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  • il y a 4 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Édouard Geffray, ministre de l'Education nationale.

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Transcription
00:00Bonjour Edouard Geffray, je vais recommencer après le jingle c'est mieux, bonjour Edouard Geffray.
00:06Hier il y avait 6000 écoles qui annonçaient être fermées, mais on était mercredi, jour de fermeture habituelle des écoles.
00:12Y a-t-il des chiffres pour aujourd'hui ?
00:13Oui, alors ce sont des chiffres prévisionnels, mais aujourd'hui nous devrions avoir 13500 écoles soit fermées, soit avec des
00:21aménagements.
00:21On a plus que doublé.
00:22Donc 3500 écoles qui seront a priori fermées aujourd'hui, et à peu près 10 000 qui seront en aménagement
00:27d'horaire,
00:28c'est-à-dire qui par exemple termineront à midi, ou qui sont installés dans d'autres locaux que les
00:33leurs,
00:33par exemple une salle des fêtes municipale climatisée, etc.
00:36Vous avez dit hier que le brevet aurait lieu normalement vendredi, or on a vu les prévisions météo,
00:43il y a quand même des endroits où il froid 40, 42 degrés, est-ce qu'on peut composer ?
00:48On voit la 42 degrés dans l'ouest de la France, peut-on composer normalement pendant quand même 3 heures
00:54quand il fait 42 degrés ?
00:56Alors c'est évidemment pas idéal, d'abord c'est le matin, je précise, l'épreuve est le matin, donc
01:00pas l'après-midi,
01:01donc pas au moment les plus chauds, elle se termine à midi et quart, midi et demi maximum, c'est
01:05évidemment pas idéal,
01:06on va pas dire le contraire, et au passage c'est possible parce que vous avez des milliers de personnels
01:11à l'éducation nationale qui assurent la continuité des services publics et qui seront là pour les examens.
01:16Mais donc cette épreuve elle aura lieu le matin, et comme elle se déroule en trois parties distinctes,
01:20ce qu'on va faire c'est qu'on va faire des pauses entre chaque partie, pour que les élèves
01:24puissent un peu se détendre,
01:26et évidemment qu'ils pourront à tout moment, quand ils vont au cours de l'épreuve, aller se rafraîchir,
01:30de l'eau sera distribuée, donc on va essayer de créer les conditions optimales, entre guillemets,
01:33ou les moins désagréables possibles, pour être précis, pour qu'ils puissent composer,
01:37mais je crois qu'il vaut mieux qu'ils fassent leurs examens plutôt qu'ils ne les fassent pas ou
01:39qu'ils les fassent au mois de septembre.
01:41Dans une rare unanimité, les syndicats de l'éducation nationale réclament une stratégie de long terme,
01:47face au réchauffement climatique, et par exemple, ils proposent qu'il n'y ait cours ni examens au-delà de
01:5230 degrés dans les classes.
01:53Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:54Je crois qu'il... D'abord, on a eu une première stratégie que moi j'ai fait élaborer cette année,
02:00qui était un plan d'action en cas de vagues de chaleur.
02:03Manifestement, on a encore besoin de s'adapter.
02:05Manifestement ?
02:06Manifestement. Collectivement.
02:08Je découvre depuis une semaine que des gens qui étaient contre la climatisation jusqu'à présent,
02:11nous les expliquent que maintenant il est nécessaire, donc il est temps.
02:13Donc collectivement, on a besoin de changer de braquet.
02:15Et sur le bâti, et sur l'organisation.
02:18Sur l'organisation des examens notamment, moi j'ai dit très clairement qu'on allait travailler pour que tous les
02:23examens,
02:23y compris les euros, ne se passent plus que le matin.
02:25Parce qu'on voit bien que le matin c'est encore jouable, là où l'après-midi ça devient compliqué.
02:28Au-delà de ça, si vous voulez, moi je ne suis pas favorable à ce stade,
02:31mais sous réserve de tout ce qu'on va se dire au cours des prochains mois,
02:33à un seuil purement, comment dire, de température.
02:38Parce que vous avez des configurations locales très différentes, parce que vous avez des espaces rafraîchis,
02:42parce que même si c'est difficile, une fois encore, et j'en ai bien conscience,
02:45mais à 30 degrés, la plupart des professions travaillent.
02:49Et parce que si c'est pour être à 40 degrés chez soi, plutôt qu'à 30 degrés dans l
02:51'establissement,
02:52j'aime autant qu'on soit à 30 degrés dans l'establissement.
02:54Par contre, dans des conditions qui soient adaptées, en termes d'ondes d'oeuvre par classe,
02:58en termes de type d'activité, on ne va pas courir évidemment quand il fait 35 degrés dehors.
03:03– Les oros, vous en avez parlé effectivement, vous venez de dire pas d'oros l'après-midi,
03:07est-ce que ça sera effectif dès l'année prochaine ?
03:09Est-ce que dans un an, vous pouvez nous dire qu'il n'y aura l'année prochaine,
03:13il n'y aura plus d'oros l'après-midi ?
03:14– C'est très clairement l'objectif que je poursuis,
03:16donc on va travailler ça évidemment avec l'ensemble des acteurs.
03:18– Donc c'est un objectif, vous n'êtes pas sûr de pouvoir le réaliser pour l'année prochaine ?
03:21– Quand je dis que c'est un objectif, c'est ce que je veux faire, donc on le fera.
03:25Mais simplement, il faut qu'on voit comment ça s'organise,
03:27parce que si je suppose d'avoir un calendrier plus étalé,
03:28peut-être plus de jurés mobilisés, donc on va voir comment ça s'organise.
03:31Mais en tout cas, très clairement, je ne veux pas que l'année prochaine…
03:33– Ça concerne aussi les universités, ou c'est uniquement les lycées qui vous…
03:37– Non, moi je m'occupe des examens nationaux, c'est-à-dire du baccalauréat et du brevet,
03:41c'est déjà pas mal.
03:43Pour les universités, pour le coup, elles sont libres de s'organiser comme elles le souhaitent.
03:47– Il y a encore cours en primaire, pour encore une semaine,
03:50quelle est votre consigne aux parents qui vous écoutent ?
03:51Alors vous avez dit 13 000 écoles fermées, mais pour les autres,
03:53quelle est votre consigne ? Vous dites aux parents qui nous écoutent ce matin,
03:56si vous pouvez garder les enfants à la maison, ou bien il faut aller en cours coûte que coûte ?
04:00– Alors d'abord, c'est 3 500 fermés et 10 000 aménagers,
04:03je me permets d'insister là-dessus.
04:06Pour les parents, non, écoutez, je crois que vu les circonstances,
04:09j'ai dit dès le départ, je l'ai annoncé il y a 10 jours,
04:12j'ai dit pour la semaine prochaine, il faudra faire preuve d'une grande bienveillance,
04:15donc je ne change pas de ligne.
04:17Ce qui compte, c'est de savoir où l'enfant d'abord est le mieux,
04:20entre chez lui et l'école,
04:22et évidemment, il y a une priorité aux apprentissages
04:25qui est à mesurer à l'aune de la température.
04:28Ce n'est pas en ce moment que les écoliers apprennent le plus et le mieux.
04:30– Travaillent le plus, c'est sûr.
04:31– Voilà, ça je crois qu'on le sait tous.
04:32Qu'en revanche, ils puissent continuer à voir leurs camarades,
04:35à apprendre un peu quand c'est possible,
04:36et être dans des conditions souvent plus favorables
04:39que les immeubles du quartier,
04:40c'est quand même pas mauvais à prendre.
04:41– Donc chacun se débrouille ? Chacun fait comme il peut ?
04:43– Ce n'est pas chacun se débrouille,
04:45c'est qu'on laisse les parents effectivement apprécier la situation
04:48qui leur semble la plus optimale pour leur enfant,
04:50en partant du principe quand même qu'on est toujours
04:52a priori mieux à l'école que chez soi.
04:55A priori.
04:56– Hier, Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement,
04:58a dit que le gouvernement est favorable à la climatisation
05:03partout où c'est nécessaire,
05:04et elle a cité les écoles.
05:06Est-ce que c'est réaliste de climatiser les écoles,
05:07toutes les écoles ?
05:08– Alors d'abord, je crois que la position du gouvernement,
05:10c'est de ne pas être dogmatique, si vous voulez.
05:12Il y a des gens qui vous disent, on est anticlim par principe,
05:14d'autres qui vous disent, il faudrait climatiser la Terre entière.
05:16La réponse, c'est ni l'un ni l'autre.
05:17– Alors elle est fille d'un côté, le RN de l'autre.
05:18– On le fait quand c'est nécessaire.
05:22Pour les écoles, il y a deux phénomènes.
05:26D'abord, on est dans un travail important,
05:28les collectivités sont dans un travail de rénovation importante,
05:30ce sont les propriétaires, et ça prend du temps.
05:33On a 60 000 importations scolaires en France
05:35qui relèvent des communes, des départements et des régions.
05:37Donc ça prend du temps.
05:38Et donc, à titre transitoire, quoi qu'il arrive,
05:41on aura besoin dans les années à venir de matériel d'appoint,
05:43de climatiseurs portatifs, etc.
05:45Donc ça, là-dedans, il faut investir pour permettre justement
05:47que la fin de l'année se passe bien.
05:49Et par ailleurs, et ça dépend aussi des régions et du bâti,
05:52partout, la rénovation suffit à maintenir des conditions de fraîcheur suffisantes,
05:55on n'a pas besoin de climatisation.
05:57Donc c'est un peu apprécié au cas par cas.
05:58Il y a d'ailleurs des études qui sont bien faites pour le qualifier.
06:01Mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il faut sortir d'un dogmatisme
06:04consistant à dire on est pro, on est anti.
06:06Il y a juste un principe de bon sens.
06:08C'est qu'aujourd'hui, quand on a des températures à 40 ou 42 degrés,
06:10ça ne va pas s'améliorer.
06:11Il faudra qu'on pense à la climatisation étendue à l'avenir.
06:13Il y a un principe de bon sens, il y a aussi un principe d'argent.
06:16Si je puis dire, l'État n'est pas propriétaire,
06:18mais l'État a créé un fonds vert pour aider les collectivités locales
06:22pour ce genre de travaux.
06:23Les crédits sont passés de 2,5 milliards à 837 millions,
06:28divisé par 3.
06:29En juin, pendant la précédente canicule,
06:32des crédits du fonds vert ont été gelés.
06:34Est-ce que c'est bien raisonnable ?
06:36Alors, d'abord, il n'y a pas que le fonds vert.
06:39Il y a plusieurs outils financiers qui aujourd'hui permettent
06:41de financer la même chose,
06:43à charge ensuite de prioriser ce qu'on veut.
06:44Vous avez les dotations d'équipements,
06:46donc ça s'appelle la DETR qui est 1 milliard d'euros.
06:48Vous avez le fonds vert, vous avez un fonds qui s'appelle EduRénov
06:51qui envoie un prêt à taux préférentiel, etc.
06:54Il y a en fait pas mal d'argent qui peut coaguler,
06:56si je puis dire, dans la même direction,
06:59quand il est utilisé pour ça, première chose.
07:00Et deuxième chose, sur le fonds vert,
07:02il y a eu effectivement un gel.
07:04Alors, pardon, c'est un peu technique.
07:05Un gel, ce n'est pas une annulation.
07:06Ce n'est pas que l'argent disparaît.
07:08C'est qu'on fait une réserve de précaution
07:09en attendant de voir ce qui est consommé.
07:11Donc, si c'est consommé, évidemment,
07:13c'est généralement dégelé.
07:14C'est généralement comme ça que ça se passe.
07:15Mais il y a un principe, effectivement, de précaution.
07:17Est-ce que vous souhaitez que le gouvernement revienne sur le...
07:19Enfin, la priorité était...
07:21Il faut trouver de l'argent, on est d'accord.
07:23Mais enfin, la priorité était-elle de geler le fonds vert
07:25en période de canicule ?
07:26Mais une fois encore, tout dépend des fonds
07:28qui sont d'ores et déjà engagés ou qui sont demandés.
07:30Vous ne voulez pas vous fâcher avec le ministre Dubu, d'avouer ?
07:33Non, mais je ne me fâche moins avec personne.
07:35J'essaie juste de penser les choses à l'avenir.
07:37On aura besoin, un, de pouvoir plus financer ces travaux,
07:40de pouvoir prioriser, et de prioriser sur les petites collectivités.
07:44Ce qu'a dit hier, d'ailleurs, Monique Barbu,
07:4650% du fonds sera destiné aux petites collectivités
07:48qui n'ont évidemment pas les mêmes moyens financiers.
07:50Et sur la rénovation d'écoles,
07:52parce que le fonds vert, il y a beaucoup de choses derrière.
07:53La rénovation d'écoles, ça me semble, à titre personnel,
07:56en tant que ministre social, prioritaire.
07:58Et puis, évidemment, il faut ensuite que les collectivités
08:00enclenchent les travaux, et ça, personne ne peut le faire à leur place.
08:02Donc, c'est une chaîne.
08:03On va prendre nos responsabilités.
08:05Il faut probablement aussi simplifier les procédures
08:06pour aller plus vite dans le déclenchement des travaux.
08:08Et pour le reste, eh bien, ça suivra.
08:11Vous avez annoncé une heure de cours d'intelligence artificielle
08:14à partir de la rentrée 2017-27.
08:16Quelques questions précises.
08:18Vous avez dit en seconde, c'est en seconde
08:20ou à partir de la seconde, donc y compris première et terminale ?
08:22Non, alors l'idée, c'est que ce soit en seconde.
08:24En seconde, uniquement.
08:25Oui, parce que c'est une année charnière
08:26et qu'après, les élèves choisissent d'abord, par exemple,
08:28la spécialité numérique et sciences informatiques
08:29quand ils sont en voie générale,
08:31la voie qu'on appelle STI2D en technologique,
08:33les métiers de la cybersécurité quand ils sont en voie professionnelle.
08:35Donc, ça permettra, en fait, d'enclencher la connaissance
08:37par les élèves de tous les mécanismes
08:39et d'une culture générale pour tous
08:40et puis de susciter les vacations.
08:41En seconde, donc, pas d'épreuve d'intelligence artificielle au bac, par exemple ?
08:44Non, pas à ce stage.
08:44Qui fera ses cours ?
08:46Alors, on va travailler sur tout ça,
08:48mais nous avons eu des professeurs
08:49qui sont des professeurs de numérique et sciences informatiques,
08:53donc qui sont compétents dans ce domaine
08:55et qu'on formera, évidemment, d'ici là,
08:57mais qui pourront être amenés à faire ses cours.
08:58Là, des programmes d'intelligence artificielle
09:01sont en train d'être élaborés pour être prêts dans un an.
09:03Alors, on va déclencher,
09:04on va lancer des travaux maintenant
09:04pour être prêts dans un an, effectivement.
09:06Il y aura un programme dédié aux questions d'IA
09:09pour la voie professionnelle
09:10comme pour la voie générale technologique
09:12pour permettre aux élèves de comprendre
09:14comment ça fonctionne,
09:15de mesurer les enjeux éthiques aussi
09:17et puis de connaître, j'allais dire,
09:18les bons et les mauvais usages de l'IA.
09:20Le président de la République
09:21avait parlé d'écoles apprenantes.
09:23Il souhaitait que les vacances soient plus courtes
09:25et qu'on aille à l'école plus longtemps.
09:28La canicule, le climat
09:29et les incertitudes sur le climat à venir
09:32rendent-elles ce projet plus difficile ?
09:34On voit qu'on a du mal à terminer l'année
09:35jusqu'en juin.
09:36Est-il raisonnable de se dire
09:38qu'on étudiera un jour jusqu'au 15 juillet ?
09:40Ce qu'on voit surtout,
09:42c'est que notre système éducatif
09:44est très profondément impacté,
09:48comme on dit aujourd'hui,
09:49par les conditions climatiques,
09:51par les conditions démographiques,
09:53par l'IA en termes d'apprentissage.
09:54Il y a beaucoup de choses
09:55qui sont en train de se superposer
09:56simultanément sur le système scolaire.
09:59Et donc, la question de l'organisation
10:01du temps scolaire dans l'année,
10:03elle se pose.
10:04Il ne s'agit pas d'avoir plus de vacances,
10:06moins de vacances,
10:06de terminer le 20 juillet, etc.
10:08Il ne nous reste qu'un second.
10:09Très vite, est-ce que c'est raisonnable
10:10de se dire bientôt
10:11que tout le monde ira en cours
10:12jusqu'au 15 juillet ?
10:13Mais ce n'est pas ce qui a été dit.
10:14Pardon, mais ce n'est pas ce qui a été dit.
10:16Ce qui est raisonnable,
10:16c'est de se poser la question
10:17de savoir comment est-ce qu'on s'adapte
10:18à cette évolution environnement,
10:19y compris en termes d'organisation et vacances.
10:21Ce ne sera ni moi,
10:21ni...
10:22Moi, je ne serai plus là pour le faire.
10:23C'est une question qui est à long terme.
10:24Moi, je ne serai plus là
10:25pour vous poser les questions,
10:26donc ça tombe bien.
10:27Mais vous la poserez à mes successeurs.
10:28Mais se dire
10:29est-ce que notre système
10:30est encore adapté
10:31avec un début d'été
10:33qui est à 40 degrés, par exemple,
10:34ce n'est pas totalement quand même
10:36outrancier de se poser la question.
10:38Édouard Giffray,
10:39ministre de l'Éducation nationale,
10:40invité des 4 vérités,
10:4313 000 écoles
10:43entre les fermetures
10:44et les émanagements de classes
10:47concernées aujourd'hui.
10:48Merci beaucoup.
10:48Merci beaucoup.

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