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Pierre de Vilno reçoit Manon Aubry, eurodéputée LFI, dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.

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00:00Bonjour à tous et merci d'être fidèles au Grand Rendez-vous Europe 1, CNews, Les Echos.
00:03Bonjour Manon Ombry.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être là, c'est votre Grand Rendez-vous ce dimanche.
00:07Vous êtes eurodéputé, la France insoumise, vous rentrez tout juste du Liban.
00:10Et vous avez eu aussi à voter des textes au niveau européen,
00:13notamment une entente entre l'Union Européenne et les Etats-Unis sur le potentiel droit de douane.
00:17On va y venir.
00:17Vous revenez dans une France choquée, terrifiée, anéantie,
00:20par ce qui est arrivé à la petite Liana,
00:23un crime odieux qui aurait sans doute pu être évité si la justice avait fonctionné normalement.
00:27Quel est votre regard sur la justice aujourd'hui ?
00:29Nous aborderons ce sujet.
00:31Vous revenez aussi dans une France marquée par la campagne présidentielle qui commence.
00:34Et la France insoumise organise ce dimanche, dans le traditionnel fête de musique,
00:39un rassemblement finalement autorisé.
00:41Place de la République.
00:42Enfin, nos confrères des Echos ont scrupuleusement épluché votre feuille de route économique pour la présidentielle.
00:48Nous vous interrogerons là-dessus aussi avec ce matin Stéphane Dupont des Echos.
00:51Bonjour Stéphane.
00:52Bonjour.
00:52Et Mathieu Bocoté.
00:53Bonjour Mathieu.
00:53Bonjour.
00:54Annulée, finalement autorisée.
00:56La fête de la musique anti-raciste que LFI propose ce dimanche
00:59aura donc bien lieu.
01:00Place de la République tout à l'heure à 18h à Paris.
01:03Dans un premier temps, le préfet de police, Patrice Faure, avait interdit l'événement.
01:06Avant quand, notamment, le président s'annonçait d'Assad Traoré, du rapport Médine,
01:10un risque de trouble à l'ordre public.
01:12Vous avez fait appel de cette décision.
01:13Vous avez eu gain de cause.
01:15Et puis, vous dites que le préfet a eu un argumentaire fallacieux.
01:20Je crois d'abord que c'est avant tout en effet un camouflet pour le préfet qui a tenté d
01:25'interdire sur la base d'arguments absolument fallacieux
01:29et qui sont démontés un à un par la décision du tribunal administratif que j'invite toutes et tous à
01:33aller lire.
01:33Elle n'est pas très longue.
01:34Et dans le détail, elle démonte à la fois, vous l'évoquiez, la présence de Sosomanez et de Médine
01:41qui ne sont même pas présents à cette fête de la musique.
01:44Ils ne seront pas là.
01:45Non, ils ne sont pas été invités à cette fête de la musique.
01:48Mais quand bien même ils auraient été présents, le tribunal administratif dit, et je les cite parce que c'est
01:52intéressant,
01:52que le préfet de police ne justifie pas au regard des pièces produites au dossier
01:57du risque de trouble matériel à l'ordre public.
01:59Ça, c'est pour le premier argument.
02:00Ensuite, le deuxième argument, c'est que sur le risque, soi-disant, de débordement de la France insoumise, etc.,
02:11là aussi, le tribunal administratif le démonte en disant qu'il ne résulte pas de l'instruction
02:16que les organisateurs du concert sur la place de la République aient été impliqués dans des violences
02:20entre groupes antagonistes de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite.
02:23Et enfin, le troisième argument qui a été lancé par le préfet de police, c'était sur le dispositif de
02:29maintien de l'ordre.
02:30Et là aussi, le tribunal administratif le démonte en disant que la préfecture a tout à fait les moyens d
02:35'organiser un dispositif de sécurité.
02:37Donc, vous comptez sur la police pour le dispositif de sécurité ?
02:40Mais vous savez, tout événement, il y a toujours une forme de sécurisation de la police.
02:44On a l'habitude d'organiser des grands événements à la France insoumise.
02:47Et pas plus tard qu'il y a quelques semaines, on a organisé un grand rassemblement,
02:50un grand meeting de lancement de campagne à Saint-Denis.
02:52Il y avait 26 000 personnes.
02:54Il y avait évidemment une organisation, je crois qu'à la France insoumise,
02:59on est plutôt connus pour notre organisation rigoureuse.
03:02Évidemment, le tout en lien avec les forces de l'ordre.
03:04C'est toujours la manière dont ça se déroule.
03:06Il y a eu plusieurs rendez-vous qui sont déroulés d'ailleurs entre nos équipes d'organisation
03:11et les services de la préfecture de police.
03:13C'est juste pour savoir, vous comptez bien sur la police pour vous protéger en cas de département.
03:17Les forces de l'ordre doivent être présentes pour maintenir l'ordre.
03:21Et c'est le cas dans l'ensemble de nos événements.
03:23Ensuite, on a un service d'ordre qui est aussi là pour essayer de désescalader toute source de tension
03:30et faire en sorte qu'il y ait un lien fluide entre les forces de l'ordre et notre équipe
03:34d'organisation.
03:35C'est-à-dire les forces de l'ordre et votre service privé ?
03:39Non, ce n'est pas privé, ce sont des militants.
03:42Je vous le rends remarque parce que notre service d'ordre travaille souvent dans des conditions qui sont extrêmement difficiles.
03:47Il va faire très chaud aujourd'hui.
03:49Et donc, dans ces conditions-là, ils seront présents pour faire en sorte que ça se passe le mieux possible.
03:54Compte tenu de la canicule et des événements de la fête de la musique qui va avoir lieu ce soir,
03:58est-ce que les forces de police, c'était un des arguments qui a été mis en avant par le
04:01préfet,
04:02ne seraient pas plus utiles ailleurs que pour sécuriser votre meeting politique ?
04:08Mais le principe même de la fête de la musique est qu'ils puissent se tenir des concerts.
04:13Que la France Insoumise organise un concert parmi d'autres concerts qui vont être organisés.
04:18Un concert à connotation quand même politique, vous le reconnaissez ?
04:20Oui, mais la musique est politique, monsieur, beaucoup d'artistes sont engagés.
04:24Il n'a jamais été interdit, à forcerie dans un cadre démocratique,
04:29qu'un mouvement politique organise un concert.
04:31Je vous invite à venir, ce sera chouette, ce sera joyeux, ce sera bien entendu engagé.
04:36Nos équipes politiques vont suivre.
04:38Mais je vous invite aussi à venir comme citoyens, c'est à 18h, place de la République,
04:42et vous verrez un peuple qui sera en communion et qui aura envie juste de faire la fête
04:46comme tous les Français aujourd'hui ont cette fête de la musique.
04:48Mais est-ce que dans cette séquence-là, il n'y a pas un problème plus large qui vous touche,
04:51mais qui touche aussi d'autres mouvances politiques ou intellectuelles ?
04:54C'est cette idée d'interdire un événement parce que pourrait s'y tenir des propos,
04:59dans le camp où on disait qu'hostile aux forces de l'ordre.
05:01Mais dans d'autres événements, des gens qui sont plus marqués à droite,
05:04on dit des propos qui seraient hostiles à la diversité ou à l'immigration.
05:06Est-ce qu'il n'y a pas un problème de base à l'idée d'interdire un événement
05:09parce que pourrait s'y tenir des propos qui vont heurter à gauche ou à droite ou au centre ?
05:13Mathieu Bocoté, est-ce que le moindre d'entre nous,
05:16que ce soit militant de la France insoumise ou artiste qui participera ce soir au concert,
05:21a été condamné de quelque forme que ce soit par la justice pour les propos qui sont tenus ?
05:25Je ne vous contredis pas.
05:26Je dis que la crainte qui était évoquée par les autorités, c'était celle-là.
05:29Je vous demande si est-ce que ce n'est pas un problème quelque soit le mouvement ?
05:32C'est non. Et donc, elle n'est pas caractérisée.
05:33Et je vous dis...
05:35Est-ce que ce n'est pas une forme d'attaque à la liberté d'expression, d'une certaine manière
05:40?
05:40C'était évidemment une forme d'attaque à la liberté d'expression.
05:43C'est d'ailleurs la conclusion du tribunal administratif.
05:45Et je veux vous dire, tout dans cette histoire est hallucinant.
05:49Parce qu'on nous interdit la tenue d'un événement sur la base d'artistes
05:53qui n'ont pas prévu d'être là, sur la base de propos potentiellement
05:57qui pourraient être tenus, qui n'ont pas été tenus.
05:59Ce que je veux dire, c'est que vous savez que de telles interdictions,
06:02ça frappe souvent des mouvements plus à droite.
06:04Est-ce que ça vous indigne lorsqu'on vous fait subir le même sort à droite ?
06:07Non, mais quand vous avez des propos qui ont été tenus
06:12et qui ont été condamnés pour racisme,
06:14oui, je trouve ça anormal.
06:15Je vais vous prendre un autre exemple sur un autre type de sujet.
06:17La possibilité de tenir un propos fait en sorte qu'on devrait s'en souber.
06:19Non, quand on a tenu des propos, ce n'est pas la même chose.
06:22Ce n'est pas le même exemple que j'ai en tête.
06:23Ce n'est pas le même chose, M. Bocoté.
06:24Soit parce qu'on a tenu des propos,
06:26soit parce qu'on a eu des comportements qui tombent sous le coup de la loi.
06:28Je vous prends un autre exemple d'un autre artiste
06:30dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines, M. Patrick Bruel.
06:33Moi, je trouve ça normal que sa tournée soit annulée
06:35à partir du moment où il est mis en cause,
06:37mis en examen pour des faits extrêmement graves de viol.
06:40D'ailleurs, il a fini par lui-même
06:41de commencer à annuler quelques concerts.
06:44Eh bien, là, ça n'a rien à voir.
06:46Ce n'est pas du tout du même ordre
06:47que des paroles engagées ou des artistes
06:50qui pourraient soi-disant tenir des propos
06:52mais qui n'ont jamais été condamnés,
06:54qui n'ont jamais été poursuivis en justice,
06:55qui n'ont jamais été mis en examen.
06:57Et c'est pour ça que moi, je veux alerter.
06:59Vous avez raison de parler d'un recul
07:02des libertés fondamentales de notre pays.
07:04Mais qui touche tous les cas, pas que vous.
07:05Les libertés fondamentales sont encadrées
07:07à partir du moment où vous tenez des propos
07:09à caractère raciste, à caractère antisémite,
07:12que vous êtes poursuivis
07:16pour des violences sexistes et sexuelles.
07:20Si demain, il devait y avoir des événements,
07:22je ne sais pas, avec Dieudonné ou d'autres,
07:26ça me semblerait plus normal
07:28qu'on se pose la question.
07:29Mais à partir du moment où les artistes
07:31qui participent à notre événement
07:32n'ont jamais été poursuivis
07:34pour quelle que soit la raison,
07:36vous pouvez chercher tout ce que vous voulez.
07:38Alors, laissez-les s'exprimer.
07:41La polémique pour les téléspectateurs
07:43qui n'auraient pas suivi,
07:44c'était surtout à propos de Sosso Manès
07:46qui ne participe même pas à cet événement.
07:48C'est quand même hallucinant.
07:49Et qui avait fait chanter le public
07:51à la fête de l'Humain en 2021.
07:52Tout le monde déteste la police.
07:53Vous vous souvenez de cet épisode ?
07:55Fabien Roussel avait dû s'excuser.
07:56À propos de Fabien Roussel,
07:58qu'est-ce que vous répondez
07:58à Léon Desfontaines qui est sur Europe 1,
08:00Léon Desfontaines du PCF,
08:01dit que la fête de la musique
08:02ne doit pas être politisée au sens large ?
08:05Qu'est-ce que vous lui répondez ?
08:06De la même façon que Jonathan Arfi,
08:07aussi du CRIF estime que la place de la République
08:09ne devait pas être la tribune d'un parti politique.
08:11Qu'est-ce que vous répondez ?
08:13Vraiment de façon clinique là-dessus.
08:14J'ai envie de répondre au Parti communiste
08:16que je crois que les ancêtres du Parti communiste
08:19doivent se retourner dans leur tombe.
08:21Parce que la fête de la musique
08:23a été inventée dans les années 80
08:25comme une fête populaire par Jack Land.
08:28À l'époque, le Parti communiste
08:29participait aussi au gouvernement.
08:30Comme une fête populaire, joyeuse, gratuite.
08:35Sans politique.
08:35Mais la musique est politique, monsieur.
08:38Le fait que le Parti communiste
08:41tourne le dos de cette manière à son histoire,
08:44franchement, j'ai vu les propos de Léon de Fontaine
08:46et je vous le dis tel que je pense,
08:48j'ai été choquée.
08:49Choquée qu'aujourd'hui,
08:50le Parti communiste se range du côté des censeurs.
08:53Mais c'est quoi la prochaine étape ?
08:55On va leur interdire la fête de l'humanité
08:57et après ils vont se dire
08:58« Ah, attendez, c'est extrêmement grave. »
09:00Mais réveillez-vous, la gauche, réveillez-vous.
09:03Toutes celles et tous ceux qui n'ont pas exprimé
09:06de désapprobation extrêmement claire, nette et précise
09:09de cette tentative de censure du préfet de la police,
09:12je pense du côté de ceux qui, aujourd'hui,
09:15s'attaquent à notre régime démocratique.
09:17Aujourd'hui, le PCF n'est plus un allié.
09:18Je le regrette.
09:18Je le regrette profondément.
09:20Mais manifestement, ils ont choisi leur camp.
09:22Ils ont choisi leur camp, celui des censeurs
09:24et d'une dérive autocratique de notre pays
09:25qui est extrêmement grave.
09:26Mais que je comprenne selon votre logique,
09:28par exemple, si quelqu'un a été condamné auparavant
09:29pour des propos troubles,
09:31par exemple, Médine, si je ne me trompe pas.
09:32Il n'a jamais été condamné, Médine, monsieur.
09:35Journaliste est un beau métier.
09:36C'est bien de vérifier ses informations.
09:37Je disais, par exemple, si je ne me trompe pas,
09:39j'avais cet exemple en tête, alors je le corrige.
09:40Mais vous voyez, on fait des supputations
09:42avec des scies de choses qui sont fausses.
09:43D'accord, on peut y aller de manière plus concrète.
09:44Il y a des événements qui ont eu lieu
09:46ces dernières années
09:47où ils ont été interdits
09:48parce que pourraient s'y tenir des propos
09:49contraires à XYZ.
09:51Ce qui m'inquiète chez vous,
09:52mais je m'inquiète, je me trompe peut-être,
09:53c'est que vous sélectionnez la liberté d'expression
09:55pour les ventes,
09:55mais pas pour ceux qui pensent autrement.
09:57Mais monsieur Bocoté,
09:59c'est quand même hallucinant.
10:00Vous me posez une question.
10:02Si Médine avait été condamnée,
10:04donc est-ce que vous l'inviterez ?
10:06Mais avec des scies,
10:07on ne met pas rien en bouteille.
10:09C'est quand même hallucinant.
10:10C'est à partir de scie qu'on a voulu vous interdire.
10:13Justement, c'est tout le cœur du problème.
10:14À quel autre mouvement politique
10:16aujourd'hui, on menace d'interdire
10:18un événement sur la base de personnes
10:20qui n'ont pas prévu d'être là
10:21et qui n'ont pas tenu des propos qu'on leur prête.
10:23C'est quand même extrêmement grave.
10:25Et oui, je vous le dis,
10:26la France Insoumise n'a jamais organisé
10:29d'événements avec des artistes
10:32qui ont été condamnés d'une manière ou d'une autre
10:33et ça n'arrivera pas.
10:34Manon Aubry est l'invité du Grand Rendez-vous
10:36Europe 1, CNews Les Echos.
10:37On reviendra en quelques instants.
10:38A tout de suite sur Europe 1 et sur CNews.
10:43Quelques mots avec Manon Aubry
10:44avant de passer au chapitre judiciaire
10:46et les conséquences notamment du périscolaire,
10:49de l'affaire Liana,
10:50ces dysfonctionnements.
10:51Et quand je dis dysfonctionnement,
10:52c'est des grands guillemets
10:53que je mets autour de ce mot-là,
10:54de la justice,
10:55sur cette fête de la musique.
10:57Est-ce qu'il y aura une Marseillaise ce soir ?
11:00Je n'ai pas vu le déroulé de l'événement,
11:02mais tous nos événements
11:03à la France Insoumise en général
11:04se concluent par une Marseillaise
11:07joyeuse et chantée à tue-tête.
11:09Elle ne sera pas sifflée ?
11:10Non, elle n'est jamais sifflée
11:12dans nos événements à la France Insoumise.
11:13Vous êtes rassurée ?
11:15Je suis rassurée.
11:15Mais venez, vous verrez,
11:16vous la chanterez avec nous,
11:17ce sera sympa.
11:18Alors, je voudrais qu'on parle
11:19de la mort de Liana, 11 ans,
11:22qui a choqué la France entière.
11:24Tous les jours, de nouveaux détails,
11:25il nous arrive de ce qui représente
11:27une des affaires judiciaires
11:28les plus malmenées
11:30depuis de nombreuses années.
11:31On a appris en cette fin de semaine
11:32qu'elle avait été violée,
11:34que l'ADN de Jérôme Barrella
11:35a été retrouvé sur ses parties intimes.
11:37Jérôme Barrella qui fait l'objet
11:38de plusieurs plaintes,
11:40sans jamais avoir été inquiété.
11:42Comment est-ce qu'on est arrivé là,
11:43Manon Aubry ?
11:45Je crois qu'il y a eu
11:46une série de dysfonctionnements.
11:48C'est une évidence maintenant.
11:51Dysfonctionnement d'un point de vue judiciaire.
11:55Malheureusement, je crains
11:56que ce ne soit pas le seul cas
11:57sur lequel il y a eu des plaintes
11:59qui sont déposées,
12:00sans qu'il y ait eu de poursuites judiciaires
12:02qui puissent s'engager dans les temps
12:03et qui laissent un criminel repasser à l'acte.
12:06Je crois qu'on va voir demain
12:08le rapport demandé
12:12par les ministres de la Justice
12:14et de l'Intérieur.
12:15Mais je vais plus loin.
12:17Je pense qu'il y a un problème
12:18plus systémique.
12:19On a de toute évidence un enjeu...
12:21C'est une crise systémique.
12:22Le plus haut magistrat de France l'a dit.
12:24Et je le partage largement.
12:26Enfin, on parle...
12:26Le rapport de la Civis dit
12:28qu'il y a plus de 160 000 enfants
12:31qui, chaque année,
12:32font l'objet de violences
12:33à caractère sexuel.
12:35Donc là, on parle d'un système.
12:37Je pense que le problème
12:38se déroule à trois niveaux.
12:40Il y a évidemment un problème politique,
12:42de manque de moyens,
12:44de priorisation sur la question
12:45des violences sexuelles.
12:46On peut y revenir
12:46sur justement l'aspect judiciaire.
12:49Il y a aussi un problème sociétal
12:52et culturel, plus généralement,
12:55où on a accepté
12:56des standards de beauté juvénile,
12:59parfois des écarts d'âge important.
13:01Et peut-être qu'on n'a pas assez mis
13:03les warnings, comme on dirait,
13:04sur l'attirance
13:06envers les enfants.
13:07Et puis, il y a un problème
13:09individuel, plus global.
13:10Je pense qu'on a été
13:11dans un déni collectif
13:13parce que des enfants
13:14qui sont victimes
13:15de violences sexuelles,
13:16des auteurs,
13:16ça peut être
13:18nos frères,
13:19nos pères,
13:20nos grands-pères,
13:21nos cousins,
13:21nos oncles.
13:22Et qu'on voit là
13:24que c'est un problème
13:24plus structurel
13:25dans notre société
13:26qui interroge
13:27les rapports de domination
13:28puisqu'à la fin des fins,
13:30c'est un rapport de domination
13:31entre l'auteur de ce crime
13:33et l'enfant.
13:35Et alors, avec tout ça,
13:35la responsable politique
13:36que vous êtes
13:37et qui a envie,
13:39avec Jean-Luc Mélenchon,
13:40de prendre le pouvoir
13:40en 2027,
13:41qu'est-ce que vous proposez ?
13:42Je pense qu'on doit agir
13:43à plusieurs niveaux.
13:44Le premier niveau,
13:45il est évidemment
13:45mettre les moyens
13:46au niveau de la justice.
13:48Est-ce que dans l'affaire Liana,
13:49c'était vraiment
13:49une question de moyens ?
13:50Même le président de la République
13:51dit que ce n'est pas
13:52un problème de moyens,
13:52c'est plus un problème
13:53de dysfonctionnement,
13:54d'écoute des victimes ?
13:56Je pense que c'est
13:58un mixte des choses.
13:59Parce que les moyens
13:59de la justice
14:00ont beaucoup augmenté
14:01ces dernières années,
14:01peut-être pas suffisamment.
14:02Ce ne sont pas mes termes
14:04qui disent que la justice
14:05est clochardisée.
14:06Quand on regarde,
14:07et je le vois singulièrement
14:08en tant que députée européenne,
14:09si on compare le nombre
14:10de procureurs au niveau européen,
14:12on en a 3 à 4 fois moins
14:13en France que dans le reste
14:15de l'Europe.
14:16De même, sur les magistrats,
14:17on a 11 magistrats
14:18pour 100 000 habitants
14:19contre 17 au niveau européen.
14:20Donc, on voit
14:21qu'il y a un décalage
14:22de moyens
14:23et tous les magistrats,
14:25les procureurs
14:25en témoignent en disant
14:27qu'on a un nombre
14:27d'affaires colossales
14:29qui fait qu'on ne peut pas
14:29les traiter dans de bonnes conditions.
14:31Sans parler des officiers
14:32de la police judiciaire,
14:33ce gouvernement a supprimé
14:34un certain nombre de postes
14:35d'officiers de police judiciaire.
14:37Donc, je pense que
14:38mettre les moyens,
14:39ça fait partie,
14:40ce n'est pas le seul,
14:41vous avez raison,
14:41mais ça fait partie
14:42de la réponse
14:43et de la solution
14:44pour que la justice
14:45et les enquêteurs
14:46puissent travailler
14:46dans de bonnes conditions
14:47et puissent prioriser
14:49les enquêtes
14:49à caractère sexuel.
14:51Maintenant,
14:51il y a un problème
14:52plus large.
14:54j'ai observé
14:55ces dernières semaines
14:57une forme de concours
14:58lépine
14:59des pires idées.
15:01Parfois,
15:01c'est la castration chimique,
15:03parfois,
15:03c'est le retour
15:03de la peine de mort
15:04et ces idées
15:05sont extrêmement dangereuses
15:06et je pense
15:07méconnaissent
15:08le cœur
15:09du problème
15:10en matière
15:11de lutte
15:12contre les violences
15:13sexuelles,
15:14c'est de penser
15:15que finalement,
15:16c'est la peine
15:17en tant que telle
15:17qui va permettre
15:18de résoudre
15:19alors que le premier
15:22problème qu'on a,
15:22c'est d'abord
15:23que les agresseurs
15:24sexuels soient arrêtés.
15:25Quand vous avez
15:27plus de 95%
15:28des agresseurs sexuels
15:29qui ne sont pas condamnés
15:30et que vous avez
15:32dans l'écrasante
15:33majorité des cas
15:33des plaintes
15:34qui sont classées
15:35sans suite,
15:36c'est plus de 75%
15:37d'entre elles,
15:37il y a d'abord
15:38le premier palier
15:39qui est problématique.
15:40Et puis ensuite,
15:41sur le cas des enfants,
15:42il y a aussi
15:43une barrière
15:44un peu plus spécifique
15:45à dépasser.
15:45Quand vous êtes
15:46un jeune enfant
15:47et que vous savez
15:48que si vous allez parler,
15:50potentiellement,
15:50vous allez emmener
15:51votre père,
15:52votre cousin,
15:53votre oncle
15:54en prison,
15:54il y a un accompagnement
15:56à avoir de l'enfant
15:57parce qu'il va y avoir
15:58une forme de culpabilité
15:59sur cet enfant.
16:00Et c'est pour ça
16:00que je pense
16:00qu'il faut s'inspirer
16:01de dispositifs
16:02qui existent
16:03dans d'autres pays,
16:04je pense notamment
16:04à la Norvège
16:06où on écoute
16:07la parole de l'enfant
16:08une seule fois,
16:09elle est filmée
16:10et donc retransmise
16:11et derrière,
16:12il y a des psychologues,
16:13des travailleurs sociaux,
16:14etc.
16:15et aussi des enquêteurs
16:17en France
16:17avec le système Mélanie.
16:19Le système Mélanie,
16:20par exemple,
16:20c'est un bon exemple.
16:21Vous avez raison
16:22que l'objectif se place
16:23dans une perspective similaire,
16:25sauf qu'il n'est pas
16:26déployé partout.
16:26Pour que tout le monde
16:27ait en tête
16:27le système Mélanie,
16:28ce que c'est,
16:29c'est un petit peu
16:30le même principe
16:31avec une salle
16:32qui est spécialement aménagée
16:34pour recueillir
16:34la parole de la victime.
16:36Mais tout enfant
16:37qui a porté plainte
16:39pour des violences sexuelles
16:41sait que le parcours judiciaire
16:43est un parcours du combattant,
16:44qu'on vous demande
16:46de re-raconter votre histoire
16:47un certain nombre de fois,
16:49ce qui réveille
16:49les épisodes traumatiques.
16:51Et donc,
16:52il y a tout un accompagnement
16:53à revoir,
16:54à repenser.
16:55Et en Norvège,
16:56c'est une seule fois.
16:57Et à partir de ce témoignage-là,
16:58vous êtes ensuite pris en charge,
17:00protégé,
17:01et les agresseurs
17:02aussi mis hors d'état de l'état.
17:03Vous avez noté l'idée
17:05qu'il y a un retour
17:06de certaines idées.
17:06Vous avez parlé
17:07de peine de mort,
17:07de la castration chimique
17:08et ainsi de suite.
17:09Vous noterez,
17:10peu importe ce qu'on en pense,
17:10qu'une proportion
17:11très significative,
17:12souvent majoritaire des Français,
17:13y sont favorables.
17:15Comment l'expliquez-vous ?
17:16Je pense que c'est une forme
17:17de réponse facile
17:19parce qu'on peut avoir une peur
17:22quand on est parent.
17:25On peut avoir une crainte
17:26pour ses enfants.
17:27Et il y a une forme
17:28de solution de facilité.
17:29on va essayer
17:32d'avoir une peine
17:34la plus capitale possible
17:35pour ces auteurs-là.
17:36C'est aussi une forme
17:36de dissuasion.
17:38Par exemple,
17:38quand vous interrogez
17:39les Français,
17:40CSA pour JDD,
17:41Europe 1 et CNews
17:42a montré que 92%
17:44des Français
17:45sont favorables
17:46à la perpétuité réelle
17:47pour ceux qui ont commis
17:48des crimes sur des enfants.
17:50C'est-à-dire qu'à un moment donné,
17:50il y a une dissuasion.
17:52C'est-à-dire,
17:52tiens, si je fais ça,
17:54je risque quand même.
17:55Non, vous n'y croyez pas.
17:56Sauf que tous les experts
17:57de criminologie,
17:58et y compris,
17:59j'ai essayé d'en écouter
18:00beaucoup ces dernières semaines
18:01parce que je pense
18:02que c'est une situation
18:04qu'il faut essayer
18:05d'apporter,
18:06de réfléchir collectivement.
18:08Et tous les experts
18:08de criminologie
18:09disent très clairement
18:10que ce qui fonctionne
18:11pour faire reculer
18:12une infraction,
18:13ce n'est pas
18:13de risquer une peine lourde,
18:16mais c'est la certitude
18:17d'être pris.
18:18La certitude
18:19que si vous commettez
18:20ce crime,
18:22alors vous serez poursuivi.
18:23À l'heure actuelle,
18:24les auteurs
18:25de ce type de crime
18:26savent qu'ils peuvent jouer
18:26d'une certaine forme
18:27d'impunité.
18:28On appelle ça
18:29le taux d'élucidation
18:30dans le terme
18:32en criminologie.
18:32Vous encouragez par exemple
18:33ceux qui se font passer
18:34pour des jeunes adolescentes
18:36derrière le net
18:37et qui traquent
18:38des pédocriminels ?
18:39Non, moi,
18:40ce que je encourage,
18:41ce n'est pas
18:41à se faire justice
18:42soi-même,
18:42c'est que notre système judiciaire...
18:44C'est des policiers souvent
18:45ou des...
18:45Alors, il y a des associations
18:48et ensuite,
18:49ils remontent les informations
18:50aux policiers
18:50qui ensuite prennent en main
18:51le sujet.
18:51C'est deux choses différentes.
18:53Moi, ce que je souhaite,
18:54c'est que le système d'enquête
18:57et de police judiciaire
18:58puisse dédier davantage
19:00de temps là-dessus,
19:01mais c'est souvent des enquêtes
19:02qui sont longues pour...
19:03Ces associations le font
19:03parce qu'ils constatent
19:04que la police n'a ni les moyens,
19:05ni suffisamment de moyens...
19:07C'est pour ça que moi,
19:08en tant qu'actrice politique,
19:09je ne peux pas me satisfaire
19:10que des associations
19:11pallient aux carences de l'État.
19:12C'est la responsabilité de l'État
19:14d'y mettre les moyens
19:15qui sont nécessaires,
19:17tant du côté police
19:19que du côté justice.
19:20Et je vous le dis,
19:21il y a eu plusieurs milliers
19:22de suppressions de postes
19:23en police judiciaire
19:24ces dernières années.
19:25Il y a eu,
19:26dans le dernier budget rectificatif
19:28et dans le dernier décret
19:29pris par le gouvernement,
19:30plus de 400 millions d'euros
19:32qui ont été supprimés
19:32dans le budget de la justice.
19:34Forcément, à la fin,
19:35ces carences humaines,
19:36on les paye.
19:37Sans compter les instructions
19:38qui sont données...
19:39Après, pardon,
19:39je vous laisse poser votre question.
19:40Sans compter les instructions
19:41qui sont données
19:42par le ministère de la Justice,
19:44de se concentrer
19:44sur les opérations
19:45de place nette,
19:46les trucs qui font grand bruit
19:48de manière immédiate.
19:49Une enquête au long cours
19:49contre des agresseurs sexuels,
19:51forcément,
19:52c'est un peu moins fracassant,
19:53mais c'est néanmoins
19:54indispensable,
19:55on le voit.
19:55Je reviens sur la question
19:56de la peine un instant
19:57qui me semble centrale.
19:58Vous avez dit peut-être
19:59que les Français
20:00par faciliter
20:01la castration chimique
20:02ou la peine de mort,
20:03tant sèche,
20:04mais est-ce qu'il n'y a pas
20:04une demande dans la population
20:06d'une peine
20:06pour marquer l'impardonnable,
20:08quelle qu'elle soit ?
20:08On est devant des crimes tels
20:10qu'on ne doit pas chercher
20:12à comprendre,
20:13pardonner,
20:14excuser,
20:14réhabiliter.
20:15Il y a une forme
20:15de peine impardonnable
20:16qui viendrait sanctionner
20:18des crimes impardonnables.
20:19Pour moi,
20:19il y a une demande
20:20qui doit être double
20:21et qui doit être satisfaite.
20:22La première,
20:23vous m'excuserez,
20:23avant la peine,
20:24c'est que ces crimes
20:25n'arrivent pas.
20:26Ça va de soi.
20:26Vous me posiez la question
20:27tout à l'heure,
20:28M. Devineau,
20:28et je n'ai pas eu le temps
20:29de finir de répondre
20:30à votre question
20:30sur qu'est-ce qu'on doit faire
20:31en tant qu'acteur politique.
20:32La prévention,
20:33elle est essentielle,
20:34M. Bacoté,
20:35pour que ces actes
20:35n'arrivent pas.
20:36J'en dis un mot
20:37parce que c'est souvent,
20:38y compris ça a été balayé
20:39d'un revers de la main
20:40par le Premier ministre
20:41Sébastien Lecornu
20:42quand ma collègue
20:42Mathilde Panot
20:43l'a interrogé cette semaine.
20:44Quand vous avez
20:45des cours d'éducation
20:46à la vie affective sexuelle
20:49qui sont obligatoires
20:51depuis les années 2000
20:51dans notre pays
20:52et seulement 15%
20:54des élèves
20:54qui les ont par an,
20:55alors oui,
20:56c'est un problème
20:56parce que dans ces cours-là,
20:58on apprend aux enfants
20:58la notion de consentement.
21:00On leur donne aussi
21:01ce qu'on appelle
21:01un safe space,
21:02un lieu sûr
21:02dans lequel parfois
21:03ils peuvent exprimer
21:04le fait qu'ils ont pu
21:05être victimes d'attouchements,
21:06etc.
21:06Ça, c'est pour le volet prévention.
21:08Et ensuite,
21:08j'en arrive à votre question
21:09sur le volet répression,
21:12entre guillemets.
21:12Je pense qu'il y a
21:13une soif de justice
21:14et que les auteurs
21:18de ce type de crime
21:20ne passent pas
21:21à de la récidive.
21:22Et je ne crois pas
21:23dans notre pays
21:24que l'on doive en revenir
21:26et ce serait,
21:26je pense,
21:27extrêmement grave
21:28et un immense retour
21:29en arrière
21:29de revenir
21:31à la peine de mort.
21:32C'est une peine capitale
21:33qui a été abolie
21:34pour de bonnes raisons.
21:35Et quant à la castration chimique,
21:37pardon,
21:37mais c'est croire
21:38que les agressions
21:38vis-à-vis des enfants
21:40répondent à des pulsions sexuelles,
21:41ce qui est démonté
21:42par tous les experts
21:43et y compris
21:44les experts scientifiques.
21:45Je pense que ça répond davantage
21:46à des rapports de domination
21:48et c'est contre ces rapports
21:49de domination
21:49qu'il faut se battre
21:50plutôt que contre
21:51des pulsions sexuelles
21:52qui, à mon sens,
21:53ne sont pas...
21:54Vous pourriez,
21:55madame,
21:55des pulsions sexuelles,
21:56ça veut dire que
21:57c'est une forme
21:57de déresponsabilisation.
21:58Pardon, je répondais
21:59à votre collègue.
21:59Je vous en prie,
22:00monsieur Devineau.
22:00Mon collègue prend beaucoup de...
22:01Allez-y, monsieur Devineau,
22:03je vous laisse de l'espace.
22:04Non, non, non,
22:04juste une dernière question
22:05sur le sujet,
22:06pardonnez-moi.
22:07Est-ce que vous êtes prêts
22:09à faire une...
22:10à voter
22:11une proposition
22:13transpartisane ?
22:14Est-ce qu'on pourrait aller
22:15au-delà des partis
22:16sur un sujet
22:17qui est,
22:17comme celui-ci,
22:19fondamental
22:19pour la protection
22:20de nos enfants ?
22:20Est-ce que
22:20de reconquête,
22:22de RN
22:23jusqu'à la France insoumise,
22:24on peut mettre
22:25en dehors la politique
22:26et dire, voilà,
22:27on va voter tous ensemble
22:28là-dessus,
22:29une réforme ?
22:29Est-ce qu'il faut agir ?
22:30Est-ce qu'il faut une loi ?
22:31La réponse est oui.
22:32Est-ce qu'elle doit être
22:32la plus collective possible ?
22:33La réponse est également oui.
22:35Il y a une loi intégrale
22:38qui est portée
22:39par les associations féministes.
22:40Je profite de votre antenne
22:41pour en appeler
22:43au gouvernement,
22:44à Gérald Darmanin,
22:45à Laurent Dunez,
22:46ministre de l'Intérieur
22:46et ministre de la Justice,
22:48de la mettre à l'agenda.
22:49Ensuite,
22:49dans le cadre
22:50de ce projet de loi,
22:51on fera des propositions.
22:53Des propositions
22:53que je viens de vous faire,
22:54tant d'un point de vue
22:55d'action sur la prévention
22:57que sur les moyens
22:58sur la justice
22:59pour essayer
23:00de se mettre d'accord.
23:01Sur le bon sens
23:01pour la protection
23:02de nos enfants.
23:03on pourra peut-être
23:03avoir des désaccords.
23:05Le gouvernement est celui
23:06qui a coupé des postes
23:07dans la police judiciaire.
23:08Vous l'avez déjà dit.
23:09Sauf s'ils changent d'avis
23:10et c'est tant mieux,
23:11on pourra se mettre d'accord.
23:12S'ils ne sont pas d'accord,
23:13nous,
23:13on continuera à faire
23:14ces propositions-là
23:15parce que je pense que
23:16si on n'agit pas
23:17sur tous ces niveaux
23:18à la fois prévention,
23:20justice,
23:21accompagnement des victimes
23:22et on en a assez peu parlé
23:23et des moyens
23:24parce que sinon,
23:25c'est pour ça
23:26qu'on parle de loi intégrale.
23:27Si vous oubliez un volet,
23:27ça ne marche pas.
23:28Invité du Grand Rendez-vous.
23:29On se retrouve dans un instant.
23:33Suite du Grand Rendez-vous
23:34Europe 1 CNews,
23:35Les Echos
23:36avec Manon Aubry
23:37et sur les questions économiques,
23:38Stéphane Dupont.
23:39Oui, Manon Aubry,
23:40vous êtes à la France Insoumise
23:41en train de peaufiner
23:42votre programme économique
23:44en vue de la prochaine présidentielle.
23:46Il est dans la droite ligne
23:47du programme de 2022
23:49mais j'imagine
23:50qu'il est en train d'évoluer.
23:53Ce qui a changé
23:54par rapport à 2022,
23:55c'est la situation
23:55des finances publiques.
23:56Elle s'est beaucoup dégradée.
23:58Vous prenez toujours
24:00l'avènement
24:01d'une société collectiviste
24:03gouvernée par les besoins
24:04parce que quand on vous écoute,
24:06on a l'impression
24:07de vivre 20 ou 30 ans en arrière.
24:09Il n'y a plus qu'en Union soviétique
24:10et dans quelques pays communistes
24:12comme Cuba,
24:12le Venezuela
24:13c'est là où on part encore
24:13de société collectiviste.
24:15C'est assez étonnant
24:17dès qu'on met le mot collectivisme,
24:19on voit que ça devient
24:19un totem
24:20qui peut être
24:21rapidement agité.
24:22Vous avez dit
24:23un sujet
24:25qui est important
24:26pour nous
24:26dans le cadre
24:26de notre programme économique,
24:27c'est partir des besoins.
24:30Tout notre programme économique
24:31est fondé sur les besoins.
24:32Donc,
24:33quels sont les besoins ?
24:35On parlait à l'instant
24:36de la justice
24:37pour lutter contre les violences
24:38faites aux enfants
24:39et aux femmes.
24:40On peut parler aussi
24:41dans le cadre
24:42de la lutte contre
24:43le réchauffement climatique
24:45singulièrement en ce moment
24:45avec la canicule
24:46que nous vivons.
24:47C'est dommage d'ailleurs
24:48qu'on n'ait pas un thème
24:49sur la canicule
24:49vu comment ça nous étreint tous
24:51et je pense que c'est un sujet
24:52qui est politique.
24:54Et donc,
24:54on part de ces besoins-là
24:55en matière industrielle,
24:57agricole,
24:58justice,
24:58etc.
24:59et à partir de ces besoins,
25:00vous avez raison,
25:01il faut mettre un financement
25:02qui est en face
25:04et que la situation économique
25:06n'est pas la même en 2027
25:07qu'elle est en 2022
25:08parce qu'on ne va pas
25:09se raconter d'histoire.
25:09Emmanuel Macron
25:10a largement dégradé
25:11les finances publiques
25:12notamment en multipliant
25:13les cadeaux fiscaux
25:14aux plus riches.
25:15Je ne sais pas
25:16si vous avez vu
25:16mais je crois qu'il y avait
25:17un article dans les échos
25:18cette semaine
25:19donc vous l'avez peut-être vu.
25:20Il y a eu un rapport
25:21sénatorial cette semaine
25:24qui faisait état
25:25que 40 000 foyers
25:26qui étaient assujettis
25:27à l'ISF
25:28payaient en réalité
25:29zéro euro d'impôt
25:31sur le revenu.
25:31Ça c'était avant
25:32qu'on passe de l'ISF
25:33à l'IFI
25:34c'est à peu près
25:34la même chose
25:35depuis l'IFI
25:36donc l'impôt sur la fortune.
25:37C'est l'ancien ministre
25:37de l'économie
25:38qui en avait parlé le premier.
25:40Et donc on voit
25:41qu'on a un sujet
25:43de justice fiscale
25:44de redistribution
25:45des richesses
25:45qu'on va adresser
25:47dans notre campagne
25:48et puis on a un sujet
25:49financement
25:50de quels sont les outils
25:51de financement.
25:52Sur les impôts
25:53parce que dans votre programme
25:54de 2022
25:54il y avait de mémoire
25:55plus de 180 milliards
25:56d'impôts en plus
25:57les impôts ont encore
25:58augmenté l'année dernière
25:59dans le cadre du budget
26:00de plusieurs dizaines
26:01de milliards.
26:02Vous êtes toujours
26:03partisane
26:03d'augmenter massivement
26:05les impôts en France
26:06on est le pays
26:07qui paye aujourd'hui
26:09le plus de prélèvements
26:10obligatoires
26:11dans les pays développés
26:12est-ce qu'il y a un moment
26:14on ne va pas se dire
26:15trop d'impôts
26:15tue la peau
26:15est-ce que c'est possible ?
26:17180 milliards
26:17c'est énorme.
26:18Monsieur Dupont
26:19ne sait pas vous faire offense
26:20que de dire que vous êtes
26:21un journaliste spécialisé
26:22sur les questions économiques
26:23donc dès qu'on parle d'impôts
26:24c'est difficile de parler
26:24d'impôts de manière générique
26:26ça dépend de quels impôts
26:27on parle
26:27on peut les prendre dans l'ordre
26:28impôts sur le revenu
26:29tous ceux qui gagnent
26:31moins de 4500 euros
26:32par mois en France
26:34qui fait beaucoup de gens
26:35net
26:36ce qui fait beaucoup de gens
26:3792% de la population
26:39environ
26:39ils paieront moins
26:41d'impôts sur le revenu
26:41donc vous voyez
26:42en termes d'impôts sur le revenu
26:43il y a une grande partie
26:44de la population française
26:45sur le premier impôt
26:46qui est concerné
26:46qui paieront moins
26:48si je prends l'impôt
26:49sur les sociétés
26:50oui j'assume de dire
26:51qu'on a un sujet
26:52sur la taxation
26:53des plus grandes entreprises
26:55multinationales
26:55monsieur Patrick Pouyanné
26:56le PDG de Total
26:57c'est pas vrai
26:59monsieur Patrick Pouyanné
27:00le PDG de Total
27:01était auditionné
27:02cette semaine
27:02en commission des finances
27:03à l'Assemblée Nationale
27:04par monsieur Coquerel
27:05par monsieur Coquerel
27:06président de la commission des finances
27:07et dans le cadre
27:07de cette audition
27:08il a été incapable
27:09de répondre à une question
27:10simple
27:11combien de profits
27:12sont localisés
27:13dans chacun des pays
27:14dans lesquels ils opèrent
27:15parce que nous savons
27:16qu'un des pays
27:17où ils localisent
27:18une plus grande part
27:19de leurs profits
27:20c'est par exemple
27:21Singapour et la Suisse
27:22jusqu'à preuve du contraire
27:23il n'y a pas de grand gisement
27:24de pétrole dans ces pays
27:25et c'est davantage
27:26pour les avantages fiscaux
27:27qui fait qu'une entreprise
27:29extrêmement prolifique
27:30qui fait des profits records
27:31comme Total
27:32on parle de plusieurs dizaines
27:34de milliards d'euros par an
27:35ne paye pas un seul euro
27:37d'impôt en France
27:38d'impôt sur les sociétés
27:39alors que les entreprises
27:40au coin de la rue
27:41votre barre
27:42les cotisations
27:45ne sont pas la même chose
27:46que les impôts
27:47le premier impôt payé
27:48par les entreprises
27:49le premier impôt payé
27:50par les entreprises
27:51c'est ce qu'on appelle
27:51l'impôt sur les sociétés
27:53et vous pourrez vérifier
27:54Total ne paye pas
27:55d'impôt sur les sociétés
27:56vous prenez n'importe quel
27:57commerce au coin de la rue
27:58votre boulangerie
27:59votre café
28:00votre libérie
28:01ils payent de l'impôt
28:02sur les sociétés
28:03donc en plus
28:03il y a une inégalité
28:04en matière fiscale
28:05dans le monde des entreprises
28:07que nous voulons rétablir
28:08qui se fait au détriment
28:09des petites entreprises
28:10donc il y aura plus d'impôts
28:10pour les grandes entreprises
28:11plus d'impôts
28:12pour les ménages
28:14aisés
28:14et moins pour les ménages
28:15moins aisés
28:16et moins pour les petites entreprises
28:17s'il fallait simplifier
28:19mais ça tombe bien
28:21au final
28:21la somme ne sera pas nulle
28:24puisqu'il y aura quand même
28:24une augmentation globale
28:25de la fiscalité
28:26de près de 200 milliards d'euros
28:27alors on n'a pas fait
28:28le chiffrage actualisé
28:30c'est un exercice
28:31qu'on va faire
28:31dans le cours de cette campagne
28:32ça tombe bien
28:33je m'occupe particulièrement
28:34du volet fiscalité
28:35dans le programme
28:36donc on aura l'occasion
28:37d'en discuter
28:38d'en rediscuter
28:39le moment où on aura finalisé
28:40ceux qui gagnent
28:41par exemple
28:41plus de 4500 euros net
28:43combien d'impôts
28:43ils vont payer
28:44ça vous ne l'avez pas encore
28:45mais c'est déjà ceux qui payent
28:46l'essentiel de l'impôt sur le revenu
28:48mais c'est quoi
28:49en 2022
28:49parce que là
28:50ceux qui gagnent vraiment
28:51au-delà de 500 000 euros
28:53à 2
28:55payent 47%
28:56c'est-à-dire qu'il y a
28:5745 plus les 2%
28:58de taxes en plus
28:59qui avaient été
29:00faites en 2011
29:01vous avez l'air
29:03bien informés
29:04et bien inquiets
29:05pour les gens
29:05qui gagnent plus de 500 000 euros
29:06c'est une question
29:07clinique entre guillemets
29:08c'est pas
29:10si vous voulez
29:11quand je fais
29:12un système fiscal
29:13j'essaie de penser
29:14qu'est-ce qui est le mieux
29:14pour l'écrasante majorité
29:15de la population
29:16et oui
29:17il y a une toute petite minorité
29:19d'extrêmement riches
29:20qui paieront un peu plus
29:21mais quand vous avez
29:22un peu plus
29:22c'est 47
29:23c'est proportionnel
29:24c'est proportionnel
29:27parce que François Hollande
29:27avait proposé 75%
29:29d'impôts
29:29pour les traités
29:30est-ce que par exemple
29:31c'est ça ?
29:31vous connaissez la différence
29:33en imposition
29:34entre le taux marginal
29:35et le taux moyen
29:35le taux marginal
29:37c'est une fois que vous passez
29:38un certain seuil
29:39l'argent supplémentaire
29:41que vous gagnez
29:41va être taxé à ce taux
29:42mais ça ne va pas être le taux
29:43qui va être imposé
29:44sur l'ensemble de vos revenus
29:45et c'est pour ça
29:46qu'on a un système
29:47qui est proportionnel
29:48en France
29:48mais qui est proportionnel
29:49seulement avec 5 tranches
29:51d'impôt sur le revenu
29:51nous nous en proposons 14
29:53de manière à ce que ce soit
29:55davantage proportionnel
29:56et que ça tienne davantage compte
29:58des revenus individuels
29:59Madame Aubry
29:59ce que vous essayez
30:00de nous faire croire
30:00c'est qu'avec votre programme
30:02ce sera simplement
30:02les ménages vraiment
30:03les plus aisés
30:04les plus riches
30:04qui vont payer plus
30:05je vous le confirme
30:06aujourd'hui
30:09c'est 10%
30:1010% des français
30:12payent 70%
30:13de l'impôt sur le revenu
30:14à terme
30:15ils vont payer combien ?
30:16100% de l'impôt sur le revenu
30:17c'est 10% de français
30:19c'est des cadres
30:20c'est pas des gens
30:20qui gagnent forcément
30:21des millions
30:22je vous reprends l'exemple
30:24de ce rapport sénatorial
30:25est-ce que vous trouvez
30:25ça normal
30:26que 40 000 foyers
30:27qui ont un patrimoine
30:30suffisamment important
30:31pour être assujettis
30:32à l'impôt sur la fortune
30:33payent 0 euro
30:34d'impôt sur le revenu
30:35est-ce que vous pensez
30:35sérieusement
30:36qu'ils gagnent
30:370 euro
30:38de revenu ?
30:39avec une discussion comme ça
30:40on n'y arrivera pas
30:40parce que vous nous dites
30:41il y a ceux qui payent 0
30:42et nous on vous dit
30:43il y a ceux qui payent
30:44plus de 47
30:45je vous donne
30:46des exemples précis
30:47de personnes qui sont
30:48aujourd'hui
30:48qui ne sont pas assujettis
30:49à l'impôt
30:50qui font de l'évasion fiscale
30:51et je pense que
30:52un c'est le premier axe
30:54de travail
30:55sur lequel on doit
30:56mettre nos efforts
30:57ensuite
30:57oui on doit avoir
30:58un système
30:59qui est davantage progressif
31:00qui est davantage juste
31:01et je ne peux pas être
31:02plus précise
31:02qu'il y a 92%
31:04des personnes
31:05qui paieront moins
31:06d'impôts sur le revenu
31:07le seuil
31:07puisque vous posez
31:08la question du seuil
31:08monsieur Bocoté
31:10à partir de 4500 euros
31:11par mois
31:11on n'est pas très riche
31:13mais on fait partie
31:13des plus aisés
31:14de la population
31:15ceux-là vont payer
31:16un tout petit peu plus
31:17à partir de 4500 euros
31:18vous considérez
31:18qu'on est très aisés ?
31:20non je viens de vous dire aisés
31:22je viens de vous dire aisés
31:23mais le point de focale
31:25ne sera pas
31:26sur ceux qui gagnent
31:274600 euros par mois
31:28qui vont peut-être
31:29payer quelques dizaines
31:30d'euros en plus
31:30vous avez bien compris
31:31que notre point d'intention
31:32c'est sur les plus riches
31:33dans notre pays
31:34quand vous avez
31:35des personnes
31:36comme
31:37désolé de le prendre
31:38tout en haut
31:39de la hiérarchie
31:40Bernard Arnault
31:41ou monsieur Bolloré
31:42qui sont très loin
31:43de payer leur juste part
31:44d'impôts
31:45qui ont des patrimoines
31:46qui s'ils dépensaient
31:47non c'est pas vrai monsieur
31:48c'est pas vrai
31:50eu égard à leur richesse
31:51ils payent beaucoup moins
31:52d'impôts sur vous
31:53par rapport à vous
31:54donc vous devriez
31:54vous même
31:55en tant que
31:58vous devriez
31:58vous insurger
31:59contre monsieur Bolloré
32:01je sais que c'est un peu
32:02osé que de le demander
32:03sur CNews
32:04mais je vous assure
32:05qu'à titre personnel
32:06vous auriez tout intérêt
32:08à vous révolter
32:08comme l'écrasante majorité
32:10de la population française
32:11qui aujourd'hui
32:12paye le prix
32:13d'un système fiscal
32:14qui a été rendu
32:15de plus en plus injuste
32:15ces dernières années
32:16vous êtes toujours
32:17pour le retour
32:17à la retraite à 60 ans
32:19je vous confirme
32:19et vous financez ça comment ?
32:22alors ça c'est des débats
32:23qu'on a déjà eu
32:23au moment de la réforme
32:25des retraites
32:25sachant que l'espérance
32:27de vie progresse
32:27c'est que la natalité baisse
32:30il y aura de plus en plus
32:31de gens
32:31de plus en plus
32:32de retraités
32:33et de moins en moins
32:35de cotisants
32:35ce qu'on propose
32:37c'est d'y aller
32:37en deux étapes
32:38on annule
32:39la réforme des retraites
32:40à 64 ans
32:40et on revient
32:41à 62 ans
32:41et ensuite
32:42on va vers la réforme
32:43à 60 ans
32:43comment on le fait
32:44en 30 secondes ?
32:45un, en taxant
32:46les revenus
32:47du capital
32:48qui sont eux
32:49beaucoup moins taxés
32:50deux, en faisant
32:52l'égalité salariale
32:53femmes-hommes
32:53vous le savez
32:54que les cotisations sociales
32:55qui sont payées
32:55et qui servent
32:56à payer les retraites
32:57dépendent de votre niveau
32:57de revenu
32:58or il y a un niveau
32:59d'écart
32:59de moins de 10%
33:01à post-égal
33:02et de plus de 20%
33:03dans la population générale
33:04entre femmes et hommes
33:05et donc c'est un manque
33:06à gagner en termes
33:06de cotisations sociales
33:07je vous ai donné
33:08deux exemples
33:08de pistes de financement
33:09mais vous aurez l'occasion
33:10de revenir
33:10à notre grand exercice
33:12de budgétage
33:14et de chiffrage
33:15de notre budget
33:17et de notre proposition
33:18économique
33:19en général
33:19on est les seuls
33:20à le faire
33:20lors des campagnes présidentielles
33:22je crois que ça démonte
33:23notre crédibilité
33:24en la matière
33:25à tout de suite
33:25pour la dernière partie
33:31du Grand Rendez-vous
33:56Europe 1
33:56pour les défenseurs du texte
33:58c'est un compromis pragmatique
33:59qui permet d'éviter
34:00une guerre commerciale
34:01pour ses opposants
34:02c'est un accord déséquilibré
34:03et pour vous
34:03c'est une défaite ?
34:05c'est même une capitulation
34:07en race campagne
34:07il faut bien se rendre compte
34:08de ce dont on parle
34:09avec cet accord commercial
34:11dans le cadre
34:12de cet accord commercial
34:13tous les produits européens
34:14qui vont entrer
34:15sur le marché américain
34:16vont être taxés
34:17à 15%
34:18en revanche
34:18tous les produits américains
34:20qui vont entrer
34:20sur le marché européen
34:21ne vont pas être taxés
34:22je pense qu'il n'y a pas besoin
34:23d'un bac plus 8 en économie
34:24pour comprendre
34:25que c'est extrêmement inégal
34:26sans compter que Donald Trump
34:28il n'a pas prévu
34:29de s'arrêter là
34:30derrière il veut s'attaquer
34:31à nos régulations
34:31en matière numérique
34:32il veut s'attaquer
34:33à nos régulations
34:34en matière sanitaire
34:35et environnementale
34:36il demande qu'il y ait
34:37des investissements massifs
34:38qui soient faits
34:38par l'Union Européenne
34:40aux Etats-Unis
34:41l'achat d'énergie polluante
34:43et moi je vous le dis
34:43comme je le pense
34:44l'Union Européenne
34:45est devenue
34:45le paillasson de Donald Trump
34:47qu'est-ce qu'il fallait faire
34:48il fallait faire quoi
34:49une guerre commerciale
34:49avec les Etats-Unis
34:51c'était ça
34:52c'était la guerre commerciale
34:53avec les Etats-Unis
34:54on y était déjà un peu entré
34:55je regrette
34:57que aujourd'hui
34:58la seule alternative
34:59qui est posée
35:00c'est de dérouler
35:01le tapis rouge à Trump
35:02d'ailleurs comme Macron
35:03l'a fait à Versailles
35:04pas plus tard
35:04que cette semaine
35:05et au Parlement Européen
35:07je préside le seul groupe
35:08à s'être unanimement
35:09opposé à cet accord
35:11qui est une capitulation
35:12en race campagne
35:12et vous vous souvenez peut-être
35:13il avait été annoncé
35:14l'été dernier
35:15cet accord
35:17c'était en plusieurs scènes
35:18dans un golf
35:19c'était assez lunaire
35:21je me souviens
35:21au moment où ça avait été annoncé
35:23c'était au coeur de l'été
35:24toute la classe politique
35:26tout bord politique
35:27confondu
35:28était vent debout
35:28tout le monde disait
35:29c'est inacceptable
35:30c'est inégal
35:31on va demander des comptes
35:33à la présidente
35:34de la commission européenne
35:35Ursula von der Reyen
35:35et là au moment
35:36où il s'agit du vote
35:37comment est-ce que vous expliquez
35:38ce revient
35:38parce que personne n'a
35:39de courage politique
35:40parce qu'au moment
35:41où ça a été annoncé
35:43on dit ah non
35:44c'est pas juste
35:44pour l'Union Européenne
35:45et dès qu'il s'agit de voter
35:46il n'y a plus personne
35:47et je vais vous dire
35:48là-dessus
35:48c'est le cas
35:49mais sur tellement de sujets
35:50au Parlement européen
35:51où on se sent seul
35:52et je me dis
35:53heureusement je remercie
35:54ceux qui ont voté pour nous
35:55parce qu'on a quand même
35:56une petite forme de résistance
35:58mais franchement
35:59je ne vous raconte pas d'histoire
36:00cette semaine au Parlement européen
36:01avec mon groupe
36:02on s'est senti bien seul
36:03à dénoncer cet accord
36:04qui n'est ni fait ni à faire
36:06qui est extrêmement inégal
36:07qui a été écrit
36:10pour répondre au désir
36:11à ta de Donald Trump
36:12à tel point
36:12que je me demande
36:13si les députés
36:14que j'ai en face de moi
36:15c'est quoi
36:16la prochaine étape
36:16si on va les remplacer
36:17par des députés américains
36:18au point où on en est
36:19vu qu'on fait les lois
36:21au service des américains
36:22on parle quand même
36:23de souveraineté européenne
36:25à longueur de journée
36:26quand je dis on
36:27c'est les dirigeants politiques
36:28tous bords confondus
36:29la présidente de la commission européenne
36:31etc
36:31et là quand il s'agit
36:32de défendre notre souveraineté
36:33il n'y a plus personne
36:34c'est quand même assez hallucinant
36:34il n'y a pas une hypothèse
36:35aussi qu'on peut considérer
36:36c'est que plusieurs députés
36:37européens pensent à l'après-trom
36:38c'est-à-dire on a une période
36:40césarienne très particulière
36:42avec un homme qui veut
36:43imposer ses désirs
36:44de manière brutale
36:45mais l'idée c'est de conserver
36:46une relation américaine
36:47tolérable
36:48pour la séquence de l'après-trom
36:49qui commencera assez bientôt
36:51je pense que c'est un pari
36:53qui est extrêmement perdant
36:54il est d'abord perdant
36:55dans l'immédiat
36:55puisque quand vous avez
36:5615% de droits de douane
36:57pour nos produits
36:57sont réciproques
36:58ça veut dire que les produits
36:59américains vont entrer
37:00sur le marché européen
37:01faire une concurrence déloyale
37:03à nos produits
37:03donc c'est mauvais
37:04pour notre industrie
37:05pour notre agriculture
37:06et demain j'insiste
37:07sur nos législations
37:08en matière numérique
37:09et en matière sanitaire
37:10puisque Donald Trump
37:11a dit très clairement
37:12que c'était la prochaine étape
37:13à laquelle il voulait
37:14s'y attaquer
37:14et donc vous perdez
37:16sur ce plan-là
37:16sans avoir la garantie
37:18de quoi que ce soit
37:18ce que dit aussi
37:19Donald Trump
37:20comme à Montbrou
37:21c'est qu'il paye
37:22notre défense
37:23depuis des années
37:24l'OTAN est financée
37:25très largement
37:25par les Etats-Unis
37:26pendant des décennies
37:27ils ont payé
37:27pour notre défense
37:28ils demandent un peu
37:29à être payés en retour
37:29Mais vous avez raison
37:30que ça pose une question
37:31de notre dépendance
37:33aux Etats-Unis
37:34et c'est une des raisons
37:34pour lesquelles
37:35la France insoumise
37:36merci de me faire le lien
37:37ça fait des années
37:38qu'on prône la sortie de l'OTAN
37:40parce qu'aujourd'hui
37:41on ne peut plus dépendre
37:42pour notre défense
37:43et donc pour notre souveraineté
37:44la plus élémentaire
37:45des Etats-Unis d'Amérique
37:47à forcerie
37:47quand ils sont gouvernés
37:48par Donald Trump
37:49qu'on ne peut plus dépendre
37:51d'un point de vue industriel
37:52d'industrie d'armement
37:54qu'il faut pouvoir
37:57construire, développer
37:57en France et en Europe
37:58tout ce dont nous avons
37:59besoin
38:00la France a un petit peu
38:01d'avance sur le reste
38:02de l'Union Européenne
38:02mais ce n'est pas vrai
38:04surtout
38:04et surtout à la fin des fins
38:06le fait qu'on soit
38:07encore membre de l'OTAN
38:08fait qu'on est aussi
38:10dépendant
38:11des décisions stratégiques
38:12en matière militaire
38:13en matière de défense
38:14de Donald Trump
38:14et ça je pense que
38:15c'est dangereux
38:15pour notre pays
38:16Et où la France
38:17a-t-elle été entraînée
38:17malgré à la cause
38:18de son appartenance
38:19à l'OTAN ?
38:20Vous le voyez
38:22la question posée par M. Dupont
38:24est la bonne
38:25c'est que parce qu'on a peur
38:27que les Etats-Unis
38:28coupent les robinets
38:29sur le soutien militaire
38:31qu'ils apportent
38:32aux Etats européens
38:33on est prêt à s'écraser
38:34pour accepter un accord
38:35commercial qui est
38:36complètement inégal
38:37à partir de ce moment-là
38:38je pense que la démonstration
38:39est faite que les réseaux
38:40de dépendance aux Etats-Unis
38:42sont une chose
38:43qui est extrêmement dangereuse
38:44qu'il faut couper
38:45ces réseaux de dépendance
38:46en matière de défense
38:47en matière militaire
38:48en matière industrielle
38:49et donc c'est pas du tout
38:51la direction qui a été prise
38:52par le Parlement européen
38:53bien au contraire
38:53Est-ce que vous ne voyez pas
38:54des similitudes
38:56entre la politique de Joe Biden
38:57et la politique de Donald Trump ?
38:59Les droits de douane
38:59ont toujours été très très grands
39:01les droits de douane américains
39:02ont toujours été une menace
39:04pour l'Union européenne
39:04c'est pas forcément
39:06du fait de Trump
39:06je suis pas là
39:07pour être l'avocat de Donald Trump
39:10mais en l'occurrence
39:11il y a quand même
39:11une forme de continuité
39:12je me souviens
39:12à la fin du premier mandat Trump
39:14on a dit
39:15ah c'est Biden
39:16les Français ont dit
39:17ça va aller mieux
39:17en fait ça n'a pas du tout
39:19allé mieux
39:19il y a eu des actes américains
39:21de comment dirais-je
39:23de contrôle de protectionnisme
39:25ça a continué en fait
39:26Je pense que la vraie question
39:27que ça pose au fond
39:28et qui est la bonne question
39:29c'est quel modèle industriel
39:32et économique nous voulons
39:33et moi je pense qu'il faut
39:34en effet sortir du libre-échange
39:35qui n'a aucune raison
39:36d'aller chercher
39:37à l'autre bout du monde
39:38des denrées agricoles
39:39des denrées industrielles
39:41Ça c'est du protectionnisme du coup
39:41Oui moi j'assume
39:42une forme de protectionnisme
39:43c'est pas se refermer
39:44Il faudrait qu'on mette
39:4515% de droits de douane
39:46sur les Etats-Unis
39:47parce qu'eux nous imposent 15%
39:49Je vous explique
39:51laissez-moi expliquer
39:52ce que j'entends
39:52par protectionnisme
39:53et vous verrez
39:54si ça vous satisfait ou pas
39:55Ce que j'entends
39:56par protectionnisme
39:57c'est d'abord
39:57se donner les moyens
39:58de répondre à nos besoins
39:59on revient à l'économie
40:00des besoins
40:00d'un point de vue industriel
40:01et d'un point de vue agricole
40:03ça passe par exemple
40:03par se protéger
40:05des fonds prédateurs
40:06étrangers
40:07qui prennent le contrôle
40:08d'un certain nombre
40:08de nos entreprises
40:09je pense aux Fonderies
40:10de Bretagne
40:10et à d'autres entreprises
40:12ma collègue Aurélie Trouvé
40:13a fait un formidable rapport
40:14qui a été publié
40:15cette semaine
40:16qui pointe précisément
40:17le risque
40:18de ces fonds
40:19prédateurs étrangers
40:20donc ça veut dire
40:21protéger notre industrie
40:22protéger notre agriculture
40:23et répondre à nos besoins
40:24une fois qu'on a investi
40:26ce qui est nécessaire
40:27pour faire cela
40:27oui il n'y a pas de raison
40:28d'aller chercher
40:29à l'autre bout du monde
40:30ce qu'on sait produire ici
40:31est-ce que ça veut dire
40:31la fin des échanges pour autant
40:33la réponse est non
40:34parce qu'il y a des choses
40:35voilà je ne sais pas
40:36on n'a pas de cacao
40:36par exemple
40:37vous souhaitez un protectionnisme
40:38sans droit de douane
40:39pardon
40:39vous souhaitez un protectionnisme
40:41sans droit de douane particulier
40:42non je pense qu'à un moment
40:44il faut élaborer
40:45des droits de douane
40:45pour se protéger
40:46je vous donne un exemple
40:47l'accord de libre-échange
40:48avec le Mercosur
40:49le principe
40:50c'est d'importer
40:50des centaines de milliers
40:51de tonnes
40:52de bœuf
40:52de volaille
40:53de soja
40:53de tout ce que vous voulez
40:54sans droit de douane
40:55ce qui va évidemment
40:56mettre nos agriculteurs
40:57face à une concurrence déloyale
40:58y compris avec des règles
41:00sanitaires et environnementales
41:01complètement différentes
41:02des nôtres
41:02et donc moi
41:03j'assume de dire que
41:04plutôt que le modèle
41:05de cet accord de libre-échange
41:06dont personne ne veut
41:07oui il faudrait des droits de douane
41:08pour du bœuf argentin
41:10ou du bœuf brésilien
41:11parce que j'estime
41:11qu'il vaut mieux manger du bœuf français
41:13que du bœuf argentin
41:13ou du bœuf brésilien
41:14il nous reste quelques instants
41:16pour évoquer votre voyage au Liban
41:17il y a une semaine
41:19vous avez été présente là-bas
41:21avec des parlementaires
41:22de la France insoumise
41:23quelles solutions
41:24peuvent être mises en place
41:25justement
41:26puisqu'on parlait
41:27de la guerre au Moyen-Orient
41:28pour sécuriser le Liban
41:29et comment est-ce que la France
41:30peut participer selon vous
41:31d'abord ce que je veux
41:33vous raconter
41:34et témoigner
41:35c'est que
41:36personne ne peut revenir
41:37du Liban indifférent
41:38ce que j'ai vu
41:39c'est des déplacés
41:42qui parfois ont été déplacés
41:43deux fois
41:43trois fois
41:44quatre fois
41:44dont les villages
41:45ont été complètement rasés
41:46ce que j'ai vu
41:47c'est des enfants
41:47vous utilisez le mot déplacé
41:49je vous en remercie
41:50oui déplacé interne
41:52dans un pays
41:52ça s'appelle déplacé
41:53parce qu'il y a eu d'autres mots
41:54qui ont été utilisés
41:55en l'occurrence
41:56c'est le terme en droit international
41:58et ce que j'ai vu aussi
41:59ce sont des enfants
42:02poly-amputés
42:03qui ont été touchés
42:04par des bombes
42:05je pense à un enfant
42:08singulièrement
42:08qui est resté dans le coma
42:09plusieurs semaines
42:10et que les soignants
42:11devaient à son réveil
42:13annoncer qu'il avait perdu
42:16l'ensemble des membres
42:17de sa famille
42:17c'est ça que j'ai vu au Liban
42:18quand vous avez douze enfants
42:20qui sont tués
42:21ou blessés par jour
42:22c'est pas une guerre
42:23contre le S
42:24c'est une guerre inhumaine
42:26moi ce que j'attends
42:28de la France
42:29c'est une voie forte
42:30pour la paix
42:31et donc ça veut dire
42:33d'assumer
42:33de rompre les liens
42:35avec l'armée
42:36et le gouvernement
42:37de Benjamin Netanyahou
42:38qui mène
42:39cette guerre
42:40qui est aujourd'hui
42:41destructrice
42:42et donc
42:43je vous donne
42:44un truc très précis
42:45une proposition très pratique
42:46les relations sont déjà exécrables
42:47entre les deux gouvernements
42:48sauf qu'on continue
42:49de commercer
42:50pour l'équivalent
42:50de 70 milliards d'euros
42:52par an
42:52avec Israël
42:53et donc
42:53il y a une initiative
42:54citoyenne européenne
42:55qui a été signée
42:56par plus d'un million
42:57de citoyens européens
42:58qu'on peut encore
42:59signer
42:59qui s'appelle
43:00justice pour la Palestine
43:01de suspendre
43:02l'accord d'association
43:03entre l'Union Européenne
43:04et Israël
43:04qui fait de l'Union Européenne
43:05le premier partenaire
43:06commercial d'Israël
43:07cette initiative
43:08citoyenne européenne
43:09c'est pas comme
43:09n'importe quelle pétition
43:10à partir du moment
43:11où elle a atteint
43:12le seuil d'un million
43:12de signataires
43:13la Commission Européenne
43:14devra y répondre
43:15et donc moi
43:16j'appelle la France
43:17à défendre la suspension
43:18de cet accord
43:18c'est déjà demandé
43:20par la Belgique
43:21l'Espagne
43:21la Slovénie
43:22l'Irlande
43:22il y a déjà
43:23d'autres états
43:23et je pense que la France
43:25devrait en revenir
43:26avec sa tradition
43:28de défense
43:29de la paix
43:30du droit international
43:31c'est d'ailleurs
43:32la demande qui a été faite
43:33toute communauté
43:35la France
43:36je pense
43:38ces dernières années
43:40ne s'enorgueillent pas
43:41de ses positions
43:42non je ne pense pas
43:43qu'elle a œuvré
43:43pour la paix
43:44sur la scène internationale
43:45et je crois que c'est
43:46une demande conjointe
43:47qui émaille
43:48des chrétiens
43:49des musulmans
43:49de toutes les confessions
43:51religieuses au Liban
43:52et qui demande
43:53et qui dit
43:53venez nous aider
43:54à ramener la paix au Liban
43:56et la France doit jouer son rôle
43:57je suis désolé
43:57je dois rendre l'antenne
43:58merci beaucoup
43:58Manon Aubry
43:59très bon dimanche
44:00sur CNews
44:01c'est sur Europe 1
44:01pour la paix
44:03de la paix
44:04de la paix
44:04Sous-titrage FR ?
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