00:02Relativement succulent, ça s'est relativement bien passé.
00:07Mais où sont ces gens ?
00:10Que font-ils ?
00:12Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ?
00:15Qui c'est sur le cornu ?
00:17Il a vécu où ?
00:20Comment il peut arriver à dire une chose pareille ?
00:23Coupé à ce point de la réalité ?
00:26En fait, on a l'impression que les gens ne voient plus ce qu'ils voient.
00:33Ils ne voient plus ce qu'ils ont sous les yeux.
00:37Et ce qu'on a sous les yeux, je vais vous dire, c'est la décadence sur ces images.
00:45C'est-à-dire en fait une forme de suicide civilisationnel.
00:49Tout s'effondre.
00:50La parole, les manières, les émotions.
00:54Voilà la fête de la musique.
00:57Tout est en train de partir par le fond.
01:01Un peuple qui s'abattardit et que les hideurs indiffèrent.
01:10La dissolution des êtres humains dans une animalité musicale, post-musicale.
01:21Où est passée la musique ?
01:26Moi, je me souviens des premières fêtes de la musique et je me souviens de la musique à Paris quand
01:30j'étais enfant.
01:32Où est passé le musical de Saint-Germain ?
01:36Où est passé le café-concert de Montmartre ?
01:41Où sont passées les sérénades, les barcaroles de Procope, le trompettiste de la rue de Bussy, l'orchestre d'Archie,
01:51la rue des Beaux-Arts, etc.
01:54Ça, c'était de la musique variée, certes.
02:00Mais les cantinelles des bords de Seine, c'était de la musique.
02:03Et là, on a quoi ?
02:05On a un déversoir de vomissures sonores avec un peuple qui devient foule, qui devient flux et qui est asservi
02:19à la discordance.
02:21Avec des sons qui rentrent par les pores transpirants et qui ressortent par la sudation dégoulinante du corps dégingandé.
02:35C'est ça qu'on voit, la fête de la musique.
02:39Où est passé l'homme du goût, du raffinement français ?
02:44Qui disait avec Saint-Ix-Jubéry, rien qu'à entendre un chant villageois du 15e siècle, on mesure la pente
02:53descendue.
02:55En fait, c'est Philippe Meurey qui a tout dit.
02:58On a eu, avec la fête de la musique, Homo Festivus.
03:03Homo Festivus, c'est l'homme d'aujourd'hui de la post-musique, de la post-mémoire, de la post
03:11-histoire.
03:11Alors il est sur, je le rencontrais tout à l'heure, c'est un patineur avec les rollers, il ne
03:20pense plus rien, il communique.
03:24Et il est fluide, grégaire, mobile, festif.
03:30Il va de fête en fête, le Téléthon, la marche des fiertés, les techno-parades et naturellement la fête de
03:42la musique.
03:43C'est un homme festif, l'Homo Festivus.
03:47Et là, on a vu pire.
03:49Je vous écoutais tout à l'heure à propos des piqûres.
03:51Alors, l'Homo Festivus est devenu l'Homo de la seringue et l'Homo Détritus.
04:05C'est-à-dire qu'en fait, on a trouvé des seringues partout.
04:10Et on a trouvé des bonbonnes de protoxyde d'azote.
04:15Alors je vois que le préfet de Paris tout à l'heure dit, comme pendant le Covid, plus d'alcool.
04:22Parce que c'est dangereux.
04:23Mais par contre, protoxyde d'azote, il n'y a pas de problème.
04:27Et là, Tony Pitaro, il a trouvé des bonbonnes de protoxyde d'azote.
04:33Et le lendemain, il faut penser aux gens qu'on nettoyait le lendemain.
04:37Je me demande ce qu'ils ont pensé.
04:40De la ville lumière.
04:41Paris, la ville lumière.
04:42Paris, la ville lumière.
04:44L'Homo Détritus.
04:47Paris, la ville lumière.
04:48Qui est devenue une ville poubelle.
04:50Une décharge à ciel ouvert.
04:52Livrée aux surmulots et aux ordurophiles.
04:56Voilà ce qu'est devenu Paris.
05:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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