- il y a 2 mois
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Chaque dimanche, Pierre de Vilno reçoit un invité politique dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.
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00:00Bonjour à tous, bienvenue sur le plateau du Grand Rendez-vous Europe 1, c'est News Les Echos.
00:04Bonjour Annie Gennevard.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous, vous êtes ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
00:11Cette souveraineté alimentaire, c'est justement tout le nœud gordien de cet accord de libre-échange avec le Mercosur signé hier.
00:18La France a-t-elle encore une quelconque souveraineté tributaire de l'Europe, tributaire des Etats-Unis ?
00:24Et peut-on vraiment répondre à Donald Trump qui menace en effet de nouveaux droits de douane la France et d'autres pays ?
00:31Une France qui n'a par ailleurs toujours pas de budget, un exécutif qui croit encore au compromis, pourtant la perspective d'un 49-3 ou d'ordonnance.
00:40Eh bien là, nous parlerons aussi de vous, Annie Gennevard.
00:43Que reste-t-il en vous de femme de droite, bannie de la parole des LR ?
00:48Bruno Retailleau l'a précisé cette semaine.
00:50Êtes-vous à jamais arrimé au bateau ivre de la Macronie ?
00:54Nous vous poserons la question avec moi ce matin, Stéphane Dupont-Deséchos.
00:57Bonjour Stéphane.
00:58Bonjour.
00:58Et Mathieu Bocoté.
00:59Bonjour Mathieu.
00:59Bonjour.
01:00Encore lui, Donald Trump.
01:02Voici de nouveaux droits de douane contre les pays qui ne jouent pas le jeu du Groenland.
01:07Voilà ce qu'il dit.
01:08Huit pays dont la France, 10% de plus dès le 1er février, puis 25% de tarifs douaniers supplémentaires.
01:14Qu'est-ce qu'on fait, Annie Gennevard ?
01:15D'abord, on voit que Donald Trump utilise les droits de douane.
01:20Il les a d'abord utilisés comme un outil économique au profit des Américains.
01:24Aujourd'hui, il l'utilise au profit d'une coercition.
01:30C'est clairement une démarche coercitive dont il menace des pays européens.
01:36Et sous la présidence française de l'Union européenne, l'Union européenne s'est dotée d'un outil anti-coercition.
01:43En tout état de cause, cette menace, on verra s'ils la mettent en application parce que nous avons déjà connu cette situation qui est objectivement...
01:52Vous espérez qu'il change d'avis comme c'est souvent le cas ?
01:55En tout cas, dans le premier train d'augmentation de droits de douane, il y a eu un repli.
02:01Il y a eu des gages aussi.
02:03Alors, évidemment, il y a eu des gages.
02:05Aujourd'hui, est-ce qu'on en a encore ?
02:07Je pense que l'Union européenne a une force de frappe possible.
02:13Vraiment ?
02:13Moi, je le crois.
02:14Est-ce qu'il faut faire, Madame la Ministre ? Il faut répliquer ? Il faut que nous aussi, on augmente les droits de douane ?
02:18Il faut rentrer dans un bras de fer avec les Etats-Unis ?
02:20Ou est-ce qu'il faut rien dire ?
02:22C'est une réponse qu'il faut manier avec précaution parce que cette escalade peut être mortifère.
02:26Mais elle peut être mortifère également pour les Etats-Unis et pour les agriculteurs américains.
02:31Mais mortifère dans quelle chance ?
02:32Il y a un certain nombre d'intérêts offensifs des Etats-Unis dans les relations commerciales qu'ils ont avec l'Union européenne.
02:40Donc mortifère pour l'économie.
02:42Pour l'économie.
02:42Et qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
02:44Concrètement, on ouvre la négociation et il faut y aller tout de même avec une certaine force.
02:52Il est clair qu'avec Donald Trump, ce n'est plus le droit, c'est la force.
02:59Si je vous permette la négociation, quel est l'objet de la négociation ?
03:03Le transfert de souveraineté du Groenland vers les Etats-Unis ?
03:06Le fait que désormais le Groenland sera un territoire américain plutôt que danois ?
03:10C'est ça l'objet de la négociation ?
03:11Pour lui, ça va être ça.
03:12L'objet de la négociation, c'est ça.
03:14Mais vous évoquez les droits de douane.
03:16Ça vient ensemble, oui.
03:17Ça vient ensemble.
03:19Mais dans cette négociation-là, il est clair que les Européens ne laisseront pas faire les Etats-Unis.
03:26Mais comment ?
03:26Dans l'appropriation du Groenland, je crois que les choses sont assez claires.
03:33Le Danemark est un pays, un membre de l'Union européenne.
03:37On ne peut pas imaginer que les Etats-Unis...
03:41C'est là tout le problème, c'est que pour vous, madame Genevard, pour vous c'est clair,
03:44mais pour Donald Trump, il y a une chose qui est claire, c'est que lui peut faire l'inverse.
03:47Oui, mais je crois là qu'il toucherait à quelque chose de gravissime.
03:51Ce n'est pas tout à fait le Venezuela quand même.
03:53Est-ce qu'on est prêt à en payer le prix, madame la ministre ?
03:55On peut comparer les pays comme ça ?
03:56Si on rentre dans un bras de fer avec les Etats-Unis, ça va nous coûter très cher.
03:59Les droits de douane, c'est déjà une première sanction.
04:01Il a dit que si ce n'est pas 10, ce sera 25.
04:03Est-ce qu'on est prêt ?
04:04Oui, mais dans cette escalade des droits de douane, il a beaucoup à y perdre aussi,
04:08y compris ses propres agriculteurs, y compris ses propres industriels.
04:13Donc sur la question du Groenland, pour moi, elle n'est pas négociable.
04:18Si sur les droits de douane, je pense que là, il y a...
04:22Donc pour vous, il est inimaginable que d'ici la fin de l'année,
04:25le drapeau américain remplace le drapeau danois Groenland.
04:29Moi, je pense que c'est inimaginable.
04:31Là, c'est vraiment...
04:32Je ne suis pas inacceptable, tous en concrètement, mais inimaginable.
04:35C'est-à-dire, vous ne croyez pas que les Américains peuvent aller jusque-là ?
04:37Moi, je pense inacceptable et inimaginable.
04:39Vous ne croyez pas qu'il y a deux versions ou deux opinions de la souveraineté ?
04:43Vous ne pensez pas que Donald Trump pense la souveraineté autrement que vous ?
04:46Ou que l'Union Européenne ?
04:48Vous parliez du Venezuela et vous avez dit
04:50« Le Groenland, ce n'est pas le Venezuela. »
04:53C'est pas le Venezuela en ce sens que le Danemark est un pays membre de l'Union Européenne.
05:00Alors, il n'est pas dans l'Union Européenne.
05:02Non, il est...
05:03Il est sous protecteur à Danois qui lui-même est dans l'Union Européenne.
05:06C'est la couronne danoise qui gère le Danemark.
05:09Tout à fait, mais c'est quand même un pays arrimé à l'Union Européenne.
05:12Oui, mais les Américains ont déjà investi dans le Groenland.
05:16Je crois que la présence de soldats de l'Union Européenne, notamment...
05:21Vous parlez des 15 soldats français ?
05:22Oui, je pense que c'est...
05:24Évidemment, ça n'est pas une force de défense du Groenland contre...
05:28Pas sûr et moi.
05:29Non, mais bien entendu, je pense que ça a son poids de symbole.
05:32C'est aussi pour dire clairement que...
05:35C'est ce que dit d'ailleurs le général de Villiers ce matin dans les colonnes du JDD.
05:41Il dit clairement qu'il y a là un symbole.
05:43On ne peut pas rester sans réaction.
05:45C'est un signal.
05:46Ce n'est pas une force militaire à proprement parler
05:49qui va défendre le Groenland contre l'appétit.
05:51Est-ce que ça n'a pas été vu comme une provocation par Donald Trump
05:54l'envoi de ces quelques soldats ?
05:55Écoutez, je crois qu'en matière de provocation,
05:58il n'a de leçons à recevoir de personnes.
06:00Surtout qu'il y a une base américaine déjà au Groenland
06:02où il y a beaucoup plus de soldats que ces 15 soldats français
06:05plus 30 soldats.
06:06Il doit y avoir une cinquantaine de soldats européens.
06:08Agnès Gennevard, hier, Ursula von der Reyen
06:10a signé l'accord du Mercosur au Paraguay malgré le nom de la France.
06:13Une question simple, comment est-ce que vous, personnellement
06:16et en tant que ministre de l'Agriculture,
06:17comment est-ce que vous le vivez ?
06:19Vous savez que ma position a été constante
06:23sur l'accord avec les pays du Mercosur.
06:26C'est un accord, d'abord, qui a été initié il y a 25 ans,
06:30à un moment où on était 15 dans l'Union européenne,
06:32à un moment où la concurrence internationale
06:34n'était pas aussi féroce,
06:36et à un moment où l'on créait l'OMC,
06:38qui fixe les règles du commerce international.
06:41Donc, le contexte était totalement différent.
06:44Aujourd'hui, pourquoi est-ce que je me suis opposée au Mercosur,
06:49enfin, à l'accord avec les pays du Mercosur,
06:51parce que ça expose des filières extrêmement sensibles dans notre pays ?
06:55C'est le bœuf, c'est le poulet à la volaille,
06:59c'est le sucre, c'est l'éthanol,
07:01et c'est le miel, pour ne citer que quelques-unes.
07:04Alors, évidemment...
07:04Même si le bœuf, c'est 99 000 tonnes maximum,
07:07donc c'est 1,2 ou 1,5% de la consommation.
07:10Oui, alors c'est le contre-argument qu'on nous oppose toujours,
07:12mais il faut prendre la mesure de l'effet cumulatif
07:14d'un accord de libre-échange à un autre accord de libre-échange.
07:17Il y a toujours les mêmes filières,
07:19et en particulier les filières...
07:20Vous parlez de quelques filières agricoles,
07:22mais l'ensemble de l'économie française, l'industrie,
07:24même certaines filières agricoles,
07:26je pense aux produits laitiers ou alors aux vins, aux spiritueux,
07:29ont bénéficié de cet accord.
07:30D'abord, ça reste à voir, je pense, heureusement...
07:33C'est un bon accord, non, pour l'industrie française, non ?
07:36Je pense qu'un bon accord n'est pas un accord
07:39qui est choisi de sacrifier certaines filières au bénéfice d'autres.
07:42Voilà, c'est un accord équilibré.
07:43Et or, il ne l'est pas.
07:45Et c'est la raison pour laquelle, tout en disant non,
07:48la France a pris l'initiative de mesures correctives de cet accord,
07:51et on ne peut pas les passer sous silence.
07:54Certains, obsédés par l'idée de mettre en cause les uns ou les autres,
07:59et notamment le président de la République,
08:01considèrent que la clause de sauvegarde,
08:03qui est un frein d'urgence qu'on a activée pour l'Ukraine, par exemple,
08:07que les mesures miroirs ou que l'augmentation des contrôles
08:10comptent pour rien.
08:14En réalité, ce sont des initiatives françaises.
08:16Moi, j'ai fait la tournée des capitales européennes
08:18pendant des mois pour porter ces mesures,
08:21et elles sont objectivement, aujourd'hui, ancrées.
08:25Et je pense que les futurs accords de libre-échange,
08:27parce que ce qui est en cause, c'est aussi ce qu'on fera dans le futur,
08:30l'Europe a décidé de faire des accords de libre-échange
08:32à un axe de sa politique économique.
08:35Mais ce n'est pas bien ?
08:36On commerce avec le monde.
08:39On est plutôt, d'ailleurs, positifs avec les pays tiers.
08:44Quand on voit que la Chine et les États-Unis sont en train de se refermer,
08:47est-ce que les accords de libre-échange avec une zone comme le Mercosur,
08:49ce n'est pas une bonne chose ?
08:50C'est le raisonnement que fait l'Union européenne.
08:52Mais moi, je n'en suis...
08:54La droite, la famille politique à laquelle j'appartiens,
08:56on y reviendra,
08:57évidemment, considère que cette liberté économique,
09:03elle a du prix, elle est utile à notre économie.
09:06Mais elle ne peut pas se faire sans cadre,
09:09voire sans frein,
09:10parce que soit on se laisse aller à un libéralisme totalement débridé,
09:16et là, on expose nos filières et notre agriculture.
09:18Et si les agriculteurs protestent aussi violemment,
09:22et moi, je suis leur voix, je suis leur bouclier,
09:23eh bien, c'est parce qu'ils voient dans ces accords qui sont mal négociés
09:27une exposition dangereuse.
09:29Mais ce qui n'a pas une autre dimension à travers cela,
09:31c'est que la France s'oppose à cet accord,
09:33il lui est pourtant imposé par l'Europe.
09:35Donc, en dernière instance,
09:36les intérêts de l'agriculture française sont sacrifiés au culte européste.
09:41Alors, je voudrais vous dire plusieurs choses à ce sujet.
09:43D'abord, on est 27 États souverains qui sont libres de leurs décisions.
09:47La France n'a pas été isolée.
09:49La Hongrie, la Pologne, l'Autriche, l'Irlande, la Belgique
09:52ont partagé les mêmes interrogations.
09:57Le frein d'urgence que nous avons mis en place
10:00a été largement accepté par les pays membres de l'Union européenne.
10:04Mais il se fait, M. Bocoté, que dans le passé,
10:09les États membres, dans l'impensée des nations
10:13dans lesquelles on a été au moment de la construction européenne,
10:16ont délégué à l'Union européenne la conclusion des accords internationaux.
10:20C'est un fait. Aujourd'hui, moi, je considère que pour se protéger
10:25de ce dessaisissement total,
10:28il faut pouvoir inscrire les nouveaux accords de libre-échange
10:31avec un certain nombre de conditions
10:34qui soient plus protectrices de nos économies.
10:37Mais j'entends surtout par là,
10:38la France dit, c'est vital pour nous.
10:40L'Europe dit, on s'en fout, on l'impose néanmoins.
10:42Oui, c'est-à-dire que, objectivement, l'intérêt national français
10:45est moins important que la structure de la décision européenne.
10:48Alors, je répondrai à cela que ce n'est pas la fin de l'histoire.
10:52Et vous le savez.
10:53Non, je n'en suis pas certain.
10:54Vous savez, en tout cas, qu'on n'a pas assisté à la ratification de l'accord.
10:59D'accord.
11:00La ratification de l'accord n'interviendra qu'au terme de la consultation
11:05du Parlement européen, puis la reconsultation du Conseil.
11:09Donc, il se joue une étape très importante à Strasbourg dans quelques jours.
11:15C'est la capacité que le Parlement européen a de saisir la justice de l'Union européenne.
11:20Alors, justement, nous allons en parler après une première pause.
11:22Effectivement, grand rendez-vous à Strasbourg.
11:24Les agriculteurs seront là. Ils l'ont prévenu.
11:30Retour sur le plateau du grand rendez-vous avec Annie Gennevard,
11:33la ministre de l'Agriculture, au lendemain de la signature et non pas de la ratification
11:37de l'accord sur le libre-échange avec le Mercosur.
11:40Les agriculteurs se mobilisent mardi à Strasbourg devant les élus européens.
11:44700 tracteurs sont attendus.
11:46Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez leur envoyer les CRS ?
11:51D'abord, je pense que c'est très important que les agriculteurs soient présents à Strasbourg
11:56dans quelques jours parce qu'il s'agit de soutenir l'initiative de députés européens
12:03qui envisagent de saisir la Cour de justice de l'Union européenne
12:06sur la conformité de cet accord avec les pays du Mercosur
12:09aux textes européens, aux fondamentaux de la construction européenne.
12:15Est-ce que ça va servir à quelque chose ?
12:16Vous les soutenez, vous, Madame la ministre ?
12:18Vous pensez qu'il faut saisir la Cour de justice et retarder la ratification ?
12:24Je pense qu'il y a une question qui se pose en droit.
12:27Il y a plusieurs sujets qui se posent en droit et sur lesquels la Cour de justice
12:32aurait matière à discuter.
12:34D'abord, la scission de l'accord qui permet donc à Ursula von der Leyen
12:42de signer à Montevideo il y a un an au Paraguay hier.
12:47Il y a la question de la mesure qui est inscrite dans l'accord du Mercosur
12:53de non-régression commerciale.
12:55Autrement dit, il y a une disposition dans cet accord
12:57qui, dès lors que l'Union européenne, une fois l'accord ratifié,
13:03imposerait aux pays du Mercosur des contraintes supplémentaires.
13:06Les pays du Mercosur pourraient être en droit,
13:08au titre de cette clause de non-régression commerciale,
13:11d'exiger réparation.
13:13Ça, à mon avis, ça mérite.
13:15Alors, les juristes s'affrontent sur cette question.
13:17Mais si, effectivement, les pays du Mercosur
13:20peuvent activer cette disposition,
13:22ça veut dire que ce serait gravissime pour les pays de l'Union européenne.
13:28Donc, il y a un certain nombre de sujets qui se posent en droit.
13:31Et, à mon avis, c'est une démarche légitime.
13:33Et, en plus, elle a l'intérêt de suspendre la ratification.
13:37Mais, justement, vous avez prononcé probablement le nom qui fâche,
13:40Ursula von der Leyen.
13:41Est-ce qu'elle n'est pas, en ce moment,
13:42en train de poser une forme de geste autocratique
13:45ou d'autorité abusive,
13:46comme si elle se croyait, finalement, présidente de l'Europe
13:49et qu'il n'y avait que des gouverneurs à la tête des pays européens ?
13:52Bon, moi, je pense que pour que l'Europe fonctionne bien,
13:55il ne faut pas que les nations soient totalement évincées.
13:58Je pense qu'il y a un an,
14:00quand elle va monter vidéo pour parafier l'accord,
14:04à un moment où la France,
14:06qui est quand même le pays fondateur de l'Union européenne,
14:09et qui pèse et qui compte,
14:11on a quand même obtenu des victoires.
14:13Je voudrais le rappeler sur le Mercosur.
14:15La clause de sauvegarde, les mesures miroirs, les contrôles,
14:18ce sont des victoires françaises.
14:20Ce ne sont pas des victoires dès lors qu'elles ne sont pas appliquées.
14:22Mais elles seront appliquées.
14:23Mais qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
14:24Mais elles seront appliquées parce que la clause de sauvegarde,
14:27vous verrez, beaucoup de pays l'ont validée,
14:30ce sera mis à la délibération des députés européens.
14:34Admettons la clause de sauvegarde.
14:35Mais les mesures miroirs,
14:37vous allez donc imposer aux pays du Mercosur
14:39les mêmes normes que les pays européens,
14:43notamment sur la viande.
14:44Bon courage, Annie Gennevard.
14:45C'est exactement ce que j'ai fait la semaine dernière.
14:48J'ai interdit 5 substances de pesticides interdites dans l'Union européenne
14:54et présentes dans les denrées importées.
14:57Je les ai interdites.
14:59L'Union européenne en a validé 3
15:00parce que c'est de sa responsabilité.
15:03Donc moi, je considère que la Commission ne va pas assez loin.
15:07J'ai pris cette initiative.
15:08Vous les interdisez.
15:09Vous les interdisez.
15:10Après, vous dites qu'on va faire des mesures de contrôle.
15:12Ça veut dire que vous allez avoir quoi ?
15:13Des armées de contrôleurs au port du Havre,
15:16au port de Dunkerque.
15:17Europe 1 a fait des reportages toute cette semaine.
15:19Au port, ce sont notamment de Dunkerque,
15:21ce sont les agriculteurs qui sont allés ouvrir les camions
15:25et il y avait des denrées qui étaient interdites dans les camions.
15:28Qu'est-ce que vous voulez faire ?
15:28Vous n'allez pas déployer une armée de contrôleurs ?
15:31Ça ne fonctionnera pas.
15:32Il y a trop de marchandises.
15:33Vous dites, vous n'allez pas.
15:35Je vais vous dire ce que je vais faire.
15:36Vous allez me dire si je vais le faire.
15:38J'ai annoncé la création d'une brigade de 100 contrôleurs.
15:43qui sont des personnels du ministère.
15:45Écoutez, en tout cas...
15:47Ils interviennent comment ?
15:47Il y a les forces de l'ordre avec eux ?
15:49Non, mais on reviendra sur ce point
15:51puisque vous avez envie d'en parler.
15:53Mais cette brigade de 100 contrôleurs,
15:56cette brigade de 100 contrôleurs,
15:57je l'ai missionnée pour faire un certain nombre de contrôles,
16:01plusieurs milliers de contrôles en 2026.
16:04Des contrôles dans les ports.
16:05Des contrôles dans les ports.
16:06Donc ils ouvrent les containers ?
16:08Ils ouvrent, ils analysent.
16:10On a un laboratoire dédié à cela
16:12pour vérifier si l'intervention...
16:14Donc en attendant la marchandise est bloquée ?
16:16En tout cas, elle ne peut pas circuler.
16:19Et puis des contrôles aussi sur le territoire national.
16:22Moi, je pense qu'il vaut mieux l'État,
16:25c'est sa mission de contrôler ce qui arrive sur son sol.
16:28Mais à vous entendre, si je comprends bien,
16:31la France a fait ce qu'elle pouvait
16:32pour rendre moins inacceptable un mauvais accord.
16:35Donc le Mercosur, il y aura plus de contrôles.
16:39Sur le fond des choses,
16:41ça demeure un accord désavantageux pour la France.
16:43Mais un peu moins désavantageux
16:44parce que la France aura fait quelques clauses et des amendements.
16:47Ça demeure désavantageux pour un certain nombre de filières
16:50qui sont des filières stratégiques pour le pays.
16:53Voilà.
16:53Je prends l'exemple du poulet, vous le savez,
16:55où un poulet sur deux consommé en France n'est pas élevé.
16:58Mais en même temps, les Français ne veulent pas de poulailler.
17:01Donc on allège...
17:02Les Français ne veulent pas de poulailler
17:03ou la bureaucratie française ne veut pas de poulailler ?
17:05Non.
17:06Les Français, ils veulent bien manger du poulet français
17:08et des œufs français.
17:09Ils en mangent de plus en plus d'ailleurs.
17:11C'est pour ça qu'on en manque.
17:12C'est pour ça qu'il faut construire des poulaillers.
17:14Et c'est pour ça que dans la loi visant à lever les entraves
17:18dites du plomb Menonville,
17:20il y a une disposition pour alléger
17:22la procédure de création ou d'agrandissement
17:28ou de modernisation des bâtiments d'élevage
17:30pour que les bâtiments d'élevage
17:32ne soient pas soumis à la même réglementation
17:34qu'un outil industriel d'une industrie sensible.
17:37Là, véritablement, on est à contresens du bon sens.
17:43Vous écoutez, Madame la Ministre,
17:44vous vous dites que c'est presque une victoire de la France.
17:46On a obtenu plein de choses.
17:47En tout cas, sur ces trois points-là,
17:49oui, je peux vous dire que c'est un combat que la France a mené.
17:52Ce qui est quand même inédit,
17:53c'est que la France, pays fondateur, vous l'avez dit,
17:55on l'a rappelé, pour la première fois,
17:57se retrouve très isolée
17:59et se voit imposer un accord commercial important
18:01en disant non, non, non,
18:04mais l'Europe avance.
18:07Tout en disant non.
18:09C'est quand même inédit.
18:09On est quand même très affaiblis.
18:11Et puis, il y avait d'autres choses à faire.
18:12Pourquoi est-ce que vous ne faites pas la politique de la chaise vide
18:14au sein de l'Union Européenne,
18:15comme l'avait fait le général de Gaulle en 1966 ?
18:18Madame Le Pen, par exemple,
18:20dit que Ursula von der Leyen
18:21a accéléré le vol de la souveraineté française.
18:24Est-ce qu'elle n'a pas raison là-dessus, sur ce sujet ?
18:26Je ne suis pas sûre que la politique de la chaise vide
18:30n'aurait pas isolé un peu plus la France.
18:33Et sur la question que vous me posez,
18:36est-ce qu'au fond,
18:37ce n'est pas la signature de l'isolement de la France ?
18:40Il y a eu dans le passé, rappelez-vous,
18:42sur la guerre, l'intervention militaire en Irak,
18:45des positions singulières de la France,
18:47dont elle n'est pas sortie spécialement abîmée ?
18:50Ce n'est pas la même chose.
18:51Non, ce n'est pas la même chose.
18:53Surtout les Américains ont quand même envahi le Irak.
18:55Ce n'est pas la même chose, je vous l'accorde.
18:56Mais est-ce qu'au motif de ne pas être isolé,
19:00il fallait se ranger à la Vox européenne
19:06et dire au fond, puisque de toute façon,
19:07le combat est perdu, couchons-nous ?
19:09Est-ce qu'on en serait sortis en meilleure chose ?
19:11Est-ce que c'est couchons-nous ou nous « paralyserons » les institutions
19:14si elles vont contre nos intérêts nationaux ?
19:16Mais paralyser les institutions, ce sont des mots,
19:18mais concrètement, comment cela, quelle forme cela...
19:22La contribution française à l'Union européenne ?
19:24Non, mais ça, c'est une fausse bonne idée,
19:29M. Beaucoté, je vais vous dire pourquoi.
19:31Parce qu'une large part des crédits européens
19:37vont à l'agriculture.
19:38Et moi, je ne peux pas courir le risque.
19:40Le combat matriciel qu'on a amené, maintenant, c'est la PAC.
19:43C'est la PAC, c'est le levier.
19:44C'est ce pourquoi l'Union européenne a été construite.
19:47C'est la politique la plus aboutie, la plus moderne,
19:50comme le dit Michel Barnier,
19:51et que défend le Premier ministre bec et ongle.
19:54Sébastien Lecornu a reçu avec moi Christophe Hansen,
19:58qui est le commissaire européen à l'agriculture.
20:00C'est le combat majeur qu'on a amené.
20:02Une PAC autonome avec un budget suffisant.
20:05Donc le Mercosur, c'est secondaire, non ?
20:07Une politique agricole réellement communautaire,
20:12parce qu'il y a des enjeux qu'on ne peut régler
20:13qu'au niveau de l'Union européenne.
20:14En fait, c'est quoi ? C'est un choc de simplification ?
20:17C'est toute la politique agricole.
20:19Les agriculteurs, ce n'est pas que contre le Mercosur.
20:21Il ne va pas y avoir une seule vache au prochain salon de l'agriculture.
20:25Ils protestent contre le fait qu'il y ait des strates administratives.
20:29Céline Imard, qui est agricultrice et eurodéputée LR,
20:32qui est de votre famille politique,
20:33qui disait cette semaine sur Europe 1,
20:35qu'il y a tellement de strates,
20:37qu'il y a tel conseil qui s'oppose à tel conseil,
20:39à la fin, les agriculteurs ne peuvent plus,
20:41parce qu'il y a des données contradictoires.
20:42En fait, à quel moment le ministre de l'Agriculture
20:45et l'exécutif avec lui dit
20:47« Ok, en fait, c'est tout le modèle agricole qui ne fonctionne plus,
20:50il faut tout refaire ? »
20:51Alors, tout refaire, ça voudrait dire
20:53rayer d'un trait de plume ce qui marche,
20:55parce que tout ne va pas mal en agriculture.
20:57Vous m'avez compris.
20:58Ce que je voudrais dire, c'est que quand je suis...
20:59Rayer 90% des choses qui ne marchent pas.
21:02Quand je suis...
21:02Je ne vais pas avoir une querelle de pourcentage avec vous,
21:05mais quand je suis arrivé à la tête de ce ministère,
21:09j'ai inscrit la simplification sur le fronton non-ministère,
21:11parce que pour moi, c'était vraiment
21:13l'orientation majeure qu'il fallait donner.
21:16Une des premières mesures que j'ai prises
21:18concernait la simplification des contrôles.
21:21Un contrôle par an et par exploitation,
21:24et pas plus que cela.
21:25Et puis, tout mon travail, c'est d'alléger.
21:27Pourquoi je me suis battue dans la loi d'orientation agricole ?
21:30Vous allez nous répondre après la pause, si vous le voulez bien,
21:33parce que nous devons marquer une pause sur CNews et sur Europe 1.
21:35A tout de suite avec Annie Gennevard.
21:36Au plateau du grand rendez-vous avec Annie Gennevard,
21:41ministre de l'Agriculture, nous parlions du choc de simplification
21:44que les paysans, que les agriculteurs voudraient.
21:47Vous me disiez juste avant la pause que vous,
21:49vous l'aviez initié, ce choc de simplification,
21:50mais eux, en attendant, ils ne le voient pas.
21:53Alors, si, ils le voient, parce que quand on passe
21:56de plusieurs contrôles par an sur son exploitation
21:58à un contrôle administratif par exploitation et par an,
22:01ça, c'est du concret.
22:04Je crois que ce que j'essaie d'impulser,
22:06et vous me questionniez tout à l'heure sur
22:08suis-je encore une femme de droite ?
22:10Oui, je suis une femme de droite.
22:10On va y venir.
22:11Parce que ma conception de l'agriculture,
22:14et ça touche directement à la question du revenu des agriculteurs,
22:18sur lesquels ils interpellent beaucoup,
22:20parce qu'il y a une partie du monde agricole
22:21qui souffre de la faiblesse des revenus,
22:24c'est avoir une approche compétitive de l'agriculture,
22:27avoir une approche économique des sujets,
22:29et pas toujours réglementaire.
22:32Trop de normes, c'est trop de problèmes, invariablement.
22:35Justement, madame la ministre...
22:37Et ce qu'il demande, c'est assez simple,
22:38pouvoir nourrir les Français,
22:40ce qui est la plus noble des missions,
22:41et pouvoir en vivre.
22:42Et pour ça, il faut effectivement...
22:45Comment vous répondez ?
22:45Et la loi...
22:46En soutenant et en accompagnant
22:50la loi visant à lever les entraves
22:52qui pèsent sur l'agriculture...
22:53Justement, madame la ministre...
22:54Eh bien, Dieu sait qu'elle m'a exposé, cette loi.
22:57Dieu sait qu'elle m'a exposé.
22:58Et vous voyez, ça répond aussi à votre question,
23:00le courage d'être ce que l'on est,
23:04d'être une femme de droite qui a des convictions de droite
23:06et qui les porte au sein du ministère de l'Agriculture.
23:08C'est aussi soutenir une loi
23:10qui a valu une pétition de 2 millions de personnes,
23:13initiée par quelqu'un qui dit d'elle-même
23:15« Moi, j'y connais rien à l'agriculture. »
23:18Ou les faits que nous se sont multipliés,
23:21alors même que cette loi est appliquée pour moitié,
23:24déjà, et qu'avant la fin du mois de janvier,
23:26la disposition, par exemple, sur les bâtiments d'élevage
23:28se déploiera.
23:30Justement, vous parlez de simplification
23:31et vous venez d'annoncer une nouvelle loi agricole,
23:33une loi d'urgence,
23:34et vous venez de le mentionner à l'instant,
23:36sachant que la précédente loi qui a été votée l'année dernière
23:38n'est même pas encore appliquée.
23:40Est-ce qu'on ne va pas encore empiler des dispositifs
23:43et compliquer les choses plutôt que les simplifier ?
23:44On attend les décrets d'application.
23:46Alors, j'étais sûre que vous alliez me parler
23:48des décrets d'application.
23:49Sur la loi Duplon, la loi Duplon-Menonville,
23:52la moitié de la loi est opérationnelle,
23:54elle est déjà appliquée.
23:55Je voudrais le rappeler,
23:56il y a des dispositions d'application directes.
23:58Il se fait que le législateur a inscrit dans la loi,
24:04et désormais c'est dans la Constitution,
24:06ce qu'on appelle la consultation publique.
24:08Ça, ce n'est pas le ministère qu'on est responsable,
24:11c'est dans la loi fondamentale.
24:14Vous devez déjà prendre...
24:15Moi, la loi est promulguée le 11 août.
24:19Moins d'un mois plus tard,
24:20l'arrêté d'application est prêt,
24:22sur les bâtiments d'élevage,
24:23parce que ça concentre beaucoup de questions du monde agricole.
24:26Moins d'un mois après.
24:28Et puis, vous avez consultation publique,
24:30et puis dépouillement des contributions,
24:32et puis envoi au Conseil d'État.
24:34Tout ça, c'est dans le cheminement normal du loi.
24:36On vous entend, mais est-ce qu'on a
24:38besoin d'une loi en plus ?
24:39Alors, sur la loi en plus,
24:41elle est quand même circonscrite à trois sujets.
24:43Le loup, l'eau, l'eau et les moyens de production.
24:48C'est trois sujets sur lesquels
24:50on a besoin de dispositions législatives.
24:52Alors, cette loi,
24:53nous allons la construire avec les parlementaires.
24:56Je suis une à trois fois par semaine sur le terrain.
24:58Ça fait déjà trois fois que je fais le Tour de France,
25:00je vais en faire un quatrième,
25:02ou je vais aller aussi au contact des agriculteurs.
25:04Mais en attendant, le Premier ministre...
25:07Avant le Salon de l'agriculture ?
25:08Ah non, je ne peux pas faire un Tour de France complet
25:10avant le Salon de l'agriculture.
25:11Vous n'allez pas aller voir les agriculteurs
25:13avant le Salon pour leur dire
25:14venez, venez au Salon,
25:16venez avec vos vaches,
25:17venez montrer l'agriculture.
25:19On est passé au sujet du Salon.
25:21Alors, parlons du Salon,
25:22on va quitter la loi,
25:22on va parler du Salon.
25:24Moi, je dis qu'aujourd'hui,
25:27il n'y a pas de raison sanitaire,
25:30puisque 90% du territoire national
25:33est désormais libre en zone indemne
25:38ou en zone vaccinale.
25:39Ça veut dire que...
25:39Il y a la dermatose.
25:41De la dermatose.
25:41Donc, il n'y a pas de risque,
25:43il n'y aurait pas de risque
25:45à emmener des bovins au Salon.
25:47Mais les éleveurs,
25:49dans la crainte qu'ils ont,
25:51et je les comprends,
25:52on a un magnifique élevage français,
25:5516 millions de bovins,
25:56des races exceptionnelles,
25:57reconnus dans le monde entier.
25:59Donc, ils sont terrifiés
26:02par les risques qu'ils encoureraient.
26:05Moi, je respecte...
26:06C'est que ça ?
26:06Ou c'est aussi une façon de protester ?
26:08Alors, certains appellent au boycott.
26:10Certains appellent au boycott.
26:11Et qu'est-ce que vous leur dites ?
26:12Et là, je leur dis...
26:13Là, je leur dis...
26:14C'est vraiment quelque chose
26:15qui est vraiment condamnable
26:18de prendre en otage politique le Salon.
26:21Le Salon, c'est l'affaire des agriculteurs.
26:23Mais ce n'est pas la première fois, non ?
26:25Ah, je crois pas.
26:27C'est devenu au lieu d'affrontement politique...
26:28C'est la première fois
26:29qu'on annonce qu'il n'y aura pas de vache.
26:30Oui, j'entends,
26:30mais c'est au lieu d'affrontement politique
26:31depuis quelques années déjà.
26:32Non, mais d'appeler au boycott du Salon,
26:34moi, je me suis...
26:35C'est contre-productif ?
26:36Moi, je pense que c'est contre-productif
26:38parce que le Salon,
26:39ce n'est pas le gouvernement,
26:40ce n'est pas l'État,
26:41ce sont les agriculteurs.
26:43C'est leur affaire.
26:44Et il faut voir l'engouement
26:45qu'il y a autour du Salon.
26:46Et il y aura des animaux au Salon.
26:49Et il y aura des animaux au Salon
26:50parce qu'il n'y a pas que des bovins au Salon.
26:52Et j'aime beaucoup le slogan
26:53des initiateurs,
26:57des patrons du Salon.
26:59Venir, c'est soutenir.
27:01Venir, c'est soutenir.
27:02Venez au Salon.
27:04Donc vous dites aujourd'hui aux agriculteurs
27:05qu'il faut renoncer à ce boycott
27:07et il faut venir.
27:07Je parle des éleveurs.
27:11D'abord, les éleveurs ne boycottent pas le Salon.
27:14Les éleveurs, dans la crainte
27:15que leur bête ne soit contaminée,
27:17ont pris la décision de ne pas venir.
27:19Certaines formations syndicales et politiques
27:21ont appelé au boycott
27:22pour semer le désordre.
27:23Mais vous dites aujourd'hui
27:24qu'il n'y a plus de dermatose.
27:26En tout cas, vous encouragez...
27:28Il n'y a aujourd'hui
27:30plus de cas de dermatose en France.
27:33Et ça, c'est la bonne nouvelle.
27:34Vous encouragez les éleveurs de vaches,
27:36les éleveurs bovins,
27:37à venir au Salon
27:38et surtout pas de boycottés.
27:40Et vous allez les voir.
27:42Mais je vais tout le temps les voir.
27:44Je les reçois en permanence.
27:46Vendredi soir, Agnès Gennevard,
27:48nous étions tous rivés
27:48sur l'écran de CNews
27:50pour la prise de parole
27:50de Sébastien Lecornu
27:52qui, la veille, avait conclu
27:53qu'il fallait qu'il passe en force
27:54sur le budget faute d'accords
27:55entre les partis.
27:57Et finalement, rien.
27:58Une annonce sur le repas étudiant,
28:00la hausse de la prime d'activité,
28:02quelques autres mesures.
28:03Mais il n'y a pas eu de
28:04« j'ai décidé d'utiliser le levier
28:08de l'article 49 alinéa 3 »
28:10ou l'article 47 sur les ordonnances.
28:13Pourquoi n'avoir rien dit
28:16sachant que finalement,
28:17ça va finir par se faire ?
28:18Il a donné l'explication.
28:20Il a dit qu'il mettait à profit
28:21le week-end pour continuer
28:23les négociations.
28:24C'est reculé pour mieux sauter ?
28:25La situation dans laquelle
28:28se trouve le pays
28:28est quand même gravissime
28:29parce que beaucoup de politiques publiques
28:33sont en attente de délivrance
28:34d'un budget.
28:36Et ceux qui l'ont pris en otage
28:38par l'obstruction,
28:39par le dépôt déraisonnable d'amendements
28:42puisque c'est l'arme obstructive majeure,
28:46mettent en réalité en difficulté
28:48notre pays.
28:50Mais vous êtes plutôt 49-3
28:52ou ordonnance vous,
28:53Madame la Ministre ?
28:54La situation du pays est grave
28:55et puis le Premier ministre cherche
28:58et il faut l'en féliciter.
29:00Qui ferait mieux à sa place ?
29:01Le compromis.
29:03Mais quel compromis ?
29:04On a une Assemblée nationale
29:05qui est ce qu'elle est.
29:07Elle est celle que les Français ont voulu.
29:08Et on voit bien que l'ERN
29:11et les filles
29:11dans un mouvement conjoint
29:13se déploient une stratégie
29:16d'obstruction,
29:17de désordre,
29:18de chaos.
29:18Le budget actuel,
29:19ce n'est pas un budget néfaste
29:21comme le dit Marine Le Pen.
29:22Vous seriez plutôt comme Patrick Canard
29:24qui ce matin sur Europe 1
29:25dit que c'est le moins mauvais choix
29:27que ce budget.
29:28Ce n'est évidemment pas le choix
29:30qu'une femme de droite
29:31telle que moi aurait fait
29:32si nous avions une majorité de droite.
29:34Et ce n'est probablement pas non plus
29:35le budget qu'une majorité de gauche
29:38aurait adopté.
29:38Et y a-t-il une autre,
29:40y a-t-il une alternative
29:41à cette recherche du compromis ?
29:43J'entends le raisonnement tactique
29:44mais sur le fond des choses,
29:46quand on dit globalement
29:46qu'il y a en France
29:47des socialistes de gauche,
29:48des socialistes de centre,
29:49des socialistes de droite
29:50et que ce budget
29:51est globalement
29:52d'inspiration socialiste,
29:54est-ce que c'est vrai ?
29:55Alors moi je pense
29:56que vous omettez les mesures
29:58que la droite a portées
30:00et qui ne sont pas
30:03à passer par pertes et profits.
30:06Moi je l'avais dit d'emblée
30:08à Sébastien Lecornu,
30:09il faut que dans les politiques
30:13qui seront mises en œuvre,
30:14on puisse donner aussi
30:15des gages à la droite.
30:16On ne peut pas donner
30:17que des gages à la gauche.
30:18Je vais vous donner un exemple.
30:20Donnez-moi le livre de course.
30:21Il y a une mesure,
30:22vous savez bien
30:24que les fondamentaux
30:26d'une politique de droite
30:27c'est celles qui encouragent
30:28le travail,
30:29qui encouragent l'économie,
30:31qui luttent
30:32contre un assistanat.
30:34Par exemple,
30:34l'engagement
30:35qu'a pris le Premier ministre
30:37dans la prestation sociale unique,
30:40ça c'est quelque chose
30:40qu'on essaie de mettre en place
30:42depuis des années
30:43et le Premier ministre
30:44a accepté de s'engager
30:45dans les droits.
30:45Ce qui n'a pas
30:45dit le Premier ministre
30:46c'est que ça va se traduire
30:47pour financer les mesures
30:48qui ont été annoncées vendredi
30:49par des rousses d'impôts
30:50pour les entreprises.
30:51Donc là ce n'est pas vraiment
30:52des mesures de droite.
30:52On est bien d'accord avec nous.
30:54Évidemment,
30:54l'ADN de la droite
30:56ce n'est pas une fiscalité débridée.
30:59Mais même l'ADN de la gauche.
31:00Patrick Kenner ce matin
31:01sur Europe 1
31:02disait
31:02j'attends de voir
31:03comment ces promesses
31:04du Premier ministre
31:05vont être financées.
31:06Bien sûr,
31:06il y a le volet des recettes.
31:07Quelqu'un qui va payer,
31:08ça va être les entreprises
31:09qui vont payer une fois de plus.
31:10Naturellement,
31:10avec l'objectif de rester...
31:12Naturellement,
31:12vous avez dû...
31:13D'accord.
31:13Non mais naturellement
31:14il faudra trouver des recettes
31:17et il faut en même temps
31:18contenir le déficit.
31:20C'est une quadrature du cercle,
31:22c'est un nœud Gordia.
31:23Qu'est-ce que vous voulez
31:24qu'on fasse avec une majorité
31:25où vous avez une alliance
31:26objective du RN et de l'État ?
31:28Oui mais la France
31:29n'a pas attendu
31:29d'avoir cette assemblée
31:30pour avoir des finances
31:31par exemple
31:32une dépense publique
31:33qui est censée
31:33pour avoir une fiscalité délirante.
31:35Je suis d'accord avec vous
31:38et nous la dénonçons.
31:39Mais qu'est-ce que vous voulez ?
31:40La droite n'est plus aux affaires.
31:41Et d'ailleurs,
31:42c'est son sujet.
31:43C'est notre problème.
31:44Mais nous,
31:44la droite est aux affaires.
31:46Vous êtes de droite.
31:47Elle participe au gouvernement
31:48mais elle ne fait pas
31:49à elle seule
31:50toute la politique.
31:52dans une situation
31:52absolument singulière
31:53où ce n'est ni une cohabitation
31:55ni une coalition
31:56parce qu'on n'est pas...
31:57Moi je suis d'une circonscription
31:59voisine avec la Suisse.
32:00Vous savez,
32:01la logique de coalition
32:02c'est quelque chose
32:03qui est complètement étranger
32:05à l'ADN de notre pays
32:06dans le fonctionnement
32:07de nos institutions.
32:08Donc c'est un objet politique inédit
32:11le fonctionnement
32:13mais moi j'ai en responsabilité
32:15l'agriculture.
32:17Franchement,
32:18dans la politique que je déploie
32:19qui vise à avoir
32:20une approche économique
32:22des sujets
32:22pour pouvoir améliorer
32:25le revenu des agriculteurs
32:27parce que
32:27je n'ai pas pris
32:29une seule décision
32:30depuis 15 mois
32:31qui soit antagoniste
32:33avec les convictions profondes
32:34On va reparler du budget
32:35dans un instant
32:36sur Europe 1 et sur CNews.
32:37A tout de suite.
32:40Dernière partie
32:41du grand rendez-vous
32:42avec Annie Gennevard,
32:44ministre de l'Agriculture.
32:46Quand elle était passée
32:47par votre place
32:49par le grand rendez-vous
32:50Europe 1-C News-Les Échos,
32:51Madame la ministre
32:52des Comptes publics
32:53Amélie de Montchalin
32:53avait une fiche dinguerie.
32:56C'est-à-dire qu'elle nous a dit
32:57qu'il y a des dingueries
32:58votées par le RN
32:59et des dingueries
33:00votées par la France Insoumise.
33:02Parmi les dingueries
33:04selon Madame de Montchalin
33:06proposées par le RN
33:07le RN proposait
33:09qu'on arrête
33:10les aides aux demandeurs d'asile.
33:12Est-ce que c'est vraiment
33:13une dinguerie
33:14quand on sait que 61%
33:15sont favorables
33:16pour justement
33:17restreindre le droit d'asile ?
33:19Ou encore la baisse
33:19de la contribution
33:20de l'Union Européenne.
33:21Est-ce que c'est vraiment
33:22une dinguerie de surcroît
33:23avec tout ce qu'on vient
33:24d'expliquer
33:25sur l'attitude
33:26de Madame Ursula von der Leyen ?
33:28Est-ce qu'on peut résumer
33:29d'une manière générale ?
33:31On a entendu le Premier ministre
33:32Vendix-Dior
33:33sur le cynisme
33:34du RN ?
33:37Sur la diminution
33:38de la contribution
33:39de la France
33:39à l'Union Européenne
33:40c'est presque une démarche
33:42qui initie un Frexit
33:43quand même.
33:44Ça veut dire vraiment
33:45là...
33:45Ça pose des gages.
33:46Voilà, si vous ne voulez pas
33:48marcher avec nous
33:49forcément
33:50on donne moins d'argent.
33:51Je ne partage pas du tout
33:52cette proposition
33:54qui en plus
33:54mettrait en risque
33:55les agriculteurs.
33:56c'est un risque
33:59que jamais je ne courirais.
34:01Et pourquoi pas
34:01un 49-3
34:02et pourquoi pas
34:03des ordonnances ?
34:04Alors...
34:05Qu'est-ce qu'il y a
34:06à votre préférence ?
34:07Alors moi
34:08ma préférence
34:08c'est de pouvoir...
34:10C'est fromage ou dessert
34:11là pour le coup ?
34:12Disons que les ordonnances
34:15c'est une mesure inédite
34:16elle n'a jamais été explorée
34:19et si je comprends bien
34:20le dispositif
34:22ça veut dire
34:22qu'on repart
34:23de la copie initiale
34:24et qu'il faudra
34:24un projet de loi rectificatif
34:26pour y inclure
34:27les mesures
34:28qui auraient été négociées
34:29avec les différents
34:30groupes parlementaires.
34:31Et moi
34:32dans cette architecture-là
34:34ceux qui m'inquiètent
34:34ce sont les mesures
34:35d'urgence
34:37qui m'ont été demandées
34:38je voudrais les rappeler
34:39quand même.
34:41Les viticulteurs
34:42sont 7000 à Béziers
34:43en novembre
34:44je vais les voir
34:44une semaine après
34:45ils me demandent
34:47un plan d'aide
34:47à 200 millions d'euros
34:49nous arrivons
34:50à conclure
34:51la chose
34:52avec à la fois
34:53un engagement
34:54de 130 millions
34:55de nationaux
34:55Donc la copie initiale
34:56du budget
34:57ça ne vous va pas ?
34:58Et le reste
34:59on est d'urgence européenne
35:00c'est l'aide
35:02pour les céréaliers
35:02de 40 millions d'euros
35:03c'est le triplement
35:04du fonds hydraulique
35:05parce que sans eau
35:06il n'y a pas d'avenir
35:06de l'agriculture
35:07c'est le doublement
35:09de l'aide
35:09aux éleveurs
35:10qui ont leurs animaux
35:11bloqués
35:12dans le sud-ouest
35:12donc moi c'est du concret
35:14c'est d'immédiat
35:14c'est de l'urgence
35:15Donc plutôt le 49-3
35:16Donc de ce point de vue-là
35:17le 49-3
35:18permet d'inclure
35:19dès le début
35:21les mesures
35:22correctives
35:23mais ça suppose
35:253 49-3
35:26Il y a un petit problème
35:27c'est que le Premier ministre
35:28donc votre gouvernement
35:30quand il est arrivé
35:31aux affaires
35:32nous a expliqué
35:33que le 49-3
35:34c'était terminé
35:34Oui
35:35il a pris
35:36cet engagement
35:37initial
35:37content
35:38sur l'esprit
35:40de responsabilité
35:41du Parlement
35:43il se fait
35:44que
35:44on voit bien
35:46que l'irresponsabilité
35:47je maintiens
35:48de certains
35:50qui veulent
35:51absolument
35:52tout faire
35:52pour empêcher
35:54la France
35:54d'adopter
35:55un budget
35:55dans des délais
35:56raisonnables
35:57nous oblige
35:59à reconsidérer
36:00les choses
36:00Est-ce que vous nommez
36:01irresponsabilité
36:02d'autres le nommeraient
36:03simplement désaccord
36:04Oui
36:05ce n'est pas nouveau
36:05que l'ORN
36:06est l'exemple
36:07que l'opposition
36:08s'oppose
36:09n'est pas une invention
36:10récente
36:11C'est l'essence même
36:13de la démocratie
36:14dans notre pays
36:15mais on voit bien
36:16qu'il y a des menaces
36:16d'obstruction
36:17c'est-à-dire
36:18si vous ne faites pas ça
36:19les indices
36:20si vous ne faites pas ça
36:21en censure
36:22les autres disent
36:22on va déposer
36:23des milliers d'amendements
36:24pour empêcher
36:25pourquoi le Premier ministre
36:27a-t-il décidé
36:28d'interrompre les débats
36:29parce qu'au moment
36:30où il le fait
36:30il y a encore
36:31plus de 3000 amendements
36:32ça veut dire encore
36:33des semaines
36:34de débats interminables
36:35Ça veut dire aussi
36:36que mardi
36:36il va falloir prendre
36:37une décision
36:37elle se prendra
36:39probablement avant
36:40puisque nous avons
36:41un Conseil des ministres
36:42sur ce sujet lundi
36:43Lundi
36:43Vous avez dit
36:45plusieurs fois
36:46dans cette émission
36:47à Anne-Jean Noir
36:47que vous étiez
36:48une femme de droite
36:48pourtant Bruno Retailleau
36:49au micro de Sonia Mabrouk
36:51cette semaine
36:52sur CNews et Europe 1
36:53a refusé
36:54que vous vous exprimiez
36:55en tant que
36:56parti
36:57Les Républicains
36:59comment est-ce que
36:59vous le prenez
37:00comme une gifle ?
37:01Non pas du tout
37:02je pense que
37:03Bruno Retailleau
37:05veut dire par là
37:06que moi qui ai été
37:07une des dirigeantes
37:08de mon parti
37:09qui en ai assumé
37:11à peu près
37:11toutes les responsabilités
37:12majeures
37:13secrétaire générale
37:14présidente du Conseil
37:15national
37:16présidente
37:18donc je ne peux plus
37:20je n'ai plus
37:21qualité
37:22à dire
37:23le parti
37:23doit faire ceci
37:24ou il serait souhaitable
37:25que le parti
37:26maintenant
37:27on est en démocratie
37:29et en liberté
37:29j'observe
37:30que
37:31le président
37:33de notre parti
37:33je dis bien
37:34de notre parti
37:35car j'en suis toujours
37:35membre
37:36figurez-vous
37:36j'ai encore ma carte
37:38j'acquitte ma cotisation
37:40qu'on ne m'a pas
37:40renvoyé du reste
37:41et je suis toujours
37:42présidente de ma fédération
37:43vous n'avez pas
37:43confisqué votre carte
37:44non on ne m'a pas
37:45confisqué ma carte
37:46donc je dis simplement
37:48que nous sommes
37:49dans un état
37:50de liberté d'expression
37:51et je vois mal
37:52comment on peut
37:53m'empêcher
37:53de m'exprimer
37:54cela dit
37:55Bruno Retailleau
37:58a suspendu
37:58les ministres
37:59qui ont décidé
38:00de rester
38:00au gouvernement
38:01dont il a
38:01décidé de partir
38:03c'est une erreur
38:05de partir
38:06moi je pense
38:07que c'est dommage
38:08j'ai beaucoup
38:09d'estime
38:09pour Bruno Retailleau
38:10je pense que
38:11c'est une figure
38:12éminente de la droite
38:13et je pense
38:15qu'il s'est affaibli
38:16dans la façon
38:18qu'il a eu
38:18de quitter
38:19le gouvernement
38:20et je le regrette
38:21profondément
38:22pour lui d'abord
38:23parce qu'il a perdu
38:24en visibilité
38:25et en puissance
38:26d'intervention
38:27politique
38:28et pour notre parti
38:30et pour notre
38:31famille politique
38:33mais voilà
38:35ça ne l'empêchera pas
38:36Bruno Retailleau
38:37d'aller soutenir
38:38Rachida Dati
38:39dans la campagne
38:40de Paris
38:40bien qu'elle soit
38:41elle aussi
38:42suspendue
38:43vous voyez
38:43moi je connais bien
38:44ma famille politique
38:45j'en ai vu
38:46des vertes et des pas
38:47mûres
38:47alors une question
38:48qui est souvent débattue
38:50dans votre famille politique
38:51en ce moment
38:51c'est l'idée d'une primaire
38:52de la droite
38:53pour 2027
38:54est-ce que c'est une idée
38:55à laquelle vous vous ralliez
38:57et si oui
38:58avec quelle borne
38:58c'est la fameuse
38:59de Xavier Bertrand
39:01à Sarah Knafo
39:02de qui à qui
39:03globalement
39:04pourrait participer
39:05à cette primaire
39:05moi je vais vous parler
39:07de ce que je connais
39:08lorsque François Fillon
39:11a gagné la primaire
39:13il était
39:15nous étions supposés
39:17tous nous rassembler
39:18et j'ai vu
39:19à ce moment-là
39:20que la mayonnaise
39:21ne prenait pas
39:22lorsque c'est
39:23Valérie Pécresse
39:24qui a été
39:25qui a
39:26qui est sortie
39:28de la primaire
39:29j'ai vu
39:30que la mayonnaise
39:31c'est très difficile
39:33de se rallier
39:34à quelqu'un
39:35qu'on a combattu
39:37dans une primaire
39:37c'est mon observation
39:39la dernière fois
39:40qu'on a gagné
39:40une élection présidentielle
39:42c'est quand le candidat
39:43s'est imposé
39:44dans lui-même
39:45vous aviez de mémoire
39:47un candidat
39:47absolument central
39:48à l'époque
39:49oui là il n'y a pas
39:49de personne qui s'impose
39:50c'est ça aussi le problème
39:51à date il n'y a pas
39:52de personne qui s'impose
39:52alors comment on fait
39:53je ne sais pas
39:54je ne sais pas
39:58si d'ici
39:59parce que la campagne
40:00des présidentielles
40:01va démarrer
40:02peu ou prou
40:03avant l'été
40:05elle est déjà
40:05mentalement commencée
40:07elle est déjà
40:07mentalement commencée
40:08on voit que
40:09entre
40:10Jean-Luc Mélenchon
40:12et les filles
40:13l'extrême gauche
40:15et Marine Le Pen
40:17ou Jordan Bardella
40:18Marine Le Pen
40:20que j'hésite
40:21à qualifier
40:21d'extrême droite
40:22parce que je trouve
40:23qu'elle a plus grand chose
40:23de droite
40:24dans sa proposition politique
40:25et Jordan Bardella
40:26qui a bien compris
40:29que c'était le point faible
40:31on verra
40:31est-ce que vous le qualifieriez
40:33d'extrême droite
40:33Bardella ?
40:35peu importe
40:37vous venez vous-même
40:39de dire Le Pen
40:40je n'utilise pas ce terme
40:42on verra
40:43ce que Jordan Bardella
40:47fait comme proposition
40:48en matière d'économie
40:49notamment
40:50j'entends mon droit
40:51de l'extrême droite
40:52le terme vous l'utilisez
40:53pour lui
40:53entre Mélenchon
40:57et Le Pen
40:57puisqu'aujourd'hui
40:58ce sont les deux figures
41:00tutélaires
41:00de l'extrême gauche
41:01et de son pendant
41:03à l'autre bout
41:04de l'échiquier
41:04si on n'a plus
41:06d'un candidat
41:07le risque est que nous
41:08n'ayons personne
41:08au deuxième tour
41:09donc là
41:10il va falloir bien réfléchir
41:11en termes de tactique
41:12mais je pense
41:13qu'on est en un temps
41:15un peu
41:15c'est un peu trop précoce
41:18je ne sais pas
41:19comment on se sortira
41:20de cette difficulté
41:21mais c'est une vraie difficulté
41:22mais en tout cas
41:24ce que je peux vous dire
41:25c'est que
41:25LR doit peser
41:27dans cette élection
41:28d'une façon
41:28ou d'une autre
41:29ça veut dire quoi
41:30d'une façon
41:31d'une autre
41:31ça veut dire
41:31que LR doit d'abord
41:35penser à présenter
41:36un candidat
41:37que s'il n'y a pas
41:39chez LR
41:39quelqu'un
41:40qui est en capacité
41:41de l'emporter
41:42et d'être présent
41:43au deuxième tour
41:44LR doit peser
41:46sur le projet présidentiel
41:46Mais vous Annie Gennevard
41:48puisque vous êtes
41:48une femme de droite
41:49comme vous nous l'avez dit
41:50que vous faites partie
41:51de la famille LR
41:53et que vous regardez aussi
41:54le spectre
41:56de l'échiquier politique
41:57votre coeur aujourd'hui
41:58balance
41:58sur quel candidat potentiel
42:01sachant qu'il y en a
42:02une vingtaine
42:03et qu'il n'y a pas
42:05Une vingtaine
42:05vous me semblez très
42:06Je crois que le journal Le Point
42:07il y a quelques semaines
42:08on avait
42:09mis 16 ou 17
42:11sur l'échiquier
42:13Je ne les vois pas
42:14LR doit peser
42:15sur le projet présidentiel
42:16J'entends
42:17mais si le candidat
42:18du bloc
42:18du parti présidentiel
42:19c'est Gabriel Attal
42:21c'est pas la même chose
42:21que c'est Bruno Retailleau
42:22Ah non c'est pas la même chose
42:24Alors dans ce cas-là
42:24entre Attal et Obardella
42:26vous choisissez ?
42:27Ah ah ah
42:28ça c'est l'élève
42:29Vous nous dites
42:29que vous devez peser
42:30Les électeurs
42:30devront faire un choix
42:31Moi
42:32d'une part
42:34et là pour le coup
42:35je rejoins la position
42:36du président de mon parti
42:37nous ce que nous voulons
42:38c'est la coalition
42:39des électorats
42:41Qu'est-ce que vous voulez
42:42M. Bocoté
42:42Je ne veux rien du tout
42:45je veux comprendre
42:45Faire allégeance
42:47à un candidat
42:48tel que
42:49Jordan Mardella
42:50Ou Gabriel Attal
42:50Ou Gabriel Attal
42:52dans le projet politique
42:55qui ne serait pas le nôtre
42:56c'est la disparition
42:57effective de la droite
42:58Or
42:58ça fait quand même
43:00maintenant
43:00trop longtemps
43:01que la droite
43:02qui a quand même
43:04C'est la disparition
43:05des LR
43:05c'est pas la disparition
43:06de la droite forcément
43:07Vous diriez
43:08qu'il n'y a aucune
43:09LR est la famille
43:11qui est dépositaire
43:12Il n'y a rien de droite
43:13chez Jordan Mardella ?
43:14Non je ne dis pas cela
43:15je sais que c'est votre
43:16J'ai pas dit ça
43:18possiblement
43:18vous assisez beaucoup
43:20sur ce point
43:21mais bien sûr
43:22dans un certain nombre
43:24de domaines
43:25et notamment
43:26dans le constat
43:26que nous faisons
43:27sur la fragmentation
43:28de la société
43:29sur sa communautarisation
43:31et même
43:32sur le séparatisme
43:33qui la guette
43:34et bien
43:35nous partageons
43:37des éléments
43:37de constat
43:38mais dans les solutions
43:39qui sont proposées
43:40ou même l'absence
43:41de solutions
43:42qui n'est que
43:42de la dénonciation
43:43des problèmes
43:44mais moi je suis là
43:45pour les résoudre
43:46les problèmes
43:46voilà pour agir
43:47Merci beaucoup
43:48Agnès Genevard
43:48d'avoir été l'invité
43:49du grand rendez-vous
43:50Europe 1 C News
43:51Les Echos
43:51Très bon dimanche
43:52sur nos deux antennes
43:53C'est parti