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  • il y a 4 heures
Rachel, une jeune mère de famille, se réveille en pleine nuit et voit dans sa chambre un homme qui la vise avec une arme à feu. À quelques centimètres d’elle, son mari dort. 

Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien. 

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archives : ICI Alsace.

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News
Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:14Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés alors qu'il...
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delceny.
00:23Et je vous rappelle que jusqu'au 14 juillet, Crime Story est en partenariat avec France Télévisions qui met en
00:29ligne 4 films inspirés par des faits divers.
00:32Vous pouvez en retrouver la liste directement sur la plateforme France TV.
00:40Bonjour Damien.
00:41Bonjour Claudia.
00:41Aujourd'hui dans Crime Story, l'affaire Autran.
00:44Une femme surprise dans son lit par un tueur mystérieux en pleine nuit, le début d'une enquête aux conséquences
00:51à peine croyables.
00:55Le samedi 6 avril 2013, le SAMU d'Alaise dans le Gard est appelé au beau milieu de la nuit.
01:00A l'autre bout du fil, un homme les informe que quelqu'un s'est introduit chez lui et a
01:05tiré à bout portant sur sa compagne alors que le couple était au lit.
01:09En 8 minutes, les secours sont sur place et ils interviennent pour tenter de sauver Rachel.
01:15Mais la femme de 34 ans a été atteinte par 3 balles.
01:18La première a traversé sa poitrine, la deuxième est entrée dans sa jambe, la troisième a causé de gros dégâts
01:25au niveau de son mollet.
01:27Rachel a déjà perdu beaucoup de sang, mais elle est toujours consciente.
01:31Sirène hurlante, l'ambulance prend la route de l'hôpital.
01:34Quand elle arrive sur le parking des urgences, les médecins sont prêts à recevoir cette patiente grièvement blessée.
01:40Une dizaine de personnes s'agitent autour de Rachel qui est rapidement transfusée puis opérée.
01:45Le lendemain, contre toute attente, elle se réveille en se souvenant parfaitement de ce qui s'est passé.
01:52Et elle n'a qu'une idée en tête, revoir son futur fiancé au plus vite et surtout leur bébé,
01:58un petit garçon âgé de 8 mois qui dormait dans la chambre d'à côté.
02:02Mais Rachel doit d'abord guérir et répondre au policier du SRPJ, le service régional de police judiciaire de Montpellier.
02:09Il souhaite l'interroger sur son lit d'hôpital.
02:11Pour les enquêteurs, au vu de ce que la victime décrit, il ne fait aucun doute que le tireur voulait
02:17s'en prendre à elle personnellement.
02:19La thèse du cambriolage qui a mal tourné, immédiatement mise sur la table, est finalement écartée.
02:25Sinon, comment expliquer que le malfrat se soit acharné sur elle et qu'il ne s'en soit pas pris
02:29du tout à Fabrice Autrant, son futur mari qui dormait à côté d'elle, ou à leur bébé ?
02:35Rachel n'en a pas la moindre idée.
02:37Elle se souvient que la journée précédente, le vendredi 5 avril, elle n'était pas dans son assiette.
02:42Peut-être parce qu'une réunion de famille était prévue deux jours plus tard et que la perspective de voir
02:47sa belle-mère, avec laquelle elle entretient des relations compliquées, l'a stressée.
02:52Peut-être aussi parce que, de manière plus générale, la vie de famille, le quotidien, était difficile à gérer pour
02:58Rachel et Fabrice depuis la naissance de leur fils.
03:01Toujours est-il que ce jour-là, Rachel se met au lit assez tôt et s'endort vite.
03:08Damien, au milieu de la nuit, vers 2h du matin, la lumière s'allume dans la chambre de Rachel et
03:13Fabrice.
03:13Et ça réveille immédiatement Rachel qui va d'abord penser, en sortant de son sommeil, que c'est une défaillance
03:19électrique, que la lumière s'est rallumée un peu par inadvertance.
03:22Elle va se redresser dans son lit, ouvrir les yeux, et là, elle va voir, au bout de son lit,
03:27un homme, tout habillé en noir et qui va, en quelque sorte, se jeter sur elle.
03:31Elle va même, dans un réflexe de défense, prendre son oreiller dans la main pour essayer de se protéger.
03:36L'homme va lui hurler de ne pas bouger, il pointe son arme sur elle et il tire une première
03:42balle qui l'atteint à la poitrine.
03:43Tout ça dure évidemment seulement quelques secondes, donc Rachel est blessée et elle se tourne vers Fabrice, qui lui, en
03:51fait, est en train de dormir.
03:52Oui, malgré la scène qu'on vient de décrire, sans doute il y a de la lumière, il y a
03:56quand même du bruit, un coup de feu.
03:58Lui, il dort et quand elle le secoue dans un geste de désespoir pour chercher de l'aide, elle n
04:02'arrive pas à le réveiller.
04:04Alors, en plus, ils n'ont pas du tout la même carrure.
04:06Rachel, c'est une femme de petite taille, qui est assez fine.
04:09Fabrice, au contraire, c'est un grand gaillard, assez massif.
04:12Donc, elle a du mal, elle remue, elle secoue et elle est un peu prise en étau, en fait, entre
04:17ce compagnon qui ne veut pas se réveiller et l'homme qui tente toujours de s'en prendre à elle.
04:23Finalement, elle va réussir, dans ses gestes de désespoir, à faire basculer son mari, qui va tomber, en fait, en
04:29bas du lit.
04:29Et là, il va se réveiller.
04:31Rachel, au même moment, essaie de raisonner à l'homme qui vient de lui tirer dessus.
04:34Elle lui dit de prendre l'argent, les bijoux, tout ce qu'il veut dans la maison, mais de la
04:38laisser vivante et de partir, en réalité.
04:41Et lui, comme seule réponse, il va tirer un nouveau coup de feu.
04:44Il va d'ailleurs la toucher à deux reprises à la jambe et ensuite, il disparaît.
04:50Rachel explique aux enquêteurs qu'à ce moment-là, elle se dit qu'elle a fait une erreur, puisqu'elle
04:54a indiqué à l'homme la présence d'un bébé dans la maison.
04:57Oui, elle craint à postérieure d'avoir mis son enfant en danger, mais quand Fabrice va aller vérifier après le
05:04départ de l'agresseur, il va constater que leur fils va bien, qu'il est toujours dans son lit.
05:09Et donc, c'est après qu'ils vont appeler l'escours.
05:14Quelques jours plus tard, Rachel est autorisée à sortir de l'hôpital.
05:18Les médecins lui avaient d'abord annoncé que sa convalescence durerait plusieurs semaines, mais au bout de quatre jours, il
05:24constate que son état s'est considérablement amélioré.
05:26Elle peut rentrer chez elle, retrouver son quotidien avec Fabrice et leur fils.
05:31Rachel est soulagée de cette nouvelle.
05:33Mais de retour chez elle, elle est aussi terrorisée, convaincue que cette personne, qui a voulu la tuer, ne s
05:39'arrêtera pas là.
05:40Elle craint que l'homme en noir ne revienne pour finir le travail, comme elle dit.
05:45Avec son fiancé Fabrice, Rachel décide donc de transformer la maison en forteresse.
05:50Ils installent des caméras de vidéosurveillance dans la maison et dans le jardin.
05:54Ils surélèvent le mur d'enceinte, en haut duquel ils fixent des tessons de bouteilles.
05:58Ils mettent des alarmes à l'intérieur de la maison et ils prévoient même, dans une pièce, tout ce qu
06:03'il faut pour pouvoir patienter plusieurs heures cachées, si besoin, en attendant l'arrivée des secours.
06:09Il y a là un chargeur de téléphone, des couches, des biscuits, des jouets, du lait.
06:13Bien sûr, entre Fabrice et Rachel, la tentative d'assassinat qu'ils ont vécu alimente toutes les conversations.
06:20Rachel fouille sa mémoire pour savoir si elle n'a pas eu une altercation avec quelqu'un qui voudrait désormais
06:25l'éliminer.
06:26Il y a bien eu cet homme qui lui a grillé la priorité quelques jours avant et qu'elle avait
06:30klaxonné.
06:31L'hypothèse lui semble être à la fois la plus crédible et totalement absurde.
06:35Qui, après avoir été klaxonné, met en place un plan aussi machiavélique et aussi compliqué pour se venger ?
06:42Pour Fabrice, la réponse est peut-être à chercher ailleurs.
06:45Plus loin, dans le passé de Rachel, quand elle était enfant.
06:49À trois ans, Rachel et sa petite sœur ont été placés par l'ASE, l'aide sociale à l'enfance,
06:54en famille d'accueil.
06:55Elles grandissent chez un couple charmant qui s'occupe en tout de douze enfants.
06:59Elles adorent ce foyer accueillant, cette famille de substitution, ses nombreux nouveaux frères et sœurs.
07:05Les parents d'accueil sont très investis.
07:07Ils emmènent leur ribambelle d'enfants placés en vacances, les nourrissent à leur faim et leur ouvrent de nouveaux horizons.
07:13Devenue adolescente, Rachel a toutes les cartes en main pour voler de ses propres ailes.
07:17D'origine sicilienne, elle rêve de vivre près de la mer, d'aller à la plage le week-end, de
07:22profiter du soleil presque chaque jour de l'année.
07:25Une fois majeure, elle devient assistante médicale à la médecine du travail et formatrice en secourisme et elle s'installe
07:31à Perpignan, dans le sud.
07:34C'est là qu'elle rencontre Fabrice, qu'il tombe fou amoureux et qu'il décide d'emménager ensemble et
07:38de se marier.
07:42Damien, pour Fabrice, c'est peut-être les relations du père de Rachel qui expliquent ce qu'elle vient de
07:47vivre.
07:48Alors, si Rachel, on l'a dit, a été placée quand elle était très jeune, c'est parce que sa
07:53mère avait des troubles importants
07:55et que son père souffrait d'addiction et se livrait parfois à divers trafics.
08:00À ce moment-là, au moment où elle est attaquée, Rachel, elle n'a plus de contact avec son père,
08:05mais son compagnon, Fabrice Autran, suppose que peut-être le père biologique de Rachel,
08:11qui était dans les trafics, a eu des problèmes, une dette à régler, quelque chose de ce genre,
08:16et qu'on a décidé, finalement, de s'en prendre à Rachel, de s'en prendre à sa fille pour
08:20le frapper, lui.
08:21Fabrice Autran évoque aussi une autre hypothèse, celle qu'un ancien conjoint de la sœur de Rachel,
08:27connu pour être violent, aurait voulu s'en prendre à elle.
08:30Oui, alors, c'est pareil, c'est encore une piste familiale, un peu indirecte par rapport à Rachel.
08:34En fait, Fabrice Autran, il cherche absolument à comprendre ce qui a pu se passer.
08:39Et donc, comme Rachel, chaque membre de leur entourage, finalement, actuel ou passé, peut devenir suspect.
08:45Mais Rachel, elle n'est pas convaincue par les hypothèses que formule son compagnon.
08:50Elle se dit même qu'en fait, c'était peut-être lui la cible,
08:53et qu'en la visant elle, c'est à lui qu'on voulait s'en prendre.
08:56Oui, parce que Fabrice Autran, il a travaillé pendant un temps dans le milieu du traitement des déchets.
09:02Le milieu du traitement des déchets, c'est un milieu qui peut être parfois un peu compliqué.
09:06C'est un milieu concurrentiel dans lequel le crime organisé essaye souvent de mettre sa patte,
09:11notamment pour du racket ou pour du blanchiment d'argent.
09:15Alors, en Italie, c'est carrément la mafia qui a pris le contrôle de la gestion des déchets dans les
09:20années 70.
09:21En France, ça n'est pas encore le cas, mais on sait que le crime organisé s'intéresse depuis longtemps
09:26à la gestion des déchets.
09:27Alors, est-ce que Fabrice Autran, dans son passé, a eu maille à partir avec des voyous,
09:32qui se seraient intéressés à ce marché de déchets ?
09:34C'est une des questions qui se posent.
09:36Dans le passé professionnel de Fabrice Autran, il y a une autre activité, alors tout à fait différente,
09:41qu'il a pratiquée, qui peut aussi expliquer de se faire quelques ennemis,
09:44c'est qu'il a été gérant d'une boîte de nuit, qu'il a vendu ensuite à d'autres
09:49propriétaires.
09:50Et cette vente, on va le dire, elle ne s'est pas très très bien passée.
09:54Donc, est-ce que dans le passé de Fabrice Autran, il a pu ou pas se faire des ennemis,
09:58en tout cas des ennemis suffisamment revanchards, pour venir s'en prendre à sa femme des années plus tard ?
10:07De leur côté, les policiers ne donnent pas beaucoup de nouvelles de l'avancée de l'enquête.
10:11Non, ils n'ont pas encore trouvé le tireur. Et oui, ils le cherchent toujours.
10:16Cette réponse n'est pas satisfaisante pour Rachel et Fabrice,
10:18et les questions des policiers commencent même à devenir un peu agaçantes.
10:22Ils veulent savoir si Rachel avait des amants.
10:25Ils laissent planer des suppositions, et elle a du mal à l'accepter.
10:28Le juge d'instruction lui confirme que l'enquête suit son cours,
10:32que de nouvelles analyses doivent avoir lieu, et qu'elle doit être patiente.
10:35Rachel le croit.
10:37Elle compte énormément sur le travail des enquêteurs,
10:39et elle espère bien que grâce à eux, elle finira par avoir le fin mot de l'histoire.
10:44Quelques semaines après l'agression,
10:45elle est mise au courant qu'une voiture suspecte, avec deux hommes à son bord,
10:49avait été vus en train de rôder dans le quartier.
10:52C'est ce que des voisins du couple ont rapporté à la commandante Florence Bouteau
10:56et son groupe de quatre policiers travaillant sur l'affaire.
10:59Un portrait robot permet d'identifier rapidement l'un des deux hommes de la voiture.
11:03Il est connu pour cambriolage,
11:05et possède une arme qui pourrait correspondre à celle du crime.
11:09Rachel espère que l'arrestation du coupable est imminente.
11:11Elle tente de reprendre sa vie,
11:13programme une date de mariage avec Fabrice,
11:15puisque ce projet, déjà prévu une première fois,
11:18a dû être reporté suite à l'arrivée de leur bébé.
11:21Mais les enquêteurs finissent par informer la jeune femme
11:23que la piste qu'ils croyaient tenir est finalement écartée.
11:27Retour à la case départ, Rachel doit encore attendre.
11:31En décembre 2013, neuf mois après la tentative d'assassinat,
11:35la victime est contactée par téléphone par une des policières chargées de l'enquête.
11:38« Nous avons arrêté la personne », lui dit-elle.
11:41« Mais ce n'est pas terminé. Nous en recherchons une deuxième. »
11:47Damien, Rachel ne réagit pas vraiment à cette annonce.
11:50Elle est un peu sidérée, et elle appelle Fabrice pour le prévenir.
11:53Oui, on imagine ça un peu sa surprise,
11:55parce qu'elle s'est tenue au courant longtemps,
11:57l'enquête semblait ne pas progresser.
11:59D'un seul coup, on lui annonce par un coup de téléphone
12:01que le tireur viendrait être arrêté.
12:03En même temps, on lui dit « mais il y a une deuxième personne à aller chercher ».
12:05Donc, elle va tout de suite appeler son compagnon Fabrice
12:09et lui répéter ce que vient de lui dire l'enquêtrice au téléphone.
12:12Et puis bon, ensuite, elle va en quelque sorte continuer sa journée.
12:15Elle va s'occuper de son fils, elle va partir faire des courses.
12:18Et quand elle rentre de ses courses avec son fils,
12:21il y a un policier du SRPJ qui l'attend devant chez elle.
12:25Il s'avance vers elle et il lui dit
12:27« on a placé votre compagnon Fabrice Autran en garde à vue ».
12:31Rachel tombe des nues et lui explique qu'ils font absolument fausse route.
12:35Oui, alors elle ne comprend rien du tout.
12:37Le policier va en profiter quand même pour lui reposer beaucoup de questions,
12:40pour l'interroger sur son compagnon.
12:42Elle ne comprend pas du tout le sens de ce nouvel interrogatoire.
12:45Rachel, elle dit juste, elle répète juste au policier
12:47qu'ils sont en train de faire une erreur monumentale.
12:51Elle va même contacter un avocat via des connaissances
12:54pour prévenir qu'elle est dans cette situation-là,
12:56que son compagnon vient d'être placé en garde à vue dans sa propre tentative d'assassinat
13:01et qu'elle et Fabrice ont besoin d'aide.
13:04La garde à vue peut durer jusqu'à 48 heures
13:06et donc Rachel attend tout ce temps-là.
13:09Elle attend sans avoir réellement d'informations au début.
13:12Et puis, dans la soirée, son téléphone sonne.
13:16Alors elle espère évidemment qu'on va enfin lui apporter la bonne nouvelle,
13:20que son compagnon est relâché, qu'il va rentrer à la maison.
13:22C'est peut-être même lui qui appelle.
13:24Bah non, au téléphone, c'est la policière,
13:27qu'elle avait déjà eue précédemment,
13:28qui lui avait annoncé que le tireur avait été arrêté,
13:32qui va lui demander si elle est dans de bonnes conditions
13:36pour entendre ce qu'elle a à lui dire.
13:38Et là, elle va lui lâcher.
13:40Fabrice Autran est passée aux aveux.
13:43C'est bien lui qui a tout commandité.
13:47En contactant Rachel pour lui dire qu'un premier homme avait été arrêté,
13:51la police tendait en fait un piège à Fabrice Autran.
13:54Au début de l'enquête, les policiers ont retrouvé au pied du lit du couple
13:58un sac plastique que ni Rachel ni Fabrice n'avaient déjà vu.
14:02Ils ont supposé que ce sac appartenait au tireur
14:04et ont précieusement gardé l'objet,
14:06qui s'est en effet révélé déterminant.
14:09Sur ce sac plastique,
14:10la police scientifique a prélevé et isolé un ADN.
14:14Puis ils l'ont passé dans le FNAEG,
14:15le fichier national automatisé des empreintes génétiques,
14:18pour voir s'il correspondait aux empreintes d'un individu déjà enregistré.
14:22C'est le cas.
14:24Cet ADN est celui d'un certain Mourad Bouhabida,
14:28un agent de sécurité de 43 ans,
14:30déjà connu donc des services de police.
14:32Il a déjà été arrêté,
14:34et même condamné,
14:35pour travail dissimulé dans des sociétés qu'il avait créées.
14:39Selon les policiers,
14:40ils tiennent donc le tireur.
14:42Mais l'enquête s'accélère,
14:43et prend un tour inattendu,
14:44quand les enquêteurs découvrent qu'il existe un lien
14:46entre Mourad Bouhabida et Fabrice Autran.
14:50Les deux hommes se sont rencontrés une dizaine d'années plus tôt,
14:53à l'époque où Fabrice Autran était propriétaire d'une boîte de nuit à ALS.
14:56Il avait alors engagé Mourad Bouhabida comme agent de sécurité.
15:05Damien Delsenis,
15:06les enquêteurs ont trouvé dès le début
15:08que le rôle joué par Fabrice Autran cette nuit-là était un peu étrange.
15:12Les policiers vont quand même trouver assez curieux,
15:15surprenant,
15:16qu'il n'ait pas été réveillé
15:18par ce qui s'est passé dans un premier temps.
15:20La lumière qui s'allume,
15:21le premier coup de feu,
15:22probablement sa femme qui se débat,
15:24puis qui d'ailleurs essaie de le secouer lui pour qu'il se réveille.
15:26Et tout ça, ça ne va pas le réveiller,
15:28il va se réveiller uniquement quand il va tomber du lit
15:30et que sa femme le pousse déjà depuis un certain temps.
15:33Donc, les policiers posent quand même deux, trois questions
15:35sur ce comportement de Fabrice Autran cette nuit-là,
15:38et ils vont décider de le placer sur écoute téléphonique.
15:40Ils l'ont aussi trouvé très étrange quand ils l'ont rencontré.
15:43Oui, quand ils l'ont simplement entendu comme témoin,
15:46comme conjoint de la victime.
15:47Et à l'époque,
15:48ils ont remarqué qu'il avait un comportement plutôt froid,
15:52presque impassible,
15:53qu'il sentait même ne pas se sentir très concerné
15:57par ce qui s'était passé,
15:58sans émotion apparente.
16:00Après huit mois d'enquête,
16:01les policiers ont établi le probable scénario criminel,
16:05mais ils ont besoin d'obtenir des aveux.
16:06Ils vont d'abord décider d'arrêter Mourad Bouabida,
16:10mais ce dernier va tout nier en bloc.
16:13Alors, les enquêteurs vont déclencher une sorte de plan B
16:15qu'ils vont mettre à exécution.
16:17Ils vont décider de contacter Rachel, la victime,
16:21pour lui dire qu'ils ont trouvé un suspect.
16:23C'est ce fameux coup de fil qui lui est passé pour lui dire
16:25« Voilà, madame, on a identifié la personne qui vous a tiré dessus,
16:29mais on en cherche un autre. »
16:32Et en fait, en disant ça à Rachel,
16:34ils attendent en quelque sorte,
16:35ils tendent un piège pour voir ce qui peut se passer.
16:37Ils espèrent que Rachel va en parler à Fabrice Autran
16:40et que ça va déclencher chez lui une réaction
16:43qui leur confirmera qu'ils sont sur la bonne piste.
16:45Et ça va marcher très très bien,
16:48puisque Fabrice Autran,
16:50apprenant par la voix de Rachel
16:51que le tireur a été arrêté,
16:53mais que surtout, on cherche son complice,
16:55et bien lui, qu'est-ce qu'il fait ?
16:56Dans la panique, il va se rendre ce jour-là
16:59directement chez Mourad Bouabida.
17:01Les enquêteurs vont le filocher,
17:03le filer en secret,
17:04et ils vont attendre évidemment le moment
17:06où Fabrice Autran,
17:07il frappe à la porte de Mourad Bouabida
17:09pour l'arrêter.
17:11Ça confirme en quelque sorte
17:12tous les doutes et les suspicions qu'ils avaient.
17:14Et donc Fabrice Autran est interpellé
17:16et suspecté évidemment à son tour.
17:19Pendant ces mois d'enquête,
17:20les policiers savent donc
17:21qu'il laisse Rachel vivre
17:23avec le commanditaire de son assassinat.
17:25Alors pas pendant toute la durée de l'enquête,
17:27mais oui, pendant une partie de cette enquête,
17:30les policiers ont en quelque sorte laissé faire
17:33pour essayer d'obtenir les preuves
17:35qui leur manquaient.
17:36Et au micro d'ici Alsace,
17:37ex-France Bleu,
17:38la commandante Florence Bouteau
17:40va raconter à quel point
17:41cette stratégie a été très difficile
17:44à tenir pour eux.
17:46Effectivement, on était quasiment persuadés
17:48que c'était lui l'auteur
17:49d'un tentatif d'assassinat sur Rachel
17:52et les laisser ensemble, en fait,
17:54continuer à vivre.
17:55En fait, on avait peur qu'il recommence.
17:57En conduisant Fabrice Autran en garde à vue,
17:59les enquêteurs font exprès
18:00de le faire passer devant la cellule
18:02de Mourad Bouabida
18:03pour qu'il le voie,
18:04comme le raconte Florence Bouteau
18:05à la radio ici Alsace.
18:07C'est-à-dire qu'on l'a fait passer
18:08devant la jaune de Mourad Bouabida
18:11pour le mettre un petit peu en condition,
18:14pour le faire parler.
18:15Il pense que s'il voit son complice,
18:17il sera plus à même de formuler des aveux.
18:20Au bout de quelques heures,
18:21le suspect craque et reconnaît tout.
18:23Florence Bouteau doit désormais
18:25l'annoncer à Rachel.
18:27Une question reste en suspens.
18:29Pourquoi Fabrice Autran,
18:31s'il ne supportait plus la vie commune
18:32avec sa compagne,
18:33n'a-t-il pas décidé tout simplement
18:35de se séparer d'elle ?
18:36Pourquoi a-t-il imaginé
18:38ce complexe scénario criminel ?
18:40Aux enquêteurs,
18:42Fabrice Autran explique
18:43qu'il était en fait constamment tiraillé
18:45entre sa mère et Rachel,
18:46que les deux femmes ne s'entendaient pas
18:48et que lui, d'un côté fils,
18:50de l'autre futur mari,
18:51ne supportait plus cette situation.
18:53Le divorce était impossible,
18:55dit-il,
18:55car selon Fabrice Autran,
18:57Rachel ne l'aurait alors plus laissé
18:58être en contact avec leur fils.
19:00L'assassinat de sa compagne
19:02était donc la seule solution
19:03qu'il avait trouvée.
19:05Pour Rachel,
19:06cette explication n'est qu'un prétexte.
19:08Comme dans tous les cas de féminicide,
19:10Fabrice ne pouvait pas supporter l'idée
19:12qu'elle est une vie après lui
19:13et en dehors de celle
19:14qu'elle partageait avec lui.
19:16C'est la seule raison valable.
19:18Placé en détention provisoire,
19:20Fabrice Autran formule une demande
19:21pour obtenir un droit de visite
19:23sur son fils.
19:24En 2014,
19:25le juge aux affaires familiales
19:27contraint Rachel
19:28à présenter son fils
19:29à Fabrice Autran,
19:30tous les 15 jours,
19:31en prison.
19:36Damien,
19:37aujourd'hui,
19:38les choses ont un peu changé
19:39à ce niveau-là.
19:41Oui, désormais,
19:42en cas de poursuite
19:43d'un parent pour un crime
19:44commis sur l'autre parent,
19:46les droits de visite
19:47du parent poursuivi
19:48sont suspendus
19:49jusqu'à la décision
19:51du juge aux affaires familiales
19:52ou jusqu'à la décision
19:54de la juridiction pénale.
19:55En cas de condamnation,
19:57l'autorité parentale
19:58est totalement retirée.
19:59Oui, alors,
20:00sauf décision au contraire,
20:01spécialement motivée.
20:02Donc, c'est-à-dire
20:03qu'on a un peu inversé
20:04ce qui existait avant.
20:05Maintenant,
20:06par défaut,
20:07un parent qui est condamné
20:08pour le crime
20:09sur l'autre parent
20:10ou pour une agression sexuelle
20:11incestueuse sur l'enfant,
20:13il perd de manière automatique
20:15son autorité parentale
20:16alors qu'avant,
20:17il fallait que ce soit
20:17une peine complémentaire
20:19et ça se fait a priori,
20:21ce qui n'était pas le cas avant.
20:22Rachel refuse
20:23d'amener son fils en prison
20:24pour qu'il s'assoie
20:25sur les genoux
20:26de l'assassin de sa mère.
20:27Ce sont ses mots
20:28et elle monte
20:29un dossier
20:30avec l'aide
20:31d'un pédopsychiatre
20:31en charge du suivi
20:32de son fils
20:33qui conclut
20:34qu'effectivement,
20:35voir Fabrice Autran
20:36est contraire
20:37aux intérêts de l'enfant.
20:38En voyant le dossier,
20:40Fabrice Autran
20:40renonce
20:41à son droit de visite
20:43en échange
20:44quand même
20:44de quelque chose.
20:45Elle doit s'astreindre
20:46Rachel
20:46à envoyer régulièrement
20:48des photos
20:49et des nouvelles
20:50de son fils
20:51à Fabrice Autran.
20:52Cette situation
20:53dure jusqu'au procès
20:54qui s'ouvre le lundi
20:556 mars 2017,
20:574 ans après les faits.
20:58Oui,
20:58Mourad Bouabida
20:59y est jugé
21:00pour tentative d'assassinat
21:02et Fabrice Autran
21:02pour complicité
21:04de tentative d'assassinat.
21:08À la barre,
21:09Rachel raconte
21:10devant la cour d'assises
21:11du Gard
21:11cette terrible nuit
21:12du 5 au 6 avril 2013
21:14et les années
21:15qui ont suivi.
21:16Mon monde s'est effondré,
21:17dit-elle.
21:18Plusieurs années après,
21:19je continue
21:20à revivre
21:21mon assassinat
21:22la nuit.
21:23Ça fait froid
21:23dans le dos,
21:24il aurait pu recommencer.
21:26Après elle,
21:27le frère cadet
21:27de Fabrice Autran
21:28est invité
21:29à s'exprimer.
21:30Il parle de son enfance
21:31avec Fabrice Autran.
21:32Il évoque
21:33une mère toxique
21:33pour ses fils
21:34et leurs couples respectifs.
21:36Une mère
21:37dont il vaut mieux
21:37être loin que proche
21:38à 17 hommes
21:39qui a fait toute sa carrière
21:41à des centaines
21:41de kilomètres
21:42de sa famille
21:43pour échapper
21:44à ce qu'il qualifie
21:45d'emprise.
21:47Geneviève Autran,
21:4867 ans,
21:49apparaît elle
21:49en total décalage
21:50avec la gravité des faits
21:52et s'attire
21:52de nombreux rappels
21:53à l'ordre
21:53de la présidente.
21:55Chacun est responsable
21:56de ses actes,
21:56répond-elle sèchement
21:57alors qu'elle est interrogée
21:59sur son éventuelle
21:59responsabilité morale
22:01dans le passage
22:02à l'acte de son fils.
22:03Je pense qu'il a été
22:04un peu manipulé
22:05par Rachel,
22:05poursuit-elle,
22:06dans une énième attaque
22:07contre sa belle-fille.
22:09L'accusé,
22:09de son côté,
22:10se tient la tête
22:11dans les mains,
22:12l'air accablé.
22:13Surtout,
22:14le procès est l'occasion
22:15d'en savoir un peu plus
22:16sur le pacte
22:17qui a été noué
22:17entre Fabrice Autran,
22:18le commanditaire,
22:19et Mourad Bouhabida,
22:21l'exécutant.
22:21Car avant d'opter
22:23pour le scénario
22:23du cambriolage
22:24qui tourne mal,
22:25Fabrice Autran
22:26a imaginé d'autres choses.
22:28Un accident de voiture
22:29qui serait malencontrieusement
22:30survenu à Rachel,
22:31des poisons indétectables
22:33qu'elle aurait indurgité,
22:34ou alors un faux suicide.
22:36Comble du cynisme,
22:38Mourad Bouhabida
22:38était venu chez eux
22:39avant la nuit
22:40du 6 avril 2013
22:42pour tester
22:43la rambarde de l'escalier
22:44et voir s'il était possible
22:45de simuler une pendaison.
22:47Les détails sont sordides.
22:49Pendant le procès,
22:50Rachel apprend aussi
22:51que son ancien compagnon
22:52s'était documenté
22:53sur les faire-parts
22:54de deuil
22:54qu'il devrait envoyer
22:55après sa mort,
22:57ainsi que sur le montant
22:58de ses impôts
22:59en tant que veuf
23:00et père célibataire.
23:01L'avocat général,
23:03Stéphane Bertrand,
23:04requiert une peine exemplaire
23:06de 30 ans
23:06de réclusion criminelle
23:07contre l'accusé
23:08pour avoir voulu
23:09évacuer la vie de sa femme
23:11pour 15 000 euros,
23:12le prix d'une petite voiture,
23:14dit-il.
23:15Le mercredi 8 mars 2017,
23:17Mourad Bouhabida
23:18est condamné
23:19à 20 ans de prison.
23:20Fabrice Autranlui
23:21est coppe de 27 ans
23:23pour complicité
23:24de tentative d'assassinat
23:25et il est déchu
23:26de ses droits parentaux.
23:33Damien,
23:34une peine de sûreté
23:35accompagne
23:36la condamnation
23:37de Fabrice Autran.
23:38Qu'est-ce que c'est ?
23:39Une peine de sûreté,
23:40c'est en quelque sorte
23:41la peine minimale
23:43qu'effectuera
23:43une personne condamnée.
23:45Concrètement,
23:46on vous condamne
23:47à 30 ans
23:48avec 22 ans
23:49de sûreté.
23:49Cela veut dire
23:50que pendant 22 ans,
23:51vous ne pourrez pas
23:52avoir ni de permission
23:53de sortie
23:54ni générer
23:55ce qu'on appelle
23:55des remises de peine
23:56ou des aménagements
23:57de peine.
23:58La peine de sûreté,
23:59c'est en quelque sorte
24:00l'assurance
24:01qu'on donne
24:02à la société
24:02et aux victimes
24:03que cette peine
24:04sera exécutée
24:06en totalité
24:09derrière les barreaux.
24:10Normalement,
24:11Fabrice Autran
24:12ne peut pas sortir
24:12de prison
24:13jusqu'à à peu près
24:15les 18 ans
24:15de son fils.
24:16C'est ce que Rachel
24:17a calculé.
24:18Oui,
24:18elle a fait un calcul
24:19sur la peine de sûreté
24:20qui avait été prononcée
24:21à l'époque
24:21et selon elle,
24:22effectivement,
24:22cette peine de sûreté,
24:23elle courait
24:24jusqu'en 2030 environ.
24:25A la fin de l'année 2024,
24:28Rachel apprend
24:28que Fabrice Autran
24:29a déjà pu formuler
24:31une demande
24:32pour sortir de prison
24:33et qu'en attendant
24:34de savoir
24:34si elle était acceptée
24:35ou non,
24:36il a eu des permissions
24:37de sortie.
24:37Donc Rachel,
24:38quand elle apprend ça,
24:39elle est non seulement
24:40d'abord dans l'incompréhension
24:41mais elle est surtout
24:42très en colère.
24:43Pourquoi ?
24:43Parce que non seulement
24:44elle n'a pas été prévenue
24:46qu'il avait fait une demande
24:46de remise en liberté
24:47mais surtout,
24:48elle n'a reçu
24:49aucune alerte
24:50sur le fait
24:50qu'il avait déjà eu
24:51des permissions de sortie
24:53donc qu'il y a eu
24:54des moments
24:54où il était dehors.
24:55Et donc son avocate
24:56est totalement sidérée.
24:58Elle va d'ailleurs
24:59le confier dans une interview
25:00au journal L'Humanité.
25:01Elle dit
25:02je ne suis pas du tout
25:03de celles qui disent
25:04qu'il faut coller
25:0420 ans pour tous
25:05bien au contraire.
25:06Je pense qu'il faut
25:07individualiser les peines.
25:08Je comprends parfaitement
25:09la libération conditionnelle
25:11à partir de la mi-peine
25:12quand on donne des gages
25:13mais là,
25:14un relèvement total
25:16de la période de sûreté
25:17sans qu'on soit informé
25:19c'est quand même un choc.
25:20Maître Iris Christol
25:21qui défend Rachel
25:23se penche sur le dossier
25:25et s'aperçoit
25:25qu'en fait
25:26la période de sûreté
25:27de Fabrice Autran
25:28a été complètement relevée
25:30par un juge
25:31d'application des peines.
25:32Dans la foulée,
25:33Rachel apprend
25:34que Fabrice Autran
25:35a en fait déjà bénéficié
25:36de plusieurs permissions de sortie.
25:38La loi n'interdit pas.
25:40La loi permet même
25:41qu'un juge d'application des peines
25:43relève,
25:44c'est-à-dire allège
25:45en réalité,
25:45pour parler normalement,
25:47une période de sûreté.
25:48Simplement,
25:49pour qu'un juge
25:49d'application des peines
25:50fasse cela,
25:51il faut à la fois
25:53l'avis d'un expert médical,
25:55il faut la sûreté
25:57d'une réintégration sociale,
25:59d'un projet professionnel,
26:01enfin il faut tout un tas
26:02de conditions
26:02qui sont extrêmement difficiles
26:04à réunir
26:04et encore une fois,
26:05la loi prévoit
26:06que ce relèvement,
26:07il est vraiment
26:08dans des circonstances
26:09tout à fait exceptionnelles.
26:11Le lundi 10 février,
26:13le tribunal d'application des peines
26:14de la Cour d'appel d'Agin
26:16rejette la demande
26:17de Fabrice Autran.
26:18Oui, donc concrètement,
26:19il ne sort pas de détention,
26:21mais ça ne l'empêche pas
26:22de formuler
26:22une nouvelle demande
26:24qui sera d'ailleurs
26:25à nouveau elle aussi refusée
26:26le jeudi 21 mai dernier,
26:28de 21 mai 2026.
26:30À ce jour,
26:31Fabrice Autran
26:31est donc toujours détenue.
26:33Rachel a médiatisé
26:34cette affaire
26:35seulement depuis quelques mois
26:36pour dénoncer la situation
26:37dans laquelle elle est
26:38et le mardi 14 octobre 2025,
26:41Gérald Darmanin,
26:42le ministre de la Justice,
26:43a annoncé des changements.
26:45Oui, le garde des Sceaux
26:46souhaite, en réalité,
26:47il a donné des instructions
26:48en ce sens,
26:49souhaite placer les victimes
26:51au centre du système judiciaire.
26:54Donc, une instruction ministérielle
26:55a pris effet depuis la fin
26:57du mois d'octobre dernier.
26:58Désormais,
26:59il est prévu
27:00que toute victime
27:01peut être reçue
27:01à sa demande
27:02par les instances judiciaires
27:03ou encore
27:04qu'une notification
27:05lui soit adressée
27:07pour la prévenir
27:07quand son agresseur
27:09sort de prison.
27:09aussi bizarre que cela puisse paraître,
27:11ça n'existait pas jusqu'alors.
27:17Mourad Bouabida,
27:18le complice de Fabrice Autran,
27:20a fait appel
27:20et a vu sa peine réduite
27:22à 17 ans de prison.
27:23Il est aujourd'hui libre
27:24après avoir bénéficié
27:25d'une remise de peine.
27:27Fabrice Autran,
27:28lui,
27:29est donc toujours emprisonné.
27:30Il peut formuler
27:31une nouvelle demande
27:32de remise en liberté,
27:33le nombre de requêtes
27:34n'étant pas limité.
27:37Rachel a été soulagée
27:38d'apprendre
27:38que celui qui a commandité
27:40son assassinat
27:40restait derrière les barreaux.
27:42Mais ne sachant pas
27:43pour combien de temps
27:44ce sera encore le cas
27:45et après avoir pris la parole
27:46dans quelques médias,
27:48elle tente malgré tout
27:49de rester discrète
27:50et ne souhaite pas donner
27:51davantage de détails
27:52sur sa vie aujourd'hui.
28:07Vous venez d'écouter
28:08Crime Story,
28:09l'affaire Autran.
28:10Cet épisode est diffusé
28:12en partenariat
28:13avec France Télévisions
28:14qui met en ligne
28:15jusqu'au 14 juillet
28:16quatre films
28:17inspirés par des faits divers.
28:18Vous pouvez retrouver
28:19la liste
28:20sur leur plateforme.
28:22Ce récit Crime Story
28:23était écrit
28:23par Claudia Prolongeau
28:24et raconté
28:25avec Damien Delsenis.
28:27Pour écouter
28:27tous nos autres podcasts,
28:28c'est sur le site
28:29leparisien.fr
28:30et sur n'importe
28:31quelle plateforme d'écoute.
28:32Cette semaine,
28:33il y avait à la production
28:34Thibault Lambert,
28:35Clara Garnier-Amourou,
28:37à la réalisation
28:37Julien Moncouquiole
28:38et Jules Lavi
28:39et le rédacteur en chef.
28:41Si vous aimez Crime Story,
28:42vous pouvez vous abonner
28:43et nous laisser des commentaires
28:44ou des petites étoiles.
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