00:00Ma réaction est malheureusement assez simple. On peut qualifier de toutes les horreurs, soutenables, intenables, atroces, horribles.
00:08Mais malheureusement, ce n'est pas la première fois. On tient la solide d'alarme depuis des lustres.
00:13Mes collègues policiers sur le terrain, eux, le voient avec une dangerosité de plus en plus accrue.
00:18Des jeunes de plus en plus jeunes face à eux, une délinquance dénisibée avec une violence exaspérée.
00:24On se retrouve dans une situation qui devient intenable. Ça fait des mois, des années qu'on le dénonce.
00:29On s'aperçoit que malheureusement, pas grand monde est sanctionné.
00:32Quand on parle d'excuses de minorité, quand on voit de tels actes, je ne suis pas sûr que ça
00:35a lieu d'exister.
00:36Déjà, il y a deux majeurs dedans.
00:38Et ce qu'on s'aperçoit surtout chez les jeunes, c'est qu'on n'a plus de notion.
00:42On n'a plus de notion de rien.
00:43C'est-à-dire qu'on provoque des violences, mais alors inouïes.
00:49Et on arrive quand même à orchestrer l'assassinat.
00:52C'est-à-dire qu'on arrive à filmer, on a tendance peut-être à revenir sur le terrain.
00:56Il n'y a plus de limites.
00:57Et ils n'ont pas les notions des conséquences.
01:00C'est-à-dire qu'on va tuer un homme, un être humain, c'est de la chair à canon,
01:05c'est tout.
01:05C'est terminé, on passe à autre chose, on s'amuse, on rit et on arrive même à se sourire
01:08quand on fait des vidéos.
01:10Donc ce qui est arrivé là, malheureusement, ça arrive souvent.
01:13Il y a des règlements de compte.
01:14Il y a eu des soucis comme ça avec des jeunes tués à coups de couteau.
01:17Rappelez-vous, il y a quelques temps dans l'Isère.
01:20Voilà, je reste dubitatif.
01:22L'État ne fait rien.
01:23Le gouvernement, j'ai l'impression qu'il dort parce qu'il est bien au courant de la situation.
01:27Et je pense que même le ministre de l'Intérieur là-dessus, il est désemparé.
01:32Parce que derrière, c'est le garde des Sceaux et la justice, de manière générale, avec la fameuse indépendance de
01:36celle-ci.
01:37On est surtout dans une situation où il y a un laxisme prégnant.
01:40Maintenant, tous les citoyens le savent.
01:42Alors là, votre présentateur, enfin le journaliste, dit il y a un avant, un après.
01:46On l'a dit dix fois qu'il y a un avant.
01:47Dix fois, on l'a dit, oui.
01:48Il y a malheureusement un avant et on reste toujours pareil.
01:51Et sur l'IANA, c'est ce qu'on a dit aussi, qu'on répète.
01:53Et on pourrait, la liste des prénoms des victimes est longue.
01:57C'est exactement.
01:58Et ce que je peux dire, c'est que malheureusement, ça on va le revoir très très souvent, de plus
02:01en plus souvent, avec des individus de plus en plus jeunes.
02:04Et pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'on fait ?
02:05On attend.
02:05Et je crois qu'il y a urgence, évidemment, de faire quelque chose.
02:09Alors, on reviendra sur cette affaire dramatique et les questions que posait Jean-Luc Thomas sur l'aide sociale à
02:15l'enfance.
02:15Mais si vous êtes avec nous aujourd'hui, c'est que c'est un policier révolté que nous accueillons, mes
02:21amis.
02:22Révolté, je rappelle que vous êtes secrétaire général Alliance Police Nationale.
02:26Vous parlez au nom de votre syndicat.
02:28Révolté, vous organisez donc le 30 juin prochain une manifestation devant Bercy.
02:34Quelles sont les raisons précises de cette colère ?
02:36Quelle est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ?
02:39Je dirais qu'il y a beaucoup de gouttes d'eau.
02:42Mais il y en a une particulièrement.
02:43Oui, c'est l'accumulation de plein de choses.
02:45C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, en effet.
02:47Il y a eu une augmentation des commissaires soudaines, du jour au lendemain, qui est tombée, avec une somme certaine.
02:54C'est à dire plus de 1300 euros quand même.
02:55Vous êtes dit deux poids de mesure.
02:56Et on s'est dit, il y a un moment où, moi je ne suis pas dans la lutte des
02:59classes, le commissaire prend une augmentation, mais oublions pas tous mes collègues sur le terrain, qui eux triment, où il
03:04y a de plus en plus de blessés.
03:05Je ne vais pas revenir sur l'affaire du PSG, où il y a eu 300 blessés en une soirée.
03:08Et puis on a une pensée pour ceux qui oeuvrent en ce moment avec des 40 degrés aussi.
03:11Exactement, où on se retrouve dans des situations où on nous promet plein de choses et que l'engagement de
03:16l'État n'existe plus.
03:17On a une mise d'intérieur qui m'a dit, d'ailleurs la semaine dernière, qu'il allait se battre
03:20pour finir la loi d'orientation de programmation que M. Darmanin avait signée, mais qu'au final, on ne voit
03:26rien arriver.
03:27Donc on se retrouve dans une situation où on ne peut plus exercer.
03:30On n'a plus les moyens d'exercer.
03:32Il faut savoir qu'un guerrier de la paix, alors pour certains c'est une somme importante, et je peux
03:36le comprendre, un guerrier de la paix, il travaille le jour, la nuit, les week-ends, les jours fériés, il
03:41fait 2000 balles nettes par mois.
03:43Et en dehors de ça, le fait de faire 2000 balles nettes par mois...
03:452000 balles nettes par mois, comme vous dites, avec tous les risques en courant.
03:48Exactement.
03:48Il ne faut pas les oublier non plus.
03:49Avec le côté létal, en service et hors service.
03:52C'est-à-dire que quand vous êtes flic, vous êtes souvent été flic et vous rencontrez parfois les mêmes
03:56individus en dehors de votre métier de policier.
03:58Et quand il se passe quelque chose, même quand vous êtes en civil, vous devez d'intervenir.
04:02On ne peut plus travailler comme ça.
04:03Donc il y a un problème de salaire, il y a un problème d'indicière et d'indemnitaire, il y
04:07a un problème de reconnaissance surtout.
04:08Parce qu'on ne se voit pas que pour de l'argent.
04:10On veut que le flic soit reconnu, considéré, respecté.
04:14Et aujourd'hui, il ne l'est pas.
04:15Il ne l'est pas à travers certains politiques, qu'on dénonce ici souvent, mais il ne l'est pas
04:18à travers certains membres du gouvernement.
04:20Et il ne l'est pas à travers une certaine catégorie de population qui se permet de dénigrer le policier,
04:26de le violenter.
04:26Et au final, malheureusement, l'indulgence, le laxisme qu'on connaît derrière avec la justice, rien ne se fait.
04:32Donc soit on tire le sonnet d'alarme et on veut que force doit rester à la loi et que
04:39le citoyen, lui, il a envie d'avoir une certaine sécurité, la liberté.
04:42C'est une des priorités des Français, on l'aurait peut-être suffisamment sur ces plateaux.
04:45Et on ne peut plus. Aujourd'hui, on ne peut plus.
04:48Fabien, c'est votre syndicat qui appelle à cette mobilisation. Est-ce que vous lancez un appel aux autres syndicats
04:55aussi ?
04:56Alors, on a lancé un appel à toutes les organisations syndicales et celles-ci nous ont déjà répondu.
05:00On a commencé, nous, il y a plus de deux ans, rappelez-vous, on était devant l'Assemblée nationale déjà.
05:04C'est vrai, on n'a pas oublié.
05:04Il y avait même M. Rotaillot qui était venu alors qu'on critiquait son budget. Il était venu nous défendre.
05:09On était tout seuls.
05:11Bon, aujourd'hui, le syndicat concurrent, néanmoins, l'unité, nous a rejoints et a donc salué l'initiative et sera
05:17avec nous.
05:17Et les autres organisations syndicales, Synergie Officier, qui dépend de la CFE-CGC comme nous, sera là, le SNIPAD pour
05:24les administratifs.
05:24Donc, il y aura beaucoup d'organisations syndicales qui seront présentes parce que là-dessus, il faut être unanime.
05:30On pense tous la même chose. Il n'y a pas de divergence.
05:32Il n'y a pas d'étiquette.
05:33Exactement. On n'est pas là. On est là avant tout. Il y a une idéologie syndicale où l'Alliance
05:38n'est pas l'unité.
05:39Loin de là même, heureusement. Mais par contre, pour défendre le policier, on le défend tous.
05:42On sait ce que vit le policier sur le terrain et on voit ce qu'il vit.
05:46Donc, il faut faire la part des choses. Et je salue l'intelligence des uns des autres.
05:49On est à l'initiative, forcément. On est syndicat, entre guillemets, majoritaire, leader.
05:54Mais bien entendu, que les autres soient là, on les salue, on les accueille. J'espère qu'on sera très
05:57nombreux.
05:58Alors, Fabien, merci d'avoir choisi CNews pour lancer cet appel. Je vous en remercie, évidemment.
06:04Admettons que vous ayez votre ministre ou ceux qui nous gouvernent face à vous.
06:08Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire là ? Profitez de ce moment d'antenne.
06:12Je lui ai déjà dit de...
06:13Mais c'est bien de le répéter. J'ai l'impression que parfois, on n'entend pas les choses.
06:16Et les messages les plus simples sont les plus efficaces.
06:19Lui, il ne pourra pas le dire, ce que je vais dire là. Mais moi, je vais le dire à
06:22sa place.
06:23Il soutient les flics. Il aime les flics, objectivement. Je ne suis pas dans la lutte des classes. Je ne
06:27suis pas dans la guerre idéologique, politique.
06:30Donc oui, mais il est impuissant. Il est impuissant parce que face à lui, il y a tellement un rouleau
06:34compresseur d'un gouvernement
06:36qui veut tout, sauf la sécurité et la police.
06:38Vous avez une justice ou un garde des Sceaux, malheureusement, avec tout le respect qu'on lui donne aussi à
06:42celui-ci.
06:43Fais ce qu'elle veut quand elle veut. Et on peut faire 25 circulaires d'une façon ou d'une
06:46autre.
06:46Aucune n'est appliquée. Et on se retrouve dans une situation inconcevable et infaisable.
06:51Donc, ce que je lui dis, c'est dénonce au moins les choses. C'est-à-dire, dis les mots.
06:56Les collègues ont besoin de l'entendre.
06:57Dis-leur souvent que tu les soutiens. Et fais en sorte de dénoncer. Il ne devient pas un politique. Il
07:03reste un vrai flic.
07:05C'est tout ce qu'on lui demande. Après, qu'il se batte, comme il me dit aujourd'hui, et
07:08j'espère qu'il le fera, mais je n'en doute pas,
07:09qu'il se batte à Bercy et qu'on fasse en sorte d'obtenir satisfaction.
07:13Et vous tutoyez le ministre ?
07:15Alors, je le tutoie, c'est un grand mot.
07:19Donc, ça reste un policier, mais on s'est connu. Vous savez, il a fait tellement d'étapes.
07:22Non, mais j'ai remarqué du tout. Permettez-moi de le souligner.
07:25Exactement, vous avez moins de le dire.
07:25Non, mais je vous en prie.
07:26On a fait tellement d'étapes qu'on se connaît malheureusement depuis 20 ans.
07:29On n'est pas toujours en phase loin de là. Et puis, je l'ai pu m'exprimer dernièrement là
07:32-dessus.
07:33Mais en même temps, il faut lui reconnaître des qualités. Il a ses défauts. J'ai sûrement les miens.
07:37Moi, je suis là pour défendre les policiers, me battre.
07:39Et je ne suis pas là pour être copain avec un tel ou un tel.
07:41Aujourd'hui, c'est lui. Demain, c'est un autre.
07:44Moi, ce qui compte, c'est que le policier obtienne parce qu'il a besoin d'obtenir.
07:46Parce qu'aujourd'hui, c'est dangereux pour lui sur le terrain.