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  • il y a 20 minutes
Avec Gautier Caton, Porte-parole de la Fédération Nationale du Funéraire



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##A_LA_UNE_WK-2026-06-28##

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Transcription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Il est 8h23 sur Sud Radio et à la une ce matin, la canicule qui frappe tous les services jusqu
00:11'aux conséquences tragiques que l'on connaît,
00:13à savoir le risque d'une surmortalité, peut-être même une surmortalité qui est déjà efféltique.
00:18Bonjour Gauthier Gatton.
00:19Bonjour.
00:20Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:21De bonne humeur, 11 dimanche, porte-parole de la Fédération Nationale du Funéraire.
00:25On avait envie de vous entendre ce matin parce que la petite musique monte de plus en plus auprès du
00:29SAMU, auprès des pompiers, auprès même des ministres.
00:32Je me permets simplement de regarder la presse ce matin.
00:34Une ministre de la Santé qui assure qu'on observe un nombre de décès supérieur à la normale et un
00:39ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui l'assure.
00:42En réalité, non, la canicule ce n'est pas un fiasco.
00:45On constate une surmortalité, notamment à Paris et dans sa agglomération.
00:48Alors, Gauthier Gatton, vous qui êtes porte-parole de la Fédération Nationale du Funéraire, ce matin, dans quel état sont
00:54vos services aux chambres funéraires ?
00:56Alors, la situation est déjà très différente selon les villes de France.
01:02Mais si vraiment on fait un focus sur Paris, qui est vraiment la partie la plus impactée du territoire,
01:09sur l'Intramuros, les chambres funéraires, il n'y aura que deux chambres funéraires.
01:12Donc, les deux sont complètes.
01:16Ensuite, les défunts sont donc transférés sur les chambres funéraires de la première couronne.
01:21Puis ensuite, on doit décaler de nouveau vers des chambres funéraires plus éloignées,
01:27jusqu'à des situations où, si nécessaire, on doit aller en dehors de l'île de France.
01:32Et alors là, on s'est concentré sur la capitale, puisque les chiffres sont frappants.
01:35Mais quand on regarde ailleurs en France, et ce qu'à de côté, notamment des grandes villes, je ne sais
01:38pas moi,
01:39par exemple Lyon, Toulouse, Marseille, on observe plus ou moins le même phénomène ?
01:44Alors, ce n'est pas forcément lié à des grandes villes,
01:47parce que la Fédération Nationale du Funéraire a des référents dans chaque région.
01:51Et donc, du coup, régulièrement, on fait un sondage, et ce n'est pas forcément lié aux grandes villes.
01:58En tout cas, Paris est un mauvais exemple, évidemment.
02:00Mais sinon, par exemple, à la région Centre-Val-de-Loire, dont je suis moi, à Orléans, on vit la
02:05même situation.
02:06La même situation qu'à Paris, vous voulez dire ?
02:09Oui, oui, qu'à Paris.
02:10Avec une surmortalité évidente.
02:12On a des chambres funéraires qui sont évidentes.
02:14Depuis jeudi.
02:15Particulièrement depuis jeudi.
02:17Et pour le moment, ça ne s'arrête pas.
02:19Mais alors, quel est le terme peut-être à utiliser ?
02:23Parce qu'on entend les officiels, c'est-à-dire les ministres,
02:26certains responsables des professionnels de santé, évoquer un risque de surmortalité.
02:30Vous, pardonnez-moi de l'exprimer ainsi, mais qui êtes d'une certaine manière en bout de chaîne,
02:35quel est le mot adéquat pour décrire la situation ?
02:38Parce que je pense à tous ceux qui nous écoutent,
02:39qui entendent des chambres mortuaires qui sont débordées,
02:43avec la nécessité d'aller ailleurs, notamment quand on prend l'exemple de la capitale.
02:47C'est quoi le bon terme pour décrire la situation que vous traversez ?
02:50La situation, on pourrait la décrire déjà d'exceptionnelle,
02:54parce qu'évidemment, on a connu ce type de période que deux fois sur les 30 dernières années,
03:02c'était 2003 et le Covid en 2020.
03:05En tout cas, à Paris, clairement, c'est comparable.
03:08Et à ce stade, c'est pour nous une situation de grande tension,
03:16mais nous, on reste des professionnels.
03:20Le plus dramatique et la plus grande problématique, c'est pour les familles,
03:23parce qu'il y aura deux conséquences directes.
03:27C'est des conditions de recueillement qui seront dégradées par les distances,
03:30parce que vous pouvez très difficilement vous recueillir auprès de votre proche,
03:33qui se trouvera à une heure de chez vous.
03:36Et dans un second temps, ce qu'on n'a pas encore évoqué,
03:39c'est l'allongement certain des délais que les familles vont subir,
03:43d'inhumation ou de crémation,
03:45parce que si cette vague de décès continue,
03:48et déjà maintenant,
03:49il y aura inévitablement des délais de crémation qui seront très longs,
03:54donc une situation qui ne va pas se résorber rapidement.
03:58Mais Gauthier Caton, j'aimerais juste revenir sur ce que vous venez de dire un instant,
04:02en rappelant que vous êtes le porte-parole de la Fédération Nationale du Funéraire.
04:04Vous avez dit qu'on a connu ça à deux moments,
04:06en 2003 et durant la Covid.
04:08Là pourtant, on nous assure que l'État a été préparé,
04:11que c'est une situation à laquelle elle était parée.
04:13Or, vous donnez quand même deux exemples, dans vos souvenirs,
04:16où l'État a fait preuve d'une impréparation totale,
04:19et avec le recul, on se dit que c'est catastrophique.
04:21Pour vous, on risque de revivre plus ou moins les mêmes éléments
04:24qu'en 2003 avec la canicule et qu'avec l'équilibre de la Covid ?
04:27Alors, ce qui est nouveau en France, depuis 2003 en particulier,
04:31c'est qu'il y a près de 1000 chambres funéraires en plus qui équipent le territoire.
04:35Donc, la capacité d'accueil a évolué significativement,
04:39donc on n'est pas dans le même périmètre que 2003.
04:42La problématique principale de Paris et d'Île-de-France,
04:44c'est que la mortalité est différente.
04:48Là, en l'occurrence, par la canicule,
04:49on a un sentiment de surmortalité dans les domiciles,
04:53dans des lieux qui ne sont pas forcément hospitaliers.
04:56Pourquoi c'est le sentiment de mortalité ?
04:59Parce que nous, on n'a pas de visibilité sur les décès dans les hôpitaux
05:03et on n'a pas de visibilité sur la saturation des chambres mortales des hôpitaux.
05:07Nous, ce qu'on a en visu, c'est le nombre de défunts
05:11qu'on a dû transporter vers nos chambres funéraires depuis des domiciles.
05:15D'accord, c'est saisi.
05:17Et on a bien entendu aussi la comparaison,
05:19avec un dernier point que vous mettez en exerce ce matin,
05:22côté Caton, à savoir aussi un risque d'allongement
05:26pour toutes les démarches et notamment pour toutes les crémations
05:29dans les prochaines semaines, ça c'est une évidence.
05:31C'est une évidence et pour nous, c'est presque cette situation
05:35qui va être la plus compliquée.
05:37Oui, parce que le problème, c'est que les chambres funéraires
05:40ne vont pas se vider parce que les défunts resteront en chambre funéraire
05:46le temps du recueillement est jusqu'à la crémation.
05:49Et ça veut dire que d'un délai moyen de conservation d'un défunt
05:52de peut-être 4 ou 5 jours, on va être contraint de respecter les délais
05:56des crématoriums, de 8 ou 10 jours peut-être.
05:59Et ça veut dire qu'on ne va pas gagner de place dans les chambres funéraires.
06:02C'est pour ça qu'on s'inquiète un peu de la situation,
06:05au moins déjà à partir de la semaine prochaine.
06:07Merci beaucoup, Gauthier Gatton, d'avoir été avec nous,
06:09porte-parole de la Fédération nationale du funéraire
06:11pour nous aider à comprendre.
06:13On a bien senti, bien sûr, je reprends vos termes,
06:15exceptionnels la période que nous vivons avec deux points de comparaison,
06:18quand même, 2003 et la Covid avec, certes, des améliorations,
06:21des progressions, parce que l'État s'était mieux préparé,
06:23notamment dans la démarche ensuite, mais en termes d'exceptionnalité de la chose,
06:27on est à ces points de comparaison.
06:28Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
06:30Il est 8h29 et dans un instant, c'est le débat avec nos éditorialistes.

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