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  • il y a 4 heures
Avec Hélène VECCHIALI, psychanalyste

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##BRIGITTE_LAHAIE-2026-05-28##
Transcription
00:00:0014h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:00:04Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio.
00:00:07Savez-vous quel est le point commun entre la Saint-Valentin et la fête des mères ?
00:00:12Je ne suis pas sûre que vous sachiez, mais peut-être qu'il y en a certains qui savent.
00:00:16C'est tout simplement parce que c'est les deux moments de l'année les plus intéressants pour les fleuristes,
00:00:21enfin du moins pour leur chiffre d'affaires.
00:00:23Et je trouve ça bien sympathique parce que ça prouve que l'amour,
00:00:26c'est encore une valeur sûre dans notre société qui est parfois un peu bousculée.
00:00:31Et justement, l'amour de notre mère et l'amour pour notre maman,
00:00:36c'est peut-être une des clés essentielles pour mieux comprendre notre rapport à l'amour avec un grand A.
00:00:41Hélène Vecchali est avec nous durant ces deux heures et je vous propose qu'ensemble,
00:00:46on parle de l'amour que nous avons porté à notre mère,
00:00:48ou qu'elle nous a porté, ou qu'elle ne nous a pas porté.
00:00:51Et pourquoi pas, si vous avez envie de faire votre déclaration d'amour à votre maman,
00:00:55et bien moi je vous propose de venir, de témoigner,
00:00:59et puis comme ça, dimanche, vous pourrez lui faire écouter en podcast le message que vous aurez transmis sur Sûrdradio.
00:01:06Et puis peut-être qu'il est temps de faire la paix avec maman,
00:01:09et ça c'est essentiel pour aller bien,
00:01:12parce que tant qu'on est un peu dans la colère,
00:01:15ou dans le ressentiment, ou dans l'attente de quelque chose qui ne viendra pas,
00:01:18on ne peut pas être libre dans sa relation à l'amour.
00:01:22Donc si vous avez envie de vous réconcilier,
00:01:25ou en tout cas de faire la paix,
00:01:27parce que se réconcilier avec maman c'est peut-être impossible,
00:01:30peut-être qu'Hélène Vecchali pourrait vous aider,
00:01:32donc c'est le moment, nous appelez au 0 826 300 300.
00:01:35Bonjour Hélène Vecchali.
00:01:36Bonjour Brigitte Laé.
00:01:37Merci d'être avec nous sur ce sujet qui sans doute va susciter beaucoup d'appels,
00:01:43parce qu'on a tous quelque chose à dire sur notre mère,
00:01:46qu'on soit un homme, qu'on soit une femme,
00:01:47qu'on soit très adulte ou encore un peu immature,
00:01:52on n'a jamais tout réglé.
00:01:53Oui, c'est la personne la plus importante au début de notre vie,
00:02:00et tout le long quand même,
00:02:03parce que c'est une présence qui est fondatrice
00:02:07dans notre construction de la vie psychique.
00:02:11Donc cette mère, elle est primordiale,
00:02:14d'abord au tout début de la vie,
00:02:16même pour rester en vie, on a besoin d'elle.
00:02:18Il paraît même que pendant neuf mois, il se passe des choses.
00:02:22Oui, pendant neuf mois, le bébé sent, ressent,
00:02:27entend, perçoit,
00:02:28c'est vraiment très présent dans notre vie,
00:02:33donc une mère ou le substitut d'une mère.
00:02:35Et par conséquent,
00:02:39et puis c'est la première relation avec un autre être humain.
00:02:43C'est ça qui va colorier toute notre vie affective,
00:02:47parce que c'est le bœuf à bas de nos sensations,
00:02:51le bœuf à bas de nos émotions et de nos ressentis.
00:02:55Donc c'est vraiment primordial.
00:02:58Et je pense que celui qui en a parlé le mieux,
00:03:02enfin un de ceux qui en a parlé le mieux,
00:03:04c'est Winnicott qui a vraiment travaillé
00:03:09sur cette relation mère-enfant.
00:03:14Je précise d'ailleurs que vous êtes psychanalyste,
00:03:16Hélène Vecchali,
00:03:17et que forcément il n'y a beaucoup de pas dire
00:03:18quand on est psychanalyste sur sa relation,
00:03:21sur la relation de la mère et de l'enfant.
00:03:23Oui, vous avez raison de le préciser,
00:03:25et c'est vrai que dans un cabinet de psychanalystes,
00:03:28100% des patients, à un moment ou à un autre,
00:03:31parlent de leur mère.
00:03:32Ils parlent de leur père aussi,
00:03:33mais leur mère qui est vraiment à l'origine de leur vie psychique.
00:03:37Et donc Winnicott a une formule qui est un peu brutale,
00:03:41mais finalement qui est assez explicite,
00:03:45en expliquant qu'il y a deux sortes de mères,
00:03:48celles qui ont porté leur enfant,
00:03:49et celles qui l'ont laissé tomber.
00:03:51Donc laissé tomber au sens symbolique,
00:03:54c'est-à-dire qu'ils ne sont pas occupés de lui.
00:03:56Donc celles qui ont porté l'enfant,
00:03:57et là c'est intéressant,
00:03:59il explique le concept de mère suffisamment bonne.
00:04:03Et j'aime bien cette expression,
00:04:04parce que ça veut dire que ce ne sont pas des mères parfaites.
00:04:07L'idée c'est une mère qui va être suffisamment présente
00:04:11pour que l'enfant, dans les soins du quotidien,
00:04:15dans ses angoisses, dans ses joies,
00:04:18dans ses peines, dans ses craintes,
00:04:20et bien cet enfant va être encadré par sa maman suffisamment bien
00:04:26pour qu'il puisse se sentir en sécurité
00:04:29et avancer tout doucement vers sa vie d'adulte.
00:04:33Sans pour autant trop le couver.
00:04:35Voilà, et sans être fusionnel,
00:04:37et sans être omniprésente.
00:04:40Donc c'est ça, suffisamment bonne,
00:04:41c'est-à-dire pas trop peu et pas trop trop.
00:04:45Mais vraiment avec la bonne distance,
00:04:48avec des erreurs.
00:04:49Mais est-ce que vous êtes d'accord
00:04:51avec quelque chose que disent beaucoup de psys ou de thérapeutes,
00:04:54qu'en fait une femme, une mère,
00:04:57a toujours l'impression de ne pas en faire assez ?
00:05:01Oui et non.
00:05:02C'est-à-dire qu'après là c'est au cas par cas,
00:05:04mais les mères, non,
00:05:06il y a des mères qui savent qu'elles en font assez,
00:05:08et même trop.
00:05:10Mais c'est pas tellement qu'elles ont l'impression
00:05:12de ne pas en faire assez,
00:05:13mais c'est qu'elles voudraient,
00:05:14beaucoup voudraient être parfaites,
00:05:16et s'en veulent de ne pas avoir été suffisamment là,
00:05:20suffisamment rapidement,
00:05:23suffisamment prévenantes,
00:05:24qu'elles n'ont pas pu anticiper,
00:05:25ou qu'elles sont trop inquiètes.
00:05:28Tout d'un coup, il y a une charge qui est là,
00:05:30qui est une charge, une très belle charge,
00:05:32mais qui par moment est une charge qui pèse un peu.
00:05:34Donc oui, c'est le sujet des mères.
00:05:37Et puis surtout, la psychanalyse,
00:05:39et j'en sais quelque chose,
00:05:40a quand même fait parfois un petit peu de mal aux mères,
00:05:44puisque à chaque fois qu'il y a quelque chose qui va passer,
00:05:46c'est de la faute des mères.
00:05:47Donc les pauvres mamans,
00:05:48elles sont là,
00:05:50quoi qu'elles fassent,
00:05:51forcément, de toute façon,
00:05:52d'ailleurs Freud l'a dit,
00:05:53quoi que vous fassiez,
00:05:54de toute façon, vous aurez tort.
00:05:55En même temps, c'est un peu vrai,
00:05:57dans le sens,
00:05:58et là encore une fois,
00:05:59je n'accuse pas les mères,
00:06:00mais je nous accuse nous,
00:06:01en tant qu'êtres humains,
00:06:02parce qu'on est tellement influencés par maman,
00:06:06et alors les femmes peut-être encore plus que les hommes,
00:06:08contrairement à ce qu'on croit,
00:06:09parce qu'on a ce modèle auquel on s'identifie,
00:06:14il faut s'en éloigner,
00:06:16et puis en même temps,
00:06:17on est fusionnel,
00:06:18enfin, c'est vrai que c'est compliqué.
00:06:20Bien sûr que notre mère a joué un rôle essentiel
00:06:24dans notre manière de nous construire et d'être.
00:06:27Oui, c'est sûr,
00:06:28c'est sûr que c'est quelqu'un qui est omniprésent,
00:06:33une femme qui est omniprésente dans notre vie,
00:06:35et donc, voilà,
00:06:38en fonction de la façon dont elle va colorer
00:06:41ce premier lien avec nous,
00:06:44eh bien, ça influe surtout, quoi.
00:06:46Et c'est vrai qu'une mère suffisamment bonne,
00:06:50c'est une mère qui a,
00:06:52j'aime bien cette expression,
00:06:54qui vit une danse affective avec l'enfant.
00:06:56J'aime bien cette expression
00:06:57parce qu'elle veut dire quelque chose de léger,
00:07:01quelque chose de joyeux,
00:07:02quelque chose de sain,
00:07:03quelque chose de beau.
00:07:06Et cette danse affective,
00:07:07elle signifie déjà à l'enfant,
00:07:10elle lui dit, tu existes.
00:07:12Et c'est pas rien de démarrer sa vie
00:07:14en sachant qu'on existe,
00:07:16parce qu'on le verra pour l'autre partie
00:07:18des mères qui laissent tomber,
00:07:20là, on n'est plus du tout dans le même registre.
00:07:22Donc, il y a cette danse affective
00:07:23qui va faire que l'enfant,
00:07:25eh bien, va commencer sa vie
00:07:27dans une matrice virtuelle.
00:07:29Il est sorti de la matrice réelle de la maman.
00:07:31Oui, parce qu'il faut bien savoir
00:07:33que pendant les trois premières années,
00:07:35pratiquement,
00:07:36on est totalement dépendant de nos parents,
00:07:38et évidemment de notre mère.
00:07:41Et c'est aussi,
00:07:42et ça, je crois qu'on n'en parle pas beaucoup,
00:07:44et dans cette émission,
00:07:45il faut forcément en parler,
00:07:46c'est aussi le corps à corps
00:07:49du bébé avec sa mère,
00:07:53alors parfois ce père,
00:07:54bien sûr,
00:07:54au moment du bain,
00:07:56au moment de...
00:07:56Oui, il y a de la sensorialité.
00:07:59Et ça, ça va influencer
00:08:01tout notre futur,
00:08:04notamment dans la sensualité.
00:08:06Tout à fait, tout à fait.
00:08:07Et donc, vraiment,
00:08:09ce lien-là, il est important,
00:08:11et une mère suffisamment bonne,
00:08:13finalement, si on devait résumer,
00:08:15c'est une mère qui va permettre
00:08:18à l'enfant de savoir
00:08:19qu'il existe et qu'il est en sécurité,
00:08:21et qu'il est aimé.
00:08:22S'il existe, il est aimé,
00:08:24il est en sécurité.
00:08:24Donc ça, c'est le bon côté.
00:08:27Et puis, donc,
00:08:28Winnicott, je précise,
00:08:29c'est un pédiatre,
00:08:32un pédopsychiatre anglais
00:08:35qui a été vraiment très important
00:08:38dans les recherches
00:08:39sur les relations mère-enfant.
00:08:41Et donc, il dit,
00:08:42je répète la phrase,
00:08:43qu'il y a deux sortes de mères,
00:08:44une mère suffisamment bonne,
00:08:45on vient d'en parler,
00:08:46et puis une mère
00:08:47qui laisse tomber son enfant
00:08:49au sens symbolique,
00:08:51c'est-à-dire
00:08:52qui ne va pas s'en occuper.
00:08:53Et là, ou bien,
00:08:55en tout cas,
00:08:55et là, il y a deux sortes de mères
00:08:57dans ces mères
00:08:57qui ne sont pas suffisamment bonnes,
00:09:00ces mères qui laissent tomber,
00:09:01il y a celles qui laissent tomber
00:09:02de façon toxique
00:09:04et de façon
00:09:06vraiment volontairement agressive,
00:09:08et puis,
00:09:09il y a celles qui vont laisser tomber
00:09:12sans s'en rendre compte,
00:09:13sans être active
00:09:16dans ce rejet de l'enfant.
00:09:18Donc, celles qui sont toxiques,
00:09:21eh bien, on sait ce que c'est.
00:09:22C'est tous les traumas visibles
00:09:24que l'enfant peut subir.
00:09:26Souvent, d'ailleurs,
00:09:27ce n'est pas l'enfant
00:09:29qui est rejeté,
00:09:30c'est ce bébé
00:09:32qui est arrivé à ce moment-là
00:09:33dans la vie de cette femme
00:09:35et qui lui entrave
00:09:36la liberté de cette femme
00:09:38ou qui lui rappelle quelque chose.
00:09:40Bien sûr.
00:09:40Et là, il va y avoir
00:09:41des traumas visibles,
00:09:44toxiques.
00:09:45Ça peut être des coups,
00:09:46ça peut être
00:09:47de la maltraitance
00:09:49dans la nourriture,
00:09:50de l'humiliation,
00:09:51des paroles agressives,
00:09:52enfin, vraiment quelque chose
00:09:53de très mauvais.
00:09:55Et il y a une autre sorte
00:09:57de trauma dont on parle peu
00:09:58et qui sont
00:10:00les traumas invisibles,
00:10:01mais je préfère l'expression
00:10:02les traumatismes
00:10:03du non-advenu.
00:10:04C'est-à-dire que là,
00:10:05la mère va donner à manger,
00:10:07à boire,
00:10:08va coucher l'enfant,
00:10:09le laver,
00:10:10vérifier ses devoirs.
00:10:11Mais tout ça
00:10:12dans une espèce
00:10:13de froideur
00:10:14et de distance
00:10:15qui va être préjudiciable
00:10:17parce que,
00:10:18contrairement à la mère
00:10:19suffisamment bonne,
00:10:19il n'y aura pas de
00:10:20tu existes,
00:10:21tu es important pour moi,
00:10:22il n'y aura pas
00:10:22de danse affective,
00:10:24il n'y aura pas
00:10:24de matrice virtuelle.
00:10:26Et là, l'enfant
00:10:29va vivre un blanc
00:10:31affectif
00:10:31qui va être très nocif
00:10:33et dont il va avoir
00:10:34énormément de mal
00:10:35à l'âge adulte,
00:10:36il va avoir beaucoup de mal
00:10:37à le repérer
00:10:37puisque c'est invisible.
00:10:39Les fameuses violences invisibles
00:10:41dont on parle dans cette émission.
00:10:43Absolument.
00:10:44Et qu'est-ce que,
00:10:46encore une fois,
00:10:47qu'est-ce que vous diriez,
00:10:48puisque aujourd'hui,
00:10:49en tout cas en France,
00:10:50on a la possibilité
00:10:51de ne pas avoir d'enfants,
00:10:53pourquoi certaines mères,
00:10:54quand même,
00:10:55ont des enfants
00:10:56alors qu'elles ne seront
00:10:58pas de bonnes mères ?
00:10:59Qu'est-ce que vous diriez,
00:11:00vous, en tant que psychanalyste ?
00:11:01Eh bien, il y a plusieurs...
00:11:02C'est une question piège.
00:11:03Oui, oui, il y a énormément
00:11:04de cas différents.
00:11:05Ça peut être des femmes
00:11:06qui sont très croyantes
00:11:08et qui, de fait,
00:11:10n'envisagent pas du tout
00:11:11d'avorter.
00:11:11Et puis, voilà,
00:11:12l'enfant est là.
00:11:14Ça peut être des femmes
00:11:15qui ne savent pas
00:11:16qu'elles vont être
00:11:17des mères,
00:11:18des mauvaises mères,
00:11:19des mères qui ne vont pas
00:11:21être suffisamment bonnes.
00:11:23Ça peut être des femmes
00:11:24qui, inconsciemment,
00:11:26veulent répéter quelque chose
00:11:27de leur enfant,
00:11:29c'est-à-dire veulent répéter
00:11:30ce que leur mère leur a fait.
00:11:32Ça peut être des mères,
00:11:34des jeunes femmes
00:11:35qui vont avoir un enfant
00:11:37et qui vont, au contraire,
00:11:38vouloir faire tout l'inverse
00:11:39de ce qu'a fait leur mère.
00:11:40Et donc, vont être des mères
00:11:43omniprésentes, fusionnelles
00:11:44et qui vont empêcher
00:11:45l'enfant de respirer.
00:11:46Voilà, c'est tous ces cas de figure-là.
00:11:49Eh bien, on va en parler
00:11:50de vos mamans.
00:11:52Bien sûr, c'est à vous
00:11:52de nous appeler au 0826 300 300.
00:11:55On va commencer par Johan
00:11:57qui a été très, très, très heureux
00:11:59et puis, tout d'un coup,
00:12:01il y a eu le petit frère
00:12:02et là, catastrophe.
00:12:04Il nous raconte dans un instant.
00:12:09Hélène Vecchali
00:12:10est avec nous, psychanalyste
00:12:11et je rappelle
00:12:12votre dernier livre
00:12:14qui était donc
00:12:17La déconstruction des hommes.
00:12:18Une fausse bonne idée
00:12:19aux éditions
00:12:20très Daniel.
00:12:22Johan, bonjour.
00:12:24Oui, bonjour Brigitte.
00:12:25Bonjour Hélène.
00:12:26Bonjour Johan.
00:12:28Donc, vous étiez l'aîné.
00:12:30Vous êtes l'aîné dans la famille.
00:12:32Eh oui.
00:12:33Le premier.
00:12:35Je vais revenir un petit peu
00:12:36sur ce qu'a dit Brigitte
00:12:38en introduction
00:12:40sur la période 0-3 ans,
00:12:42par exemple,
00:12:43qui est intéressante.
00:12:44Et puis, il y a la période
00:12:45après 4 ans
00:12:46qui est la période
00:12:47où on commence
00:12:48à avoir des souvenirs.
00:12:50Et moi,
00:12:51j'ai un truc
00:12:52qui est amusant
00:12:53quelque part
00:12:54dans ma vie.
00:12:55J'ai été l'aîné,
00:12:56donc.
00:12:58Et j'ai eu un petit frère
00:13:00deux ans après.
00:13:02Jusque-là,
00:13:03tout se passait bien.
00:13:04enfin, je n'ai pas de souvenirs
00:13:05puisque j'avais deux ans.
00:13:08Et ensuite,
00:13:09lorsque ce petit frère
00:13:10a eu deux ans,
00:13:11il est arrivé
00:13:11un grave problème
00:13:12de santé.
00:13:13Et là,
00:13:14il faut se resituer
00:13:15en 1962.
00:13:17On a été obligé
00:13:18de lui enlever un rein.
00:13:19Ah oui.
00:13:20En 1962,
00:13:21c'est important.
00:13:23C'est important
00:13:23aujourd'hui aussi,
00:13:25mais...
00:13:25Oui,
00:13:26mais c'était une opération
00:13:27à très grand risque
00:13:28à l'époque.
00:13:29Et moi,
00:13:30c'est le début
00:13:31de mes souvenirs.
00:13:31Et dans le début
00:13:33de mes souvenirs,
00:13:34j'ai le souvenir...
00:13:35Vous aviez donc 4 ans,
00:13:36si je fais le bon calcul.
00:13:37C'est ça.
00:13:38Voilà, c'est ça.
00:13:39Et j'ai le souvenir,
00:13:40justement,
00:13:41d'une maman
00:13:42qui s'est retrouvée,
00:13:44je dirais,
00:13:46malgré elle,
00:13:46obligée de ne s'occuper
00:13:48que de cet enfant.
00:13:51Et moi,
00:13:52j'ai réellement
00:13:53un ressenti,
00:13:54même encore aujourd'hui,
00:13:55j'ai 67 ans aujourd'hui,
00:13:56donc on peut...
00:13:57Ma maman est décédée
00:13:58il y a 5 ans,
00:13:59donc il n'y a pas de problème.
00:14:00Je sais de quoi...
00:14:01Je ne sais pas
00:14:02si je peux en parler.
00:14:03J'ai ressenti
00:14:04à cette époque-là
00:14:05pas un désabandon,
00:14:09mais comme si
00:14:10on me demandait
00:14:11d'être plus mature
00:14:12que je ne devais l'être
00:14:13avant l'âge.
00:14:14Oui.
00:14:15Débrouille-toi tout seul.
00:14:17Oui, voilà.
00:14:18Vous savez que je me débrouille,
00:14:19en fait.
00:14:20Et puis, alors,
00:14:21tout ça s'est passé.
00:14:22Mon petit frère,
00:14:23là, très bien.
00:14:24Enfin, il n'a pas de problème,
00:14:24mais il y a eu
00:14:25un deuxième petit frère,
00:14:27mais là,
00:14:28beaucoup plus longtemps après
00:14:29puisqu'on a sept ans
00:14:30de différence.
00:14:32Et là,
00:14:33on se rend compte aussi
00:14:34qu'il y a un autre effet,
00:14:35c'est le petit dernier.
00:14:38Et maman,
00:14:40quand elle a eu
00:14:41son troisième enfant,
00:14:42elle avait déjà
00:14:43un peu plus de 35 ans.
00:14:45Et en fait,
00:14:47on se rend compte
00:14:48que là aussi,
00:14:49les mamans ont un rapport
00:14:51très différent
00:14:51avec le petit dernier.
00:14:53Alors, je souris,
00:14:54Yohann,
00:14:54parce que quand on est
00:14:55enfant unique,
00:14:56ce n'est pas bon non plus.
00:14:57Donc, il n'y a pas de solution.
00:14:59Je sais parce que
00:15:00j'ai une fille unique.
00:15:01D'accord, bon.
00:15:03Je sais parce que
00:15:04j'ai une fille unique,
00:15:04mais ce que je veux dire par là,
00:15:06c'est qu'il y a
00:15:06quelque chose d'important
00:15:07qui vous formate malgré tout.
00:15:09Oui, vous avez raison
00:15:10et c'est bien
00:15:10parce que vous comprenez,
00:15:11vous avez compris tout ça.
00:15:13Et c'est vrai...
00:15:14C'est intéressant,
00:15:15Célène.
00:15:15Oui, allez-y.
00:15:16Oui, allez-y, pardon.
00:15:17Non, je dis,
00:15:17c'est vrai que
00:15:18ce que vous avez vécu,
00:15:19vous l'analysez fort bien,
00:15:21à savoir que par deux fois,
00:15:24vous avez été obligé
00:15:26de céder votre mère
00:15:28à vos frères
00:15:29et d'être plus mûr
00:15:31que ce que vous pouviez faire
00:15:33et que ça a été certainement
00:15:36douloureux et difficile.
00:15:37Et votre père,
00:15:38il faisait quoi pendant ce temps ?
00:15:40Est-ce qu'il compensait un peu ?
00:15:42Oui, oui, un petit peu.
00:15:44Comment dire ?
00:15:45J'ai un père qui n'a jamais
00:15:47eu de...
00:15:49Comment dire ?
00:15:49D'émotions.
00:15:50Il ne partageait pas
00:15:51ses émotions.
00:15:52Oui, il n'était pas démonstratif.
00:15:54Pas du tout.
00:15:55Par contre,
00:15:56j'ai eu des parents
00:15:57absolument exceptionnels
00:15:58parce qu'ils ont été amoureux
00:15:59toute leur vie
00:16:00et ils ont été
00:16:02vraiment les fondateurs
00:16:03de cette famille.
00:16:05Et je n'ai pas un sentiment
00:16:06du tout d'avoir été abandonné,
00:16:08comme vous le disiez tout à l'heure.
00:16:09Mais je pense, oui,
00:16:10que j'ai été obligé
00:16:11de me débrouiller
00:16:12un peu plus vite,
00:16:12un peu plus tôt.
00:16:14Et surtout,
00:16:15quelque chose qui m'amuse
00:16:15aujourd'hui,
00:16:16c'est de me dire
00:16:17que je n'ai pas de souvenirs
00:16:18d'un câlin avec ma mère.
00:16:20Oui, mais Yohann,
00:16:21une chose que vous oubliez
00:16:22peut-être aussi,
00:16:23c'est que quand même,
00:16:25quand vous aviez
00:16:26donc votre petit frère
00:16:27très malade,
00:16:28votre maman,
00:16:29elle ne devait pas
00:16:30aller bien très bien.
00:16:31Et ça,
00:16:31vous l'avez ressenti
00:16:32parce que nous,
00:16:33on est des éponges
00:16:33quand on est des enfants.
00:16:35Bien sûr.
00:16:36Et donc,
00:16:37vous avez dû souffrir aussi.
00:16:39Vous voyez ?
00:16:39Pas forcément
00:16:40à cause de votre petit frère,
00:16:42mais à cause de sentir
00:16:43que votre maman
00:16:43n'allait plus bien.
00:16:44Ce n'était plus
00:16:44la même maman.
00:16:45et que même le couple
00:16:47devait être en difficulté.
00:16:48En revanche,
00:16:49peut-être ce qui est
00:16:50très positif,
00:16:52parce que quand on vous entend,
00:16:54vous avez une analyse
00:16:57particulièrement claire
00:16:58et saine
00:16:58de tout ce qui s'est passé,
00:17:00c'est que pendant
00:17:01ces quatre premières années,
00:17:04ou en particulier
00:17:05les deux premières
00:17:06quand vous étiez tout seul,
00:17:07vous avez dû être
00:17:08suffisamment nourri
00:17:10d'affection,
00:17:12suffisamment nourri
00:17:13de tendresse,
00:17:13suffisamment nourri
00:17:14d'amour
00:17:15pour que vous ayez
00:17:16pu tenir après ?
00:17:19Probablement.
00:17:20J'ai une maman
00:17:20qui était aimante,
00:17:22mais qui était surtout
00:17:23fondatrice de...
00:17:24qui était la personne
00:17:26qui faisait prendre
00:17:27la mayonnaise familiale.
00:17:28Oui.
00:17:29Le pilier ?
00:17:30Oui, c'était un peu
00:17:31le pilier sur l'éducation,
00:17:33sur des choses comme ça.
00:17:34Elle avait quatre enfants, quoi.
00:17:37Je ne sais pas,
00:17:38pourquoi ?
00:17:38Trois.
00:17:39Trois plus le papa.
00:17:40Trois plus le papa.
00:17:42Le papa peut-être
00:17:43un petit peu,
00:17:44parce qu'il a eu lui aussi
00:17:46une enfance un peu compliquée,
00:17:48mais je pense
00:17:49que cette personne,
00:17:51cette femme,
00:17:52elle a consacré
00:17:54sa vie à sa famille
00:17:55puisqu'elle ne travaillait pas.
00:17:57Et c'est vrai
00:17:58qu'aujourd'hui...
00:17:59Elle ne travaillait pas
00:18:00à l'extérieur ?
00:18:01Oui, elle travaillait...
00:18:03Parce qu'à l'intérieur,
00:18:04elle travaillait beaucoup.
00:18:05Oui.
00:18:06Mais aujourd'hui,
00:18:07ce qui est très intéressant
00:18:08pour moi,
00:18:09c'est que ma maman
00:18:10ne me manque pas.
00:18:12C'est assez étonnant.
00:18:14Mais vous avez appris
00:18:15à vous en passer
00:18:16dès l'âge de 4 ans.
00:18:18Probablement.
00:18:19Par contre,
00:18:19je n'en ai que des bons souvenirs.
00:18:21C'est chouette.
00:18:21Ça, c'est bien.
00:18:22Oui.
00:18:23C'est très chouette.
00:18:24Et je pense que ça,
00:18:25c'est la force
00:18:25de l'intellectuel,
00:18:27c'est qu'on sait aussi
00:18:28faire le tri.
00:18:29Et que...
00:18:30Et que...
00:18:31Voilà.
00:18:31Bon,
00:18:31je n'ai pas de raison
00:18:32de lui en vouloir.
00:18:33Parce que vous avez compris aussi,
00:18:36comme je le disais en intro,
00:18:38vous avez fait la paix.
00:18:39Oui.
00:18:40Elle a été suffisamment bonne
00:18:41et ce que vous n'avez pas eu
00:18:45et que vous auriez aimé avoir,
00:18:47vous en avez fait un deuil
00:18:49assez facilement
00:18:50parce que vous avez compris.
00:18:51Et puis parce que
00:18:51vous l'aviez eu avant.
00:18:54Probablement.
00:18:55Et dans votre vie amoureuse,
00:18:56ça a eu un impact ?
00:18:58Ah ben,
00:18:58j'allais y venir.
00:19:01Et là,
00:19:02ça devient intéressant.
00:19:04C'est-à-dire ?
00:19:06Ben,
00:19:06c'est-à-dire que je suis
00:19:07extrêmement demandeur
00:19:09de tendresse.
00:19:10Oui.
00:19:11Et j'ai un côté tactile
00:19:13très fort.
00:19:15Et quand je suis
00:19:17avec ma compagne,
00:19:18je lui tiens la main.
00:19:20Vous voyez ?
00:19:22Oui, oui, oui.
00:19:23Mais peut-être plus,
00:19:25même à 67 ans.
00:19:27Donc aujourd'hui,
00:19:28à 67 ans,
00:19:29les gens sont moins
00:19:29démonstratifs souvent.
00:19:31Mais j'ai plus besoin
00:19:34du fait de se passer
00:19:35où il m'a manqué
00:19:37à un moment donné
00:19:38un petit truc.
00:19:39Oui.
00:19:40Et votre compagne,
00:19:42ça lui plaît, elle ?
00:19:44Elle ne vous reproche pas ?
00:19:46Non, elle a été surprise.
00:19:49Oui, parce que les hommes
00:19:50sont parfois plus...
00:19:52Elle a été surprise
00:19:53que j'aime embrasser,
00:19:55que j'aime prendre
00:19:55dans mes bras,
00:19:56que j'aime...
00:19:57Voilà.
00:19:59Elle me dit des fois
00:20:00en rigolant,
00:20:01on ne s'embrasse pas
00:20:02comme ça à 60 ans.
00:20:04T'embrasse si.
00:20:06Toute sa vie.
00:20:08Mais oui,
00:20:09c'est ce que je pense.
00:20:09Et puis moi,
00:20:10j'ai envie de dire,
00:20:10bon,
00:20:11il faut en profiter.
00:20:12Elle est là la vie.
00:20:13il faut en profiter.
00:20:14Vous avez bien raison.
00:20:17Et c'est vrai que dans ma vie amoureuse
00:20:20aujourd'hui,
00:20:20c'est fort pour moi
00:20:24de sentir la personne à côté,
00:20:25de la toucher.
00:20:26Vous voyez,
00:20:26c'est marrant.
00:20:27Comme je disais tout à l'heure,
00:20:29je n'ai pas de souvenirs
00:20:30d'un câlin avec ma mère.
00:20:32Pas de souvenirs.
00:20:34Et c'est étonnant.
00:20:35Alors,
00:20:36c'est vrai que je suis parti
00:20:36assez tôt de la maison,
00:20:37mais à 18 ans.
00:20:38Donc,
00:20:38on a fini en grande partie
00:20:41de fin des câlins.
00:20:42Mais c'est assez marrant
00:20:45d'avoir cette espèce de...
00:20:47Mais vous avez vu
00:20:50votre maman
00:20:50avec votre petit frère
00:20:52qui est arrivé
00:20:53quand vous aviez 7 ans.
00:20:55Est-ce qu'elle était très caline
00:20:56avec le dernier, justement ?
00:20:59Avec les deux, oui.
00:21:00Oui,
00:21:01donc elle a dû être avec vous aussi
00:21:02pendant les deux premières années.
00:21:04Mais vous n'en souvenez pas.
00:21:06Mais ça a été...
00:21:07Mais notre inconscient,
00:21:08il se souvient, lui,
00:21:09de tout ça.
00:21:10Oui.
00:21:11Tout à fait.
00:21:12J'ai bien aimé
00:21:12quand vous avez parlé
00:21:13des trois premières années.
00:21:15Moi, j'appelle ça
00:21:15le formatage initial.
00:21:17C'est-à-dire que...
00:21:18Oui, c'est...
00:21:19Oui.
00:21:20C'est complètement incroyable.
00:21:21On vous apprend
00:21:22à être propre,
00:21:22à marcher,
00:21:23à parler.
00:21:24Et vous ne vous en souvenez pas.
00:21:26Si, si.
00:21:26Il y a des...
00:21:27Quand on fait
00:21:29une psychanalyse,
00:21:30très souvent,
00:21:30on arrive à avoir
00:21:32des souvenirs
00:21:33de ces trois premières années.
00:21:34Oui, oui.
00:21:35Mais pour ça,
00:21:36il faut s'y mettre.
00:21:37Enfin, il faut y travailler
00:21:38et qu'il y ait des vraies raisons
00:21:40d'aller fouiller.
00:21:42Et là, l'inconscient,
00:21:43il est de notre côté.
00:21:45Il nous envoie
00:21:46des messages
00:21:46et des souvenirs.
00:21:48Ah oui.
00:21:49Parce que sinon,
00:21:49oui, oui.
00:21:50C'est vrai qu'on est naturellement
00:21:53dans ces trois premières années
00:21:55avec les fondamentaux
00:21:56de la vie et du futur
00:21:57puisque ça va être
00:21:58notre relation à l'autre,
00:22:00ça va être tout ça.
00:22:01Mais parce que notre intellect
00:22:02n'est pas encore formé,
00:22:04donc la mémoire...
00:22:05Oui, il n'y a pas la parole.
00:22:07... reste uniquement corporelle
00:22:08et émotionnelle.
00:22:09C'est pour ça qu'on ne s'en souvient
00:22:10pas très bien.
00:22:11Mais notre inconscient,
00:22:12lui, il s'en souvient
00:22:13puisque l'inconscient,
00:22:14il est tout.
00:22:14Il est le corps,
00:22:15l'esprit,
00:22:16l'âme,
00:22:16et je ne sais quoi d'autre.
00:22:18n'est-ce pas ?
00:22:19Oui, complètement.
00:22:21Il s'en souvient,
00:22:22il va même plus loin que ça,
00:22:23notre inconscience,
00:22:23c'est qu'il va nous permettre
00:22:24de l'entretenir.
00:22:25C'est-à-dire que
00:22:27ce formatage initial,
00:22:29vous allez le conserver
00:22:29toute votre vie.
00:22:30Absolument.
00:22:31Mais on peut le modifier.
00:22:33C'est important, vraiment.
00:22:35Heureusement pour certains.
00:22:37Oui, parce qu'il y a eu
00:22:38quand même un moment
00:22:39où c'était
00:22:41après trois ans,
00:22:43ça y est,
00:22:43tout est joué.
00:22:44Il y a eu quand même
00:22:45tout un discours sur
00:22:46une fois que vous avez
00:22:47trois ans,
00:22:48c'est terminé
00:22:48et c'est jusqu'à
00:22:50la fin de vos jours.
00:22:50Et vous êtes foutue
00:22:51si vous avez vu.
00:22:53Non, non,
00:22:54c'est possible vraiment
00:22:55de modifier ces choses
00:22:57et puis de garder
00:22:58ce qui est bon
00:22:58parce qu'il y a
00:22:59aussi des bonnes choses
00:23:00mais arriver à nettoyer
00:23:02ce qui n'a pas été adapté.
00:23:05Merci en tout cas,
00:23:06Yvan,
00:23:07de ce joli témoignage.
00:23:08On continue dans un instant
00:23:09avec le Love Conseil.
00:23:10Comment se réconcilier
00:23:11avec son corps justement ?
00:23:12Et puis nous aurons
00:23:13Élise
00:23:14qui a eu
00:23:16plutôt un amour toxique.
00:23:17qu'elle nous en parle
00:23:17dans un instant.
00:23:1914h-16h,
00:23:20Brigitte Lae et Sud Radio.
00:23:23Brigitte Lae et Sud Radio,
00:23:25le Love Conseil.
00:23:26Comment se réconcilier
00:23:28avec son corps ?
00:23:29Vous le savez,
00:23:30Hélène,
00:23:30pratiquement une femme
00:23:31sur deux n'aime pas son corps.
00:23:33Ça fait quand même beaucoup.
00:23:34C'est moins chez les hommes
00:23:36mais il y a aussi des hommes
00:23:37qui n'aiment pas leur corps.
00:23:38Donc le premier moyen
00:23:39de se réconcilier,
00:23:40c'est déjà d'avoir
00:23:41un regard plus positif.
00:23:43par exemple,
00:23:44se regarder le matin
00:23:46dans la glace
00:23:47en ayant peut-être
00:23:49un peu plus d'amour pour soi
00:23:50que de se dire
00:23:51« Oh, j'ai une sale gueule ».
00:23:52Déjà,
00:23:54si vous commencez comme ça,
00:23:55c'est normal
00:23:56que vous n'aimiez pas
00:23:58tellement votre corps.
00:23:59Et je trouve
00:23:59que c'est important
00:24:00de faire attention
00:24:02à la lumière
00:24:03qu'il y a
00:24:03dans la salle de bain.
00:24:05Vous savez,
00:24:05il y a des lumières
00:24:06parfois,
00:24:07ce n'est pas fait
00:24:07pour nous rendre agréables
00:24:09à regarder.
00:24:10Ensuite,
00:24:11il faut parler
00:24:12à son corps
00:24:13de manière neutre
00:24:15ou agréable.
00:24:16Il faut arrêter
00:24:17toutes ces critiques négatives.
00:24:19« Ah, j'ai encore pris
00:24:20deux kilos,
00:24:21j'ai des rides,
00:24:22etc. »
00:24:22parce qu'on sait
00:24:23que les mots
00:24:24ont un pouvoir
00:24:25sur notre psychisme.
00:24:27Plus on se dit
00:24:27des choses désagréables,
00:24:29plus on ne va pas
00:24:29aimer notre corps.
00:24:30C'est sûr.
00:24:31Donc,
00:24:32faites attention à ça.
00:24:33Et puis,
00:24:34moi je trouve
00:24:34qu'il faut remercier
00:24:35son corps
00:24:36chaque fois qu'il nous a
00:24:37rendu un service
00:24:38ou qu'il nous a apporté
00:24:39un petit plaisir.
00:24:40Ça serait pas mal, non ?
00:24:42Oui,
00:24:42ça c'est une bonne idée.
00:24:43Parce que quand même,
00:24:44c'est lui qui nous emmène
00:24:45de la naissance
00:24:47jusqu'à notre mort.
00:24:49Sans lui...
00:24:49C'est un véhicule
00:24:50qui est important.
00:24:51Et on est bien d'accord.
00:24:52Donc,
00:24:52soyez un petit peu
00:24:53plus vigilants aussi
00:24:55sur...
00:24:56Quand il a mal
00:24:57quelque part,
00:24:58d'abord essayez
00:24:59d'analyser
00:25:00au lieu de prendre
00:25:00tout de suite
00:25:00un antidouleur,
00:25:02par exemple.
00:25:03Et puis faites un peu
00:25:04d'exercice
00:25:05parce que le mouvement,
00:25:07non seulement ça
00:25:08entretient notre corps,
00:25:09certes,
00:25:09mais ça nous permet aussi
00:25:10de nous sentir plus vivants.
00:25:12C'est de ça important.
00:25:13Et par exemple,
00:25:14tout à l'heure,
00:25:14vous parliez de la danse.
00:25:16Le danser,
00:25:17c'est déjà
00:25:19fluidifier son corps.
00:25:20Et puis surtout,
00:25:21choisissez des vêtements
00:25:23qui vous plaisent
00:25:23et osez vous débarrasser
00:25:25de tout vêtement
00:25:26qui,
00:25:26le jour où vous l'avez mis,
00:25:28vous a fait vous sentir
00:25:29pas très bien.
00:25:30Et bien celui-là,
00:25:30il faut le foutre
00:25:31à la poubelle.
00:25:31On n'a pas des vêtements
00:25:32dans lesquels on ne se sent pas bien.
00:25:34Exactement.
00:25:35Donc voilà,
00:25:36comment se réconcilier
00:25:37avec son corps.
00:25:38Déjà,
00:25:38si vous faites ça,
00:25:38déjà,
00:25:39ça va aller beaucoup mieux.
00:25:40Élise,
00:25:41bonjour.
00:25:42Oui,
00:25:43bonjour Brigitte.
00:25:43Bonjour Hélène.
00:25:44Bonjour Élise.
00:25:45Excusez-moi Élise,
00:25:46j'ai oublié de rappeler
00:25:47qu'on peut gagner
00:25:47le double stimulateur
00:25:49à air pulsé Baya.
00:25:50C'est quand même embêtant ça
00:25:51parce qu'il y a plein de gens
00:25:52qui attendent ce moment.
00:25:54Ce stimulateur à air pulsé Baya
00:25:57qui a plus de 30 combinaisons
00:26:00pour ajuster votre montée de plaisir.
00:26:03Si vous avez envie de le recevoir,
00:26:05c'est Passage du Désir qui vous l'offre.
00:26:08Vous envoyez dès maintenant Brigitte
00:26:10au 72018 par SMS.
00:26:13Merci Élise de votre patience.
00:26:15Oui, c'est pour se faire du bien.
00:26:16Oui,
00:26:18exactement,
00:26:19absolument.
00:26:21Oui,
00:26:22alors,
00:26:23en fait,
00:26:23moi,
00:26:24je suis un peu à contre-pied
00:26:25parce que j'ai eu une personne
00:26:29qui m'a donné la vie
00:26:31qui n'a pas été bienveillante du tout.
00:26:34Je pense que ça a bien participé
00:26:36au fait que je ne me suis pas aimée
00:26:38pendant très longtemps.
00:26:41Et puis,
00:26:42il a fallu que je passe
00:26:43par un travail personnel
00:26:44que je prenne conscience déjà.
00:26:46Même adulte,
00:26:47je n'arrivais pas à voir
00:26:50le lien avec ma propre mère.
00:26:54Et puis,
00:26:55une fois qu'on a fait le lien,
00:26:57on fait le travail.
00:26:58Donc,
00:26:59vous aviez,
00:27:00donc,
00:27:00au moment de l'adolescence,
00:27:02vous étiez plutôt,
00:27:04comment dirais-je,
00:27:07dans des choix de partenaires,
00:27:08par exemple,
00:27:09plutôt toxiques aussi,
00:27:11ou comment ça se traduisait ?
00:27:12C'est ça ?
00:27:14Oui,
00:27:14et puis pas valorisant,
00:27:15en fait.
00:27:15C'est drôle,
00:27:17depuis que j'écoute votre émission,
00:27:18Brigitte,
00:27:19je me suis rendue compte
00:27:20à quel point
00:27:21mes choix étaient dus aussi
00:27:24à ce que j'ai vécu.
00:27:26Ben oui,
00:27:26comment on vous a formaté,
00:27:27comme on dit.
00:27:28Oui,
00:27:29et on fait des choix,
00:27:30on choisit ce qui est familier.
00:27:32donc,
00:27:33si une mère était toxique,
00:27:35on va choisir des gens toxiques,
00:27:37parce que ça,
00:27:38on connaît.
00:27:39Oui,
00:27:39c'est très inconscient,
00:27:41c'est ce que vous disiez
00:27:42à la personne juste avant,
00:27:45mais néanmoins,
00:27:46quand on a cette lucidité
00:27:48qui arrive,
00:27:48parce que ça ne vient pas
00:27:49tout de suite.
00:27:50Vous avez souvenir
00:27:51de ce qui aurait pu
00:27:53tout d'un coup
00:27:53vous faire prendre conscience
00:27:54que peut-être
00:27:56il y a quelque chose
00:27:57à changer ?
00:28:00Alors,
00:28:00c'est très paradoxal
00:28:02ce que je vais vous répondre,
00:28:04mais
00:28:05j'ai toujours été consciente
00:28:06que ma mère
00:28:08me faisait du mal,
00:28:09que
00:28:10dès que je la voyais,
00:28:12il y avait une espèce de fatigue
00:28:13qui me tombait dessus,
00:28:15je savais,
00:28:16j'aurais pu,
00:28:16enfin,
00:28:17avec moi-même,
00:28:17parce que je n'en parlais
00:28:18absolument avec personne,
00:28:19parce qu'on a souvent
00:28:20de parler en mal
00:28:21ou tout,
00:28:23enfin,
00:28:23plutôt,
00:28:24de façon,
00:28:25pas la façon
00:28:26qu'on imagine
00:28:27dans le monde
00:28:28de,
00:28:29dans le monde,
00:28:30on n'aime pas parler
00:28:32de choses négatives
00:28:33d'une mère.
00:28:34Oui,
00:28:34c'est sûr,
00:28:35et c'est mal reçu
00:28:36par les autres.
00:28:38Absolument,
00:28:39donc avec moi-même,
00:28:40j'étais tout à fait honnête,
00:28:41je savais qu'il y avait ça,
00:28:43qu'il y avait ça,
00:28:43même si je n'en parlais pas,
00:28:45et puis surtout
00:28:46dès qu'elle arrivait,
00:28:47quoi,
00:28:47ou dès que je la voyais,
00:28:50même adulte.
00:28:52Vous vous sentiez oppressée ?
00:28:54Comme si...
00:28:55Oui.
00:28:55Oui, oui, oui.
00:28:56Oui.
00:28:57Il y avait quelque chose
00:28:58qui n'était pas fluide du tout,
00:28:59mais ça,
00:28:59c'est mes mots d'aujourd'hui.
00:29:01Oui.
00:29:02C'était pas...
00:29:02Avant,
00:29:03je n'avais pas...
00:29:04Mais vous voyez,
00:29:05Élise,
00:29:05moi qui travaille beaucoup
00:29:06sur le corps,
00:29:07il n'y a pas de doute,
00:29:08le corps ne nous ment pas,
00:29:09et ça,
00:29:11c'est important,
00:29:12quand on ne se sent pas bien,
00:29:14pas à l'aise face à sa maman,
00:29:16c'est quand même la preuve
00:29:18que vraiment,
00:29:18elle a dû être toxique.
00:29:21Ah oui,
00:29:21oui,
00:29:22mais jusqu'au bout,
00:29:23et pour répondre à la question
00:29:24que vous m'avez posée,
00:29:25c'est très étrange,
00:29:26c'est qu'en fait,
00:29:27j'ai supporté beaucoup de choses
00:29:28parce que c'était ma mère,
00:29:31et que voilà,
00:29:32je n'avais pas envie non plus
00:29:32de ne pas avoir de lien,
00:29:34c'est bête,
00:29:35mais c'est comme ça,
00:29:37et maintenant,
00:29:38je n'en ai plus du tout.
00:29:39Et en fait,
00:29:40ce qui a été l'élément
00:29:42déclencheur absolu,
00:29:44c'est à la mort
00:29:45de mon beau-père.
00:29:47Et là,
00:29:47je me suis dit,
00:29:48mais c'est un monstre.
00:29:51Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:29:54Eh bien,
00:29:55alors,
00:29:55c'est une multitude
00:29:57de petits détails,
00:29:58mais elle avait compté
00:29:58le nombre de kilomètres
00:29:59qu'il a séparés
00:30:02de sa maison
00:30:02à l'hôpital
00:30:03pour aller le voir,
00:30:04donc,
00:30:05il est décédé.
00:30:06La première chose
00:30:07qu'elle a faite,
00:30:09c'était d'aller
00:30:11pour les assurances,
00:30:12récupérer les assurances vie.
00:30:13Oui.
00:30:14Aussitôt.
00:30:15C'était une amie à moi,
00:30:16elle m'a dit,
00:30:16c'est la première fois
00:30:17que je vois quelqu'un
00:30:17comme ça.
00:30:19Oui.
00:30:19Et la personne
00:30:21qui s'occupait
00:30:21des assurances.
00:30:22Et puis,
00:30:24après,
00:30:25elle a voulu réclamer
00:30:26de l'argent,
00:30:27enfin,
00:30:27ça l'avait déjà fait,
00:30:29mais c'était tellement
00:30:31dans un contexte
00:30:32où là,
00:30:33j'aurais juste voulu
00:30:33avoir un moment
00:30:35de recueillement.
00:30:37Oui.
00:30:37Parce que vraiment,
00:30:39je vais être méchante,
00:30:40vous allez trouver,
00:30:41mais j'aurais préféré
00:30:42que ce soit elle
00:30:42qui parte
00:30:43et que mon beau-père
00:30:45reste là, quoi.
00:30:47Écoutez,
00:30:47c'est ce que vous ressentez
00:30:49et voilà tout.
00:30:50et ça peut...
00:30:51Enfin,
00:30:52je veux dire,
00:30:52même si c'est pas...
00:30:54Pour beaucoup de gens,
00:30:55ça paraît impensable
00:30:56de dire ça de sa mère,
00:30:58mais si c'était un monstre,
00:30:59oui.
00:31:01Et depuis,
00:31:02je ne veux plus la voir.
00:31:06Je suis la dernière
00:31:07à ne plus la voir.
00:31:08Vous avez des frères
00:31:09et soeurs ?
00:31:10J'ai deux sœurs
00:31:11avec qui elle était
00:31:12en rupture déjà,
00:31:13mais enfin,
00:31:15c'est...
00:31:15De toute façon,
00:31:16si ce n'est pas moi
00:31:16qui avais rompu,
00:31:17c'est elle qui l'aurait fait.
00:31:18Elle l'avait déjà fait auparavant.
00:31:20J'avais tenté
00:31:21des approches nouvelles
00:31:22et puis,
00:31:23en fait,
00:31:23elle n'est pas corrigeable,
00:31:26quoi.
00:31:26Je ne sais pas si c'est le bon terme,
00:31:27à part d'un but,
00:31:28c'est peut-être un terme
00:31:29qui n'est pas adapté.
00:31:30Non, non,
00:31:30mais je pense que
00:31:31ce qui est important,
00:31:32peut-être,
00:31:33dans ce que vous dites
00:31:34et qui est difficile
00:31:36à entendre,
00:31:37c'est qu'on n'est pas obligé
00:31:38d'aimer sa mère.
00:31:40On est tenu
00:31:41de respecter ses parents,
00:31:43d'être poli,
00:31:45mais on n'est pas obligé
00:31:46d'aimer ses parents.
00:31:48Ce n'est pas une obligation.
00:31:49Il peut arriver
00:31:50par moments
00:31:51qu'après avoir tout fait,
00:31:53tout essayé
00:31:54et réfléchi,
00:31:55on se rende compte
00:31:56que non,
00:31:57ça ne passe pas,
00:31:58mais ça n'enlève
00:31:59ni le respect,
00:32:00ni peut-être même
00:32:01l'admiration
00:32:02pour certains métiers
00:32:03qu'ils ont eus
00:32:04ou pour leur culture
00:32:05ou pour leur intelligence,
00:32:06mais l'amour
00:32:07n'est pas obligatoire.
00:32:10Par contre,
00:32:10je n'ai pas trop
00:32:11de choses positives
00:32:11à son regard.
00:32:13Je respecterai,
00:32:14même quand elle décèdera,
00:32:15à la différence
00:32:16de mes sœurs
00:32:17qui, elles,
00:32:18ont des projets
00:32:20pour moi inacceptables,
00:32:21même si je ne l'apprécie pas.
00:32:23Bravo,
00:32:24parce que ça veut dire
00:32:24que vous avez fait la paix,
00:32:25comme je le disais
00:32:26au début de l'émission,
00:32:27parce que vous avez
00:32:28une mère qui est un monstre,
00:32:29bon,
00:32:31mais vous avez fait la paix
00:32:33et puis,
00:32:34voilà,
00:32:35sa propre histoire
00:32:36explique sans doute ça,
00:32:37mais en même temps,
00:32:38ce n'est pas excusable
00:32:40et elle vous a forcément
00:32:41beaucoup fait de mal.
00:32:43Elle aurait pu saisir des mains,
00:32:47mais elle n'a jamais...
00:32:48Elle était dans une souffrance
00:32:50trop grande.
00:32:51Oui,
00:32:52c'est quelqu'un,
00:32:53comme dit Brigitte,
00:32:54qui a dû,
00:32:56qui doit avoir
00:32:57d'excellentes raisons
00:32:58pour elle-même,
00:32:59mais ça l'a empêché
00:33:01d'être une mère saine
00:33:02et aimante
00:33:04et ça,
00:33:05c'est terrible,
00:33:06bien sûr.
00:33:07C'est terrible,
00:33:07quelle que soit la compréhension
00:33:08qu'on peut en avoir,
00:33:09c'est inadmissible.
00:33:11Oui,
00:33:11parce qu'avec la vie
00:33:12que j'ai eue,
00:33:13parce que je vous assure,
00:33:14je n'ai pas du tout envie
00:33:14de parler de tout
00:33:17aujourd'hui à ce niveau-là,
00:33:18mais avec la vie que j'ai eue,
00:33:19j'aurais pu aussi
00:33:20devenir quelqu'un de monstrueux,
00:33:22alors que pas du tout,
00:33:23je n'ai pas envie
00:33:23d'être comme ça.
00:33:25Votre beau-père,
00:33:26il est entré dans votre vie,
00:33:27vous aviez quel âge ?
00:33:29Malheureusement,
00:33:29j'étais...
00:33:30On a une spécificité,
00:33:32c'est chacune des filles,
00:33:33on est parti à 18 ans
00:33:34parce qu'on ne rapportait plus rien,
00:33:36pardon,
00:33:36mais c'est quand même une réalité,
00:33:38donc je me suis débrouillée
00:33:38comme j'ai pu y compris
00:33:40pour mes études.
00:33:41Voilà,
00:33:41mais lui,
00:33:42il est arrivé,
00:33:42j'avais 18 ans,
00:33:43bon,
00:33:43je n'étais déjà plus dans la maison.
00:33:44D'accord.
00:33:45Malheureusement.
00:33:46Et qui il y a eu
00:33:47dans votre entourage ?
00:33:49Parce que j'entends
00:33:50une belle résilience
00:33:51et donc,
00:33:53comme dirait Boris Cyrulnik,
00:33:54quand il y a une si belle...
00:33:56Il y a eu un tuteur de résilience.
00:33:58Est-ce qu'il y a eu
00:33:58une grand-mère,
00:33:59un grand-père,
00:34:00une tante,
00:34:00un oncle ?
00:34:02Alors,
00:34:02c'est exactement ça,
00:34:03ma grand-mère
00:34:04et mon grand-père.
00:34:05Ah,
00:34:05voilà.
00:34:06Voilà,
00:34:06des gens formidables.
00:34:07Mais du côté du père ?
00:34:10Et non,
00:34:11maternelle.
00:34:12Ah,
00:34:12c'est curieux,
00:34:12parce que...
00:34:13Ah oui,
00:34:14oui,
00:34:14elle détestait sa mère.
00:34:17En fait,
00:34:17ma mère détestait
00:34:18tout le monde.
00:34:21Mais...
00:34:21Mais vous savez
00:34:22ce qui fait
00:34:23qu'elle détestait
00:34:24tout le monde ?
00:34:24Qu'elle est dans sa propre...
00:34:25Elle avait des explications,
00:34:27elle avait des raisons,
00:34:28qu'elle disait
00:34:29qu'elle avait été malmenée
00:34:30pendant son enfance,
00:34:31que sa mère
00:34:32avait préféré son frère.
00:34:34après,
00:34:34on peut avoir
00:34:35toutes les explications
00:34:36de la terre.
00:34:37Oui,
00:34:38oui.
00:34:39Oui,
00:34:39mais ça tient pas.
00:34:41Voilà.
00:34:42Oui,
00:34:42vous avez raison.
00:34:44Oui,
00:34:44oui,
00:34:44vous avez raison.
00:34:46Et puis,
00:34:47on peut...
00:34:49À douleur égale,
00:34:51il y a des gens
00:34:51qui deviennent formidables
00:34:52et d'autres
00:34:52qui deviennent insupportables,
00:34:54bien sûr.
00:34:54Oui,
00:34:54et puis,
00:34:55ce qu'on peut aussi
00:34:56peut-être supposer,
00:34:57ce qui se passe souvent,
00:34:58c'est que des parents,
00:35:00donc vos grands-parents,
00:35:01lorsqu'ils étaient parents
00:35:02pour des raisons
00:35:03qu'on ignore,
00:35:05ont pu pas trop bien
00:35:07se comporter
00:35:07avec leurs enfants
00:35:08parce qu'ils étaient
00:35:09dans des situations
00:35:10compliquées,
00:35:11difficiles,
00:35:11etc.
00:35:12Mais quand les petits-enfants
00:35:13arrivent,
00:35:14si ce sont des gens
00:35:15vraiment aimants,
00:35:16là,
00:35:16ils se lâchent
00:35:17et ils deviennent
00:35:17vraiment aimants.
00:35:18Donc,
00:35:19peut-être que ça a sauté
00:35:20une génération,
00:35:21quoi.
00:35:22En tout cas,
00:35:22merci de ce témoignage,
00:35:24Élise,
00:35:24parce que vous n'êtes pas
00:35:25la seule à avoir eu
00:35:26une mère toxique
00:35:27et ça permet peut-être
00:35:29à certaines personnes
00:35:30tout d'un coup
00:35:30de se rendre compte
00:35:31qu'en effet,
00:35:32leur mère était toxique
00:35:33et que ça explique bien
00:35:33des choses.
00:35:34On fait une petite pause
00:35:35et c'est Frédéric
00:35:36dans un instant
00:35:37qui va prendre la parole
00:35:38et qui a aussi
00:35:40envie de nous raconter
00:35:41quelque chose.
00:35:4514h-16h,
00:35:46Brigitte Lae,
00:35:47Sud Radio.
00:35:48Et je vous rappelle
00:35:49au cas où vous ne le sauriez pas
00:35:51que c'est dimanche,
00:35:51la fête des mères
00:35:52et c'est pour ça
00:35:53qu'on parle des mères
00:35:54avec Hélène Vécailli,
00:35:55psychanalyste,
00:35:56qui était avec nous.
00:35:57Je rappelle également
00:35:57que vous êtes l'autrice
00:35:59de ce livre,
00:36:00La tragédie des sauveurs
00:36:01ou le besoin ardent
00:36:02d'être aimé.
00:36:03C'est aux éditions Marabout,
00:36:04ça vient de sortir en poche
00:36:05et ça peut aider
00:36:07beaucoup de personnes
00:36:07qui, je sais,
00:36:08ont ce syndrome du sauveur.
00:36:11Et on continue
00:36:12avec Frédéric.
00:36:12Bonjour Frédéric.
00:36:14Bonjour Brigitte.
00:36:15Bonjour Hélène.
00:36:15Bonjour Frédéric.
00:36:17Oui.
00:36:18Bon alors,
00:36:18c'était pour faire
00:36:19un témoignage
00:36:20parce que c'est vrai
00:36:20que le sujet
00:36:22est très vaste,
00:36:22je pense.
00:36:24Ah oui,
00:36:25mais il n'y a pas de problème.
00:36:28On aura des témoignages
00:36:29différents
00:36:29et c'est très bien.
00:36:30Comme ça,
00:36:30tout le monde
00:36:31va s'y retrouver peut-être.
00:36:33Alors disons,
00:36:34pour faire...
00:36:35Voilà,
00:36:36actuellement,
00:36:37ma mère est encore vivante,
00:36:38j'ai une cinquantaine d'années
00:36:39et je lui fête
00:36:41la bonne fête des mères
00:36:43et les bons vœux.
00:36:45Voilà.
00:36:46D'accord.
00:36:47Une belle relation, quoi.
00:36:49Oui.
00:36:52Et pourquoi ?
00:36:52Qu'est-ce qui s'est passé
00:36:54pour que vous soyez distant ?
00:36:56La distance s'est mise
00:36:58déjà à l'adolescence
00:36:58parce qu'elle a maltraité
00:37:00mon père,
00:37:00entre guillemets,
00:37:01quand je dis maltraité,
00:37:02plus psychologiquement
00:37:03que physiquement.
00:37:05Et on s'en est aperçus.
00:37:06Elle s'est servie
00:37:07de mon frère et moi,
00:37:08un petit peu.
00:37:09Donc,
00:37:10voilà,
00:37:11mais jusque-là,
00:37:11c'était encore...
00:37:13Voilà,
00:37:13je n'avais pas coupé
00:37:14court et autres
00:37:15et puis après,
00:37:16il s'est passé une chose
00:37:17qu'elle s'est remise
00:37:17avec un nouveau mari
00:37:20qui a...
00:37:22qui a avoué
00:37:23qu'il a touché ma fille
00:37:25quand elle était petite.
00:37:26ma fille n'a aucun souvenir.
00:37:27Waouh.
00:37:29Et ma mère s'est mis
00:37:31de son côté
00:37:34en sortant bec et ongle,
00:37:36faisant face
00:37:37à des maladies psychologiques
00:37:38qu'il rendrait...
00:37:40Actuellement,
00:37:40il est encore vivant.
00:37:40ça fait plus de 12 ans,
00:37:44ça fait 13 ans,
00:37:45même que 14 ans,
00:37:47même que ça s'est passé.
00:37:48Il est encore vivant.
00:37:49Il devait mourir
00:37:50dans les 4-5 ans
00:37:50qui suivaient.
00:37:51Enfin,
00:37:51voilà,
00:37:52quoi.
00:37:52Donc,
00:37:53c'est ça,
00:37:54voilà,
00:37:54depuis la relation...
00:37:55C'est-à-dire que votre mère
00:37:57a défendu
00:37:58son nouveau compagnon
00:38:01au détriment
00:38:02de sa petite-fille.
00:38:03Oui.
00:38:04Au point de vous dire
00:38:05que c'était une affabulatrice
00:38:06et qu'il fallait arrêter.
00:38:08Bien sûr.
00:38:09C'est elle-là.
00:38:10Oui,
00:38:10ça c'est...
00:38:11Je comprends
00:38:12que vous ayez mis
00:38:13votre mère à distance
00:38:14parce que
00:38:16vous avez choisi
00:38:17et c'est normal.
00:38:20Maintenant,
00:38:20comme je vous dis,
00:38:21ça reste ma mère aussi.
00:38:24Elle nous a élevés
00:38:25quand même.
00:38:26Ce n'était pas non plus
00:38:26si mal que ça.
00:38:27Il n'y a pas eu de maltraitance.
00:38:28Il n'y a pas eu tout ça.
00:38:29Bon,
00:38:29après,
00:38:30voilà,
00:38:31quoi.
00:38:32Mais souvent,
00:38:33dans ces cas-là,
00:38:34c'est souvent parce qu'elle-même
00:38:35a dû subir des choses
00:38:37de ce genre.
00:38:41Je pense,
00:38:42mais...
00:38:43Enfin,
00:38:43ça n'excuse pas...
00:38:44Encore une fois,
00:38:44ça n'excuse pas son attitude.
00:38:46Non,
00:38:47pas du tout.
00:38:47Je ne suis pas...
00:38:48Là-dessus,
00:38:48moi,
00:38:48je suis...
00:38:49S'il y a bien une chose
00:38:50qui est inacceptable,
00:38:52c'est un abus sur un enfant.
00:38:54Oui.
00:38:54Voilà.
00:38:54Bon,
00:38:55je pense que,
00:38:55voilà,
00:38:56mon grand-père maternel
00:38:57était quelqu'un
00:38:58de violent,
00:38:59alcoolique.
00:39:00Il avait neuf enfants.
00:39:03Oui.
00:39:04Donc,
00:39:04voilà,
00:39:05ma grand-mère maternelle
00:39:06a subi...
00:39:08Bon,
00:39:08elle aussi était un peu
00:39:09dans l'alcool et autres,
00:39:10mais ils n'ont pas eu
00:39:11une enfance facile,
00:39:12c'est certain,
00:39:12mais de là,
00:39:13être comme ça...
00:39:14Oui,
00:39:15oui,
00:39:16J'ai excusé
00:39:18par rapport à la maltraitance
00:39:19de mon père,
00:39:20parce que,
00:39:20clairement,
00:39:21mon père était
00:39:22fils unique,
00:39:23issu d'une famille
00:39:25relativement moyenne,
00:39:26mais bon,
00:39:26elle a voulu sortir
00:39:27de sa condition
00:39:30et après,
00:39:31vivre sa vie de femme.
00:39:33Donc ça,
00:39:34jusque-là,
00:39:34j'ai compris,
00:39:35quoi.
00:39:35Bon,
00:39:35après,
00:39:35voilà.
00:39:36Maintenant,
00:39:36sur le procédé
00:39:37et la forme,
00:39:38ce n'était pas terrible
00:39:39non plus,
00:39:39ce qu'elle lui a fait,
00:39:40mais,
00:39:41encore une fois,
00:39:42on a toujours été,
00:39:44avec mon frère,
00:39:45élevé dans une certaine...
00:39:47Mais ce que j'entends,
00:39:49moi,
00:39:49c'est que votre mère,
00:39:50en fait,
00:39:52comme beaucoup de femmes,
00:39:53d'ailleurs,
00:39:53ou d'hommes,
00:39:55qui ont eu...
00:39:57qui viennent d'un milieu
00:39:59assez défavorisé,
00:40:00ou en tout cas,
00:40:01elle a besoin
00:40:02de s'acheter une morale,
00:40:05et donc,
00:40:05il ne faut pas
00:40:05que ça fasse de vagues.
00:40:07C'est ça.
00:40:08Et donc,
00:40:10un compagnon
00:40:11qui abuse
00:40:11de sa petite-fille,
00:40:13ça fait des vagues,
00:40:14donc,
00:40:15ça n'existe pas.
00:40:16Oui,
00:40:17le bon principe
00:40:17de qu'on enterre la chose.
00:40:19C'est ça.
00:40:19Oui,
00:40:19et puis,
00:40:21de vouloir aussi
00:40:24sauver,
00:40:25enfin,
00:40:25rester dans ce couple
00:40:27parce que sa vie de femme
00:40:28est plus importante
00:40:29que sa vie de mère
00:40:30et de grand-mère.
00:40:31Donc,
00:40:31elle fait le choix
00:40:32de la compagne
00:40:34et tant pis
00:40:36si elle perd
00:40:37son fils
00:40:38et sa petite-fille.
00:40:40Oui,
00:40:41je crois qu'elle en est
00:40:41résumé à ça
00:40:42puisque,
00:40:42bon,
00:40:42mon frère a été
00:40:43mis dans le lot
00:40:43et bon,
00:40:44après,
00:40:45avec les histoires,
00:40:45le machin,
00:40:46il a été le premier
00:40:46à couper les ponts
00:40:47beaucoup plus
00:40:48virulamment que moi.
00:40:51Donc,
00:40:53elle pensait
00:40:54que c'était l'inverse
00:40:55mais après,
00:40:55voilà,
00:40:56c'est complètement...
00:40:58Je ne sais pas,
00:40:59c'est...
00:40:59Elle est toujours
00:41:01avec cet homme ?
00:41:02Oui,
00:41:02oui.
00:41:03Oui,
00:41:04oui.
00:41:04Et comment va
00:41:05votre fille ?
00:41:07Elle se répare
00:41:08gentiment.
00:41:10Gentiment,
00:41:10elle s'est réparée.
00:41:11Bon,
00:41:11je pense qu'il y a
00:41:11des petits soucis
00:41:12mais qui sont aussi
00:41:13liés à ça
00:41:14qu'elle arrive
00:41:15à gérer quand même.
00:41:19Elle a 30 ans,
00:41:20elle n'est toujours
00:41:20pas en couple.
00:41:22Oui,
00:41:23enfin,
00:41:23aujourd'hui,
00:41:23il y a beaucoup
00:41:23de femmes de 30 ans
00:41:24qui ne sont pas en couple.
00:41:26Et puis,
00:41:27bon,
00:41:28tout dépend
00:41:29de ce qui s'est passé
00:41:30exactement.
00:41:30Mais le fait que vous,
00:41:31vous l'ayez cru
00:41:32et que vous avez été
00:41:33de son côté,
00:41:34c'est très important.
00:41:35Oui,
00:41:35c'est précieux ça.
00:41:36bien sûr.
00:41:38Elle ne nous l'a pas dit
00:41:39tôt,
00:41:40on l'a appris
00:41:40deux,
00:41:41trois mois après.
00:41:42Il a fait ça
00:41:43le jour de son anniversaire,
00:41:44il l'a appelé au téléphone
00:41:45et puis,
00:41:48donc,
00:41:48ça,
00:41:48voilà.
00:41:49Elle avait quel âge ?
00:41:50Elle avait quel âge ?
00:41:53Elle avait,
00:41:54ben,
00:41:55c'est 17 ans.
00:41:56Ah oui,
00:41:57quand même.
00:41:5817 ans.
00:42:00Oui,
00:42:00donc,
00:42:00c'était pas une enfant.
00:42:02Après,
00:42:03je sais que,
00:42:04ben,
00:42:04quand elle l'a appris,
00:42:06je sais que,
00:42:06bon,
00:42:07je sais qu'avec le caractère
00:42:09que j'ai,
00:42:09elle avait qu'une peur,
00:42:10c'est que,
00:42:11voilà,
00:42:11comme beaucoup de,
00:42:12quand on touche à son enfant,
00:42:14wow,
00:42:16elle avait peur de ça
00:42:17et j'ai un petit caractère
00:42:19quand même,
00:42:19mais bon.
00:42:20Elle l'a appris,
00:42:21elle a appris
00:42:22qu'elle avait eu ce...
00:42:24Qu'il avait abusé d'elle.
00:42:25Qu'il avait abusé d'elle
00:42:26quand elle était petite.
00:42:27Elle l'a appris à 17 ans.
00:42:28Ouais.
00:42:29Oui,
00:42:29elle avait quel âge
00:42:30à ce moment-là
00:42:31quand il a abusé d'elle ?
00:42:32Ce serait passé
00:42:32entre ces deux,
00:42:34entre deux et quatre ans.
00:42:35D'accord.
00:42:36Oui,
00:42:36c'est souvent,
00:42:38c'est ce qu'on n'imagine pas,
00:42:40c'est que très souvent,
00:42:41c'est sur des tout petits enfants.
00:42:43Oui,
00:42:43d'où la mémoire
00:42:45qui n'est pas là,
00:42:48puisque justement...
00:42:49Une amnésie
00:42:50encore plus grande,
00:42:51oui.
00:42:52Je vais vous dire,
00:42:53franchement,
00:42:53elle m'a fait jurer,
00:42:54enfin,
00:42:55elle m'a dit,
00:42:55elle nous a parlé,
00:42:56elle nous a dit,
00:42:57je vais vous dire un truc,
00:42:58mais papa,
00:42:59jure moi,
00:43:00elle ne va pas y toucher.
00:43:01Mais oui,
00:43:02parce qu'elle vous connaît bien.
00:43:07Voilà,
00:43:07je ne l'ai pas fait.
00:43:11Écoutez,
00:43:11il faut respecter votre fille,
00:43:12c'est...
00:43:13C'est pour ça,
00:43:14c'est pour ça.
00:43:15Le manque de confiance en l'homme,
00:43:17si même le père l'a trahi,
00:43:19ça aurait été le pire pour elle.
00:43:21Oui,
00:43:21bien sûr.
00:43:22Bien sûr.
00:43:23Donc après,
00:43:24on a fait tout le circuit,
00:43:25elle n'a pas voulu aller porter plainte,
00:43:26elle n'a pas voulu tout ça,
00:43:27mais on a fait tout un circuit
00:43:29pour que,
00:43:29voilà,
00:43:30quoi.
00:43:31Oui,
00:43:32bien sûr.
00:43:33Après,
00:43:33on se pose des questions,
00:43:34il y a des milliards de questions,
00:43:36pourquoi ?
00:43:36Parce qu'elle a été un peu anorexique,
00:43:37après elle a fini un peu boulimique.
00:43:41Vous ne vous posez pas les questions,
00:43:42c'est des symptômes,
00:43:44très fréquentes.
00:43:44mais quand on a son entreprise
00:43:48et qu'on a une vingtaine d'années,
00:43:50je l'ai eu,
00:43:50j'avais 23 ans.
00:43:51On en parlait très peu,
00:43:53franchement Frédéric,
00:43:54on en parlait très très peu.
00:43:58On en parle aujourd'hui un peu plus,
00:44:00mais à l'époque,
00:44:01on n'en parlait pas.
00:44:02Personne ne pouvait savoir.
00:44:02et puis vous ne pouviez pas savoir.
00:44:04C'est ça surtout.
00:44:05Donc,
00:44:06si vous aviez su
00:44:07et que vous aviez passé outre,
00:44:09vous pourriez vous en vouloir.
00:44:10Mais là,
00:44:11vous ne pouvez pas vous en vouloir
00:44:12de quelque chose
00:44:13que vous avez ignoré.
00:44:15Et au moment où vous l'avez su,
00:44:17vous avez fait tout ce qu'il fallait.
00:44:19c'est ça le plus aidant pour elle.
00:44:21Soyez en paix avec vous-même.
00:44:23Il n'y a rien à...
00:44:25Vous n'avez rien.
00:44:26Vous n'êtes responsable de rien,
00:44:27malheureusement.
00:44:28Tout est là.
00:44:29Mais bon.
00:44:30Merci de ce témoignage, Frédéric.
00:44:32Merci Frédéric.
00:44:33Et puis bravo,
00:44:33parce que quoi qu'il en soit,
00:44:34on voit,
00:44:35vous êtes en paix
00:44:36avec cette mère.
00:44:38Bien sûr,
00:44:39on comprend votre froideur,
00:44:41mais vous n'êtes pas
00:44:43ni dans la haine
00:44:44ni dans la colère.
00:44:44et c'est ça qui est important
00:44:45parce que sinon,
00:44:46sinon on n'est pas bien.
00:44:48Oui,
00:44:48c'est sûr.
00:44:49On continue.
00:44:50Après les infos,
00:44:51on a continué à évoquer
00:44:52les mères
00:44:53qui sont loin d'être parfaites.
00:44:55Vous avez vu,
00:44:56Hélène Vicali.
00:45:02Les mamans,
00:45:03les mères,
00:45:04on a tous eu une mère.
00:45:07Alors parfois,
00:45:08elle nous a totalement abandonnés.
00:45:10On est orphelins.
00:45:11Ce n'est pas bon non plus.
00:45:13Et puis parfois,
00:45:15elle nous a plutôt apporté
00:45:16de l'amour,
00:45:17de la sécurité.
00:45:18Parfois pas du tout.
00:45:19Et on en parle avec vous,
00:45:21Hélène Vicali,
00:45:21qui êtes psychanalyste.
00:45:23Je rappelle qu'en début d'émission,
00:45:24à 14h,
00:45:25vous nous avez bien expliqué
00:45:27ce qu'était une mère suffisamment bonne.
00:45:29Et si vous n'étiez pas à l'écoute
00:45:31et que vous avez envie de l'écouter,
00:45:32je rappelle que de toute façon,
00:45:34toutes les émissions
00:45:34peuvent être écoutées en podcast
00:45:36et ça peut être intéressant pour vous
00:45:38de bien comprendre
00:45:39l'importance d'une mère.
00:45:42On est avec Gérard.
00:45:44Gérard, vous aussi,
00:45:45vous avez à un moment donné rompu
00:45:48avec maman.
00:45:49Bonjour.
00:45:50Oui,
00:45:51bonjour Bouizit,
00:45:52bonjour Hélène.
00:45:53Bonjour Gérard.
00:45:55Je suis très content
00:45:57d'avoir Bouizit au téléphone.
00:45:59Oh, ben merci Gérard.
00:46:01Oui, c'est pour vous remercier
00:46:03parce que grâce à vous,
00:46:04après je vous dis de toute manière,
00:46:06grâce à vous,
00:46:07j'ai eu 18 sur 20 à l'école.
00:46:10Pourquoi ?
00:46:11Parce que j'étais une bonne maîtresse.
00:46:15Exactement.
00:46:17J'ai 71 ans, voilà.
00:46:22la meilleure note que j'ai eue à l'école,
00:46:24c'est en éducation sexuelle.
00:46:26Oui, oui, j'avais compris.
00:46:29Après, le reste, c'était médiocre.
00:46:32C'est bon, 12 ans.
00:46:35Voilà.
00:46:35Ben, pour vous dire,
00:46:38ma maman,
00:46:40je l'aime beaucoup,
00:46:42mais quand elle est partie de la maison,
00:46:45ben, pour moi,
00:46:46c'est comme si elle m'avait quitté moi,
00:46:47pas mon père.
00:46:48Vous aviez quel âge ?
00:46:51J'avais 16 ans.
00:46:52D'accord.
00:46:53Et à 16 ans,
00:46:54donc, votre mère fuit la famille,
00:46:57fuit le domicile conjugal
00:46:58et vous laisse avec votre père ?
00:47:00Vous étiez plusieurs enfants ?
00:47:02Ben, mon frère et moi,
00:47:04mais on a tout l'étalité élevée avec ma mère.
00:47:08Ma mère, elle était fleuriste, voilà.
00:47:10Et le matin,
00:47:12quand on descendait,
00:47:12quand on allait à l'école,
00:47:14ben, on voyait toujours ma mère.
00:47:16Mon père, elle ne l'envoyait pas
00:47:17parce qu'il était bouché.
00:47:20Il travaillait,
00:47:21on le voyait très rarement.
00:47:23Voilà.
00:47:24Et bon,
00:47:26après, ma mère,
00:47:26elle a vendu le magasin.
00:47:30et un jour,
00:47:31mon père, il me dit,
00:47:33tu viens manger ?
00:47:35Ben, je lui dis,
00:47:36maman, elle ne rentre pas.
00:47:37Il m'a dit,
00:47:38maman, elle a téléphoné,
00:47:39elle ne rentre pas.
00:47:39Il avait 38 ans.
00:47:42Ben, il ne savait pas quoi me dire.
00:47:47Et bon,
00:47:48ben, moi,
00:47:50je suis allé voir ma mère,
00:47:52je savais où elle était
00:47:54et j'ai fait un scandale,
00:47:55un peu, tout ça.
00:47:56et je suis reparti
00:47:58avec mon frère.
00:48:01Et pourquoi,
00:48:02pourquoi elle a quitté
00:48:03votre père ?
00:48:05Ben, voilà,
00:48:06elle a quitté mon père
00:48:07parce que mon père,
00:48:09ma mère,
00:48:10elle m'a toujours dit,
00:48:10mais plus tard,
00:48:11elle m'a la dit,
00:48:12ton père,
00:48:12c'est un très bon père,
00:48:13mais c'est un mauvais mari.
00:48:17Et elle était partie
00:48:18pour un autre homme ?
00:48:20Non, non.
00:48:22Même pas.
00:48:22Où est-ce qu'elle est allée ?
00:48:23Non.
00:48:25Ben, je ne sais pas.
00:48:26Elle avait pris des cachets,
00:48:27elle est allée voir le docteur,
00:48:29elle avait pris des cachets.
00:48:31Je ne me rappelle plus
00:48:32c'était quoi des cachets,
00:48:33mais elle s'est retrouvée,
00:48:35elle est partie acheter le père
00:48:36et elle s'est retrouvée
00:48:38chez une amie.
00:48:40Elle a voulu se suicider, donc.
00:48:43Exactement,
00:48:44elle voulait se suicider.
00:48:46Oui.
00:48:46Eh ben oui,
00:48:47à l'époque,
00:48:48il n'y avait pas cette émission
00:48:49où on pouvait apprendre
00:48:50à mieux se comprendre,
00:48:51à mieux se connaître,
00:48:53Gérard.
00:48:54Exactement.
00:48:55Et vous,
00:48:56à 16 ans,
00:48:57vous avez peut-être dit,
00:48:58il faut que je sois
00:48:59un bon mari,
00:49:00donc je vais me...
00:49:02je vais écouter la maîtresse
00:49:03Brigitte Laé
00:49:04pour être...
00:49:06Oui,
00:49:06je l'ai toujours suivie,
00:49:07mais même avant
00:49:08qu'on a passé l'émission.
00:49:10Oui,
00:49:10on a compris.
00:49:11On a compris,
00:49:12Gérard.
00:49:12Oui,
00:49:13toujours,
00:49:14je l'ai toujours trouvé
00:49:15à part des autres.
00:49:17Non,
00:49:18mais je crois,
00:49:18je crois que là,
00:49:19voyez,
00:49:20votre témoignage me touche
00:49:21beaucoup,
00:49:21parce que,
00:49:23aujourd'hui,
00:49:25il y a toujours des gens
00:49:27qui sont un peu perdus
00:49:29parce qu'ils ne savent pas
00:49:30ce que c'est qu'un être humain,
00:49:31qu'ils ne savent pas.
00:49:32Mais je crois qu'à votre époque,
00:49:35c'était certainement pire
00:49:36qu'aujourd'hui.
00:49:37Je crois qu'aujourd'hui,
00:49:37on parle,
00:49:38on peut,
00:49:39critiquer le développement personnel,
00:49:40on peut critiquer,
00:49:41mais quand même,
00:49:42il y a plus de support
00:49:44pour les gens
00:49:45qui ne vont pas bien
00:49:46qu'à votre époque.
00:49:47Je crois que vos parents
00:49:49n'étaient pas heureux.
00:49:51Et est-ce que,
00:49:53quand vous aviez 16 ans
00:49:54et que votre mère est partie,
00:49:56est-ce que vous avez pu
00:49:57la revoir régulièrement
00:49:58ou non ?
00:50:01J'ai essayé,
00:50:03j'ai essayé,
00:50:04mais non,
00:50:04c'est plutôt mon frère
00:50:05parce que,
00:50:07moi,
00:50:07je travaillais,
00:50:08j'ai commencé à travailler
00:50:09à 14 ans,
00:50:10je travaillais dans la boucherie
00:50:14et j'ai travaillé,
00:50:15j'étais chez un patron
00:50:17et je suis resté
00:50:19jusqu'à ce que je parte
00:50:21à l'armée.
00:50:24mais quand je suis parti
00:50:25à l'armée,
00:50:26j'ai dit à mes grands-parents
00:50:27surtout,
00:50:28je ne veux pas
00:50:28qu'elle vienne sur le pied.
00:50:31Elle n'est pas venu,
00:50:31moi.
00:50:32Mais elle était,
00:50:33au fond de moi,
00:50:34elle me manquait,
00:50:36mais...
00:50:36Vous étiez en colère ?
00:50:38Oui,
00:50:39oui,
00:50:39oui.
00:50:40Mais vous étiez en colère
00:50:41parce que vous avez vu
00:50:43votre père malheureux
00:50:44ou parce que vous,
00:50:45vous aviez l'impression
00:50:45qu'elle vous avait abandonné ?
00:50:48Parce que,
00:50:49non,
00:50:50parce qu'elle n'est pas venu
00:50:51me dire pourquoi
00:50:51elle est partie.
00:50:53Elle vous a trahi,
00:50:54en fait.
00:50:55Voilà,
00:50:56exactement.
00:50:58Et moi,
00:50:59quand j'étais à l'armée,
00:51:01j'étais à l'armée,
00:51:02mais en 83,
00:51:0583-84,
00:51:07et je faisais des permissions,
00:51:09je faisais des va-et-vient,
00:51:10tout ça,
00:51:11et j'ai été muté à Lourian,
00:51:12à la Nbyway,
00:51:13pourtant j'habite Marseille.
00:51:15Oui,
00:51:16on avait entendu à l'accent.
00:51:18Oui,
00:51:19voilà.
00:51:20Le 26,
00:51:20le 26,
00:51:23le 26 juin,
00:51:2584,
00:51:27je suis descendu
00:51:28en permission,
00:51:29je me débrouillais
00:51:30à l'ouverture
00:51:30des permissions
00:51:31de 72 heures,
00:51:33et c'était la soirée
00:51:34de la Coupe d'Europe,
00:51:35la Marseille,
00:51:36tout ça.
00:51:38et nous,
00:51:39avec mes cousins,
00:51:40on est allés danser
00:51:42un discothèque,
00:51:43et ils m'avaient prêté
00:51:44sa mobilette,
00:51:45et j'ai eu un accident.
00:51:47Et j'ai fait,
00:51:49en sortant du tunnel,
00:51:51le bonhomme
00:51:51m'a remercié,
00:51:53je suis parti dans le coma,
00:51:55il est devenu les pompiers,
00:51:56j'ai fait trois semaines
00:51:57de coma,
00:51:58avec le deuxième cérébral.
00:52:01Voilà.
00:52:02Et là,
00:52:02votre mère est venue ?
00:52:05Elle est venue,
00:52:06mais elle ne voulait pas venir.
00:52:07Alors,
00:52:08le docteur,
00:52:09il lui a dit,
00:52:10il faut que vous allez voir
00:52:11votre fils,
00:52:11parce que votre fils,
00:52:12il va,
00:52:14quand il va se réveiller,
00:52:16c'est comme s'il se remettait
00:52:17qui est en marche,
00:52:18il va repartir de son enfance,
00:52:19et il va passer
00:52:20toutes les étapes.
00:52:23Elle me l'avait dit,
00:52:24mais c'est exactement ça.
00:52:25Moi,
00:52:25à chaque fois,
00:52:26j'essaie de me rappeler
00:52:27pourquoi.
00:52:28Parce que,
00:52:29quand je me suis réveillé
00:52:30le matin,
00:52:30j'étais à Sainte-Marguerite,
00:52:32et en l'été,
00:52:33j'étais en Bretagne,
00:52:33et je ne comprenais pas
00:52:34pourquoi j'étais là.
00:52:37Et,
00:52:37bon,
00:52:38maintenant,
00:52:39j'arrive à comprendre,
00:52:41j'arrive à comprendre
00:52:43mon coma,
00:52:44mais j'arrive pas,
00:52:45j'ai un trou noir,
00:52:46vous voyez ?
00:52:46Oui.
00:52:48Et,
00:52:49bon,
00:52:49après,
00:52:51ma mère,
00:52:52elle m'a parlé,
00:52:52tout ça,
00:52:54mais j'ai continué
00:52:55à ne pas vouloir la voir.
00:52:58J'avais rencontré
00:52:59mon ex-femme,
00:53:03elle a été à Sainte,
00:53:04tout ça,
00:53:05et après,
00:53:06j'ai commencé à parler
00:53:07à ma mère,
00:53:08tout ça,
00:53:08au bout de 7 ans.
00:53:10Quand j'ai eu
00:53:11ma première fille,
00:53:12et puis...
00:53:12C'est peut-être
00:53:13votre première fille
00:53:14qui vous a aidé
00:53:14à vous rapprocher
00:53:15de votre maman.
00:53:16Oui,
00:53:17d'accord.
00:53:17à la fin de 5 ans.
00:53:20Mais j'ai divorcé,
00:53:21moi,
00:53:21ça fait...
00:53:22Oui,
00:53:22mais ça,
00:53:23aujourd'hui,
00:53:23vous n'êtes pas le seul.
00:53:26Et comment sont
00:53:27vos relations
00:53:28avec elle,
00:53:29aujourd'hui,
00:53:29si elle est toujours en vie ?
00:53:31Avec ma mère ?
00:53:32Oui.
00:53:33Je téléphone tous les jours,
00:53:34deux fois par jour.
00:53:35Ah,
00:53:35vous rattrapez
00:53:36le temps perdu,
00:53:37alors ?
00:53:37Elle est en Corse,
00:53:39j'ai perdu mon papa
00:53:40l'année passée.
00:53:42Voilà,
00:53:42mon papa,
00:53:43il me disait toujours
00:53:44« ta maman,
00:53:45ça va ? »
00:53:45mais mon papa,
00:53:47il ne sait toujours pas
00:53:48pourquoi ma mère
00:53:49elle est partie
00:53:50jusqu'à la fin.
00:53:51Ah oui,
00:53:51et vous ne savez pas
00:53:52plus que ça ?
00:53:54Ah oui,
00:53:54moi,
00:53:55je le sais.
00:53:56Alors,
00:53:56dites-nous,
00:53:56pourquoi elle est partie
00:53:57quand même ?
00:53:58Elle est partie
00:53:59parce que,
00:54:01mon père,
00:54:04il n'assumait pas,
00:54:06toujours il disait oui,
00:54:08quand il lui parlait,
00:54:09il sifflait,
00:54:10il chantait,
00:54:11il ne prenait pas
00:54:12la responsabilité,
00:54:13voilà.
00:54:13C'est,
00:54:17je ne sais pas.
00:54:19Puis aussi,
00:54:20il y a beaucoup,
00:54:21il lui faisait
00:54:22l'émission entière.
00:54:25Mon père,
00:54:25il a pu toucher ma mère
00:54:30quand il a appris
00:54:31ce qu'il avait fait
00:54:32son père à sa soeur.
00:54:34Oui,
00:54:35ah d'accord.
00:54:36Encore une fois,
00:54:37encore une fois
00:54:38des histoires de...
00:54:39Oui,
00:54:40oui,
00:54:40j'ai parlé à sa soeur
00:54:42à ma tante,
00:54:42cette année,
00:54:45ça lui a fait du bien.
00:54:47Mais,
00:54:48elle a 85 ans
00:54:49et depuis l'âge
00:54:50de l'enfance,
00:54:52elle se trame ça.
00:54:54Oui,
00:54:55c'est horrible.
00:54:57Ben oui,
00:54:57la vie n'est pas si simple,
00:54:59Gérard,
00:54:59et c'est pour ça
00:55:00qu'on parle de tout ça
00:55:01parce que c'est aussi
00:55:03en en parlant
00:55:03et j'espère que ça vous a fait
00:55:05du bien de nous raconter
00:55:07un peu tout ça
00:55:09parce que c'est important,
00:55:10c'est important de pouvoir
00:55:11se dire,
00:55:12comme on dit.
00:55:14Merci beaucoup Gérard.
00:55:16Merci Gérard.
00:55:17On fait une petite pause
00:55:18et on retrouve Patrick
00:55:19dans un instant
00:55:20qui a eu la chance
00:55:21d'avoir une mère aimante
00:55:23et assez équilibrée,
00:55:24ça va faire du bien
00:55:24d'entendre ça.
00:55:25Oui.
00:55:2914h-16h,
00:55:31Brigitte Lae et Sud Radio.
00:55:33Nous sommes avec Hélène Vecali,
00:55:35nous parlons des mères
00:55:36et on a Patrick
00:55:38qui est avec nous.
00:55:39Bonjour Patrick.
00:55:40Bonjour Brigitte,
00:55:41Bonjour Hélène.
00:55:42Bonjour Patrick.
00:55:44Alors oui,
00:55:45c'est sûr que
00:55:45quand on passe
00:55:46après un témoignage
00:55:48comme on les m'entendent,
00:55:49c'est sûr que
00:55:50moi je suis bien heureux
00:55:52puisque j'ai eu
00:55:53une vie assez calme
00:55:55avec une maman aimante
00:55:57et équilibrée
00:55:59et donc je dirais que
00:56:02cet amour
00:56:02qu'on a partagé
00:56:04quand j'étais enfant
00:56:04et un peu plus tard
00:56:06quand j'étais adulte aussi,
00:56:07quelque part ça donne une trajectoire
00:56:09et au moins un cocon
00:56:12qui reste, je dirais,
00:56:13permanent.
00:56:14Aujourd'hui elle est décédée
00:56:15malheureusement
00:56:15mais bien sûr elle me manque
00:56:17mais elle est toujours présente
00:56:19quelque part
00:56:20et dans l'intention,
00:56:22dans la perception du monde,
00:56:24ça donne une prédisposition
00:56:27assez positive
00:56:28et je m'aperçois,
00:56:30sans aller dans des extrêmes
00:56:31qu'on va rien entendre
00:56:32que dans mon entourage proche,
00:56:34dans mes amis,
00:56:35finalement je m'aperçois
00:56:36qu'il y a quand même
00:56:37souvent des mamans
00:56:39qui ont des problèmes
00:56:40avec leurs enfants
00:56:41autour de justement
00:56:42cet amour
00:56:43qui n'est pas forcément
00:56:43si simple
00:56:44et des choses
00:56:45un peu compliquées
00:56:45et je me félicite
00:56:49d'avoir eu
00:56:50cet amour simple.
00:56:52Ma maman était espagnole,
00:56:56elle ne parlait pas bien français,
00:56:58elle m'a accompagnée
00:56:59et c'est pourtant elle
00:56:59qui m'a appris à lire
00:57:00et écrire.
00:57:01Elle s'est investie
00:57:02auprès de moi
00:57:04et alors que pour elle
00:57:05c'était la grande aventure
00:57:06le jour où elle a du char d'échec
00:57:07et disant
00:57:07je ne sais pas écrire
00:57:08c'est embêtant
00:57:10et bien c'est quand même
00:57:11elle qui en s'est loin
00:57:12me vient répéter
00:57:14mes dictées
00:57:15sur lesquelles
00:57:15j'avais beaucoup de mal
00:57:16d'ailleurs
00:57:16et tous les soirs
00:57:17on s'y mettait tous les deux
00:57:18et ça avançait.
00:57:20Mais vous l'avez peut-être aidé
00:57:20aussi à apprendre le français
00:57:22du coup
00:57:24grâce à vos cours.
00:57:25Mais je voulais juste
00:57:26ajouter quelque chose
00:57:27Patrick qui est important.
00:57:28Vous avez visiblement
00:57:29une mère largement
00:57:32suffisamment bonne
00:57:32ça on en doute point
00:57:33mais je voulais juste dire
00:57:35que parfois
00:57:36dans des familles
00:57:36il y a plusieurs enfants
00:57:38certains vont trouver
00:57:39leur mère
00:57:39comme vous
00:57:41largement bien
00:57:42et puis
00:57:43l'autre
00:57:44le frère
00:57:44la soeur
00:57:45va pas du tout
00:57:46avoir le même avis
00:57:47donc c'est pour ça
00:57:48c'est très complexe
00:57:49quoi qu'on en dise.
00:57:50et ça reste une relation
00:57:52à l'effet bilatéral
00:57:54enfin
00:57:54il y a donc
00:57:56un récepteur
00:57:57un émetteur
00:57:58et inversement
00:57:59et donc
00:57:59l'histoire n'est pas
00:58:00tout à fait la même
00:58:02mais avec mes soeurs
00:58:03on s'est toujours fait
00:58:04ce constat
00:58:05si nos parents
00:58:06n'ont pas été parfaits
00:58:07on est certain
00:58:08d'une chose
00:58:08c'est qu'ils étaient
00:58:10aimants
00:58:10et ils ont fait
00:58:11de leur mieux
00:58:12avec leurs limites
00:58:13mais ils ont fait
00:58:14de leur mieux
00:58:14ça c'est important
00:58:15et d'avoir ce sentiment-là
00:58:18c'est à mon avis
00:58:19c'est un bon bagage
00:58:22pour démarrer sa vie
00:58:23bien sûr
00:58:24c'est un sentiment
00:58:25de sécurité
00:58:26et puis
00:58:28les enfants
00:58:28qui ont été
00:58:29aimés comme ça
00:58:30et vous faites
00:58:31une belle description
00:58:32de ce que c'est
00:58:32que l'amour
00:58:33vraiment
00:58:34ils ont fait
00:58:35de leur mieux
00:58:35et ils étaient aimants
00:58:37et bien
00:58:38ça donne une assurance
00:58:39dans la vie
00:58:39vraiment
00:58:40qui est très forte
00:58:41et qui est
00:58:43une bonne base
00:58:44pour grandir
00:58:46en fait
00:58:47c'est des racines
00:58:48saines
00:58:49qui vous permettent
00:58:50de grandir
00:58:51de façon saine
00:58:53également
00:58:53ça donne
00:58:54de la sérénité
00:58:56mais je dois faire
00:58:58une confidence
00:58:59sur le fait
00:58:59que j'écoute
00:59:00l'émission de Brigitte
00:59:02depuis quand même
00:59:02pas mal d'années
00:59:03mais qu'il vous faut
00:59:04du temps parfois
00:59:04pour comprendre
00:59:05ce que vous dites
00:59:06et il y a un gimmick
00:59:07Brigitte
00:59:08que vous dites souvent
00:59:09lorsqu'il y a des témoignages
00:59:10c'est
00:59:10pourquoi avez-vous choisi
00:59:13cette campagne
00:59:14nos compagnons
00:59:15et souvent
00:59:15il n'y a pas de hasard
00:59:17et qu'il y a de volonté
00:59:18derrière
00:59:18et maintenant
00:59:20dans la durée
00:59:21j'ai pu
00:59:23faire l'analyse suivante
00:59:25c'est que finalement
00:59:25ma première épouse
00:59:27c'était pas du tout
00:59:28le caractère
00:59:30ni la personnalité
00:59:31de ma mère
00:59:31et comme par hasard
00:59:33ma compagne actuelle
00:59:35ma femme
00:59:36aujourd'hui
00:59:37elle est un peu plus
00:59:38dans une
00:59:39dans une filiation
00:59:41avec la mère
00:59:42là-dessus
00:59:42sur son caractère
00:59:43sa façon
00:59:43de s'émerveiller
00:59:44d'accord
00:59:45et vous en déduisez quoi ?
00:59:47alors j'en déduis quoi ?
00:59:49alors pas grand chose
00:59:50dans l'absolu
00:59:50si ce n'est peut-être
00:59:51alors c'est un raccourci
00:59:52que j'ai fait
00:59:54est-ce qu'il aura fallu
00:59:55attendre que ma mère
00:59:56décède
00:59:56pour que je m'autorise
00:59:58à avoir quelqu'un
00:59:58qui prenne sa place ?
01:00:01belle analyse
01:00:02bravo
01:00:05c'est grâce à Brigitte
01:00:07tout ça
01:00:07ce qu'on écoute
01:00:09les autres intervenants
01:00:10et les témoignages
01:00:13et donc voilà
01:00:13je me dis
01:00:15si je prends
01:00:16le pas de côté
01:00:17que souvent fait Brigitte
01:00:19c'est une conclusion
01:00:20assez limpide
01:00:20mais j'ai pas de preuves
01:00:22si si si
01:00:23vous venez d'en donner
01:00:24une de preuves
01:00:25évidemment
01:00:26vous l'avez dit vous-même
01:00:27moi je posais
01:00:28une petite question
01:00:29un peu piège
01:00:30mais vous avez tout de suite
01:00:32il est évident
01:00:33que
01:00:34quand vous êtes
01:00:36jeune
01:00:36vous pouvez pas
01:00:38prendre la copie conforme
01:00:40de votre mère
01:00:40parce que sinon
01:00:41c'était
01:00:41c'était peut-être
01:00:43un petit peu
01:00:45trop visible
01:00:45trop visible
01:00:46enfin je sais pas
01:00:47c'est compliqué
01:00:50mais malgré tout
01:00:51et c'est là où
01:00:51vraiment on peut dire
01:00:52que vous avez eu
01:00:53une mère bien
01:00:54c'est qu'elle ne vous a pas
01:00:56non plus étouffée
01:00:57c'est à dire que
01:00:58vous l'avez
01:00:59vous l'aimez
01:01:00vous ne pouviez pas
01:01:01prendre la copie conforme
01:01:02mais en même temps
01:01:03à un moment donné
01:01:04vous avez pu
01:01:04vous en détacher
01:01:06oui
01:01:07et
01:01:09justement
01:01:09sur le côté
01:01:10elle m'a aussi
01:01:12permis d'être adulte
01:01:13elle n'est pas
01:01:13ultra interventionniste
01:01:14sur ma vie
01:01:16elle était à la fois
01:01:17à mes côtés
01:01:17et à mon écoute
01:01:18si j'avais des questions
01:01:19mais je me faisais confiance
01:01:20assez tôt
01:01:21alors que
01:01:22c'était une personne
01:01:23qui avait un peu peur
01:01:24de la vie en général
01:01:24se disant
01:01:25qu'il pouvait arriver
01:01:25beaucoup de choses
01:01:26pas terribles
01:01:27parce qu'elle avait pu vécu
01:01:28elle quand on était
01:01:29le plus jeune
01:01:29mais elle m'a
01:01:30elle m'a permis
01:01:31de prendre ma place
01:01:32d'adulte assez tôt
01:01:33et pas trop tôt
01:01:34mais assez tôt
01:01:34et d'avoir ce regard
01:01:36qui est peut-être
01:01:36le plus délicat
01:01:37à avoir pour des parents
01:01:38de rester aimants
01:01:39et de s'apercevoir
01:01:39qu'ils ont des enfants
01:01:41mais qui sont devenus
01:01:42des adultes
01:01:43et de laisser
01:01:44cette place d'adulte
01:01:44aussi tout à fait
01:01:45pouvoir cohabiter
01:01:46avec la place d'enfants
01:01:47qu'on garde aussi toujours
01:01:48et à mon avis
01:01:49c'est un peu intuitif
01:01:52ce que je dis
01:01:52mais vous allez me dire
01:01:53si je me trompe
01:01:53vous avez choisi
01:01:55votre première femme
01:01:56qui était certainement
01:01:57d'un niveau social
01:01:58largement supérieur
01:01:59à votre mère
01:02:00oui
01:02:01oui
01:02:01tout à fait
01:02:04ce qui montre bien
01:02:05à quel point
01:02:06elle vous a aidé
01:02:07à grandir
01:02:09oui
01:02:10avec beaucoup de respect
01:02:12d'amour
01:02:13et de respect
01:02:18donc important
01:02:19d'avoir ça
01:02:19et peut-être
01:02:20en décalage
01:02:21il y a une oeuvre
01:02:22qui m'a beaucoup marqué
01:02:22quand je l'ai vue
01:02:23c'était
01:02:24Les promesses de l'aube
01:02:26de Romain Garry
01:02:27de Romain Garry
01:02:29où il y a la première phrase
01:02:29il dit
01:02:30avec l'amour maternel
01:02:31la vie vous fait à l'aube
01:02:32une promesse
01:02:33qu'elle ne tient jamais
01:02:35alors c'est quelque chose
01:02:36qui me bouleverse
01:02:36quand je le lis
01:02:37mais que je contredit
01:02:39quelque part
01:02:40parce que je suis bien d'accord
01:02:41sur le fait
01:02:41que cet amour
01:02:42sera unique
01:02:43et il est vraiment unique
01:02:44c'est point
01:02:47mais la position d'enfant
01:02:48elle est aussi unique
01:02:49et fangeante
01:02:50et je pense que
01:02:50la direction de la vie
01:02:52c'est de passer
01:02:52du rôle d'enfant
01:02:53au rôle d'adulte
01:02:54et au rôle d'adulte
01:02:55c'est sûr qu'on ne peut pas
01:02:56recevoir l'amour d'une mère
01:02:58telle qu'on l'a reçu
01:02:59quand on était enfant
01:02:59et que c'est bien
01:03:00et que c'est une chose
01:03:01qui t'amène à changer
01:03:02et c'est inéluctable
01:03:03mais c'est là où
01:03:05oui
01:03:05elle vous a vraiment aimé
01:03:07de tout l'amour d'une mère
01:03:10mais elle vous a aimé
01:03:11comme un fils
01:03:12et c'est toute la différence
01:03:13peut-être avec la mère
01:03:15de Romain Garry
01:03:16ou alors c'est Romain Garry
01:03:17qui était peut-être
01:03:18trop resté accroché
01:03:19à sa mère
01:03:20oui mais on reste pas trop
01:03:21accroché sans raison
01:03:23donc je pensais
01:03:24oui
01:03:24je pense que
01:03:25effectivement
01:03:26la mère de Romain Garry
01:03:28était très intrusive
01:03:29elle se voulait
01:03:30très fusionnelle
01:03:31et surtout
01:03:32elle avait des projets
01:03:33pour lui
01:03:34en dehors de
01:03:35sa propre volonté
01:03:36c'est-à-dire qu'elle a choisi
01:03:38sa vie professionnelle
01:03:39etc
01:03:39ce qui n'est pas votre cas
01:03:40votre mère était
01:03:41très respectueuse
01:03:43complètement
01:03:43oui
01:03:44c'est ça la position
01:03:45Romain Garry
01:03:46a été guidé
01:03:46presque façonné
01:03:48et programmé
01:03:49là où j'ai été
01:03:50simplement aimé
01:03:51ce qui est essentiel
01:03:53oui
01:03:54mais vous êtes conscient
01:03:55de la chance
01:03:57que vous avez eue
01:03:58et c'est très bien
01:03:59et puis de toute façon
01:04:00comme je dis souvent
01:04:01on ne change pas
01:04:02ce qui nous est arrivé
01:04:03mais on peut en faire
01:04:05quelque chose
01:04:05oui
01:04:06c'est sûr
01:04:08merci beaucoup Patrick
01:04:09de cet échange
01:04:10merci Patrick
01:04:11on va se retrouver
01:04:12dans un instant
01:04:13avec le sexe au conseil
01:04:14on va parler
01:04:14de l'art du baiser
01:04:15et nous aurons
01:04:16Catherine également
01:04:17qui a envie
01:04:18de témoigner
01:04:20alors elles étaient
01:04:21trois sœurs
01:04:22et elles n'ont pas
01:04:22la même relation
01:04:23à leur mère
01:04:24et ça aussi
01:04:24c'est intéressant
01:04:25parce que c'est
01:04:26évidemment souvent le cas
01:04:2814h-16h
01:04:29Brigitte Lae
01:04:30Brigitte Lae
01:04:31Sud Radio
01:04:32le sexe au conseil
01:04:34et bien
01:04:34on va parler
01:04:35de l'art du baiser
01:04:35Hélène Vecali
01:04:36et je voudrais juste
01:04:37rappeler quelque chose
01:04:38d'important
01:04:38enfin moi je crois
01:04:39mais vous me direz
01:04:40si vous n'êtes pas d'accord
01:04:41évidemment
01:04:41que c'est important
01:04:42de rappeler
01:04:43qu'on n'embrasse pas
01:04:44son enfant sur la bouche
01:04:46oui ça c'est primordial
01:04:48parce que ça a tendance
01:04:49à s'oublier parfois
01:04:50on voit des parents
01:04:52qui aiment bien
01:04:53embrasser sur la bouche
01:04:54leur enfant
01:04:55c'est un manque de repères
01:04:56et rappelons que le baiser
01:04:58c'est pour les amoureux
01:04:59et c'est pas pour la famille
01:05:02voilà
01:05:02donc l'art du baiser
01:05:04c'est un art
01:05:05et c'est vrai
01:05:06que c'est très important
01:05:07le baiser
01:05:07parce qu'un baiser
01:05:09ça peut être plat
01:05:09sans saveur
01:05:10et donc ça fait retomber
01:05:12toute l'excitation
01:05:12et on finit parfois
01:05:14dans un couple
01:05:15à s'embrasser
01:05:16à plat
01:05:17si je puis dire
01:05:19voilà
01:05:19il n'y a rien de sensuel
01:05:22dans tout ça
01:05:22et c'est vrai que le baiser
01:05:23c'est d'abord
01:05:24un déclencheur
01:05:25et c'est un lien
01:05:28sensuel
01:05:29certes affectif
01:05:30mais également sensuel
01:05:31et parfois même sexuel
01:05:33et bien des adultes
01:05:35ne savent plus
01:05:36s'embrasser
01:05:36parce qu'ils veulent aller
01:05:38tout de suite
01:05:38à des sensations plus fortes
01:05:40plus sexuelles en fait
01:05:41tout simplement
01:05:42alors que le baiser
01:05:43c'est vraiment
01:05:44la sensualité
01:05:45avant tout
01:05:46et j'ai envie de dire
01:05:48il suffit d'observer
01:05:49comment vous mangez
01:05:50et comment vous buvez
01:05:51on a déjà
01:05:51une idée
01:05:53du talent
01:05:53de votre manière
01:05:55d'embrasser
01:05:56effectivement
01:05:57donc sachez que
01:05:58à l'origine
01:05:59et ça j'ai découvert
01:06:01il n'y a pas longtemps
01:06:01je trouve ça assez intéressant
01:06:02à l'origine du baiser
01:06:04c'était l'époque
01:06:04où la mère
01:06:05mâchait les aliments
01:06:06pour ses petits
01:06:07afin de les nourrir
01:06:08parce que c'était l'époque
01:06:09où on mangeait
01:06:10de la viande
01:06:11très très dure
01:06:12du mammouth
01:06:13il fallait
01:06:15mâcher
01:06:15mâcher
01:06:16mâcher
01:06:16pour donner
01:06:18à manger
01:06:18aux petits enfants
01:06:20qui évidemment
01:06:21n'ont pas encore dedans
01:06:22bref
01:06:22alors je ne sais pas
01:06:23si c'est vrai
01:06:24mais en tout cas
01:06:25j'ai trouvé que c'était
01:06:26assez certainement vrai
01:06:28d'ailleurs
01:06:29bref
01:06:30donc le baiser
01:06:30c'est un échange affectif
01:06:32qui rassure
01:06:33qui donne confiance
01:06:33donc il ne faut pas
01:06:35hésiter à abuser
01:06:36du baiser
01:06:36dans un couple
01:06:37mais
01:06:38petite précision
01:06:40quand même
01:06:40il faut soigner
01:06:41son haleine
01:06:43notamment
01:06:44quand vous vous lavez
01:06:46les dents
01:06:46et vous pouvez penser
01:06:48à passer la brosse
01:06:49un peu sur la langue
01:06:50après un repas copieux
01:06:51ça évitera
01:06:53peut-être
01:06:53deux trois choses
01:06:54et puis les saveurs
01:06:56particulières
01:06:56avant un ébat
01:06:57comme l'ail
01:06:58par exemple
01:06:59ce n'est pas vraiment
01:07:00indiqué non plus
01:07:00à moins que vous en mangiez
01:07:01vraiment tous les deux
01:07:02mais quand même
01:07:03voilà
01:07:04donc pourquoi pas
01:07:05avoir toujours sur soi
01:07:06un fil dentaire
01:07:07ou des pastilles à la menthe
01:07:09ça peut permettre
01:07:10d'avoir une haleine
01:07:11un peu plus présentable
01:07:13oui
01:07:13et ça serait respectueux
01:07:14pour l'autre
01:07:15exactement
01:07:15et puis vous avez
01:07:17encore quelques minutes
01:07:18pour peut-être
01:07:19gagner ce double
01:07:20stimulateur
01:07:21air pulsé
01:07:22qui est disponible
01:07:23grâce à Passage du Désir
01:07:25qui vous l'offre aujourd'hui
01:07:26ainsi que Sud Radio
01:07:27et vous envoyez
01:07:28par SMS
01:07:29Brigitte
01:07:29au 7-20-18
01:07:31voilà
01:07:32on continue
01:07:33à parler des mamans
01:07:34avec vous
01:07:34Catherine
01:07:35bonjour
01:07:37bonjour
01:07:38bonjour Hélène
01:07:39bonjour Brigitte
01:07:41bonjour Catherine
01:07:41je suis ravie
01:07:45de vous avoir
01:07:46en direct
01:07:48nous aussi
01:07:49moi je suis issue
01:07:50d'une famille
01:07:51de trois filles
01:07:53mes soeurs aînées
01:07:56avaient 16 et 14 ans
01:07:58quand je suis arrivée
01:08:00d'accord
01:08:00donc vous arrivez vraiment
01:08:01en retard
01:08:02mon arrivée
01:08:02a été un peu
01:08:04imprévue
01:08:05très imprévue
01:08:06oui
01:08:07ma mère
01:08:08ne voulait
01:08:09de cette grossesse
01:08:11et je suis mornée
01:08:13pour arriver
01:08:13jusqu'au bout
01:08:16on m'a récupérée
01:08:17et toute mon enfance
01:08:19je j'avoue
01:08:20que
01:08:21j'ai eu du mal
01:08:22à me sentir
01:08:23de la famille
01:08:24ah oui
01:08:27j'étais
01:08:28j'avais l'impression
01:08:29que j'étais
01:08:30jamais à ma place
01:08:32oui c'est la pièce
01:08:33rapportée
01:08:33ma mère
01:08:34oui
01:08:35et
01:08:36bon
01:08:36c'est une famille
01:08:37
01:08:38les dialogues
01:08:39étaient assez violents
01:08:40au quotidien
01:08:42entre mes parents
01:08:44entre moi
01:08:45et mes parents
01:08:46mes soeurs
01:08:47ont quitté
01:08:48la maison
01:08:48j'avais
01:08:497 ans
01:08:50pour se marier
01:08:51vous êtes retrouvée
01:08:53toute seule
01:08:55voilà
01:08:56mes parents
01:08:57étaient
01:08:57immatures
01:08:58tous les deux
01:08:59on va dire
01:09:00et est-ce que
01:09:01vos grandes soeurs
01:09:01étaient un petit peu
01:09:02maternelles
01:09:03ou pas du tout
01:09:05alors ma grande soeur
01:09:07est devenue
01:09:08le capitaine
01:09:09de la maison
01:09:10oui
01:09:11on était dans
01:09:12un milieu rural
01:09:13donc elle
01:09:14elle était
01:09:14dans l'enseignement
01:09:15elle habitait
01:09:17assez près
01:09:17ils venaient
01:09:19souvent aider
01:09:19sur la propriété
01:09:20de mes parents
01:09:21ils étaient là
01:09:23presque quotidiennement
01:09:25et ça a été
01:09:25une maman
01:09:26bi
01:09:26pas forcément
01:09:27dans la tendresse
01:09:28non bien sûr
01:09:35mais peut-être que
01:09:37cette grande soeur
01:09:38certes un petit peu
01:09:39caporale
01:09:40elle vous a quand même
01:09:41un petit peu
01:09:42structuré
01:09:45oui
01:09:45non mais
01:09:47bien sûr
01:09:47puis elle a pas eu
01:09:48trop le foie
01:09:48elle aussi
01:09:49oui bien sûr
01:09:50je pense qu'elle a vu
01:09:51les manques
01:09:53éducatifs
01:09:53de mes parents
01:09:54et qu'elle s'est investie
01:09:55de ce rôle là
01:09:57et je pense
01:09:58que mes parents
01:09:59sont beaucoup déchargés
01:10:00aussi sur elle
01:10:01oui
01:10:01elle a dû porter
01:10:03beaucoup
01:10:03donc moi jusqu'à
01:10:04l'adolescence
01:10:05j'étais celle
01:10:06qui remuait
01:10:06un peu trop
01:10:09et puis
01:10:11à mes tuis états
01:10:12j'ai appris
01:10:14que ma mère
01:10:15avait essayé
01:10:15d'avorter
01:10:16mais à mon avis
01:10:18c'était plutôt
01:10:19avec des tisanes
01:10:20et des bêtises
01:10:20comme ça
01:10:21qui n'ont pas
01:10:23et je l'ai appris
01:10:24par une tante
01:10:25lors d'un repas
01:10:26de famille
01:10:27mon père
01:10:28a piqué le nez
01:10:29c'était le patriarche
01:10:31mais quand il y avait
01:10:33des choses délicates
01:10:34comme ça
01:10:34il était aux abonnés
01:10:35absents
01:10:36et puis quelques semaines
01:10:38une semaine ou deux
01:10:39après
01:10:39j'ai parlé avec ma mère
01:10:40avec qui j'avais
01:10:41un excellent dialogue
01:10:43et elle m'a dit
01:10:44oui je reconnais
01:10:45que je n'étais pas
01:10:47emballée du tout
01:10:49parce que tes soeurs
01:10:50étaient élevées
01:10:50moi
01:10:52on avait acheté
01:10:53cette propriété
01:10:53on avait beaucoup
01:10:54de travail
01:10:55et me replonger
01:10:56dans les couches
01:10:57c'était une catastrophe
01:10:59oui
01:10:59et elle m'a dit
01:11:00à ce moment là
01:11:01mais elle me dit
01:11:01tu sais
01:11:02la vie te réserve
01:11:03des leçons
01:11:04c'est toi
01:11:06que je voulais le moins
01:11:07et c'est de toi
01:11:09dont je suis le plus proche
01:11:11c'est joli
01:11:12c'est joli
01:11:14ce qu'elle vous a dit
01:11:15ça a sûrement
01:11:16j'ai beaucoup d'amour
01:11:18envers ma mère
01:11:19oui oui
01:11:19c'est joli ce qu'elle vous dit
01:11:20parce que ça permet
01:11:21de recréer
01:11:23préparer un peu
01:11:23quelque chose
01:11:24oui
01:11:26ah ben ça
01:11:27ça m'a apaisée
01:11:29ben bien sûr
01:11:30et
01:11:31et j'avoue
01:11:32que jusqu'à la fin
01:11:34de sa vie
01:11:34elle est morte
01:11:34à 92 ans
01:11:36on a toujours eu
01:11:38des échanges
01:11:40plein de tendresse
01:11:41on partait faire
01:11:42du shopping
01:11:43on avait les mêmes goûts
01:11:44le même ressenti
01:11:46c'était quelqu'un
01:11:47qui était un peu artiste
01:11:48ma mère
01:11:50et malheureusement
01:11:51dans ce milieu rural
01:11:52vous voyez bien
01:11:53qu'elle n'a pas pu
01:11:54s'épanouir là-dedans
01:11:56et mon père
01:11:58ne s'est pas bien occupé
01:11:59d'elle
01:11:59c'est quelqu'un
01:12:01un jour
01:12:01elle m'a confié
01:12:03qu'elle ne connaissait pas
01:12:05le plaisir sexuel
01:12:07et elle m'a dit
01:12:08j'espère que
01:12:08parce que moi
01:12:09je lui avais dit
01:12:10que j'avais un nouveau
01:12:10petit copain
01:12:11qu'on avait passé
01:12:12une nuit sympa
01:12:13et elle m'a dit
01:12:14ben je suis contente
01:12:15pour toi
01:12:16parce que moi
01:12:16c'est quelque chose
01:12:17que je ne connais pas
01:12:20je savais que
01:12:21j'avais entendu
01:12:22vous savez malheureusement
01:12:23les murs
01:12:24ne sont pas
01:12:26et j'avais entendu
01:12:27des choses
01:12:28pas toujours très
01:12:30agréables
01:12:30de leur intimité
01:12:33et c'est vrai
01:12:34que
01:12:35pour ma vie de femme
01:12:37elle n'a pas été
01:12:38très dente
01:12:39parce que
01:12:40dès qu'elle me voyait
01:12:41avec des choses
01:12:42un peu sexy
01:12:44ça la gênait
01:12:45c'était
01:12:46quelque chose
01:12:47qui la mettait
01:12:48mal à l'aise
01:12:48vous êtes née
01:12:49en quelle année ?
01:12:51en 57
01:12:51j'ai 69 ans
01:12:53oui oui
01:12:53donc on était
01:12:54dans une époque
01:12:54où la sexualité
01:12:55était totalement
01:12:58cachée
01:12:59c'était
01:13:00très compliqué
01:13:02le monde rural
01:13:03a évolué
01:13:04mais je peux vous dire
01:13:06que les femmes
01:13:07du monde rural
01:13:08elles portent
01:13:10un truc
01:13:10c'est
01:13:12énorme
01:13:13entre
01:13:13qu'on les rabaisse
01:13:15au nom
01:13:16qu'on les limite
01:13:17au rôle
01:13:18de ménagère
01:13:20de gare
01:13:20vous avez raison
01:13:22c'est plus compliqué
01:13:23pour une femme
01:13:24qui est du monde rural
01:13:25de s'autonomiser
01:13:28ça c'est clair
01:13:29mais vous savez
01:13:29aujourd'hui
01:13:30il y a beaucoup
01:13:32de milieux
01:13:32qui vont très très mal
01:13:33les gens ont du mal
01:13:36à finir le mois
01:13:37etc
01:13:38enfin
01:13:39cette époque là
01:13:40j'en suis consciente
01:13:42oui oui
01:13:42mais cette époque là
01:13:43était difficile
01:13:44mais aujourd'hui
01:13:45il y aurait
01:13:46beaucoup de choses
01:13:47quand même
01:13:48aussi
01:13:48à changer
01:13:49et vous savez
01:13:50ce n'est pas
01:13:50les réseaux sociaux
01:13:52qui font que les gens
01:13:52sont reliés
01:13:53les uns aux autres
01:13:55et il y a
01:13:56une solitude
01:13:57une détresse
01:13:58une anxiété
01:13:59qui à mon avis
01:14:01n'arrange pas
01:14:02beaucoup les choses
01:14:03je ne suis pas sûre
01:14:04que ce soit si facile
01:14:05d'être une bonne mère
01:14:05aujourd'hui
01:14:07parce que toutes ces femmes
01:14:08qui élèvent
01:14:09celles leurs enfants
01:14:09et qui sont
01:14:10tout le temps
01:14:11par mons et par vaux
01:14:12pour arriver
01:14:13je fais partie
01:14:14de ce club là
01:14:16moi j'ai été mariée
01:14:18avec un partenaire
01:14:19qui était assez défaillant
01:14:22donc j'ai divorcé
01:14:24moi qui ai pris
01:14:25l'initiative
01:14:26j'ai eu un fils
01:14:27de cette
01:14:28de cette réunion
01:14:30oui
01:14:32et maintenant
01:14:33mes relations
01:14:34et mon fils
01:14:35sont assez compliquées
01:14:37parce qu'il
01:14:37alors on a été
01:14:38très fusionnel
01:14:40jusqu'à son adolescence
01:14:42et maintenant
01:14:44il me reproche
01:14:45d'avoir eu
01:14:46une vie de femme
01:14:48on va dire
01:14:49parce qu'après son père
01:14:51j'ai eu plusieurs amants
01:14:53je n'ai pas refait
01:14:54on n'a pas eu
01:14:56vraiment de vie
01:14:56de couple
01:14:58avec d'autres
01:15:00je n'ai pas eu
01:15:01de couple
01:15:01avec mon fils
01:15:04qui ont duré
01:15:05en tout cas
01:15:06qui nous ont marqué
01:15:08mais
01:15:09il me reproche
01:15:10un petit peu
01:15:11cette
01:15:12cette indépendance
01:15:13que j'ai eu
01:15:14d'être une femme
01:15:15et pas seulement
01:15:16une mère
01:15:16voilà
01:15:17c'est ça
01:15:18c'est ça
01:15:19et
01:15:20et en plus
01:15:21dans ma famille
01:15:22je suis la fille
01:15:23frivole
01:15:24quoi
01:15:24puisque
01:15:26moi j'ai eu
01:15:27plusieurs amants
01:15:29vous avez eu du plaisir
01:15:31Catherine
01:15:33mais oui
01:15:34mais enfin
01:15:34qu'est-ce que ça veut dire
01:15:36parce que j'ai dû bosser
01:15:38là-dessus
01:15:38toute ma vie
01:15:39parce que j'ai en plus
01:15:41été victime
01:15:42d'abus sexuels
01:15:43d'un beau-frère
01:15:44je l'ai dit
01:15:46j'avais 20 ans
01:15:47ma mère
01:15:48m'a soutenue
01:15:49mon père
01:15:50n'a pas bougé
01:15:51enfin
01:15:53ma mère
01:15:54m'a soutenue
01:15:55dans plein de domaines
01:15:57mais vous voyez
01:15:58en finale
01:16:00en finale
01:16:00même si
01:16:02d'ailleurs
01:16:02c'est pas elle
01:16:03qui vous a dit
01:16:03qu'elle avait failli avorter
01:16:05c'est pas elle
01:16:05qui vous l'a dit
01:16:06c'est quelqu'un d'autre
01:16:07donc déjà
01:16:07elle a eu l'intelligence
01:16:08de ne pas vous le dire
01:16:10et ensuite
01:16:10en finale
01:16:11elle n'a pas été si mal
01:16:12que ça
01:16:13cette mère
01:16:14ah mais moi
01:16:15je lui reproche rien
01:16:16oui j'entends bien
01:16:17j'entends bien
01:16:19elle a pu
01:16:20elle a fait ce qu'elle a pu
01:16:21ça c'est clair
01:16:21elle a fait ce qu'elle a pu
01:16:22avec ses moyens
01:16:24oui
01:16:24c'est vrai que mes relations
01:16:26avec les hommes
01:16:26ont été compliquées
01:16:27parce que j'ai eu
01:16:28un exemple familial
01:16:30vraiment pas terrible
01:16:31très conflictuel
01:16:33et que j'ai du mal
01:16:34à formuler
01:16:36mes oppositions
01:16:37ou mes refus
01:16:38auprès des hommes
01:16:40parce que
01:16:42j'ai peur
01:16:42que ça dégénère
01:16:43oui mais c'est peut-être
01:16:44aussi parce que
01:16:45c'est peut-être aussi
01:16:46parce que vous étiez
01:16:47la petite dernière
01:16:48qui n'avait peut-être
01:16:48pas beaucoup droit
01:16:49à la parole
01:16:49et qui était toujours
01:16:51obligée de se taire
01:16:53si j'avais droit à la parole
01:16:55je peux vous dire
01:16:55je l'ai pris
01:16:57j'étais très révoltée
01:16:59oui mais vous avez eu
01:17:00des exemples d'hommes
01:17:01entre votre père
01:17:02et votre oncle
01:17:05ou votre beau-frère
01:17:05je ne sais plus
01:17:07vous avez eu
01:17:08des hommes
01:17:09qui ne vous ont pas donné
01:17:10envie d'avoir confiance
01:17:13et surtout
01:17:14des hommes
01:17:14où vous vous êtes dit
01:17:15il ne faut pas aller au conflit
01:17:16sinon ça va mal
01:17:17se terminer pour moi
01:17:18donc c'est sûr
01:17:20que ça a été compliqué
01:17:22j'ai beaucoup de mal
01:17:23à faire confiance
01:17:24bien sûr
01:17:27bon
01:17:27ma vie n'est pas terminée
01:17:29mais bon
01:17:29elle est plus derrière
01:17:31que devant
01:17:31vous faites confiance
01:17:32à votre fils
01:17:35oui
01:17:36ça s'apaise maintenant
01:17:37mais
01:17:39je crois que ça va être
01:17:40compliqué aussi
01:17:41de ce côté là
01:17:42mais il faut qu'il grandisse
01:17:43et qu'il se positionne
01:17:46maintenant en adulte
01:17:47face à sa mère
01:17:49et pas en petits gardiens
01:17:51qui est jaloux
01:17:53des compagnons
01:17:54de sa mère
01:17:55là il faut
01:17:56qu'il devienne adulte
01:17:57et quand il sera adulte
01:17:58ça s'arrangera
01:17:59c'est à chacun
01:18:00de faire sa part
01:18:02les papas
01:18:04j'adore mes petits-enfants
01:18:06mais avec ma belle-fille
01:18:07c'est compliqué
01:18:08et on me prive
01:18:11et on me prive un peu
01:18:11de mes petits-enfants
01:18:13et on les prive aussi
01:18:15de leur grand-mère
01:18:16mais oui
01:18:17donc chaque génération
01:18:19a son chemin
01:18:22à son lot
01:18:24et bien continuez le vôtre
01:18:25Catherine
01:18:26et merci beaucoup
01:18:27de votre témoignage
01:18:28bon courage
01:18:28on va faire une petite pause
01:18:30et on va conclure
01:18:30avec Alex
01:18:31qui n'a pas été désirée
01:18:32et qui a envie
01:18:33de parler aussi
01:18:40Nous sommes avec Hélène Vecchiali
01:18:42vous êtes psychanalyste
01:18:43et évidemment
01:18:45notre premier amour
01:18:47c'est notre mère
01:18:47et ça nous marque
01:18:49ça nous marque à vie
01:18:50quoi qu'il se passe
01:18:52quoi qu'il se soit passé
01:18:53c'est toujours important
01:18:54et peut-être que cette émission
01:18:55aura aidé
01:18:56tous ceux qui nous écoutent
01:18:57à faire un peu la paix
01:19:00parce qu'on a forcément
01:19:01toujours des choses
01:19:02qu'on n'a pas eues
01:19:03qu'on aurait aimé avoir
01:19:04enfin je pense
01:19:05qu'on n'est jamais
01:19:06totalement comblé
01:19:07Oui puisque une mère
01:19:08comme on le disait
01:19:10en début de temps
01:19:11une mère suffisamment bonne
01:19:12ça ne veut pas dire
01:19:13une mère parfaite
01:19:14ça veut dire
01:19:15qu'il y a plus de bonnes choses
01:19:16que de choses négatives
01:19:19Alex est avec nous
01:19:20pour conclure
01:19:21bonjour Alex
01:19:22Bonjour Hélène
01:19:23bonjour Brigitte
01:19:24bonjour Alex
01:19:26Donc oui
01:19:27sur mon parcours
01:19:28en fait
01:19:28j'ai une enfant
01:19:30que j'ai trouvé
01:19:31plutôt très très agréable
01:19:33parce que donc
01:19:33je suis un enfant
01:19:34non désiré
01:19:35caché
01:19:36parce que ma mère
01:19:36elle était
01:19:37directrice d'école
01:19:38donc dans cette génération-là
01:19:40il fallait que ça soit
01:19:41des longues
01:19:42et je l'ai su
01:19:43à 40 ans
01:19:44en fait
01:19:44et ma mère
01:19:45s'est confiée
01:19:45à mon épouse
01:19:47alors attendez
01:19:47vous étiez donc
01:19:49j'ai pas compris
01:19:50ce que
01:19:52en fait
01:19:53j'étais un enfant
01:19:53non désiré
01:19:54non voulu
01:19:55et j'ai su
01:19:56que ce relâche
01:19:57de 40 ans
01:19:57parce que ma mère
01:19:58s'est confié
01:19:58à mon épouse
01:19:59et mon épouse
01:19:59pensait que j'étais
01:20:00au courant
01:20:01d'accord
01:20:01mais vous étiez
01:20:02élevé par votre mère
01:20:04non
01:20:05ah d'accord
01:20:06et par qui
01:20:06vous étiez élevé
01:20:07alors
01:20:07ben tout seul
01:20:09comme un grand
01:20:10oui enfin
01:20:11vous étiez
01:20:12vous habitiez où ?
01:20:13ben j'habitais
01:20:14j'habitais quand même
01:20:15chez mes parents
01:20:16c'est ça
01:20:17vous habitiez chez vos parents
01:20:17oui
01:20:18d'accord
01:20:19mais vous n'avez
01:20:20enfin vous avez le sentiment
01:20:21de ne pas avoir été
01:20:23aimé
01:20:25pas du tout
01:20:25non
01:20:25enfin elle vous a quand même
01:20:27donné le biberon
01:20:28et habillé
01:20:29quand vous étiez bébé
01:20:31ben je m'habillais
01:20:32avec les habits
01:20:33de mon grand frère
01:20:33qui avait 10 ans de plus
01:20:34oui d'accord
01:20:34mais pas
01:20:35à 6 mois
01:20:36ça m'étonnerait
01:20:37oui
01:20:38par contre j'ai pas
01:20:38les mémoires
01:20:40voyez ce que je veux dire
01:20:41il faut faire attention
01:20:42j'entends ce que vous dites
01:20:44et j'entends
01:20:45et j'entends
01:20:46ce que ça a dû être
01:20:47quand votre
01:20:47votre femme
01:20:48vous a raconté
01:20:50ce que votre mère
01:20:51a dit à votre femme
01:20:52mais
01:20:53mais
01:20:54il y a
01:20:55après je ne sais pas
01:20:57comment
01:20:58elle s'est occupée de vous
01:20:59quand vous étiez
01:20:59tout enfant
01:21:00mais visiblement
01:21:02elle a quand même
01:21:02elle a quand même
01:21:03fait le minimum
01:21:04si je puis dire
01:21:05oui oui certainement
01:21:07oui
01:21:07non mais c'est
01:21:08c'est important
01:21:09parce que
01:21:09non mais Alex
01:21:11c'est important
01:21:11parce qu'on a peut-être
01:21:12des gens qui nous écoutent
01:21:13et qui ont été
01:21:15orphelins
01:21:15qui ont été
01:21:16enfin vous voyez
01:21:17c'est pas
01:21:19oui
01:21:19est-ce que
01:21:21oui
01:21:22est-ce que
01:21:22ce que vous dites
01:21:23rejoint ce que j'ai dit
01:21:25au début de l'émission
01:21:26à savoir
01:21:28que
01:21:28en fait
01:21:29elle vous a donné
01:21:30les soins
01:21:33obligatoires
01:21:33minimum
01:21:34pour un enfant
01:21:35mais
01:21:36en dehors de ça
01:21:37il n'y avait pas de lien
01:21:38quoi
01:21:38il y avait
01:21:39elle vous ignorait
01:21:40ah complètement
01:21:41oui oui
01:21:42complètement
01:21:42oui
01:21:42donc c'est ça
01:21:43c'est le concept
01:21:45de traumatisme
01:21:46du non-advenu
01:21:47c'est-à-dire que
01:21:48vous aviez droit
01:21:49quand même
01:21:49de l'amour
01:21:50de l'attention
01:21:51mais vous ne l'avez pas eu
01:21:52il y avait du vide
01:21:53quoi
01:21:54oui c'est ça
01:21:55et il y avait un père
01:21:56vous aviez un père
01:21:57qui était présent
01:22:08et votre frère aîné
01:22:12il avait lui
01:22:13des liens
01:22:13des vrais liens
01:22:14avec moi
01:22:15non avec
01:22:16avec sa mère
01:22:17ah oui
01:22:18c'était un enfant
01:22:20chouchouté
01:22:20tout se passait bien
01:22:22ça avait été
01:22:23une belle réussite
01:22:24un bel exemple
01:22:25ah oui
01:22:25donc vous
01:22:26vous étiez témoin
01:22:27de ce lien
01:22:27auquel vous n'avez pas eu droit
01:22:29oui ça c'est terrible
01:22:30ce que vous racontez
01:22:31cela dit
01:22:31je ne suis pas sûre
01:22:31que votre frère aille mieux
01:22:34il est décédé
01:22:35assez jeune
01:22:36mais il a passé
01:22:38une belle vie
01:22:40et il était très
01:22:41très bienveillant
01:22:42pour moi
01:22:42il a été gentil avec vous
01:22:45ça ça a dû faire du bien
01:22:46réparer un petit peu
01:22:47quelque chose
01:22:47parce que là
01:22:48ce qu'on a l'impression
01:22:49mais encore une fois
01:22:50c'est peut-être pas vous
01:22:52qui pouvez nous le répondre
01:22:53et moi c'est qu'une impression
01:22:55c'est que votre mère
01:22:56elle a eu son premier enfant
01:22:58c'était son petit chéri
01:23:00et puis après
01:23:02ça n'avait plus aucun intérêt
01:23:03quoi
01:23:04oui puis après
01:23:05après pour elle
01:23:06quand j'étais adolescent
01:23:08je représentais
01:23:08à son oiseau
01:23:09à ses yeux
01:23:09l'image de son ex-mari
01:23:11ah oui
01:23:12vous ressembliez à votre père
01:23:14oui
01:23:14voilà
01:23:15dans le tempérament
01:23:16et dans le physique
01:23:16donc ah bah
01:23:17qu'est-ce que tu ressembles
01:23:17à ton père
01:23:18c'était les seules mots
01:23:20que je pouvais entendre
01:23:21de sa bouche
01:23:22et qu'est-ce que ça a eu
01:23:23comme impact
01:23:24sur votre vie d'adulte
01:23:25et votre vie amoureuse
01:23:30quand je l'ai su
01:23:31ça ne m'a pas surpris
01:23:31du fait de mon attitude
01:23:33adolescente
01:23:34où j'étais un électron libre
01:23:35en fait
01:23:35où j'étais insupportable
01:23:36violent
01:23:37etc
01:23:38ça ne me choquait pas
01:23:40comme ça que je fonctionnais
01:23:44par contre
01:23:45j'étais trop
01:23:46trop virulent
01:23:47ça c'est une évidence
01:23:48et c'est l'expérience
01:23:50qui m'a fait comprendre
01:23:51que ça n'allait pas
01:23:53et j'ai démarré
01:23:54mon premier boulot
01:23:55à 18 ans
01:23:55dans le milieu de la nuit
01:23:56dans la sécurité
01:23:57en discothèque
01:23:58etc
01:23:59et c'est l'exemple
01:24:00d'adultes
01:24:01qui avaient réussi
01:24:02qui m'ont donné
01:24:03une explication
01:24:03qu'il fallait que je
01:24:04rende dans le cadre
01:24:06quoi
01:24:07alors ce qui était important
01:24:08je vais me permettre
01:24:09de le dire
01:24:09vous me direz
01:24:10si je me trompe
01:24:10bien sûr Alex
01:24:11mais souvent
01:24:12chez des hommes
01:24:13qui ont manqué
01:24:14d'amour maternel
01:24:15il peut y avoir
01:24:16une pulsion sexuelle
01:24:19un petit peu développée
01:24:20pour aller chercher
01:24:21de l'amour
01:24:22par là quoi
01:24:23ça s'appartit
01:24:24depuis très très jeune
01:24:25oui
01:24:26c'est ça
01:24:27très très jeune
01:24:28j'ai toujours tout vite
01:24:28multiplié les gestions
01:24:30et encore maintenant
01:24:32oui
01:24:32dès que vous avez pu
01:24:34avoir des relations sexuelles
01:24:35il fallait
01:24:35c'était une façon
01:24:37pour vous
01:24:37d'aller chercher
01:24:38du maternel
01:24:38enfin au sens
01:24:40symbolique
01:24:40dès le collège
01:24:41j'avais déjà
01:24:41deux trois fiancés
01:24:42etc
01:24:43il y a souvent
01:24:44des noiselles
01:24:45plutôt très cultivées
01:24:46très jolies
01:24:47très cultivées
01:24:47très jolies
01:24:48oui
01:24:49et peut-être
01:24:50beaucoup de violence
01:24:51en vous
01:24:51et de colère
01:24:53ça s'est un peu calmé
01:24:55mais c'est toujours présent
01:24:55le déconchatouille
01:24:57la réponse est directement
01:24:58la violence
01:24:59oui
01:25:00mais c'est ça aussi
01:25:01quand il y a du sexe
01:25:04ça calme un peu
01:25:05la violence
01:25:06et c'est pas plus mal
01:25:07c'est à dire que
01:25:08si vous n'aviez pas eu
01:25:09toute cette vie sexuelle
01:25:10peut-être que vous seriez
01:25:11devenu beaucoup plus violent
01:25:12encore
01:25:13d'accord
01:25:14bon bah tant mieux
01:25:17mais non mais
01:25:17à partir du moment
01:25:18où vous avez été
01:25:19avec des femmes
01:25:19qui étaient consentantes
01:25:20il n'y a pas de problème
01:25:21enfin je veux dire
01:25:22j'ai pas dit que vous étiez
01:25:24violent avec les femmes
01:25:25pas du tout
01:25:26alors c'est que l'inverse
01:25:27c'est que l'inverse
01:25:29vous cherchiez
01:25:31vous parliez de votre femme
01:25:32donc ça veut dire
01:25:33que maintenant
01:25:34vous êtes apaisé
01:25:37alors moi quand je disais
01:25:38oui
01:25:38elle a su m'apaiser
01:25:39elle a su m'apaiser
01:25:40même si on n'est plus ensemble
01:25:41c'était
01:25:42oui c'est quelqu'un
01:25:43qui sait qu'elle a toujours su
01:25:44elle est toujours présente
01:25:45d'ailleurs
01:25:45dans les moments durs
01:25:47etc
01:25:47elle est toujours là
01:25:48et c'est à peu près
01:25:49la seule qui fait me canaliser
01:25:50justement par rapport à l'avenir
01:25:51on sait que c'est tout ça
01:25:54elle est toujours présente
01:25:55oui
01:25:56et pourquoi vous êtes séparés
01:25:57alors s'il est si bien ?
01:26:00il y a eu pas mal de choses
01:26:02et puis
01:26:02c'est une accumulation de détails
01:26:04au moment de rester
01:26:05comme 20 ans ensemble
01:26:06ah oui c'est bien
01:26:07oui oui 20 ans
01:26:09on a créé un patrimoine
01:26:10on est parti de tous les deux
01:26:11de rien du tout
01:26:12non non 20 ans
01:26:12il n'y a rien à dire
01:26:13non non mais Alex
01:26:14il n'y a rien à dire
01:26:15il faut à un moment aussi
01:26:16se rendre compte
01:26:17qu'en 20 ans
01:26:18on évolue
01:26:18et on peut
01:26:19on peut aller
01:26:20on peut s'être
01:26:22éloigné
01:26:24et moi
01:26:24moi je considère
01:26:25que quand on a vécu
01:26:26plus de 15-20 ans ensemble
01:26:28on a vécu une histoire
01:26:30bien sûr
01:26:31surtout si vous êtes encore
01:26:33en bon terme
01:26:34c'est que
01:26:34c'est qu'il y a eu
01:26:54tous les deux
01:26:55parce que ça faisait une semaine
01:26:56mais je me rappelle
01:26:56chez Rachel
01:26:57elle a vu que j'avais
01:26:58une nouvelle petite fiancée
01:26:59qui est passée
01:27:00à notre domicile
01:27:01qui ont une conscience
01:27:01ensemble
01:27:02donc là on a fait croire
01:27:03qu'elle est en vacances
01:27:04puis on a fait
01:27:06quelques jours
01:27:06puis je l'appelle
01:27:07et puis finalement
01:27:08elle est au travail
01:27:09enfin vraiment
01:27:09on est toujours
01:27:10un peu nous
01:27:12il reste un lien
01:27:13un lien fort
01:27:15oui
01:27:16moi je me découvre
01:27:17moi j'ai changé
01:27:18je me suis apaisé
01:27:19au jour
01:27:20mon coeur
01:27:20je lui dis des mots
01:27:22que je ne disais pas
01:27:23quand on était mariés
01:27:23de sentiments etc
01:27:25parce que pour moi
01:27:25c'était impossible
01:27:27d'exprimer
01:27:27bien sûr
01:27:29et là
01:27:30le fait que j'ai changé
01:27:31depuis quelques temps
01:27:31suite une rencontre
01:27:32avec une culture
01:27:33d'une femme étrangère
01:27:34qui m'a appris
01:27:35à parler
01:27:36à s'apaiser etc
01:27:38je l'applique avec elle
01:27:39et c'est vrai
01:27:40que ça la perd
01:27:42vous voyez Alex
01:27:44votre témoignage
01:27:44montre bien
01:27:45qu'on peut évoluer
01:27:47on peut changer
01:27:49on peut grandir
01:27:51et que tout n'est pas joué
01:27:52avant 3 ans
01:27:53exactement
01:27:54même si on part
01:27:55avec un handicap
01:27:55on peut vraiment
01:27:57faire quelque chose
01:27:58et votre témoignage
01:27:59en est bien la preuve
01:28:00merci Axel
01:28:01merci beaucoup
01:28:02on va remercier aussi
01:28:03beaucoup Hélène Vecali
01:28:04pour tout cet éclairage
01:28:05et puis je rappelle
01:28:07qu'on peut lire
01:28:08Hélène Vecali
01:28:09tous ses livres
01:28:10sont formidables
01:28:11et d'ailleurs
01:28:12le premier
01:28:12avait été un succès
01:28:13phénoménal
01:28:14puisque c'était
01:28:15mettre les pervers
01:28:16échecs et maths
01:28:17c'était pas le premier
01:28:18c'était le quatrième
01:28:20ou cinquième
01:28:21le premier c'est un
01:28:21six soit-il
01:28:22écrit au pluriel
01:28:24un hommage aux hommes
01:28:26rappelons-le
01:28:26parce qu'à l'époque
01:28:27c'était très avant-gardiste
01:28:28vous écrivez toujours
01:28:29les livres un peu en avance
01:28:30d'ailleurs je trouve
01:28:31peut-être
01:28:32ce qui est votre talent
01:28:32merci
01:28:34tout de suite
01:28:35on retrouve
01:28:37Alexandre
01:28:37pour
01:28:38c'est votre avenir
01:28:39et puis demain
01:28:41nous serons avec
01:28:41Philippe Arlin
01:28:42et on va se poser
01:28:43la question essentielle
01:28:44quelle est l'importance
01:28:46de la taille du sexe ?
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