00:00Carole, bonjour.
00:02Oui, bonjour.
00:05Ah, quand mĂȘme.
00:07Vous ĂȘtes mon public.
00:09Oui, oui, oui, ce que je viens d'entendre, ça me fait sourire.
00:13Ăa sent le vĂ©cu, ça, Carole.
00:15Un petit peu, ouais, un petit peu, ouais, quand mĂȘme, ouais.
00:19Eh oui, bon, on est entre femmes, on a le droit de rire.
00:22Oui, mais oui, ça fait du bien, ça fait du bien.
00:26Alors, on vous écoute, racontez-nous votre histoire.
00:30Vous en avez parlé, ouais, des dépendances affectives.
00:34C'est quelque chose que j'ai connu et que je ne connaissais pas du tout.
00:39Et en fait, ce qui est trĂšs drĂŽle, c'est d'ĂȘtre avec quelqu'un avec qui ça se passe mal.
00:44Parce que les dépendances affectives, c'est souvent avec ceux avec qui ça se passe trÚs mal.
00:49Enfin, pour moi, en tout cas.
00:51Et du coup, de dire, de toute façon, je vais partir, je vais arrĂȘter cette relation, ça ne sert Ă rien.
00:57Et puis, de parler, de parler, et puis d'ĂȘtre incapable de le faire, quoi.
01:02Et ça, c'est terrible.
01:03C'est terrible parce que si tu as envie d'accuser l'autre, tu as envie de dire, mais pourquoi il me tient ?
01:11Pourquoi l'autre, il est un peu pareil ?
01:14Sauf que, ben, il ne t'attache pas, il ne t'équestre pas, donc, ben, pars, quoi.
01:22Et tout fait que tu n'arrives pas Ă partir.
01:26Et tu as dû faire une thérapie de trois ans pour réussir à me séparer de quelqu'un que ça n'allait pas du tout.
01:35Sans avoir touché avec lui, en plus, mais ça a été terrible.
01:40Terrible, et j'avais mes filles qui Ă©taient jeunes, quand mĂȘme, donc, qui vivaient avec moi, et elles ont vu, entendu des choses.
01:50Ăa n'a pas Ă©tĂ© simple.
01:51Ăa n'a pas Ă©tĂ© simple parce que je ne connaissais pas.
01:54Enfin, je ne connaissais pas.
01:55Je l'avais vécu un petit peu avec mon premier amour à l'ùge de 17 ans.
02:01Oui, j'avais fait une petite déprime, moi, quand j'avais su que, bon, à 17 ans, c'est sûr que lui, il avait été voir ailleurs,
02:11et j'ai cru pouvoir le lùcher comme ça, facilement, et puis pas du tout.
02:19Donc, à 17 ans, ça s'est manifesté par le corps, c'est beaucoup le corps qui a parlé des problÚmes de vomissement,
02:28des mùles du ventre, et à ce moment-là , j'étais dans un foyer, donc il me faisait faire des examens,
02:37et en pensant que j'avais fait des choses, en fait, c'est mĂȘme moi.
02:40Tout le monde était perconnée que j'avais fait des choses.
02:42Oui, c'était une conversion somatique.
02:45Vous n'aviez pas les outils de gestion émotionnelle, donc c'est votre corps qui exprimait.
02:52Qui vomissait votre souffrance et votre mal Ă ĂȘtre, bien sĂ»r.
02:55Mais quand vous faites une thérapie, quand vous entamez une thérapie,
03:00c'était dans l'esprit de pouvoir le quitter, ou c'est parce que vous alliez mal ?
03:07Dans l'esprit, alors, la thérapie, ça n'a pas été pour mon premier amour.
03:11Non, non, non, je sais, j'ai bien compris pour la relation dont vous parlez.
03:16Mais c'était parce que vous vouliez arriver à le quitter, ou parce que vous alliez mal,
03:21que vous entamez la thérapie ?
03:22Je pense qu'il y avait un peu des deux, mais ma démarche premiÚre, c'était pour le quitter.
03:29D'accord, donc vous allez voir quelqu'un pour qu'on vous aide à prendre la décision de partir.
03:36C'est bien ça ?
03:36Voilà , c'est ça.
03:38C'est bien, c'est bien, Carole, c'est bien de conscientiser le problĂšme que vous avez vraiment dans votre vie,
03:46et d'aller chercher de l'aide.
03:48Si tout le monde faisait ça, ce serait pas mal, hein ?
03:51Oui, parce que j'Ă©tais quand mĂȘme consciente que je devenais, enfin, je devenais quand mĂȘme trĂšs jalouse, maladie.
04:00Bah oui, du coup, oui.
04:01J'avais des problÚmes-là , que lui me reprochait, mais que lui, en fait, c'était pas mieux non plus,
04:07parce que c'était fait différemment.
04:10Il avait des cÎtés beaucoup plus tordus et pervers pour m'accuser que moi, c'était plus de la jalousie directe, quoi.
04:22Oui, vous aviez de la souffrance, et vous sentiez bien qu'il vous échappait,
04:27et ça vous mettait, ça réveillait une jalousie maladive, oui.
04:31Oui, voilĂ , donc Ă regarder son portable, Ă chercher...
04:35Oui, bien sûr, puis c'est la peur de la solitude, aussi, aprÚs, parce que, parfois, on préfÚre rester avec quelqu'un
04:42avec lequel on n'est pas bien, mais au moins, il y a quelqu'un, que de se retrouver seul.
04:48Est-ce qu'on va réussir à tenir la route seul, à finir les fins de mois, à mentalement tenir encore la route,
04:56ne pas tomber en dépression ? Enfin, ça réveille beaucoup de failles, aussi, de chez nous.
04:59Et ce que vous disiez, lĂ , sur votre premier amour, aussi, je pense qu'effectivement,
05:03dans l'attachement, dans votre jeunesse, il y a eu quelque chose de trĂšs difficile, de trĂšs douloureux,
05:09et vous avez absolument besoin de quelqu'un pour vous contenir,
05:13sauf que souvent, du coup, vous aviez rencontré des personnes
05:16qui, eux aussi, ont certainement vécu ces blessures-là , et qui l'expriment de notre façon.
05:21Donc, vous, c'est par un besoin d'ĂȘtre contenu,
05:23et peut-ĂȘtre que, du coup, pour l'autre, c'est un besoin de contenir.
05:26Donc, il y a toujours une lutte de pouvoir, en fait.
05:29Donc, vous sentez que, ni l'un, ni l'autre, vous étiez bons, ni pour l'un, ni pour l'autre,
05:34mais ce n'était pas possible de se séparer, parce que sinon, c'est le néant, c'est le vide.
05:38C'est ça.
05:39Et c'est pour ça qu'on ne part pas.
05:40Et en mĂȘme temps, j'ai toujours eu, quand mĂȘme, cette petite Ă©toile qui m'a aidĂ©e,
05:47parce que, sur le premier, quand j'y repense,
05:51j'aurais trĂšs bien pu avoir un enfant avec lui,
05:54et ne pas ĂȘtre prĂȘte du tout, parce que, bon, aprĂšs, il y a eu beaucoup de violence et tout.
05:59Donc, le fait de m'avoir dit non, ne fais pas ça, j'ai rĂ©ussi, quand mĂȘme, Ă me dire,
06:09ne fais pas un enfant avec lui, et j'ai vraiment raison.
06:13Et le deuxiÚme, c'était de me dire...
06:18Je reviens sur ce que vous venez de dire, qui est trĂšs important, Carole.
06:22Quand vous avez eu l'idĂ©e, l'envie, peut-ĂȘtre, de faire un enfant avec lui,
06:28c'est quelque chose d'important Ă dire,
06:30parce que beaucoup de femmes, malheureusement, vont céder à cette envie,
06:35parce que c'est une maniĂšre, en effet, de ne plus ĂȘtre dĂ©pendante,
06:39puisqu'on va avoir un enfant qui va remplir notre vide affectif.
06:43Et bravo d'avoir eu cette petite étoile qui vous a dit non,
06:47c'est vraiment pas un bon géniteur, ne fais pas un enfant avec lui,
06:51donc il y a quand mĂȘme eu un sens de responsabilitĂ©
06:55qui vous a permis de mettre au monde un enfant
06:58qui aurait donc porté votre souffrance et la violence de son pÚre.
07:06Mais malheureusement, beaucoup d'enfants viennent au monde
07:10avec cette faille de la mĂšre qui fait un enfant
07:16pour avoir son...
07:18Je vais dire une chose horrible,
07:20mais pour avoir son chien à cÎté, ou sa peluche à cÎté,
07:23qui va combler ce vide.
07:27Oui, parce qu'un enfant, en plus, à l'époque, je ne l'ai pas fait,
07:30mais c'est vrai qu'un enfant, ça nous permet d'exister quand on est dans le monde.
07:33En plus, bien sûr.
07:35Il ne nous juge pas.
07:36Il est tout petit.
07:37Il a besoin de nous.
07:39Donc forcément, c'est quelqu'un...
07:40Et c'est ça, en fait.
07:41C'est que le besoin qui nous anime d'ĂȘtre contenu par l'autre,
07:45lĂ , on peut enfin le vivre avec un enfant.
07:46C'est pour ça que c'est difficile, mais moi, ce que je trouve trÚs intéressant aussi
07:50dans ce que vous partagez, c'est que déjà , à la base,
07:53vous avez, au niveau cognitif, quelque chose qui peut vous dire
07:56dans l'analyse de la situation, attention, attention, ne fais pas ça.
08:01Donc, c'est-Ă -dire qu'il y a quand mĂȘme des filtres Ă©motionnels
08:03dans la dépendance affective que vous pouvez avoir.
08:05Il y a une petite lumiĂšre.
08:07Oui.
08:07Et du coup, cette petite lumiĂšre, il faut de plus en plus l'utiliser
08:10pour diversifier votre analyse et puis le catalogue de stratégies
08:15que vous mettez en place juste derriĂšre, quoi.
08:18AprÚs, il a fallu pas mal de temps, des années et puis des rencontres.
08:24AprĂšs, pour comprendre que le manque de confiance, en fait,
08:29c'est qu'on tombe sur des personnes comme ça,
08:32mais qu'il y a quand mĂȘme, c'est vrai, cette petite Ă©toile qui te dit non.
08:36Mais Carole, c'est simple, parfois, alors c'est simple,
08:40mais c'est pas pour autant que tout le monde en est capable,
08:42mais si on se respecte, on se fait respecter.
08:46Et si on se respecte pas, c'est qu'en effet,
08:49il faut travailler son estime de soi et sa confiance en soi,
08:52mais c'est ce que vous faites, tout doucement,
08:54et ça se construit au fur et à mesure, une petite pierre,
08:56plus une petite pierre, ça va finir par faire une montagne.
09:00Une montagne. Merci Carole.
09:03Merci.
09:03Merci beaucoup Carole.
09:05On fait une petite pause, on se retrouve dans un instant,
09:07avec vous bien sûr sur Sud Radio 0 826 300 300.
09:10A tout de suite.
09:12Sud Radio.
09:13Sud Radio.
09:13Parlons vrai.
09:14Parlons vrai.
09:14Sud Radio.
09:15Parlons vrai.
09:17Vous ĂȘtes prĂȘts pour une...
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