Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Le 23 juin, le Sénat organisait un colloque sur le sujet des réseaux sociaux et de leurs implications sur les mineurs de 15 ans. A travers deux tables rondes, le président du Sénat cherchait à approfondir les réflexions sur les dangers des réseaux sociaux sur les plus jeunes et à appréhender de nouvelles pistes pour y faire face. Au cours du premier débat, l’addictologue Amine Benyamia et l’épidémiologiste Maria Melchior sont revenus sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé physique et mentale des mineurs. La seconde table-ronde a permis aux intervenantes de revenir sur la proposition de loi de la sénatrice Catherine Morin-Desailly visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans. L’ambassadrice pour l’IA et le numérique Clara Chappaz et la juriste Julie Groffe-Charrier ont abordé les enjeux de régulation des réseaux sociaux, dans le respect des libertés individuelles des plus jeunes. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans 100% Sénat.
00:00:13Faut-il interdire l'accès aux réseaux sociaux aux plus jeunes alors que les inquiétudes grandissent face à leurs effets
00:00:20sur la santé mentale des adolescents ?
00:00:23Le Sénat s'est saisi de la question avec un colloque réunissant experts, médecins, juristes et responsables politiques au cœur
00:00:31des débats,
00:00:31les dangers liés à une exposition précoce aux plateformes numériques.
00:00:36Je suis heureux d'être au moins pour le début de cet agora à vos côtés pour ouvrir ce colloque
00:00:44dédié à la protection des jeunes face aux dangers des réseaux sociaux.
00:00:50Nous avons organisé la semaine dernière, ici même, la projection du film « L'abandon » qui retrace les derniers
00:00:58jours avant l'assassinat de Samuel Paty en présence de sa sœur, Michael, et de nombreux élèves.
00:01:06Une question est revenue à plusieurs reprises, celle du rôle joué par les réseaux sociaux, notamment dans la propagation du
00:01:15mensonge, puis dans la traque du professeur.
00:01:22Et au bout, l'assassinat.
00:01:25Les réseaux sociaux représentent une avancée majeure dans nos modes de communication.
00:01:31Oui, jamais il n'a été aussi facile de communiquer et pourtant, et pourtant.
00:01:37Jamais nos enfants n'ont eu autant de mal à s'exprimer, à dialoguer dans cet unifère 2.0.
00:01:45Là où la technologie dépasse les frontières, finalement, le smartphone reste parfois des murs.
00:01:52La désinformation, les ingérences étrangères, la diffamation, la violence, y sont trop souvent reines.
00:02:00Et il faut le reconnaître, nous peinons à imposer aux plateformes un réel contrôle coercitif,
00:02:07contre la même de protéger ces espaces des infiltrations, des menaces et des dangers.
00:02:16Pourtant, nos enfants sont sur tous ces réseaux, des heures par jour, sans filet de sécurité,
00:02:26et parfois dans l'ignorance totale de leurs propres parents.
00:02:32Aujourd'hui, le constat me paraît sans ambiguïté.
00:02:36Et en préparant ce propos avec quelques collaborateurs,
00:02:42je me suis penché avec plus d'attention sur ce dossier.
00:02:48Constat sans ambiguïté.
00:02:51Santé mentale, ébranlée, dépendance, cyberharcèlement,
00:02:56harcèlement, protection contre les contenus violents et pornographiques,
00:03:01protection de la vie privée,
00:03:04les dangers et les enjeux qui pèsent sur les jeunes, et notamment sur les mineurs,
00:03:08sont donc nombreux et lourds de conséquences.
00:03:13Statistique que vous connaissez tous,
00:03:15qui est en fait une observation,
00:03:17de 11 à 14 ans,
00:03:19et oui, ils passent près de 5 heures par jour
00:03:23sur les écrans.
00:03:25Et près de 70% de ce temps
00:03:27est d'abord consacré aux réseaux sociaux.
00:03:3120% des lycéens déclarent eux-mêmes ressentir
00:03:34un mode de sentiment de solitude,
00:03:37un phénomène auquel l'usage excessif des réseaux sociaux
00:03:41peut contribuer.
00:03:44Je voudrais prendre quelques minutes
00:03:46pour poser un visage sur ces chiffres
00:03:49dans une relecture
00:03:50d'un article paru dans le Monde international
00:03:53et dans le Guardian
00:03:57en 2022.
00:04:012017,
00:04:02Molly a 14 ans.
00:04:05Elle vit dans le nord-ouest de Londres
00:04:07à Arrow.
00:04:10C'est la plus jeune de trois sœurs.
00:04:12Elle est au lycée.
00:04:15Molly est une élève sérieuse,
00:04:17appréciée.
00:04:17Elle est passionnée d'équitation
00:04:19et investie dans les activités scolaires.
00:04:24Elle vient de décrocher un rôle
00:04:26pour un important
00:04:27dans une pièce de théâtre
00:04:29de son école.
00:04:31Mais voilà, depuis plus d'un an,
00:04:34Molly s'assombrit.
00:04:36La dépression s'installe
00:04:37dans cette vie tranquille.
00:04:38et cette dépression
00:04:40prend de plus en plus de place.
00:04:43Cette souffrance
00:04:44est lattée à son entourage.
00:04:47Pour passer le temps
00:04:48et oublier ses mots,
00:04:49elle scrolle
00:04:50sans discontinuer
00:04:51sur Instagram
00:04:52et Pinterest.
00:04:55Une vidéo en chasse une autre
00:04:57à un rythme
00:04:58de plus en plus effréné.
00:05:00Parfois,
00:05:01le compteur du temps
00:05:02passé sur les écrans
00:05:04atteint huit heures par jour.
00:05:08Seule et murée
00:05:09dans son mal-être,
00:05:11elle consulte des contenus
00:05:13liés à la tristesse
00:05:14et à la dépression.
00:05:16D'abord,
00:05:17pour se sentir moins seule
00:05:18et pour chercher l'aide
00:05:19qu'elle n'ose demander.
00:05:22Et puis,
00:05:24inévitablement,
00:05:25l'algorithme s'emballe.
00:05:27Les contenus
00:05:28sur l'automutilation
00:05:30et le suicide
00:05:30s'amoncèlent.
00:05:33Molly est d'abord sidérée
00:05:34devant l'écran,
00:05:36mais une vidéo
00:05:37en amène une autre.
00:05:41Lina, elle,
00:05:42a aussi 14 ans.
00:05:44Elle a plus de 140 000 abonnés
00:05:47sur ses réseaux sociaux.
00:05:50Lina a ce qu'on appelle
00:05:51la vie parfaite,
00:05:53souriante.
00:05:55Elle reçoit gratuitement
00:05:56des produits
00:05:56et des vêtements de marque.
00:05:57Beaucoup de marques
00:05:58dont elle fait
00:05:59la publicité en ligne.
00:06:00Oui,
00:06:01Lina est entre guillemets
00:06:03parfaite.
00:06:04Elle a les très lisses,
00:06:05la bouche en cœur.
00:06:06Elle fait 1m65,
00:06:0940 kg.
00:06:10D'ailleurs,
00:06:11cette maigreur extrême,
00:06:12elle la partage beaucoup
00:06:13avec ses abonnés.
00:06:15Elle les coach
00:06:16grâce au hashtag
00:06:19SkinNitok.
00:06:22Ses vidéos font un carton
00:06:23aussi sur TikTok.
00:06:26Elle peut rester 24 heures
00:06:27sans manger.
00:06:28Elle peut passer 4 jours
00:06:29en ne mangeant que des pommes.
00:06:31Lina fait rêver
00:06:33les jeunes filles
00:06:33et l'algorithme
00:06:34l'a bien compris.
00:06:36Mais qui sont
00:06:37les parents de Lina ?
00:06:38Pourquoi ne répond-elle
00:06:40jamais aux messages
00:06:41envoyés par des milliers
00:06:42de mollies
00:06:42à travers le monde ?
00:06:45Comment en fait-elle
00:06:46pour passer autant de temps
00:06:48sur les réseaux sociaux
00:06:49avec l'école ?
00:06:51Ne fait-elle jamais
00:06:52ses devoirs ?
00:06:54Qui va répondre
00:06:55à toutes ces questions
00:06:56de jeunes filles
00:06:56mûrées dans le silence
00:06:59face à leur écran ?
00:07:01Nous ne le saurons jamais.
00:07:03C'est ça,
00:07:04paraît-il,
00:07:04entre guillemets,
00:07:06la magie
00:07:06des réseaux sociaux.
00:07:08Nous ne le saurons jamais
00:07:09parce que Lina
00:07:11n'a jamais existé.
00:07:12Mais
00:07:13Mollie
00:07:15a malheureusement
00:07:16décidé
00:07:17un soir de novembre
00:07:20se donner la mort
00:07:21à son domicile.
00:07:24Les enquêtes
00:07:25ont montré
00:07:25qu'au cours
00:07:25des derniers mois
00:07:26de sa vie,
00:07:28Mollie avait interagi
00:07:29avec des milliers
00:07:30de publications
00:07:31de ce type.
00:07:32Certains contenus
00:07:33consultés
00:07:33sur les réseaux sociaux
00:07:34n'auraient jamais
00:07:35dû être accessibles
00:07:36à une enfant
00:07:38de cet âge.
00:07:40Jamais
00:07:41nous ne laisserions
00:07:43nos enfants seuls
00:07:43face à une situation
00:07:45de danger,
00:07:45face à une personne
00:07:46violente verbalement,
00:07:48face à des images
00:07:48choquantes,
00:07:49face à des contenus
00:07:50illicites.
00:07:51Et pourtant,
00:07:52et pourtant,
00:07:53ils s'aventurent seuls
00:07:54des heures par jour
00:07:55dans cet environnement
00:07:57numérique
00:07:58parfois dangereux.
00:07:59Notre pays
00:08:00a toujours été
00:08:01l'avant-garde
00:08:01de la protection
00:08:02des droits
00:08:03et des libertés.
00:08:05C'est d'ailleurs
00:08:07une des missions
00:08:08du Sénat.
00:08:10Je souhaite
00:08:11que le dialogue
00:08:11au Parlement
00:08:12aboutisse
00:08:13afin que la France
00:08:14devienne le premier
00:08:15pays européen
00:08:16à vraiment interdire
00:08:17les réseaux sociaux
00:08:18au moins de 15 ans.
00:08:20Le Sénat
00:08:21s'est saisi
00:08:22de ce sujet
00:08:22devenu une préoccupation
00:08:24européenne et mondiale.
00:08:26Dès décembre 2025,
00:08:27il a adopté
00:08:28la proposition de loi,
00:08:29chère Catherine
00:08:30Morin de Sailly,
00:08:31visant à protéger
00:08:32les jeunes
00:08:32des risques
00:08:34liés
00:08:34à l'exposition
00:08:35aux écrans
00:08:36et des méfaits
00:08:36des réseaux sociaux.
00:08:38A l'occasion
00:08:39de ces deux tables rondes
00:08:41qui réunissent
00:08:42des intervenants
00:08:42de grande qualité,
00:08:44vous ferez
00:08:45sans nul doute
00:08:46le constat
00:08:46qu'il y a danger
00:08:47et il y a menace.
00:08:50Si lors de la seconde
00:08:51table ronde,
00:08:52vous partagerez
00:08:53la nécessité
00:08:54d'une interdiction,
00:08:56la méthode
00:08:56et les contours
00:08:57de cette interdiction
00:08:58feront sûrement débat.
00:09:00J'espère que la décision,
00:09:02nous l'évoquions
00:09:03il y a un instant
00:09:04avec le président
00:09:04Lafond et avec
00:09:05Catherine Morin
00:09:06de Sailly,
00:09:07je sais que David Ross
00:09:08est aussi très attentif.
00:09:10Oui,
00:09:11j'espère que la décision
00:09:12de la Commission européenne
00:09:13du 10 juillet prochain
00:09:15sera l'occasion
00:09:16de reprendre
00:09:17le dialogue
00:09:18avec nos collègues députés
00:09:20mais aussi au-delà
00:09:21pour obtenir
00:09:24un accord.
00:09:25Je souhaite que nous
00:09:26en prenions le chemin
00:09:27pour Moli
00:09:28et pour toutes ces générations
00:09:30que les réseaux sociaux
00:09:32peuvent abîmer.
00:09:33C'est cela
00:09:34la démocratie parlementaire,
00:09:36c'est cela aussi
00:09:37la force du bicaméris.
00:09:39Je voulais vous souhaiter
00:09:40vraiment du riche
00:09:41et fructueux échanges
00:09:42et vous remercier
00:09:43parce que,
00:09:44en regardant
00:09:45avec attention
00:09:46le contenu de l'Agora,
00:09:48je me suis penché
00:09:48personnellement
00:09:49sur ce dossier.
00:09:50J'ai regardé
00:09:51autour de moi
00:09:52et ça n'est pas toujours
00:09:55uniquement
00:09:55des moins de 15 ans.
00:09:57Quand je regarde
00:09:58dans la rue
00:09:58ce qui se passe,
00:09:59quand je vois
00:10:00que les gens
00:10:00ne se rencontrent plus,
00:10:02ne se parlent plus,
00:10:03que chacun scrolle,
00:10:05je dois être le dernier
00:10:06peut-être
00:10:07à scroller
00:10:08avec modération
00:10:08mais j'avais compris
00:10:10que c'était
00:10:11quelque chose d'important.
00:10:13Il faut qu'on réfléchisse
00:10:14car c'est aussi
00:10:15une question
00:10:15du vivre ensemble.
00:10:17Non pas du tout
00:10:18pour s'opposer,
00:10:20pour s'interdire.
00:10:22Ça peut être une chance
00:10:23mais ça peut être
00:10:24aussi un drame.
00:10:25J'ai voulu vous décrire
00:10:26notamment un drame,
00:10:29celui que j'avais découvert
00:10:30dans la lecture
00:10:32il y a maintenant
00:10:33quatre ans
00:10:34du monde international
00:10:36reprenant le Guardian
00:10:38et le combat
00:10:40des pharens,
00:10:42des parents
00:10:42de cette jeune.
00:10:43Voilà,
00:10:44excellent Agoura.
00:10:49Merci beaucoup,
00:10:50Monsieur le Président.
00:10:53je me doutais
00:10:54que vous n'étiez pas
00:10:54un fan de TikTok
00:10:57mais merci beaucoup
00:10:58pour cette excellente
00:10:59présentation.
00:11:00Alors,
00:11:00nous allons commencer
00:11:01par cette table ronde
00:11:02sur menaces et dangers
00:11:03des réseaux sociaux
00:11:04sur les jeunes
00:11:04en essayant de faire
00:11:05un constat.
00:11:06Quels sont ces dangers
00:11:07sont-ils avérés ?
00:11:08Est-ce qu'ils font
00:11:10consensus aujourd'hui
00:11:10ou est-ce qu'ils font
00:11:11encore débat ?
00:11:12Quelle est l'ampleur
00:11:13de la menace
00:11:14qui pèse sur nos jeunes
00:11:15aujourd'hui ?
00:11:16Et puis,
00:11:17dans un second temps,
00:11:18dans une seconde table ronde,
00:11:19nous nous poserons
00:11:20la question des solutions
00:11:21à proposer à ces dangers.
00:11:23Est-ce que l'interdiction
00:11:24par la loi
00:11:25est la meilleure des solutions
00:11:26pour protéger nos jeunes ?
00:11:27Est-ce qu'il y a
00:11:27d'autres solutions possibles ?
00:11:29Et surtout,
00:11:30comment mettre en œuvre
00:11:30cette interdiction
00:11:31sans peut-être remettre
00:11:33en question
00:11:33les libertés individuelles
00:11:35et notamment
00:11:36la liberté d'expression ?
00:11:37Alors,
00:11:38je voudrais commencer
00:11:38par évoquer
00:11:39une comparaison
00:11:40que fait le journaliste
00:11:41américain
00:11:42Jonathan Haidt
00:11:43dans son livre
00:11:43Génération anxieuse,
00:11:45qui est un livre
00:11:46absolument capital
00:11:47pour saisir les enjeux
00:11:49des réseaux sociaux,
00:11:49où il fait le bilan
00:11:50de cette génération,
00:11:52la génération Z
00:11:53qui a grandi
00:11:54avec les réseaux sociaux,
00:11:55avec les écrans,
00:11:56la première génération
00:11:57de l'histoire
00:11:58qui a grandi
00:11:58avec et pour les écrans.
00:11:59Et il propose
00:12:00une comparaison saisissante.
00:12:02Il nous dit,
00:12:03en substance,
00:12:04jamais nous n'aurions envoyé
00:12:05des millions d'enfants
00:12:06sur Mars
00:12:07sans études préalables,
00:12:08sans protocole de sécurité,
00:12:09sans suivi médical,
00:12:10sans retour d'expérience,
00:12:11sans études d'impact.
00:12:12Et pourtant,
00:12:13c'est exactement
00:12:14ce que nous avons fait
00:12:14avec le smartphone
00:12:15et les réseaux sociaux,
00:12:17puisqu'en quelques années,
00:12:18l'espace d'une génération,
00:12:19nous avons plongé
00:12:20toute une génération
00:12:21dans un environnement
00:12:22psychologique
00:12:23entièrement nouveau,
00:12:24sans mesurer ses effets
00:12:25sur le sommeil,
00:12:26l'attention,
00:12:27l'estime de soi,
00:12:28la sociabilité
00:12:29et la santé mentale.
00:12:31Cette image
00:12:31a le mérite
00:12:32de poser clairement
00:12:33notre sujet.
00:12:34Les réseaux sociaux
00:12:35ne sont pas seulement
00:12:35un outil de communication
00:12:37supplémentaire,
00:12:38ils sont devenus
00:12:38un milieu de vie,
00:12:40un espace
00:12:41dans lequel les adolescents
00:12:42grandissent,
00:12:43se comparent,
00:12:43se jugent,
00:12:44se construisent,
00:12:45s'exposent
00:12:46et parfois se détruisent.
00:12:48La question
00:12:48que nous devons nous poser
00:12:50n'est pas donc seulement
00:12:51la deuxième question,
00:12:53faut-il interdire
00:12:53ou encadrer,
00:12:54mais d'abord,
00:12:55qu'avons-nous laissé rentrer
00:12:56dans la vie psychique
00:12:57des enfants
00:12:57sans véritable étude
00:12:59d'impact ?
00:13:00Où en est la recherche
00:13:01sur ce sujet ?
00:13:02Vous me posez une question
00:13:03à laquelle on a mis
00:13:03quatre mots à répondre.
00:13:05Sur les 29 recommandations,
00:13:07évidemment,
00:13:08on les a pondus
00:13:09du terme
00:13:10suite à 200,
00:13:13une centaine
00:13:14de personnes
00:13:15qu'on a auditionnées
00:13:17et puis 150 jeunes
00:13:18avec lesquels
00:13:19on a travaillé,
00:13:20on a fait un hackathon.
00:13:22Il y a des éléments
00:13:22sur lesquels
00:13:23il y a un réel consensus
00:13:25d'observation
00:13:27évidemment doublé
00:13:28d'une mesure clinique
00:13:31au sens académique.
00:13:32On sait pertinemment
00:13:33que maintenant
00:13:33le gros danger
00:13:34c'est l'attention,
00:13:36les troubles cognitifs,
00:13:37le nomadisme,
00:13:38la prise de poids,
00:13:39les problématiques
00:13:39d'ordre visuel,
00:13:41ça on le sait,
00:13:42on a vraiment
00:13:43cette réalité,
00:13:44la prise de poids,
00:13:45tout ça,
00:13:46on voit bien,
00:13:47je ne vais pas rentrer
00:13:47dans le détail,
00:13:48on est sur des éléments
00:13:49de cette nature.
00:13:50On a eu un gros débat
00:13:51sur les comorbidités
00:13:52ou bien sur les problématiques
00:13:53de type psychiatrique
00:13:54induites par la consommation
00:13:55des écrans.
00:13:57Une chose est sûre,
00:13:59on n'a pas un facteur
00:14:00de causalité directe
00:14:02entre la consommation
00:14:03des écrans
00:14:03et l'émergence
00:14:05de troubles dépressifs,
00:14:06de troubles anxieux
00:14:08ou bien de troubles
00:14:09d'hyperactivité,
00:14:10ce sont des éléments
00:14:11qui sur le plan
00:14:12épidémiologique
00:14:13montrent une réelle
00:14:15comorbidité,
00:14:15c'est-à-dire la coexistence
00:14:17de ces phénomènes.
00:14:18En revanche,
00:14:18on sait que la consommation
00:14:19de ces écrans
00:14:20peut avoir un effet
00:14:21majorant.
00:14:23Donc on est sur
00:14:24une vraie prudence
00:14:25qui de plus en plus
00:14:27est en train
00:14:27de montrer
00:14:28un peu plus de précision.
00:14:30s'est posé la question
00:14:32très importante,
00:14:33est-ce que les écrans
00:14:34entraînent de l'autisme,
00:14:35je dis les choses
00:14:36telles qu'elles sont posées,
00:14:38on a eu vraiment
00:14:39un débat là-dessus
00:14:40parce qu'il y a quand même
00:14:41des tenants
00:14:41sur les risques
00:14:42d'émergence,
00:14:43ce qu'on appelle
00:14:44les troubles
00:14:44neurodéveloppementaux,
00:14:46parce que la question
00:14:46est précise,
00:14:47Mme Mathier.
00:14:48Non.
00:14:49En revanche,
00:14:50on a eu des vrais tableaux
00:14:50qui nous ont alertés
00:14:51pour lesquels
00:14:52on a eu le témoignage
00:14:53d'experts,
00:14:54notamment des orthophonistes,
00:14:55qui expliquaient
00:14:55qu'en tout point,
00:14:57on aurait pensé que.
00:14:58mais le travail
00:15:00finalement
00:15:00de stimulation
00:15:02avec les adultes,
00:15:03avec le milieu,
00:15:04a permis
00:15:05d'effacer ce tableau.
00:15:08C'est vrai que là,
00:15:08on arrive,
00:15:09on fait le procès
00:15:10d'une technique
00:15:11qui est arrivée
00:15:11il n'y a pas longtemps.
00:15:12Il y a 20 ans,
00:15:13il n'y avait pas
00:15:13ces écrans comme ça,
00:15:15il n'y avait pas
00:15:15les réseaux sociaux.
00:15:17C'est quelque chose
00:15:17qui est venu,
00:15:18qui nous a pris,
00:15:19qui nous a fascinés
00:15:20un peu à la manière
00:15:21d'un bois.
00:15:22Lorsqu'il regarde,
00:15:23il est là,
00:15:24on est fascinés
00:15:24et puis on se réveille
00:15:25un beau jour,
00:15:25on fait le constat
00:15:26que chacun
00:15:27dans son coin,
00:15:28on est embêté
00:15:29par nos enfants
00:15:30qui ont les écrans
00:15:31partout,
00:15:31mais on a du mal
00:15:32à échanger
00:15:33avec nos voisins.
00:15:34Lorsqu'on a remis
00:15:35ce rapport,
00:15:36on s'est rendu compte
00:15:37que c'est un sujet
00:15:37qui concernait
00:15:38tout le monde
00:15:38et pas que les enfants,
00:15:39je suis d'accord avec vous,
00:15:41parce qu'on a
00:15:41un petit passage
00:15:42sur le caractère
00:15:44finalement de l'adulte
00:15:45qui est dépassé
00:15:45par la technique
00:15:46et on a une recommandation
00:15:47là-dessus,
00:15:48c'est-à-dire
00:15:49initier les adultes
00:15:50à la technique
00:15:50pour comprendre
00:15:51comment accompagner
00:15:53les enfants.
00:15:54Donc on a un vrai sujet
00:15:55là-dessus.
00:15:56On a un vrai sujet là-dessus.
00:15:57Alors la question,
00:15:58c'est faut-il tout interdire ?
00:15:59Non.
00:16:00On a dit que non.
00:16:01Il fallait accompagner.
00:16:02C'est quand même
00:16:02quelque chose
00:16:03qui a fait avancer
00:16:04beaucoup.
00:16:05Moi, je prends l'exemple
00:16:06régulièrement.
00:16:06Si on n'avait pas
00:16:07les écrans,
00:16:07si on n'avait pas
00:16:08la technique,
00:16:09le numérique
00:16:10et maintenant l'IA,
00:16:12pendant trois ans,
00:16:12le monde aurait été bloqué
00:16:13pendant le Covid.
00:16:14on a quand même
00:16:16eu nos enfants,
00:16:17nos familles,
00:16:19nous en tant que médecins
00:16:20continuons à consulter
00:16:22à travers les zooms
00:16:23et les je ne sais
00:16:23quelles autres techniques.
00:16:24Donc non,
00:16:25mais simplement,
00:16:26comment faire de telle sorte
00:16:28que limiter les dommages
00:16:29sans détruire la technologie
00:16:31qui nous permet d'avancer ?
00:16:33C'est tout ça
00:16:33la gageur
00:16:34dans laquelle
00:16:34on s'est retrouvés.
00:16:36Alors évidemment,
00:16:37je vous ai donné
00:16:38les éléments
00:16:39sur lesquels
00:16:40on répondra.
00:16:41Évidemment,
00:16:42petit à petit,
00:16:43lorsqu'on a remis
00:16:44notre rapport
00:16:45sur les écrans,
00:16:45est arrivé très vite
00:16:46ce qui est extrêmement
00:16:47à la mode.
00:16:48Et pourquoi ?
00:16:49C'est l'IA,
00:16:51l'intelligence artificielle
00:16:52est co-substantielle
00:16:54de ces algorithmes,
00:16:55co-substantielle
00:16:55de la manière
00:16:56avec laquelle
00:16:57on a explosé,
00:16:58multiplié,
00:16:59explosionnalisé,
00:17:00je ne sais pas
00:17:00si ça existe,
00:17:01mais j'assume
00:17:02ce barbarisme,
00:17:03l'impact des écrans.
00:17:06Et là,
00:17:06on est sur une autre commission
00:17:07actuellement,
00:17:08c'est la commission
00:17:09IA et vulnérabilité.
00:17:11Et les liens
00:17:11sont extrêmement importants.
00:17:13C'est tout ça
00:17:13qui constitue
00:17:14l'enjeu dans le cadre
00:17:15où on se trouve.
00:17:16Je m'arrête
00:17:16parce que je pense
00:17:17qu'on a du temps
00:17:18pour développer.
00:17:18Mais en gros,
00:17:19voilà ce que j'avais
00:17:20à vous dire.
00:17:20Et je m'inspire
00:17:21essentiellement
00:17:22sur les recommandations.
00:17:23D'autres éléments
00:17:23techniques ou bien cliniques,
00:17:25on pourra les donner après.
00:17:26Merci beaucoup.
00:17:28C'est intéressant
00:17:28qu'on parlait de l'IA
00:17:30parce que c'est vrai
00:17:30qu'au même moment
00:17:30où on commence
00:17:31à interdire
00:17:32les réseaux sociaux aux jeunes,
00:17:33on voit que d'autres
00:17:35propositions politiques
00:17:36arrivent pour introduire
00:17:37l'intelligence artificielle
00:17:38à l'école,
00:17:40notamment dans des cours
00:17:40sur l'intelligence artificielle,
00:17:41ce qui peut sembler paradoxal
00:17:42parce que d'un côté
00:17:43on interdit les smartphones
00:17:44mais de l'autre
00:17:44on fait rentrer l'IA
00:17:46à l'école.
00:17:47Alors voir,
00:17:47est-ce que c'est
00:17:47une bonne solution ?
00:17:49Maria Melker,
00:17:50je me tourne vers vous.
00:17:51Vous êtes directrice
00:17:52de recherche à l'INSERM
00:17:53et pédémiologiste.
00:17:54Vous travaillez notamment
00:17:55sur la santé mentale,
00:17:57les conduites addictives
00:17:59de la population
00:18:00et vous coprésidez
00:18:01le groupe d'experts spécials
00:18:02de la Commission européenne
00:18:03sur la sécurité
00:18:04des enfants en ligne.
00:18:05Alors est-ce que
00:18:06vous partagez ce constat ?
00:18:07Est-ce qu'aujourd'hui
00:18:08on peut effectivement
00:18:09dresser le constat
00:18:11selon lequel
00:18:11ces réseaux sociaux
00:18:13ont un impact
00:18:13vraiment néfaste
00:18:14sur la santé mentale
00:18:15de nos jeunes,
00:18:16sur leurs relations sociales
00:18:17et sur leurs capacités cognitives
00:18:19notamment dans l'apprentissage
00:18:20à l'école ?
00:18:21Est-ce que vous partagez
00:18:22ce constat ?
00:18:22Est-ce qu'il y a consensus
00:18:23aujourd'hui ?
00:18:24Comme vous travaillez
00:18:24au niveau européen,
00:18:25est-ce que c'est un consensus
00:18:26qui est partagé
00:18:27par d'autres pays
00:18:28de l'Union européenne ?
00:18:30Bonjour, merci pour l'invitation.
00:18:33Bonjour à tous et à toutes.
00:18:35Alors moi, effectivement,
00:18:36je suis épidémiologiste,
00:18:37je vais vous parler
00:18:37de quelques chiffres,
00:18:38mais je voulais dire d'abord
00:18:39que je souscris entièrement
00:18:41à ce que vient de dire
00:18:42le professeur Benyamina,
00:18:43c'est-à-dire que la santé mentale
00:18:46est multifactorielle
00:18:47et c'est très difficile,
00:18:48y compris dans des situations
00:18:48individuelles,
00:18:49d'identifier exactement
00:18:50les ou le facteurs
00:18:52qui ont pu précipiter quelqu'un
00:18:55vers des difficultés,
00:18:56y compris majeures.
00:18:57mais clairement,
00:18:59l'utilisation,
00:19:00pas seulement des réseaux sociaux,
00:19:02mais de supports numériques
00:19:04dont les caractéristiques
00:19:05peuvent à la fois être addictives,
00:19:09entraîner une surconsommation,
00:19:10une surutilisation
00:19:11et exposer les jeunes
00:19:15à certains types de risques
00:19:17contribuent clairement,
00:19:19en tout cas à l'échelle populationnelle,
00:19:20à la dégradation
00:19:21de la santé mentale des jeunes.
00:19:22Et on se pose maintenant
00:19:23de plus en plus de questions
00:19:24sur des usages addictifs
00:19:27pour les jeux vidéo.
00:19:28L'addiction est déjà reconnue
00:19:30par la communauté internationale.
00:19:32Ce sera peut-être le cas
00:19:33pour l'utilisation
00:19:34des réseaux sociaux plus tard.
00:19:38Peut-être juste pour commencer
00:19:39par quelques chiffres.
00:19:41Sans être redondantes,
00:19:42on a déjà parlé
00:19:44des 4 à 5 heures par jour
00:19:46que les adolescents passent
00:19:48à utiliser leurs écrans.
00:19:50C'est principalement
00:19:51leur smartphone par jour.
00:19:52Donc ça, c'est en semaine.
00:19:54Pendant le week-end,
00:19:55c'est 6 heures.
00:19:55Si vous avez vu
00:19:56les chiffres du dernier eurobaromètre
00:19:57qui vient d'être publié
00:19:58sur le sujet,
00:20:00les parents sous-estiment
00:20:00très largement
00:20:01l'exposition de leurs enfants.
00:20:03Et j'y reviendrai.
00:20:04Les jeunes disent d'ailleurs
00:20:06eux-mêmes
00:20:06qu'ils ont été exposés
00:20:09pour plus de 30% d'entre eux
00:20:11à des fausses informations,
00:20:12pour plus de 30% d'entre eux
00:20:14à des discours haineux.
00:20:1520 à 25% des jeunes interrogés
00:20:17disent avoir vu des contenus
00:20:20qui mettent la pression
00:20:21sur leur apparence physique
00:20:23ou sur la manière
00:20:24dont ils se présentent eux-mêmes.
00:20:26Et entre 10 à 20%
00:20:29ont vu des contenus
00:20:31violents ou pornographiques
00:20:32sans les avoir sollicités.
00:20:33En tout cas,
00:20:34c'est ce qu'ils déclarent
00:20:34dans les enquêtes.
00:20:35Donc, c'est juste pour dire
00:20:36que quand même,
00:20:37on est sur des niveaux
00:20:38d'exposition
00:20:38à des situations à risque
00:20:40très, très élevées
00:20:40à l'échelle de la population.
00:20:42Et je ne reviendrai pas
00:20:43sur les risques spécifiques
00:20:44pour la santé mentale,
00:20:46mais aussi pour la santé physique
00:20:47qu'on a tendance
00:20:47à oublier un tout petit peu.
00:20:48et il n'y a pas
00:20:50de débat scientifique
00:20:51sur le fait
00:20:52que passer beaucoup de temps
00:20:53sur un écran
00:20:53est associé au risque
00:20:54de surpoids,
00:20:55à des problèmes de vue,
00:20:57à la fatigue.
00:20:58Et alors,
00:20:59le sommeil,
00:21:00c'est peut-être
00:21:00un tout petit peu plus débattu.
00:21:02Mais le travail
00:21:03qu'on mène
00:21:04dans le cadre
00:21:06du panel spécial
00:21:07de la Commission européenne
00:21:08sur ce sujet,
00:21:09encore une fois,
00:21:10il dépasse la question simple
00:21:11des réseaux sociaux.
00:21:13Pourquoi ?
00:21:13Parce qu'il n'y a pas
00:21:13de définition légale
00:21:15des réseaux sociaux
00:21:16et qu'en réalité,
00:21:17le cadre réglementaire
00:21:19tel qu'il existe
00:21:20nous dit que ce sont
00:21:21certains types
00:21:22de fonctionnalités
00:21:23des supports numériques
00:21:24qui peuvent effectivement
00:21:25être utilisés
00:21:26par les réseaux sociaux,
00:21:27mais aussi par les jeux vidéo,
00:21:28aussi par l'IA générative,
00:21:30qui conduisent
00:21:31à un usage,
00:21:32donc c'est toutes
00:21:33les fonctionnalités
00:21:34addictives,
00:21:36qui conduisent
00:21:37à un usage
00:21:38incontrôlé,
00:21:41une surconsommation
00:21:42aussi,
00:21:43et plus on passe
00:21:44de temps sur
00:21:45les supports numériques
00:21:47divers et variés,
00:21:47mais notamment
00:21:48les réseaux sociaux,
00:21:49plus on est exposé
00:21:50à des contenus violents
00:21:51ou à caractère sexuel.
00:21:52Il faut savoir aussi
00:21:53que malheureusement,
00:21:54aussi bien les réseaux sociaux
00:21:55que les jeux vidéo
00:21:58en réseau
00:22:00sont aussi énormément
00:22:01utilisés
00:22:01par des prédateurs sexuels,
00:22:04des pédocriminels
00:22:04qui ciblent directement
00:22:06les enfants
00:22:07et il y a un énorme sujet
00:22:09de protection
00:22:10des enfants
00:22:11à réaliser.
00:22:13Ce que j'aimerais dire,
00:22:14c'est que
00:22:16les caractéristiques
00:22:17des supports numériques
00:22:19tels qu'ils existent
00:22:19aujourd'hui
00:22:20font partie du problème
00:22:21et on espère
00:22:23que l'Union européenne
00:22:24va agir
00:22:24sur ce sujet.
00:22:26L'autre aspect,
00:22:28c'est aussi
00:22:28les normes d'usage
00:22:30qui existent,
00:22:31c'est-à-dire
00:22:32le fait qu'aujourd'hui
00:22:34en France,
00:22:34un adolescent
00:22:35de 11-12 ans
00:22:36a en majorité
00:22:37un smartphone,
00:22:38c'est beaucoup
00:22:39à l'entrée en sixième,
00:22:40c'est parfois
00:22:41parce que ça rassure
00:22:42les parents,
00:22:42mais c'est aussi
00:22:43parce que tous
00:22:43ses copains
00:22:44et copines
00:22:44utilisent les réseaux
00:22:45sociaux,
00:22:46WhatsApp,
00:22:46etc.
00:22:47Et ça,
00:22:47peut-être que c'est
00:22:48une norme
00:22:49qui pourrait évoluer
00:22:49un tout petit peu
00:22:52pour que les supports
00:22:54numériques
00:22:54et les différentes
00:22:56activités en ligne
00:22:56ne supplantent pas
00:22:57entièrement
00:22:58les activités
00:22:59qui ne sont pas
00:22:59en ligne
00:23:00et qui restent
00:23:00très importantes
00:23:01pour le bon développement
00:23:02des enfants
00:23:03et des adolescents.
00:23:04Et d'ailleurs,
00:23:05avec mon collègue
00:23:06Jörg Fogert
00:23:07qui est psychiatre
00:23:08de l'enfant
00:23:08et de l'adolescent,
00:23:09nous avons beaucoup
00:23:10insisté pour que
00:23:11le travail
00:23:11de l'Union européenne
00:23:12sur ce sujet
00:23:12s'inscrive
00:23:13dans une approche
00:23:14développementale,
00:23:15c'est-à-dire
00:23:18la convention
00:23:19des Nations unies
00:23:20sur les enfants,
00:23:22mais les enfants
00:23:23entre 0 et 18 ans
00:23:24sont très différents
00:23:25et leurs besoins
00:23:25et leurs...
00:23:26Justement,
00:23:26si je peux me permettre,
00:23:27est-ce qu'en quoi
00:23:28les jeunes sont
00:23:29beaucoup plus sensibles
00:23:30justement aux écrans
00:23:31et pourquoi leur cerveau
00:23:33est plus fragile ?
00:23:34Pourquoi ça les touche
00:23:35particulièrement
00:23:36peut-être plus
00:23:36que les adultes
00:23:36puisqu'on parlait
00:23:37des adultes tout à l'heure ?
00:23:38En quoi ils ne sont
00:23:39particulièrement vulnérables
00:23:40à une certaine période
00:23:41de la vie ?
00:23:42Je pourrais laisser
00:23:43Amine Benyamina compléter
00:23:44mais il y a différents aspects.
00:23:45Il y a d'abord le fait
00:23:46que les enfants
00:23:47pour se développer,
00:23:48apprendre les relations
00:23:50avec les autres,
00:23:51développer des compétences
00:23:52sociales, physiques,
00:23:53relationnelles, affectives
00:23:54ont besoin d'interactions réelles
00:23:56et si les écrans
00:23:58viennent supplanter
00:24:00tout ce qu'ils ont
00:24:00à apprendre
00:24:01dans leur vie
00:24:02de tous les jours,
00:24:03malheureusement,
00:24:04ils ne l'apprennent pas
00:24:04et ils ne se développent pas
00:24:06de manière tout à fait optimale
00:24:08et ça,
00:24:08c'est vraiment lié
00:24:09aux phases du développement.
00:24:11À 25 ou 30 ans,
00:24:12on a appris à parler,
00:24:14créer des liens
00:24:15avec les autres,
00:24:16etc.
00:24:16Et même si on passe
00:24:17beaucoup de temps
00:24:17sur les écrans,
00:24:18ces choses-là
00:24:19sont derrière nous.
00:24:20L'autre aspect important,
00:24:22c'est qu'effectivement,
00:24:23les enfants ne sont pas
00:24:23en mesure de...
00:24:24et les adolescents
00:24:24ne sont pas en mesure
00:24:25de réguler leur comportement
00:24:27parce que leur cerveau
00:24:28est en développement
00:24:29jusqu'à l'âge de 25 ans
00:24:31et donc,
00:24:32le risque d'addiction
00:24:33et de comportement
00:24:34incontrôlé
00:24:34est plus important.
00:24:36Et puis,
00:24:36il faut savoir
00:24:36que l'adolescence
00:24:38et l'entrée dans la vie adulte,
00:24:39c'est vraiment les périodes
00:24:39où la survenue
00:24:40des troubles psychiques
00:24:41et des conduites addictives
00:24:42est la plus importante
00:24:43avec en plus
00:24:44des impacts
00:24:45sur la scolarité notamment
00:24:47qu'on ne peut pas
00:24:47rattraper plus tard.
00:24:48C'est-à-dire,
00:24:48si on se loupe,
00:24:50si pour X raisons,
00:24:53on décroche de l'école,
00:24:55on se déscolarise,
00:24:56ce n'est pas quelque chose
00:24:57qui est facile à rattraper
00:24:58quand on a 30 ans,
00:24:59quand on a passé ce cap.
00:25:02Donc,
00:25:02il y a ces différents aspects.
00:25:03Moi,
00:25:03je voulais juste revenir
00:25:04sur une petite chose
00:25:04avant de terminer.
00:25:06c'est le fait qu'on a
00:25:07beaucoup parlé
00:25:08de cette approche
00:25:08développementale,
00:25:09notamment pour s'interroger
00:25:10aussi sur le rôle des parents.
00:25:12Parce que,
00:25:12évidemment,
00:25:13les parents sont responsables
00:25:14du développement
00:25:15et de la sécurité
00:25:16de leurs enfants.
00:25:17Mais leur rôle évolue
00:25:19entre 0 et 18 ans.
00:25:21C'est assez évident.
00:25:23Mais leur rôle
00:25:24dans la manière
00:25:25dont ils peuvent aussi
00:25:26protéger et accompagner
00:25:27leurs enfants
00:25:27face à des dangers en ligne
00:25:28évolue aussi.
00:25:29Et je pense que c'est important
00:25:31de bien se rendre compte
00:25:32du fait que
00:25:33tous les parents
00:25:34ne sont pas à même
00:25:35de protéger leurs enfants
00:25:36de la même manière
00:25:37pour plein de raisons différentes.
00:25:38Parce qu'ils peuvent eux-mêmes
00:25:39avoir des difficultés psychologiques,
00:25:41ne pas comprendre
00:25:43l'importance
00:25:44ou la manière
00:25:45de bien se saisir
00:25:47de ces outils numériques.
00:25:48On voit déjà
00:25:48d'énormes inégalités.
00:25:49Et je pense que
00:25:50ce sera confirmé
00:25:51sans doute
00:25:52par les personnes
00:25:53de l'éducation nationale.
00:25:55Et donc,
00:25:55pour ça,
00:25:57dans ce groupe
00:25:58qui travaille
00:25:59au nom de la Commission européenne,
00:26:00on est très préoccupés
00:26:01par les questions
00:26:01d'inégalités.
00:26:02Alors,
00:26:02d'inégalités entre pays,
00:26:03vous l'avez mentionné,
00:26:04mais aussi d'inégalités
00:26:05sociales.
00:26:06Et pour ça,
00:26:07il faut vraiment
00:26:07des actions universelles
00:26:09qui s'appliquent
00:26:10à tous et à toutes,
00:26:12qui pourraient consister
00:26:13à tout simplement
00:26:14faire en sorte
00:26:15que l'Internet
00:26:15soit sécure,
00:26:18je ne sais pas,
00:26:20pas addictif,
00:26:20enfin bon,
00:26:21pour tout le monde.
00:26:21Et on espère
00:26:22que ce sera le cas
00:26:23au sein de l'Union européenne.
00:26:24Mais en attendant,
00:26:25des actions
00:26:27immédiates,
00:26:28dès maintenant,
00:26:28pour protéger
00:26:29les enfants
00:26:29et repousser
00:26:30le plus possible
00:26:31leur exposition
00:26:32à un certain nombre
00:26:33de fonctionnalités
00:26:34numériques
00:26:35qui posent des risques
00:26:37et des contenus
00:26:39qui peuvent être
00:26:40carrément violents,
00:26:43qui peuvent les amener
00:26:44vers de l'abus sexuel,
00:26:45etc.,
00:26:46est une nécessité absolue.
00:26:48Juste,
00:26:48en tant que scientifique,
00:26:49je m'adresse à vous deux.
00:26:50Est-ce que,
00:26:51on parlait du stade
00:26:52de développement des enfants,
00:26:54est-ce que pour vous,
00:26:55la frontière,
00:26:55la limite à laquelle
00:26:56on devrait prendre des mesures,
00:26:58elle doit s'établir
00:26:59à 15, 16 ans
00:27:00et comment se justifie
00:27:01d'un point de vue scientifique
00:27:03cette limite
00:27:04qui peut paraître arbitraire ?
00:27:05Alors,
00:27:06Maria l'a dit,
00:27:07on l'a proposé
00:27:08sur ce qu'on appelle
00:27:08les bornes d'âge.
00:27:09Entre 0 et 6 ans,
00:27:11on ne suggère pas d'écran.
00:27:13On a eu un petit débat
00:27:13entre 0 et 3 et 3 et 6.
00:27:15C'est quand même plus simple
00:27:15de parler entre 0 et 6
00:27:16pour des raisons évidentes.
00:27:17Il y a la nécessité vitale
00:27:19d'une interaction
00:27:20entre les parents
00:27:21et l'enfant
00:27:22alors que,
00:27:23jusqu'à présent,
00:27:24jusqu'à quelques années,
00:27:25on estimait
00:27:25que c'était plus simple
00:27:26et je comprends les parents
00:27:28de mettre un ordinateur
00:27:29parce que c'est tellement
00:27:30l'ouverture vers le monde
00:27:31et qu'on pense
00:27:32qu'on va faire
00:27:33de nos enfants
00:27:34des enfants très ouverts
00:27:35vers le monde
00:27:36alors que c'est tout le contraire.
00:27:38C'est le fait
00:27:38de mettre un device
00:27:39ou bien un ordinateur
00:27:41chez un enfant
00:27:42de 1 à 2 ans,
00:27:44c'est le faire,
00:27:44le fermer
00:27:45et on voit bien
00:27:47l'appauvrissement syntaxique
00:27:48et relationnel.
00:27:49C'est le fameux tableau
00:27:50pseudo-autistique
00:27:51dont j'ai parlé.
00:27:52Donc, clairement,
00:27:53pas avant 6 ans.
00:27:54Et puis,
00:27:54on a parlé d'abord
00:27:55de la bande de 15 ans
00:27:56pour des raisons évidentes
00:27:57parce qu'on a d'abord
00:27:59la majorité numérique
00:28:00qui a du sens
00:28:01et puis on dit
00:28:02entre 15 et 18 ans
00:28:03probablement
00:28:04le mieux
00:28:05ce sont des réseaux sociaux
00:28:06d'éthique.
00:28:06Alors, c'est vrai
00:28:07que c'est compliqué
00:28:08de parler de réseaux sociaux
00:28:08d'éthique.
00:28:09D'éthique ?
00:28:10Éthique,
00:28:10éthique au sens
00:28:12où il n'y a pas
00:28:12ces algorithmes.
00:28:16Voilà,
00:28:17donc c'est tout ça
00:28:17qui semble être
00:28:18la grande question technique.
00:28:20Alors, je voudrais dire
00:28:21un mot important
00:28:22aussi sur la maturation
00:28:24neuro-cérébrale
00:28:26ou cérébrale.
00:28:28Elle est extrêmement importante
00:28:28parce que c'est
00:28:29un dénominateur commun
00:28:31sur les addictions
00:28:31avec ou sans produit.
00:28:33Entre 0 et 23 ans,
00:28:35le cerveau
00:28:36au 23 à 25 ans
00:28:37continue à maturer.
00:28:39On le voit,
00:28:39on confond
00:28:40l'aspect extérieur
00:28:41où à 15-16 ans
00:28:42on peut avoir
00:28:42un garçon
00:28:43ou une fille
00:28:44qui a tous les attributs
00:28:45d'un adulte
00:28:45alors que son cerveau
00:28:46continue à maturer.
00:28:48Et tant que le cerveau
00:28:49est en train de maturer,
00:28:50il est vulnérable
00:28:51aux addictions,
00:28:52tout ce qui est comportement
00:28:53qui vient stimuler
00:28:54un système
00:28:54qu'on appelle
00:28:55le système de récompense
00:28:56et les écrans
00:28:57et le contenu
00:28:58peuvent avoir cet effet.
00:28:59Donc là-dessus,
00:29:00il faut être vraiment très clair.
00:29:01C'est la question
00:29:01que vous nous avez posée.
00:29:04Là-dessus,
00:29:04il faut être très clair.
00:29:04Il y a un élément aussi
00:29:05qu'on a découvert
00:29:07lorsqu'on a travaillé
00:29:08dans la commission,
00:29:09c'est qu'on a un espace
00:29:10dans lequel les jeunes
00:29:11se retrouvent
00:29:11qui est l'espace virtuel
00:29:13parce que d'abord,
00:29:14c'est une manière aussi
00:29:15de se voir sans se voir,
00:29:17de se parler sans se parler
00:29:18et c'est un effet
00:29:19lié à la génération.
00:29:20Et puis aussi,
00:29:21il faut aussi regarder,
00:29:22il y a un espace social
00:29:24qui a évincé,
00:29:25évacué les jeunes.
00:29:26On a maintenant
00:29:27des espaces pour adultes.
00:29:28On a des trains pour adultes,
00:29:31des voyages pour adultes,
00:29:32des avions pour adultes.
00:29:33Forcément,
00:29:34c'est une réalité.
00:29:36Il y a un effet
00:29:37d'évacuation
00:29:38ou bien de retrait,
00:29:41on retire les jeunes
00:29:42de l'espace commun.
00:29:43Et donc,
00:29:43on a demandé
00:29:44dans la commission
00:29:45de remettre
00:29:46du mineur
00:29:47dans l'espace de l'adulte,
00:29:49donner des espaces
00:29:49dans la cité,
00:29:51des espaces
00:29:52dans le public,
00:29:54remettre aussi
00:29:54des cabines téléphoniques,
00:29:56réinvestir des tableaux
00:29:57avec de la craie.
00:29:58Donc,
00:29:58ce sont des choses
00:29:58toutes simples.
00:29:59Donner des téléphones
00:30:00qui ne sont pas
00:30:02séduisants,
00:30:02moins de couleurs,
00:30:03moins d'ergonomie sympathique,
00:30:05remettre du noir et blanc,
00:30:06c'est la meilleure façon
00:30:06de le lâcher.
00:30:07Remettre un téléphone,
00:30:09mettre son téléphone
00:30:10dans le salon
00:30:10ou bien dans la cuisine
00:30:11et ne pas en faire
00:30:13un réveil le matin.
00:30:14Donc,
00:30:14ça,
00:30:14c'est les mesures
00:30:15de tout à l'heure.
00:30:15J'imagine,
00:30:16deuxième table ronde.
00:30:16Ce sont des éléments
00:30:17qui peuvent avoir
00:30:19un effet intéressant
00:30:20et qui,
00:30:20clairement,
00:30:21ne font pas
00:30:22de ce device
00:30:23un doudou social.
00:30:25C'est ça aussi
00:30:26qui est en jeu.
00:30:28Comment le législateur
00:30:29peut agir
00:30:30sans céder
00:30:31ni à l'impuissance
00:30:33ni à l'illusion
00:30:34qu'une loi
00:30:34suffirait à régler
00:30:35seul un problème
00:30:36social,
00:30:37éducatif,
00:30:38technologique
00:30:38et familial ?
00:30:39On vient d'en discuter.
00:30:42Est-ce que c'est le rôle,
00:30:43selon vous,
00:30:43du législateur,
00:30:44ça fera la transition
00:30:45avec notre seconde table ronde,
00:30:47de fixer des interdits,
00:30:49de responsabiliser
00:30:50les plateformes
00:30:51ou de soutenir les parents
00:30:52et comment articuler tout cela ?
00:30:54Quel est votre rôle
00:30:55à vous,
00:30:55législateur ?
00:30:56Alors,
00:30:57d'abord,
00:30:58peut-être que,
00:30:58sans se mettre en avant,
00:30:59il faut dire qu'on est
00:31:00un législateur particulier
00:31:01puisque le sénateur,
00:31:02il est législateur
00:31:03mais il représente
00:31:03les territoires.
00:31:04Et donc,
00:31:05lorsqu'on réfléchit
00:31:06sur un texte,
00:31:07on réfléchit sur un texte,
00:31:08on regarde soit
00:31:09des expériences
00:31:09qu'on a vécues,
00:31:10soit des remontées
00:31:10qu'on a du territoire.
00:31:12Et ça,
00:31:13c'est intéressant
00:31:13parce que souvent,
00:31:14on essaie de gommer
00:31:14les inégalités
00:31:15sur les territoires.
00:31:16Là,
00:31:17en l'occurrence,
00:31:17c'est le contraire
00:31:18puisqu'on est tous responsables
00:31:20finalement du bébé
00:31:21qu'on a engendré
00:31:21ou du monstre
00:31:22qu'on a engendré
00:31:22puisqu'on a voulu lutter
00:31:23contre la fracture numérique,
00:31:24tous,
00:31:25l'État,
00:31:26les collectivités
00:31:26et donc,
00:31:27le problème des réseaux sociaux,
00:31:28il touche tous les territoires.
00:31:30Donc,
00:31:31c'est extrêmement intéressant
00:31:32parce que lorsqu'on a ce travail,
00:31:33alors j'en profite
00:31:39le Sénat
00:31:40travaillait bien avant
00:31:41et le président Laffont
00:31:42et Catherine Morin de Sailly
00:31:43étaient aussi présidentes avant.
00:31:44En fait,
00:31:45depuis 2020,
00:31:46au minimum,
00:31:46peut-être même avant
00:31:47parce que moi,
00:31:47je suis arrivé qu'en 23,
00:31:48il y avait déjà des travaux
00:31:49sur ces questions-là
00:31:50parce qu'ils étaient interpellés
00:31:51par les territoires.
00:31:53Et donc,
00:31:53c'est un sujet
00:31:54parce que les maires
00:31:55ont été responsables,
00:31:56ils ont aidé à développer.
00:31:57Moi,
00:31:58quand j'étais maire,
00:31:58on a mis un point Wi-Fi
00:31:59à côté des collèges
00:32:00et des lycées
00:32:01et du point jeunesse
00:32:02pour que les jeunes
00:32:02puissent avoir leur esprit
00:32:03de liberté.
00:32:04On s'est battus
00:32:05pour la fibre numérique.
00:32:06L'Éducation nationale
00:32:07a fait la promotion
00:32:08comme c'est refait là
00:32:09de l'intérêt
00:32:10évidemment
00:32:12de prono,
00:32:13des documents
00:32:15qu'on peut avoir
00:32:15sur réseau
00:32:16parce qu'il y a
00:32:16un réseau social
00:32:17qui se crée
00:32:18dans la classe aussi
00:32:18d'une certaine façon.
00:32:20Donc,
00:32:20on a tous été au départ
00:32:22assez enchantés
00:32:23et puis on s'est aperçus
00:32:24qu'il y avait très vite
00:32:24des dérives
00:32:25parce que c'est un sujet
00:32:26qui va extrêmement vite.
00:32:28La question de l'addiction,
00:32:30on l'aurait peut-être posé
00:32:30il y a 30 ans
00:32:31autour de la télévision,
00:32:32ça a été dit.
00:32:33Là,
00:32:33ça allait beaucoup plus vite
00:32:34parce qu'il y a
00:32:35l'effet addiction,
00:32:36il y a l'effet
00:32:37captation de l'attention
00:32:39mais il y a
00:32:40l'élément supplémentaire
00:32:41qui est la manipulation.
00:32:43Fausse information
00:32:44ou vraie information
00:32:45mais surtout
00:32:45le fait de guider
00:32:47un jeune
00:32:47alors qu'il est plus fragile
00:32:49psychologiquement
00:32:49sur des actes
00:32:50qui peuvent être...
00:32:51Alors soit
00:32:51parce qu'on est intéressé
00:32:53vis-à-vis de lui
00:32:54en termes d'agression,
00:32:55ça a été dit
00:32:55même si hélas
00:32:56l'actualité montre
00:32:57que les agressions sexuelles
00:32:58il ne faut pas
00:32:58que les réseaux pour ça
00:33:00mais il y a quand même
00:33:00cet aspect-là
00:33:02et il y a aussi
00:33:02l'aspect de le manipuler
00:33:03dans ses idées.
00:33:04Combien de jeunes
00:33:05viennent le soir
00:33:06au repas
00:33:06où vous balancez
00:33:07tout ce qu'ils ont entendu
00:33:08de manière assez caricaturale
00:33:10sur les débats en cours
00:33:11prenez le conflit
00:33:12israo-palestinien
00:33:13c'est assez illustrant
00:33:14à cet égard
00:33:15et donc voilà
00:33:16il y a ce côté
00:33:17un peu manipulation
00:33:17qui finalement
00:33:18comme l'a dit
00:33:18le président Larcher
00:33:19nous aussi
00:33:20nous interpelle
00:33:20parce que ce qui est valable
00:33:21pour les jeunes
00:33:22est valable pour les adultes
00:33:23parce que j'entends
00:33:24que le cerveau
00:33:25est soi-disant
00:33:26finalisé à 25 ans
00:33:27je peux avoir
00:33:28quand même
00:33:28quelques doutes
00:33:29lorsque j'observe
00:33:30certains personnages
00:33:31qui ont plus de 25 ans
00:33:32et qui gravitent
00:33:34autour de nous.
00:33:35Tout ça pour dire
00:33:36que finalement
00:33:36c'est un peu
00:33:37un effet miroir
00:33:38et donc quand on essaie
00:33:39de légiférer
00:33:40on essaie de trouver
00:33:41le juste milieu
00:33:41donc on a fait
00:33:42beaucoup d'auditions
00:33:43Catherine Morin
00:33:44d'essayer
00:33:44on dira peut-être
00:33:45quelques mots tout à l'heure
00:33:46on a vu
00:33:46un certain nombre
00:33:47d'experts ici présents
00:33:48mais un bien grand nombre
00:33:49donc nous on se documente
00:33:50et on essaie de trouver
00:33:51quel est le point d'équilibre
00:33:52donc il y a eu la question
00:33:5315 ans, 16 ans
00:33:54il y a eu l'idée
00:33:55de l'interdiction
00:33:56et moi je me rappelle
00:33:57suite au vote
00:33:59de la proposition de loi
00:34:00de Catherine Morin
00:34:01d'essayer
00:34:01qui a été votée
00:34:02à l'unanimité
00:34:03il n'y a quand même pas
00:34:03beaucoup de textes
00:34:04qui sont votés
00:34:04à l'unanimité
00:34:06on a eu
00:34:07sur les réseaux sociaux
00:34:08un défoulement
00:34:08de messages
00:34:09en direction
00:34:10en particulier
00:34:11de la rapporteure
00:34:13extrêmement agressif
00:34:14et des gens
00:34:15qui sont d'ailleurs
00:34:16de niveau intellectuel
00:34:18considéré
00:34:18comme catégorie supérieure
00:34:20et qui dans leur manière
00:34:21de s'exprimer
00:34:22et même de répondre
00:34:23au débat démocratique
00:34:24étaient extrêmement
00:34:25illustratifs
00:34:26du fait
00:34:27qu'il fallait
00:34:28réglementer
00:34:28et le débat
00:34:29a porté notamment
00:34:30sur la responsabilité
00:34:32parentale
00:34:33c'est à dire
00:34:33est-ce qu'il y a
00:34:35beaucoup de parents
00:34:35qui nous font remonter
00:34:36qui sont désemparés
00:34:37mais est-ce qu'une interdiction
00:34:38sèche
00:34:39permet de résoudre
00:34:40réellement le problème
00:34:40est-ce que le fait
00:34:41d'interdire
00:34:42ça permet de soulager
00:34:43les parents
00:34:44et de dire
00:34:44il y a une inégalité
00:34:45entre les parents
00:34:45bien sûr
00:34:46mais c'est vrai
00:34:47ce sera toujours vrai
00:34:48il y a toujours
00:34:48une inégalité
00:34:48dans l'éducation
00:34:49donc est-ce qu'à cause
00:34:50de cette inégalité
00:34:51il faut totalement interdire
00:34:52et fermer aussi
00:34:53les opportunités
00:34:54que ça peut ouvrir
00:34:55sur certains réseaux sociaux
00:34:56qui sont plus vertueux
00:34:57donc c'est tout ce débat là
00:34:58qu'on a eu entre nous
00:35:00et on a essayé
00:35:01de trouver un point d'équilibre
00:35:02alors ça permet
00:35:02de faire le débat
00:35:03vous voyez
00:35:03le président Larcher
00:35:04a été honnête
00:35:05bien sûr il connaît
00:35:06tous les sujets
00:35:06mais il s'est encore plus
00:35:07saisi du sujet
00:35:08parce qu'il y avait
00:35:10cette journée
00:35:10parce qu'il y a eu
00:35:11la PPL
00:35:11et donc c'est aussi
00:35:12une manière de porter
00:35:13sur la place publique
00:35:14le débat
00:35:14et d'essayer de l'enrichir
00:35:16de tous les témoignages
00:35:17des acteurs
00:35:18dont c'est le métier
00:35:19et puis nous
00:35:20d'essayer de trouver
00:35:20le point d'équilibre
00:35:22avec évidemment
00:35:23nos collègues députés
00:35:25et puis maintenant
00:35:26avec l'échelon européen
00:35:28qui nous oblige
00:35:29à un exercice intellectuel
00:35:30qui demande
00:35:30beaucoup de concentration
00:35:31pour le coup
00:35:32le constat il est là
00:35:33il est partagé
00:35:33les opinions changent
00:35:34mais le problème
00:35:36semble demeurer
00:35:37puisque les enfants
00:35:38accèdent toujours plus tôt
00:35:39aux réseaux sociaux
00:35:40les règles d'âge
00:35:42imposées aux plateformes
00:35:43sont massivement contournées
00:35:44les plateformes
00:35:45affirment agir
00:35:46mais elles continuent
00:35:47de bâtir
00:35:47leur modèle économique
00:35:48sur la captation
00:35:49de l'attention
00:35:50et les parents
00:35:51se retrouvent seuls
00:35:52face à des outils
00:35:53techniques
00:35:54qui les dépassent
00:35:55la question est donc
00:35:56simple mais redoutable
00:35:57faut-il aller plus loin
00:35:59faut-il interdire
00:36:00ces réseaux sociaux
00:36:01au moins de 15 ans
00:36:02au moins de 16 ans
00:36:03faut-il imposer
00:36:04une véritable
00:36:05vérification d'âge
00:36:06comment
00:36:07faut-il sanctionner
00:36:08les plateformes
00:36:09faut-il craindre
00:36:11qu'une interdiction générale
00:36:12produise des effets pervers
00:36:13le contournement
00:36:15une forme de surveillance
00:36:16numérique
00:36:16qui inquiète
00:36:17certains citoyens
00:36:17une exclusion sociale
00:36:19de certains jeunes
00:36:20ou le déplacement
00:36:21des jeunes
00:36:21vers des plateformes
00:36:23et des espaces
00:36:23plus opaques
00:36:24sans contrôle
00:36:25avec une forme
00:36:26d'effet pervers
00:36:27alors c'est vraiment
00:36:29la question
00:36:29que je voudrais vous poser
00:36:30dans cette deuxième
00:36:31table ronde
00:36:32Clara Chappas
00:36:33je me tourne vers vous
00:36:34vous êtes
00:36:35ambassadrice
00:36:36pour l'IA
00:36:36et le numérique
00:36:38rattachée au ministère
00:36:39des affaires étrangères
00:36:40donc vous êtes au coeur
00:36:41effectivement
00:36:42de cette réflexion
00:36:43autour de
00:36:44diplomatique aussi
00:36:45sur l'inspiration
00:36:46des modèles étrangers
00:36:47ce qu'on peut faire
00:36:48à travers la coordination
00:36:50internationale
00:36:50est-ce que la France
00:36:51peut agir seule
00:36:52ou est-ce qu'elle doit
00:36:53forcément chercher
00:36:55une coordination
00:36:55plus large
00:36:56j'aimerais avoir
00:36:57d'abord votre première
00:36:58réaction sur l'exemple
00:36:59australien
00:37:00est-ce que selon vous
00:37:00il est probant
00:37:01il prouve qu'on peut
00:37:03effectivement interdire
00:37:04les réseaux sociaux
00:37:05au moins de 16 ans
00:37:06est-ce que la France
00:37:07doit s'en inspirer
00:37:08selon vous
00:37:09et où en sont aujourd'hui
00:37:11les discussions
00:37:12au niveau international
00:37:13je crois que vous étiez
00:37:13au G7
00:37:14il y a quelques jours
00:37:16et que les choses
00:37:17ont avancé
00:37:17de ce côté
00:37:18je remercie déjà
00:37:19je veux remercier
00:37:20le président Larcher
00:37:21qui n'est plus
00:37:22dans la salle
00:37:23mais de nous avoir
00:37:24accueillis
00:37:24pour cet événement
00:37:26cette discussion
00:37:27qui je pense
00:37:27est absolument fondamentale
00:37:29et puis remercier
00:37:29bien sûr le président
00:37:30Lafond
00:37:31madame le sénateur
00:37:32Catherine Morin
00:37:33de Sailly
00:37:34et toutes les personnes
00:37:35qui en fait
00:37:35dans cette salle
00:37:36poussent
00:37:37pour avancer ensemble
00:37:38je pense qu'on vient
00:37:39d'entendre
00:37:40un discours
00:37:42que moi j'ai trouvé
00:37:43particulièrement touchant
00:37:44et engageant
00:37:45de la commissionneure
00:37:46australienne
00:37:46et qui nous montre
00:37:48que ce qu'on essaye
00:37:48de faire
00:37:49j'ai bien aimé
00:37:50la phrase
00:37:50qu'elle a utilisée
00:37:52tout à l'heure
00:37:52c'est pas d'empêcher
00:37:54nos enfants
00:37:54et au fond
00:37:55de les embêter
00:37:56mais c'est bien
00:37:56d'empêcher
00:37:56les plateformes
00:37:57d'accéder à nos enfants
00:37:58de se faire de l'argent
00:37:59sur nos enfants
00:38:00c'est ça le combat
00:38:01je crois
00:38:01qui nous anime
00:38:02tous ici
00:38:03autant que nous sommes
00:38:04et c'est un combat
00:38:04qui est fondamentalement
00:38:05important
00:38:06je crois que
00:38:06Amine Beniamina
00:38:07et toute la table ronde
00:38:08précédente
00:38:08l'a bien rappelé
00:38:10je sais aussi
00:38:10le travail de Mariam Elkior
00:38:11et toutes les personnes
00:38:12engagées sur cette question-là
00:38:14on ne peut plus
00:38:16ne pas regarder en face
00:38:17ce qu'il se passe
00:38:19et agir
00:38:20et je sais que
00:38:21je me tourne en particulier
00:38:22vers Catherine Morin-De Sailly
00:38:23certains d'entre vous
00:38:25nous alertent
00:38:26depuis bien fort longtemps
00:38:27sur cette question-là
00:38:29je crois que
00:38:29vos premiers travaux
00:38:30remontent à 2018
00:38:31sur la question
00:38:33chère Catherine
00:38:34et avant d'être ambassadrice
00:38:36j'ai eu l'immense honneur
00:38:37de passer un an
00:38:38au gouvernement
00:38:38et très rapidement
00:38:40on m'avait recommandé
00:38:42de passer un peu de temps
00:38:43avec Madame Morin-De Sailly
00:38:45parce que
00:38:45je crois que
00:38:46depuis fort longtemps
00:38:47non seulement
00:38:48l'expertise du numérique
00:38:49que vous avez construite
00:38:52année après année
00:38:52mais aussi cette vision
00:38:53et cette conviction
00:38:54très forte
00:38:55qui est la vôtre
00:38:56et qui est celle
00:38:56de beaucoup de personnes
00:38:57ici au Sénat
00:38:58sur le fait
00:38:59de suivre l'approche
00:39:00qui est poussée
00:39:02d'ailleurs par l'Australie
00:39:03de cette approche
00:39:03qu'elle appelle holistique
00:39:04c'est-à-dire
00:39:05d'agir sur tous
00:39:07les leviers
00:39:07à la fois l'interdiction
00:39:09l'éducation
00:39:10la culture
00:39:12j'adorais ce que vous avez dit
00:39:13sur Toy Story
00:39:13que j'ai d'ailleurs
00:39:14très envie de voir
00:39:15puisque j'ai remarqué
00:39:16en effet
00:39:16que dans
00:39:18toutes les publicités
00:39:19qui sont faites
00:39:19autour du film
00:39:20on voit que
00:39:21les jouets anciens
00:39:22prennent leur revanche
00:39:24sur les tablettes
00:39:25et je crois que
00:39:25c'est ça aussi
00:39:26qu'on essaye de faire
00:39:27c'est cette bascule culturelle
00:39:29donc pour revenir
00:39:29à votre question
00:39:30où est-ce qu'on en est
00:39:31et pourquoi c'est un enjeu
00:39:32fondamentalement international
00:39:33et donc diplomatique
00:39:34qui sont les fonctions
00:39:35que j'occupe aujourd'hui
00:39:36parce que je crois
00:39:37que ça a été dit
00:39:37par la table ronde précédente
00:39:38et ça a été dit
00:39:39et j'aime bien l'analogie
00:39:40du Tour de France aussi
00:39:42de Julie
00:39:42dans la vidéo
00:39:45en fait le numérique
00:39:46n'a pas de frontières
00:39:46c'est ce que disait
00:39:47le président Larcher
00:39:48tout à l'heure
00:39:49le numérique est
00:39:50par nature
00:39:51global
00:39:52et donc il est fondamental
00:39:54pour pouvoir porter
00:39:55notre diplomatie
00:39:56et ça je crois
00:39:56que c'est le rôle
00:39:57que la France porte
00:39:58sur beaucoup de sujets
00:39:59qui touchent finalement
00:39:59aux droits humains
00:40:00on parle des droits de l'enfant
00:40:01et de la protection
00:40:02des enfants
00:40:03il faut bien sûr
00:40:05avoir rangé sa chambre
00:40:06chez nous
00:40:06et donc avoir pris
00:40:07les décisions
00:40:08qui nous permettent
00:40:09de porter
00:40:10cette voie
00:40:11à l'international
00:40:11d'un point de vue diplomatique
00:40:12et donc tout le travail
00:40:13qui est fait
00:40:14par le gouvernement
00:40:15par le Parlement
00:40:15est fondamental
00:40:16en ce sens
00:40:17mais ça ne suffit pas
00:40:18puisque si on veut
00:40:20véritablement changer
00:40:21les choses
00:40:22et instaurer
00:40:23ces nouvelles normes
00:40:24dont parle
00:40:24la commissionneur
00:40:26il faut absolument
00:40:27que ça soit pensé
00:40:27à l'échelle globale
00:40:28et là je suis assez optimiste
00:40:30en réalité
00:40:31en ce moment
00:40:31puisque quelqu'un
00:40:36et on voit
00:40:37que de Canberra
00:40:38en Australie
00:40:39à Santa Fe
00:40:40où il y a eu
00:40:40les procès
00:40:41il y a quelques semaines
00:40:43qu'on parle du législateur
00:40:44qu'on parle des parents
00:40:45des associations
00:40:45je souligne le rôle
00:40:47de toutes les associations
00:40:47qui sont ici
00:40:49dans cette salle
00:40:50qu'on parle
00:40:51des tribunaux
00:40:53on voit aujourd'hui
00:40:54qu'il y a un mouvement
00:40:54global
00:40:55on a parlé parfois
00:40:56de Big Tobacco Moments
00:40:59qui je crois
00:41:00ne nous laisse plus
00:41:01le choix
00:41:01que d'agir
00:41:02ensemble
00:41:03et on compte
00:41:04aujourd'hui
00:41:04une trentaine de pays
00:41:05qui suivant l'exemple
00:41:06de l'Australie
00:41:07de la France
00:41:08sont engagés
00:41:09dans un processus
00:41:10pour interdire
00:41:10les réseaux sociaux
00:41:11en dessous
00:41:12d'un certain âge
00:41:12et c'est fondamental
00:41:14parce que c'est cet effort
00:41:15cette dynamique globale
00:41:17qui peut nous permettre
00:41:19uniquement
00:41:19finalement
00:41:20de vraiment changer
00:41:20les choses
00:41:21pour les prochaines générations
00:41:22moi je suis de la génération
00:41:23qui a grandi
00:41:24où quand j'étais jeune
00:41:26on pouvait fumer
00:41:27absolument partout
00:41:28et puis progressivement
00:41:29on a pu plus fumer
00:41:30dans les lieux de fête
00:41:31puis dans les restaurants
00:41:32puis je crois que d'abord
00:41:33c'était dans les salles de classe
00:41:36etc etc etc
00:41:37et le résultat de ça
00:41:39bien sûr que quand j'étais jeune
00:41:41j'ai vu des jeunes
00:41:42fumer en cachette
00:41:43dans les terrasses de restaurants
00:41:45ou autre
00:41:45mais quand on regarde
00:41:4710, 15, 20 ans plus tard
00:41:49la consommation de tabac
00:41:50chez les jeunes
00:41:51a drastiquement été réduite
00:41:53et c'est ça je crois
00:41:54l'effet qu'on cherche
00:41:55à produire tous ensemble
00:41:56en créant ces nouvelles normes
00:41:57pas une sorte
00:41:59de monde utopique
00:42:00où il n'y aurait pas
00:42:01de contournement de l'arrêt
00:42:02que ce monde là n'existe pas
00:42:03même si je crois
00:42:03qu'il y a un travail fondamental
00:42:04à faire sur les solutions
00:42:05de vérification d'âge
00:42:07et sur la responsabilisation
00:42:08des plateformes
00:42:09on parlait de enforcement
00:42:10tout à l'heure
00:42:11je crois que c'est très important
00:42:12puisqu'on voit bien
00:42:13que les plateformes
00:42:13n'ont pas intérêt
00:42:14vu qu'elles sont commerciales
00:42:16je rappelle que
00:42:18toutes les personnes
00:42:19que nous sommes dans cette salle
00:42:20tous nos enfants
00:42:20quand ils téléchargent
00:42:21une application
00:42:22ils ne payent rien
00:42:24il n'y a rien de gratuit
00:42:25quand on ne paye rien
00:42:26c'est qu'on est le produit
00:42:27donc forcément
00:42:29la captation de nos données
00:42:30via les algorithmes
00:42:31l'engagement
00:42:32que l'on a sur ces plateformes
00:42:33et les revenus publicitaires
00:42:35qui en découlent
00:42:35font que
00:42:36le modèle d'affaires
00:42:38des plateformes
00:42:38n'est pas aligné
00:42:39avec ce type
00:42:40de décision politique
00:42:41et pour autant
00:42:42c'est comme ça seulement
00:42:43qu'on pourra changer les choses
00:42:44donc
00:42:45où est-ce qu'on en est
00:42:46avec le G7
00:42:48notamment
00:42:48ça a été une
00:42:49enfin c'est toujours
00:42:50puisque la présidence française
00:42:51du G7
00:42:52dure jusqu'à la fin de l'année
00:42:53une grande priorité
00:42:54de notre présidence française
00:42:55du G7
00:42:56et de tout l'effort diplomatique
00:42:58qui est associé
00:42:59et je vais m'arrêter un instant
00:43:00parce que
00:43:01vous savez le G7
00:43:02c'est les sept grandes démocraties
00:43:04du monde
00:43:05qui se rassemblent
00:43:06pour décider ensemble
00:43:08de quelles décisions
00:43:09on doit prendre
00:43:10quand on pense
00:43:11à l'instabilité du monde
00:43:12on n'en manque pas en ce moment
00:43:13au conflit géopolitique
00:43:15aux tensions commerciales
00:43:16et pour autant
00:43:17dans ces discussions là
00:43:19et au plus haut niveau
00:43:20puisqu'il y a une déclaration
00:43:21qui a été prise
00:43:22par les leaders
00:43:23donc les leaders
00:43:23c'est les chefs d'état
00:43:24du G7
00:43:25sur cette question là
00:43:26on a placé
00:43:27la question de la protection
00:43:28de l'enfance en ligne
00:43:30c'est au fond d'ailleurs
00:43:31un très grand déséquilibre
00:43:32un très grand bouleversement
00:43:33on a parlé aussi un peu d'hier
00:43:34peut-être on y reviendra
00:43:35très rapide
00:43:36mais qu'on voit
00:43:38des chefs d'état
00:43:39et d'ailleurs
00:43:39non seulement du G7
00:43:40mais de tous les pays
00:43:41invités à cette discussion
00:43:42l'Inde
00:43:43le Brésil
00:43:44le Kenya
00:43:44l'Egypte
00:43:46la Corée
00:43:46parce que c'est pas un sujet
00:43:48qui concerne seulement
00:43:49cette grande démocratie
00:43:50mais qui concerne bien
00:43:50le monde entier
00:43:51qu'on voit des déclarations
00:43:53comme celles
00:43:53qui ont été prises
00:43:54ça peut faire un peu diplomatique
00:43:55de vous parler de déclarations
00:43:56mais en fait
00:43:57c'est très important
00:43:58ça veut dire que
00:43:58c'est un sujet
00:44:00de préoccupation
00:44:01des dirigeants mondiaux
00:44:02et c'est un sujet
00:44:03de préoccupation
00:44:04qu'on construit
00:44:05non seulement
00:44:05entre pays
00:44:07mais pas que
00:44:07puisqu'au G7
00:44:08à Evian
00:44:08la semaine dernière
00:44:09ont été invités
00:44:10par le président Macron
00:44:12aussi toutes les entreprises
00:44:14d'intelligence artificielle
00:44:15et de numérique
00:44:16qui sont responsables
00:44:18en tout cas
00:44:19en droit européen
00:44:20de leur impact
00:44:21sur les enfants
00:44:22et ça me permet
00:44:23de répondre à la question
00:44:24tout à l'heure
00:44:24sur le droit européen
00:44:25pourquoi le droit européen
00:44:26et du coup
00:44:27pourquoi tout cet effort
00:44:28diplomatique européen
00:44:29qui est aussi porté
00:44:32par Maria
00:44:32et tout le panel
00:44:33sur la question
00:44:34de la réponse européenne
00:44:36à la question
00:44:36parce que nous avons décidé
00:44:37en Europe
00:44:39qu'on a une force
00:44:40vis-à-vis de ces plateformes
00:44:41c'est qu'on est 450 millions
00:44:43d'Européens
00:44:44ça me permettra aussi
00:44:45de répondre à la question
00:44:46sur l'innovation
00:44:46et donc
00:44:47on est 450 millions
00:44:48d'Européens
00:44:49ça veut dire quoi ?
00:44:50ça veut dire que
00:44:51quand on met
00:44:51les mêmes règles du jeu
00:44:52et je rappelle
00:44:54que la protection
00:44:54des mineurs
00:44:55est déjà dans
00:44:56les règles du jeu
00:44:57puisque dans le DSA
00:44:58article 23
00:44:59il y a la responsabilité
00:45:00des plateformes
00:45:01sur les mineurs
00:45:01quand on met
00:45:02les mêmes règles du jeu
00:45:03on est bien plus fort
00:45:04en fait
00:45:05il ne faut pas oublier
00:45:06qu'il y a plus de personnes
00:45:07sur Facebook
00:45:08en Europe
00:45:09qu'aux Etats-Unis
00:45:11donc c'est un immense marché
00:45:13pour ces entreprises
00:45:14donc ça nous donne
00:45:15aussi un immense pouvoir
00:45:16qui est de dire
00:45:17de la même façon
00:45:18que quand on importe
00:45:19une voiture en France
00:45:20le volant doit être
00:45:21du bon côté
00:45:21elle doit avoir des airbags
00:45:23et elle doit avoir
00:45:23les ceintures de sécurité
00:45:24qu'il faut
00:45:25de la même façon
00:45:25si vous voulez accéder
00:45:26à notre marché
00:45:27on a nos règles
00:45:28et c'est pour ça
00:45:28qu'on fait tout cet effort
00:45:30au niveau européen
00:45:32parfois ça paraît compliqué
00:45:33je me tourne ici
00:45:33vers les parlementaires
00:45:35je sais
00:45:36je mesure
00:45:37l'effort d'articulation
00:45:38qui parfois
00:45:39n'est pas des plus aisés
00:45:40mais je suis fondamentalement
00:45:41convaincue
00:45:42on est fondamentalement convaincue
00:45:43la France
00:45:44que c'est la bonne échelle
00:45:45pour imposer nos règles
00:45:46c'est la bonne échelle
00:45:47mais c'est aussi
00:45:48et ça ne doit pas cacher
00:45:49que et peut-être
00:45:51j'en finirai par là
00:45:52pour l'introduction
00:45:53que pour être puissant
00:45:55dans un monde puissant
00:45:56nous avons un cadre
00:45:59qui est important
00:46:00qui n'est plus seulement
00:46:01pendant longtemps
00:46:02il a été quand même
00:46:03vu un peu comme
00:46:03un beau papier
00:46:05et des belles règles
00:46:06mais finalement
00:46:07qu'est-ce que ça impactait
00:46:08vraiment
00:46:08on se demandait
00:46:09depuis ce n'est plus du tout
00:46:10le cas
00:46:11puisqu'il y a eu
00:46:12des amendes sur X
00:46:13120 millions d'euros
00:46:13des enquêtes sur TikTok
00:46:15qui ont fait
00:46:15qu'ils ont changé
00:46:16leur fonctionnalité
00:46:17l'infinite scroll
00:46:19en bon français
00:46:20des filements infinis
00:46:21a été arrêté
00:46:22TikTok Lite
00:46:23qui était une fonctionnalité
00:46:25qui poussait les enfants
00:46:27à consommer plus de contenu
00:46:28contre des points
00:46:29a été arrêté
00:46:29donc ce texte
00:46:31il a des effets
00:46:31très concrets
00:46:32dans la vie
00:46:33de nos jeunes aujourd'hui
00:46:34mais au-delà de ce texte
00:46:35c'est sûr
00:46:36je me retourne
00:46:36vers l'entrepreneur
00:46:37qui parlait tout à l'heure
00:46:38que nous n'en serions pas
00:46:40nécessairement
00:46:41au même point
00:46:41si nous avions
00:46:42nos propres alternatives
00:46:43ce qui est un point commun
00:46:45dans toutes ces entreprises
00:46:46TikTok, YouTube
00:46:47toutes celles-là
00:46:48qui ne jouaient pas vraiment le jeu
00:46:50nous disait la commissaire
00:46:51tout à l'heure
00:46:51et qui sont du coup
00:46:52sous enquête
00:46:53en Australie
00:46:55Instagram
00:46:55et j'en passe
00:46:56bon
00:46:57elles ne sont pas européennes
00:46:58et donc bien sûr
00:46:59que ça doit aussi aller
00:47:01et qu'on sort de Vivatech
00:47:03avec un soutien
00:47:05extrêmement important
00:47:06à nos acteurs d'innovation
00:47:08sans faire une trop grande diversion
00:47:09mais c'est tout à fait
00:47:10le même sujet
00:47:11quand on voit
00:47:12le président américain
00:47:13prendre un
00:47:15executive order
00:47:15qui restreint l'accès
00:47:16à certains modèles d'IA
00:47:17la réponse à ça
00:47:19ça ne doit être que
00:47:19ça ne peut être que
00:47:20comment est-ce qu'aussi
00:47:21on investit nous
00:47:23dans nos propres technologies
00:47:24pour être plus forts
00:47:25dans ces rapports de force-là
00:47:26ça je vous rejoins entièrement
00:47:28et je crois que c'est ce qu'on
00:47:29essaye aussi de faire
00:47:29depuis un certain nombre d'années
00:47:31et la voie qu'on porte
00:47:31la France sur cette question
00:47:33d'innovation
00:47:34merci beaucoup
00:47:35Clara Chapaz
00:47:36je me tourne vers vous
00:47:37Julie Grandfais-Charrier
00:47:39vous êtes maître de conférence
00:47:40en droit privé
00:47:41j'aimerais avoir votre avis
00:47:42plutôt juridique
00:47:43votre regard juridique
00:47:44sur cette question
00:47:45parce qu'elle soulève
00:47:46beaucoup de questions
00:47:47cette interdiction éventuelle
00:47:48des réseaux sociaux mineurs
00:47:49est-ce qu'elle peut être effective
00:47:51comment on met en oeuvre
00:47:52une véritable vérification d'âge
00:47:54sans atteindre à la vie privée
00:47:56qui est aussi un droit
00:47:57comment on concilie
00:47:58cette interdiction
00:47:59pour les plus jeunes
00:48:00avec la liberté d'expression
00:48:02des adultes
00:48:02parce que beaucoup de gens
00:48:03de citoyens de notre pays
00:48:05s'inquiètent légitimement
00:48:06d'une vérification d'âge
00:48:09qui pourrait ensuite
00:48:10donner accès
00:48:10à des cartes d'identité
00:48:11et finalement
00:48:12en finir avec l'anonymat en ligne
00:48:14ce qui peut avoir un impact
00:48:15sur effectivement
00:48:16la capacité des gens
00:48:16à s'exprimer
00:48:17sur les réseaux sociaux
00:48:18comment répondre
00:48:19à ces inquiétudes
00:48:19quel est votre regard
00:48:20de juriste
00:48:21sur cette question
00:48:21alors merci beaucoup
00:48:23je prends une seconde
00:48:25pour remercier également
00:48:26le président Larcher
00:48:27et pour remercier également
00:48:29le président Laffont
00:48:30je suis ravie
00:48:31de me joindre
00:48:32à cette discussion
00:48:33alors c'est un très vaste sujet
00:48:35les réponses du droit
00:48:36je vais essayer
00:48:37d'être le plus synthétique possible
00:48:39pour vous apporter des réponses
00:48:41pardonner cette approche
00:48:42un peu panoramique
00:48:44que je vais essayer d'avoir
00:48:45pour répondre
00:48:46à tous ces éléments
00:48:46mais parce qu'évidemment
00:48:47en fait
00:48:47c'est un peu la question clé
00:48:49alors je vais reprendre
00:48:50moi aussi
00:48:50j'ai beaucoup apprécié
00:48:51les métaphores de Julie Inman
00:48:53je vais filer
00:48:54sa métaphore maritime
00:48:55pour le coup
00:48:56sur son approche
00:48:58de l'océan
00:48:58en fait je pense que
00:48:59alors une unanimité
00:49:00ça n'arrivera jamais
00:49:01mais il y a une espèce
00:49:02de consensus
00:49:03qui commence à se dégager
00:49:04dans nos sociétés actuelles
00:49:06sur la nécessité
00:49:07d'une réponse
00:49:08et d'une protection accrue
00:49:10pour les mineurs
00:49:12sur le cap
00:49:13on est une majorité
00:49:14à être d'accord
00:49:15ça n'empêche pas
00:49:16qu'il y a des tempêtes
00:49:17très claires
00:49:17qui sont devant
00:49:18et qu'il faut avoir
00:49:19une conscience
00:49:19ne serait-ce que parce que
00:49:21en ayant parfaitement
00:49:22conscience
00:49:23de ces difficultés
00:49:24qui sont devant
00:49:25une application du texte
00:49:26ça permettra
00:49:27une mise en oeuvre
00:49:28plus aisée
00:49:29voire une mise en oeuvre
00:49:30possible
00:49:30de ce texte-là
00:49:32alors il y a plusieurs points
00:49:33en fait
00:49:33le premier point
00:49:34si on veut partir du début
00:49:35c'est qu'on a je crois
00:49:37passé le cap
00:49:38précisément
00:49:39d'une difficulté
00:49:40de compatibilité
00:49:41en tout cas
00:49:41on a réduit les risques
00:49:42par rapport
00:49:43et au droit européen
00:49:44et à la norme constitutionnelle
00:49:47s'agissant
00:49:48des différentes moutures
00:49:49du texte
00:49:49qu'on a pu connaître
00:49:50je ne reviendrai pas
00:49:51dans le détail
00:49:51mais en gros
00:49:52d'abord sur le droit européen
00:49:54je crois que la nouvelle approche
00:49:55du texte
00:49:56qui s'apprête
00:49:57à être discutée là
00:50:00cette idée
00:50:01de liste noire
00:50:02en réalité
00:50:02est une approche
00:50:04qui est sans doute
00:50:05beaucoup plus
00:50:06opérationnelle
00:50:07avec le DSA
00:50:08parce qu'elle évite
00:50:09l'approche du tout
00:50:10ou rien
00:50:10qui précisément
00:50:11était reprochée
00:50:12au départ en réalité
00:50:13liste noire
00:50:14on établit une liste
00:50:15a priori
00:50:16des réseaux sociaux
00:50:17nocifs
00:50:18exactement
00:50:18on les nomme
00:50:19dans la loi
00:50:20il y a cette notion
00:50:20un peu transversale
00:50:21volontairement
00:50:22à mon avis
00:50:22c'est une bonne idée
00:50:23mais potentiellement
00:50:26attentatoire
00:50:26à l'épanouissement
00:50:27physique, intellectuel
00:50:29comportemental
00:50:30etc.
00:50:30du jeune
00:50:30et à partir du moment
00:50:32où on franchit
00:50:33cette ligne là
00:50:33on passe sur la liste noire
00:50:35alors il y aurait
00:50:35des questions à poser
00:50:36mais il n'y a pas
00:50:37par définition
00:50:38il n'y a pas de réponse
00:50:39parfaite
00:50:39deux
00:50:40est-ce qu'on risque pas
00:50:40de retrouver
00:50:41tous ces grands acteurs là
00:50:43sur la liste noire
00:50:44sans doute
00:50:44alors on peut le lire
00:50:46comme étant
00:50:47une difficulté du texte
00:50:48on peut aussi le lire
00:50:49comme étant
00:50:50une nécessité supplémentaire
00:50:51d'avoir un texte
00:50:52c'est-à-dire que
00:50:53si tous les grands
00:50:53se retrouvent
00:50:54sur la liste noire
00:50:55ça pose quand même
00:50:56un certain nombre
00:50:57de questions
00:50:57donc là-dessus
00:50:58le texte
00:50:59prend moins de risques
00:51:00disons avec la norme européenne
00:51:02de la même manière
00:51:03ce qui fait
00:51:04en précisant bien
00:51:04qu'il en référera
00:51:06aux autorités compétentes
00:51:07sur le territoire
00:51:08de l'état membre
00:51:09concerné
00:51:10parce qu'il y a aussi
00:51:11des problématiques
00:51:11d'application
00:51:13de normes nationales
00:51:14c'est-à-dire que
00:51:15si l'acteur du numérique
00:51:17est établi
00:51:18sur un autre état membre
00:51:19souvent l'Irlande
00:51:20pas exclusivement
00:51:21mais c'est souvent
00:51:22il y a un certain nombre
00:51:23d'établissements
00:51:24en Irlande
00:51:24en fait
00:51:25le texte
00:51:26se couvre
00:51:27et nous couvre
00:51:28sur l'état français
00:51:29en précisant bien
00:51:30qu'il y a d'abord
00:51:31une nécessité
00:51:32de solliciter
00:51:33les autorités
00:51:34du pays concerné
00:51:35c'est d'autant plus
00:51:36bienvenu
00:51:37qu'on a un arrêt
00:51:38qu'il y a une semaine
00:51:38de la cour de justice
00:51:41qui est l'arrêt web group
00:51:42pour le coup
00:51:42il y a deux arrêts
00:51:43dont je reparlerai brièvement
00:51:44mais qui dit
00:51:45très précisément
00:51:46qu'à défaut
00:51:46d'avoir actionné
00:51:47les autorités compétentes
00:51:49dans le droit national
00:51:51les dispositions
00:51:52ne sont pas opposables
00:51:53aux citoyens
00:51:54donc il y a
00:51:54un vrai alignement
00:51:56sur le droit européen
00:51:57et puis évidemment
00:51:58pour arriver
00:51:59à l'un des éléments
00:52:00de votre question
00:52:01sur le terrain constitutionnel
00:52:03il y avait
00:52:04de très gros risques
00:52:04qui ne sont pas tous levés
00:52:06mais parce que
00:52:06c'est des vases communiquants
00:52:08en réalité
00:52:08plus on va protéger
00:52:10la jeunesse
00:52:10et plus l'atteinte
00:52:12au droit est possible
00:52:13parce que plus le droit
00:52:14sera réduit
00:52:14en réalité
00:52:15c'est à dire que
00:52:16par essence
00:52:17l'interdit fixé
00:52:18aux mineurs de 15 ans
00:52:19est une atteinte
00:52:20à leur liberté
00:52:21d'expression
00:52:22de communication
00:52:22etc
00:52:23ça c'est incontestable
00:52:24la question c'est
00:52:25de réussir
00:52:26à positionner
00:52:27le curseur
00:52:28pour que cette atteinte
00:52:29soit proportionnée
00:52:30légitime
00:52:31alors il y a
00:52:31plusieurs éléments
00:52:32d'une part
00:52:34on restaure
00:52:35un rôle parental
00:52:36dans le texte actuel
00:52:38qui avait plutôt
00:52:38disparu des moutures
00:52:39antérieures
00:52:40et ça posait une question
00:52:40notamment à la vie
00:52:41familiale
00:52:42parce qu'il y a quand même
00:52:44et ça a été un peu
00:52:45un fil rouge
00:52:45d'ailleurs depuis le début
00:52:46des propos
00:52:47il y a une question
00:52:47de la place du parent
00:52:48aussi
00:52:49et des parents
00:52:50sur l'application
00:52:52et puis il y a cette question
00:52:53de quel est le droit
00:52:55en réalité
00:52:55qui va permettre
00:52:56de fonder
00:52:58le caractère
00:52:59proportionné
00:53:00de l'atteinte
00:53:01parce qu'encore une fois
00:53:01l'atteinte
00:53:02à la communication
00:53:03à l'expression
00:53:04elle existe
00:53:04alors là je crois
00:53:06qu'il faut être prudent
00:53:07je disais tout à l'heure
00:53:08il y a deux arrêts
00:53:08du 16 juin
00:53:09de la cour de justice
00:53:12le premier arrêt
00:53:13dont on parlait
00:53:14donc l'arrêt web group
00:53:15donc c'est à propos
00:53:16de l'interdiction
00:53:17des sites pornographiques
00:53:18donc c'est un peu différent
00:53:19mais l'analogie
00:53:20est quand même
00:53:20assez facile pour nous
00:53:21et en fait
00:53:22la cour de justice
00:53:23nous dit
00:53:23les états membres
00:53:24peuvent prendre
00:53:25un certain nombre
00:53:26de dispositions
00:53:28allant jusqu'à
00:53:28des interdictions
00:53:30c'est mesuré
00:53:32c'est proportionné
00:53:32parce que
00:53:33l'intérêt supérieur
00:53:34de l'enfant
00:53:35vient sanctuariser
00:53:37cette nécessité
00:53:37alors là dessus
00:53:39je crois qu'il ne faut pas
00:53:41s'emballer trop non plus
00:53:42je crois que
00:53:44là il y a une différence
00:53:45très nette à faire
00:53:46autant l'intérêt supérieur
00:53:48de l'enfant
00:53:48dans une confrontation
00:53:49à des contenus
00:53:51pornographiques
00:53:51il est incontestable
00:53:53sur les réseaux sociaux
00:53:54on aura des citoyens
00:53:55qui nous opposeront
00:53:56et on l'a un peu dit
00:53:57sur la première table ronde
00:53:59c'est pas que du négatif
00:54:01autrement dit
00:54:01je crois qu'il ne faut pas
00:54:02pour des raisons
00:54:03de sécurité juridique
00:54:04uniquement s'abriter
00:54:06derrière l'intérêt supérieur
00:54:07de l'enfant
00:54:07pour justifier
00:54:08l'absence
00:54:09d'atteinte disproportionnée
00:54:11à la liberté
00:54:12de communication
00:54:13parce que
00:54:13autant ça me paraît
00:54:15plus ou moins évident
00:54:16de dire qu'il y a
00:54:17un intérêt supérieur
00:54:18évident
00:54:18à interdire
00:54:20les sites pornographiques
00:54:22aux enfants
00:54:23et on ne voit pas
00:54:23d'éléments positifs
00:54:25dans une consommation
00:54:27du porno
00:54:28sur les jeunes
00:54:29voire les très jeunes
00:54:30autant sur les réseaux sociaux
00:54:32ça peut se discuter
00:54:33c'est ce qui était envisagé
00:54:35tout à l'heure
00:54:36notamment
00:54:36je crois
00:54:37par monsieur Noé
00:54:38mais en fait
00:54:39il y a des intérêts
00:54:39sur les réseaux sociaux
00:54:40les questions de genre
00:54:43entre autres
00:54:44pas seulement
00:54:45mais d'identité sexuelle
00:54:46d'identité de genre
00:54:47etc.
00:54:47quand vous ne pouvez pas
00:54:48en parler à la maison
00:54:49et que vous trouvez
00:54:50un espace
00:54:51de communication
00:54:52en ligne
00:54:53il y a aussi du positif
00:54:54voilà
00:54:55alors c'est toujours
00:54:56la difficulté
00:54:57mais il y a une forme
00:54:59de positif
00:54:59qui existe aussi
00:55:00et qu'il ne faut pas
00:55:02comment dire
00:55:03nier
00:55:04sous le prétexte
00:55:05que toutes les difficultés
00:55:07qui sont présentées
00:55:08par les réseaux sociaux
00:55:09existent elles aussi
00:55:10voilà
00:55:10mon propos
00:55:11ce n'est pas du tout
00:55:11de dire qu'il faut
00:55:12remettre en cause
00:55:13l'interdiction
00:55:14c'est de dire
00:55:15qu'il faut sécuriser
00:55:16juridiquement
00:55:17et que donc
00:55:18typiquement
00:55:19la question
00:55:19de l'intérêt supérieur
00:55:22de l'enfant
00:55:22elle, elle ne suffira pas
00:55:24et donc
00:55:25vous vouliez peut-être
00:55:25intervenir
00:55:26je vous laisse finir
00:55:27non non
00:55:27allez-y
00:55:29je voulais rebondir
00:55:31sur ce qui vient
00:55:32d'être dit
00:55:32puisque
00:55:33je pense que
00:55:34ce que vous dites
00:55:35sur le fait
00:55:36que ça peut être positif
00:55:37en fait on en revient
00:55:38à la question
00:55:38des fonctionnalités
00:55:39qui ont été beaucoup discutées
00:55:40dans la table ronde précédente
00:55:41oui on peut aller
00:55:43sur un forum
00:55:44et échanger
00:55:45avec des gens
00:55:45qui nous ressemblent
00:55:46et peut-être partager
00:55:47des choses
00:55:48qu'on n'oserait pas partager
00:55:49autrement
00:55:50mais pour faire ça
00:55:51on n'a pas besoin
00:55:52d'algorithmes infinis
00:55:53on n'a pas besoin
00:55:54d'avoir accès
00:55:54à du contenu pornographique
00:55:55ou violent
00:55:56on n'a pas besoin
00:55:56d'avoir accès
00:55:57à des tutoriels
00:55:58de scarification
00:55:59et de tomber
00:55:59dans ces rabbit holes
00:56:00qui peuvent conduire
00:56:01jusqu'au pire
00:56:02je ne veux pas rappeler
00:56:04le pire que nous a rappelé
00:56:05le président Larcher
00:56:07tout à l'heure
00:56:07avec le suicide
00:56:08de cette jeune fille
00:56:09mais je pense que
00:56:10alors je ne suis pas juriste
00:56:11mais je pense qu'il faut
00:56:13déjà on verra un peu
00:56:15comment les choses sont tranchées
00:56:16dans les semaines à venir
00:56:17mais je pense qu'il ne faut pas
00:56:19confondre
00:56:20l'aspect positif
00:56:22d'internet
00:56:23c'est-à-dire de pouvoir
00:56:24se connecter à des personnes
00:56:25via le numérique
00:56:26et les réseaux sociaux
00:56:27parce qu'il y a plein de positifs
00:56:28sur internet
00:56:29qui ne nécessitent pas
00:56:31des fonctionnalités sociales
00:56:32qui aujourd'hui
00:56:33ont un impact négatif
00:56:35sur la santé des jeunes
00:56:37incontestablement là-dessus
00:56:37sur le diagnostic
00:56:38je pense qu'on est tous d'accord
00:56:39après il y a la question
00:56:40qui était posée aussi
00:56:41sur la première table ronde
00:56:42et qui était presque
00:56:44cet effet de mode
00:56:45en fait ils y vont tous
00:56:46donc il va falloir
00:56:48décanter ça
00:56:48mais aujourd'hui
00:56:49en train
00:56:50et je pense qu'on est à peu près
00:56:52on a connu à peu près
00:56:52les mêmes choses
00:56:53dans notre jeunesse
00:56:54donc je le dis
00:56:55avec d'autant plus de facilité
00:56:56mais aujourd'hui
00:56:57les forums au sens
00:56:58où nous on l'a connu
00:56:59chez les jeunes
00:57:00ils sont laissés de côté
00:57:03par 98% de la jeunesse
00:57:05donc il faut effectivement
00:57:07les ramener vers ça
00:57:08mais ça suppose
00:57:09de voir la problématique juridique
00:57:12telle qu'elle est
00:57:12donc il y a un vent en poupe
00:57:14incontestablement
00:57:15il y a une espèce
00:57:17de mouvement général
00:57:18qui pousse
00:57:20l'interdiction
00:57:21qui est sans doute
00:57:22la meilleure des solutions
00:57:23mais donc il ne faut pas
00:57:25nier l'existence de problèmes
00:57:26on en a déjà identifié
00:57:28un certain nombre
00:57:29pour en donner juste
00:57:30quelques autres
00:57:31mais je ne prétends pas
00:57:32du tout à l'exhaustivité ici
00:57:33il y a notamment
00:57:34les questions qu'on se pose
00:57:35à propos des VPN
00:57:36alors on entend
00:57:37au Royaume-Uni
00:57:38notamment la possibilité
00:57:39de les interdire
00:57:41je ne suis pas sûre
00:57:42que ce soit techniquement
00:57:43faisable
00:57:43parce que les VPN
00:57:44on s'en sert tous
00:57:45en réalité
00:57:45donc c'est des hydres de l'air
00:57:47non plus
00:57:48c'est-à-dire que vous allez
00:57:49en supprimer un gros
00:57:50et vous en aurez quatre
00:57:51qui pousseront derrière
00:57:52c'est toute la problématique
00:57:54de ce sujet-là
00:57:56en réalité
00:57:57en numérique particulièrement
00:57:58on sait à peu près
00:58:00pas toujours
00:58:01à peu près
00:58:01ce qu'on a sous les yeux
00:58:02on ne sait quasiment jamais
00:58:03ce qui nous attend derrière
00:58:05donc il faut y aller vraiment
00:58:06avec une prudence immense
00:58:08et donc ça
00:58:08ça fait partie des premiers risques
00:58:10parce que
00:58:11évidemment oui
00:58:11les jeunes contournent
00:58:13alors ça n'empêche
00:58:13qu'il faut le faire
00:58:14et que
00:58:16sans doute
00:58:16que la génération suivante
00:58:18tirera davantage
00:58:19les fruits
00:58:20que cette génération-là
00:58:21qui va contourner
00:58:22mais ça a toujours
00:58:23fonctionné comme ça
00:58:24et puis il faut aussi
00:58:26avoir à l'esprit
00:58:27qu'on parlait
00:58:29sans en parler véritablement
00:58:31mais de l'IA
00:58:32depuis le début
00:58:32il y a un vrai risque
00:58:33je crois
00:58:34identifié très fort
00:58:35d'une bascule
00:58:37pour un grand nombre
00:58:38de jeunes
00:58:38qui auront envie
00:58:39de parler
00:58:39vers les IA conversationnels
00:58:41et là
00:58:41c'est d'autres problèmes
00:58:43voilà
00:58:43alors ça n'enlève encore rien
00:58:45à l'opportunité du texte
00:58:46mais il faut voir ça
00:58:47c'est-à-dire que
00:58:47là où on parlait
00:58:49en ligne
00:58:50et donc
00:58:51voilà
00:58:51dans une espèce de visibilité
00:58:53qui a malgré tout
00:58:55amené des drames
00:58:56et qui amène des difficultés
00:58:57en dehors des drames évidentes
00:58:59on voyait
00:59:00on pouvait voir
00:59:01la discussion
00:59:03qui va s'opérer
00:59:03entre le jeune
00:59:04et son IA
00:59:05est une discussion
00:59:07qui n'existe
00:59:08qu'entre le jeune
00:59:08et son IA
00:59:09voilà
00:59:09qui va poser d'autres questions
00:59:11et on avait l'exemple
00:59:12du président Larcher
00:59:13au début
00:59:14sur le suicide abominable
00:59:16de la jeune fille
00:59:16on a un exemple aussi
00:59:17avec une IA
00:59:18qui a donné des astuces
00:59:20de suicide
00:59:21à un jeune
00:59:21donc en réalité
00:59:22voilà
00:59:23il faut faire très attention
00:59:24à ça
00:59:24et c'est
00:59:27le droit du numérique
00:59:28c'est un peu
00:59:28le tonneau des Danaïdes
00:59:29c'est-à-dire qu'on touche
00:59:30presque à l'interdiction
00:59:31on y est presque
00:59:32et on a déjà le
00:59:34c'est sans doute
00:59:35encore pire derrière
00:59:36alors ça n'enlève pas
00:59:37qu'il faut rester motivé
00:59:38mais là-dessus
00:59:39c'est terrible
00:59:40et pour un mot
00:59:41pour terminer
00:59:42je crois que
00:59:42et je rejoindrai entièrement
00:59:44tout ce qui a été dit
00:59:44le droit
00:59:45c'est pas moi
00:59:46qui vous dirai le contraire
00:59:47j'essaierai de ne pas
00:59:48vous dire le contraire
00:59:49c'est une excellente solution
00:59:51sur des sujets
00:59:52comme celui-là
00:59:52ça ne peut pas être
00:59:53la réponse unique
00:59:54et la question
00:59:55de la responsabilité parentale
00:59:57elle doit être mise
00:59:59sur la table
00:59:59sans jugement
01:00:00sans rien
01:00:01et avec une idée
01:00:02très nette
01:00:03de pédagogie
01:00:04on évoquait tout à l'heure
01:00:05Madame la Sénatrice
01:00:06malheureusement
01:00:07les propos
01:00:08que vous aviez dû subir
01:00:09en ligne
01:00:09après avoir porté
01:00:10le courage
01:00:11de porter le texte
01:00:12je serais curieuse
01:00:13de connaître
01:00:15le pourcentage
01:00:16d'utilisateurs
01:00:17qui ont ce genre
01:00:17de propos en ligne
01:00:18et qui ont passé
01:00:19de très longues dates
01:00:20la majorité
01:00:22voilà
01:00:22c'est ça le problème aussi
01:00:24donc là
01:00:25je me permets
01:00:26de rebondir
01:00:26et après
01:00:27je passe bien sûr
01:00:29Madame la Sénatrice
01:00:30la parole
01:00:31sur cette question-là
01:00:33parce que vous connaissez
01:00:33mieux que personne
01:00:34les enjeux
01:00:35sur la question
01:00:36du rôle parental
01:00:36parce que je n'ai pas eu
01:00:37l'occasion
01:00:37de discuter
01:00:38de ça
01:00:40pour le moment
01:00:41je rejoins
01:00:42ce qui a été dit
01:00:42tout à l'heure
01:00:44par nos confrères
01:00:45d'éducation nationale
01:00:48elle est très difficile
01:00:49cette question-là
01:00:49parce qu'en fait
01:00:50on a essayé
01:00:51beaucoup de choses
01:00:51pour les parents
01:00:53il y a certains
01:00:53de vos collègues
01:00:54qui avaient porté
01:00:55la loi
01:00:55du contrôle
01:00:56enfin des outils
01:00:57de contrôle parental
01:00:58obligatoire
01:00:59dans les téléphones
01:00:59ça a été installé
01:01:00ça a eu peu d'effet
01:01:01c'est très peu utilisé
01:01:02finalement
01:01:03il y a la question
01:01:04aussi
01:01:04d'embarquer les parents
01:01:06dans l'éducation
01:01:08qui est fondamentale
01:01:08mais qui n'est pas suffisante
01:01:10parce qu'au regard
01:01:11de ce qui se passe
01:01:11aujourd'hui
01:01:12et ça a été très bien
01:01:13dit tout à l'heure
01:01:14en fait ce qu'on voit
01:01:15c'est que c'est profondément
01:01:16injuste
01:01:17la question de la responsabilité
01:01:18parentale
01:01:19puisqu'on a
01:01:20les familles
01:01:22issues des classes
01:01:23moins aisées
01:01:23dont les enfants
01:01:24passent deux fois
01:01:26plus de temps
01:01:26deux fois
01:01:27c'est pas 20 minutes
01:01:28de plus par jour
01:01:28deux fois plus de temps
01:01:29sur les écrans
01:01:30que les familles
01:01:32plus aisées
01:01:34qui peut-être
01:01:34sont mieux sensibilisées
01:01:35peut-être sont plus en mesure
01:01:36d'accompagner leurs enfants
01:01:38peut-être ont d'autres
01:01:38activités à leur faire faire
01:01:39et donc la responsabilité
01:01:41des parents
01:01:43je pense que c'est
01:01:44aussi souvent
01:01:44une belle façon
01:01:45pour les entreprises
01:01:46qui n'ont pas envie
01:01:47de se conformer
01:01:48à leur responsabilité
01:01:50puisque c'est elles
01:01:51qui se font de l'argent
01:01:51sur les enfants
01:01:54et de se cacher
01:01:55derrière finalement
01:01:56la question
01:01:57de l'éducation
01:01:58et du parent
01:01:59or si les entreprises
01:02:00aujourd'hui
01:02:01sont capables
01:02:01de savoir tout de nous
01:02:02et je veux vraiment
01:02:03insister là-dessus
01:02:04comment on s'habille
01:02:05où est-ce qu'on part en vacances
01:02:06qu'on aime manger
01:02:07et nous cibler si précisément
01:02:09avec de la publicité
01:02:09je ne peux pas croire
01:02:10qu'elles ne sont pas capables
01:02:12de savoir quel est l'âge
01:02:13des utilisateurs
01:02:13sur leur plateforme
01:02:14et donc de faire
01:02:16porter leur propre responsabilité
01:02:18sur le fait
01:02:18de protéger nos enfants
01:02:19ça va bien sûr
01:02:21avec de l'éducation
01:02:21bien sûr avec le rôle
01:02:22des parents
01:02:22mais cette même règle
01:02:24ne peut qu'être
01:02:25la même pour tous
01:02:26à mon sens
01:02:27et qu'être la même pour tous
01:02:28dans toutes les familles
01:02:29mais aussi dans tous les pays
01:02:29si on veut vraiment
01:02:31changer les choses
01:02:32puisque vous avez raison
01:02:32c'est une question
01:02:33de normes et de culture
01:02:34peut-être qu'aujourd'hui
01:02:35ça paraît super pas cool
01:02:36d'aller sur un forum
01:02:37mais peut-être que demain
01:02:38on se rendra compte
01:02:39qu'en fait
01:02:40c'est la meilleure façon
01:02:41d'interagir
01:02:42sans tomber
01:02:43dans les risques
01:02:44qui sont ceux
01:02:45qui ont été très bien établis
01:02:45par la table ronde précédente
01:02:47c'est juste le risque
01:02:49et évidemment
01:02:49je laisserai la parole
01:02:50moi aussi
01:02:51mais ça déchaîne
01:02:54les passions
01:02:54il fallait quand
01:02:55j'en ai pour 30
01:02:56une addiction au débat
01:02:58c'est mieux quand même
01:03:01moi je redoute toujours
01:03:02le législateur
01:03:03comme parent universel
01:03:04précisément
01:03:05parce que je crois
01:03:06qu'il y a un risque
01:03:07et je rejoins
01:03:08à 100%
01:03:09ce que vous venez de dire
01:03:11qu'à fortiori
01:03:12chez des parents
01:03:13moins sensibilisés
01:03:14à ces choses-là
01:03:15il y ait une déresponsabilisation
01:03:17encore plus grande
01:03:17en fait
01:03:18c'est plus moi qui gère
01:03:19c'est l'État
01:03:20et donc c'est
01:03:21voilà
01:03:21donc c'est juste ça
01:03:22en fait
01:03:23mais c'est le revers
01:03:24d'une médaille
01:03:25dont on n'arrive pas
01:03:26à trouver le bon côté
01:03:26en réalité
01:03:28Je me tourne vers vous
01:03:29Catherine Morency
01:03:30pour que vous ayez
01:03:30enfin la parole
01:03:31vous êtes en pointe
01:03:32sur ce sujet
01:03:33de la législation
01:03:34comment on fait
01:03:35pour échapper
01:03:36soit à la jungle
01:03:37effectivement universelle
01:03:38qui peut exister
01:03:40dans certains pays
01:03:40très libéraux
01:03:41et on en a parlé tout à l'heure
01:03:43on a évoqué
01:03:43ce modèle chinois
01:03:44de surveillance numérique
01:03:46généralisée
01:03:46où finalement
01:03:47l'État contrôle
01:03:48la vie numérique des gens
01:03:49parce qu'il a leur identité
01:03:51parce qu'ils savent
01:03:51l'État prend le rôle
01:03:53des plateformes
01:03:53et qui peut inquiéter
01:03:55légitimement
01:03:56un certain nombre
01:03:56de citoyens
01:03:57est-ce qu'il y a une voie
01:03:57possible entre ces deux extrêmes
01:03:59et comment vous la dessineriez ?
01:04:01C'est la voie européenne
01:04:02entre le modèle
01:04:03de surveillance généralisée
01:04:05en Chine
01:04:06et le modèle
01:04:07business above all
01:04:08pardonnez-moi l'anglicisme
01:04:09des plateformes américaines
01:04:12il y a une voie médiane
01:04:13qu'il faut que nous tracions
01:04:14avec volonté
01:04:15avec fermeté
01:04:16de manière offensive
01:04:18et extrêmement stratégique
01:04:20c'est sur quoi
01:04:21travaille le Sénat
01:04:22depuis presque 20 ans
01:04:23ici
01:04:24au sein de sa commission
01:04:26de la culture
01:04:26je salue mon collègue
01:04:27Laurent Laffont
01:04:29et également
01:04:29au sein de la commission
01:04:31des affaires européennes
01:04:32car n'oublions pas
01:04:33les parlements
01:04:34des États membres
01:04:36en France
01:04:37c'est le cas
01:04:37ont capacité
01:04:39à peser
01:04:39sur l'élaboration
01:04:40du droit européen
01:04:41c'est notre devoir
01:04:42de le faire
01:04:42quand des textes
01:04:44de régulation
01:04:44qui concernent le numérique
01:04:45se profilent
01:04:46nous devons nous en emparer
01:04:48et donner notre point de vue
01:04:49et faire remonter
01:04:50à Bruxelles
01:04:50on a des outils législatifs
01:04:52pour le faire
01:04:52pour en amont
01:04:53de l'élaboration
01:04:54de la loi
01:04:55ou dans le cadre
01:04:56de son contrôle
01:04:56qui est aussi
01:04:57notre devoir
01:04:58dire ce qu'on pense
01:04:59pour peser
01:05:00dans ce débat
01:05:02donc on est au coeur
01:05:03de ce sujet
01:05:04aujourd'hui
01:05:04puisqu'on est en train
01:05:06de débattre
01:05:07de la question
01:05:07de l'interdiction
01:05:08au nom des réseaux sociaux
01:05:09à quel âge
01:05:10au moment où
01:05:12finalement
01:05:12l'Union européenne
01:05:14s'en empare également
01:05:15vous avez entendu
01:05:16comme moi
01:05:17les déclarations
01:05:18de la commissaire
01:05:18Ursula von Leiden
01:05:19qui dit qu'elle reprend
01:05:20la main sur le sujet
01:05:22et qu'un texte
01:05:22sur l'accessibilité
01:05:24d'âge
01:05:25devrait être produit
01:05:28peut-être
01:05:28dans le courant
01:05:29de l'été
01:05:30pendant ce temps-là
01:05:31les états membres
01:05:31qui se sont impatientés
01:05:33dont la France
01:05:33à juste titre
01:05:35forcément
01:05:36ont continué
01:05:37leur travail
01:05:38ils vont formuler
01:05:39dans le cadre
01:05:40de notre capacité
01:05:42à initier la loi
01:05:43des propositions
01:05:44donc je voudrais juste
01:05:45faire un petit retour
01:05:46en arrière
01:05:46pour vous porter
01:05:48quand même un témoignage
01:05:49il a été dit
01:05:50je crois que c'est
01:05:51le professeur Benidamina
01:05:52qui rappelait
01:05:53l'importance
01:05:53de la commission
01:05:54écran voulue
01:05:55par le président
01:05:55de la République
01:05:56c'est vrai
01:05:56à l'époque
01:05:57moi je me suis réjouie
01:05:57qu'enfin
01:05:58on se saisisse du sujet
01:05:59mais je voudrais rappeler
01:06:00qu'en 2018
01:06:01dans cette salle même
01:06:02je prends un témoin
01:06:03à ma collègue Sylvie Robert
01:06:04qui était là tout à l'heure
01:06:05David Roy
01:06:06ce n'était pas encore
01:06:06élu sénateur
01:06:07mais Laurent l'était
01:06:08nous avons voté ici
01:06:10un texte
01:06:10à l'issue
01:06:11d'un rapport
01:06:11d'information
01:06:12sur apprendre
01:06:13à se servir des écrans
01:06:14apprendre à s'en passer
01:06:15qui comportait
01:06:16des mesures
01:06:17éducatives
01:06:18sanitaires
01:06:18de prévention
01:06:19et d'information
01:06:20de formation
01:06:21en général
01:06:22pour justement
01:06:24s'emparer du sujet
01:06:25parce que
01:06:26nous avions déjà
01:06:27entendu
01:06:27des spécialistes
01:06:29des experts
01:06:30des médecins
01:06:30des pédiates
01:06:31des orthophonistes
01:06:32des psychiatres
01:06:33bref toute une cohorte
01:06:34des parents d'élèves
01:06:35bien entendu
01:06:36des enseignants
01:06:36qui nous avaient déjà alerté
01:06:38c'était en 2018
01:06:40à l'époque
01:06:41moi je regrette
01:06:41parce qu'on a quand même
01:06:42perdu un peu de temps
01:06:44dans cette affaire
01:06:45à l'époque
01:06:45on nous a dit
01:06:46mais non
01:06:46les études
01:06:47prouvent rien du tout
01:06:48c'était la représentante
01:06:49de la ministre de la santé
01:06:51qui nous disait ça
01:06:51les études prouvent rien du tout
01:06:53etc
01:06:53bon c'était absolument faux
01:06:54l'académie de médecine
01:06:55s'était déjà prononcée
01:06:57tout ça pour dire
01:06:59qu'on n'a pas toujours
01:07:00su entendre non plus
01:07:02des alertes
01:07:03dans cette salle même
01:07:04également
01:07:04dans une autre configuration
01:07:06à l'initiative
01:07:06de mon collègue
01:07:07Laurent Laffont
01:07:08nous avons auditionné
01:07:08Francis Hogan
01:07:09vous savez qui est Francis Hogan
01:07:10c'était la lanceur d'alerte
01:07:11de Facebook
01:07:12ingénieur sur Facebook
01:07:13qui avait fait sa tournée européenne
01:07:14pour alerter les parlements européens
01:07:16sur les graves dangers
01:07:18c'était en 2021
01:07:19novembre 2021
01:07:20les graves dangers
01:07:21que faisait courir Meta
01:07:23ça ne s'appelait même pas encore Meta
01:07:24à l'époque
01:07:25Facebook aux enfants
01:07:27elle nous a dit
01:07:27mais ne vous l'aurez pas
01:07:28ils privilégient
01:07:30leur profit
01:07:31avant la sécurité
01:07:32des enfants
01:07:33et tout ça
01:07:34ça a été confirmé
01:07:35encore très récemment
01:07:35par un tribunal
01:07:37aux Etats-Unis
01:07:38dans une sombre affaire
01:07:39qui a dit que Meta
01:07:40avait agi
01:07:41le site entre guillemets
01:07:42avec malice
01:07:43donc nous étions alertés
01:07:46de très longue date
01:07:47tout ça pour dire
01:07:48que maintenant tout ça
01:07:49est très documenté
01:07:50encore plus qu'en 2018
01:07:51et qu'il est très urgent d'agir
01:07:53je pense que agir
01:07:54c'est aussi une mesure sanitaire
01:07:56pour l'ensemble de nos sociétés
01:07:57en réalité
01:07:58parce que les décisions
01:08:00que nous allons prendre
01:08:00elles vont impacter
01:08:02je l'espère
01:08:02le regard que nous portons
01:08:04à nos propres pratiques
01:08:05il faut aussi d'abord
01:08:06se regarder nous adultes
01:08:08on a parlé tout à l'heure
01:08:09de la technoférence
01:08:10la technoférence
01:08:11a été théorisé
01:08:12par Serge Tisseron
01:08:13pédiatre psychiatre
01:08:14qui dit
01:08:15mais finalement
01:08:16les enfants
01:08:16ils ne reproduisent
01:08:16que ce que montrent
01:08:18les parents
01:08:18dans leur pratique
01:08:19à avoir un portable
01:08:20collé dans leurs mains
01:08:21toute la journée
01:08:22forcément ils vont faire
01:08:23de même
01:08:24si le premier geste
01:08:25à la maternité
01:08:25c'est de brandir
01:08:27un iPhone
01:08:27en face du bébé
01:08:29qui vient absolument de l'être
01:08:30tout ça
01:08:30ça s'enregistre aussi
01:08:31dans les petits cerveaux
01:08:32que sont les petits cerveaux
01:08:34des bébés
01:08:35donc je pense que
01:08:36le premier des sujets
01:08:37c'est tous se responsabiliser
01:08:39en tant qu'adultes
01:08:40s'interroger nous-mêmes
01:08:41sur nos propres pratiques
01:08:44et je crois
01:08:44qu'on pourrait évaluer
01:08:46notre temps
01:08:46d'écran
01:08:49peut-être aussi important
01:08:50que celui
01:08:50que citait tout à l'heure
01:08:51Gérard Larcher
01:08:52des enfants
01:08:55tout ça pour dire
01:08:56que si nous légiférons
01:08:58sur une interdiction
01:09:00alors
01:09:00on va y revenir
01:09:01mais moi je fais plutôt
01:09:02des interdictions
01:09:03de fonctionnalité
01:09:04on va rendre service
01:09:05finalement
01:09:06à nos sociétés
01:09:08qui sont les victimes
01:09:10aussi
01:09:10aujourd'hui
01:09:12d'une forme
01:09:13de déstructuration
01:09:14de déstabilisation
01:09:16qui est voulue
01:09:17par ceux
01:09:18qui ne veulent pas
01:09:19que du bien
01:09:20de déstabilisation
01:09:22de nos sociétés
01:09:23en commençant
01:09:24par la jeunesse
01:09:25on le voit bien
01:09:26désinformation
01:09:26manipulation
01:09:27de l'information
01:09:28ingérence étrangère
01:09:29guerre hybride
01:09:30etc.
01:09:32donc on se rendrait service
01:09:33finalement
01:09:34je crois
01:09:35à nous-mêmes
01:09:36et il y a urgence
01:09:36de toute façon
01:09:38à le faire
01:09:39alors
01:09:40aujourd'hui
01:09:41on a posé
01:09:41interdiction
01:09:42ou pas interdiction
01:09:43c'est un peu
01:09:43le titre
01:09:46des réseaux
01:09:48ici au Sénat
01:09:49on est parti
01:09:50comme l'a expliqué
01:09:51la commissaire australienne
01:09:52de l'idée
01:09:53qu'il fallait
01:09:54en fait
01:09:55une proposition
01:09:56systémique
01:09:57c'est à dire
01:09:58que interdire
01:09:58pour interdire
01:09:59ça ne servira à rien
01:10:01c'est peut-être
01:10:02excessif
01:10:03ce que je dis
01:10:03fixer une norme
01:10:04c'est autre chose
01:10:04mais interdire
01:10:05pour interdire
01:10:06si ce n'est pas
01:10:06accompagné
01:10:07c'est comme
01:10:08toutes les interdictions
01:10:08de mesures
01:10:09de prévention
01:10:10d'éducation
01:10:12d'information
01:10:13d'explication
01:10:13de responsabilisation
01:10:15de tout le monde
01:10:16ça ne pourra pas marcher
01:10:17c'est même pas nous
01:10:18les sénateurs
01:10:19qui le disons
01:10:19cher David
01:10:20nous qui avons auditionné
01:10:21tellement de monde
01:10:22pendant la préparation
01:10:23de ces textes
01:10:24c'est les meilleurs
01:10:26experts du sujet
01:10:28donc une approche
01:10:30systémique
01:10:30que nous avons voulu poser
01:10:32dans le cadre
01:10:32d'un premier texte
01:10:33de loi
01:10:33que j'ai proposé
01:10:34au vote des collègues
01:10:35qu'évoquait David Ross
01:10:36tout à l'heure
01:10:37voté en décembre 2025
01:10:39qui comporte
01:10:40les mêmes mesures
01:10:41que j'avais déjà déposées
01:10:42en 2018
01:10:43éducatives
01:10:43sanitaires
01:10:44de prévention
01:10:45d'information
01:10:45d'abord
01:10:46songer aujourd'hui
01:10:47on a travaillé aussi
01:10:48avec les cabinets
01:10:49ministériels concernés
01:10:50d'ailleurs à l'époque
01:10:51Clara était ministre du numérique
01:10:52donc j'avais travaillé aussi
01:10:53avec elle
01:10:54sur ces mesures
01:10:55le ministre de l'éducation
01:10:56et la ministre de la santé
01:10:58déjà
01:10:59introduire l'obligation
01:11:00de la formation
01:11:01dans la formation
01:11:03de tout le corps médical
01:11:04dans sa diversité
01:11:06mais aussi tous ceux
01:11:07qui vont après avoir
01:11:07affaire à la petite enfance
01:11:09dans la diversité
01:11:10de leur métier
01:11:11il n'y a pas de formation
01:11:12aujourd'hui
01:11:13il n'y a pas de module
01:11:14particulier
01:11:14sur ces sujets-là
01:11:15qui engloberait
01:11:17toutes les technologies
01:11:18parce qu'il ne faut pas
01:11:19se dire
01:11:20que c'est une technologie
01:11:21après une autre
01:11:21on va légiférer
01:11:23ce projet
01:11:23se dire
01:11:24que c'est tous les développements
01:11:25technologiques
01:11:25donc ça inclut forcément
01:11:26l'appréhension de l'IA
01:11:28il n'y a pas
01:11:29la mise de la santé
01:11:29il n'y a pas
01:11:30donc un
01:11:31on introduit
01:11:31des mesures
01:11:32de formation
01:11:33obligatoires
01:11:34dans toutes les formations
01:11:36qui vont concerner
01:11:37après de près
01:11:38ou de loin
01:11:40les enfants
01:11:43on regarde aussi
01:11:44à introduire
01:11:45une responsabilisation
01:11:47collective
01:11:48de toute la communauté
01:11:49éducative et adulte
01:11:50qui entoure les enfants
01:11:51depuis les crèches
01:11:52en passant
01:11:53par les centres de loisirs
01:11:54tout le périscolaire
01:11:55est concerné
01:11:55tout le scolaire
01:11:56est concerné
01:11:56tous les enseignants
01:11:58les parents
01:11:59les collectivités territoriales
01:12:01madame le maire
01:12:02qui participent
01:12:03au conseil d'école
01:12:03et conseil d'établissement
01:12:04qui pendant
01:12:05toute une génération
01:12:07dans l'ébriété technologique
01:12:09dans laquelle nous étions tous
01:12:10c'est génial
01:12:10on va acheter des tablettes
01:12:11c'est génial
01:12:12on achète des clés USB
01:12:12mais s'est-on jamais posé
01:12:14la question à l'époque
01:12:15pourquoi faire
01:12:16à quoi ça va servir
01:12:18combien de temps par jour
01:12:19dans le cadre
01:12:20du programme scolaire
01:12:22donc il est temps
01:12:23d'avoir comme un pacte
01:12:25d'éducation numérique
01:12:27d'utilisation
01:12:28d'hygiène numérique
01:12:29ensemble
01:12:29au coeur des établissements
01:12:31qui puisse se décider
01:12:33voilà
01:12:33y compris avec les élèves
01:12:35eux-mêmes
01:12:35qui siègent
01:12:36les conseils d'établissement
01:12:37les CPE
01:12:38les psychologues
01:12:39les médecins scolaires
01:12:40tout le monde siège
01:12:41et donc ça aiderait aussi
01:12:42grandement les parents
01:12:43qui peuvent aussi revendiquer
01:12:45ce pacte d'éducation
01:12:46c'est ce que défend d'ailleurs
01:12:47E-Enfance
01:12:48pour pouvoir aussi fixer
01:12:50un cadre de vie
01:12:52une hygiène numérique
01:12:53aussi à la maison
01:12:54il faut que ça soit forcément
01:12:56un tout dans lequel
01:12:56tout le monde s'engage
01:12:57c'est là peut-être aussi
01:12:58qu'on peut impliquer
01:12:59des parents
01:13:00dont on a évoqué
01:13:01la question des inégalités sociales
01:13:03qui sont un peu plus perdues
01:13:05ou un petit peu plus
01:13:05voilà
01:13:06démunies de ce point de vue là
01:13:08donc ça c'est ce que nous avons voté
01:13:10avec le soutien du ministre
01:13:11de l'éducation nationale
01:13:12donc en décembre
01:13:14dernier
01:13:14donc ce projet
01:13:15d'établissement discuté
01:13:17va permettre aussi
01:13:18de fixer les règles de vie
01:13:19par rapport à l'utilisation
01:13:20des écrans
01:13:21au cœur de l'établissement
01:13:23à quel moment
01:13:23on enjeu le téléphone portable
01:13:24à quel moment
01:13:25on utilise le tableau
01:13:28interactif
01:13:28étant donné que je pense
01:13:30qu'il faut respecter
01:13:30aussi
01:13:32les consignes
01:13:33que nous donnent
01:13:34les scientifiques
01:13:34sur pas d'écran
01:13:35avant
01:13:36trois voire six ans
01:13:37etc
01:13:38il y a une graduation
01:13:39que Cerf-Cistron
01:13:40a très bien
01:13:42théorisé
01:13:42donc déjà
01:13:43on a
01:13:44ce genre d'outils
01:13:45on a ajouté
01:13:46aussi au texte
01:13:47des règles de vie
01:13:49et d'hygiène numérique
01:13:50des adultes
01:13:52dans toutes les structures
01:13:53de la petite enfance
01:13:54crèches
01:13:55altes garderies
01:13:56centres de loisirs
01:13:57parce que quand les adultes
01:13:58utilisent leur portable
01:13:59pendant qu'ils s'occupent
01:14:00des enfants
01:14:00voilà encore
01:14:01une incitation
01:14:02toujours à utiliser
01:14:03puis des écrans
01:14:03ça c'est des mesures
01:14:04que nous avons
01:14:05prises également
01:14:07comme toute la promotion
01:14:08et l'incitation
01:14:09à des pratiques
01:14:10alternatives qualitatives
01:14:11la lecture
01:14:12le sport
01:14:13la culture
01:14:14tout ça
01:14:15c'est forcément
01:14:16corrélé dans le cadre
01:14:17du projet d'établissement
01:14:19et du projet éducatif
01:14:21et puis une vaste campagne
01:14:22d'information
01:14:22et de formation
01:14:23ce que déplorait
01:14:24les pédiatres
01:14:26les orthophonies
01:14:27etc
01:14:27c'est de ne pas disposer
01:14:28de matériel suffisant
01:14:30pour des documents
01:14:31à donner
01:14:31partager
01:14:32tout n'est pas forcément
01:14:33sur l'internet
01:14:34encore une fois
01:14:35on voit toujours
01:14:35l'internet
01:14:36mais avoir
01:14:36des documentations
01:14:38imprimées
01:14:39etc
01:14:40mener une très vaste campagne
01:14:41qui associerait
01:14:42on avait
01:14:42regardé ça avec Clara
01:14:44les trois ministères
01:14:45concernés
01:14:46numérique
01:14:48santé
01:14:49et éducation
01:14:50avoir cette grande campagne
01:14:52qui ne soit pas
01:14:53une journée par an
01:14:54mais qui soit
01:14:55une campagne
01:14:56au long cours
01:14:56sur bien sûr
01:14:57tous les écrans
01:14:59télévisuels
01:14:59mais aussi
01:15:00bien entendu
01:15:01d'ordinateurs
01:15:02et bien entendu
01:15:04des productions
01:15:05imprimées
01:15:06bon ça c'est quelque chose
01:15:07d'important
01:15:07de même qu'on a
01:15:08ajouté
01:15:09que sur les emballages
01:15:10où vous trouvez
01:15:11y compris des écrans
01:15:12pour que ça soit déjoué
01:15:13il faut dire
01:15:14comme le vin
01:15:16on met
01:15:16oui
01:15:16nuis gravement
01:15:18à la santé
01:15:18bon voilà
01:15:19c'est des mesures
01:15:20de bon sens
01:15:21et dans ce cadre là
01:15:23nous avions commencé
01:15:25aussi à réfléchir
01:15:26à la question
01:15:27de faire obligatoirement
01:15:28appliquer quand même
01:15:29l'histoire des 13 ans
01:15:30parce qu'on parle
01:15:31de la majorité numérique
01:15:32là à 15 ans
01:15:33en tout cas du seuil d'âge
01:15:34qui pourrait être 15 ou 16 ans
01:15:35mais déjà
01:15:36si avait été appliqué
01:15:38correctement
01:15:39par les réseaux sociaux
01:15:40le fait qu'on ne peut pas
01:15:42laisser les 13 ans
01:15:43ouvrir des comptes
01:15:44et être
01:15:46sur les réseaux sociaux
01:15:48ce serait déjà pas si mal
01:15:49c'est tout simplement
01:15:49ce qu'ont réclamé
01:15:50à nouveau
01:15:50en novembre dernier
01:15:51les députés européens
01:15:52tout en promouvant
01:15:54par ailleurs
01:15:55de 13 à 16 ans
01:15:56ils ont réfléchi
01:15:57toute tendance politique
01:15:58confondue
01:15:58et de 13 à 16 ans
01:16:00les députés européens
01:16:01proposent
01:16:02qu'avec l'autorisation
01:16:03parentale
01:16:04on puisse avoir accès
01:16:06ou non
01:16:06aux réseaux sociaux
01:16:08alors dans ce cadre là
01:16:10qui a été voté
01:16:12au Sénat
01:16:13dans le cadre d'un premier texte
01:16:14c'est arrivé un autre texte
01:16:16du gouvernement
01:16:16en tout cas de l'Assemblée
01:16:18qui proposait
01:16:18de tout interdire
01:16:19les réseaux sociaux
01:16:20ça n'a pas été
01:16:21le point de vue du Sénat
01:16:22nous pensons
01:16:23qu'il faut poser
01:16:24une mesure d'interdiction
01:16:26si elle est accompagnée
01:16:27de toutes les mesures
01:16:27que j'ai énoncées
01:16:28mais que c'est peut-être
01:16:30pas très judicieux
01:16:31de faire peser
01:16:32la responsabilité
01:16:33sur les familles
01:16:33sur les enfants
01:16:34ce que tu disais Clara
01:16:36ce que disait d'ailleurs
01:16:37la commissaire australienne
01:16:38et que finalement
01:16:39tout ça
01:16:40vient quand même
01:16:41de la même responsabilité
01:16:42qui est celle
01:16:43des fameuses plateformes
01:16:45dont les modèles
01:16:46toxiques et pervers
01:16:47sont éprouvés
01:16:48et dont on retrouve
01:16:50les modèles
01:16:51maintenant
01:16:51dans des modèles d'IA
01:16:52les jouets conversationnels
01:16:55certains jeux
01:16:56aussi vidéo
01:16:57je pense à
01:16:58Fortnite
01:16:59par exemple
01:16:59et que finalement
01:17:01il faudrait faire
01:17:03peser l'interdiction
01:17:04je trouve
01:17:05sur les modèles
01:17:06les fonctionnalités
01:17:07toxiques
01:17:08et non pas
01:17:09sur les enfants
01:17:10ou les jeunes
01:17:11les adolescents
01:17:12qu'on priverait
01:17:14d'accès
01:17:15pour autant
01:17:16que bien entendu
01:17:17les parents
01:17:17il y a de l'autorisation
01:17:18parentale
01:17:19il semble évident
01:17:21et d'ailleurs
01:17:21quand je regarde
01:17:22j'ai un tableau
01:17:23comparatif
01:17:23de toutes les législations
01:17:24qui sont en cours
01:17:25de préparation
01:17:26en Europe
01:17:27oui je vais terminer
01:17:28en Europe
01:17:28mais de par le monde
01:17:29on se dirige
01:17:32plutôt vers
01:17:33des interdictions
01:17:34de fonctionnalités
01:17:35alors pourquoi
01:17:35nous ne peut-on pas
01:17:36agir sur les interdictions
01:17:37de fonctionnalités
01:17:37en France
01:17:38c'est un petit peu compliqué
01:17:39c'est l'histoire de droit
01:17:39c'est que pour l'instant
01:17:41c'est l'Europe
01:17:41qui gère avec le DSA
01:17:43le Digital Services Act
01:17:45Règlement sur les services numériques
01:17:46la régulation des plateformes
01:17:48et qu'elle nous dit
01:17:48non vous ne pouvez pas
01:17:49imposer aux plateformes
01:17:50des interdictions
01:17:51donc vous êtes obligés
01:17:53de poser une interdiction
01:17:54à vos usagers
01:17:55et donc à vos enfants
01:17:57donc on est à la croisée
01:17:58des chemins
01:17:58où là on est obligés
01:17:59d'interdire aux enfants
01:18:00d'accéder à certains types
01:18:01de plateformes
01:18:02dont l'idée de la liste
01:18:05et en attendant
01:18:06que la législation européenne
01:18:09bien entendu
01:18:10se mette en place
01:18:12donc c'est la position
01:18:13en réalité du Sénat
01:18:15vous avez bien compris
01:18:16ce serait à terme
01:18:18des fonctionnalités toxiques
01:18:19qui sont complètement interdites
01:18:21ce qui permet
01:18:22de promouvoir
01:18:23des offres vertueuses
01:18:24et d'accompagner
01:18:25dans le cadre
01:18:26d'une politique industrielle
01:18:27l'innovation
01:18:28parce que le déficit aussi
01:18:30de ces 30 dernières années
01:18:32c'est d'avoir été incapable
01:18:33d'avoir une politique industrielle
01:18:34assez puissante
01:18:35et offensive
01:18:35en cocombitance
01:18:37avec la régulation
01:18:37pour peser
01:18:39et asseoir notre souveraineté
01:18:41aussi culturelle
01:18:41et numérique
01:18:42dans ce monde
01:18:44on dépend beaucoup trop
01:18:45des big tech
01:18:46et donc voilà
01:18:47il faut faire peser
01:18:48l'interdiction
01:18:49au bon endroit
01:18:50je pense que c'est ça
01:18:51le sujet
01:18:51j'ai juste deux petites choses
01:18:53pour expliquer aussi
01:18:55la position du Sénat
01:18:57qui a été un peu contestée
01:18:58par rapport à ceux
01:18:59qui voulaient tout interdire
01:19:00de manière
01:19:00tout interdire
01:19:01voilà
01:19:02sans nuance
01:19:02c'est que constitutionnellement
01:19:05ça peut poser
01:19:05un problème assez sérieux
01:19:06la mise en cause
01:19:08comme pour la loi Avia
01:19:10d'une interdiction
01:19:11tellement forte
01:19:12qu'elle est privative
01:19:13y compris pour les jeunes
01:19:14de la liberté d'expression
01:19:15si on s'en tient
01:19:16à la convention
01:19:16voilà des droits de l'homme
01:19:18et d'autre part
01:19:19les droits civils
01:19:20le droit des parents
01:19:21qui ne pourrait pas
01:19:23être contourné
01:19:23je rappelle que les parents
01:19:24dans le code civil
01:19:25ont des droits
01:19:26et des devoirs
01:19:27ça fait partie
01:19:27de l'éducation
01:19:28c'est dans la loi
01:19:29et donc le conseil d'état
01:19:30a alerté
01:19:31sur ces deux écueils
01:19:32et c'est à partir de là
01:19:34que le Sénat
01:19:35a aussi rédigé son texte
01:19:36pour être à la fois
01:19:37dans le constitutionnel
01:19:38et la compatibilité
01:19:40avec le droit européen
01:19:41j'étais un peu longue
01:19:42mais je pense
01:19:43que vous allez repréciser
01:19:44la démarche
01:19:45voilà et le débat
01:19:46à dernier mot peut-être
01:19:46de Claire Javance
01:19:47mais vraiment très court
01:19:47je sais que Génie Bastien
01:19:48me fait des grands signes
01:19:49qu'on n'a pas le temps
01:19:49c'est mon rôle
01:19:50j'ai peur qu'on ait un petit peu
01:19:53perdu tout le monde
01:19:54dans ces complexités
01:19:55de droit et d'articulation
01:19:56de droit
01:19:56moi je pense que
01:19:57ce qu'il faut retenir
01:19:58et d'ailleurs
01:19:58on l'a fait déjà
01:19:59avec les sites pornographiques
01:20:00dans le cadre de la loi Sren
01:20:01sur laquelle vous aviez travaillé
01:20:03on a à la fois une force
01:20:05c'est le droit européen
01:20:06et à la fois une contrainte
01:20:07c'est qu'il faut peser
01:20:08ces articulations
01:20:09mais je pense que
01:20:09ce qu'il faut retenir
01:20:10c'est qu'on a été moteur
01:20:12pour avancer
01:20:13et c'est une bonne chose
01:20:14parce que c'est ce qui permet aussi
01:20:15de faire avancer l'Europe
01:20:16on le voit sur les sites pornographiques
01:20:18on avait pris d'abord
01:20:19des dispositions
01:20:19en droit national
01:20:21qui sont parfois complexes
01:20:23à mettre en oeuvre
01:20:23mais qui permettent aujourd'hui
01:20:25un, de voir que 40%
01:20:27du trafic de mineurs
01:20:28sur les sites pornos
01:20:29a diminué
01:20:30c'est presque un enfant sur deux
01:20:31en moins
01:20:31alors c'est pas zéro
01:20:32mais tout à l'heure
01:20:34la commissionnaire parlait
01:20:35de 37% de baisse
01:20:36aussi de compte sur les mineurs
01:20:37donc tout ce qu'on peut faire
01:20:38maintenant
01:20:39je pense qu'on se doit
01:20:40de le faire
01:20:40avec cette articulation
01:20:42qui parfois peut donner
01:20:43le sentiment de compliquer
01:20:44un peu les choses
01:20:44mais je crois que collectivement
01:20:46on est d'accord sur le fait
01:20:47qu'il y a urgence à agir
01:20:48que ça fait un certain nombre de temps
01:20:50que beaucoup de personnes
01:20:51tous réunies ici
01:20:52et qui nous écoutent peut-être
01:20:53travaillent sur la question
01:20:54qu'on saura collectivement
01:20:56trouver la bonne voie de passage
01:20:57avec l'Europe
01:20:57parce qu'on n'a plus le choix
01:20:58et qu'on veut
01:20:59qu'une seule chose
01:21:00c'est que l'Europe bien sûr
01:21:01continue à nous suivre
01:21:02le président de la république
01:21:03a réuni tous les pays européens
01:21:05il y a 3-4 semaines de cela
01:21:07pour qu'on pousse tous ensemble
01:21:08parce que c'est notre grande force
01:21:09l'Europe
01:21:10mais c'est aussi notre rôle
01:21:12je crois
01:21:12la France de pousser
01:21:13quand on voit un sujet
01:21:14sur lequel on a tant de convictions
01:21:16tant de travail qui a été fait
01:21:17et trouver les voies de passage
01:21:18pour je crois qu'on est tous d'accord
01:21:20simplement protéger nos enfants
01:21:21et s'assurer qu'il n'y a pas
01:21:23plus
01:21:24je crois qu'on ne pourra
01:21:25jamais en être certain
01:21:26mais en tout cas
01:21:26qu'on a fait tout
01:21:27pour qu'il n'y ait pas
01:21:28les cas dramatiques
01:21:29dont nous a parlé
01:21:30le président tout à l'heure
01:21:31Merci beaucoup
01:21:32à toutes les trois
01:21:33d'avoir évoqué
01:21:34dans ces nuances
01:21:35ce débat
01:21:36et c'est toute sa complexité
01:21:37parce que c'est évidemment
01:21:38pas un débat pour ou contre
01:21:39il faut aussi se demander comment
01:21:41je passe la parole
01:21:42à Laurent Laffont
01:21:43président de la commission
01:21:44de la culture
01:21:44qui va conclure
01:21:46ce colloque
01:21:49Merci
01:21:52je vais essayer de conclure
01:21:53sans redire
01:21:54ce qui a été brillamment dit
01:21:55que ce soit
01:21:56sur la première table ronde
01:21:57ou la seconde
01:22:01mais essayer de dresser
01:22:03quelques lignes forces
01:22:04de ce qui a pu être dit
01:22:05cet après-midi
01:22:06ce colloque avait pour titre
01:22:07une question
01:22:08face à la menace
01:22:10interdire pour protéger
01:22:11avec un point d'interrogation
01:22:13ma conviction
01:22:14après ces échanges
01:22:15est que cette question
01:22:16est plutôt de savoir
01:22:17comment interdire
01:22:18avec discernement
01:22:20conformément au droit
01:22:21et de manière
01:22:21évidemment efficace
01:22:23à savoir que
01:22:24l'interdiction
01:22:25doit être suivie
01:22:27des faits
01:22:29cela a été rappelé
01:22:30avec force
01:22:31mais peut-être
01:22:31faut-il le dire
01:22:32personne ne conteste
01:22:34le choix des intervenants
01:22:36cet après-midi
01:22:36n'était peut-être pas
01:22:37évidemment
01:22:38on est peut-être tous
01:22:38dans le même sens
01:22:39mais personne ne conteste
01:22:40l'idée d'interdire
01:22:42à partir du moment
01:22:43où la nocivité
01:22:44des réseaux sociaux
01:22:45sont établies
01:22:46et professeur
01:22:48vous l'avez montré
01:22:50avec justesse
01:22:51tout à l'heure
01:22:51et au cours de vos travaux
01:22:52à partir du moment
01:22:53où la nocivité
01:22:54de certains réseaux sociaux
01:22:55est établie
01:22:56personne ne conteste
01:22:58le fait
01:22:59qu'il doit y avoir
01:23:00une interdiction
01:23:01dans l'usage
01:23:02pour les enfants
01:23:03pas plus
01:23:03qu'on ne conteste
01:23:04l'usage de l'alcool
01:23:05pour les enfants
01:23:07ou celui du tabac
01:23:08vous l'avez rappelé
01:23:10ça je pense
01:23:11que c'est un premier élément
01:23:12qui doit être rappelé
01:23:14le deuxième élément
01:23:15sur articulation Europe
01:23:18et Etats nationaux
01:23:20c'est vrai que l'initiative
01:23:21vient des Etats nationaux
01:23:23actuellement
01:23:23on l'a vu à travers
01:23:25l'exemple australien
01:23:26l'exemple français
01:23:27mais aussi un certain nombre
01:23:28de pays européens
01:23:29qui sont en train
01:23:30d'initier des démarches
01:23:31tout à fait similaires
01:23:34et l'Europe
01:23:35est en train
01:23:36de se saisir
01:23:37également
01:23:37de cette question
01:23:38de la majorité numérique
01:23:39à travers les déclarations
01:23:40d'Ursula von Dalyen
01:23:42qui a annoncé
01:23:43il y a quelques semaines
01:23:44après que les Etats
01:23:45aient avancé
01:23:46de leur côté
01:23:46que l'Etat
01:23:47allait s'en saisir
01:23:48d'une certaine manière
01:23:49tant mieux
01:23:50qu'il y ait une impulsion
01:23:52des Etats
01:23:52et que
01:23:53l'Union Européenne
01:23:54la Commission Européenne
01:23:55écoute les Etats
01:23:57et essaye d'apporter
01:23:58une réponse européenne
01:24:00pour les raisons
01:24:00que vous avez dites
01:24:01Clara
01:24:01sur le fait
01:24:03qu'à 450 millions
01:24:04on pèse
01:24:06davantage
01:24:06parce qu'il faut
01:24:07être sans aucune illusion
01:24:09la question
01:24:10de l'interdiction
01:24:12est aussi un rapport
01:24:12de force
01:24:13par rapport aux GAFAM
01:24:16je disais tout à l'heure
01:24:17qu'on était tous d'accord
01:24:18autour de cette table
01:24:19il y a peut-être
01:24:20une personne
01:24:20ou une entité
01:24:21qui ne serait pas d'accord
01:24:22sur le principe
01:24:23de l'entité
01:24:23et de l'interdiction
01:24:24c'est les GAFAM eux-mêmes
01:24:25et donc évidemment
01:24:26ce n'est pas uniquement
01:24:28faire oeuvre
01:24:29de pédagogie
01:24:30ou de persuasion
01:24:31que dire
01:24:31il faut l'interdire
01:24:32aux enfants
01:24:33il faut aussi
01:24:34quelque part
01:24:35créer un rapport
01:24:35de force
01:24:36et c'est vrai
01:24:36qu'au niveau européen
01:24:37on le fait
01:24:38avec plus d'efficacité
01:24:39qu'au seul niveau
01:24:41national
01:24:42alors le débat juridique
01:24:44sur la façon
01:24:46d'interdire
01:24:47est-ce que c'est
01:24:47une interdiction globale
01:24:48ou est-ce que c'est
01:24:50une liste noire
01:24:52ce n'est pas
01:24:53qu'un débat juridique
01:24:54à vrai dire
01:24:54parce qu'on l'a bien vu
01:24:55à travers vos interventions
01:24:56ça renvoie aussi
01:24:57à la question
01:24:57de l'autorité parentale
01:24:58ça renvoie aussi
01:24:59à des libertés
01:25:01constitutionnelles
01:25:02très fortes en France
01:25:03et que bien sûr
01:25:05il ne faut pas négliger
01:25:06nous nous avons eu à coeur
01:25:07mais Catherine
01:25:07l'a très bien expliqué
01:25:09de faire en sorte
01:25:10que le texte
01:25:11soit le plus costaud possible
01:25:14pour éviter
01:25:15là aussi
01:25:16les risques
01:25:17de recours juridiques
01:25:18parce que
01:25:19ne nous leurrons pas
01:25:20et j'ai trouvé
01:25:20le témoignage
01:25:21de la commissaire
01:25:23australienne
01:25:24très intéressant
01:25:26sur la façon
01:25:27dont les GAFAM
01:25:28essayent de contourner
01:25:29l'interdiction
01:25:29mise en place
01:25:30en Australie
01:25:31nous aurons
01:25:31exactement le même phénomène
01:25:33de contournement
01:25:35d'une manière technique
01:25:37mais aussi
01:25:37d'une manière juridique
01:25:38avec le risque
01:25:39qu'il y ait recours
01:25:40et c'est pour ça
01:25:40que nous essayons
01:25:41de blinder le texte
01:25:42pour faire en sorte
01:25:43qu'il n'y ait pas
01:25:44de recours juridique
01:25:45mais bien entendu
01:25:47nous attendons
01:25:48comme cela a été dit
01:25:49notamment par Catherine
01:25:50Morin de Sailly
01:25:51nous attendons
01:25:51le retour
01:25:52de la commission
01:25:54européenne
01:25:54dès lors qu'il y aura
01:25:55le retour
01:25:56de la commission
01:25:56européenne
01:25:57chacun sera
01:25:58devant ses responsabilités
01:26:00les députés
01:26:00et les sénateurs
01:26:01et je ne doute pas
01:26:02que nous trouverons
01:26:03une solution
01:26:03pour édiger
01:26:04un texte commun
01:26:05parce que s'il y a
01:26:05une chose
01:26:06qui n'a été contestée
01:26:07ni au Sénat
01:26:08où le texte
01:26:08a été voté
01:26:09à l'unanimité
01:26:10ni à l'Assemblée nationale
01:26:11où je n'ai plus
01:26:12les conditions du vote
01:26:13mais je crois
01:26:13qu'il était aussi
01:26:14très large
01:26:15l'expression
01:26:16de nos collègues députés
01:26:17c'est qu'il faut
01:26:18une loi
01:26:18il faut une loi
01:26:19d'interdiction
01:26:20donc nous arriverons
01:26:21par un travail
01:26:22en commission
01:26:23mixte paritaire
01:26:24à écrire quelque chose
01:26:25et puis dernier point
01:26:26qui était aussi
01:26:27très présent
01:26:28dans chacune
01:26:28de vos interventions
01:26:29c'est qu'il faut légiférer
01:26:31mais la loi
01:26:33ne sera pas suffisante
01:26:34il y a
01:26:35la nécessité
01:26:36d'apporter
01:26:36une réponse
01:26:37globale
01:26:38qui est quelque part
01:26:39une réponse
01:26:40de la société
01:26:41à la question
01:26:42des réseaux sociaux
01:26:43par rapport
01:26:43aux enfants
01:26:44et tout ce qui a pu
01:26:45être dit
01:26:46la sensibilisation
01:26:47systématique
01:26:48des enfants
01:26:49en crèche
01:26:49mais aussi
01:26:50dans les écoles
01:26:52la formation
01:26:53initiale
01:26:54des enseignants
01:26:55aussi
01:26:55qui est absolument
01:26:56importante
01:26:56l'intégration
01:26:57de la prévention
01:26:57aux addictions
01:26:58numériques
01:26:58dans les missions
01:26:59de l'éducation
01:26:59nationale
01:27:00les campagnes
01:27:01de sensibilisation
01:27:01dans les médias
01:27:03et dans le secteur
01:27:03médical
01:27:04toutes ces actions
01:27:05et je peux en citer
01:27:05bien d'autres
01:27:06toutes ces actions
01:27:07sont absolument
01:27:07indispensables
01:27:08et elles doivent être
01:27:09menées
01:27:11concomitamment
01:27:11à cette interdiction
01:27:14les deux vont de pair
01:27:15l'une ne peut aller
01:27:16sans l'autre
01:27:16c'est tout le sens
01:27:17de la première
01:27:18proposition de loi
01:27:19dont a parlé
01:27:20Catherine
01:27:20et qui a été votée
01:27:21ici
01:27:23à l'unanimité
01:27:24voilà un petit peu
01:27:26les quatre points
01:27:27forts
01:27:28que je retiens
01:27:29en tout cas
01:27:30je crois qu'il était
01:27:30extrêmement important
01:27:31que cette table ronde
01:27:33ait lieu
01:27:33on est
01:27:35dans la phase
01:27:36finale
01:27:37de cette élaboration
01:27:40législative
01:27:40qui donc
01:27:41devrait donner
01:27:42d'ici quelques semaines
01:27:43un texte final
01:27:44avec une mesure
01:27:45d'interdiction
01:27:46vous l'avez entendu
01:27:47les sénateurs
01:27:48veulent davantage
01:27:49encadrer
01:27:50l'accès des mineurs
01:27:51aux réseaux sociaux
01:27:52avec une possible
01:27:53interdiction
01:27:54pour les moins de 15 ans
01:27:55100% Sénat
01:27:57c'est maintenant terminé
01:27:58je vous souhaite
01:27:59une très belle journée
01:28:00sur les chaînes parlementaires
01:28:01Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations