle on était dans une forme
06:43de bulle spéculative qui s'est beaucoup réduite,
06:46qui est quasi inexistante aujourd'hui,
06:48avec des déficits cumulés de clubs
06:51qui sont en diminution chaque saison.
06:55Vous êtes sur Sud Radio, sur la radio du rugby,
06:57au cœur de la chronique de Philippe Spanguero
06:59pour parler de l'économie du rugby,
07:00en avant l'éco, éco-expert, évidemment.
07:04On a une heure et demie, du coup, d'envoi de la finale
07:06et on parle évidemment de ce top 14,
07:08de ce produit top 14 qui est exceptionnel,
07:10justement au regard du produit top 14,
07:13de son rayonnement.
07:14Est-ce qu'il est légitime de dire, par exemple,
07:16qu'Antoine Dupont ou Louis Bielbiaret
07:17sont aussi importants pour le produit
07:19que Canal+, ou Sud Radio, ou Médiolympique, par exemple ?
07:26J'ai beaucoup de mal à aborder la question
07:28sous cet angle-là, parce qu'en fait,
07:30elle n'a pas lieu d'être,
07:31parce que sans amplification médiatique,
07:34ils n'existent pas.
07:35Je veux dire, tout le monde fait sa part ?
07:37Bien sûr, tout le monde fait sa part.
07:38Alors, attention, ce n'est pas du tout péjoratif,
07:40ce que je veux dire.
07:40On parle de joueurs exceptionnels
07:42qui, sur le terrain, font tout ce qu'il faut
07:44pour avoir ce statut-là.
07:45Le statut n'est pas du tout usurpé.
07:47Mais aujourd'hui, ce qui fait ce statut,
07:49et cet impact médiatique,
07:51c'est la caisse de résonance médiatique.
07:53C'est nous, médias, et c'est les réseaux sociaux.
07:57Et donc, quelque part, tout ça est interdépendant.
08:01Donc, le rugby a besoin de têtes d'affiches.
08:05Les médias ont besoin de têtes d'affiches.
08:07Les têtes d'affiches, pour exister,
08:09ont besoin des médias,
08:10ont besoin de jouer dans des stades pleins.
08:14Et donc, voilà, tout ça est interdépendant.
08:16Mais une chose est sûre,
08:17c'est qu'on a beaucoup parlé de ça aussi.
08:19Le rugby français a trouvé un vivier de têtes d'affiches,
08:26au-delà d'Antoine Dupont,
08:28qui cristallise beaucoup les débats
08:30et qui capte à lui tout seul beaucoup l'attention.
08:33Mais aujourd'hui, il y a quand même beaucoup de joueurs.
08:35On parle, bien sûr, de Louis-Biarré.
08:38On parle aussi de Mathieu Jalibert,
08:40d'un Romain Intama,
08:41qui n'a pas été épargné par les blessures,
08:42mais qui était une des têtes d'affiches
08:44très fortes de cette équipe de France.
08:46Donc, on a des joueurs au très fort impact médiatique.
08:50On peut parler d'un Gaël Ficou,
08:52qui a quitté la sélection,
08:54mais qui avait une place aussi très importante médiatiquement.
08:57Thomas Ramos,
08:58qui a pris une dimension aussi médiatique importante
09:02ces derniers mois et ces dernières années.
09:04Donc, voilà, on a la chance aussi,
09:08au-delà d'avoir ce modèle économique qui se porte bien,
09:12d'avoir des joueurs qui, par leur niveau sportif,
09:15mais aussi par leurs attitudes,
09:17servent le produit et le storytelling dont le rugby a besoin.
09:21Oui, justement, on parle de produits,
09:23mais c'est vrai qu'il y a un produit aussi
09:26qui est là, qui est en place.
09:28On parle beaucoup, il y a beaucoup de débats
09:30ces dix dernières années sur la formule du top 14.
09:32Faut-il passer à 12, à 16 clubs ?
09:35Mais pourquoi faudrait-il changer, Philippe ?
09:38Alors, le gros débat autour de la formule,
09:41c'est pour les dates.
09:42Parce qu'on se rend compte,
09:44et Florian Grille nous le redisait tout à l'heure,
09:46et c'est l'enjeu majeur,
09:47c'est la santé des joueurs.
09:48Tout le monde s'accorde à dire que l'enjeu majeur
09:52dans le rugby de demain,
09:53c'est la santé des joueurs.
09:54Mais comme je le disais tout à l'heure,
09:56c'est un peu schizophrène,
09:57parce qu'on sait aussi que l'économie,
09:59elle repose sur les jours de match.
10:00Donc, plus on joue, plus l'économie est solide.
10:04Et donc, au milieu de tout ça,
10:05il y a l'équation sportive de la santé des joueurs,
10:08et qu'il faut faire cohabiter.
10:11Donc, c'est très compliqué.
10:13Donc, pourquoi 14 ?
10:15Parce qu'aujourd'hui, on s'en rend bien compte,
10:18cette saison, Montauban a décroché très tôt,
10:21et si on parle de tous ces records,
10:24et notamment des records de points,
10:25c'est en partie quand même dû au fait que Montauban a pris en moyenne,
10:30cette saison, un nombre de points
10:31qu'ont très rarement pris les promus de deuxième division
10:37en intégrant le top 14.
10:39Donc, sans faire offense à Montauban,
10:42mais ces records de points,
10:44ils sont aussi dus à ça.
10:45Mais on se rend compte qu'à part Montauban cette saison,
10:49et même une équipe comme Vannes la saison dernière qui est descendue,
10:52Vannes méritait sa place en top 14,
10:54d'un point de vue sportif,
10:56et de ce qu'ils nous ont offert en termes de niveau de jeu.
10:59Donc, on peut se dire qu'il y a la place pour 14 équipes dans le rugby français,
11:03notre économie nous le montre,
11:05et si on fait abstraction de l'équation des dates,
11:09et de la santé des joueurs, et du nombre de matchs,
11:11je crois qu'il n'y a pas beaucoup de débat à avoir.
11:13Notre économie a besoin de matchs,
11:15et aujourd'hui, réduire le top 14 à un top 12, par exemple,
11:20pourrait être une bonne idée,
11:21parce que ça libérerait finalement une ou deux dates,
11:23mais ça ne changerait pas vraiment la donne
11:25par rapport aux accords qui ont été passés
11:27entre la Ligue et la Fédération,
11:29notamment sur la mise à disposition des joueurs
11:31et les temps de récupération.
11:32Mais surtout, ça mettrait nos clubs en difficulté financière.
11:38Philippe, un mot, un seul,
11:39pour résumer cet exercice 2025-2026.
11:42Alors, on n'a pas beaucoup de temps,
11:44mais j'aurais quand même aimé dire...
11:45Deux mots, des points de vigilance.
11:47J'ai le temps ou pas ?
11:48On est en retard, retard.
11:50Alors, il y a deux sujets.
11:52Le sujet du salaricap,
11:53qui est un vrai point de vigilance,
11:55parce qu'en ce moment, il y a des vrais enjeux,
11:57et le stade toulousain a eu le mérite
11:59de mettre sur la table des questions
12:00qui sont importantes pour le rugby français,
12:02mais c'est un point de vigilance majeur,
12:04parce que notre économie ne permet pas
12:07de faire beaucoup mieux que ce qu'on fait aujourd'hui.
12:09Alors, il y a des droits d'image qui doivent être discutés.
12:13Ça, c'est l'enjeu majeur pour moi du rugby pro des prochaines semaines.
12:18Là, on parle du très, très court terme.
12:20Et à horizon moyen-long terme, il faut aussi rester très vigilant,
12:23parce que notre économie devient de plus en plus dépendante
12:25de ses droits télé avec Canal+,
12:27qui a été un partenaire extrêmement bienveillant,
12:30et qui a peut-être, à certains moments,
12:32un peu surpayé le produit.
12:34Et donc, ça, il faut quand même garder en tête
12:36que notre économie, elle peut être un peu fragile,
12:39parce qu'à moyen, à long terme,
12:42on est quand même assez dépendant du diffuseur Canal+,
12:45et il y a peu de concurrents qui sont susceptibles
12:49de mettre les montants investis par Canal.
12:51Ça, c'est pour être un peu plus mesuré
12:53sur l'avenir du rugby français,
12:56tout en étant quand même ambitieux.
12:58Et un mot pour décrire cette saison,
13:00je dirais que...
13:02Un seul mot.
13:04Abouti, abouti.
13:06Abouti, voilà.
13:07C'est le mot de Phyllis Pond.
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