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  • il y a 1 semaine
Avec Christophe MÉDICI, psychosociologue, Fondateur de la Méthode Haute Qualité Relationnelle

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##NOEPISODE##
Transcription
00:00Aurore, bonjour.
00:02Oui, bonjour Brigitte, bonjour Christophe.
00:04Bonjour Aurore.
00:05Merci d'être avec nous Aurore.
00:07Merci à vous de m'accueillir.
00:10Alors, bah écoutez, moi je vais vous livrer un petit peu ma propre traversée de vie, si je puis dire.
00:18Moi j'ai eu une enfance douloureuse, alors, bah parce que c'était aussi un peu la méthode à l
00:24'époque,
00:25les claques tombaient, voire plus bien sûr.
00:30Mais finalement, ce qui a été le plus handicapant pour ma vie de jeune femme, de femme,
00:37c'était que, mais je m'en suis rendue compte très très tard en fait,
00:41moi j'ai baigné dans le mensonge.
00:42Pas que moi je pratiquais le mensonge, mais je me suis rendue compte à quel point,
00:47bah surtout ma génitrice mentait, mentait et mentait.
00:51Et non seulement ça, mais...
00:54Mais elle vous mentait à vous, à son mari ?
00:58A tout le monde, et puis...
01:00Alors, tout le monde, c'était vite fait, puisqu'en fait on n'avait aucune vie sociale.
01:06Moi j'ai pas de cousin, pas de cousine, pas de tante, pas d'oncle.
01:09Je n'avais aucune vie extérieure, donc ne serait-ce que familiale.
01:14Une vie sociale, non, parce que tout le monde était méchant à ses yeux.
01:19Donc déjà on n'a pas eu d'autre repère que ce qu'elle nous a, ce qu'elle a
01:22bien voulu nous présenter.
01:25Et aussi un des points qui était dramatique dans ma vie, qui a été dramatique dans ma vie pendant longtemps,
01:30c'est que je n'avais pas droit à la parole.
01:34C'était toujours de me...
01:37Même si on me demandait quelque chose, par exemple si on me disait, bah tu veux faire quoi comme sport
01:42?
01:42J'avais eu le choix entre la danse et le judo, puisque j'étais dans une petite région,
01:46il n'y avait pas beaucoup d'opportunités diverses.
01:49Moi je rêvais de faire de la danse.
01:52Et bien on m'a dit, ah bah non, tu feras du judo.
01:55D'accord, c'est-à-dire que si vous aviez choisi le judo, vous auriez eu le droit à la
01:59danse.
02:00Il y avait une sorte d'humiliation permanente.
02:03Oui, oui, oui, oui, oui, oui.
02:05Mais peut-être, parce que je ne sais pas en fait.
02:07Oui, oui, bien sûr, mais enfin bon.
02:08J'ai eu du mal à comprendre qui était cette personne.
02:10Vous êtes fille unique, vous avez des frères et sœurs ?
02:12Non, j'ai deux petites sœurs.
02:14D'accord.
02:14J'ai deux petites sœurs.
02:16Et en fait, je me rappelle de ça aussi, dans mes bulletins c'était toujours écrit.
02:22Bon, j'étais pas non plus une méga super élève,
02:24même si j'ai bien réussi quand même dans ma vie.
02:28C'était toujours, ne s'exprime pas, ne prends jamais la parole.
02:33Je ne sais plus quelles étaient les formules qui étaient utilisées à l'époque.
02:36Mais c'était toujours, mais j'étais muette en fait.
02:39J'étais muette à l'école, j'étais muette en classe.
02:41Même si on me sollicitait, je ne m'exprimais pas.
02:45Et les conséquences de tout ça,
02:49alors bien sûr, ma mère ne s'intéressait pas à nous.
02:52Voilà, c'était Savia, elle et le reste.
02:55Les réunions, tout ça, rien ne l'intéressait dans ce que nous, on aurait pu aimer, valoriser.
03:02Et en fait, ce qui s'est produit, alors que je voulais vivre autre chose.
03:07J'avais quand même conscience, à minima,
03:12que je voulais vivre autre chose que ce que ma mère...
03:18Sans doute que quand même, quand vous étiez enfant,
03:21il y avait un imaginaire fort,
03:23parce que quand je vous écoute,
03:25je vois à quel point votre mère était toxique,
03:28il n'y a pas de doute là-dessus.
03:30Mais il y avait quand même une part de vous, me semble-t-il,
03:33que je ferais quelque chose, moi, plus tard.
03:37Est-ce que je me trompe ?
03:38Ah oui, ah oui.
03:39Alors ça, et je le dis encore aujourd'hui,
03:41je suis une amoureuse de la vie.
03:42C'est ça.
03:43Je pense que ça m'a sauvée.
03:45Oui, oui, il y a eu une résilience.
03:47Alors après, je ne sais pas comment elle s'est installée, pourquoi,
03:50mais on sent que malgré tout,
03:53vous aviez une certaine...
03:56une petite fée à l'intérieur de vous
03:58qui vous permettait de tenir.
04:01Oui.
04:02Alors petite, j'ai fait comme j'ai pu.
04:04Après adulte, j'ai toujours été tenace.
04:08J'ai voulu tenir la vie,
04:10j'ai voulu m'en sortir dans la vie.
04:12Bon, bien sûr, je suis tombée sur le mari
04:13qui était à l'image de cette brave dame.
04:18et là, j'ai vécu un autre enfer.
04:20La seule chose qui me sauvait moralement
04:23quand j'ai été mariée,
04:25c'était mes enfants.
04:27C'était un vrai bonheur d'avoir des enfants
04:29et ça, c'est une vraie soupape.
04:32Mais néanmoins, l'amour des enfants,
04:37ça ne permet pas de s'épanouir,
04:40ça ne permet pas de s'épanouir.
04:41Non, bien sûr, mais est-ce que face à ce mari
04:44qui est évidemment un portrait
04:47un peu similaire à votre mère,
04:50est-ce que vous commenciez à pouvoir vous opposer ?
04:56Oui, j'ai essayé, j'ai essayé,
04:59mais lui, il était vraiment d'un niveau encore différent.
05:04Je trouve qu'un homme et une femme,
05:05sur ce plan-là, fonctionnent différemment.
05:08Je parle de personnes toxiques,
05:10ils ont quand même des profils différents,
05:13même s'ils ont les mêmes travers,
05:15si je puis dire.
05:16Lui, il était quand même le père de mes enfants,
05:19il avait une violence sournoise.
05:23Ce qu'il a inclus en plus,
05:26au-delà de ces mensonges,
05:28mais on ne se rend même pas compte,
05:29je me suis rendue compte de ces mensonges.
05:30Oui, il avait le même...
05:31Une fois que je suis partie.
05:33Oui, il vous mentait comme votre mère,
05:34le même profil.
05:36Sauf qu'il vous faisait certainement plus peur.
05:39C'est ça la différence.
05:42Mais lui, par exemple,
05:44il pouvait ne pas me parler
05:45pendant des jours entiers
05:46et me dire,
05:48il faut que je revienne vers toi
05:49parce que tu ne reviens jamais vers moi.
05:51Mais quand je revenais vers lui,
05:52de toute façon, il me repoussait.
05:54Vous savez, en couple,
05:55on appelle ça comment ?
05:56Vous savez, Aurore ?
05:57On appelle ça la stratégie du mur de pierre.
06:00C'est-à-dire, un couple s'éloigne.
06:02Vous voyez, dans le deux, on s'éloigne.
06:03Et qui fait la tentative de rapprochement
06:05après la stratégie du mur de pierre ?
06:06Vous voyez ?
06:07Ça peut durer des semaines, parfois.
06:09Mais moi, j'essayais
06:10parce que pour les enfants,
06:12c'était surtout pour eux.
06:13Je me disais,
06:14ce n'est pas viable.
06:16Puis moi, ça me faisait souffrir.
06:18Je ne me comprenais pas.
06:19De toute façon,
06:19j'étais très longue à comprendre
06:21ce qui s'est passé.
06:22Mais c'est ça qui, quand même,
06:24j'espère qu'aujourd'hui,
06:25l'émission qu'on fait avec vous, Christophe,
06:28va permettre à quelques personnes
06:30qui nous écoutent
06:30de se rendre compte
06:32qu'on ne doit pas supporter
06:34ce genre de relation.
06:35parce que, Marie,
06:37Aurore,
06:38vous vous en êtes rendu compte comment
06:40à un moment donné
06:41que c'était une relation
06:42qu'il ne fallait pas supporter ?
06:46En fait, toute ma vie,
06:47j'ai cru que c'était de ma faute.
06:49Petite, il fallait déjà
06:49que je sois la mère de ma mère.
06:51Mais ce n'était pas ça,
06:53la question.
06:54Oui, mais parce que, en fait,
06:55j'étais...
06:56Quand est-ce que vous avez conscientisé
06:57que ça devenait insupportable,
06:58vous demande Brigitte ?
06:59Qu'est-ce qui s'est passé ?
07:00Oui, et bien,
07:01c'est parce que je suis tombée
07:02presque au niveau du travail
07:04et on m'a envoyée
07:05vers un psychiatre.
07:07D'accord, donc c'est une personne
07:08qui vous a...
07:09C'est le psychiatre
07:11qui vous a ouvert les yeux.
07:13Oui, bravo.
07:14Et qui a mis des mots.
07:16Si je ne l'avais pas croisé,
07:17je pense que je serais
07:18même plus de seconde,
07:18de toute façon.
07:19C'est possible.
07:21C'est possible.
07:21Oui, parce qu'on n'est pas
07:23sur une petite affaire.
07:24Dans mon livre,
07:24sur les personnes aussi,
07:25il y a l'échelle de Hyde.
07:26Il y a une hiérarchie,
07:28Brigitte, de la dose
07:30de toxicité.
07:31Et en haut,
07:31ça fait des morts.
07:33Quand tu es hyper toxique,
07:34ça peut aller jusqu'à tuer.
07:37Voilà, soyons honnêtes.
07:38Oui, ou les personnes,
07:40ou Aurore,
07:41auraient pu déclencher
07:41une maladie
07:42qui leur a fait
07:43un cancer.
07:44Donc mourir, oui.
07:45C'est pas toujours...
07:48Merci Aurore
07:49de votre témoignage.
07:50On va conclure
07:50dans un instant
07:51avec Marina
07:52et qui va parler
07:53d'une relation toxique
07:55lorsqu'on n'est pas
07:56du même bord.
07:59Et c'est intéressant aussi
08:00qu'on aborde ce sujet
08:01en finale.
08:02à l'heure.
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