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  • il y a 11 heures
Avec Yann Rivoallan, président de la Fédération Française de Prêt à porter

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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-06-18##

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Transcription
00:00Alors, est-ce que Chine a tué le BHV ? Nouveau rebondissement dans le débat, le combat.
00:07L'emblématique magasin parisien renonce à ce partenariat extrêmement controversé avec la marque d'Ultra Fast Fashion.
00:14Peut-être un point avant de parler de la loi, du projet de loi, Félix Petrieux ?
00:18Oui, parce que ça avait beaucoup choqué ce partenariat entre le BHV parisien et Chine.
00:23Ça avait fait fuir les autres marques, ça avait fait fuir les clients aussi.
00:27Résultat donc, la société des grands magasins a mis en vente à prix négatif son BHV, son bien nommé, si
00:33j'ose dire, bazar de l'hôtel de ville.
00:36C'est-à-dire revendu à perte, le Chine devrait disparaître des rayons parisiens, en tout cas d'ici Noël.
00:41Parce que pour le moment, les autres BHV ne seraient pas concernés dans les autres villes, ils ne seront pas
00:46revendus.
00:46Ils devraient même continuer ce partenariat, pour le moment en tout cas avec Chine.
00:51Pourtant, cette expérimentation, ça a été une erreur stratégique, reconnaît aujourd'hui le directeur général sur le départ,
00:56Karl-Stéphane Cotandin, le BHV qui a un peu dégradé son image avec une marque Chine accusée de tuer le
01:03commerce français.
01:04Bon, reste à voir si cette débandade va faire jurisprudence en matière de patriotisme économique, de choix commerciaux.
01:11À Paris, la tentation Chine n'a donc pas semblé fonctionner pour le moment.
01:15Alors pourtant, la France a battu un record l'année dernière, les chiffres sont sortis hier soir.
01:2043 vêtements neufs achetés par personne en moyenne l'an dernier en France, 43 vêtements neufs.
01:25Ce sont au total 3,6 milliards de vêtements neufs en 2025, 3,6 milliards.
01:30Autrement dit encore, ça fait quand même 10 millions de vêtements neufs vendus chaque jour dans notre pays l'année
01:35dernière.
01:35Je vous ai vu hausser les sourcils.
01:38Alors je rappelle que vous êtes avec nous, Yann Riveau-Hallant, président de la Fédération française du prêt-à-porter.
01:42C'est beaucoup quand même ? Alors c'est quoi ces vêtements neufs ?
01:45Alors c'est beaucoup de vêtements neufs qui sont vendus.
01:47Et en même temps, c'est une marque qui tombe ou qui est en dressement judiciaire toutes les semaines.
01:52Donc pour comprendre l'explication, c'est assez simple.
01:54C'est Chine, Temu et encore toutes les autres plateformes qui vendent des produits de très faible qualité,
01:59majoritairement en polyester à 80%.
02:01Et toute la croissance et tout ce volume se fait à cause d'eux.
02:05Et donc de ce fait, c'est non seulement une catastrophe en termes d'emploi en France...
02:08Non, non, à cause de vous, parce que vos prix sont trop chers.
02:11C'est à cause de vous, c'est pas à cause d'eux.
02:13C'est parce que vous vendez des choses à 25 euros et qu'on les trouve à 5 euros,
02:16ou à 30 euros et qu'on est mal accueilli dans les magasins.
02:19Bonjour monsieur, est-ce que vous l'avez en bleu ?
02:22Oh, je ne sais pas, je vais aller voir, je ne suis pas sûr.
02:24Vous êtes un peu heureux, parce que moi j'ai fait quelques magasins, j'étais très bien accueillie.
02:28Ah, vous savez que je joue l'avocat du tien.
02:30Sinon, il n'y a pas de débat, de discussion.
02:32Non, mais je pense que c'est vendeur, c'est juste ça, c'est pas...
02:35La vraie question, c'est est-ce qu'on a envie de porter des vêtements en plastique ?
02:39Est-ce qu'on a envie d'avoir des produits qui sont hors normes ?
02:41Est-ce qu'on a envie d'avoir des produits qui sont dangereux ?
02:43Est-ce qu'on a envie d'exploiter les gens ?
02:45Est-ce qu'on a envie de détruire la planète ?
02:47Oui, si on fait tout ça, on arrive à avoir un t-shirt à 3 euros.
02:51Oui, si on passe par ces plateformes, on exploite les gens, on détruit la planète,
02:55et surtout, on met sa santé en danger.
02:58Donc là, c'est le choix, en effet, pour habiller des personnes qui ont peu de pouvoir d'achat,
03:02et c'est une honte de leur faire croire que la seule solution chez Chine ou encore Tému.
03:06Parce que dans les magasins, ils ont de l'éthique, vous ne pensez pas que ça vient de Chine aussi
03:09?
03:09Mais il n'y a aucun rapport entre la provenance directe et la qualité.
03:15C'est-à-dire ?
03:16Je vais prendre par exemple un pull en cachemire de très grande qualité.
03:19Ça peut venir de Chine aussi.
03:21On peut avoir des produits qui viennent d'Inde, qui peuvent être aussi d'extrêmement bonne qualité.
03:25Le point, et le premier, c'est la matière.
03:28Quand on a un vêtement en polyester, on le sait, on ne porte que du plastique sur soi.
03:33Deux, quand on passe par Chine, ça passe directement du petit atelier exploité, directement chez nous.
03:40Donc de ce fait, il n'y a aucun contrôle sur la qualité.
03:43Dès que ça passe par un magasin, il y a un contrôle qui est effectué,
03:47et la DGCCRF qui peut y aller pour aussi faire des contrôles,
03:49ce qu'ils font d'ailleurs de façon extrêmement forte sur les marques françaises.
03:52Et donc le point, oui évidemment, on doit donner des produits de qualité aux français à un bon prix.
03:58On peut en trouver tous les jours sur les plateformes de seconde main,
04:01parce que les prix sont largement plus faibles.
04:03Mais à ce moment-là, il faut acheter du coton, il faut acheter de la laine,
04:06et il faut acheter des marques justement qui sont homologuées,
04:09qui ont justement une vraie empreinte, pas celle de Chine et Témus.
04:12Mais en même temps, le phénomène est tel que, je rejoins Gilles,
04:15ça ne peut pas être que des gens au faible pouvoir d'achat.
04:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a un comportement d'achat
04:20qui ne touche pas seulement les gens qui disent
04:23« je n'ai pas les moyens d'acheter autre chose, il suffit de se promener à Paris ».
04:26Le nombre de boutiques aujourd'hui fermées, on l'avait évoqué la dernière fois avec vous,
04:30est absolument sidérant.
04:31C'est en effet, d'ailleurs, un nombre de marques astronomiques
04:35qui sont en train de tomber les uns après les autres,
04:36et surtout en termes d'emplois.
04:38Il y a près de 20 000 emplois qui ont détruit en l'espace de 3 ans.
04:41Donc de ce fait, oui, il faut forcément se protéger.
04:43Et après, comprendre comment on peut aussi bien s'habiller.
04:46Je parlais des matières en seconde main, mais il y a aussi une autre vision qu'on peut avoir.
04:50Si j'achète un jean très cher, par exemple, chez Atelier Tufferie, qui va coûter 120 euros.
04:56L'avantage, c'est que la qualité de ce jean permet de le mettre, grosso modo,
05:0010 fois plus de temps qu'un jean chine.
05:02Et donc, on a un produit qui vaut 120 euros, mais qui est fabriqué en France,
05:06qui crée des emplois en France, qui est dans une matière extraordinaire,
05:09et qui est portée 10 fois plus longtemps.
05:11Je n'ai pas envie de le garder 10 ans, j'ai envie qu'il soit à la mode.
05:13J'ai envie d'avoir le nouveau jean avec une nouvelle couleur.
05:19C'est moi le mec qui connaît plus la mode que vous, je me permets.
05:23Si vous voulez être à la mode, vous mettez justement un jean qui a été porté longtemps,
05:27qui a été limé et qui est beaucoup plus beau.
05:29Parce que c'est comme le vin, si on veut avoir un beau jean,
05:32il faut justement le porter longtemps, il se fait à votre cul,
05:35il se fait à votre matière et il prend un vrai véritable style.
05:38Au lieu d'un jean en plastoc, justement, qui vient de chez Chine.
05:41Oui, mais alors, on va revenir sur peut-être l'aventure du BHV.
05:46Donc, énorme erreur stratégique de la part du dirigeant Frédéric Merlin.
05:51Ça a coulé le magasin complètement.
05:53Le seul truc que c'est vend de Frédéric Merlin, c'est du pipeau.
05:58Clairement, là, par contre, sur ça, il est très fort.
06:00Parce que depuis le début, il ne nous vend que des mensonges.
06:04Premièrement, il doit des millions aux marques.
06:06Ce n'est pas quelques millions, c'est des dizaines de millions qu'il leur doit.
06:10Aux marques, vous voulez dire celles qui étaient installées au bazar de l'hôtel de ville ?
06:14Enfin, ceux qui sont partis, Disney.
06:16En fait, c'est tout le monde.
06:17En fait, c'est de tout le monde à celui qui lui a apporté du papier toilette.
06:21Parce qu'il n'y a plus personne, maintenant, qui vient nettoyer les toilettes du BHV.
06:26C'est les employés qui sont obligés de le faire.
06:28Donc, oui, c'est quelqu'un qui, un, est un piètre gestionnaire,
06:31qui est un menteur parce qu'il a menti à tout le monde et il doit de l'argent à
06:35tout le monde,
06:36qui a décidé de faire ce partenariat de la honte avec Chine.
06:39Et c'est en faisant ce partenariat qu'il a encore plus fait tomber cet hémicycle
06:44qui, justement, allait mal à cause de lui.
06:45Et, en effet, il lui a donné, en fait, le dernier coup de poignard
06:50pour désormais étangler tous les gens qui y travaillent,
06:53qui subissent, justement, sa mauvaise gestion.
06:56Et le meilleur réflexe qu'il a pu trouver, c'est de prendre un repreneur qui est son équipe.
07:01Donc, imaginez qu'il y a un repreneur qui est, en fait, celui qui a été sous vous pendant des
07:05années.
07:06Et vous lui dites, allez, maintenant, tu vas reprendre la boîte.
07:09On n'a aucune idée de cette véritable reprise parce qu'il n'y a pas de statut.
07:13On ne sait pas s'il y a de l'argent.
07:14Et, grosso modo, je pense que c'est juste un sbire qui, derrière, va essayer de reprendre le truc.
07:19Il va falloir tomber encore plus vite.
07:20Alors, on a un auditeur, Serge, qui voulait réagir.
07:22Bonjour, Serge.
07:23Bonjour.
07:24Bonjour.
07:25Oui, je vous écoute avec attention.
07:27C'est très intéressant.
07:28Donc, je vais intervenir.
07:30Est-ce que, parce qu'en fait, tout ça, c'est bien opaque.
07:33Est-ce qu'en fait, Chine a accusé le coup avec l'histoire des poupées et le BHV avec ?
07:39Le BHV où, moi, je ne me rends plus parce que, depuis que Mme Hidalgo a interdit à ce que
07:44les voitures particulières puissent passer devant le BHV,
07:47ben, moi, je n'y vais plus.
07:48Parce que si c'est pour aller au BHV, après, prendre un taxi ou passer par le métro avec un
07:53gros paquet, etc., ben, c'est la mort.
07:55Donc, moi, je n'y vais plus.
07:56Donc, je trouve que le BHV, en fait, il subit et à la fois la politique désastreuse de la mairie
08:05de Paris,
08:05et puis aussi les choix stratégiques, comme bien dit le monsieur, les choix stratégiques qui sont mauvais.
08:11Mais vous, au-delà des problèmes d'embouteillage et autres accès,
08:16le fait que le BHV se soit allié à cette marque, ça vous a aussi heurté ?
08:23Et vous vous êtes dit, je ne vais pas donner mon argent à ce magasin ?
08:26Alors, en fait, ça ne m'a pas vraiment heurté, franchement.
08:30L'idée, c'est que c'est un magasin, bazar de l'hôtel de ville, donc c'est un bazar,
08:33ils vont de tout.
08:35Ce que je trouve déplorable, c'est que le service marketing n'a pas feuilleté tout le catalogue Chine
08:41pour voir qu'il y avait des produits qui n'étaient pas compatibles avec la législation française
08:50et qui pouvaient aussi contre-danser les marques qui sont déjà installées au BHV.
08:58Comme disait le monsieur, si vous avez des jeans qui se vendent à 15 euros au BHV
09:02et des autres qui se vendent à 150 euros,
09:05eh bien alors, on va peut-être avoir tendance à acheter celui à 15 et peut-être pas celui à
09:10150.
09:11Donc, il y a de la concurrence interne.
09:13Je trouve que c'est un peu, soit on fait un équilibrage en disant,
09:19on vend des choses qui sont à peu près le même prix et à peu près la même qualité
09:23avec des marques qui soient reconnues,
09:25d'autant que les marques françaises, comme l'a rappelé le monsieur,
09:28elles souffrent beaucoup.
09:29Quand on n'a appris que Camailleux, Nafnaf, etc., c'est compliqué.
09:34Je pense qu'il faut aider les sociétés françaises.
09:36Mais est-ce que vous avez le réflexe de regarder les étiquettes,
09:39de connaître la matière et la provenance de ce que vous portez ?
09:43La provenance, oui.
09:44Vous regardez forcément l'étiquette quand vous achetez un t-shirt ?
09:48Oui.
09:51Je regarde où c'est fait, mais non seulement pour les vêtements,
09:55mais aussi, alors c'est pas le même coup de gueule,
09:58mais aussi pour les fruits et légumes,
10:00où je trouve dans les boutiques où je vais,
10:03il n'y a que des produits espagnols.
10:05On se demande où sont les agriculteurs français.
10:08Oui, oui, il y en a encore,
10:10mais c'est vrai que sur les fabrications de vêtements,
10:13et moi je retiens ce que vous avez dit, Yann Riveau-Allan,
10:16c'est aussi, c'est pas parce que des produits viennent de Thaïlande ou d'Inde
10:19que ce sont de mauvais produits.
10:21Il y a des différences de qualité,
10:23et ça il faut bien le garder en tête.
10:25On va y revenir dans un instant,
10:26et puis on va parler de la loi fast fashion,
10:28cet accord trouvé entre députés et sénateurs
10:30qui pourrait changer un certain nombre de choses.
10:33Merci à notre auditeur Serge de nous avoir appelé ce matin.
10:35Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Expert.
10:47Et nous parlons fast fashion,
10:50ou plutôt, comme on dit en français, mode express.
10:56Avec vous ce matin, Yann Riveau-Allan,
10:59suite à cet accord trouvé entre députés et sénateurs,
11:02alors la loi n'est pas encore passée,
11:03mais Félix Mathieu, peut-être que vous pouvez nous dire quelques mots
11:05sur ce projet de loi.
11:07Hier soir, les députés et les sénateurs
11:09se réunissaient en commission mixte paritaire
11:11pour essayer de se mettre d'accord sur une proposition de loi
11:13pour voir comment viser en particulier ce qu'on appelle l'ultra fast fashion.
11:18Parce qu'il va y avoir, donc l'idée,
11:19ce serait de mettre un malus sur l'ultra fast fashion,
11:22mais l'objectif, c'était que ça puisse viser Temu ou Shein,
11:26mais pas des marques de prêt-à-porter comme Kiabi ou H&M.
11:31Donc pour ça, il fallait trouver le bon équilibre dans les termes.
11:35Donc les sénateurs et les députés se sont mis d'accord hier soir
11:39pour deux critères qui se cumuleraient grosso modo
11:42pour définir ce qu'est vraiment l'ultra fast fashion,
11:45celle qui serait visée par ce malus, par ces taxes.
11:47Il y aurait d'une part la largeur de la gamme,
11:50donc à savoir si vous avez des centaines,
11:52des milliers de références nouvelles en permanence.
11:55C'est l'un des deux indices pour dire que là,
11:57on est sur de l'ultra fast fashion.
11:59Et puis un coefficient de réparabilité,
12:02c'est-à-dire qu'on fait une sorte de rapport
12:04entre le prix de la réparation et le prix de vente neuf
12:07pour voir si grosso modo c'est un vêtement
12:09qui va être très vite bon à jeter
12:11ou si c'est un vêtement qu'on peut potentiellement réparer.
12:15Et avec ces deux critères,
12:16les députés et les sénateurs voudraient qu'on puisse
12:18comme ça cibler idéalement Chine, Temu
12:21et épargner les marques de prêt-à-porter
12:23qu'on voit dans les magasins en France.
12:25Oui, alors cette loi que vous espérez,
12:28que vous souhaitez, qu'est-ce qu'elle va changer ?
12:31Alors en soi, c'est une très grande victoire.
12:33Mais il y a des mets.
12:35Le 1er mai, c'est qu'il n'y a pas encore de décret
12:38et donc de ce fait, elle n'est toujours pas effective
12:40et on peut connaître la lenteur législative
12:42et on sait aussi les problèmes politiques actuellement.
12:45Donc pour l'instant, tant que je n'ai pas vu la loi appliquée,
12:48j'attends vraiment.
12:49N'oublions pas que cette loi,
12:50elle a été votée à l'unanimité il y a deux ans
12:53à l'Assemblée nationale et il y a un an au Sénat.
12:55Donc on a quand même encore un peu de patience à mon avis
12:58avant de le voir.
12:59Le deuxième, c'est qu'il y a beaucoup de choses
13:02qui vont être décidées par décret.
13:04Quels sont véritablement les critères ?
13:05C'est les décrets qui vont les donner.
13:07Donc à quel moment Chine est émue
13:10et les autres vont être touchés ?
13:11Pour l'instant, je ne sais pas non plus.
13:13Donc on a besoin d'avoir en effet ces critères.
13:16Ils auraient pu être mis dans la loi.
13:17On a décidé de ne pas la mettre
13:19pour des raisons aussi d'agilité vis-à-vis de ces plateformes.
13:22Mais tant que ces points ne sont pas déterlimités,
13:26on ne sait pas si ça va marcher.
13:28Et le troisième, c'est qu'il y a quand même un pas de côté
13:31qu'on aurait peut-être pu avoir pour le Made in France
13:34pour aussi des produits de meilleure qualité.
13:36C'est tout le point sur la récapabilité.
13:38C'est-à-dire, des produits de qualité, on les a en France.
13:41Ils sont aussi plus chers.
13:42Et cette loi aurait pu les aider de façon plus forte.
13:45Et donc il va falloir avoir un nouveau combat
13:47pour aider ces marques justement,
13:49pour aider la qualité française et la qualité européenne.
13:51Et ça, c'est un prochain combat qu'on va devoir lancer.
13:53Là, dans ce qui est prévu,
13:55c'est l'interdiction de la publicité,
13:57vous nous disiez avant l'émission.
13:59Alors ce point est majeur.
14:00Et sur cela, je dois encore féliciter
14:02Anne-Cécile Violent et Sylvie Valente-Léhir,
14:04les deux rapporteuses, ainsi que François Vermorel.
14:08Antoine Vermorel, je veux dire, le président de la commission,
14:10parce qu'ils ont réussi à avoir quelque chose de décisif.
14:13Parce que s'il n'y a plus de publicité pour Chine,
14:16alors Chine va s'écrouler en termes de trafic
14:19et donc en termes de vente.
14:21Donc le point est maintenant de le mettre en place.
14:22Ça veut dire sur les réseaux ?
14:24Ça veut dire qu'on ne peut plus voir ?
14:26Partout, plus de publicité.
14:27Mais pourquoi vous n'allez pas à l'inverse ?
14:29Pourquoi vous ne dites pas
14:30pourquoi Chine et Tému sont plus forts que moi ?
14:34Et qu'est-ce qu'il faudrait pour que je sois aussi fort qu'eux ?
14:36Est-ce qu'une baisse de TVA ?
14:39Pour simplement l'industrie,
14:41une baisse, je ne sais pas, sur les employés ?
14:44Pourquoi vous n'essayez pas de vous améliorer
14:47plutôt que d'interdire ?
14:48Pourquoi vous n'allez pas voir le gouvernement
14:50en disant
14:50« Aidez la filière textile
14:54en me permettant d'avoir des employés
14:56où je peux être désindexé sur des tasse,
15:00où je peux avoir un tas de choses ? »
15:03Ça serait plus la logique
15:04que de dire « J'interdis, et puis voilà ».
15:07En fait, pas du tout,
15:07parce que vous validez en ayant celle logique
15:11toutes les marques qui font des choses illégales en permanence.
15:14Chine ne paye pas de taxes.
15:16Chine exploite les gens en fabriquant les vêtements.
15:18Chine envoie des vêtements qui sont dangereux et hors normes.
15:21Quand vous achetez un jouet, par exemple sur Chine et Tému,
15:24il est forcément dangereux pour votre enfant.
15:26Donc on ne peut pas s'aligner sur ces gens.
15:28On ne peut pas dire aux Français,
15:30désormais, quand on va faire des jouets,
15:32attention, ça va être dangereux,
15:33mais Chine et Tému.
15:34Est-ce qu'ils sont illégaux ?
15:35Est-ce qu'ils sont dangereux ?
15:36Est-ce que quand vous allez sur la plateforme,
15:38vous ne trouvez que des vêtements ?
15:39Non.
15:39Et y compris sur les vêtements,
15:41je vous laisse en commander,
15:42vous allez voir,
15:43quand vous ouvrez le paquet deux fois sur trois,
15:44l'odeur est abominable.
15:46Donc de ce fait,
15:47on ne peut plus les laisser faire
15:48parce qu'ils détruisent avec des actes illégaux.
15:52Si ces plateformes faisaient les choses bien,
15:54ils seraient comme beaucoup d'autres concurrents,
15:56ça serait une concurrence saine,
15:57et on dirait « Ok, à nous, nous adapter par rapport à eux ».
16:00Mais la concurrence est illégale,
16:02elle est déloyale.
16:03Donc à nous, en effet, de nous améliorer,
16:05à nous d'avoir, par exemple, plus de secondes mains,
16:08à nous d'avoir des vêtements toujours de meilleure qualité,
16:10à nous d'avoir toujours un meilleur service en boutique.
16:12C'est une certitude,
16:14mais il faut arrêter cette concurrence
16:15parce qu'à cause de cette concurrence,
16:17les Français vont dessus,
16:18on a vu ça dans la croissance du nombre de vêtements,
16:21et donc nos marques, elles ferment.
16:23Et si on ferme,
16:24eh bien, il n'y aura plus qu'eux.
16:26Mais une autre chose aussi qui est importante,
16:28c'est qu'on sait que la population grossit,
16:30moi y compris,
16:32et que ce qui se passe,
16:34c'est qu'il n'y a que sur un tas de sites qui existent
16:38qu'on arrive à trouver.
16:39C'est ce que dit un auditeur aussi, Stéphane.
16:41Il dit « Moi, je trouve que sur ces plateformes,
16:42des vêtements à bataille ».
16:45Et moderne.
16:47Et voilà,
16:48c'est très compliqué de trouver des...
16:51Enfin, il y a des magasins spécialisés,
16:52mais là, les prix,
16:53c'est-à-dire qu'à cappelle ou autre...
16:54Comment pouvez-vous fournir du 5 ou 6 XL
16:56sans payer une fortune ?
16:57C'est impossible.
16:58Donc oui, moi, je vais voir ailleurs.
16:59Voilà.
17:00Sur cappelle ou autre,
17:01ce sont des magasins qui coûtent cher.
17:03En effet, le drame,
17:04c'est que quand on va dans ces tailles,
17:06on soit obligé d'aller sur Chine
17:08pour avoir un certain nombre de vêtements.
17:09Donc le point, c'est un,
17:11en effet,
17:12de permettre à ce que les marques françaises
17:13fassent beaucoup plus de grande taille.
17:15Mais il y en a quand même un.
17:16On prend par exemple dans la farm
17:17des marques allemées
17:18qui ne sont pas du tout dans les prix
17:19que vous pouvez citer
17:20et qui proposent un produit
17:20de très grande qualité.
17:22Make My Limonade aussi,
17:23qui est une marque assez pointue
17:25qui propose un produit aussi
17:26de très grande qualité.
17:27Ça va être deux verres noirs,
17:28mais ça va être aussi qui habille
17:29pour avoir des prix justement bas
17:31et qui font toutes ces tailles.
17:32Donc oui, heureusement,
17:33on peut s'habiller,
17:34mais il faut donner plus de choix.
17:36Et donner plus de choix,
17:37c'est aussi interdire ces plateformes
17:39parce qu'une grande partie
17:40du volume de vente
17:41va sur ces plateformes
17:42et en arrêtant Chine,
17:44on permet aux marques françaises
17:45aussi de se développer.
17:47Mais Kiliabia n'a jamais fait de la pub
17:48pour les grandes tailles.
17:49C'est plus un réflexe qu'on a.
17:52Enfin, on n'imagine pas.
17:54Les trois marques que vous avez dit,
17:55je ne les connaissais pas.
17:56On n'imagine pas
17:57qu'ils font des grandes tailles.
17:58C'est aussi ce point culturellement en France
18:02où comme une partie de la population
18:04grande taille en fait
18:05n'est pas aussi forte par exemple
18:07qu'aux Etats-Unis,
18:07eh bien, on fait moins de publicité
18:10justement pour cette population.
18:11Je pense que c'est désormais
18:13la mode qui doit s'adapter au corps
18:15et non pas le corps
18:16qui soit s'adapter à la mode.
18:17Donc oui, on doit être
18:18beaucoup plus libérés
18:19dans la publicité,
18:20à y avoir quelque chose
18:21en fait de joyeux
18:22à travers toutes les tailles
18:23et promouvoir justement
18:24les marques qui le font.
18:25Sur les taxes de ces magasins,
18:28enfin, de Chine,
18:30une auditrice me dit
18:31donc c'est l'État
18:32qui ne taxe pas Chine
18:33en termes de pénalités.
18:35Je ne sais pas très bien
18:36ce qu'elle veut dire
18:36mais est-ce qu'il n'y a pas moyen
18:37d'imaginer comme pour les plateformes
18:39une taxation ?
18:40Parce qu'il a dit
18:40qu'ils n'avaient pas de taxes.
18:42On a essayé par exemple
18:42une taxe petit colis.
18:44La taxe petit colis,
18:45c'était simple,
18:45c'était de l'argent qui était pris
18:46pour donner de l'argent aux douanes
18:48pour mieux contrôler les produits.
18:49Ce n'était même pas
18:50dans la poche de l'État,
18:50c'était vraiment pour
18:51armer nos douanes
18:52pour nous protéger.
18:54Eh bien, instantanément,
18:55ils ont détourné les avions.
18:56On va la mettre au niveau européen.
18:57Ils vont faire la même chose
18:58avec un entrepôt géant
18:59qu'ils ont fait en Pologne.
19:01Donc, de toute façon,
19:02ce type de taxe,
19:03ça ne marche pas.
19:04D'où le système de malus,
19:06par exemple,
19:06qui se fait sur le produit
19:07qui sera plus efficace
19:08et le plus efficace...
19:10Ce sera quoi ce produit ?
19:10Ce sera aucun,
19:11ce principe de malus ?
19:12C'est quoi ?
19:13Alors, c'est justement
19:13ce qui va être décidé
19:14dans les décrets.
19:15Et donc, pour l'instant,
19:15tant que je ne l'ai pas,
19:16je ne peux pas vous dire
19:17super montant
19:17ou au contraire,
19:18ça ne sert à rien.
19:19Par contre,
19:19l'interdiction de la publicité,
19:20c'est tout de suite efficace.
19:22Et là, le combat va être
19:23au niveau européen
19:23parce qu'il va y avoir
19:25des plateformes comme Meta,
19:26comme Google,
19:27à Dublin, en Irlande,
19:28qui vont être absolument contre
19:29parce que c'est un chiffre d'affaires
19:31démentiel pour ces plateformes.
19:33Donc, on va devoir se battre,
19:34y compris contre ces plateformes,
19:36pour que cette loi soit effective
19:38et qu'on ait justement
19:39l'interdiction de cette publicité.
19:40Comment va la filière ?
19:42Elle va extrêmement mal.
19:44En fait, on a une grande
19:46je veux dire,
19:46quand il y a 20 000 emplois
19:47qui est détruit
19:48et qu'on attend encore
19:4950 000 emplois
19:50à cause de cette concurrence
19:51qui peut être détruite
19:52d'ici trois ans,
19:53c'est une catastrophe.
19:54Personne n'a le moral.
19:55Donc, de ce fait,
19:56quand il y a aussi des personnes
19:57comme Frédéric Merlin
19:57avec le BHV
19:58qui tuent près de 300 emplois
20:00pour l'instant au BHV,
20:02on a des drames
20:03qui se font dans tous les sens
20:04et donc on doit se soutenir
20:06les uns les autres.
20:07Hier, c'est une vraie victoire
20:08justement avec cette loi
20:10anti-fast fashion.
20:11Avant-hier,
20:11c'était une autre victoire
20:12avec le BHV.
20:13A nous de comprendre
20:14comment on a un vrai made in France,
20:16un vrai made in Europe
20:17qui habille tout le monde
20:18avec un vrai pouvoir d'achat.
20:20Qu'est-ce que vous avez envie
20:21de dire à nos auditeurs
20:22qui s'habillent chez Chine
20:24qui n'ont pas forcément
20:25pour le coup
20:26de problèmes de moyens ?
20:29Quel est le message
20:30que vous faites passer
20:31qui est peut-être celui
20:31que vous avez dit
20:32en tout premier ?
20:33C'est-à-dire,
20:34on tue énormément de choses
20:35en achetant ces vêtements.
20:36Le premier point,
20:37c'est avant tout
20:37pour leur santé.
20:39C'est-à-dire,
20:39on achète sur Chine
20:41en fait deux fois trop
20:41parce qu'en moyenne,
20:42on achète pour 200 euros
20:43de vêtements
20:44qu'en vrai sur Chine,
20:44on en achète pour 400 euros
20:46dans l'année.
20:46Donc en fait,
20:47Chine vous fait surconsommer.
20:48Donc Chine vous appauvrit
20:49avec des vêtements
20:50que vous avez très peu portés,
20:51que vous avez achetés,
20:52qui ne sont même pas confortables
20:53parce que quasiment
20:54tout est en plastique.
20:55Donc prenez cet argent,
20:57mettez-le en seconde main
20:58si vous voulez être justement
20:59à la mode
21:00avec des pièces
21:00qu'on ne trouve plus.
21:01Allez dans des magasins,
21:02dans des très belles marques
21:03et là,
21:03vous avez largement le choix
21:04et faites-vous vraiment plaisir
21:06avec des vrais vêtements.
21:07Bon.
21:08Merci,
21:08merci à vous
21:09et merci de mener ce combat
21:10Yann Riveau-Halland,
21:11président de la Fédération Française
21:13du Prêt-à-Porter.
21:15Nous,
21:15on se retrouve dans un instant
21:16pour continuer
21:17à commenter l'actualité.
21:18A tout de suite.
21:2010h midi,
21:21mettez-vous d'accord.
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