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En septembre 2013, Jacqueline Veyrac, une riche héritière de la Côte d’Azur, est victime d’une tentative d'enlèvement. Ce jour-là, elle échappe à ses agresseurs mais trois ans plus tard, elle n’a pas cette chance et se fait finalement enlever.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Barbara Gouy et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network
Archives : INA. Documentation : Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes.
#crime #jacquelineveyrac #enlevement
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Barbara Gouy et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network
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00:01Vous écoutez Crime Story, l'enlèvement de la milliardaire de la Riviera, deuxième et dernier épisode.
00:08Le lundi 9 décembre 2013, Jacqueline Vérac, une riche propriétaire d'hôtels âgée de 73 ans,
00:15échappe de justesse à une tentative d'enlèvement par deux hommes en bas de chez elle à Nice.
00:20La police judiciaire ne dispose d'aucune piste sérieuse et finit par abandonner l'enquête, classée sans suite au bout
00:26de six mois.
00:28Le lundi 24 octobre 2016, il est presque midi quand Jacqueline Vérac emprunte la petite avenue Emilia, où se trouve
00:34son parking.
00:35Elle vient d'aller récupérer des médicaments dans la pharmacie, située au coin de la rue.
00:40Le soleil brille et le thermomètre dépasse les 20 degrés.
00:44Quelques minutes plus tard, Jacqueline Vérac sort du box au volant de son petit 4x4 Toyota RAV4 gris.
00:51À une dizaine de mètres de la voiture, Evelyne, la factrice du quartier, achève sa tournée matinale.
00:57La scène qui suit est digne d'un polar.
01:01Un utilitaire blanc de marque Peugeot déboule à vive allure et s'arrête brutalement devant la voiture de Jacqueline Vérac.
01:08Deux hommes jaillissent, visage masqué.
01:11La postière reste sidérée lorsqu'elle voit la septuagénaire extirpée brutalement de sa voiture,
01:17puis jetée à l'arrière de la fourgonnette, qui redémarre en trombe.
01:22Evelyne court vers la pharmacie, entre dans l'officine et crie qu'une femme vient d'être enlevée sous ses
01:27yeux.
01:29Parmi le personnel, qui appelle immédiatement les secours,
01:32on ne tarde pas à comprendre que la victime est Jacqueline Vérac, passée chez eux quelques instants plus tôt.
01:38La police arrive sur les lieux et boucle le périmètre.
01:41Première mission, auditionner la factrice qui a tout vu.
01:45Malgré le choc, Evelyne livre des informations précises et précieuses aux enquêteurs de la police judiciaire de Nice,
01:52notamment parce qu'elle a mémorisé une partie du numéro de la plaque d'immatriculation de la fourgonnette Peugeot Blanche.
01:58Deux lettres et trois chiffres, CN177.
02:04Evelyne est également formelle sur les membres de ce véritable commando.
02:08Deux hommes qui ont extrait Jacqueline Vérac de sa voiture,
02:11et un troisième resté au volant de la fourgonnette.
02:20Damien, la police judiciaire de Nice déploie immédiatement des moyens très importants.
02:26D'abord, un enlèvement comme celui-ci, c'est très rare.
02:28On appelle cela un rapte à l'italienne.
02:31Alors en France, chaque année, il y a des dizaines d'enlèvements,
02:33mais la quasi-totalité d'entre eux se font entre délinquants et souvent entre trafiquants de stupéfiants
02:38qui s'enlèvent, qui se séquestrent dans le cadre de concurrences,
02:41de rivalités commerciales ou de guerres de territoire.
02:44Là, il s'agit d'un tout autre profil de victime.
02:47C'est une femme âgée, riche et qui a surtout déjà échappé à un enlèvement au même endroit trois ans
02:53plus tôt.
02:54Damien Delsenis, la police judiciaire de Nice déploie immédiatement des moyens très importants.
02:59Il n'y a pas de temps à perdre.
03:01Donc pendant qu'une partie des enquêteurs vont aller perquisitionner l'appartement de la riche héritière à la recherche d
03:06'indices,
03:06sa voiture qui était restée moteur tournant devant le box après son enlèvement
03:10est chargée sur une dépanneuse pour être passée au pain fin dans les locaux de la police technique et scientifique
03:16de la PJ de Nice.
03:17Tout ça est situé au quartier général de la police judiciaire qui est la caserne Ovar qui se situe sur
03:22les hauteurs de la ville de Nice.
03:24Pendant ce temps-là, d'autres policiers vont foncer chez le fils de Jacqueline Vérac.
03:32Gérard Vérac, qui porte le même prénom que son père, est évidemment mort d'inquiétude
03:37et il doit répondre aux mêmes questions que trois ans plus tôt.
03:40Sa mère avait-elle reçu des menaces ? Se sentait-elle suivie ?
03:45En plein milieu de cette audition, à 14h21 exactement, son portable sonne.
03:50C'est le numéro de sa mère qui s'affiche.
03:53Il décroche immédiatement et met le téléphone sur haut-parleur.
03:57A l'autre bout du fil, une voix d'homme parle.
04:00L'interlocuteur a un accent anglais tellement prononcé que les policiers croient d'abord à une imitation.
04:07En plus de cela, la communication n'est pas bonne.
04:10Ni Gérard, ni les enquêteurs ne parviennent à comprendre tous les mots prononcés.
04:16Mais ils entendent le message principal.
04:18Il va falloir payer, conclut l'homme à l'accent anglais.
04:24Damien, après ce bref coup de téléphone, les ravisseurs ne se manifestent plus ?
04:29Non, et c'est évidemment à la fois surprenant et très stressant.
04:33Même si le fait qu'une demande de rançon ait été évoquée, ça laisse entendre que Jacqueline Vérac est vivante,
04:39il n'y a aucun signe de vie concret qui n'a été fourni au moment du coup de fil.
04:43On n'a pas entendu sa voix et ses ravisseurs n'ont pas envoyé une photo d'elle comme ça
04:47peut arriver dans ce type de scénario pour envoyer une preuve de vie.
04:51Là, surtout, le vrai problème, c'est qu'au cours de la conversation téléphonique, on parle de rançon,
04:56mais il n'y a aucun montant précis qui n'est avancé et ça, c'est vraiment très surprenant.
05:00Pendant ce temps, les enquêteurs de la police judiciaire continuent d'auditionner le fils de la victime.
05:05Oui, alors il est vraiment bombardé de questions et il finit par évoquer la fâcherie entre sa mère et l
05:12'ancien directeur du restaurant La Réserve, l'italien Giuseppe Serena.
05:16Pour rappel, cinq ans avant la première tentative d'enlèvement, Jacqueline Vérac avait connu une mésaventure commerciale assez sérieuse avec
05:23Giuseppe Serena,
05:24l'italien auquel elle avait confié la direction de son très chic restaurant La Réserve.
05:29Ça s'était mal passé, mal terminé, il avait coulé l'affaire et il avait laissé une dette énorme qu
05:33'elle avait dû rembourser.
05:35Mais pour le fils, ça ne peut pas avoir de lien avec l'enlèvement de sa mère.
05:39Il dit même aux policiers, je ne pense pas qu'il nous en veuille à ce point-là.
05:43Grâce aux éléments donnés par la postière, est-ce que les policiers parviennent à remonter la trace de la fourgonnette
05:49qui a permis d'enlever Jacqueline Vérac ?
05:51Alors, pas à ce stade, mais évidemment, avec ce bout de numéro d'immatriculation, on le rappelle, CN177, ils vont
05:58consulter le fichier des cartes grises au cas où.
06:01Mais le modèle du véhicule en question est extrêmement répandu et surtout, ils ont le sentiment que cette voiture, elle
06:08a sans doute été volée et replaquée.
06:10Ils se lancent aussi dans des recherches massives sur la téléphonie.
06:13Oui, pourquoi ? Parce que lorsque les ravisseurs ont appelé le fils de Jacqueline Vérac avec le téléphone de celle
06:18-ci,
06:19ils ont forcément actionné une borne relais quelque part sur la route,
06:23ce qui peut donner une indication précise et précieuse sur leur localisation ou tout du moins sur leur direction de
06:29fuite.
06:35Quand la nuit tombe ce lundi 24 octobre, il n'y a toujours aucune trace des ravisseurs et de leurs
06:40otages.
06:41Gérard Vérac ne trouve pas le sommeil.
06:44À minuit 21, il envoie un SMS à destination du téléphone de sa mère, en espérant que les malfaiteurs l
06:50'ont encore en main.
06:51Il rédige ce message en deux langues, française et anglaise, ne sachant pas exactement quelle est la nationalité des hommes
06:58qui la détiennent.
06:59« Je vous en supplie, donnez-moi des nouvelles de ma mère, je suis très inquiet. »
07:04Il ne reçoit pas de réponse.
07:06Il renvoie un nouveau message le lendemain matin à 9h57.
07:11« Je suis prêt à vous donner de l'argent, des bijoux, tout ce que vous voulez, mais s'il
07:15vous plaît, donnez-moi des nouvelles. »
07:18Pendant qu'il tente de prendre contact avec les ravisseurs, les hommes de la police judiciaire sont toujours mobilisés.
07:30Damien, les enquêteurs font une découverte étonnante sur le véhicule de Jacqueline Vérac.
07:35Oui, vous vous souvenez, ce 4x4 de marque Toyota, il a été saisi par les policiers quelques minutes seulement après
07:41l'enlèvement,
07:41puis emmené au siège de la PJ pour être expertisé dans les locaux.
07:45Et ce mardi matin, c'est-à-dire moins de 24 heures après les faits,
07:49les policiers vont découvrir deux balises de géolocalisation qui ont été posées sous la voiture, sous la caisse de la
07:55voiture.
07:56Cela signifie donc que ceux qui s'en sont pris à Jacqueline Vérac la pistaient depuis plusieurs jours, sans doute
08:01pour repérer ses déplacements.
08:02On est donc face à quelque chose d'assez sophistiqué quand même.
08:06Et les enquêteurs ne tardent pas à faire une autre découverte capitale.
08:10Oui, parce qu'après avoir démonté ces deux balises, elles sont immédiatement disséquées, expertisées,
08:15et on s'aperçoit que les boîtiers sont connectés à des serveurs informatiques situés en Grande-Bretagne.
08:20Plus étonnant, les policiers vont remonter très vite jusqu'à l'acheteur de ces boîtiers,
08:25et la police réalise qu'elle connaît très bien son nom.
08:28C'est celui d'un niçois, un photographe de 45 ans qui s'appelle Luc Gourselas.
08:34Et qui est cet homme ?
08:35Alors, c'est un peu une figure locale.
08:36Il a travaillé pour le quotidien Nice Matin, mais aussi pour les pompiers.
08:40Il a même travaillé pour la police.
08:42Son surnom à Nice, c'est Tintin.
08:44Il s'est même essayé un temps au métier de paparazzi,
08:47qui lui a valu des ennuis assez importants avec la famille princière de Monaco.
08:51Donc, le profil de Gourselas, il est assez surprenant, assez iconoclaste.
08:55Alors, évidemment, ça ne fait pas de lui un criminel ou un suspect potentiel.
08:58Mais en tout cas, les enquêteurs de la police judiciaire,
09:00ils se demandent vraiment ce qu'il peut bien venir faire dans cette histoire de rapte.
09:04Pour la première fois, 24 heures après l'enlèvement de Jacqueline Vérac,
09:08les policiers tiennent une vraie piste.
09:09Ils ont un nom, en tout cas, ça c'est sûr.
09:11Donc, décision est prise immédiatement de placer Luc Gourselas sur écoute téléphonique.
09:16Et la brigade de recherche et d'intervention, la BRI, elle, elle est chargée de sa filature.
09:21En gros, il ne faut plus lâcher Tintin d'une semelle.
09:29Rapidement, la police judiciaire établit que Luc Gourselas est en lien fréquent ces jours-ci
09:34avec un certain Philippe Duton.
09:36C'est un Anglais de 46 ans qui vit de manière assez marginale.
09:40L'été, il surveille des plages privées la nuit après la fermeture.
09:44Il dort sur ces plages et le reste du temps, il est SDF.
09:48Il prétend avoir été militaire dans les forces spéciales anglaises
09:51et avoir effectué plusieurs missions dans des pays en guerre.
09:55Il raconte même qu'il a sauté sur une mine en Afghanistan.
09:58Un accident qui lui aurait laissé, selon lui, 57 fractures.
10:02Ce personnage intéresse aussi les enquêteurs parce qu'au téléphone,
10:07le mystérieux ravisseur avait un fort accent anglais.
10:10Les hommes de la BRI décident de resserrer les mailles du filet autour du duo.
10:14Le mercredi matin, alors qu'ils sont en surveillance devant le domicile de Tintin,
10:20ils le voient sortir de chez lui et monter à bord d'une voiture.
10:23Au volant, Giuseppe Serena, le restaurateur italien
10:27qui s'était brouillé avec Jacqueline Verac après la faillite du restaurant La Réserve.
10:31La connexion est donc faite entre Serena et Tintin.
10:35Les policiers ont désormais la certitude qu'il a participé,
10:39de près ou de loin, au rapte de la milliardaire.
10:45Damien, les policiers choisissent de ne pas intervenir.
10:49Oui, bien sûr, parce qu'à cet instant,
10:50ils ne savent toujours pas où se trouve Jacqueline Verac, la victime,
10:54mais ils sont persuadés qu'ils s'en approchent.
10:56Surtout, ils constatent lors de leur filature
10:58la nervosité de Tintin qui va aller rendre visite à un ami,
11:03un policier niçois à la retraite,
11:04qui vit tout près du siège de la police judiciaire
11:07et auquel Tintin va expliquer qu'il doit absolument s'introduire
11:10dans la cour du commissariat.
11:11Alors, il n'a plus forcément ses entrées sur place comme à une certaine époque,
11:15mais il pense proposer à la hâte un reportage photographique
11:18sur la vétusté des locaux.
11:19En fait, on voit bien que Goursolas, alias Tintin,
11:22il n'a qu'un objectif,
11:23il espère encore pouvoir récupérer
11:25les fameuses balises de géolocalisation
11:27qui sont sous la voiture de Jacqueline Verac.
11:29Il ignore que les policiers ont mis la main dessus
11:31et les ont déjà décortiquées.
11:33Et que c'est pour ça que la BRI est assez basse
11:35que nuit et jour depuis.
11:39Il est midi 30 précise, ce mercredi 26 octobre 2016.
11:44Cela fait maintenant 48 heures que Jacqueline Verac a été enlevée.
11:48Alors que les taux se resserrent,
11:50autour du trio Serena-Goursolas-Duton,
11:53les policiers reçoivent un appel
11:55venant de riverains d'une sente isolée,
11:57située sur les hauteurs de Nice.
11:59Ils racontent qu'ils viennent de libérer une femme âgée
12:02qui criait au secours et qui était seule,
12:04à l'intérieur d'une fourgonnette blanche.
12:06Un homme qui promenait son chien
12:08s'était d'abord approché de cet utilitaire,
12:11intrigué de voir une plaque minéralogique
12:12à moitié détachée à l'arrière,
12:14avec une autre en dessous,
12:15ne supportant pas les mêmes numéros.
12:17En quelques minutes,
12:19une première patrouillée sur place
12:20et les secours prennent en charge cette dame.
12:23C'est bien Jacqueline Verac.
12:28Ses poignées et ses chevilles
12:29portent des traces de lien
12:31qui lui ont entaillé la peau.
12:32Elle est fatiguée
12:33et un peu hébétée
12:35lorsque les pompiers la prennent en charge
12:36pour la transporter à l'hôpital.
12:38La police technique et scientifique
12:40se met tout de suite au travail
12:41autour de la fourgonnette blanche,
12:43la prison sur pneumatique
12:44de Jacqueline Verac depuis deux jours.
12:47Des agents qui sécurisent
12:48leur intervention dans cette sente
12:49aperçoivent un 4x4 Nissan s'approcher
12:52avant de faire brusquement demi-tour.
12:55Manœuvre maladroite
12:56et suffisamment suspecte
12:58pour que les policiers
12:59décident de contrôler
13:00les occupants de cette voiture.
13:02Ils sont trois
13:03et semblent assez tendus.
13:05L'un est une vieille connaissance
13:07de la police locale
13:08et bien qu'il donne d'abord
13:09une fausse identité,
13:11les agents finissent par le démasquer.
13:13Il s'appelle Ali Guéfaz,
13:15surnommé Ali les yeux bleus.
13:18Sa présence dans ce lieu isolé,
13:19à quelques mètres de l'endroit
13:21où vient d'être récupéré Jacqueline Verac,
13:23est pour le moins suspecte.
13:25Il est interpellé
13:26avec les deux autres occupants
13:28du 4x4 et placé en garde à vue.
13:31La milliardaire désormais à l'abri
13:33est sauvée.
13:34Les enquêteurs décident aussi
13:36d'arrêter le trio
13:37Serena-Gourcelas-Duton
13:38quelques minutes plus tard.
13:40Les policiers ne le savent pas encore,
13:42mais ils viennent de neutraliser
13:44les cerveaux et les exécutants du rapte.
13:50A la une, ce soir,
13:52la millionnaire niçoise
13:53s'en est sauve
13:54après son kidnapping avant-hier.
13:56Jacqueline Verac a été retrouvée
13:57ligotée à bord d'une fourgonnette,
13:59mais le mystère demeure
14:01concernant ses ravisseurs
14:02et le mobile de l'enlèvement.
14:05Damien, pendant ce temps,
14:07Jacqueline Verac est auditionnée
14:08à l'hôpital par les policiers,
14:10auxquels elle va raconter
14:11ses deux jours de séquestration.
14:13Et la première chose
14:14qui les surprend,
14:15c'est l'extrême vivacité d'esprit
14:17et le sang-froid de cette femme
14:18qui a quand même 76 ans
14:20et qui vient de passer 48 heures
14:22enfermée à l'arrière
14:23d'une fourgonnette.
14:24Elle va raconter que
14:25dès son enlèvement le lundi midi,
14:27elle s'est concentrée
14:28pour calculer le temps
14:29pendant lequel la voiture avait roulé.
14:31Elle l'estime,
14:32ce temps, à environ 30 minutes.
14:34Elle décrit ensuite
14:35comment elle était entravée
14:36au niveau de ses jambes
14:37et de ses poignets.
14:38Elle a aussi refusé
14:40de prendre un comprimé pour dormir
14:42que lui a tendu
14:43un des ravisseurs.
14:44Elle dit aussi
14:45qu'elle a essayé
14:45d'avoir une forme
14:46de communication avec eux
14:47mais lorsqu'elle leur a posé
14:48des questions,
14:49elle n'a obtenu
14:50qu'une seule réponse.
14:51On était chargés
14:52de vous enlever,
14:53c'est notre travail.
14:54Elle raconte aussi
14:55avoir tenté
14:56à plusieurs reprises
14:57d'attirer l'attention
14:59d'éventuels passants.
15:00Oui, souvent,
15:00lorsque la fourgonnette
15:01s'est arrêtée
15:02à de nombreuses reprises
15:03pendant ses 48 heures,
15:05elle a essayé
15:05de taper avec ses pieds
15:07contre la carrosserie
15:07pour attirer
15:08l'attention
15:09d'éventuels passants.
15:10Simplement,
15:10ça ne plaisait évidemment
15:11pas à ses géoliers
15:12donc en guise de représailles,
15:13on lui a resserré
15:15les liens à chaque fois
15:16jusqu'à lui entailler
15:17la peau,
15:17notamment la peau
15:18des poignets.
15:19Elle raconte en fait
15:20les 48 heures
15:20qui se sont passées.
15:21Elle a refusé
15:22les sandwiches
15:23qu'on lui proposait
15:24pour manger.
15:25Elle a juste fait
15:26une demande,
15:26une requête
15:27auprès de ses ravisseurs,
15:28c'était d'avoir
15:29un saut d'aisance
15:30pour uriner.
15:31On lui a refusé.
15:33Donc,
15:33elle va raconter
15:34tous ces détails
15:35et elle va surtout expliquer
15:36aux policiers
15:36qu'elle est toujours
15:37resté à l'affût.
15:39Et le mercredi midi,
15:40donc,
15:40elle comprend
15:41que la donne a changé.
15:42Oui,
15:42comme elle est très attentive
15:44et elle attend
15:44la moindre occasion,
15:46elle sent,
15:46elle a l'impression
15:47que ses géoliers
15:47ont quitté la fourgonnette
15:48à l'avant
15:49et qu'ils l'ont laissé
15:49seul à l'arrière.
15:50Donc,
15:51elle décide
15:51de passer à l'offensive
15:52à ce moment-là.
15:53Elle va réussir
15:54à desserrer ses liens,
15:56à retirer la couverture
15:58que les ravisseurs
15:58avaient placées
15:59entre l'avant
16:00et l'arrière du véhicule
16:01pour lui empêcher
16:02à la fois de voir
16:03ce qui se passait dehors
16:04et surtout d'être vue.
16:05Et c'est là
16:06qu'elle comprend
16:06qu'elle a sa chance,
16:07elle est toute seule
16:07dans la fourgonnette.
16:09Elle va taper
16:09de toutes ses forces
16:10avec ses pieds
16:11jusqu'à attirer
16:12l'attention
16:13du fameux promeneur
16:14avec son chien.
16:19Pendant ce temps
16:20en garde à vue,
16:21les membres de l'équipe
16:22sont interrogés séparément.
16:24Giuseppe Serena
16:25nie toute implication
16:27dans l'enlèvement.
16:28Mais dans une pièce voisine,
16:29l'anglais Philippe Duton
16:31se met à table
16:31et livre de précieux éléments
16:33aux policiers.
16:34Il faut dire
16:35que les policiers
16:35ont une pièce essentielle
16:37contre l'anglais.
16:38Le fameux ADN inconnu,
16:39retrouvé sous les ongles
16:41de Jacqueline Vérac
16:41après sa première agression
16:43en 2013,
16:44est le sien.
16:46Peu à peu,
16:47les enquêteurs
16:47reconstituent le puzzle
16:49de ce complot
16:49qui prend sa source
16:50dans les désirs
16:51de vengeance de Serena.
16:53Depuis 2008
16:53et la faillite
16:54du restaurant La Réserve,
16:56il rumine sa haine
16:57à l'égard de Jacqueline Vérac
16:58qui a pourtant payé
16:59les dettes
17:00qu'il avait lui-même contractées.
17:02Au début de l'année 2013,
17:03il reprend contact
17:04avec un vieil ami italien,
17:06un certain Enrico.
17:08Il lui rend visite
17:09sur l'île anglo-normande
17:10de Jersey.
17:11Sur ce bout de terre
17:12constellé de banques
17:13et de sociétés offshore,
17:15lui est gardien de chapelle.
17:16Il vit chichement
17:17dans un centre d'accueil
17:18pour les démunis.
17:20Serena a un travail
17:21à lui proposer.
17:22Une femme,
17:23très fortunée,
17:24lui doit de l'argent
17:25et elle refuse
17:26de le lui rendre.
17:27Il projette donc
17:28de l'enlever
17:29et de demander
17:29une rançon.
17:31Enrico lui présente
17:32alors un ami
17:32qui est aussi son voisin
17:33de chambre à Jersey.
17:35C'est Philippe Duton,
17:36l'anglais soi-disant
17:37ancien militaire
17:38dans les forces spéciales,
17:39qui a aussi échoué
17:40sur cette île
17:40où il vit
17:41de petits boulots
17:41de charpentiers.
17:43Enrico et Duton
17:45acceptent de participer
17:46au projet criminel
17:47de Serena
17:47qui leur promet
17:48qu'ils seront
17:49grassement payés.
17:51Enrico doit être
17:52le chauffeur
17:52et le logisticien
17:53et Duton
17:55une sorte de consultant.
17:57A l'été 2013,
17:58il débarque
17:59sur la côte d'Azur
18:00pour rejoindre Serena.
18:01Il font les repérages
18:02près du domicile
18:03de Jacqueline Verac
18:04et dégotent aussi
18:05une maison
18:05près de la frontière italienne
18:07qui doit servir
18:07de prison à l'héritière
18:08jusqu'au versement
18:10de la rançon
18:10qui sera fixée
18:11à 10 millions d'euros
18:13d'après les dires
18:13de Serena.
18:14La suite est connue.
18:16Le lundi 9 décembre 2013,
18:18leur tentative
18:19d'enlèvement échoue.
18:21Comme ils ne sont pas
18:21inquiétés par la police,
18:23ils n'abandonnent pas
18:23le projet.
18:24Ils se mettent au vert
18:25quelques mois.
18:26Enrico repart à Jersey
18:27tandis que Duton
18:28passe plusieurs mois
18:29en Bulgarie
18:30chez son ex-femme.
18:32Giuseppe Serena,
18:33lui,
18:33n'abandonne
18:34ni l'abbé des Anges
18:35ni ses projets
18:36de vengeance.
18:37Dès 2015,
18:38il s'emploie
18:39à reconstituer
18:40une équipe.
18:40Plus étoffée cette fois.
18:42Duton réapparaît,
18:44Enrico aussi,
18:45fiché d'un autre Italien,
18:46plus jeune,
18:48prénommé
18:48Amedeo.
18:54Damien,
18:55un grain de sable
18:56vient perturber
18:57les ambitions
18:58de Giuseppe Serena.
18:59La santé d'Enrico
19:01se dégrade.
19:02Il a des problèmes
19:02cardiaques,
19:03il souffre de diabète,
19:04d'arthrite
19:05et d'insuffisance rénale.
19:06Il doit donc être hospitalisé.
19:08Pire,
19:09il va être amputé
19:10de la jambe gauche.
19:11Alors,
19:12comme il était pressenti
19:13pour être le chauffeur
19:14de l'équipe des ravisseurs,
19:16Enrico,
19:16l'unijambiste,
19:17il ne peut plus
19:17être l'homme de la situation.
19:19Donc,
19:20Serena va devoir trouver
19:21autre chose.
19:21Mais il a de la ressource
19:22parce que,
19:22alors qu'il va rendre visite
19:23à Enrico
19:24au centre Helio Marin
19:26de Valoris
19:26où il est en rééducation
19:27après son opération,
19:29Serena va faire la connaissance
19:30d'un certain Salim,
19:31un homme qui est là aussi
19:32parce qu'il se remet
19:33d'un accident de la route
19:34assez grave.
19:35Mais ce n'est pas tellement ça
19:36qui va intéresser Serena,
19:37c'est surtout le fait
19:38que Salim,
19:39il a un casier judiciaire
19:40et des connexions
19:41avec pas mal de voyous
19:42des cités niçoises.
19:43Donc,
19:44Serena va lui parler
19:45de son projet d'enlèvement
19:46et Salim va accepter
19:48de lui trouver
19:48une équipe chargée
19:50de constituer
19:51et même de renforcer
19:51le commando.
19:53Cette équipe,
19:53elle sera donc dirigée
19:54et phase,
19:55dit Ali les yeux bleus,
19:56c'est lui qui sera arrêté
19:57tout près de l'endroit
19:58où Jacqueline Vérac
19:59a retrouvé la liberté.
20:01Et le fameux
20:01Luc Gourselas
20:03alias Tintin,
20:04quel a été son rôle exactement ?
20:05Tintin,
20:06il avait la réputation
20:07d'être une sorte de geek,
20:08quelqu'un qui maîtrise bien
20:09les nouvelles technologies.
20:11Donc,
20:11c'est à lui
20:12qu'on s'est adressé
20:13pour trouver
20:13les fameuses balises
20:14de géolocalisation
20:15qui devaient être utilisées
20:16pour pister Jacqueline Vérac
20:18dans ses déplacements.
20:19Serena lui avait passé commande
20:20en fait
20:20de cet aspect-là
20:21de l'enlèvement.
20:28Tout le monde l'attendait,
20:29elle ne s'est pas montrée.
20:30À 80 ans,
20:31Jacqueline Vérac,
20:32héritière du restaurant
20:33La Réserve à Nice
20:34et du Grand Hôtel à Cannes,
20:35n'assiste pas
20:36à l'ouverture
20:37très médiatisée
20:38du procès de 13 personnes
20:39soupçonnées
20:40d'avoir commandité,
20:41préparé
20:42et exécuté
20:42son enlèvement
20:43il y a 4 ans.
20:4613 hommes,
20:47au total,
20:48sont renvoyés
20:48aux assises en 2021
20:49pour la tentative
20:50d'enlèvement de 2013
20:52puis le rapte
20:53de 2016.
20:54Giuseppe Serena,
20:55désigné comme le cerveau,
20:57a toujours nié.
20:58Tous condamnés,
20:59ils font appel.
21:01À Aix-en-Provence,
21:03l'année suivante,
21:04des problèmes cardiaques
21:05empêchent Giuseppe Serena
21:07de comparaître
21:07alors qu'il a été remis
21:08en liberté
21:09justement à cause
21:10de son état de santé.
21:11Les jurés
21:12sont plus sévères.
21:14Serena,
21:15Duton
21:15et Ali Les Yeux Bleus
21:16sont condamnés
21:17à 18 ans de prison.
21:19La peine la plus lourde
21:20étant réservée
21:21à un des geôliers
21:22surnommé Sandant
21:23qui écope de 20 ans.
21:25À la barre,
21:26Jacqueline Vérac
21:26reste très digne.
21:28« Je ne comprends pas
21:29cette haine »,
21:29dit-elle.
21:30Puis elle avoue
21:31que depuis,
21:32sa vie a changé.
21:33Je suis moins insouciante
21:34maintenant.
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21:55Crime Story,
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