00:008h21 sur BFM Business et sur AMC Live. La French Tech aujourd'hui, c'est Cyril Chiche.
00:04Bonjour, vous êtes le cofondateur et président de Lydia Solutions.
00:08Avant de parler de votre partenariat avec Mistral AI qui nous annonce qu'on pourra parler directement avec notre conseiller
00:15bancaire.
00:15Ça plaît beaucoup à Anthony Morel qui a très envie de demander qu'on fasse des achats d'actions sans
00:20rien faire.
00:21Il faut que vous nous rappeliez quand même, Lydia, où vous vous placez ?
00:24Là c'est Lydia Solutions, il y avait l'application Ouidia, il y a Sumeria.
00:27Est-ce que vous pouvez nous remettre l'écosystème en tête ?
00:29Bien sûr. L'entreprise s'appelle Lydia Solutions depuis le premier jour, donc depuis 2011.
00:36Depuis 2013, il y a l'application Lydia qui a donné lieu à la fameuse phrase « je te fais
00:41un Lydia ».
00:42Et en 2024, en mai 2024, nous avons décidé de créer une nouvelle marque pour un nouvel usage.
00:50Cette marque c'est Sumeria. Et Sumeria c'est le compte bancaire rémunéré créé par Lydia Solutions.
00:56De la même manière que des groupes B2C comme par exemple des L'Oréal ou des groupes automobiles ont différentes
01:03marques pour différents types de produits, pour différents types d'usages.
01:08Nous avons la même chose chez Lydia Solutions, une marque qui est Lydia avec une application qui existe, qui est
01:13toujours extrêmement active, qui a 8 millions de clients en France et qui est le leader des paiements entre amis
01:20mais aussi des cagnottes en France et qui est disponible évidemment sur l'App Store comme toutes les applications.
01:26Et de l'autre côté Sumeria qui a 2,5 millions de clients en France et qui est le compte
01:32bancaire.
01:34Mais aujourd'hui, on dit toujours « je te fais un Lydia » parce qu'on se dit « je
01:36te fais un Wiro » maintenant. C'est un concurrent en direct. On était avec la patronne de Wiro à
01:397h45.
01:40Je l'ai croisé dans le couloir.
01:42C'est concurrent pour vous ?
01:43Oui, c'est bien sûr concurrent mais de la même manière que Pélib qui était l'ancien nom de Wiro
01:48était concurrent et ça ne nous a pas empêché de nous développer de manière extrêmement rapide.
01:54Alors ce partenariat avec Mistralaya, alors moi je trouve ça intéressant effectivement. L'idée c'est qu'on va pouvoir
01:58parler avec son compte bancaire d'une certaine manière.
02:01On intègre l'intelligence artificielle générative. Qu'est-ce qu'on peut lui demander exactement ? Est-ce que c
02:05'est des conseils financiers ? Est-ce que c'est faire des actions pour moi ? Comment ça fonctionne ?
02:10Alors l'idée c'est effectivement de donner à chacun, à 100% des gens, l'accès à 100%
02:19de la connaissance et de la puissance du service numérique suméria.
02:23On sait bien que les services numériques, malheureusement c'est un peu difficile de les utiliser à 100% de
02:27leur puissance sans faire en être un parfait expert.
02:29Là, ce besoin d'expertise et de connaissance disparaît immédiatement.
02:33Je peux lui demander tout ce que je pourrais demander ou trouver si j'allais chercher dans les moindres détails
02:39de tous les documents, les conventions de compte, les annexes de tarifs, tout ça.
02:44Donc je peux lui demander par exemple, combien je vais avoir de frais si j'utilise ma carte pendant que
02:48je vais au Japon ?
02:49Quelles sont les assurances qui sont incluses dans mon abonnement en matière de voyage ?
02:53Combien est-ce que j'ai dépensé chez Uber en 2025 ?
02:56Je faisais la démonstration à votre collègue dans le couloir juste avant.
03:02Combien est-ce que j'ai dépensé en abonnement multimédia au cours des trois derniers mois ?
03:08Et donc je peux interroger mes dépenses, mais je peux aussi interroger toute la base de documentation et de connaissances
03:14du service.
03:15Je peux aussi demander des actions.
03:17Donc je peux lui demander de préparer pour moi des actions que je vais in fine valider.
03:21Donc par exemple un virement bancaire, on peut lui dire, prépare-moi un virement de temps pour mon loyer.
03:26Exactement, et il le fait.
03:27Et il le fait. Alors il le fait, c'est-à-dire j'ai quand même besoin moi à un
03:30moment de réaliser l'action.
03:31On n'est pas encore dans le...
03:32Il prépare.
03:33Il prépare.
03:33Si je demande de préparer, il prépare et moi je valide.
03:35Je peux lui demander d'acheter pour moi, mais à la fin je vais quand même rentrer le montant et
03:40valider, un actif sur un marché coté.
03:42Je faisais la démonstration avec achète-moi de l'or, achète-moi du CAC 40, donc il y a un
03:46FK 40.
03:47Je peux aussi lui demander de créer une carte à usage unique pour payer de manière sécurisée sur Internet.
03:52Voilà, et donc tout ce que je pourrais faire en naviguant dans les menus et en connaissant avec précision et
03:58perfection l'ensemble des capacités d'application,
04:01je peux maintenant le faire sans rien y connaître, juste en parlant.
04:04Mais je ne vais pas jusqu'à lui demander s'il pense que je devrais plutôt acheter Air Liquide ou
04:07Total.
04:08C'est-à-dire que...
04:09Il ne fait pas de conseil.
04:10Il ne fait pas de conseil.
04:10Il ne fait pas de conseil, donc il s'arrête là.
04:12Mais à quel moment on fait en sorte que celui qui l'utilise ait bien compris ça ?
04:16C'est-à-dire qu'avec ChatGPT, vous voyez bien que la frontière, elle est poreuse, on finit par avoir
04:21de l'émotion, on finit par penser que c'est une personne.
04:24Là, il y a un peu ce risque-là aussi.
04:25Alors, c'est une excellente question.
04:27Il n'y a pas ce risque parce qu'il répond par la négative aux demandes de conseil.
04:31Je ne sais pas le faire.
04:32Par ailleurs, dans le domaine...
04:34Il se met les barrières lui-même, oui.
04:36Ou plutôt, on lui met des barrières.
04:37Mais pourquoi vous mettez des barrières ?
04:39Parce que moi, je trouve que c'est...
04:40Pour le coup, en termes de conseil financier, globalement, on conseille toujours un peu le même type de produit.
04:45C'est quelque chose qui est standardisable et qui est automatisable.
04:47Pourquoi est-ce que vous vous empêchez de le faire ?
04:49Vous, vous avez le droit de faire du conseil financier ?
04:51Alors, le conseil financier, pour être pertinent, c'est comme le conseil fiscal,
04:56nécessite d'avoir une vision complète sur la situation patrimoniale de la personne.
04:59Mais il y a pour elle de poser des questions.
05:00Sur ses enjeux de projet, oui.
05:01Et donc, on voit bien que c'est des sujets qui sont nettement plus avancés.
05:05Et donc, c'est des sujets qui viendront dans le futur.
05:08Donc, plusieurs itérations.
05:10On va commencer par des conseils sur l'organisation et la gestion budgétaire.
05:14Mieux maîtriser son argent, mieux maîtriser son budget, mieux l'organiser, pour ne pas être à découvert, par exemple.
05:19Et puis ensuite, dans un temps ultérieur, travailler sur comment je peux le faire fructifier.
05:25Parce que c'est ça, finalement, le futur de l'application bancaire.
05:29Malheureusement, pour les conseillers bancaires...
05:31Mais non, mais c'est la réalité, c'est ça.
05:32C'est-à-dire que plutôt que d'avoir une application telle qu'on l'a aujourd'hui,
05:34avec tous les menus, les sous-menus, on aura juste une interface vocale.
05:37On lui demandera des conseils, elle nous donnera les conseils,
05:41et puis on validera l'opération.
05:42Et puis c'est tout, c'est ça.
05:43Oui, mais il faut savoir que, puisque vous parlez du conseiller,
05:46la version actuelle de SIA, donc l'assistant IA de Sumeria,
05:51répond par rapport à ce qu'on a mesuré pendant toute la phase de test
05:54et depuis les premiers jours de lancement,
05:56à peu près à 82-83% des demandes qui sont aujourd'hui faites à un conseiller.
06:02Et donc, sans aller jusqu'à la partie conseil,
06:04on a déjà, sur la version 1, une couverture extrêmement large
06:07de ce qui est demandé à un conseiller dans le domaine bancaire.
06:11Et c'est quoi, du coup, les demandes sur les tests que vous avez réalisés ?
06:14Alors, on a trois types de demandes qui sont dominantes.
06:17La première, c'est j'interroge mes dépenses.
06:19Parce qu'on voit bien, beaucoup de gens ont besoin de comprendre leurs dépenses.
06:23Et c'est assez fastidieux de le faire en naviguant dans des menus.
06:27Mais de se rendre compte, juste, par exemple, de ce que vous dépensez en abonnement.
06:31En abonnement, en restaurant, etc.
06:32Et donc, si j'ai des réponses efficaces, simples, rapides,
06:36et surtout, je sais qu'elles sont sûres,
06:38parce qu'il y a un travail qu'on a fait, et qu'on ne voit pas,
06:40qui est la partie immergée de l'iceberg,
06:42qui est le périmétrage de ces intelligences artificielles,
06:45sur des données qui sont garanties, sérieuses, et vérifiées par nous.
06:49Ce qui fait que ce que répond SIA nous est opposable,
06:53de la même manière que si on vous avait envoyé un mail.
06:55Et ça, c'est essentiel.
06:56De la même manière, il y a un élément dont on ne parle pas souvent dans ces sujets-là,
07:00qui est, pour qu'un système de chat traditionnel réponde à toutes mes questions,
07:05me donne des conseils, il faudrait que je lui confie 100% de mes données bancaires,
07:08toutes mes dépenses, à qui j'ai, où, quand, comment, à quelle heure.
07:11Combien de gens veulent faire ça aujourd'hui ? Je ne sais pas.
07:13Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que nous, on ne fait pas ça.
07:15On ne donne au modèle d'intelligence artificielle,
07:19qu'il soit small language model, large language model,
07:22que la petite partie de l'information dont il a besoin.
07:25Quand il a fini, on efface la donnée,
07:27et on l'interdit, ces acteurs-là, d'utiliser cette donnée pour entraîner un modèle.
07:32Et donc, c'est un environnement qui est extrêmement sécurisé,
07:35à la fois en termes de qualité de réponse,
07:37mais aussi de protection des données personnelles.
07:38L'idée, c'est que je puisse avoir le maximum de puissance sans stress.
07:42Merci beaucoup, Cyril Chizé, devenue ce matin sur le plateau de la matinale de l'économie.
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