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00:05Bonjour à tous et à tous, soyez les bienvenus dans Wouzou Décideur, le rendez-vous qui donne la parole à
00:10celles et ceux qui innovent et qui visent l'excellence dans leur domaine.
00:15Deux entrepreneurs audacieux sur le plateau de Wouzou Décideur aujourd'hui, père et fils, Yves Fesandier, Damien Fesandier, bonjour.
00:22Bonjour, soyez les bienvenus, vous êtes respectivement fondateur et président de Alter Supplies et directeur général.
00:30Alors c'est vous, docteur, médecin, qui avait fondé cette société en 2008.
00:35Vous êtes généraliste, mais vous m'avez dit je suis passionné par la cardiologie et par la technologie.
00:41Ces deux patients vous ont conduit à Alter Supplies puisque vous concevez, vous fabriquez des enregistreurs Alter,
00:48on en a quand même tous entendu parler, ECG miniature, capable de surveiller le cœur pendant trois semaines en continu.
00:56Alors d'abord, je voudrais qu'on rappelle en deux mots ce que c'est qu'un Alter et son
01:00utilité.
01:01Alors, qu'est-ce que c'est qu'un Alter ? Très simplement, vous avez un signal électrique qui est
01:06généré par le cœur à chaque contraction,
01:08d'une manière assez complexe d'ailleurs, et ce signal peut être enregistré au cabinet du docteur,
01:14tout bêtement, d'un médecin, sur un bout de papier qui va donc montrer dix secondes d'enregistrement.
01:20Ces dix secondes ne présentent qu'un cliché.
01:23Et l'idée du Alter qui a été inventée par Norman Alter d'ailleurs, il y a pas mal d
01:27'années, avec du matériel très lourd à l'époque,
01:30eh bien, ça a permis de comprendre que l'enregistrement d'un électrocardiogramme sur une plus longue durée
01:36apportait énormément d'informations qu'on n'imaginait pas d'ailleurs.
01:40Et depuis, ça s'est énormément développé. On a eu des enregistreurs à cassette, on a eu des enregistreurs en
01:46tout genre.
01:46Maintenant, tout électronique, miniature et longue durée pour les derniers appareils que nous avons faits.
01:52Et ceci permet d'avoir donc des données, non seulement de l'électrocardiogramme de jour,
01:59pendant les activités du patient, mais la nuit.
02:01Et on voit beaucoup d'événements rythmologiques, graves parfois,
02:05qui apparaissent à n'importe quel moment de la journée, et parfois, une fois, une fois, toutes les deux semaines.
02:11Oui, c'est ça. Donc, on n'aurait pas pu voir avec un Alter qu'on pose 24 ou 48
02:16heures.
02:16On n'aurait jamais aucune chance.
02:17Damien Fesandier, miniature, ça, c'est quand même aussi votre marque de fabrique,
02:23parce qu'on va peut-être le montrer.
02:24Alors, on va le montrer. Il existe quand même des appareils plus petits.
02:26Il faut quand même pas se leurrer. Il existe aujourd'hui des bracelets de montres.
02:29Les fameuses montres connectées.
02:31Exactement, mais qui ne permettent pas de faire un diagnostic poussé.
02:33Ça permet juste de faire une alerte sacrée grossier.
02:35Et il existe des appareils qui sont implantables,
02:37mais pareil, qui sont quand même un petit peu plus lourds pour le patient.
02:40Là, l'idée, c'était effectivement de faire des appareils qui sont très petits
02:44et très simples à porter pour les patients,
02:46parce que le porter sur des durées de trois semaines,
02:48vous imaginez bien que c'est quand même contraignant.
02:51Et donc, on a voulu faire des appareils.
02:52Donc, ça, c'est tout le dispositif ?
02:54Ce sont deux dispositifs différents.
02:55Ah, ce n'est pas le même. Ce n'est pas celui-ci plus ?
02:57Non, ils n'ont pas la même vocation.
03:00Vous avez le premier appareil, effectivement.
03:01Celui-ci ?
03:02Voilà, qui permet de faire des enregistrements extrêmement particuliers
03:04et très pointus dans certaines conditions qui sont demandées par les rythmologues.
03:07Et le nouveau venu, qui est assez récent,
03:10qui est justement très simple à poser,
03:12qui permet effectivement d'avoir seulement trois dérivations.
03:14Oui, parce qu'avoir ça sur soi pendant trois semaines,
03:16ce n'est pas non plus...
03:17Non, parce qu'en fait, vous le portez au niveau de la poitrine.
03:19Donc, c'est vrai que sur une morphologie classique, c'est assez...
03:22Ça, c'est les électrodes, c'est ça ?
03:23Exactement, on met des électrodes classiques dessus.
03:25C'est facile à porter et c'est très adapté aujourd'hui
03:27dans le monde du sport, par exemple.
03:30D'accord. Alors justement, vous le disiez,
03:32le Holter classique existait déjà depuis très longtemps.
03:34Oui.
03:37Nous parlons de l'avantage de vos produits,
03:39mais depuis, il y a d'autres dispositifs qui sont arrivés sur le marché.
03:43Quels en sont...
03:44Quel type de dispositif et quels en sont, d'après vous,
03:47les limites versus le vôtre ?
03:49Exactement. Alors, en fait, si on prend déjà la gamme Holter classique,
03:52qui est la plus ancienne,
03:54ça a commencé avec des enregistreurs qu'on porte à la ceinture,
03:57un peu lourd, puis plus petits.
04:00Ensuite, on est passé des enregistreurs à cassette
04:03à des enregistreurs électroniques.
04:04Donc tout ça, c'est le Holter.
04:06Et on aboutit maintenant au top avec des produits très petits,
04:09très légers, très faciles à porter.
04:11Ce qui est arrivé depuis maintenant quelques années,
04:13ce sont effectivement les autres produits
04:15qui permettent de surveiller votre cœur.
04:17Ce sont les montres connectées,
04:19donc comme on le sait.
04:21Il y a eu des belles études faites par Apple,
04:23d'ailleurs, par exemple, avec l'Apple Watch,
04:25qui montrent qu'effectivement,
04:26on peut détecter beaucoup de choses avec ces montres.
04:30Ceci dit, ça a quand même deux limites.
04:32D'une part, c'est très facilement parasité.
04:35Donc quand les patients font trop de mouvements,
04:37déjà, ils ne peuvent pas comprendre,
04:39parce que ça enregistre la photoplasmographie
04:42et est très sensible au mouvement.
04:44Parasité, donc, faussé ?
04:45Parasité, donc, plus lisible.
04:47C'est plus lisible.
04:48Difficile à lire.
04:49Donc quand les gens gigotent trop,
04:51il n'y a plus de signal.
04:52Bon, mais par contre, s'ils dorment et tout ça,
04:55l'enregistrement est tout à fait valable.
04:56Il est valable, mais le deuxième inconvénient,
04:59c'est que ce n'est pas un électrocardiogramme à ce moment-là.
05:02C'est juste une onde de poux.
05:04Et l'onde de poux, malgré tout,
05:07ce n'est pas suffisant pour faire un diagnostic
05:10et rentrer tout de suite dans un traitement.
05:12Il faut passer obligatoirement par un électrocardiogramme
05:16qui montre la réalité d'une pathologie grave,
05:19si vous voulez,
05:20qui va permettre, finalement, de diagnostiquer
05:23et donc traiter ensuite le patient.
05:25Donc voilà les deux choses principales qui existent.
05:28Alors, on comprend bien pourquoi c'est à la fois révolutionnaire
05:32pour le quotidien du patient
05:33et pourquoi c'est révolutionnaire en termes de diagnostic,
05:36parce que vous l'avez dit tout à l'heure,
05:37il y a des choses avec un alter classique en 24-48 heures,
05:40il y a des phénomènes...
05:41Alors oui, si on prend effectivement
05:43les fibrillations atriales paroxystiques,
05:45donc qui n'arrivent que de temps en temps...
05:47Attention, attention, très clair.
05:50Les fibrillations atriales paroxystiques ?
05:52Oui.
05:53En français, pour le commandement tel comme moi, c'est...
05:55On peut dire que ce sont des problématiques,
05:58finalement, du cœur, tout simplement,
05:59mais qui n'arrivent qu'une fois de temps en temps.
06:01Très difficile.
06:01Sur le plan juste physique,
06:03un petit mot comme ça, précis d'électrophysiologie,
06:07simplement, l'oreillette, normalement,
06:08c'est elle qui donne la contraction à chaque fois du cœur,
06:12c'est elle qui bat la mesure en quelque sorte.
06:14Bien sûr.
06:14Normalement, c'est comme ça.
06:15Chez vous, chez moi,
06:16tout ça, ça marche bien.
06:17Mais quand il y a un truc qui ne marche plus bien,
06:20il peut y arriver d'avoir des contractions complètement folles.
06:24Ça se met à s'exciter dans tous les sens,
06:26et au lieu de s'exciter à un rythme normal,
06:28ça s'excite à 300, 400 par minute,
06:30c'est-à-dire des fréquences extrêmement élevées,
06:32qui fait que le cœur se met souvent à contracter vite,
06:35donc on réduit par des médicaments la fréquence du cœur.
06:40Mais le grand problème, c'est que l'oreillette, du coup,
06:43ne se contracte plus,
06:44et que vous avez une stagnation du sang dans l'oreillette.
06:49Le sang ne bouge plus parce qu'elle est paralysée.
06:53Elle ne vibre même pas, elle est paralysée.
06:55Et donc, le fait d'avoir du sang qui stagne
07:00fait que vous avez un risque de formation de thrombus
07:03qui, lors d'un moment ou d'un autre,
07:05va partir dans la circulation.
07:06C'est la circulation artérielle.
07:09Ça part dans un muscle, dans un organe et dans le cerveau,
07:11et ça fait des accidents vasculaires cérébraux très graves.
07:15Donc, ce que vous êtes en train de dire, finalement,
07:17c'est que ce dispositif versus d'autres
07:21permet de réduire de quoi, à peu près, les risques d'AVC ?
07:25Ce qui va se passer, alors, c'est plutôt,
07:27ce n'est pas réduire les risques d'AVC,
07:29déjà, c'est de pouvoir arriver à détecter, effectivement,
07:31ce qui se passe.
07:32On parlait, effectivement, de fibrillation atriale.
07:34En tout cas, les prendre en charge tout de suite.
07:35En fait, déjà, c'est détecté.
07:36Est-ce que la personne est soumise, effectivement,
07:38on est capable de diagnostiquer, de savoir si elle a une fibrillation atriale
07:41qui arrive souvent ou uniquement de temps en temps,
07:44c'est le fameux paroxic-sticte.
07:45En fait, ce qui va se passer, c'est que, globalement,
07:47si on parle uniquement du diagnostic, d'accord ?
07:50Globalement, on va arriver sur 25 000 patients par an, d'accord,
07:55qu'on est capable de diagnostiquer avec des fibrillations atriales
07:59ou des flotteurs atriaux, peu importe.
08:02Sur ces 25 000 patients, effectivement,
08:04on pourrait se dire qu'on serait capable de réduire de 30 %,
08:07peut-être d'arriver à détecter 30 % des patients en amont
08:11et de pouvoir tout simplement les traiter avec des anticoagulants,
08:14des médicaments ou peut-être une petite opération assez bénigne.
08:17Voilà.
08:18Donc ça, juste, en arrivant à traiter juste ces 30 %,
08:20on arrive quand même à faire une économie,
08:22puisque c'est quand même l'objectif aussi,
08:24de se dire qu'on peut quasiment économiser 200 millions d'euros à l'année.
08:29C'est-à-dire ?
08:30C'est-à-dire que, globalement...
08:31Oui, j'ai bien une idée, mais si on est très précis sur la façon dont on économise,
08:35parce que donc là, c'est une vraie question économique et de santé publique aussi.
08:38Alors, globalement, un AVC, en fonction de sa gravité,
08:41peut coûter finalement, quand on hospitalisait,
08:435 000 euros pour un petit AVC, la prise en charge,
08:45jusqu'à 100 000 euros quand vous avez effectivement
08:48derrière des complications qui sont importantes.
08:51Et des séquelles.
08:51Et des séquelles très importantes.
08:53Si vous faites une moyenne sur les 25 000 patients,
08:56on dit qu'on est capable finalement d'arriver à réduire,
08:59on va dire de prendre 30 % de ces personnes,
09:02on est capable de détecter effectivement ça
09:03et de les prendre en charge avant, avant l'AVC.
09:06Et bien, globalement, vous faites les maths.
09:08Si vous faites une moyenne, on économise 210 millions,
09:11à peu près, d'euros par an, grâce à la détection préhentive.
09:14Et vous sauvez beaucoup de gens aussi.
09:16Parce qu'avoir un AVC, c'est épouvantable.
09:19Alors, on associe souvent ces examens, ces dispositifs,
09:22aux hôpitaux, aux spécialistes.
09:24Vous, vous plaidez pour que ce dépistage,
09:26il soit plus accessible, il arrive dans le cabinet du médecin,
09:30voire dans les pharmacies.
09:32Oui, exactement.
09:33Il y a des pays, comme en Italie, par exemple,
09:36où il y a un dépistage qui est proposé dans les pharmacies,
09:40directement par un de nos distributeurs.
09:42Parce que le principe fonctionne comme ça.
09:46Et je me dis qu'en France, on est un petit peu à la traîne
09:48parce qu'on a des très bons produits.
09:50Mais le remboursement du Holter n'est fait que pour 24 heures.
09:55Il n'y a jamais eu d'effort pour faire un remboursement longue durée
09:59qui est un peu plus cher quand même que les, je ne sais pas,
10:0275 euros à peu près pour un enregistrement de courte durée.
10:05Aux États-Unis, ce remboursement existe en longue durée.
10:08Mais en France, non.
10:10C'est très difficile de basculer là-dessus.
10:12Et c'est vrai qu'il y a un manque de motivation des médecins
10:14de faire du longue durée qui oblige à expliquer aux patients
10:17qu'il faut éventuellement changer les électrodes de temps en temps.
10:22Et puis c'est tout, d'ailleurs.
10:23Il n'y a pas grand-chose.
10:24Vous qui êtes le commercial de l'entreprise,
10:28quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?
10:32Les ambitions, c'est déjà de rendre l'appareil, effectivement,
10:35comme je disais, accessible peut-être à plus de corps médicaux.
10:38On parle des cardiologues, mais effectivement, les médecins généralistes,
10:41comme vous aujourd'hui, vous allez chez le médecin généraliste,
10:43c'est d'abord lui qui va poser un premier diagnostic
10:45et qui, effectivement, peut vous envoyer chez un spécialiste,
10:48que ce soit un ophtalmo, que ce soit un oncologue,
10:50que ce soit des choses plus ou moins graves.
10:52Et l'idée, c'est peut-être aussi de permettre justement aux médecins généralistes
10:55de déjà faire un premier diagnostic
10:57et après de pouvoir envoyer le patient pour une vraie raison valable
11:00chez un rythmologue ou un cardiologue.
11:02Donc l'ambition, c'est de continuer le développement
11:04et de l'accessibilité des appareils.
11:05Aujourd'hui, on est sur un marché de niche.
11:07On ne s'adresse pas à beaucoup de personnes.
11:10Donc l'idée, c'est de continuer à rendre ces appareils facilement accessibles,
11:14simples à utiliser pour tout le monde.
11:16Il n'y a pas besoin que ce soit forcément posé dans un hôpital.
11:20Il y a énormément, effectivement, d'assistants
11:22aux cabinets médicaux qui peuvent les poser.
11:24Facile.
11:24C'est extrêmement facile.
11:26Oui, ça a l'air.
11:26Et ce n'est pas non plus contraignant pour les patients
11:28qui peuvent les enlever, qui peuvent les remettre facilement.
11:31Voilà.
11:31Donc je pense qu'en rendant encore plus accessible ce type d'appareil,
11:35on arrivera à faire plus de diagnostic et à sauver des gens.
11:37En tout cas, j'en suis convaincu.
11:39Dernière question, Yves-Faisandier.
11:41Vous pilotez toujours cette aventure à bientôt 80 ans.
11:44Vous avez un cœur solide.
11:46Ça marche encore.
11:47On reçoit dans cette émission des hommes et des femmes
11:49qui visent l'excellence au quotidien.
11:51Quelle est votre vision de cette notion ?
11:54Et comment vous embarquez vos équipes pour viser cet objectif ?
11:59Les produits marchent bien.
12:00On a derrière, d'ailleurs, aussi un logiciel
12:01qui fait l'analyse de tous les signaux à très grande vitesse,
12:04ce qui est très important et très complexe.
12:07On essaye de voir si l'intelligence artificielle, d'ailleurs,
12:10pourrait améliorer encore les choses.
12:13Mais on n'en est pas tout à fait sûr.
12:15C'est toujours assez délicat d'utiliser un truc automatique
12:17parce qu'il y a parfois des cas très difficiles à analyser.
12:20Ceci dit, on veut étendre, évidemment, ce système,
12:24pour sauver plus de gens.
12:25Moi, c'est mon idée, c'est de sauver les gens.
12:27Je n'aime pas la guerre.
12:28Je n'aime pas les choses qui font du mal.
12:30Mais j'aime bien les choses qui font du bien.
12:32Et donc, si on peut, nous, être très moteur dans cette aventure,
12:36je crois que c'est tout ce qu'il faut.
12:38Médecin, c'est une vocation.
12:40La médecine, la cardiologie et la technologie.
12:43Nous aussi, dans Wouzou Décideur,
12:44on aime bien les choses qui font du bien.
12:46Merci beaucoup à tous les deux d'être venus nous parler
12:49de Holter Supplies sur ce plateau.
12:52Merci à vous de nous avoir suivis.
12:53Vous retrouvez cet entretien sur leséchos.fr
12:55et en replay sur wouzou.fr.
12:58À bientôt.
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