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Dans cet entretien exclusif avec Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project et spécialiste de l'histoire du pétrole, découvrez les secrets les plus sombres de la géostratégie américaine.
Du plan machiavélique de Dick Cheney en Irak à la doctrine de domination énergétique de Donald Trump, l'expert décrypte comment le contrôle de l'énergie dicte la politique mondiale.
Découvrez pourquoi le détroit d'Hormuz reste le joker ultime de l'Iran face à l'Occident.
Une analyse sans concession sur la chaîne Greenletter Club pour comprendre les véritables rouages des conflits mondiaux.
#Auzanneau #Petrole #Geopolitique #Trump #iran
00:00 Intro
00:30 Matthieu Auzanneau
18:32 Outro
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Quelle est la largeur estimée du couloir de navigation du détroit d’Ormuz?
➡ À peine dix kilomètres.
Quel pays les USA voulaient-ils forcer à entrer en guerre ?
➡ L'Iran.
Quel président a retiré les soldats américains d'Irak ?
➡ Barack Obama.
Du plan machiavélique de Dick Cheney en Irak à la doctrine de domination énergétique de Donald Trump, l'expert décrypte comment le contrôle de l'énergie dicte la politique mondiale.
Découvrez pourquoi le détroit d'Hormuz reste le joker ultime de l'Iran face à l'Occident.
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➡ À peine dix kilomètres.
Quel pays les USA voulaient-ils forcer à entrer en guerre ?
➡ L'Iran.
Quel président a retiré les soldats américains d'Irak ?
➡ Barack Obama.
Catégorie
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ÉducationTranscription
00:00La doctrine de Trump en la matière, elle s'appelle domination énergétique.
00:04Ça ne s'appelle pas indépendance énergétique, ça s'appelle domination énergétique.
00:08Il l'a fait avec succès au Venezuela, et c'est là qu'on retrouve la farce,
00:14c'est qu'il s'est dit, si ça marche au Venezuela, je vais y arriver en Iran.
00:19Mais c'est méconnaître l'histoire, la géographie, c'est une ânerie.
00:30On sait que les Iraniens ont des capacités de minage importantes du Détroit,
00:37que le Détroit est à la fois très court, et en plus, c'est des routes très particulières.
00:41C'est très facile, en fait.
00:43Est-ce que ça, c'est un risque qu'en fait, ce Détroit soit condamné pour des années, voire des
00:49décennies ?
00:51Condamné ?
00:53Pour l'instant, pour moi, les Iraniens, ils appuient sur la carotide,
00:58mais ils n'appuient pas aussi fort qu'ils le pourraient.
01:00Je disais, ça fait 40 ans qu'ils se préparent à ce point de non-retour qui est la fermeture
01:08du Détroit d'Hormuz.
01:09Ils ont toutes sortes de capacités à perturber directement ou indirectement la navigation dans cette zone.
01:16Il y a très probablement, depuis longtemps, des mines qui sont déjà prépositionnées dans la zone de navigation,
01:26parce qu'en plus, c'est une cinquantaine de kilomètres de large, mais le couloir, c'est très peu profond.
01:32Et le couloir de navigation lui-même, il fait à peine une dizaine de kilomètres, je crois.
01:39Et on sait que c'est, pour les Iraniens, une capacité de survie.
01:46C'est vraiment le joker ultime.
01:48Et donc, c'est un état industriel très développé.
01:53Ils ont toutes sortes de capacités à bloquer.
01:56Ils n'ont pas intérêt, personne n'a intérêt à ce que la guerre dure.
02:01Personne n'a intérêt à ce que cette artère carotide reste bloquée.
02:08Mais ce qui est clair, et on le voit déjà maintenant depuis quelques semaines,
02:13c'est que la capacité de nuisance de l'Iran est très importante.
02:17Et encore une fois, ce qui est troublant dans la folie du roi Trump,
02:22c'est à quel point cette capacité de nuisance a été sous-estimée,
02:26sachant que les Américains eux-mêmes, historiquement,
02:29ont tenté à plusieurs reprises de jouer sur la menace d'une perturbation
02:36dans le droit d'Hormuz à leur propre fin.
02:40On y reviendra peut-être, parce que c'est intéressant de parler de l'histoire de cette zone.
02:44Il y a eu plusieurs épisodes assez significatifs de ce produit-là.
02:49Par exemple, à la fin de l'ère Bush Junior, en 2008,
02:58Bush est président de 2000 à 2008,
03:02alors qu'on est au plus fort de la guerre civile en Irak.
03:07Les Américains envahissent en 2003.
03:10Très, très vite, ça dégénère.
03:12Et on a une conflagration interne terrible qui dure, qui dure, qui dure, qui dure.
03:20Une perte de contrôle complète des Américains.
03:23C'est leur première grande catastrophe.
03:26Peut-être que ce qu'on est en train de vivre, c'est probablement la seconde.
03:29Mais ils perdent complètement le contrôle de ce qui se passe, de la situation en Irak.
03:32Et on sait maintenant, grâce à une série d'enquêtes journalistiques américaines,
03:40qu'au plus fort de la guerre civile, alors que l'administration Bush termine son second mandat,
03:49il y a des réflexions, il y a des réunions qui ont lieu au Pentagone,
03:53pour voir si, des fois, on ne pourrait pas, c'est Dick Cheney, le vice-président de Bush qui préside
03:59à ces réunions,
04:00provoquer un casus belli, provoquer l'entrée en guerre de l'Iran,
04:05en utilisant des faux navires torpilleurs, des fausses vedettes torpilleuses iraniennes,
04:12maquillées, enfin, contrôlées par des Américains avec des mercenaires,
04:17mais maquillées en bateaux iraniens pour couler des pétroliers,
04:23en faisant porter le chapeau aux Iraniens,
04:25de manière à forcer une entrée en guerre des États-Unis contre l'Iran.
04:31Ça, c'est quelque chose qui a été envisagé par Dick Cheney.
04:35Ils ne l'ont pas fait parce qu'ils se sont dit que la prise de risque était trop importante,
04:38mais c'est quelque chose qui a été regardé.
04:40Et puis, j'y reviens, il y a la guerre Iran-Irak.
04:43Alors, la guerre Iran-Irak, c'est un gros dossier dans cette histoire
04:48que les Iraniens, dont les Iraniens n'ont pas du tout perdu le souvenir.
04:53C'est l'équivalent de la guerre de 1914 dans cette région.
04:56Pourquoi je compare ça avec la guerre de 1914 ?
04:58Parce que c'est une guerre de position, c'est une guerre de tranchée,
05:00où on utilise l'arme chimique et c'est une guerre absurde.
05:03C'est-à-dire qu'il y a un différent frontalier
05:07qui provoque l'attaque de Saddam Hussein contre l'Ayatollah Khomeini en 1980.
05:14Et on va se battre, ces deux nations qui sont les plus grandes,
05:18c'est les deux puissances de la région,
05:19c'est les deux populations les plus importantes,
05:21vont se battre de manière continue de 1980 à 1988
05:25pour revenir à la position de départ.
05:27Donc c'est une tragédie totale.
05:30Et dans cette tragédie absolue
05:32dont tout le monde se souvient très très bien dans la région,
05:36encore une fois, qui a fait probablement plus d'un million de morts,
05:38dont la moitié de civils, d'enfants, de femmes,
05:43dans cette guerre, le jeu américain est très ambigu.
05:47On voit les Américains jouer les deux camps l'un contre l'autre,
05:50très clairement aujourd'hui, rétrospectivement.
05:53Premier élément qui permet de dire ça,
05:56l'armée iranienne de l'Ayatollah Khomeini
05:59est une armée 100% américaine du point de vue de ses équipements.
06:02C'est l'armée du Shah d'Iran,
06:03qui était le meilleur allié des Américains dans la région.
06:08En 79, le régime islamique prend le pouvoir,
06:13mais il prend le contrôle d'une armée,
06:15que ce soit les chasseurs, les canons, les chars d'assaut.
06:21C'est 100% une armée, quasiment 100% une armée d'équipements américains.
06:28Donc si les Américains avaient voulu que les Iraniens perdent la guerre,
06:32ils l'auraient perdu très très vite.
06:33En 83, Donald Rumsfeld, qui va devenir le patron du Pentagone,
06:40va à Bagdad, cette fois en Irak, rencontrer Saddam Hussein,
06:44en lui disant, si tu nous laisses construire un pipeline,
06:48qui ne sera jamais construit, mais peu importe,
06:50si tu nous laisses construire un pipeline qui va te permettre de sortir ton pétrole
06:53en évitant, par le golfe d'Akaba, en évitant le golfe Persique,
07:00on te permet d'utiliser mercimement l'arme chimique.
07:05Ce qu'il va faire, malheureusement.
07:08Donc cette guerre va durer très longtemps.
07:10C'est les Américains qui vont, concrètement,
07:12qui vont siffler la fin des hostilités.
07:17Et rétrospectivement, lorsqu'on lit les mémoires de Bush,
07:19de Brent Scowcroft, qui était son stratège principal,
07:24on s'aperçoit que les Américains, en fait, ce qu'ils ont fait,
07:27c'est un bon vieux divisé pour mieux régner,
07:29de façon à ce que l'Iran et l'Irak,
07:31qui sont les deux populations les plus importantes,
07:33les deux principales puissances dans la région,
07:36s'affaiblissent mutuellement un maximum,
07:39de façon à ce que les États-Unis demeurent le dominium ultime dans la région.
07:44Ce secret de polychinelle, d'un soutien américain à l'armée de l'Ayatollah Khomeini,
07:50c'est quelque chose que les Iraniens, en particulier le pouvoir iranien,
07:54a très clairement en tête.
07:57Cette espèce de pacte faustien, finalement,
07:59que la République islamique a passé avec Reagan,
08:03ne pas se rappeler de ça,
08:05c'est méconnaître à quel point les Américains peuvent aller très, très, très, très, très loin
08:10pour remplir leur objectif stratégique majeur,
08:15remis au goût du jour par Trump aujourd'hui,
08:17qui est d'être la principale puissance pétrolière,
08:23c'est-à-dire économique mondiale.
08:25La doctrine de Trump en la matière,
08:27elle s'appelle domination énergétique.
08:32Donc c'est très explicite.
08:35Qu'est-ce qu'il cherche à faire ?
08:36C'est là que c'est vertigineux,
08:39c'est que Marx disait,
08:41l'histoire se répète toujours deux fois,
08:43la première fois comme tragédie,
08:44la seconde fois comme farce.
08:46Je pense que dans ce que fait Trump,
08:49c'est de la folie,
08:51mais c'est une folie parfaitement cohérente.
08:53C'est-à-dire qu'il reprend exactement
08:56le même schéma qui a été celui de Reagan,
09:00de Bush-Pair, de Clinton, de Bush-Fiss,
09:04et il en fait une folie.
09:06C'est-à-dire que, par exemple,
09:08méconnaître la capacité de nuisance des Iraniens
09:11à travers la fermeture du détroit d'Hormuz,
09:15c'est totalement vertigineux.
09:18Mais la logique qu'il y a derrière,
09:22c'est toujours la même.
09:23C'est pour les Américains de demeurer
09:26la puissance ultime
09:29et la seule pièce qui leur manque majeure
09:32dans leur empire pétrolier mondial.
09:33Ils ont repris vraiment tout le continent américain.
09:37On l'a vu avec le Venezuela.
09:39C'est le Golfe Persique.
09:41Simplement, la folie, elle se situe là.
09:42C'est-à-dire que le Venezuela, c'est pas l'Iran.
09:44Ils veulent maîtriser les prix.
09:45C'est quoi l'objectif ?
09:48Les objectifs de Trump en lui-même,
09:50je ne sais pas s'ils sont très clairs dans sa tête.
09:53Il l'exprime de manière très claire.
09:55Il l'exprime de manière très claire.
09:56Il a dit, notamment, il a dit,
09:59nous, le Golfe Persique, on s'en fiche.
10:02Et c'est vrai, on est redevenus
10:05les premiers producteurs pétroliers mondiaux.
10:0720,8%, donc c'est plus que les 11% de la Russie
10:12ou les 11% de la Russie saoudite.
10:13qui sont les 2e et 3e producteurs mondiaux.
10:16En fait, on revient...
10:17Trump n'arrête pas de faire des références à l'époque,
10:20à l'âge d'or de la puissance américaine.
10:22En fait, du point de vue du contrôle
10:24sur la production mondiale de pétrole,
10:27les Américains sont redevenus ça,
10:28sont redevenus le dominium ultime
10:35sur la planète pétrole.
10:36Ils contrôlent effectivement 20%
10:38de leur propre production domestique.
10:40Sur le continent américain, nord et sud,
10:42directement ou indirectement,
10:43ils ont la main sur 40% à peu près
10:45de la production mondiale,
10:46ce qui est absolument considérable.
10:47Si vous ajoutez à ça le Golfe Persique,
10:50et c'est une clé de domination,
10:52on l'a dit, vis-à-vis de la Chine.
10:56L'Asie est très massivement,
10:58tout comme l'Europe du reste,
11:01importateur de pétrole et de gaz.
11:03Si vous contrôlez la capacité du Golfe Persique
11:06à exporter du pétrole et du gaz,
11:09vous avez la Chine à votre main.
11:12Mais là où c'est de la folie,
11:14c'est que Trump a beaucoup critiqué
11:20l'intervention américaine.
11:22Il n'a pas été le seul en Irak.
11:26On sait aujourd'hui, du fait des témoignages
11:29d'un certain nombre d'acteurs majeurs
11:30dans cette histoire,
11:31notamment Alan Greenspan,
11:33qui était le patron de la réserve fédérale,
11:35donc la banque centrale américaine,
11:37et le général Abizaïde,
11:38qui était le patron de toute l'offensive,
11:40qui était le chef d'état-major
11:42dans le Golfe Persique américain.
11:44Ce sont deux des nombreux témoins
11:46ou acteurs de premier plan
11:48de cette histoire qui ont dit,
11:49bien sûr que c'était une histoire de pétrole.
11:51On vous a raconté les armes
11:52de destruction massive,
11:54le nation building,
11:56amener la démocratie.
11:58Alan Greenspan, dans ses mémoires,
12:00de façon très candide,
12:01il écrit quelque chose comme
12:03« Je ne comprends pas pourquoi on prend tant de pincettes
12:06avec ce que tout le monde sait,
12:08c'est que l'Irak, c'était une affaire de pétrole ».
12:12Peut-être qu'on ne nous suit pas forcément
12:15dans ce que je suis en train de raconter.
12:16Pourquoi est-ce que contrôler le pétrole,
12:18c'est contrôler le pouvoir ?
12:19En fait, quand on parle de puissance économique,
12:23à la lettre, on parle d'énergie.
12:25Si tu veux effectuer une puissance,
12:27ça veut dire bouger des bateaux,
12:31bouger des...
12:32Tracteurs.
12:33Des tracteurs, des chars d'assaut,
12:36des bateaux,
12:38des bateaux de commerce,
12:39des porte-avions.
12:40Tout ça,
12:41exprimer une puissance économique ou militaire,
12:45ça suppose d'avoir beaucoup d'énergie.
12:47Si tu n'as pas le contrôle sur beaucoup d'énergie,
12:50ton bateau, il reste à quai.
12:52Et voilà.
12:54Donc, c'est...
12:55Et pour les États-Unis,
12:57c'est une préoccupation constante.
12:58Dans les années 20,
12:59donc il y a un siècle,
13:00le président Coolidge,
13:02qui est le président des années 20 rugissantes,
13:05on les appelle comme ça.
13:05Nous, on parle des années 20,
13:06des années folles.
13:08Aux États-Unis,
13:09on parle des années rugissantes,
13:10parce que c'est le rugissement de l'industrie,
13:12de l'essor industriel incroyable des années 20.
13:16Calvin Coolidge,
13:18dans un mémo qu'il transmet à son gouvernement,
13:21de réflexion comme ça,
13:22il dit qu'il est bien possible
13:23que dans la puissance des nations,
13:24ce qui soit absolument décisif,
13:26c'est le contrôle du pétrole.
13:27Il écrit ça il y a un siècle.
13:29Depuis un siècle,
13:30les États-Unis ont une géostratégie du pétrole.
13:33Concrètement, ça veut dire
13:34des dizaines de personnes
13:34qui sont mobilisées pour ça
13:35à la fois au département d'État,
13:37donc la diplomatie et au Pentagone,
13:39qui réfléchissent à ça,
13:41qui font de l'intelligence par rapport à ça,
13:43qui espionnent les capacités de production
13:44des uns et des autres
13:45et qui cherchent à jouer
13:48la chute de l'Union soviétique,
13:50de l'aveu même de Gorbatchev.
13:52L'un des trucs qui a permis,
13:54la tactique qui a permis
13:56d'affaiblir considérablement
13:58l'économie soviétique,
13:59c'est le pétrole.
14:01C'est-à-dire qu'à un moment donné,
14:02dans les années 80,
14:03à peu près au même moment
14:04de la guerre des tankers,
14:06enfin au même moment en fait,
14:07en 1986,
14:09on a ce qu'on appelle
14:10le contre-choc pétrolier.
14:11Donc le contre-choc pétrolier,
14:12c'est quoi ?
14:13Vous avez eu deux chocs précédents
14:15avec une augmentation incroyable
14:17des cours du baril
14:18qui en fait crée
14:19des millions de chômeurs,
14:20concrètement.
14:22C'est dire à quel point
14:23on est dans une situation périlleuse
14:24aujourd'hui.
14:24Parce qu'au bout du bout,
14:25l'inflation,
14:26la récession,
14:27c'est du chômage.
14:29Il y a un avant
14:30et un après 73.
14:3173,
14:32second choc pétrolier,
14:3379,
14:34précisément l'arrivée
14:35au pouvoir
14:36de l'Ayatollah Khomeini
14:38et de la République islamique.
14:40Et puis derrière,
14:41ça crée tellement de récessions,
14:42ça crée tellement de perturbations économiques
14:45que vous avez un contre-choc pétrolier.
14:47C'est-à-dire que l'activité ralentit.
14:49Il y a de la récession
14:49dans beaucoup d'endroits
14:50dans le monde.
14:52On utilise les taux d'intérêt
14:54pour calmer l'inflation.
14:55C'est le plan Volcker,
14:57c'est Thatcher,
14:58où en fait,
15:00on arrête l'inflation simplement
15:03en augmentant tellement
15:04les taux d'intérêt
15:04que les gens se retrouvent
15:05dans la misère.
15:07Et ça,
15:07ça crée un contre-choc pétrolier.
15:08C'est-à-dire qu'au contraire,
15:09le prix du baril s'effondre.
15:10Un peu comme en 2009,
15:12le prix du baril s'est effondré
15:13après 2008.
15:14À ce moment-là,
15:15donc on est en 1986,
15:17contre-choc pétrolier,
15:18il y a trop,
15:19beaucoup trop de pétrole
15:20par rapport...
15:21Les prix sont très bas.
15:22Et là,
15:22il y a des stratèges
15:24qui sont entre
15:25le département d'État
15:26et certaines grandes banques
15:27de Wall Street
15:28qui vont dire à Reagan
15:30« Tiens,
15:31ça sera un bon moment
15:31pour dire aux Saoudiens
15:32qui avaient fermé les vannes
15:34pour permettre au baril
15:36de remonter,
15:37de, au contraire,
15:39d'ouvrir les vannes à fond
15:40avec quel objectif ?
15:42Assécher les sources
15:43de devises,
15:45de dollars,
15:45de pétrodollars,
15:46de l'Union soviétique
15:47qui, à ce moment-là,
15:48en avaient cruellement besoin.
15:50Parce que ça commençait
15:52à ruer dans les brancards
15:53dans la population
15:55qui avait envie
15:56de voir son niveau de vie
16:01augmenter.
16:01Il commençait à voir la télé,
16:02il commençait à voir la radio
16:03et puis il voyait
16:04ce que c'était l'Occident.
16:05Et puis,
16:06le coût pour payer
16:07le coût de la guerre
16:09en Afghanistan.
16:11Ça,
16:12non mais c'est de dire
16:13à quel point
16:13le levier du pétrole
16:15est un levier fondamental
16:16dans la géostratégie américaine.
16:17C'est de l'aveu même
16:19de Gorbatchev
16:19cet assèchement
16:21des sources
16:21de devises soviétiques,
16:22l'un des facteurs principaux
16:23qui a conduit
16:24à l'effondrement
16:25de l'Union soviétique.
16:26Donc on ne parle pas
16:26de petits phénomènes historiques.
16:28Aujourd'hui,
16:29simplement,
16:30ce que je trouve
16:30absolument vertigineux,
16:32c'est que je retrouve
16:32cette phrase de Marx
16:35après la tragédie,
16:36la farce.
16:37Trump a dit
16:38que c'était une idiotie
16:39d'aller,
16:41il n'a pas été le seul,
16:42d'aller envahir l'Irak.
16:43Par contre,
16:44moi,
16:44je n'aurais jamais lâché
16:44le pétrole.
16:46Quand son ennemi intime,
16:50Barack Obama,
16:51a retiré,
16:52justement,
16:52au terme de cette guerre civile
16:53en Irak,
16:54a retiré
16:55les soldats américains,
16:57lui,
16:58il a dit
16:58mais c'est une ânerie.
16:59Moi,
17:00j'aurais pris le contrôle
17:01de ce pétrole
17:02une bonne fois pour toutes.
17:04Aujourd'hui,
17:05sa doctrine énergétique
17:06s'appelle
17:07domination énergétique,
17:08ça ne s'appelle pas
17:09indépendance énergétique,
17:10ça s'appelle
17:10domination énergétique.
17:12Il l'a fait
17:13avec succès
17:15au Venezuela
17:16et c'est là
17:17qu'on retrouve
17:17la farce,
17:19c'est qu'il s'est dit
17:20si ça marche
17:21au Venezuela,
17:22je vais y arriver
17:22en Iran.
17:23Mais,
17:24enfin,
17:24c'est méconnaître
17:25l'histoire,
17:26la géographie,
17:27c'est une ânerie.
17:28En fait,
17:28au Venezuela,
17:29qu'est-ce qu'il a fait ?
17:30Il a réinventé
17:32la diplomatie
17:33de la canonnière,
17:34assez simple.
17:35Vous mettez,
17:37face à un potentat
17:38affaibli,
17:39vous mettez
17:39des forces navales
17:41et vous dites,
17:42bon,
17:42alors maintenant,
17:43on va discuter.
17:45Dans le cas
17:45du Venezuela,
17:46ça marche.
17:47Delcy Rodriguez,
17:48donc,
17:48a pris le pouvoir,
17:49manifestement,
17:50il s'était arrangé avant.
17:51Et,
17:51enfin,
17:52croire que
17:53le régime iranien
17:54va être aussi facile
17:55à déstabiliser
17:56que le régime
17:57Maduro,
17:58qui était
17:59à bout de souffle,
18:00corrompu
18:01et dans lequel
18:02il y avait moyen,
18:02et puis il n'y avait pas
18:03de capacité de nuisance.
18:05Il n'y avait pas cette capacité
18:06à appuyer sur la carocide.
18:071% de la production mondiale.
18:09Voilà.
18:09Et sachant que le détroit d'Hormuz,
18:11comme je vous le disais,
18:12pour les Américains,
18:13ils savent que c'est un enjeu
18:14depuis au moins 40 ans.
18:16Après la tragédie,
18:17la farce.
18:18Une farce,
18:18ça ne veut pas dire
18:19que c'est très violent,
18:20une farce.
18:21Si on regarde Gignol
18:23ou les farces de Molière,
18:25je ne dis pas
18:25que c'est rigolo.
18:26Je ne suis pas en train de...
18:27C'est une tragédie,
18:28ce qui se passe.
18:28C'est un drame.
18:29Mais c'est grotesque.
18:31C'est grotesque.
18:33C'est grotesque.
19:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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