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Chaque dimanche, Pierre de Vilno reçoit un invité politique dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.
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00:00Bonjour à tous et merci d'être fidèles au Grand Rendez-vous Europe 1, c'est News Les Echos.
00:04Bonjour Alain Finkielkraut.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce dimanche.
00:07C'est votre rendez-vous, votre dernier livre, Le Coeur Lourd chez Gallimard,
00:11Conversation avec Vincent Trémolet de Villers.
00:14Nous emmène dans la France de votre enfance, de votre adolescence,
00:18celle de l'après-seconde guerre mondiale, des 30 glorieuses de mai 68,
00:22de la création de courants politiques nouveaux.
00:24Il nous emmène aussi au sein de plusieurs réflexions.
00:27Israël, le peuple français, l'immigration, la gauche, Jean-Luc Mélenchon.
00:32Et de facto, votre livre nous ramène aux faits d'actualité,
00:35ou alors les faits d'actualité nous ramènent à votre livre.
00:38C'est ce qu'on appelle les vases communicants.
00:40Conversation avec vous ce matin à l'infine Kielkraut pendant une heure
00:43avec Stéphane Dupont des Echos.
00:44Bonjour Stéphane.
00:45Bonjour.
00:45Et Mathieu Bocoté.
00:46Bonjour Mathieu.
00:47Bonjour.
00:47Dernière nouvelle du front, j'allais dire, c'est Marco Rubio qui l'annonce.
00:52Je pense qu'il est peut-être possible que dans les prochaines heures,
00:56le monde reçoive une bonne nouvelle.
00:58On parle bien sûr de la guerre au Moyen-Orient.
01:02Des tirs sur la Maison-Blanche ont eu lieu.
01:04Et puis, il y a donc les Américains d'un côté et les Israéliens de l'autre.
01:10Dans votre livre, Le Coeur Lourd, il y a beaucoup de références à Israël.
01:14La naissance de ce pays, les origines, la genèse, le peuple.
01:17Il y a aussi une vraie différence que vous marquez entre Israël, Israël et Benjamin Netanyahou.
01:22Oui, bien sûr.
01:25Elie Wiesel disait, je ne critique jamais Israël, c'est le prix à payer pour avoir choisi de ne pas
01:34y vivre.
01:35Eh bien, je ne suis pas dans la même situation.
01:38J'aime trop Israël pour rester silencieux devant les agissements de ses gouvernants.
01:50Et notamment des ministres fanatiques que sont Israël Katz, Belazel Smotrich et Itamar Ben-Gvir.
02:04Donc, le ministre de la Défense, Israël Katz, Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité Intérieure.
02:09Voilà.
02:10Et Itamar Ben-Gvir vient de faire des siennes.
02:14C'est un scandale mondial.
02:17Il a diffusé une vidéo où on le voit se pavanant devant des membres d'une flottille pour Gaza,
02:28agenouillée et ligotée.
02:30Je n'ai aucune indulgence pour ces flottilles.
02:35Elles ne sont pas peuplées de militants.
02:37C'est bien de le dire.
02:38C'est bien de le dire, Alain Fickelkraut.
02:39Peuplées de militants humanitaires, mais de militants politiques, alignés sur le Hamas
02:45et pour certains d'entre eux, approuvant l'acte de résistance du 7 octobre.
02:52Il n'en reste pas moins qu'il est indigne d'agir ainsi.
02:57D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser.
03:00Ben-Amin Netanyahou le pense et son ministre des Affaires étrangères aussi.
03:05C'est une attitude qui est contre-productive pour le gouvernement israélien ?
03:08Je me fous de savoir si elle est productive ou contre-productive.
03:11Elle est indigne.
03:13Il est indigne aussi que ce ministre de la Sécurité nationale ait rationné les vivres,
03:22les aliments des prisonniers palestiniens.
03:26Il est indigne d'entendre Smotrich, inculpé par la Cour pénale nationale,
03:33dire qu'il va répondre en évacuant un village de Bédouin près de Jérusalem
03:42pour permettre l'extension d'une colonie.
03:46Le gouvernement français vient de l'interdire de séjour en France, ce ministre.
03:49Il devrait être en prison en Israël.
03:52Et moi, la question que je me pose,
03:54qu'est-ce que ces deux personnes ont encore de juifs ?
03:59– Qui ? – Benkvir et Smotrich.
04:02Rien ! Benkvir est un pogromiste.
04:05Je veux dire, ce n'est pas possible.
04:07Il met en péril, justement, non seulement l'âme d'Israël,
04:12mais si j'ose...
04:14– Mais est-ce que votre formule...
04:14– L'âme juive.
04:16– Ce sont des mots très forts que vous utilisez.
04:18– Oui, et je les utilise à dessein.
04:20– Mais votre formule est peut-être dure.
04:21Vous pourriez dire, compte-t-il encore de démocratiques ?
04:23Compte-t-il encore de libéraux ?
04:25Mais compte-t-il encore de juifs ?
04:26Peut-être que c'est une formule abusive ?
04:27– Pas du tout.
04:29Si vous voulez, 2000 ans d'exil, 2000 ans d'études,
04:34de persécutions, d'humour, pour donner ça,
04:40ce n'est pas possible.
04:42Et Theodor Herzl et Ben-Gurion aussi
04:46doivent se retourner dans leur tombe.
04:48Les fondateurs du sionisme ne voulaient pas
04:51ces répugnants fanatiques.
04:53Et là, d'ailleurs, j'utilise une expression
04:55d'un israélien, d'un grand historien israélien,
05:00Saul Friedlander.
05:01Et d'ailleurs, Israël, aujourd'hui,
05:03est un pays divisé, déchiré,
05:06entre les héritiers d'Yitzhak Rabin
05:08et les disciples de son assassin.
05:11Il est clair que Ben-Gurion est un disciple,
05:14dit Galamir.
05:15Et d'ailleurs, il s'en réclame.
05:17– Permettez-moi d'insister un peu.
05:18Quand un Français se comporte très mal,
05:21on dit que c'est à la rigueur,
05:22c'est un mauvais Français,
05:23on ne dit pas qu'il n'est plus Français.
05:24Quand un Italien se comporte mal,
05:26on dit que c'est un mauvais Italien,
05:27mais on ne dit pas qu'il n'est plus Italien.
05:29Pourquoi dire de Ben-Gurion
05:31qu'il n'est plus Juif ?
05:32– Qu'est-ce que c'est que le judaïsme ?
05:35Même pour un Juif sécularisé comme moi,
05:39c'est une injonction.
05:41Le judaïsme a apporté les tables de la loi.
05:44Moi, je ne sais pas du tout ce que ça veut dire.
05:46« Je ne mange pas kachère,
05:48je n'ai pas du tout été élevé dans la tradition. »
05:51Mes parents n'ont pas eu le cœur
05:52de reprendre la tradition à leur compte
05:54parce qu'ils ne vivaient plus
05:56sous le regard de leurs propres parents
05:59emportés par la Shoah.
06:01mais il n'en reste pas moins
06:03que j'ai les soucis d'être un mensch,
06:06comme on dit en yiddish,
06:08comme on dit en allemand.
06:10Ces deux personnages ne sont plus des mensch.
06:13Ils ne sont même pas, d'ailleurs,
06:15les continuateurs de la droite révisionniste
06:20Jabodinsky ou Begin.
06:22Begin s'arracherait les cheveux.
06:25Et ça, si vous voulez, mais il faut…
06:26Non, mais il ne s'agit pas de les défendre.
06:27J'étais étonné par votre formule.
06:29Eh oui, mais…
06:30Pogromiste, je la revendique.
06:32Pogromiste.
06:32Être juif, ce n'est pas simplement un donné,
06:34c'est une exigence.
06:36Et simplement, pour comprendre ce qui se passe,
06:39il faut remonter à 1967,
06:43la guerre des six jours.
06:45Cette guerre,
06:46ça a été le commencement
06:48du grand retournement de la gauche.
06:50Israël n'était plus un pays de survivants,
06:53de pionniers,
06:53ça devenait un pays de conquérants.
06:55Et nous vivons l'aboutissement
06:57de cette métamorphose.
07:01Les conquérants,
07:02ce sont aujourd'hui des génocidaires.
07:05L'accusation des génocides,
07:07plus ancienne d'ailleurs que le 7 octobre,
07:09est abjecte.
07:11Elle vise à nazifier les Israéliens
07:12et même à nazifier les Juifs.
07:14Mais d'un autre côté,
07:17certains Israéliens ont perçu
07:20la victoire de la guerre des six jours
07:22comme un miracle.
07:23Ils y ont vu la main de Dieu.
07:27Dieu réinvestissait
07:28l'histoire séculière d'Israël.
07:31Et ça, c'est terrible.
07:32Parce que Dieu, c'est quoi ?
07:33C'est l'homme qui a donné
07:36à Abraham la terre d'Israël.
07:38Et tout d'un coup, en 1967,
07:40on retrouvait Hebron,
07:41on retrouvait Jéricho,
07:43on retrouvait Naplouse,
07:44si j'aime dans la Bible.
07:46Et ça, c'était le vrai retour.
07:48Il n'y a pas de retour à Tel Aviv.
07:49Tel Aviv est né en 1909.
07:51Donc, c'était un moment exceptionnel.
07:53Et ça a tourné la tête
07:55d'un certain nombre d'Israéliens.
07:57Ça a réintroduit un messianisme dévoyé
08:00dans la politique israélienne.
08:02Et on en voit les résultats aujourd'hui.
08:06Cette terre nous appartient.
08:08Les Palestiniens n'ont rien à y faire.
08:10Donc, il n'y a certainement pas eu
08:12de génocide à Gaza.
08:14C'est encore une fois une absurdité.
08:16Mais la politique actuellement menée,
08:19notamment par Smotrich,
08:20en Cisjordanie, en Judée-Samarie,
08:23je ne répune pas à employer ce terme,
08:25si vous voulez,
08:25est une politique d'une brutalité extrême
08:28qui vise à décourager les Palestiniens,
08:31non seulement à annexer cette terre,
08:33mais en expulser les habitants arabes.
08:36Est-ce que vous distinguez,
08:37dans votre analyse de la politique israélienne,
08:39Netanyahou, par exemple,
08:40qui ont peut-être davantage une forme de cynisme
08:42que de messianisme,
08:43et les ministres que vous venez de mentionner ?
08:45Oui, bien sûr.
08:46Je fais la distinction,
08:49et j'aimerais d'ailleurs que,
08:52si un accord est trouvé entre l'Iran et les États-Unis,
08:57comme Marco Rubio semble l'annoncer,
09:01figure dans cet accord le désarmement du Hezbollah,
09:04qui est une force d'occupation,
09:07ce qui est le bras armé de l'Iran,
09:10qui a déclaré la guerre à nouveau à Israël,
09:14en même temps qu'il y avait cet affrontement Iran-États-Unis-Israël,
09:18ce serait vraiment très bien.
09:20Le Hezbollah continue d'envoyer des drones.
09:23Ça, je ne le mésestime pas.
09:25Et donc, voilà,
09:26mais simplement,
09:27Netanyahou, pour revenir à lui,
09:29est cynique,
09:30donc il veut rester au pouvoir,
09:33et il savait que le prix à payer,
09:36c'était d'intégrer dans sa majorité
09:38ces deux ou trois infréquentables.
09:42Et bien qu'il ait condamné Benvir,
09:44il continuera à agir ainsi.
09:46Et moi, en 1996,
09:48lors de son arrivée au pouvoir,
09:50j'avais signé un article pour Le Monde,
09:52à cette époque,
09:53c'était accueilli dans les colonnes de ce journal,
09:55intitulé Netanyahou, la catastrophe.
09:57Cet homme est une catastrophe pour Israël,
10:01parce que ce qui s'impose,
10:03de toute évidence,
10:05c'est la séparation.
10:07Il faudrait, en Israël,
10:09un gouvernement de séparation nationale.
10:12Ces deux peuples,
10:13si on les laisse dans cette promiscuité,
10:17vont droit au pire.
10:20Brutalisation de la société israélienne,
10:22terrorisme palestinien,
10:24on n'en finira jamais.
10:26C'est quoi ?
10:26C'est la solution de deux États,
10:28mais qui, aujourd'hui,
10:29paraît totalement improbable ou impossible.
10:31Ce qui serait nécessaire,
10:33c'est, de toute façon,
10:35un démantèlement
10:36d'un certain nombre d'implantations israéliennes,
10:39pas celles qui sont accolées à la ligne verte.
10:41Et ce qui serait nécessaire,
10:42c'est peut-être,
10:44plus qu'une solution à des États,
10:45c'est Israël et une confédération
10:48jordano-palestinienne,
10:50pour que les Palestiniens, eux-mêmes,
10:51aient un peu d'air.
10:52C'est vrai,
10:53ça paraît très improbable,
10:55très improbable.
10:56Il n'empêche,
10:58il n'y a pas d'alternative viable,
11:01il n'y a pas d'alternative humaine.
11:03Mais ça vient avec des déplacements de population.
11:05Vous en avez conscience ?
11:06Ça vient avec ce qu'on ne fait plus aujourd'hui.
11:08On rapatrie cette population,
11:10on déplace cette autre,
11:11ça fait partie de votre solution.
11:12Non,
11:14non,
11:14c'est déplacement de population.
11:16Certains Israéliens installés en Cisjordanie
11:20doivent en effet rentrer en Israël.
11:24Je n'appellerais pas ça un déplacement de population.
11:28Je pense qu'il n'y aura aucun déplacement des Arabes israéliens,
11:33ça c'est absolument hors de question.
11:35Et il faut que les Palestiniens puissent se sentir chez eux quelque part.
11:43Alors, je vois bien les problèmes, si vous voulez.
11:47Je vois bien Israël qu'on présente comme un grand empire
11:51après la guerre des six jours.
11:53Israël s'est retiré du Liban.
11:54Il a eu le Hezbollah.
11:57Israël s'est retiré de Gaza.
11:59Il a eu le Hamas.
12:00Donc, beaucoup d'Israéliens pensent que s'ils se retirent maintenant
12:04de tout ou partie de la Cisjordanie,
12:08ils auront le Hamas aux portes de Tel Aviv.
12:11Donc, ces Israéliens sont tétanisés à cette idée.
12:15Mais là, nous vivons l'alliance mortifère des tétanisés et des fanatiques.
12:19Il faut briser cette alliance.
12:22Alain Finkielkraut est l'invité du Grand Rendez-vous.
12:23Dans un instant, on parle de la France,
12:25et notamment de la France insoumise.
12:27A tout de suite.
12:31Retour sur le plateau du Grand Rendez-vous Europe 1 C News.
12:34Les échos avec notre invité Alain Finkielkraut,
12:36qui signe le cœur lourd chez Gallimard,
12:38entretien avec Vincent Trémolet de Villers.
12:41Jean-Luc Mélenchon est aussi passé au crible dans votre livre.
12:43Comme beaucoup, vous le présentez comme un personnage complexe,
12:46érudit, savant, savant stratège.
12:49Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est à un peu plus de 10% dans les sondages,
12:54mais par le passé, on a vu qu'il remontait assez vite
12:57et qu'il y a des chances qu'il figure au second tour.
12:59Comment est-ce que vous imaginez une France dirigée par la France insoumise ?
13:03Ce serait une catastrophe.
13:07Ce serait un cauchemar.
13:09Jean-Luc Mélenchon n'est pas complexe.
13:11Jean-Luc Mélenchon est d'abord cynique, lui pour le coup.
13:16Il regarde les cartes, il regarde les quartiers populaires,
13:25il explique à ses troupes qu'il faut se mobiliser pour les jeunes et pour les quartiers populaires.
13:34Il leur dit le reste, laissez tomber, ça ne sert à rien.
13:37Premier résultat de cette mobilisation, l'antisémitisme avéré, l'antisémitisme passionné,
13:46comme dit Raphaël Enthoven, de la France insoumise.
13:49Mais Jean-Luc Mélenchon est antisémite par nature ou antisémite électoralement ?
13:53Est-ce que c'est du marketing ?
13:55C'est les deux.
13:57Il a commencé par opportunisme et il s'est auto-intoxiqué.
14:04Quelques exemples.
14:06Éric Zemmour, il reproduit beaucoup de scénarios culturels.
14:12On ne change rien à la tradition, on a la créolisation en horreur.
14:18Tout ça, ce sont des traditions qui sont très liées au judaïsme.
14:26Jérôme Gage s'agite autour du piquet où le retient la laisse de ses attétions.
14:34Jérôme Gage et Éric Zemmour, dans le même paquet.
14:37Échange avec Apolline de Malherbe.
14:40Apolline de Malherbe lui dit, est-ce que les forces de l'ordre doivent être comme Jésus et ne pas
14:50répondre ?
14:52Réponse de Jean-Luc Mélenchon.
14:55Je ne sais pas si, comme Jésus sur la croix et ne pas répondre, je ne sais pas si Jésus
15:01était sur la croix.
15:02Ce que je sais, c'est que ce sont, s'il y était, c'est que ce sont ses compatriotes
15:09qui l'y ont mis.
15:11Donc, il fait le lien, lui, Jean-Luc Mélenchon, entre le peuple déicide d'hier et le peuple génocide d
15:19'aujourd'hui.
15:20Et Ourya Boutelja dit que c'est une très belle prise de guerre.
15:26Ourya Boutelja qui proclame, on ne peut pas être israélien innocemment.
15:33Mais maintenant, effectivement, il s'est pris au jeu.
15:36Et donc, il est devenu le Le Pen de la politique contemporaine.
15:42Avec son gluxement, avec son Epstein pour Epstein.
15:46Il écorche les mots, c'est du durafour crématoire d'extrême-gauche.
15:52En plus de cela, antisémitisme électoral, puis sincère, francophobie, francophobie déchaînée.
16:03On ne doit plus parler français.
16:05Le français, c'est fini.
16:06La langue française, c'est fini.
16:07On doit parler créole.
16:10Voilà comment c'est créé.
16:11Vous exagérez un petit peu, là, non ?
16:13Comment ?
16:13Il n'a pas dit qu'il fallait parler créole.
16:15Il a dit la nouvelle langue, ce sera le créole.
16:17Et il dit aussi, il en appelle au nouveau peuple, à la nouvelle France.
16:24Il utilise l'expression de grand remplacement.
16:28Et aucune vague d'immigration ne s'est jamais considérée comme la nouvelle France.
16:36Moi, je suis un enfant d'immigrés.
16:38Mes parents ne me disaient pas, en se frappant la poitrine,
16:42nous sommes la nouvelle France.
16:43Pas plus les Juifs que les Polonais, que les Italiens, etc.
16:47C'est absurde.
16:48Mais c'est effectivement ce dans quoi on voudrait éduquer les immigrés et les enfants d'immigrés.
16:57Vous êtes la nouvelle France, celle d'avant.
17:00Et d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon proclame que ce sont les Français de tous,
17:04les Français d'origine française, qui sont aujourd'hui un problème pour la cohésion nationale.
17:10Donc, il en appelle au nouveau peuple pour accéder un jour à la fonction présidentielle.
17:16Alors, le portrait que vous faites est sans appel.
17:21La question que je me pose, dans le paysage médiatique et politique,
17:23Mélenchon ne sera jamais diabolisé comme Le Pen le fut autrefois, vous l'avez dit.
17:28Donc, est-ce que ça ne veut pas dire que pour plusieurs,
17:31et je ne parle pas de Mélenchon ici, mais de ses futurs alliés socialistes,
17:35ses futurs alliés écolos, ses futurs alliés communistes,
17:38et tous ceux qui considèrent qu'en dernière instance, mieux vaut LFI que le RM,
17:42est-ce qu'il n'y a pas une forme d'adhésion ou de sympathie
17:44ou d'acceptation du discours de Mélenchon,
17:47même si on trouve qu'il va peut-être un peu loin en rhétorique ?
17:49Écoutez, ce que je crois, c'est que si Mélenchon est au deuxième tour,
17:56il fera un score presque aussi lamentable
18:00que celui de Le Pen au deuxième tour en 2002.
18:04Beaucoup de Français diront non.
18:09Certains iront jusqu'à voter Bardella, d'autres s'abstiendront.
18:15Cela étant, oui, une partie de la gauche, par antifascisme,
18:23se laissera tenter et dire qu'on peut éviter...
18:26François Hollande, par exemple, dit clairement que Mélenchon n'est pas un ennemi de la République,
18:30donc si c'est Hollande, il préférait que ce ne soit pas lui.
18:33Mais François Hollande, devant tout ce que vous dites,
18:35en dernière instance, ça ne l'empêche pas de dire
18:36que Mélenchon, c'est moins pire que l'on dit.
18:38Oui, et même Jérôme Guetsch, dont vous parliez tout à l'heure,
18:40a dit, en cas de match de la Mélenchon,
18:43je voudrais quand même Mélenchon, alors qu'il le traite dans tous ses mythes.
18:45Est-ce qu'il le redira ? Nous verrons.
18:47Mais je pense aussi que ça tient à Israël.
18:52C'est-à-dire, beaucoup de gens au-delà du cercle de Mélenchon
18:58pensent en effet qu'il y a eu un génocide à Gaza.
19:02Et donc, si vous voulez, la mobilisation contre les sionistes génocidaires
19:09trouve des échos dans une partie de l'opinion
19:13qui est irresponsable politique,
19:16qui va hélas au-delà de la France assommée.
19:18Mais vous ne pensez pas que c'est surtout l'effet d'une forme d'antifascisme,
19:22de carnaval, qui consiste encore à faire le coup
19:25Bardella-Le Pen égale danger extrême-droite méchant ?
19:28Bien sûr, c'est Hitler.
19:29Mais dès lors qu'on hitlérise le RN,
19:32à la fin, on finit par embrasser Mélenchon.
19:34Oui, vous avez raison, bien sûr.
19:36Mais de ce point de vue, est-ce qu'il ne faut pas en finir une fois pour toutes
19:38avec cette fascisation, extrême-droitisation, hitlérisation du RN ?
19:43Travail intellectuel à faire sur l'antifascisme théâtral d'aujourd'hui
19:49et sur l'antiracisme idéologique,
19:51qui empêche de réfléchir, notamment à propos de l'immigration.
19:58Ça, vous avez tout à fait raison.
20:00Et d'ailleurs, on en voit encore un exemple avec l'affaire Canal+.
20:06Un certain nombre de cinéastes ont écrit contre Bolloré,
20:14contre la colonisation crypto-fasciste de l'univers par Vincent Bolloré.
20:22Ce sont leurs propos.
20:23Oui, ce sont leurs propos, bien sûr.
20:24Entre guillemets.
20:26Maxime Saada, qui préside au destiné de Canal+,
20:29a dit « je me suis fait insulter, donc je ne leur donnerai plus d'argent ».
20:33Et tout d'un coup, ça y est, l'antifascisme est à nouveau à nos portes.
20:38La CGT Spectacle et la Ligue des droits de l'homme,
20:41la Ligue des droits de l'homme créée au moment de l'affaire des comptes,
20:44la Ligue porte plainte.
20:46Mais je veux dire, Maxime Saada ne peut pas se faire insulter
20:53et traiter de fasciste sans réagir.
20:55Le fascisme, c'est quand même le mouvement totalitaire.
20:58Oui, parce qu'en gros, ça consiste à dire « je vous traite de fasciste,
21:01vous dites, en échange, je ne vous financerai plus »,
21:03en plus à votre doublement fasciste.
21:05Voilà, exactement.
21:05Donc, j'ai réclame à la fois le droit d'avoir votre argent
21:07et de vous insulter tout à la fois.
21:08Et de vous insulter, oui, ça, il faut choisir.
21:11Il faut choisir.
21:11Donc, tout ça me paraît, ça me paraît très théâtral.
21:16Pour en revenir d'ailleurs à cette affaire,
21:18j'ai jugé indigne et scandaleuse l'éviction d'Olivier Nora, de Grasset.
21:24Ça ne se fait pas, ça ne se fait pas comme ça.
21:27Ce n'était pas mérité.
21:28C'est votre opinion, Alain Fincage.
21:30Je comprends.
21:31Oui, mais vous vous rendez compte, c'est mon opinion et je la partage.
21:35Oui, oui, je connais cette expression.
21:37Je la partage.
21:38Donc, je comprends l'émotion d'un certain nombre d'auteurs
21:44qui ont été aidés par Olivier Nora,
21:48mais je ne suis pas la grande kermesse antifasciste,
21:55d'autant plus que dans le milieu culturel,
21:58dans le milieu médiatique, dans le milieu de l'édition,
22:01nous ne sommes pas menacés par le fascisme, le crypto-fascisme.
22:07Mais c'est la gauche et quelquefois l'extrême gauche
22:10qui est en position dominante.
22:12Alors, sachons raison gardée.
22:14Alain Finkielkraut, pourquoi est-ce que pour être cinéaste,
22:17pour être auteur, pour être romancier,
22:19il faut avoir son ticket de gauche ?
22:21Pourquoi c'est comme ça ?
22:22D'abord, ce n'est pas tout à fait vrai non plus.
22:26On n'a pas besoin de ticket.
22:27Moi, j'ai beau dire que c'est parce que je suis de gauche
22:31que je ne suis plus de gauche,
22:32je suis considéré comme un homme de droite
22:35et j'arrive à publier mes livres.
22:38Mais vous n'êtes plus le bienvenu dans le monde.
22:40Et par ailleurs, vous sentez le besoin de dire
22:41que vous êtes encore de gauche quand même un peu.
22:43Ce n'est pas le besoin.
22:45Vous, vous avez le besoin de dire
22:47que vous êtes un homme formidable,
22:49que vous avez toujours été à droite, Mathieu Bocoté.
22:52Moi, je pense que la gauche, c'était la laïcité.
22:54La laïcité pour la gauche aujourd'hui,
22:57c'est effacer ce qui ramasse,
22:59ce qui reste de marques chrétiennes en France
23:01et pour le reste, vive le foulard islamique à l'école,
23:05vive la baïa, c'est dans le cas de la lutte
23:07contre l'islamophobie.
23:09La gauche, c'était l'école.
23:10La France est toujours foutue de l'école.
23:12La gauche, c'était l'école.
23:13Et maintenant, l'école est détruite
23:15par l'abandon de l'exigence et de l'excellence
23:19au nom d'une idée absurde de l'égalité.
23:22La gauche, c'était les classes populaires,
23:24la défense des classes populaires.
23:25Maintenant, on l'a dit avec Mélenchon,
23:28c'est les quartiers populaires,
23:30les classes populaires et leur angoisse existentielle
23:32sont laissées à elles-mêmes, abandonnées
23:35par la gauche au Rassemblement National.
23:37Voilà pourquoi je dis ce que je dis.
23:41Cela est...
23:41Alain Finkielkraut et l'invité du Grand Rendez-Vous.
23:45C'est l'heure, mais on se retrouve dans quelques instants.
23:47Soyez patients.
23:48Il y a intérêt.
23:52Alain Finkielkraut, toujours invité du Grand Rendez-Vous.
23:55Ce dimanche, vous avez vu la victoire du RC Lens
23:58en Coupe de France, une victoire footballistique,
24:02mais une victoire d'un peuple, d'une nation, d'une ville,
24:06de supporters qui s'est fait sans heure,
24:08où il n'y a pas eu de casse,
24:10où il n'y a pas eu de voitures de police
24:12qui ont dû intervenir.
24:14Quelle est votre réaction aujourd'hui
24:16alors qu'on pourrait faire la comparaison
24:18avec la Ligue des champions
24:20et la victoire en demi-finale du PSG ?
24:22Ah oui.
24:25Devant les violences commises par certains supporters,
24:30notamment ceux du PSG,
24:31mais aussi ceux qui envahissent les stades
24:34quand leur équipe n'est pas bonne,
24:36j'ai eu envie de penser
24:38que même les supporters, c'était mieux avant.
24:41Et là, je consolidais ma réputation de ce qu'on a eu mieux.
24:44Et il s'est passé ce qui s'est passé
24:46après la victoire de Lens.
24:46Le hooliganisme, ça existe depuis longtemps.
24:50Oui, mais là, j'ai fait vraiment le vieux schnock,
24:54mais j'allais au match au Parc des Princes
24:58avec mon père.
24:59Et quand j'y allais avec mon père,
25:00j'étais un petit garçon,
25:01donc c'était le Racing Club de Paris qui jouait.
25:04Et grand match, c'était Racing contre Stade de Reims.
25:06Et figurez-vous, les supporters du Racing
25:10applaudissaient les belles actions du Stade de Reims.
25:12C'était comme ça.
25:14Ça existe encore au tennis, ça ?
25:15Oui, ça existe au tennis, j'avais raison.
25:17Mais Lens m'a évité d'être totalement asbine.
25:23Parce que j'ai vu des images des supporters l'ensois
25:28qui accueillaient leur équipe au retour du grand match
25:34contre l'OGC Nice.
25:37Et il y en a eu un, notamment,
25:39et l'arme aux yeux qui a dit
25:40« Mon grand-père était mineur,
25:43j'aurais voulu qu'il voit ça ».
25:44Là, j'étais très ému.
25:47Pas à la moindre violence,
25:50pas le moindre souci.
25:52Voilà.
25:52C'est simplement une grande émotion
25:55pour un peuple, en effet,
25:57qui se trouvait reconnu à travers cette victoire.
25:59Ça veut dire que ça peut donner l'exemple
26:01pour la France de demain.
26:03Tout à fait.
26:04Et qu'est-ce qui a changé à Paris ?
26:05Puisque vous disiez que vous y alliez
26:06quand vous étiez enfant ou jeune.
26:08Qu'est-ce qui a changé par rapport à cette époque ?
26:11Écoutez, beaucoup de choses ont changé,
26:16mais il faut le reconnaître,
26:18aimiez mettre les pieds dans le plat.
26:21La population a changé.
26:24C'est-à-dire, lors d'une victoire du PSG,
26:28il y a quelques années,
26:29on a eu des émeutiers ou des manifestants
26:32qui marchaient sur des voitures en criant
26:34« Français, Français, on t'encule ».
26:37Donc, c'est à cela que nous assistons aujourd'hui,
26:41à un phénomène, disons, sécessionniste.
26:45Et il est très difficile d'en parler
26:47à cause de cet antiracisme
26:50auquel je faisais allusion tout à l'heure.
26:54Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
26:57pour des raisons évidentes,
26:58on a réaffirmé le grand principe
27:01de l'égale dignité des personnes.
27:03Mais ce principe lui-même est devenu fou,
27:08c'est-à-dire, au nom de l'égale dignité des personnes,
27:14certains considèrent aujourd'hui
27:16comme discriminatoire la distinction
27:20entre autochtones et étrangers.
27:23Ils prônent donc l'hospitalité inconditionnelle,
27:27ils sont des adeptes du sans-frontiérisme.
27:31Et ça, c'est effrayant.
27:35C'est-à-dire que l'angoisse existentielle
27:38de ces Français qui réclament le droit
27:41à la continuité historique,
27:43non seulement n'est pas prise en compte,
27:44mais elle est calomniée, elle est criminalisée.
27:47Et là, il faut rappeler,
27:48Peggy, pardon,
27:51Jean-Jacques Rousseau,
27:52comment les hommes l'aimeraient
27:54si leur patrie n'est rien de plus pour eux
27:58que pour les étrangers
27:59et qu'elle ne leur offre, pardon,
28:02que ce qu'elle ne peut refuser à personne.
28:06Jean-Jacques Rousseau.
28:07Et je voudrais citer aussi
28:08un grand philosophe américain
28:12que Mathieu Bocoté doit connaître,
28:15Michael Walzer.
28:16Il est à gauche, lui.
28:17Oui, bien sûr.
28:18Une gauche comme la vôtre.
28:20Il est très à gauche.
28:21Et il a écrit un livre admirable
28:23qui s'appelle « Sphère de justice ».
28:25Et il dit ceci, Michael Walzer,
28:27sans une politique d'admission
28:29et d'exclusion,
28:30il ne pourrait pas y avoir
28:32de communauté de caractère
28:34historiquement stable
28:36des associations continues
28:38d'hommes et de femmes
28:40spécialement engagées
28:41les uns avec les autres
28:42et ayant un sens spécifique
28:45de leur vie en commun.
28:46Voilà.
28:47Donc ça, c'est très important.
28:49C'est très important.
28:50Il faut le maintenir.
28:52Et c'est rendu très difficile.
28:54Et donc, on voit
28:57quelques symptômes,
28:58quelques résultats
28:59avec notamment
29:01ces émeutes
29:02de pseudo-supporters.
29:04Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi
29:05quelque chose,
29:06est-ce qu'on n'est pas passé
29:06à l'étape suivante aujourd'hui,
29:08une forme d'esprit de conquête ?
29:09Quand on entend parler
29:10de la Nouvelle-France,
29:11quand on voit certaines villes
29:13conquises par LFI
29:14avec cette idée
29:15que désormais,
29:16nous sommes chez nous.
29:17Je crois que c'est le maire
29:18de Saint-Denis,
29:19Balibagayoko,
29:19qui dit qu'il y a la population
29:21historique de Saint-Denis
29:22qui veut voir son identité
29:24respectée globalement.
29:25Donc c'est une utilisation
29:26de la rhétorique du droit
29:27à la continuité historique,
29:28mais pour les populations
29:29issues d'immigration,
29:30contre l'ancienne France,
29:32la France d'avant.
29:33Est-ce qu'il n'y a pas
29:33une forme de retournement ?
29:34Bien sûr,
29:35notamment chez Balibagayoko,
29:36parce qu'il dit
29:37nous accueillons les gens
29:40à Saint-Denis,
29:42mais pour peu
29:43qu'ils épousent
29:45la communauté de destin
29:47des habitants de cette ville.
29:49La communauté de destin,
29:51c'est un terme forgé
29:55par la gauche autrichienne
29:58au début de ce siècle,
29:59et la communauté de destin,
30:01ça désigne d'abord la nation.
30:02Tout d'un coup,
30:03c'est les habitants
30:05de Saint-Denis,
30:07et d'ailleurs,
30:08lors de l'élection du maire,
30:13ces partisans
30:14à l'hôtel de ville
30:15scandaient,
30:17nous sommes tous
30:17des enfants de Gaza.
30:19Nous ne sommes pas,
30:20aucune solidarité,
30:21bien entendu,
30:22avec le peuple ukrainien
30:24agressé,
30:25aucune solidarité
30:26avec les Iraniens
30:28après une répression
30:30de deux jours
30:30qui a fait 40 000 morts,
30:31mais nous sommes tous
30:32des enfants de Gaza.
30:33Message adressé
30:34aux sionistes génocidaires
30:36qui continuent
30:37d'habiter la ville,
30:37mais bientôt,
30:38il n'y en aura plus.
30:40Donc,
30:40ça c'est vrai,
30:41vous avez raison.
30:42Mais évidemment,
30:43quand vous avez,
30:44en plus,
30:44un français-médicé,
30:45qui dit,
30:45vous êtes la nouvelle France,
30:48aucune perspective,
30:50même,
30:51d'assimilation,
30:52ni même d'intégration,
30:53est proposée
30:54aux habitants.
30:56c'est même
30:57l'assimilation inversée.
30:58C'est une forme
30:59d'assimilation inversée,
30:59c'est aux vieux français,
31:01aux français dits de souche,
31:02de s'assimiler
31:03à la nouvelle France.
31:05Bien entendu,
31:05je pense d'ailleurs
31:06qu'il y a des nouveaux arrivants
31:07et leurs enfants
31:08qui ne souhaiteraient rien
31:10tant qu'une vraie assimilation
31:12de la culture française.
31:14C'est ça,
31:14s'assimiler,
31:15c'est pas se fondre
31:16dans la masse,
31:17c'est assimiler
31:18une culture
31:19et une histoire.
31:20Et pourquoi pas ?
31:22C'est ce qui m'a été demandé,
31:23moi aussi,
31:24sans indulgence particulière
31:26pour la France,
31:27puisque mon père
31:28a été déporté de France.
31:30Donc la méfiance
31:31pouvait s'accorder très bien
31:32avec le souci
31:34d'assimilation.
31:35Et ça devrait être
31:36la proposition
31:37que l'on fait
31:38aujourd'hui
31:39aux nouveaux arrivants
31:41et à ceux qui les suivent.
31:42Mais que vous a inspiré
31:43justement l'étude
31:44de l'Institut de la démographie
31:46cette semaine
31:46qui dit que 41%
31:47des Français
31:48sont des fils,
31:49petits-fils,
31:49conjoints
31:50d'immigrés.
31:51Et la réponse
31:52ce matin aussi,
31:53pas seulement à ça,
31:54mais d'une manière
31:55plus générale
31:55sur l'immigration
31:56de Gérald Darmanin,
31:57le ministre de la Justice,
31:58qui propose un moratoire
31:59de trois ans
32:00sur l'immigration légale.
32:02L'immigration légale.
32:04Question qui devrait
32:05être tranchée
32:06à la prochaine présidentielle,
32:07dit Gérald Darmanin.
32:08Il propose de surcroît
32:09de délivrer des titres
32:09de séjour pour le travail,
32:10mais sans droit
32:11au regroupement familial.
32:13Je pense qu'il a
32:14tout à fait raison.
32:15Je pense d'ailleurs
32:16qu'il s'aligne
32:17ce faisant
32:17sur la politique
32:19suivie
32:19par la social-démocratie
32:22danoise.
32:23Je pense
32:24que ça,
32:25ce droit
32:26à la continuité
32:27historique,
32:27pour reprendre
32:28une expression
32:28commune
32:29à Ortega y Gasset
32:31et à Simone Veil,
32:33ça devrait être
32:35une cause
32:35transpartisane.
32:37C'est possible
32:38pour vous
32:38d'arrêter
32:39l'immigration
32:39pendant trois ans ?
32:40C'est faisable ?
32:41Je ne sais pas,
32:42c'est au gouvernement
32:43de le voir.
32:43Il est important
32:44de donner
32:46ce signal
32:47pour permettre
32:48d'ailleurs
32:48une meilleure intégration
32:50de ceux qui arrivent.
32:51Pendant trois ans,
32:52ça vous paraît
32:53réaliste ?
32:54Ça me paraît
32:55nécessaire en tout cas.
32:56Ça me paraît
32:57nécessaire.
32:58C'est le seul moyen
33:00d'ailleurs
33:00d'assurer
33:01l'intégration
33:02parce que nous sommes
33:04à la lutte
33:05des classes
33:06à succéder
33:07la frature française.
33:07il faut répondre
33:09à ce problème
33:10et deux causes
33:11devraient être
33:12transpartisanes.
33:13Celle-là,
33:14absolument celle-là,
33:16sur le modèle
33:16du Danemark
33:17et la cause
33:18de l'école.
33:18La refondation
33:20de l'école
33:20s'impose
33:21après 50 ans
33:23de réformes
33:24démagogiques
33:25et absurdes
33:26qui ont mis
33:26l'école par terre.
33:28Refonder l'école,
33:32reprendre
33:32la maîtrise
33:34des flux migratoires.
33:36François Bayrou,
33:37Premier ministre,
33:37a parlé
33:38de sentiments
33:39de submersion
33:40migratoire
33:41et les socialistes
33:47ont lancé
33:48contre lui
33:49une motion
33:50de censure
33:51pour s'être exprimé
33:52en ces termes.
33:53Donc,
33:54il faut que la gauche
33:55se réveille.
33:56L'antiracisme
33:58qui est évidemment
33:58une cause indispensable,
33:59ce n'est pas ça.
34:00Mais vous dites
34:01qu'il faut que la gauche
34:02se réveille.
34:02Mais si on croit
34:03qu'une forme de continuité
34:04minimale dans les comportements
34:05politiques,
34:06elle n'est pas à la veille
34:07à tout le monde
34:07et en France,
34:08d'adopter le discours
34:09qui est le vôtre.
34:10Donc,
34:10est-ce qu'à certains égards,
34:11et je le dis
34:12sans vouloir vous y pousser,
34:13ce que vous souhaitez
34:14aujourd'hui,
34:15des gens le disent,
34:15on appelle ça la droite.
34:17« Ah ben moi,
34:18ce que je souhaiterais
34:19après
34:22l'intermède
34:28illusoire
34:28du dépassement
34:30du clivage droite-gauche
34:32et du en même temps,
34:33c'est une renaissance
34:35d'une droite
34:37forte de ses convictions
34:39et d'une gauche
34:40sociale-démocrate.
34:42Nous n'en sommes pas là.
34:43la gauche
34:44sociale-démocrate
34:45plie
34:46aujourd'hui
34:47sous le joug
34:48de la France insoumise
34:50quand
34:50à la droite
34:51forte de ses convictions,
34:52elle est faible
34:54des rivalités
34:55de personnes.
34:56Bruno Retailleau
34:57talonné
34:58par
34:59Laurent Wauquiez.
35:01Donc,
35:01tout ça
35:02est à mon avis
35:03très triste.
35:04Oui,
35:04mais il y a une différence.
35:05C'est-à-dire,
35:05d'un côté,
35:05vous dites qu'il y a une gauche
35:06qui s'est éloignée
35:07sur le fond des choses
35:08de ce que vous souhaitez.
35:09Si je comprends bien
35:10votre discours,
35:10à droite,
35:11vous vous retrouvez peut-être
35:12plus intellectuellement,
35:13mais ils sont divisés
35:14politiquement
35:15entre différents candidats.
35:17Mais en dernière instance,
35:18l'homme de gauche
35:18que vous êtes,
35:20je ne dis pas que vous êtes
35:20de droite aujourd'hui,
35:21mais est-ce que vous êtes
35:22circonstanciellement
35:23un peu à droite ?
35:24Peut-être.
35:25Vous savez,
35:25il y a cette phrase
35:26d'Emmanuel Bern
35:27qui se cramponne
35:28à quoi que ce soit
35:29est de droite
35:31ou le risque.
35:32Arriverait que je me cramponne.
35:33Je me cramponne
35:34à la langue française,
35:35moi,
35:36qui est dans un état lamentable.
35:38Je me cramponne
35:38à la culture.
35:39Je me cramponne
35:40à la civilisation du livre.
35:41Vous prenez le train
35:42aujourd'hui,
35:43et ça m'est arrivé récemment,
35:45vous traversez le wagon.
35:48Personne,
35:48vieux ou jeune,
35:50ne lit.
35:51Portable ou ordinateur.
35:53C'est universel.
35:55Et l'intelligence artificielle
35:56pour tout le monde.
35:57On peut lire
35:58sur un ordinateur.
35:59J'ai toutes les raisons
36:00de me cramponner.
36:01J'ai toutes les raisons
36:02d'être conservateur,
36:05de vouloir préserver
36:06l'essentiel
36:07de notre civilisation.
36:09Donc,
36:09si vous voulez me pousser
36:11dans mes retranchements,
36:12oui,
36:13je n'hésiterai pas
36:14à voter à droite
36:16tout en souhaitant
36:18qu'une gauche digne
36:20réapparaisse aujourd'hui.
36:21Est-ce qu'elle va réapparaître,
36:22cette gauche digne,
36:23cette gauche sociale-démocrate,
36:25quand on les voit aujourd'hui,
36:26ils se déchirent,
36:29Boris Vallaud,
36:30Olivier Faure,
36:31François Hollande,
36:32est-ce que ce n'est pas
36:33un vœu pieux,
36:33cette résurrection
36:35de la gauche ?
36:35Vous comptez aussi
36:36Raphaël Gauchman
36:37et Jérôme Guedj,
36:38d'ailleurs,
36:38qui s'est porté candidat.
36:40Tout ça est assez triste,
36:41mais cette gauche sociale-démocrate
36:43devrait pousser plus loin
36:45et relire Kolakowski
36:47et dire qu'elle est
36:52conservatrice, libérale
36:53et socialiste.
36:53Alors, on va marquer une nouvelle pause
36:55Alain Finkielkraut
36:56dans notre entretien
36:57et on revient dans un instant
36:58tout de suite.
37:03Dernière partie du Grand Rendez-vous
37:05avec Alain Finkielkraut
37:06qui publie
37:06Le Coeur Lourd.
37:07Alors, je le disais,
37:08les faits d'actualité
37:09mènent à votre livre,
37:10le livre mène aux faits d'actualité.
37:11Vous vouliez revenir sur
37:13l'affaire Patrick Bruel
37:15qui est hautement médiatisée
37:16ces dernières semaines.
37:18Alors, je veux y revenir
37:20de manière paradoxale
37:22parce que je voudrais
37:24nous inviter tous,
37:28intellectuels, journalistes,
37:29politiques, à nous taire.
37:31C'est ça.
37:32Parce qu'il y a un temps judiciaire
37:34à rester ?
37:35C'est-à-dire,
37:36des plaintes ont été déposées.
37:38À la justice,
37:40il revient maintenant
37:41de faire son travail.
37:43Ça prendra le temps
37:44qu'il faudra.
37:45Mais ce qui me fait très peur,
37:48c'est de voir
37:49le tribunal populaire
37:53par médias interposés
37:54préempter et remplacer
37:57le tribunal judiciaire.
37:59C'est déjà arrivé.
38:01Des vies ont été brisées.
38:03C'est une terrible régression.
38:05Et surtout quand on voit
38:06des animateurs
38:08après des débats
38:10ou après des reportages,
38:12nous rappeler la bouche en cœur
38:14que Patrick Bruel
38:16est présumé innocent.
38:17Il a été piétiné,
38:19il a été accablé
38:20pendant une demi-heure,
38:22mais il est présumé innocent.
38:23S'il est présumé innocent,
38:25la ferme.
38:26La ferme.
38:27Moi, je n'ai pas d'avis.
38:28Je n'ai pas d'avis.
38:29Je ne peux pas.
38:30Je ne peux pas.
38:31J'écoute les plaintes,
38:34je lis aussi
38:35ces protestations d'innocence.
38:38Je ne suis pas en mesure.
38:39Mais quand j'entends
38:43le maire de Paris,
38:45tout d'un coup,
38:46le nom m'échappe.
38:46Emmanuel Grégoire.
38:47Emmanuel Grégoire.
38:49Inviter Patrick Bruel
38:51à mettre sa carrière
38:53entre parenthèses.
38:54Je voudrais demander lui
38:56de mettre sa carrière
38:58entre parenthèses
39:00tant que la lumière
39:01ne sera pas faite
39:02sur les conditions
39:03de recrutement
39:04par la médecine de Paris
39:06des animateurs
39:07du périscolaire.
39:08Voilà.
39:09On pourrait dire ça aussi.
39:13J'ai même entendu
39:14Marine Le Pen
39:15s'exprimer
39:16sur l'affaire Bruel.
39:18Ça va de Yael Bonne privée
39:20à Marine Le Pen
39:20en passant par
39:21un certain nombre de maires.
39:22Donc, ça suffit comme ça.
39:25Mais en tenant ces propos,
39:26est-ce que vous n'avez pas
39:27donné l'impression
39:28que vous ne voulez pas
39:29entendre la voix
39:30des victimes ?
39:32J'entends la voix
39:34des plaignantes.
39:34J'entends la voix
39:35des plaignantes.
39:37Nous saurons
39:38après enquête
39:39si elles sont des victimes.
39:41J'entends leur voix
39:42et je ne veux pas
39:43la sous-estimer.
39:45Voilà pourquoi
39:45je ne prends pas partie
39:47pour Patrick Bruel.
39:49Ça n'aurait strictement
39:51aucun sens.
39:52d'autant plus
39:52que je l'ai peut-être
39:53croisé une ou deux fois
39:54mais je ne le connais pas.
39:56Donc,
39:56il serait absurde
39:58de faire cela.
39:59Mais l'idée
40:00que les plaignantes
40:01sont des victimes
40:04parce qu'on vous croit,
40:06non.
40:06La justice,
40:07ce n'est pas cela.
40:08Et puis alors,
40:09autre chose.
40:10Il y a
40:11une montée en puissance
40:13du discours
40:14qui voudrait
40:15lever
40:17la prescription.
40:18d'ailleurs,
40:19Gérald Darmanin,
40:20notre ministre
40:21de la Justice,
40:22semble suivre
40:23le mouvement.
40:24Mais la prescription,
40:25ce n'est pas pour rien.
40:26La prescription,
40:27ça veut dire
40:27qu'après un certain temps,
40:28l'établissement des preuves
40:29est très difficile.
40:30Ça veut dire aussi
40:31qu'il faut
40:33que les parties
40:35soient contemporaines,
40:36soient contemporaines
40:38pour éviter
40:38notamment
40:39les anachronismes.
40:41Et alors,
40:41il y a une exception,
40:42le crime contre l'humanité.
40:43Alors,
40:44qu'est-ce qu'on veut ?
40:45C'est que
40:49les accusés
40:50de violences sexistes
40:51et sexuelles
40:53et les participants
40:54à la Shoah
40:55soient mis
40:56sur le même banc
40:57d'infamie ?
40:58Ce serait ça
40:59un progrès
40:59de la conscience universelle ?
41:01Non.
41:01Non.
41:02Non.
41:02Donc voilà.
41:03Voilà.
41:04Mais encore une fois,
41:05je ne parle
41:06que pour nous inviter
41:07tous au silence.
41:09Alain Fiquelkraut,
41:10vous qui avez
41:10connu une partie
41:11de la Quatrième République
41:13et l'entièreté
41:13des présidents
41:14de la Cinquième.
41:15Il ne vous a pas échappé
41:16que dans un an,
41:17nous allons donc élire
41:17un nouveau président.
41:18Qu'à date,
41:19il y a une quinzaine
41:20de prétendants,
41:21que leur point commun,
41:23ce n'est pas de programme
41:24ou alors quelques bribes
41:25de programme.
41:27La promesse,
41:27pour eux,
41:29réside essentiellement
41:30dans leur personne.
41:31Qu'est-ce que vous
41:32leur répondez ?
41:33Oh,
41:34je ne pense pas
41:35que ce soit
41:36tout à fait vrai.
41:39Bruno Retailleau,
41:39un programme.
41:40J'ai dit des bribes
41:41de programme.
41:42On n'a pas
41:42le programme entier.
41:43mais j'imagine
41:44que Gabriel Attal,
41:47Édouard Philippe
41:48en auront un.
41:49Ce que je pense
41:50en effet,
41:50c'est que,
41:52comme en plus
41:52il n'y aura pas
41:53de primaire,
41:54nous vivons
41:55d'un trop-plein
41:56de candidats,
41:57ce qui fait que
41:58nous nous dirigeons
41:59en guise
42:00de clivage droite-gauche
42:02vers une opposition
42:04entre le Rassemblement
42:05national
42:06et la France insoumise,
42:07ce que je ne souhaite pas,
42:11mais en plus,
42:14programme ou pas programme,
42:17je voudrais que la question
42:20de l'école
42:20et celle de l'immigration
42:23soient au cœur
42:24de la campagne,
42:26soient absolument
42:26au cœur de la campagne.
42:36Non, mais là,
42:37c'était
42:38Emmanuel Macron
42:39dans ses œuvres,
42:40c'est-à-dire,
42:41on nomme
42:42ministre de l'Éducation
42:43Jean-Michel Blanquer,
42:45qui était d'ailleurs
42:47pressenti
42:48par François Fillon,
42:50celui-ci,
42:50même une politique
42:52de remise en ordre,
42:55si vous voulez,
42:57de réponse à l'idéologie,
42:59et tout d'un coup,
43:00il est remplacé
43:01par le contraire,
43:03Popendiaï,
43:04c'est-à-dire
43:05un ministre,
43:06disons,
43:07plus ou moins woke.
43:08Et après,
43:09il y a Gabriel Attal,
43:10Gabriel Attal
43:11veut instaurer
43:12les groupes de niveau,
43:13c'est-à-dire,
43:14ben oui,
43:15parce que
43:15s'il n'y a pas
43:16de groupe de niveau,
43:17on aligne
43:19les bons élèves
43:20sur le niveau
43:21des mauvais,
43:22etc.,
43:22et le niveau général
43:23s'effondre.
43:25Et Gabriel Attal
43:26choisit
43:27d'accepter
43:28de devenir Premier ministre,
43:29il a eu tort,
43:30à mon avis,
43:30et il est remplacé
43:31par Elisabeth Borne
43:33et d'autres
43:33qui détricotent
43:34complètement
43:37ses mesures.
43:38Et alors,
43:39il y avait aussi
43:40l'interdiction
43:41de la baïa.
43:41Donc,
43:42on n'y comprend
43:43plus rien
43:44avec Emmanuel Macron
43:45et il serait temps
43:47de revenir
43:48à une politique
43:50décente
43:51sur l'école.
43:52Parce que sinon,
43:53le fossé
43:54entre le privé
43:55et le public
43:55va s'aggraver
43:56et effectivement,
43:58sous couleur égalitaire,
43:59les inégalités
44:00vont s'aggraver aussi.
44:01Alors,
44:02la présidentielle,
44:03je me permets
44:03de faire un détour
44:04il y a 45 ans,
44:05donc c'était
44:06l'arrivée
44:06de François Mitterrand
44:07au pouvoir.
44:08En 5 ans déjà.
44:09Oui, oui,
44:10comment dire,
44:11les choses se détruisent
44:12rapidement.
44:13Donc,
44:13il y a 45 ans,
44:14François Mitterrand
44:14arrive sous le signe
44:15de l'espérance,
44:16sous le signe
44:16de c'est l'homme
44:17qui porte les espoirs
44:18de la gauche.
44:18Aujourd'hui,
44:19la gauche est
44:19toute autre chose
44:20peut-être,
44:21mais je vais me demander
44:22quel regard portez-vous
44:23sur l'évolution
44:28au fond de cette histoire
44:29dont nous sommes aujourd'hui,
44:30nous sommes appelés
44:31à poursuivre,
44:32ou à réfléchir ?
44:33Je n'avais pas
44:34personnellement
44:35d'illusion particulière
44:37sur François Mitterrand
44:39quand j'ai voté
44:40pour lui.
44:43La création
44:44de SOS Racisme
44:46ne m'a pas enthousiasmé.
44:48J'ai vu le coup politique
44:50et j'ai vu aussi
44:51ce moment
44:52où la gauche
44:54abandonnait
44:55le discours marxiste
44:56traditionnel
44:57de la lutte de classe
44:58pour l'antiracisme
45:02et pour l'opposition
45:03dominant-dominée.
45:05Donc,
45:05ça a commencé
45:06avec Mitterrand
45:08mais qui lui,
45:09alors,
45:10à la différence
45:10de Mélenchon,
45:12était totalement
45:13cynique.
45:15et depuis lors,
45:19la gauche
45:20n'a pas trouvé
45:22son mandesfence.
45:24C'est tout ce qu'on peut dire.
45:26Non.
45:27Mendes-France
45:28a pleuré
45:29à l'Élysée.
45:32On connaît
45:33la collade
45:34Mendes-France
45:35Mitterrand.
45:36Il était ému
45:37mais Mitterrand
45:38n'a jamais été
45:39son successeur
45:40et Mendes-France
45:41n'a pas eu
45:42de successeur.
45:43Donc,
45:44voilà.
45:44Je suis
45:45veuf
45:46d'une gauche
45:48dont vous me direz,
45:49Mathieu Beaucouté,
45:50qu'elle n'a jamais existé.
45:51Ou qu'elle n'existe plus
45:51depuis très très longtemps.
45:53Sans doute.
45:54Mais alors,
45:54je me mets dans la signe
45:56de cette histoire,
45:572027 présidentielle,
45:58le véritable enjeu,
45:59vous nous dites,
45:59c'est l'immigration,
46:00c'est l'école.
46:01Oui.
46:02Je note
46:03que le RN
46:03aujourd'hui,
46:04quoi qu'on en pense,
46:05est le principal parti
46:06à poser la question
46:07de l'immigration
46:07au cœur du jeu politique.
46:09Qu'est-ce qui fait
46:09qu'en dernière instance,
46:10ce parti demeure,
46:11selon vous,
46:12d'une autre nature
46:12qui rend inimaginable
46:15pour vous d'un jour
46:15dire que c'est un parti
46:16comme un autre
46:17et on peut voter pour lui
46:17sans mauvaise conscience ?
46:18Ce n'est pas un parti
46:20d'une autre nature.
46:21Et s'il est élu,
46:23je crains beaucoup
46:24non pas les fascistes
46:26mais les antifas.
46:28Car ils vont se répandre
46:30dans les rues,
46:30ils vont occuper
46:32les universités,
46:33les théâtres
46:34et ça risque
46:36de durer très longtemps.
46:38Et puis,
46:38il y aura aussi
46:39les listes noires
46:39dressées par certains journaux,
46:42des intellectuels
46:43qui ont fait le jeu
46:44du Rassemblement National
46:45en banalisant son discours.
46:48Et ne craignez rien,
46:51j'en ferai partie.
46:52Il n'en reste pas moins
46:53que le Rassemblement National
46:55m'inquiète.
46:56Il m'inquiète
46:57pour son programme politique,
46:58notamment Marine Le Pen
46:59qui refuse
47:01d'entendre parler
47:03d'autre chose
47:04que la recrète
47:05à 60 ans.
47:06Et il m'inquiète
47:07en politique étrangère
47:09pour ce qui demeure,
47:11ce qui demeure
47:12en dépit de tout,
47:13son trouplisme putinien.
47:15Et c'est vraiment
47:17l'élément paradoxal
47:18et fascinant
47:19de toute cette partie
47:20de la droite
47:22qu'on appelle
47:23l'extrême droite,
47:24qu'elle revendique
47:26le souverainisme
47:27et qu'elle s'agenouille
47:30devant l'Empire russe.
47:31Comme s'il n'y avait
47:32qu'un seul empire
47:33aujourd'hui,
47:34l'Union Européenne.
47:36Et vous voyez
47:36des maires
47:38du Rassemblement National
47:40courageusement
47:40qui enlèvent
47:42de leur mairie
47:43ou de leur hôtel de ville
47:44le drapeau européen.
47:45On ne se laissera pas faire
47:46par l'Empire de Bruxelles,
47:48mais on va faire
47:49des mamours
47:50à Poutine.
47:52Tout cela
47:53me dérange absolument.
47:53Mais on ne peut
47:54n'avoir aucune sympathie
47:55pour Poutine
47:56et en même temps,
47:57sur un autre geste,
47:58ne pas avoir de sympathie
47:58pour Bruxelles.
47:59Donc on peut dire
47:59globalement,
48:00certainement pas Poutine,
48:01mais d'un point de vue français,
48:03je préfère la souveraineté française
48:04à la souveraineté bruxelloise.
48:05Je n'ai pas vu de drapeau russe
48:06sur les mairies
48:07dont vous parlez, Alain Finkert.
48:08Peut-être.
48:08Vous avez raison.
48:09Plus que peut-être.
48:10Mais cela étant,
48:11je ne mettrai jamais
48:12sur le même plan
48:13l'Union Européenne
48:15et la Russie.
48:16L'Union Européenne
48:17n'est pas un empire.
48:19Et puis de toute façon,
48:20ce n'est pas tant
48:20l'Union Européenne
48:21qui pose un problème.
48:22Aujourd'hui,
48:23à la politique française,
48:24c'est l'accumulation
48:25des cours suprêmes.
48:27Comme l'a bien montré
48:28Jean-Éric Schuttel,
48:30c'est-à-dire,
48:30ce sont les cours suprêmes
48:31qui décident
48:32de la politique.
48:34C'est le Conseil constitutionnel
48:35qui,
48:37invoquant le principe
48:38de fraternité,
48:39a fait de l'aide
48:41aux étrangers
48:41en situation de la guerre
48:42un délit.
48:43Et c'est aujourd'hui
48:44le Conseil constitutionnel
48:47qui supprime
48:48les zones
48:52des missions
48:54prioritaires.
48:54Et quand ce n'est pas
48:55le Conseil constitutionnel,
48:57c'est les cours européennes
48:58des droits de l'homme.
48:59Le problème est là.
49:01Les politiques
49:01sont rendues
49:02impuissantes
49:03par une accumulation
49:06de magistrature
49:08qui se croit
49:09tout permis.
49:10C'est le cadenas
49:11qui a encore
49:13fait ses preuves
49:14avec les ZFE.
49:15Voilà,
49:15c'est ce que je disais.
49:16Absolument.
49:16Pour revenir
49:16au Rassemblement national,
49:18à vous écouter,
49:19le Rassemblement national
49:20n'a pas vraiment changé
49:20ces dernières années.
49:21C'est ce que vous pensez ?
49:22Si, je pense.
49:23Ah si,
49:24c'est ce que je dis.
49:25Je pense que
49:26l'exclusion
49:27de Jean-Marie La Penne
49:28du Rassemblement national
49:29est significative.
49:31Si vous voulez,
49:32le cri de guerre
49:33d'une certaine gauche,
49:35ce n'est pas
49:36le fascisme
49:36ne passera pas,
49:37c'est le fascisme
49:39ne trépassera pas.
49:40Il faut avoir
49:41des ennemis fascistes.
49:43On a besoin de ça.
49:44Donc,
49:45quand ils se dédiabolisent,
49:46on dit
49:46non, non, non,
49:47non, non,
49:47ce n'est pas vrai.
49:48Non, non,
49:48on va vous prouver
49:49que ce n'est pas vrai.
49:50On va baisser les masques,
49:53etc.
49:53Oui,
49:54le Rassemblement national
49:56a fait sa mue.
49:57Ce n'est plus
49:58un parti collaboratiste,
49:59c'est un parti pétainiste.
50:02Il ne faut pas le critiquer
50:03pour ce qu'il a été.
50:04Il faut le critiquer
50:06et vivement
50:07pour ce qu'il est
50:08aujourd'hui.
50:09En tout cas,
50:09on ne critique pas
50:10Alain Finkielkraut
50:10et on lit son livre
50:11Le cœur lourd
50:12chez Gallimard.
50:13Très bonne journée
50:14à tous sur CNews
50:14et sur Orbe.
50:15On lit son livre.
50:16Jeanne,
50:16avec lui,
50:17on lit son livre.
50:17Alors,
50:17On lit son livre.
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