- il y a 2 jours
En 1983, Luc Tangorre est condamné à 15 ans de prison pour avoir violé plusieurs femmes à Marseille. Mais même après son procès, il continue de clamer son innocence et un comité de soutien se forme autour de lui. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre parties.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archive : INA, Faîtes entrer l’accusé.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archive : INA, Faîtes entrer l’accusé.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:15Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés.
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service poli-justice du Parisien, Damien Delsenie.
00:31Bonjour Damien.
00:32Bonjour Claudia.
00:33Aujourd'hui dans Crime Story, la suite et la fin de notre podcast diffusé la semaine dernière,
00:39les épisodes 3 et 4 de cette affaire, Luc Tangor, une vie de mensonge.
00:44Luc Tangor, c'est cet étudiant modèle condamné pour plusieurs viols et agressions sexuelles,
00:49gracié ensuite par François Mitterrand, président de la République,
00:52et qui sort de prison avec la ferme intention de laver son honneur,
00:56lui qui a toujours clamé son innocence, à peine libéré, il est pourtant de nouveau soupçonné.
01:04Le lundi 23 mai 1988, le peloton de gendarmerie de Lyon reçoit un appel passé depuis une borne de secours
01:11le long de l'autoroute A9.
01:13A l'autre bout du fil, les voix paniquaient de deux femmes avec un fort accent américain qui pleurent.
01:19Une patrouille est envoyée sur place.
01:21Les deux jeunes femmes disent avoir été violées et laissées en plan à 2 km de l'autoroute.
01:26Malgré leur terreur et la nuit noire autour d'elles, une fois l'homme parti,
01:31elles ont utilisé toutes leurs forces pour courir au hasard jusqu'à arriver le long de cette bretelle d'autoroute.
01:36Par chance, elles ont atterri juste à côté d'une borne de secours.
01:41Jennifer et Carole ont 20 et 21 ans et sont deux américaines qui étudient les lettres à l'Alliance française
01:47à Paris.
01:48Pour le long week-end de la Pentecôte, elles ont décidé de partir voir la mer.
01:52Elles rejoignent Marseille en stop, puis la Seine-sur-Mer au sud de Toulon.
01:57Enfin, elles se baignent dans l'eau turquoise de la plage des Sablettes.
02:01Le lundi 23 mai, il faut rentrer à Paris pour reprendre les cours le lendemain.
02:05Les deux américaines retournent à Marseille et se postent à la sortie de la ville dans le but de se
02:10faire ramener en stop à Paris.
02:12Elles racontent qu'une 4 ailes vers Pomme s'arrête à leur niveau.
02:15L'homme au volant les invite à monter.
02:17Il ne va pas jusqu'à Paris, mais il peut les déposer à Lyon.
02:20Ça les avance déjà de plus de 300 kilomètres.
02:23Il est brun, sympathique, volubile, disent-elles.
02:27Sur la route, il propose aux jeunes femmes de faire un détour par Nîmes,
02:30car il connaît des coins pour aller cueillir des cerises.
02:33C'est la pleine saison et il sait où en trouver.
02:36La voiture sort de la route principale et traverse des segments moins empruntés,
02:40jusqu'à finir sur des petits chemins.
02:42Jennifer et Carole ne savent plus du tout où elles sont,
02:45mais l'homme, lui, semble connaître ses routes par cœur.
02:52Damien, à un moment, l'homme stoppe sa voiture au milieu des arbres.
02:56Et là, il change complètement de visage et de ton.
02:59Il dit aux deux femmes qu'il va les violer.
03:01Celle qui est à l'arrière se met à crier.
03:03Il se retourne vers elle et la gifle violemment.
03:06Il leur dit ensuite qu'il a déjà violé des femmes,
03:09qu'il a un couteau et que si l'une d'entre elles tente de s'enfuir,
03:13il tuera l'autre.
03:15Cette menace lui permet de violer les deux femmes, l'une après l'autre.
03:18Oui, ensuite, elles vont raconter dans leur déposition aux gendarmes
03:22qu'il leur a donné 100 francs pour leur dire de prendre un taxi.
03:27Alors, ça paraît évidemment assez hallucinant comme démarche,
03:30mais ce qui rend crédible encore plus, quelque part, leur témoignage,
03:35c'est qu'elles vont y ajouter un détail tout à fait sordide,
03:37mais qui a son importance.
03:39Elles disent que le violeur a utilisé comme lubrifiant de l'huile de moteur.
03:45Souvenez-vous, nous avons déjà mentionné cet élément
03:48dans les premiers et deuxièmes épisodes de ce podcast.
03:50Le détail de l'huile de moteur avait également été raconté
03:53au début des années 80 par plusieurs des femmes
03:56qui accusaient alors Luc Tangor de viol
03:58avant son premier procès et sa grâce présidentielle.
04:02Mais ni Jennifer, ni Carole, ni les gendarmes
04:05ne peuvent faire le rapprochement.
04:07L'affaire a déjà plus de 7 ans
04:08et les gendarmes qui recueillent la parole des deux victimes américaines
04:11n'ont pas travaillé sur le violeur des quartiers sud de Marseille.
04:15Les deux jeunes femmes donnent d'autres détails
04:17extrêmement précis aux gendarmes.
04:19Elles disent que l'homme portait un pull lacoste jaune à manches longues,
04:23un jean blanc, des tennis blanches,
04:25une montre dorée, une chevalière
04:26et des lunettes de soleil.
04:28Elles décrivent les vignettes collées sur le pare-brise de la 4L,
04:31la couleur et la matière des sièges en simili-cuir marron,
04:34le bouton pression cassé de la portière arrière droite.
04:38Elles disent aussi qu'elles ont aperçu dans le coffre
04:40une pile de livres sous plastique.
04:42Ça semblait être plusieurs exemplaires du même ouvrage
04:45et il y avait environ 25 exemplaires.
04:47Quand l'agresseur a remarqué que les filles
04:49laissaient traîner leur regard sur cette pile de livres,
04:52il l'a cachée.
04:53Jennifer et Carole dessinent la couverture du livre
04:55telle qu'elles s'en souviennent.
04:57Le fond était blanc, le titre était écrit en vert
04:59et il y avait en dessous une photo, en noir et blanc.
05:03Dans le titre, elles croient se souvenir
05:05qu'il y avait le mot « culpability »,
05:07disent-elles en anglais.
05:08Le vendredi 3 juin 1988,
05:11une information judiciaire est ouverte contre X.
05:14Pour retrouver le coupable de ces viols,
05:16les enquêteurs commencent par chercher sa voiture
05:18dans le fichier national des véhicules volés.
05:20Ils ne trouvent rien.
05:22Alors ils tentent d'exploiter la piste des livres.
05:24Ils cherchent un ouvrage ressemblant
05:26à la Bibliothèque nationale,
05:28mais ça ne donne rien non plus.
05:30Puisque les deux jeunes femmes
05:31ont été prises en stop à Marseille,
05:33ils font alors le tour des librairies de la ville
05:35pour savoir si cette description de couverture
05:37évoque un ouvrage au libraire.
05:47Damien, dans un premier temps,
05:49cette recherche ne débouche sur aucune piste.
05:51Personne ne reconnaît ce livre
05:53et dans les librairies,
05:54les grosses librairies,
05:55on n'a pas le souvenir d'un ouvrage
05:57dont la couverture présenterait ces caractéristiques-là.
06:00Le fait que les jeunes femmes
06:01aient vu une pile de livres sous blister
06:04laisse quand même penser
06:05que ça doit être un ouvrage
06:07publié plutôt récemment.
06:09Mais finalement,
06:10c'est au bout de quelques mois
06:11qu'un employé d'une des librairies visitées
06:13contacte les enquêteurs au sujet de ce livre.
06:16Oui, il dit qu'il n'a pas vu ce livre dans les rayons
06:19mais qu'il en a un chez lui
06:20qui ressemble à la couverture
06:23décrite par les étudiantes américaines.
06:25Ce livre, il parle d'une affaire judiciaire,
06:28il a été écrit par une certaine Gisèle Tichané
06:31et il s'appelle « Coupable à tout prix ».
06:34C'est le livre « La contre-enquête »
06:36sur l'affaire Luc Tangor.
06:40Les gendarmes lisent le livre de Gisèle Tichané
06:43et apprennent l'étendue de l'affaire Tangor.
06:46Mais surtout,
06:47ils se disent d'abord
06:48que ça ne peut pas être leur suspect
06:50puisqu'il a été condamné à 15 ans de prison
06:52il y a seulement 5 ans.
06:54Puis, ils apprennent
06:55qu'il a bénéficié d'une grâce présidentielle
06:57et qu'il a été libéré au mois de février.
07:00Si c'est l'homme qu'il cherche,
07:02ça signifie qu'il a récidivé
07:03seulement 3 mois après être sorti de prison.
07:06Avec toute l'attention
07:08dont la précédente affaire avait bénéficié,
07:10ça paraît complètement dingue.
07:12Luc Tangor vivrait désormais à Lyon,
07:14la ville où le violeur avait dit aux Américaines
07:17qu'il pouvait les déposer.
07:18Vu l'ampleur de l'affaire passer,
07:20les gendarmes veulent être très prudents
07:22avec celles qui s'annoncent.
07:24Une équipe est envoyée à Lyon
07:25pour enquêter discrètement sur Luc Tangor.
07:27Les gendarmes planquent devant son bureau de tabac,
07:30le Marni, situé Place Carnot,
07:32en plein centre-ville.
07:33Ils ont revêtu des équipements de protection
07:35et se sont installés dans une cabane de chantier
07:37comme s'ils étaient de simples travailleurs
07:39en train d'effectuer des travaux publics.
07:41Ils mitraillent de photos leurs suspects.
07:44Très vite,
07:44les gendarmes ont la conviction d'avoir affaire
07:47à celui qu'ils recherchent.
07:48En premier lieu,
07:49Carl Luc Tangor possède une 4 ailes vert-pomme
07:51avec des sièges en simili cuir marron.
07:54Ils prennent en photo
07:55tous les détails décrits par les deux jeunes femmes américaines.
07:58Et tout coïncide
08:00avec la version des victimes.
08:08Damien, même si l'affaire a été très médiatisée,
08:11les gendarmes n'en ont visiblement pas entendu parler.
08:14Oui, ça peut paraître étonnant,
08:15mais enfin, à l'époque,
08:17comme maintenant,
08:18les affaires chassent les autres affaires
08:20au fur et à mesure de l'actualité.
08:21En tout cas,
08:22cette année plus tard,
08:23ils n'ont plus cette affaire en tête.
08:25Les gendarmes n'ont aucun doute
08:26sur le fait que Luc Tangor
08:28est bien l'homme qu'il cherche,
08:30mais ils décident de différer son arrestation.
08:32Oui, parce que quand ils vont se documenter
08:34sur la précédente affaire Tangor,
08:35ils vont s'apercevoir de l'ampleur
08:39de la mobilisation médiatique, politique
08:41et des intellectuels qu'il y a eu à l'époque.
08:43Là, cette fois-ci,
08:44ils ne veulent pas revivre la même chose,
08:47que ce soit le cas une deuxième fois.
08:48Donc, ils ne veulent strictement rien laisser au hasard.
08:51Le juge d'instruction va décider
08:52d'aller aux Etats-Unis
08:54pour rencontrer les victimes américaines
08:57et en quelque sorte les réentendre
08:58pour blinder, entre guillemets,
09:00au maximum son dossier.
09:02Cinq mois après les faits,
09:03le juge d'instruction
09:04et le directeur d'enquête
09:05s'envolent donc pour la ville d'Arlington,
09:07en Virginie.
09:08Qu'est-ce qu'ils obtiennent
09:09lors de ce voyage ?
09:11Alors, ils vont rencontrer
09:12les deux jeunes femmes
09:13qui vont être convoquées
09:14dans les bureaux de la police locale.
09:16Elles vont être entendues séparément.
09:18Les enquêteurs vont leur montrer
09:20plusieurs livres
09:21avec sur la couverture
09:22le mot « culpabilité » ou « coupable »
09:24et sans aucune hésitation,
09:27elles vont désigner
09:27toutes les deux le même livre,
09:29celui sur l'affaire Luc Tangor.
09:31Les enquêteurs font la même chose
09:33avec différentes photos
09:34de quatre ailes vertes.
09:35Et là encore,
09:36elles vont désigner
09:37toutes les deux
09:38et sans la moindre hésitation,
09:40les photos qui sont
09:41les photos de la voiture
09:42de Luc Tangor.
09:43Alors, avec ces témoignages
09:45étayés supplémentaires,
09:46le juge décide
09:48qu'il a assez d'éléments
09:49pour aller arrêter Luc Tangor.
09:52Retour au lundi 24 octobre 1988.
09:55Nous sommes cinq mois
09:56après les viols
09:57et huit mois
09:58après la sortie de prison
09:59de Luc Tangor.
10:01Il est 6 heures du matin,
10:02les gendarmes l'attendent
10:03devant son bureau de tabac.
10:05Quand il arrive,
10:06les enquêteurs lui notifient
10:07son placement en garde à vue
10:08pour viol.
10:09D'emblée,
10:10le suspect dit
10:11qu'il n'a rien à faire
10:12avec cette histoire.
10:13Dans la foulée,
10:14les gendarmes
10:14perquisitionnent son magasin.
10:16Dans l'arrière-boutique,
10:17ils dénichent
10:18une pile de livres.
10:19Ce sont plusieurs exemplaires
10:20de la contre-enquête
10:21de Gisèle Tichané.
10:23Les gendarmes
10:24se rendent ensuite
10:25chez lui.
10:26Là,
10:26ils récupèrent des vêtements
10:27et placent sous scellé
10:28un pull à coste jaune
10:30et un jean blanc
10:30les mêmes habits
10:32que se décrit
10:32par les victimes.
10:34En garde à vue,
10:35Luc Tangor persiste
10:36à dire qu'il n'est pour rien
10:37dans cette affaire
10:38et qu'il ne comprend pas
10:39de quoi on lui parle.
10:40Il était effectivement
10:41à Marseille
10:42le jour des viols,
10:43mais il n'a pas quitté la ville
10:44et il n'a pas pris en stop
10:45de jeunes filles.
10:46D'ailleurs,
10:47il était avec sa famille
10:48et ces derniers
10:49peuvent le confirmer.
10:50Ils étaient tous ensemble
10:52à un baptême.
10:53Les gendarmes
10:54contactent les parents
10:55de Luc Tangor
10:56qui confirment en effet.
10:57Pour attester
10:58de leur bonne foi,
10:59ils proposent même
11:00de fournir des photos
11:01du baptême.
11:02Quand les gendarmes
11:03les reçoivent,
11:04ils sont ravis.
11:05Sur les photos,
11:06Luc Tangor porte
11:07le pull jaune lacoste
11:08et le jean blanc.
11:10Exactement la tenue
11:11du violeur
11:11selon les deux victimes
11:13prises en stop
11:14quelques heures plus tard.
11:16Pour la suite
11:17de l'enquête,
11:18les gendarmes font venir
11:19les deux victimes américaines
11:20en France.
11:21L'objectif
11:22est de leur permettre
11:23d'identifier
11:24derrière une vitre
11:25sans teint
11:25leur agresseur.
11:26Mais cette fois,
11:27pas question de réitérer
11:28les erreurs du passé.
11:30Outre Luc Tangor,
11:31les hommes qui sont présentés
11:33aux deux jeunes femmes
11:33ne sont pas des gendarmes,
11:35mais des hommes
11:35choisis dans la rue
11:36pour leur ressemblance
11:37avec le suspect.
11:38Une première victime
11:40entre dans la pièce
11:41devant la vitre.
11:42Elle reconnaît formellement
11:43et sans aucune hésitation
11:45le violeur
11:46comme étant
11:46Luc Tangor.
11:48Après sa sortie,
11:49les gendarmes
11:50échangent les places
11:51entre les hommes.
11:51Puis ils font entrer
11:53la deuxième victime.
11:54Là encore,
11:56aucune hésitation.
11:57Elle désigne
11:58immédiatement
11:59Luc Tangor.
12:04Damien Delsenie,
12:05presque fortuitement,
12:07les enquêteurs
12:08trouvent un autre élément
12:09qui mène à Luc Tangor.
12:11Si vous vous souvenez bien,
12:12lorsque Luc Tangor
12:13dévie de son parcours
12:15pour aller soi-disant
12:16emmener ses deux Américaines
12:17cueillir des cerises,
12:19elles ont l'impression
12:19qu'il connaît parfaitement
12:21les lieux
12:22où il est en train de rouler
12:23alors que ce sont
12:23des petites routes de campagne.
12:25Et en fait,
12:25ce n'est pas étonnant
12:26parce que l'endroit
12:27où il a violé
12:28les deux étudiantes américaines
12:30à côté de Nîmes,
12:31c'est un endroit
12:32qu'il connaît,
12:33Luc Tangor,
12:33tout simplement
12:33parce qu'il y a grandi.
12:35En fait,
12:36la résidence
12:36où il habitait à l'époque
12:37quand il était petit,
12:38elle était juste à côté
12:39de cet endroit
12:40et ce bois,
12:41en quelque sorte,
12:42c'était le terrain de jeu
12:43de Luc Tangor
12:44avec ses copains
12:45quand il était plus jeune.
12:46Dans plusieurs documentaires
12:47sur l'affaire,
12:48les enquêteurs expliquent
12:49à quel point
12:49ils sont déstabilisés
12:51par le fait que Luc Tangor
12:52est extrêmement convaincant
12:53quand il dit
12:54qu'il est innocent.
12:55Oui,
12:55à chaque fois,
12:56il répond,
12:57il évoque l'hypothèse
12:59même d'une machination.
13:01Alors,
13:01on sait qu'il a déjà crié
13:03à l'erreur judiciaire
13:04la première fois,
13:05donc même si les gendarmes
13:06n'ont a priori aucun doute,
13:08il y a beaucoup d'éléments
13:09qui sont à charge
13:11dans ce dossier.
13:12Ils vont raconter
13:13des années après
13:13qu'ils avaient même
13:15presque envie
13:15que ce ne soit pas lui
13:16tellement il leur apparaissait
13:18sympathique,
13:19tellement il avait l'air
13:20convaincant
13:21et tellement il avait l'air
13:22sûr de ce qu'il avançait.
13:23Il a à chaque fois
13:25émis l'hypothèse
13:27au travers de ses réponses,
13:29l'hypothèse
13:29d'une machination,
13:31d'un stratagème
13:32contre lui
13:34et à un moment donné,
13:38il nous paraissait
13:39même très sympathique.
13:40On avait presque envie
13:42que ce ne soit pas lui.
13:43C'est un peu le sentiment
13:44qu'on avait.
13:45Alors que,
13:47au fond de nous-mêmes,
13:47bien sûr,
13:48et on savait très bien
13:49les éléments
13:49que nous avions recueillis,
13:51on savait pertinemment
13:52qu'on avait mis le doigt
13:54certainement
13:55sur le bon individu.
13:58Placé une nouvelle fois
13:59en détention provisoire,
14:00Luc Tangor se dit
14:01victime d'une machination.
14:03Son avocate,
14:04Anne Disler,
14:05lui rend visite
14:05et essaie de le convaincre
14:07de dire la vérité.
14:08Il réagit très mal.
14:10Il ne comprend pas
14:11qu'elle puisse remettre
14:11sa parole en doute
14:12et il lui certifie,
14:14encore une fois,
14:15qu'il est innocent.
14:17Luc Tangor met en cause
14:18les policiers marseillais
14:19qui, selon lui,
14:20n'ont pas digéré
14:21le fait qu'il est
14:22obtenu une grâce présidentielle.
14:24Devant les micros
14:25et caméras des journalistes,
14:26un autre de ses avocats,
14:28François Vidal-Naquet,
14:29le frère de l'historien
14:30Pierre Vidal-Naquet,
14:32a du mal à répondre
14:33et préfère attendre
14:34d'en savoir plus
14:35avant de s'avancer.
14:37La famille,
14:38les amis de Luc Tangor,
14:39sa nouvelle compagne,
14:40ne décolèrent pas.
14:42Comme la première fois,
14:43ils sont convaincus
14:44de l'innocence
14:45de ce fils,
14:46ami ou compagnon.
14:47Ils veulent croire
14:48à ce complot international
14:49dont le suspect
14:50se dit victime.
14:51Dans le comité de soutien,
14:53certains se désolidarisent,
14:54d'autres ne lâchent pas
14:56Luc Tangor,
14:56comme Marguerite Duras
14:58qui lui écrit en prison.
14:59Ses lettres,
15:00citées dans l'émission
15:01de France 2
15:02au bout de l'enquête,
15:03sont déroutantes.
15:04La grande écrivaine,
15:06lauréate du prix Goncourt,
15:07écrit
15:07« Je crois toujours
15:08que tu as été victime
15:09d'une petite garce
15:10qui veut ta défaite
15:11coûte que coûte.
15:12Si je me trompe,
15:13aux yeux de Jean Friand
15:14de Potin de Cour d'Assise,
15:15je m'en fiche.
15:16Tu resteras mon amie. »
15:20Damien,
15:21ce n'est pas la première fois
15:22que Marguerite Duras
15:23s'illustre
15:24en prenant position
15:25publiquement
15:25dans un fait divers.
15:26Oui,
15:27à chaque fois
15:27des faits divers
15:28extrêmement médiatisés.
15:30Effectivement,
15:31elle a pris
15:31une position
15:32dans l'affaire Grégory
15:34et elle a pris
15:35une position
15:36assez surprenante
15:37puisqu'elle a pris
15:38fait écosse
15:39pour la culpabilité
15:40de Christine Villemin,
15:42la maman du petit Grégory
15:43dont on sait
15:44qu'elle a été soupçonnée
15:45un temps,
15:46ce qui sera d'ailleurs
15:46largement démentie
15:48par la procédure
15:49par la suite.
15:50Donc,
15:51elle sera
15:52beaucoup critiquée
15:53pour cet article
15:54qu'elle avait signé
15:54dans l'Ibée
15:55au mois de juillet.
15:561985
15:57qui était titré
15:58sublime,
15:59forcément sublime
16:00et qui était
16:00un réquisitoire terrible
16:02contre la mère
16:03du petit Grégory,
16:03contre Christine Villemin
16:04et ce manque de recul,
16:06cette prise de position
16:06lui seront
16:08beaucoup reprochées
16:09par la suite.
16:10Gisèle Tichanet,
16:11la femme qui a écrit
16:12la contre-enquête
16:13est elle aussi
16:14toujours convaincue
16:15de l'innocence
16:15de Luc Tangor
16:16et elle va même
16:17voir le juge d'instruction.
16:18Effectivement,
16:19elle croit toujours
16:19à l'innocence totale
16:21de Luc Tangor
16:21simplement lorsqu'elle rencontre
16:23le magistrat instructeur
16:24il va lui démontrer
16:26de manière assez formelle
16:27pourquoi il estime,
16:29il est sûr
16:30que cette fois-ci,
16:31en tout cas,
16:31Luc Tangor est coupable.
16:33Elle ne va pas supporter
16:34cette confrontation
16:35avec ses éléments
16:37du dossier
16:37et Gisèle Tichanet
16:39va se suicider
16:40très peu de temps après.
16:43Le deuxième procès
16:44de Luc Tangor
16:45s'ouvre le lundi 3 février 1992
16:48devant la cour d'assises
16:49de Nîmes.
16:50Luc Tangor se présente
16:51très confiant,
16:52convaincu qu'il sera acquitté
16:53et comme au premier procès,
16:56il crie au scandale.
16:57On le découvre
16:58dans le box des accusés
16:59un peu vieilli,
17:01une sorte de coupe au bol
17:01brune sur la tête
17:02en costume sombre,
17:04chemise blanche
17:04et cravate claire à motif.
17:06Lors des audiences,
17:08il est virulent.
17:09Dès que ses avocats s'expriment,
17:10il n'hésite pas
17:11à attraper ses classeurs à lui,
17:12à chercher dedans
17:13puis à intervenir
17:14pour les contredire.
17:16Il commence en étant poli,
17:17puis la colère le gagne.
17:19Il est alors capable
17:20de dire au président
17:21un « taisez-vous,
17:22c'est mon procès,
17:23c'est pas à vous de parler ».
17:24Les deux victimes américaines
17:26sont là.
17:27Jennifer et Carole
17:28réaffirment
17:29qu'elles reconnaissent
17:30l'homme qui les a violés.
17:31À la fin de la semaine,
17:33le samedi 8 février 1992,
17:36Luc Tangor est condamné
17:37à 18 ans
17:38de réclusion criminelle.
17:39Luc Tangor a donc
17:40été condamné
17:41à 18 ans
17:42de réclusion criminelle
17:43par la cour d'assises
17:44du Gard
17:45après son nouveau procès
17:47pour viol.
17:48Il crie,
17:49mais non,
17:50pas deux fois.
17:51En écho,
17:52ses parents hurlent aussi.
17:55Le président,
17:57c'est ton assassin !
17:58Le président,
18:00il a malmené les débats.
18:01Depuis le début,
18:03il nous a torpillés
18:04tous les témoins.
18:05Je vous assure,
18:06c'est une horreur judiciaire.
18:08Croyez-moi,
18:08Luc,
18:09c'est la vérité,
18:09il a dormi à la maison.
18:11Des témoins,
18:11c'est comporté
18:12par des témoins.
18:13Le procureur,
18:14c'est un morse !
18:17Une semaine après,
18:19le 15 février,
18:20l'historien
18:20Pierre Vidal-Naquet,
18:22qui avait écrit
18:22en 1983
18:23un texte de soutien
18:25à Luc Tangor
18:26dans le journal
18:26Le Monde,
18:27publie une nouvelle tribune.
18:29Cette fois-ci,
18:30elle s'intitule
18:31Luc Tangor
18:32et notre erreur.
18:34D'abord,
18:35l'historien se défend,
18:36mettant en avant
18:37sa constance
18:38dans cette affaire
18:38et se félicitant
18:39quelque part
18:40d'avoir défendu
18:41corps et âme
18:42celui en qui il croyait,
18:44habité par le sentiment
18:46d'une innocence rayonnante,
18:47écrit-il.
18:48Puis il reconnaît
18:49qu'après une longue
18:50et douloureuse réflexion,
18:51aussi documentée
18:53que possible,
18:54il a dû se rendre
18:54à l'évidence.
18:55En dehors de ce récit,
18:57il n'y avait
18:58que deux hypothèses possibles,
18:59toutes les deux romanesques,
19:00écrit-il.
19:01L'action d'un sosie
19:02qui aurait persécuté
19:04Luc Tangor
19:04au moins depuis 1980
19:06ou une machination policière
19:08qui supposait
19:09des manipulations
19:10tellement énormes
19:11qu'on ne peut
19:12que se refuser
19:12à l'admettre.
19:14Jusqu'à plus ample informé,
19:16telle est,
19:16je crois,
19:17hélas,
19:18la vérité
19:18et je ne puis
19:19qu'exprimer mes regrets
19:20tant à l'égard
19:21des victimes anciennes
19:22qu'à celui
19:23des victimes nouvelles
19:24puisque,
19:25sans mon action
19:26et celle de tant
19:27de Français
19:28qui m'ont accompagnée,
19:29ces derniers viols
19:30n'auraient pas eu lieu.
19:35Damien,
19:36une psychologue
19:37qui a été appelée
19:38à témoigner
19:38pendant le procès,
19:39explique que Luc Tangor
19:41est en fait
19:41dans le déni.
19:42Oui,
19:43elle explique
19:43qu'il est un peu
19:44devenu le héros
19:45de sa propre histoire
19:47et qu'il ne peut pas
19:48se reconnaître
19:49dans le violeur
19:49qu'il est en réalité.
19:51Sinon,
19:51explique-t-elle,
19:52il basculerait
19:53dans une sorte
19:53de gouffre
19:54dont il ne pourrait
19:55plus sortir.
19:57Ses proches,
19:58sa famille,
19:58le comité de soutien
19:59lui ont en quelque sorte
20:00renvoyé l'image
20:01qu'il était quelqu'un
20:02de bien
20:03et il ne peut pas
20:04accepter d'être
20:05autre chose
20:06que cette image
20:07qu'on a de lui.
20:07il ne peut pas
20:08supporter
20:09que cette image
20:10soit effritée.
20:11Luc Tangor
20:12sort de prison
20:13en 2008,
20:14il a purgé sa peine
20:15et il fait quelque chose
20:16de très étonnant,
20:17il témoigne
20:18dans l'émission
20:19Faites entrer l'accusé.
20:20Alors,
20:20il a masqué son visage
20:22parce qu'il a eu
20:22une petite fille
20:23entre temps
20:24et il ne veut pas,
20:25explique-t-il,
20:26lui porter préjudice.
20:27Mais enfin,
20:27il est quand même présent
20:28sur un documentaire
20:30d'environ 1h30
20:31qui raconte
20:32dizaines de témoignages
20:34à l'appui
20:34qu'il est bien
20:35un violeur en série
20:36et lui,
20:37comme depuis toujours
20:38finalement,
20:39il s'en défend,
20:40toujours avec
20:41extrêmement de volonté,
20:42presque extrêmement
20:43de conviction
20:44alors qu'il y a
20:45énormément d'éléments
20:46à charge
20:47et des éléments
20:47de culpabilité
20:49énormes
20:50sous son nez,
20:50on a envie de dire,
20:51et lui continue
20:52à dire
20:53qu'il n'est pas responsable,
20:54que ce n'est pas lui.
20:55Luc Tangor,
20:56si vous êtes innocent,
20:57si vous n'avez pas violé
20:58ces deux étudiantes américaines,
21:00alors pourquoi
21:01mentent-elles ?
21:02Je ne peux que
21:03supposer
21:04que
21:05j'étais en train
21:06de demander une révision
21:06de procès
21:07dans le premier dossier
21:08et que le fait
21:09de vouloir me battre
21:11pour faire reconnaître
21:12mon innocence
21:13dans le premier dossier,
21:14ça m'a valu
21:14quelques inimitiés
21:15et peut-être
21:16un montage à la clé,
21:17je ne sais pas.
21:18Un montage ?
21:19Un montage.
21:20De qui ?
21:21Alors ça,
21:21je ne peux y mettre
21:22que des hypothèses.
21:23Qui ?
21:24Alors,
21:25est-ce que
21:26ce sont des policiers
21:27dans la première affaire
21:28qui ont mal fait
21:29des expertises
21:29ou qu'on allait mettre
21:30en cause dans le cadre
21:31de la révision de procès
21:32qui n'ont pas digéré
21:33le fait que je sois innocenté ?
21:34Je ne sais pas.
21:35Un complot,
21:35Luc Tangor,
21:36est-ce que ce n'est pas
21:36vous donner
21:37beaucoup d'importance ?
21:38Ça,
21:39je voudrais en avoir
21:41le moins possible
21:41d'importance.
21:42Moi,
21:42je voudrais qu'on me laisse
21:43tranquille, quoi.
21:43Je n'ai jamais violé
21:44personne.
21:46Moi,
21:46je ne demande que
21:46de l'anonymat.
21:54Le dimanche 10 août 2014,
21:56soit 6 ans après
21:58la sortie de prison
21:58de Luc Tangor,
21:59on est en fin d'après-midi
22:01quand le téléphone sonne
22:02à la gendarmerie
22:03du Gros du Roi,
22:04dans le Gard.
22:05Au bout du fil,
22:06les parents d'une petite fille
22:08de 12 ans
22:08qui veulent dénoncer
22:09une agression sexuelle
22:10que celle-ci vient de subir
22:12sur une aire de jeu
22:13de la station balnéaire.
22:15Dans l'après-midi,
22:16vers 16h30,
22:17la petite fille joue
22:17sur la plage
22:18à proximité
22:19d'un grand château gonflable.
22:20Elle entre dedans
22:21puis elle ressort
22:23en criant
22:23quelques secondes plus tard.
22:25Elle court immédiatement
22:26vers sa mère
22:27et lui raconte
22:28qu'un homme l'a suivi
22:29à l'intérieur du château.
22:31Une fois dedans,
22:32il s'est frotté à elle
22:32plusieurs fois
22:33avant qu'elle ne prenne
22:34la fuite.
22:35La mère et le père
22:36de la petite fille
22:37se mettent tout de suite
22:38à chercher cet homme
22:39mais il a disparu.
22:41Il n'est en fait pas loin.
22:43Après les cris
22:43de la fillette,
22:44il est sorti du château
22:45à son tour
22:46et a rejoint
22:46sa propre fille
22:47âgée de 13 ans
22:49installée sur la plage
22:50et pendant que les parents
22:52de la fillette
22:53agressée le cherchent,
22:54il se baigne
22:55avec sa fille.
22:57Les gendarmes
22:58arrivent sur place
22:58en quelques minutes.
23:00La petite victime
23:01décrit l'homme
23:02qui est entré
23:02derrière elle
23:03dans le château gonflable
23:04et surtout,
23:05elle le repère
23:06rapidement sur la plage
23:07et le désigne
23:08au gendarme.
23:08C'est un homme
23:09d'environ 55 ans,
23:11de taille
23:11et de corpulence moyenne,
23:13la chevelure fournie
23:14et grisonnante.
23:15Un physique banal.
23:17Les gendarmes
23:17s'avancent vers lui,
23:19discutent quelques minutes
23:20puis l'interpellent.
23:21L'homme nie les faits
23:22mais il n'oppose
23:23aucune résistance.
23:24Il est emmené
23:25pour être placé
23:26en garde à vue.
23:27A ce stade,
23:28cette affaire
23:29d'agression sexuelle
23:30d'une enfant
23:30est un fait divers
23:31extrêmement grave
23:32mais dont la notoriété
23:34ne devrait pas dépasser
23:35les frontières du Gard.
23:36Sauf que quand le suspect
23:38décline son identité,
23:39les gendarmes comprennent
23:41qu'il en sera autrement.
23:42Encore une fois,
23:44cet homme
23:44est Luc Tangor.
23:50Damien,
23:50la justice française
23:51n'avait plus entendu
23:52parler de lui
23:53depuis plus de 15 ans.
23:55Oui,
23:55et clairement,
23:56tout le monde
23:56l'avait oublié.
23:58Il est déféré
23:59devant un juge.
24:00Alors des photos
24:00de son arrivée
24:02au palais de justice
24:02vont être publiées
24:03et en quelque sorte,
24:04la France va redécouvrir
24:06en personnage vieilli
24:08cet homme
24:09qui était absolument
24:11à la lune
24:11de tous les journaux
24:1225 ans plus tôt.
24:13Le jeudi 12 septembre 2019,
24:15il comparait
24:16pour exhibitionnisme
24:17et attouchement.
24:18Et il va comparaître
24:19détenu
24:20parce qu'il est mis en cause
24:21dans une autre affaire
24:23à Lyon,
24:23dans le Rhône,
24:24des faits cette fois
24:25de tentatives
24:25de corruption
24:26de mineurs,
24:27des faits pour lesquels
24:28il continue à dire
24:30qu'il est innocent
24:30et que
24:31tout ce dont on l'accuse,
24:33finalement,
24:34ce sont des erreurs
24:35et que les petites filles
24:36qui l'accusent
24:36sont des menteuses.
24:37Cette fois,
24:38il n'est plus défendu
24:39par des pontes
24:40et il écope
24:41de trois ans
24:41et demi de prison.
24:42Oui,
24:43alors c'est une honte
24:43d'après son avocat
24:44Marc Roux
24:45qui dira dans l'émission
24:46de France 2
24:47au bout de l'enquête,
24:48je cite,
24:49Luc Tangor,
24:50le sentiment que j'ai
24:51c'est qu'il n'a pas
24:51le droit à l'oubli,
24:52on a toujours envie
24:53de lui placarder son passé,
24:55quoi qu'il dise,
24:56on n'a plus envie
24:56de le croire.
24:57Trois ans et demi
24:58pour une bousculade,
25:00pour une main
25:00qui effleure une cuisse,
25:02c'est une peine
25:03extrêmement importante
25:04par rapport
25:04à la nature des faits.
25:08Luc Tangor
25:09retourne en prison.
25:10Quelques mois plus tard,
25:12il sera relaxé
25:12dans l'affaire
25:13de corruption de mineurs.
25:14À son dernier procès,
25:16les psychologues
25:16avaient émis l'hypothèse
25:17qu'il n'y avait pas vraiment
25:18de thérapie
25:19pour ce type de profil.
25:21Puisque,
25:22près de 40 ans
25:23après les premiers viols
25:24dont il a été accusé,
25:25il continue de nier les faits,
25:27il ne peut pas
25:28faire un travail dessus.
25:30Aujourd'hui,
25:30Luc Tangor a 67 ans,
25:32il est libre
25:33et se dit toujours innocent
25:34de tous les crimes
25:35dont il a été accusé,
25:37victime, selon lui,
25:38de plusieurs erreurs judiciaires.
26:07Vous venez d'écouter
26:08Crime Story,
26:09Luc Tangor,
26:10une vie de mensonge.
26:12Ce récit était écrit
26:13par Claudia Prolongeau
26:14et raconté avec
26:15Damien Delsenie
26:16pour écouter
26:17tous nos autres podcasts,
26:18c'est sur le site
26:18leparisien.fr
26:20et sur n'importe quelle
26:21plateforme d'écoute.
26:22Cette semaine,
26:23il y avait à la production
26:24Thibaut Lambert
26:25et à la réalisation
26:27Julien Moncouquiole.
26:29Jules Lavi
26:29est le rédacteur en chef.
26:31Si vous aimez Crime Story,
26:32vous pouvez vous abonner
26:33et nous laisser des commentaires
26:34ou des petites étoiles.
26:36Vous pouvez m'écrire
26:37à l'adresse
26:37crimestory
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26:39ou directement
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26:41Et surtout,
26:42vous pouvez écouter
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