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  • il y a 6 heures
Philippe Pacque, garçon boucher dans une supérette, une vie à vouloir tuer les femmes ressemblant à son épouse. Des blondes aux jambes fines. Au début des années 80, il y parvient. Par ruse. En silence. Comme un oiseau de proie. Il ne va cesser d'être dévoré par son obsession. Trois fois condamné à la perpétuité.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00... du crime.
00:0314h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06Derrière ses murs, mardi matin, un détenu de 63 ans est en entretien avec une psychologue dans l'unité sanitaire.
00:11L'homme s'en prend alors à elle, en la tirant par les cheveux et en la plaquant au sol,
00:14il tente de l'étrangler.
00:15Sur l'agresseur, il retrouve une fourchette taillée en pointe et une lettre décrivant son projet criminel.
00:22Bonjour, Philippe Pâques, garçon bouché dans une supérette le jour.
00:26La nuit, il poignardait des femmes qui ressemblaient étrangement à celles qui l'avaient quittées.
00:31Il fallait les punir.
00:33Une vie entière dévorée par son obsession, trois fois condamnée à la perpétuité.
00:39Qui est cet homme qui agissait par ruse et fondé sur ses victimes comme un oiseau de proie ?
00:44Philippe Pâques, l'épervier Damien.
00:47L'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers.
00:50C'est tout de suite sur RTL.
01:00Mardi 22 mars 1983, autour de 21h, Monique, 18 ans, jean et blouson, longs cheveux, châtain clair, marche d'un
01:10pas rapide dans une rue d'Amiens.
01:12Elle se dépêche de rentrer chez elle.
01:14Elle n'a plus que 300 mètres à faire.
01:17À hauteur du stade Coubertin, elle bifurque dans une rue plus sombre.
01:21Les boutiques sont fermées, il n'y a pas âme qui vive.
01:25Monique a senti une présence.
01:27Elle accélère.
01:28En une poignée de secondes, quelqu'un se jette sur elle.
01:31Il la fait tomber.
01:33La frappe à coups de couteau, à l'abdomen, à la poitrine.
01:35La lame se brise sur le cou en frappant le médaillon porte-bonheur que porte la jeune femme.
01:42Monique hurle jusqu'à ce qu'une lumière s'allume à l'étage d'un immeuble.
01:47L'homme s'enfuit.
01:48La victime est très grièvement blessée.
01:50Elle a perdu beaucoup de sang, mais elle va survivre.
01:52Monique n'a qu'un souvenir flou de son agresseur sportif et mince.
01:57Il dégageait une odeur acide de transpiration.
02:01Le couteau de cuisine cassé retrouvé sur le trottoir ne porte aucune empreinte.
02:06Deux jours plus tard, jeudi 24 mars, autour de 23h,
02:11Geneviève, 19 ans, sort de son cours de judo au complexe sportif Coubertin.
02:17Elle marche sous la pluie.
02:18Un homme lui saute dessus.
02:21Instinctivement, elle se défend avec une prise de judo.
02:24L'inconnu chute, puis rebondit sur ses jambes.
02:26Il blesse six fois au couteau la femme, dans le dos.
02:29Quatre jours plus tard, 29 mars, troisième victime.
02:33À 21h30, Carole, 20 ans, est retrouvée sur le pavé, près de la cathédrale d'Amiens.
02:38Elle aussi va être opérée et sauvée par les chirurgiens.
02:45La sûreté urbaine d'Amiens n'a guère d'indices sur ce maniaque au couteau qui sévit dans les rues
02:50obscures.
02:50Il n'a laissé aucune empreinte.
02:52Pas de témoin direct de ces attaques éclaires.
02:55Les trois victimes n'ont que des souvenirs nébuleux de l'individu.
02:58Environ 1m70, 1m75, cheveux longs.
03:02Il ne prononce jamais aucun mot.
03:04Il dégage une forte odeur corporelle, peut-être due au stress.
03:08Les trois jeunes femmes attaquées se ressemblent.
03:11Mince, cheveux clairs, châtains houblons, longues jambes.
03:14Selon elles, leur agresseur se déplace dans le plus grand silence.
03:18Elles ne l'ont entendu arriver qu'au dernier moment.
03:21Pour les policiers, l'homme est chaussé de baskets ou de chaussures à semelles de crêpes.
03:25La manière qu'il a de fondre subitement sur ses victimes
03:29fait penser à la technique d'un oiseau prédateur.
03:33Les journaux vont alors le surnommer l'épervier d'Amiens.
03:41Jeudi 12 mai 1983, deux mois après les attaques de femmes,
03:45les parents de Dominique Crété viennent signaler la disparition de leur fille au commissariat d'Amiens.
03:51Dominique, 16 ans, est interne au lycée d'Albert, à une trentaine de kilomètres d'Amiens.
03:57Ses parents l'ont attendue en vin, la veille, chez eux, dans le village de Foincan.
04:02Elles rentraient pour le week-end de l'Ascension et avaient pris le train pour Amiens.
04:07Policiers, gendarmes, prennent très au sérieux la disparition.
04:10Les effectifs sont doublés, triplés.
04:13Des dizaines de témoins entendus autour de la gare, mais pas de traces de Dominique.
04:17Huit jours après la disparition, les Crétés reçoivent un coup de fil anonyme.
04:21C'était quelqu'un qui pleurait, qui ne disait rien,
04:24et qui raccrochait, racontant dans le courrier Picard,
04:26le chef d'escadron Jean-Marie Leroy, de la brigade de recherche d'Amiens.
04:3128 mai, le corps de Dominique Crété est découvert non loin de chez elle,
04:36dans un sous-bois à Foincan.
04:38Elle n'a été ni tabassée, ni déshabillée, ni violée.
04:43Tuée de 18 coups de couteau.
04:45Les mêmes blessures que celles de l'épervier d'Amiens.
04:48Dix jours plus tard, un patron de Barac-Afrique
04:51conseille aux gendarmes de s'intéresser à un de ses clients, un type bizarre.
04:55Il s'appelle Philippe Pac, il est garçon bouché, à la supérette Coop.
05:01Philippe Pac, qui va bientôt être interrogé, un homme jeune,
05:04qui effectivement est pour le moins taciturne, voire enfrogné.
05:07Est-ce qu'il est vraiment le meurtrier de la lycéenne ?
05:09Et puis, au fait, au passage, est-ce qu'il est aussi l'épervier d'Amiens ?
05:14Que raconte son passé ? Que va dire cet homme ?
05:17Vous allez voir, c'est très très surprenant.
05:19On va y venir dans la suite de l'émission.
05:20Pour l'instant, il faut remonter au mois de mars 1983 à Amiens.
05:25Une affaire qui a vraiment marqué cette ville.
05:28Trois femmes poignardées.
05:30Bonjour Georges Charrière.
05:32Bonjour.
05:33Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans cette heure du crime.
05:38Georges Charrière, vous êtes ancien journaliste du Courrier Picard.
05:42Vous aviez d'ailleurs traité un hors-série sur Philippe Pac.
05:46Vous connaissez parfaitement cette histoire.
05:48Georges Charrière, je le disais, trois femmes poignardées.
05:52À l'époque, c'est un petit peu la peur sur la ville.
05:55C'est une véritable psychose qui est en train de monter.
05:57Moi, je me souviens que des messieurs qui étaient mariés ou qui étaient fiancés avec une jeune femme
06:02ou une soeur blonde lui disaient surtout, tu ne viens pas à pied, tu me dis où tu es et
06:09je viens te chercher.
06:10Et puis, ça commence effectivement à psychoser.
06:12Les policiers et les gendarmes vont mettre des moyens colossaux.
06:15C'est-à-dire qu'il y a des patrouilles en uniforme pour rassurer les gens.
06:19Et il y a aussi des policiers en civil qui vont sur les lieux où les pervilles a frappé.
06:25À savoir le centre Pierre de Coubertin et du côté du centre-ville et de la cathédrale d'Amiens et
06:31de la gare.
06:33Dans tous les cas de figure, on sait que cet homme, il est inconnu à ce moment-là,
06:38il frappe vraiment pour tuer.
06:39Même s'il a raté ses victimes, les trois premières.
06:42Il frappe pour tuer.
06:44Et puis, il y a aussi le fait que, on se découvre après,
06:48il n'est pas totalement inconnu des forces de police, ce monsieur-là.
06:50Parce qu'en 1981, une amie que j'avais, qui était à l'époque étudiante en psycho à la fac
06:56d'Amiens,
06:57qui se trouve au sud de la ville, pour aller à la fac, elle fait du stop.
07:02Et quand elle fait du stop, elle monte dans une voiture.
07:05Cette voiture, elle est conduite par Philippe Pac.
07:08À un moment donné, il essaye de la toucher, de la tripoter.
07:12Elle se jette de la voiture, elle est blessée à la tête.
07:15Et donc, quand les policiers vont convoquer un certain nombre de gens,
07:18parce que c'est ce qu'ils vont faire,
07:19tous ceux qui ont des communes d'agressions sur des femmes vont être convoqués.
07:23Et dans les convoqués, il y a Philippe Pac, mais qui repartira libre.
07:27Oui, c'est ça.
07:28Donc, au début, on le rate.
07:29En tout cas, cet homme, cet épervier, il reste inconnu.
07:35Bonjour Gautier Le Cardonnel.
07:37Bonjour.
07:38Merci beaucoup, vous aussi, d'être avec nous dans L'Ordre du Crime.
07:40Vous êtes journaliste, vous aussi au courrier Picard.
07:43Vous connaissez bien ce dossier.
07:44Un petit mot, tout de suite, pour nos auditeurs.
07:47Et pour moi aussi, on le surnomme l'épervier.
07:50Pourquoi est-ce qu'on le surnomme l'épervier, cet homme qui frappe la nuit des femmes ?
07:55Alors, l'épervier, c'est un nom qui lui a été donné à un mien, un surnom,
07:58parce que c'est une référence au rapace.
08:01C'est son mode opératoire, en fait.
08:03Il agissait la nuit en toute discrétion.
08:06Il fondait sur ses victimes par l'arrière.
08:09Il les surprenait.
08:10Donc, c'est tout simplement une référence à ce rapace.
08:13D'où lui vient cette obsession pour les femmes blondes, en tout cas aux cheveux clairs ?
08:16Il avait une obsession, parce que visiblement, il avait mal supporté une rupture amoureuse.
08:21Il avait été quitté par une femme qui était blonde.
08:24Et il l'a dit lui-même au policier, quand il a parlé de ses agressions,
08:28il a dit « je n'avais rien contre ces femmes, mais elles ressemblaient à ma femme ».
08:31Donc, il a vraiment fait une obsession sur les femmes blondes.
08:36Jean Charrière, la disparition de l'adolescente, Dominique Rettet.
08:40Alors là, on rentre dans une autre dimension.
08:42C'est quelques semaines après les attaques au couteau dans Amiens.
08:48Cette jeune fille, elle a 16 ans, adolescente, Dominique Rettet.
08:52Elle a l'habitude de faire du stop.
08:53Évidemment, c'est une pratique banale à l'époque.
08:56On va la retrouver morte.
08:57Et là, on ne fait pas tout de suite le lien, évidemment, avec l'épervier.
09:01Non, bien sûr que non.
09:02C'est-à-dire que les parents qui habitent un petit village qui s'appelle Franquan,
09:07qui a une dizaine de kilomètres d'Amiens,
09:09la fille devait rentrer pour aller au week-end chez eux.
09:13Et comme beaucoup de jeunes ou de gamins de l'époque,
09:17au lieu de prendre le bus pour garder un peu d'argent de poche,
09:20elle fait du stop.
09:22Et elle rencontre d'abord Philippe Pâques dans une espèce de friterie
09:26qui est juste à côté de la gare d'Amiens.
09:28Et elle échange avec lui.
09:29Et lui, il lui propose de la ramener chez elle.
09:31Et elle dit oui.
09:32Et on va, bien évidemment, la retrouver ensuite en bordure d'une ligne SNCF.
09:38Voilà quoi.
09:39Et effectivement, au début, on ne fait pas forcément le lien.
09:42C'est bien après qu'il viendra le lien par un enquêteur de la gendarmerie.
09:46Qu'est-ce qu'elle dit, l'autopsie de cette adolescente ?
09:49Parce que c'est important.
09:50Elle a pris 18 coups de couteau.
09:53C'est-à-dire que l'agresseur, en l'occurrence Philippe Pâques,
09:57s'est acharné sur elle.
09:58Il n'y a pas eu d'agression sexuelle.
10:01Vraiment, la seule atteinte qui est sur cette jeune fille, sur Dominique,
10:06c'est les 18 coups de couteau.
10:07Et elle n'est même pas bien dissimulée.
10:09C'est ça.
10:10Mais c'est important de le savoir parce qu'effectivement,
10:12il n'y a pas d'agression sexuelle.
10:14Ça veut dire quelque chose.
10:14En tout cas, c'est un crime totalement gratuit.
10:19Un garçon bouché va être placé en garde à vue.
10:23Philippe Pâques, l'épervier de Damien,
10:25si vous pensez que je vais pleurer ou m'excuser,
10:28vous vous êtes trompé de bonhomme.
10:30L'enquête de l'ordre du crime.
10:31On se retrouve dans un instant sur RTL.
10:34Merci d'écouter RTL.
10:42RTL, votre radio.
10:4614h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
10:50L'heure du crime.
10:52L'heure du crime consacrée à l'affaire Philippe Pâques.
10:54Un garçon bouché Damien soupçonné en juin 1983
10:57d'être derrière l'enlèvement et le meurtre gratuit d'une lycéenne.
11:01Soupçonné aussi d'avoir attaqué au couteau trois femmes grièvement blessées.
11:05Il va être interrogé.
11:10Vendredi 10 juin 1983, 15h.
11:13Presque un mois après la disparition et la mort de la lycéenne Dominique Crété,
11:18Philippe Pâques, 25 ans, est interpellé devant la supérette COP Damien
11:23où il travaille au rayon boucherie.
11:25A priori, il s'agit de simple vérification.
11:28Pâques, cheveux longs, petite boucle d'oreille,
11:31habillée en jean de la tête aux pieds,
11:33est unanimement décrit comme un bon employé.
11:36Un peu sombre, certes, mais qui ne s'est jamais fait remarquer.
11:40Le chef d'escadron, Jean-Marie Leroy,
11:43lui demande d'ouvrir sa voiture, une Volkswagen Golf rouge.
11:46Sous le siège conducteur, le gendarme met la main sur un grand couteau de boucher.
11:51Je lui ai demandé s'il avait déjà servi.
11:54Il m'a répondu oui.
11:57Chez le garçon boucher, rue de l'Etoile, quartier de Saint-Achel,
12:01les gendarmes découvrent le sac de couleur mauve de Dominique Crété.
12:05Philippe Pâques passe rapidement aux aveux.
12:08Il raconte que le mercredi 11 mai, vers 13h30,
12:13il a vu cette lycéenne en jean et tennis qui faisait du stop devant la gare d'Amiens.
12:17Elle lui faisait penser à son épouse qui l'a quittée.
12:20Il a pris le volant de sa golf, il lui a proposé de la déposer chez elle.
12:25Elle est montée, arrivé au village de Foincan.
12:28Il ne s'est pas arrêté comme prévu derrière le pont de chemin de fer.
12:33Il a pris un chemin de terre.
12:34Il a sorti l'adolescente de la voiture.
12:37Il lui a donné 16 coups de couteau.
12:38Il a abandonné le corps dans le bosquet.
12:40Le gendarme Leroy se souvient de ce premier aveu,
12:43passé sans la moindre émotion, dans une très grande froideur.
12:47Pâques !
12:48Il était quelqu'un de très particulier.
12:49« Il m'avait l'air d'être dans son monde », dit-il.
12:54« Pâques n'en a pas terminé avec sa confession.
12:58Il reconnaît avoir poignardé les trois jeunes femmes d'Amiens.
13:02Il voulait les tuer.
13:03L'épervier, c'est lui.
13:06« Si vous pensez que je vais pleurer ou m'excuser,
13:09vous vous êtes trompé de bonhomme », lance-t-il au juge d'instruction.
13:12« Pâques » raconte que depuis le départ de son épouse, il s'est mis à boire.
13:16Plus rien ne tourneront.
13:18Toutes les femmes attaquées présentent un air de ressemblance avec l'épouse qui est partie,
13:22Brigitte Adams, six ans de moins que lui.
13:25Leur mariage a duré deux ans, 1980-1982.
13:30Brigitte, fille de l'assistance publique, l'aurait quittée à cause de ces violences.
13:34Elle travaillait dans un restaurant universitaire.
13:37« Pâques » lui reprochait de mal tenir leur maison.
13:40Jaloux, il lui interdisait de parler aux voisins.
13:43Le 9 octobre 1980, bien avant qu'il devienne l'épervier d'Amiens.
13:47Il avait fait sa première victime, une jeune autostoppeuse,
13:51une étudiante qui avait raté son bus.
13:53En route, il avait tenté de lui sauter dessus.
13:56Elle s'était jetée de la voiture qui roulait à 60 km heure.
14:00Pâques ne s'était pas arrêtée.
14:01L'étudiante, grièvement blessée, avait pu être secourue.
14:05Philippe Pâques avait été condamné pour cette affaire à 18 mois de prison avec sursis
14:09pour non-assistance à personne en danger.
14:15Jeudi 29 janvier 1987,
14:18Philippe Pâques, 28 ans, est condamné à la perpétuité
14:21par la cour d'assises de la Somme à Amiens
14:24pour trois tentatives d'assassinat et l'assassinat de la lycéenne.
14:28Il n'a jamais émis le moindre regret ni formulé des excuses.
14:32Retranché dans ses certitudes,
14:34les experts le considèrent alors comme très dangereux.
14:36Après 18 années de détention,
14:39il bénéficie d'une libération conditionnelle,
14:42libération révoquée cinq ans plus tard
14:44pour avoir conduit sous l'emprise de l'alcool.
14:46Le jugement note alors que
14:48le profil de M. Pâques reste particulièrement inquiétant.
14:53Il est de nouveau remis en liberté en 2010.
14:56Et à ce moment-là, on va croire que Philippe Pâques,
14:58qui a désormais plus de 50 ans,
15:00est bien loin des agressions de femmes
15:02et des tentatives d'assassinat.
15:04Eh bien, on se trompe.
15:04On se trompe parce que les années n'ont pas érodé sa colère.
15:07On va le découvrir dans le prochain chapitre de l'ordre du crime.
15:10Alors, je vais souvent employer le terme de terrifiant
15:13ou même de glaçant parce qu'effectivement,
15:17les aveux de Philippe Pâques,
15:19c'est comme ça qu'ils sont.
15:21Il n'a aucune émotion, cet homme.
15:23Il n'a aucun affect.
15:24Ce qui existe chez les tueurs,
15:27et notamment les tueurs en série.
15:28Mais c'est quand même assez rare.
15:30George Charrière, vous êtes avec nous,
15:31ancien journaliste du Courrier Picard.
15:33Vous connaissez très très bien cette affaire.
15:35C'est vrai que Philippe Pâques,
15:38c'est la froideur absolue.
15:40Quand il raconte le meurtre de l'adolescente,
15:45les coups de couteau dans cette forêt,
15:47l'adolescence a été tuée tout près de chez elle,
15:49il ne branche pas du tout.
15:52Non, absolument pas.
15:53Il reste très froid.
15:54Alors, ce qui est paradoxal,
15:55c'est que la seule fois
15:56où il a manifesté une émotion
15:58au cours du procès d'Amiens,
15:59c'est quand la cour d'assises
16:03a décrété que la voiture,
16:05la fameuse gauffe rouge,
16:06allait être confisquée.
16:08Et là, il a versé une larme.
16:09Et puis, il y a aussi un moment
16:10très important à ce procès
16:11dont je me rappelle très bien.
16:13C'est qu'il y avait une avocate générale
16:14qui s'appelle Mme Claire Moinard.
16:17Et pendant son réquisitoire,
16:19elle a frappé à 18 reprises
16:22le nombre de coups de couteau
16:23sur le bureau qui était devant elle.
16:26Elle l'a dit après.
16:27C'était pour bien montrer
16:29le temps qu'il avait fallu
16:31pour tuer Dominique
16:33et pour bien que les jurés
16:36rentrent avec ça en délibérant,
16:38partent avec ça en mémoire
16:39dans le délibéré.
16:40Oui, mais ça ne le débloque pas du tout
16:42parce que, souvenez-vous
16:42ce qu'il a dit,
16:43Jean Charrière,
16:44au juge d'instruction,
16:45quand il lui dit
16:45vous vous trompez de bonhomme.
16:46Si vous attendez que je pleure,
16:49je ne suis pas le bon client.
16:50Je ne vais pas pleurer.
16:51Et il ne verse pas une larme,
16:52Philippe Pâques.
16:54Juste pour la voiture, c'est tout.
16:55Oui, bon, voilà.
16:56Alors là, on est dans l'accessoire.
16:58Le plus étonnant.
17:00Pourquoi ?
17:01Est-ce qu'on sait pourquoi ?
17:02Alors, il y a cette histoire
17:04de jeunes femmes,
17:05les perviers d'Amiens,
17:07ils chassent des femmes
17:07qui, à la limite,
17:09peuvent ressembler
17:10à sa femme qui l'a quittée.
17:13Ce n'est pas tout à fait le cas
17:15pour cette adolescente.
17:16Pourquoi ils tuent cette adolescente ?
17:17Est-ce qu'on le sait, la lycéenne ?
17:19Alors, la lycéenne,
17:20c'était une jeune fille
17:21qui était une belle jeune fille,
17:24blonde,
17:25avec des cheveux longs.
17:28Donc, il pouvait quand même
17:29présenter des caractéristiques
17:30assez proches
17:31de son ex-femme
17:34parce qu'il n'a attaqué
17:36que des femmes blondes.
17:38Jamais il n'a attaqué
17:38une femme brune.
17:40Et puis, voilà.
17:41Et il disait,
17:41il dira au cours
17:42de son interrogatoire
17:43par le juge d'instruction,
17:44il me semble,
17:45que ces attaques
17:49provoquaient chez lui
17:50une décharge d'adrénaline
17:52qu'elle devait ensuite reproduire.
17:55C'est une espèce de drogue
17:56avec plein de guillemets.
17:58Donc, voilà.
17:58C'était une violence extrême.
18:00Mais c'était quelque chose de...
18:03Après, les psychiatres
18:04diront des tas de choses.
18:05Mais y compris,
18:07ça pose des questions
18:08au niveau,
18:08y compris de sa sexualité à lui.
18:10C'est vraiment pas clair.
18:11Oui, oui, tout à fait.
18:12Mais après,
18:12en matière de psychiatrie,
18:14évidemment,
18:14c'est très facile.
18:15J'ai fait de la psychiatrie
18:16de bazar, là.
18:17Mais, effectivement,
18:18il essaie de tuer ses femmes
18:19parce qu'il n'ose pas
18:21tuer sa femme.
18:22Elle est partie.
18:23Sans doute,
18:24il lui en veut beaucoup.
18:25Mais il n'a pas passé le pas.
18:26Donc, il se venge
18:27sans doute sur d'autres femmes,
18:28Georges Charrière.
18:29C'est complètement ça.
18:30C'est complètement ça.
18:31C'est que...
18:32Parce qu'il doit encore aimer
18:33cette femme qui l'a quittée.
18:35Il ne veut pas s'en prendre à elle.
18:36Donc, il s'en prend
18:37à des femmes
18:39qui ressemblent
18:40à son ex-épouse.
18:41Et il leur fait payer à elle
18:44le fait que sa femme l'ait quittée.
18:46C'est ça.
18:47Il est payé au prix fort,
18:48évidemment, puisque...
18:49C'est très fort, oui.
18:50Bien sûr,
18:50ces trois femmes ont été mutilées.
18:52Elles s'en sont sorties
18:54miraculeusement.
18:55Les trois femmes agressées
18:56dans la rue.
18:57Par contre, l'adolescente,
18:57elle est morte.
18:59Et donc, il a été jugé.
19:00Il a été condamné
19:01pour cela
19:02à la perpétuité.
19:04Alors,
19:05Gauthier Le Cardenel,
19:06vous êtes avec nous également
19:07dans l'ordre du crime,
19:08journaliste au courrier Picard.
19:09Il y a quelque chose
19:10de très intéressant
19:11dans l'un des articles
19:12que vous avez fait.
19:12C'est qu'effectivement,
19:13vous avez interrogé
19:16le gendarme
19:16qui a arrêté,
19:20Philippe Pâques.
19:21Et il va vous raconter
19:23quelque chose.
19:24Il va vous dire
19:24qu'il y avait
19:25des appels anonymes
19:26quand l'adolescente
19:28a été enlevée.
19:29Quelqu'un appelait
19:30les parents
19:30et quelqu'un pleurait.
19:31On sait que Philippe Pâques,
19:32il ne pleure pas.
19:34Il ne pleurait pas.
19:35Est-ce qu'il a prouvé ?
19:37Est-ce que les enquêteurs
19:38ont prouvé
19:39que c'était Pâques
19:39qui passait
19:40ces fameux appels ?
19:42Ça n'a jamais été prouvé
19:44que c'était Philippe Pâques
19:45qui passait ces appels.
19:46Mais il y avait aussi
19:48une autre piste.
19:49C'est que le gendarme
19:51m'avait indiqué
19:52qu'il se posait la question
19:52de savoir si ce n'était pas
19:53sa mère,
19:54Philippe Pâques,
19:55qui appelait les gendarmes,
19:56qui était au courant
19:57ou qui aurait été
19:58au courant de quelque chose
19:59et qui n'osait pas
20:00franchir le pas
20:01pour dire que son fils
20:02pourrait être un suspect.
20:03C'était pour couvrir
20:04son fils en quelque sorte.
20:05C'est une possibilité.
20:06Elle n'a pas été creusée
20:08tellement par l'enquête.
20:09Mais effectivement,
20:10ça ouvrirait
20:11d'autres portes.
20:12On creuserait un petit peu plus
20:14cette piste.
20:15Georges Charrière,
20:16il est condamné
20:17à la perpétuité,
20:19je l'ai dit,
20:19en 1987.
20:21Philippe Pâques,
20:23jusqu'au procès,
20:24il est resté de marbre.
20:26Il est comme inflexible.
20:27Le verdict,
20:28ça ne le touche pas beaucoup.
20:29Non.
20:30Non, il reste...
20:31Je veux dire,
20:32le seul moment d'émotion,
20:33c'est l'histoire de la voiture.
20:34Donc, c'est vraiment
20:35quelque chose
20:35qui est tout à fait accessoire.
20:37Et non,
20:38ça ne le touche pas beaucoup.
20:40C'est...
20:41J'ai fait comment
20:42mon confrère Gautier,
20:43vous avez au téléphone également,
20:45j'ai eu l'occasion
20:45de faire quand même
20:46quelques procès.
20:48Souvent, quand même,
20:49on a affaire à des gens
20:50qui ne sont pas là par hasard,
20:51mais qui, à un moment donné,
20:53vont demander pardon,
20:54vont manifester leurs regrets,
20:56vont dire des choses.
20:57Ce n'est pas du tout
20:57le cas de Philippe Pâques.
20:59Pas du tout.
21:00Donc, c'est quelqu'un
21:01qui était inquiétant.
21:03On va dire ça comme ça.
21:04Oui, inquiétant,
21:05dangereux,
21:06c'est ce que vont dire
21:06d'ailleurs tout le monde,
21:07les psys,
21:07les experts,
21:08qui vont se relayer
21:09auprès de cet homme,
21:1029 ans après les premières attaques,
21:14une autre femme pour cible.
21:16Philippe Pâques,
21:17l'épervier Damien,
21:18j'ai pu retrouver
21:19la drélaline
21:20que j'avais
21:20en exécutant
21:21ces trois petites salopes.
21:23L'enquête de l'heure du crime.
21:24Et si l'ancien garçon bouché
21:26ressassait toujours
21:27la même haine des femmes ?
21:28A suivre,
21:29dans un court instant
21:29sur RTL.
21:30Bonne journée
21:31sur RTL.
21:38RTL.
21:39Vocre Radio.
21:41L'heure du crime.
21:42Présenté par Jean-Alphonse Richard
21:44sur RTL.
21:45Il a commencé
21:46de toute façon
21:47par dire
21:48la perpète est au bout,
21:50tout le reste,
21:50je m'en tape
21:51complètement.
21:52Pâques n'existe plus.
21:54Au programme
21:55de l'heure du crime,
21:56l'affaire Philippe Pâques.
21:57En 1983,
21:57ce garçon bouché,
21:59Damien,
21:59avait avoué
22:00trois tentatives d'assassinat
22:01sur des femmes
22:02et l'assassinat
22:03d'une lycéenne.
22:04Il avait été condamné
22:05à la perpétuité
22:06en libération conditionnelle
22:08presque 30 ans
22:09après les faits.
22:09Il refait parler de lui.
22:14Mercredi 4 janvier 2012,
22:16l'éducatrice Céline Vidal,
22:18qui s'occupe
22:19de la réinsertion
22:19de Philippe Pâques,
22:21désormais âgé
22:21de 54 ans,
22:23le transporte
22:24en voiture
22:24jusqu'à une agence
22:25Pôle emploi
22:26près de Caen.
22:27Au retour,
22:28Pâques,
22:29en libération conditionnelle
22:30depuis quelques mois,
22:31sort un cutter
22:32et frappe l'éducatrice
22:33au thorax
22:34et à la jambe.
22:35Elle réussit
22:35à s'enfuir.
22:36L'ancien tolard
22:37disparaît avec la voiture.
22:39Il est interpellé
22:39un peu plus tard
22:40par la police.
22:41Dans un livre,
22:43Céline Vidal
22:43écrit qu'avant
22:44de passer à l'acte,
22:45Philippe Pâques
22:46lui avait déclaré
22:47« Il n'y a que toi
22:48qui m'aides ».
22:49Puis,
22:49il l'avait frappé
22:50après l'attaque.
22:51La procureure de Caen
22:53souhaite que la dangerosité
22:55de Philippe Pâques
22:55soit évaluée.
22:56Deux ans plus tard,
22:57il est jugé
22:58aux assises
22:59du Calvados.
23:00L'éducatrice
23:01Céline Vidal
23:02se souvient
23:02qu'en remontant
23:03dans la voiture,
23:04Pâques était énervé,
23:06négatif.
23:06Il parlait sans cesse,
23:08puis peu de temps
23:09avant de m'agresser,
23:10il n'a plus rien dit.
23:11Pâques reconnaît les faits.
23:12Il affirme
23:13qu'il ne voulait pas
23:14tuer l'éducatrice.
23:15Il est condamné
23:16pour la deuxième fois
23:17à la perpétuité.
23:23Mardi 25 mai 2021,
23:259 ans après l'agression
23:26de l'éducatrice,
23:27Philippe Pâques,
23:2863 ans,
23:30détenu à la maison centrale
23:31de Saint-Martin-de-Rey,
23:33a rendez-vous
23:33dans le bureau
23:34de la psychologue.
23:35À peine est-il entré
23:37qu'il se jette
23:38à Califourchon
23:38sur cette femme
23:39de 43 ans,
23:40il tente de la baillonner,
23:42de l'étrangler.
23:43Il lui porte des coups,
23:44il est maîtrisé
23:45par les infirmiers
23:45et les surveillants.
23:46Dans son pantalon,
23:47on retrouve une fourchette
23:49qu'il a taillée en pointe.
23:51Il porte aussi sur lui
23:52une lettre intitulée
23:53« Projet d'assassinat ».
23:55Pâques écrit ces mots
23:57« J'assume totalement
23:59mon geste
24:00car j'ai pu retrouver
24:01l'adrénaline
24:02que j'avais eue
24:03entre 2002 et 2003
24:05en exécutant
24:07trois petites salopes. »
24:09Allusion aux femmes
24:09agressées à Amiens
24:11quand il était
24:11l'épervier.
24:13Face aux enquêteurs
24:14le détenu
24:15relativise ses propos,
24:16il voulait attirer
24:17l'attention sur son cas.
24:18Il parle d'un coup d'éclat.
24:20Un psychiatre évoque
24:21un passage à l'acte
24:22absolument imprévisible.
24:24Un légiste indique
24:25que la strangulation
24:27qui a duré
24:2854 secondes
24:29aurait pu tuer
24:30la psychologue.
24:31C'est uniquement
24:32parce que la victime
24:33s'est débattue
24:34qu'elle a pu éviter
24:35la compression continue
24:37de son larynx.
24:40effrayant.
24:41Voilà,
24:41donc le retour
24:42de l'épervier
24:42des années après.
24:43Il n'arrête pas
24:44de poursuivre des femmes
24:46et de vouloir les tuer.
24:47C'est une obsession
24:49absolument fatale.
24:50Bonjour Anne Glodé.
24:52Bonjour.
24:53Merci beaucoup
24:53d'être avec nous également
24:54dans le studio
24:55de l'ordre du crime.
24:56Aujourd'hui,
24:56vous êtes avocate
24:57au barreau de La Rochelle.
24:59Vous êtes avocate
25:00dans cette affaire
25:01de cette femme
25:02psychologue
25:03qui a été attaquée
25:04dans la prison.
25:06Elle a failli mourir.
25:08elle a été plaquée
25:09au sol.
25:11Effectivement,
25:11Philippe Pâques
25:12essayait de l'étouffer.
25:14Philippe Pâques
25:15lui a sauté dessus
25:16immédiatement,
25:17sans raison.
25:18C'est ça,
25:19maître Anne Glodé ?
25:21Immédiatement.
25:22Il n'y a vraiment pas
25:22de gradation de violence.
25:23C'est-à-dire que c'est immédiat.
25:24On n'est pas dans
25:25une conversation de salon.
25:26On n'est pas du tout
25:28dans un entretien
25:29traditionnel de psychologue
25:30ou parfois
25:31dans le cadre d'un échange
25:31et ça peut arriver.
25:33Il peut y avoir
25:34évidemment le temps qui monte.
25:35Non.
25:35Là, c'est immédiat.
25:36C'est immédiat.
25:38Elle s'est vue mourir,
25:39cette femme.
25:39Elle vous l'a dit,
25:40votre cliente ?
25:41Elle s'est vue mourir
25:42et ce qu'elle raconte,
25:43c'est qu'effectivement,
25:44elle suffoque
25:44qu'elle se voit mourir
25:47et évidemment
25:47qu'elle pense à ses enfants,
25:49qu'elle a comme un instinct
25:49de survie
25:50face à cette pulsion de mort
25:52qu'est celle de M. Pâques
25:53et de toute façon,
25:54toutes ces impressions-là
25:55sont corroborées
25:56de manière complètement objective
25:58par tous les éléments
26:00médicaux légaux
26:01qui démontrent
26:01l'intensité
26:02de la pression
26:03de M. Pâques
26:04étant précisé
26:05qu'on peut mourir
26:06très rapidement
26:07d'un acte de strangulation.
26:08Il est resté
26:09pratiquement 30 secondes
26:10avant qu'effectivement
26:11elle puisse mourir.
26:12Une strangulation,
26:13ça peut se faire
26:13en 2-3 minutes.
26:14Oui, au maximum,
26:16mais effectivement,
26:172-3 minutes,
26:18c'est très très long,
26:19c'est interminable même,
26:20évidemment,
26:21pour une victime,
26:23c'est effrayant.
26:24Et là,
26:24effectivement,
26:25les médecins disaient
26:2654 secondes,
26:27le légiste,
26:28à quelques secondes près,
26:30elle allait trépasser.
26:31Georges Charrière,
26:32vous êtes avec nous
26:33dans cette heure du crime,
26:33on entend ce que dit
26:35Maître Anglodet,
26:36c'est passionnant d'ailleurs,
26:36parce qu'on décrit bien
26:38la puissance,
26:38la force et la détermination
26:40de cet homme.
26:42En une dizaine d'années,
26:43deux femmes attaquées,
26:44dont une en prison,
26:46on a l'impression
26:46que cet homme,
26:48Philippe Pâques,
26:49il n'a aucune limite.
26:51Rien ne peut l'arrêter,
26:52tout simplement,
26:52je crois.
26:53Simplement,
26:54c'est que c'est quelqu'un
26:55qui est,
26:56je me rappelle
26:56une expertise psychiatrique
26:58où on disait
26:58qu'il y avait
26:59tant de pourcents
27:01de chances
27:01pour qu'il ne fasse rien
27:03et puis 1%
27:04pour qu'il ne fasse quelque chose.
27:05Le problème,
27:05c'est que c'est le 1%
27:06qu'il a utilisé tout le temps.
27:07Ce qui fait qu'à chaque fois
27:08qu'il se trouve seul
27:09en présence d'une femme,
27:11il l'agresse.
27:12Et c'est une espèce de...
27:13Il en parle,
27:14vous l'avez bien dit,
27:15il parle de l'adrénaline
27:17que ça lui procure.
27:18Voilà,
27:19il fait partie
27:19de ces rares personnes...
27:20Là,
27:21ce n'est pas un coup de colère,
27:22ce n'est pas,
27:23excusez-moi du terme,
27:24mais une engueulade
27:25et puis après,
27:25on en vient en main,
27:26c'est vraiment systématiquement
27:28des femmes,
27:29on agresse,
27:30on essaye de tuer.
27:31Quand ce n'est pas avec une lame,
27:32c'est avec ses mains.
27:33Donc,
27:33il y a une espèce de recherche
27:34de ça,
27:36diront les psychiatres,
27:36une espèce de recherche
27:37de ce plaisir
27:38que lui ont procuré
27:40les premières agressions.
27:41Et ça,
27:41c'est important,
27:42ce que vous dites,
27:42Georges Charrière,
27:43parce que je voulais venir
27:44là-dessus,
27:45justement.
27:45Ça n'a pas été tellement souligné.
27:47Mais Pâques,
27:48qu'est-ce qu'il dit tout de suite ?
27:49Il va dire,
27:50en gros,
27:51ça me rappelle
27:51ce que j'ai fait à Amiens.
27:53C'était presque tellement bien,
27:55j'avais tellement d'adrénaline
27:56en poignardant ces femmes
27:58que j'ai recommencé.
27:59C'est étonnant
28:00parce que là,
28:01on est des années,
28:02des années après,
28:03il était en prison.
28:05Il avait peut-être
28:06autre chose à penser
28:07qu'à ces femmes
28:07qu'il avait agressées
28:08à la ville d'Amiens
28:09et pourtant,
28:10c'est son obsession,
28:11elle est toujours là.
28:13Oui,
28:13et quand il était en prison,
28:15il envoyait
28:16à son ex-femme,
28:19il lui envoyait des lettres
28:20où il comptait
28:21continuer à lui dire
28:22qu'il était amoureux d'elle
28:23et même,
28:24il enregistrait,
28:24pour l'anecdote,
28:25il enregistrait en prison
28:27sur des cassettes
28:27des morceaux de Johnny Aguidek
28:29qu'il envoyait également
28:30à sa femme
28:30parce qu'elle est méchanteur là.
28:31Donc,
28:32il avait fait une fixette
28:33comme on dit,
28:34il avait fait une fixette
28:35sur son ex-femme
28:36qu'il n'a jamais sentie
28:37de sa tête
28:38et puis,
28:38il va lui faire payer
28:39à toutes les autres femmes
28:40avec en plus
28:41le plaisir
28:42que lui procuraient
28:43visiblement les agressions.
28:44Alors,
28:45il dit
28:45je ne voulais pas les tuer.
28:46Il parle évidemment
28:47de l'éducatrice
28:48puis la psychologue aussi
28:49il va dire
28:50on va voir son procès
28:52mais il va dire
28:53qu'effectivement
28:54il ne sait pas trop
28:55ce qu'il a fait.
28:55Le fait est que
28:56pour la psychologue
28:57l'attaque
28:57elle est préméditée.
28:58Il a calculé
28:59son coup là.
29:00Il avait sa fourchette
29:02dans la poche.
29:03Il est passé
29:04au détecteur de métaux.
29:05Enfin,
29:05il y a beaucoup de choses.
29:07Oui,
29:07c'est évident.
29:08Et il faut aussi se rappeler
29:09que dans les agressions
29:10qu'il a commises à un mien
29:10sur une des deux jeunes femmes
29:13agressées avant Dominique Créthée,
29:15il y en a une quand même
29:15qui est en train
29:16qui est agressée dans la rue
29:17quand elle est en train
29:18de mettre ses clés
29:19dans la serrure
29:20et à ce moment là
29:21quand même
29:21il la plante
29:22avec un coup de couteau
29:23et elle demeurera paralysée.
29:26La psychologue
29:28troisième comparution
29:29aux assises
29:30pour l'ancien garçon boucher.
29:32Philippe Pac
29:32l'épervier Damien
29:34c'est quelqu'un
29:35qui à 99%
29:36n'est pas dangereux
29:38avec le 1%
29:39qui reste
29:40il peut vous tuer
29:41l'enquête de l'ordre du crime.
29:42On se retrouve dans un instant
29:43sur RTL.
29:45Tous les jours
29:48Toute la journée
29:49c'est RTL.
29:53L'heure du crime
29:55présentée par Jean-Alphonse Richard
29:56sur RTL.
29:59Retour dans l'heure du crime
30:00sur l'affaire Philippe Pac
30:01condamné en 87
30:02pour 3 tentatives d'assassinat
30:04sur des femmes
30:05à Amiens
30:05et l'assassinat
30:06d'une lycéenne
30:07perpétuité
30:08recondamné en 2012
30:09pour tentative d'assassinat
30:11d'une éducatrice
30:12perpétuité
30:13jugé en 2023
30:14pour une troisième tentative.
30:20Jeudi 29 juin 2023
30:22Philippe Pac
30:2265 ans
30:23comparé devant
30:24la cour d'assises
30:25de la Charente-Maritime
30:26à Sainte
30:26jugé pour récidive
30:28de tentative d'assassinat
30:29d'une psychologue
30:30à la prison
30:31de Saint-Martin-de-Ré
30:33déjà condamné
30:34deux fois
30:34à la perpétuité
30:35il encourt
30:35la même peine.
30:36L'avocate
30:37de la victime
30:37décrit l'accusé
30:39comme un individu
30:39qui vit dans
30:40un monde imaginaire
30:41avec beaucoup de fantasmes
30:43en prison
30:44Pac
30:44c'est un effet
30:45auto-accusé
30:46de viol imaginaire
30:47de petite fille
30:49Philippe Pac
30:50affiche d'emblée
30:51son hostilité
30:52à ce procès
30:52je refuse de me présenter
30:54je ne participe pas
30:56à votre cinéma
30:57à l'enstile
30:57il affirme
30:58ressentir un profond mal-être
31:00quoi que je dise
31:01personne ne m'écoute
31:02on ne tient pas compte
31:03de ce que je dis
31:03alors forcément
31:04j'explose
31:05l'expert psychiatre
31:07explique
31:07dans une même phrase
31:09monsieur Pac
31:10déclare
31:11qu'il avait envie
31:12de tuer
31:12la psychologue
31:13et dans la même phrase
31:15il dit qu'il n'avait pas
31:16envie de la tuer
31:17mais dans les deux cas
31:18il est sincère
31:19l'experte ajoute
31:20c'est quelqu'un
31:21qui à 99%
31:23n'est pas dangereux
31:24avec le 1%
31:26qui reste
31:27et bien
31:27il peut vous tuer
31:32la victime
31:33de Philippe Pac
31:33la psychologue
31:34qui a failli mourir
31:35n'accable pas l'accusé
31:36elle souhaite
31:37un procès digne
31:38et humain
31:38pour la première fois
31:39Pac
31:40exprime
31:40ses profonds
31:42regrets
31:42il dit
31:43je mérite
31:44une condamnation
31:44elle est pratiquement
31:46faite
31:46cette condamnation
31:47et je m'y attends
31:48je voudrais que la victime
31:49puisse s'en remettre
31:50et me pardonner
31:51c'est ça qui m'importe
31:52j'avais un profond respect
31:54pour elle
31:55Philippe Pac
31:56est condamné
31:57pour la troisième fois
31:59à la perpétuité
32:01et avec nous
32:02dans cette heure du crime
32:03on retrouve
32:03maître Anne Glaudet
32:04avocate à la Rochelle
32:06avocate de la victime
32:07à ce procès
32:08avocate de la psychologue
32:10maître Glaudet
32:11vous êtes évidemment
32:12à ce procès
32:13au premier rang
32:15à quoi est-ce qu'il ressemble
32:17cet accusé
32:18parce qu'effectivement
32:19de Philippe Pac
32:20on ne connait
32:21de lui que des photos
32:22anciennes
32:22qui remontent aux années 80
32:24il y en a quelques-unes
32:25où il porte de très longs cheveux
32:27il est mince
32:28il est habillé tout en jean
32:29en général
32:30à quoi est-ce qu'il ressemble
32:31aujourd'hui
32:32alors Philippe Pac
32:33dans son box
32:34c'est un peu un fantôme
32:35il est blanc
32:36assez amaigri
32:38il a quand même
32:39un certain âge
32:40et il a passé pratiquement
32:41sa vie en détention
32:42il n'est pas forcément
32:43impressionnant
32:44si vous voulez
32:45physiquement
32:46mais il a le regard
32:47qui peut être
32:49parfois ailleurs
32:50parfois il est avec nous
32:53c'est ça
32:53oui effectivement
32:54il est là
32:55sans être là
32:56un fantôme
32:56vous le décrivez très bien
32:57Anne Glaudet
32:58votre cliente
33:00la psychologue
33:01agressée
33:01vous nous l'avez dit
33:03elle a failli mourir
33:04cette femme
33:04et pourtant
33:05à ce procès
33:06elle est
33:06j'ai envie de dire
33:07qu'elle n'est pas
33:09elle n'est pas conciliante
33:11mais
33:11elle est calme
33:12elle ne souhaite pas
33:13accabler l'accusé
33:16elle lui a dit
33:16bonjour monsieur
33:18je suis désolée
33:19ce qu'elle voulait dire
33:20par là
33:21c'est qu'elle était désolée
33:22parce que pour elle
33:22elle le vivait comme un échec
33:23qu'il ait pu commettre
33:24un tel acte
33:24et que finalement
33:25le travail de soins
33:26n'avait pas fonctionné
33:28en fait la seule personne
33:29qui humanisait monsieur
33:30Pac
33:30c'était finalement
33:31la psychologue
33:31qui avait été agressée
33:32sa propre victime
33:33ça c'était assez troublant
33:34oui c'est assez troublant
33:36il fait que la victime
33:37finalement
33:37ne vole pas au secours
33:39de son agresseur
33:40c'est pas ce que je veux dire
33:41mais en tout cas
33:41qu'elle
33:42qu'elle essaie de le présenter
33:43peut-être de manière
33:44apaisante
33:45c'est pour ça d'ailleurs
33:45qu'il a émis
33:46ses regrets
33:48Georges Charrière
33:49il y a ce procès
33:50il est important
33:51le procès
33:52effectivement
33:52de l'attaque
33:53de la psychologue
33:54ça signe encore
33:55sa dernière
33:56sans doute
33:56sa dernière attaque
33:57parce que
33:58trois condamnations
33:59à la perpétuité
34:00désormais
34:01Pac
34:01il sera évidemment
34:02sous les verrous
34:03il sera très surveillé
34:04on a le sentiment
34:06que Philippe Pac
34:07j'ai envie de dire
34:08c'est de la nitroglycérine
34:11il suffit qu'on le bouge
34:12un petit peu
34:12pour que ça explose
34:13et malgré les années
34:16cette énergie
34:17elle est toujours là
34:18complètement
34:19il suffit
34:19qu'on le remette
34:20ou qu'il se remette
34:21dans les conditions
34:23des agressions précédentes
34:24pour que ça recommence
34:26il fait partie
34:27de ces gens
34:27dont c'est
34:28quoi
34:28c'est fait quelques procès
34:30d'assises
34:30comme on fait
34:31un quotidien cardenal
34:32mais
34:33il y a des gens
34:33on sait
34:34qui vont être une fois
34:35devant la cour d'assises
34:35et que très probablement
34:37ils n'y seront plus jamais
34:38et là Philippe Pac
34:39c'est pas ça du tout
34:40c'est-à-dire qu'à chaque fois
34:41qu'il est en condition
34:42seul avec une femme
34:43c'est de la nitroglycérine
34:45effectivement
34:45il peut tout exploser
34:46et voilà
34:47et cette froideur
34:48au premier procès
34:49c'était aussi ce qu'on voyait
34:50cette espèce de froideur
34:53le sentiment
34:53d'être un petit peu absent
34:55à son propre procès
34:56mais oui
34:57c'est une bombe
34:57à tardement ce type
34:58vraiment
34:59il y a quelque chose
35:00d'étonnant aussi
35:01Georges Charrière
35:02c'est que
35:02depuis le début
35:04de sa carrière criminelle
35:06bon
35:06il est brutal
35:07cet homme
35:08il répond pas
35:09il envoie
35:09les enquêteurs
35:10paîtres
35:11les juges d'instruction
35:12il n'en a rien à faire
35:14il est dans son monde
35:15mais le fait est
35:16c'est qu'il y a quelque chose
35:17qu'il aime bien
35:17c'est parler de lui
35:19oui
35:20alors
35:21quand il parle de lui
35:22de sa vie
35:24à lui
35:24aux experts
35:25qu'il rencontrait
35:26dans le cadre
35:27du poisson
35:27en tout cas
35:28de la cour d'assises
35:28il va parler de lui
35:30et il va faire
35:32l'espèce de type
35:33de toute façon
35:33je sais que c'est mort
35:34je m'en fous
35:35et puis voilà quoi
35:37sur les faits en lui-même
35:39il est quasiment mutique
35:40il reconnaît simplement
35:41les faits
35:41sans donner de détails
35:43et sur lui
35:46je ne dis pas
35:47qu'il agit
35:48comme s'il avait envie
35:49qu'on le
35:50qu'on le
35:51qu'on le
35:51qu'on le plaigne
35:52mais qui
35:53qui pourrait penser
35:54que
35:54le fait de placer
35:56de mettre une perpète
35:57à quelqu'un
35:58qui a quand même tué
35:59qui a tué
36:01ou essayé de tuer
36:02à trois reprises
36:03au minimum
36:04voilà
36:04il faut qu'il soit dehors
36:05quoi
36:06donc là voilà
36:07après maintenant
36:07la question
36:08qui va se poser
36:09c'est l'avenir
36:09de Philippe Pâques
36:11ça pour l'instant
36:13on va en parler
36:14si vous voulez
36:14on en dira un mot
36:15dans le prochain chapitre
36:16le fait est
36:17c'est que
36:17tout de même
36:18à ce procès
36:19le procès
36:19pour la psychologue
36:20pour l'attaque
36:21de la psychologue
36:22c'est la première fois
36:23qu'il émet des regrets
36:24finalement
36:24parce que tout simplement
36:26il a l'impression
36:26d'être entendu
36:27enfin voilà
36:28donc il y a un côté
36:29très égocentrique
36:30là-dedans
36:30la psychologue
36:31l'a plutôt bien traité
36:32donc pour lui
36:34ben voilà
36:34elle mérite
36:35d'avoir des regrets
36:36entre nous
36:37c'est très
36:37c'est très égocentrique
36:40totalement
36:41on est en plein là-dedans
36:42et cette psychologue
36:44que je ne connais pas
36:44mais dans ce que
36:46j'entends
36:47elle a effectivement
36:48été apparemment
36:49très calme
36:50et voilà quoi
36:51parce que
36:52c'est une psychologue
36:53elle tentait
36:54de travailler
36:54en psychothérapie
36:55avec Philippe Pâques
36:56et puis malheureusement
36:57c'était un échec
36:59mais c'est pas un échec
37:00pour elle
37:00c'est un échec
37:01pour Philippe Pâques
37:02mais effectivement
37:03tout tourne autour de lui
37:05et il est très égocentrique
37:06ce garçon
37:06et vous remarquez
37:08Georges Charrière
37:09vous ne me démentirez pas
37:10qu'il attaque des femmes
37:11qui lui sont favorables
37:13l'éducatrice
37:14elle voulait le sortir
37:15de prison
37:16la psychologue
37:17elle l'aidait
37:17à refaire surface
37:18ce sont des femmes
37:19qui étaient attentives
37:20autour de lui
37:21qui arrivaient
37:23évidemment
37:24à lui donner confiance
37:25et il les a attaquées
37:26elle était très gentille
37:27avec lui
37:29Dominique Créter
37:30avait été très gentille
37:30avec lui
37:31c'est-à-dire qu'elle avait discuté
37:33c'était une ado
37:34elle s'était confiée
37:35sur les difficultés
37:36qu'on rencontre tous
37:37quand on est adolescent
37:38à un moment ou à un autre
37:38et puis
37:39elle lui était aussi favorable
37:41elle n'était pas braquée
37:42contre lui
37:43il l'a quand même tué
37:44du coup de couteau
37:45il est totalement déroutant
37:48déconcertant
37:49cet homme
37:50Philippe Pac
37:51maître Anne Glaudet
37:53avocate
37:53je le rappelle
37:54de la psychologue
37:55à ce procès
37:57il y a les regrets
37:58de Philippe Pac
37:59maître Glaudet
38:00selon vous
38:01ce sont des regrets sincères
38:03en tout cas
38:03ils sont prononcés
38:04pour la première fois
38:05oui
38:05mais après
38:06encore une fois
38:07ils sont sûrement sincères
38:08au tenter
38:09où il les prononce
38:10et puis
38:10je vous dis
38:11compte de sa personnalité
38:12peut-être que 5 minutes après
38:13il va être capable de commettre
38:15un acte
38:17répréhensible
38:17d'ailleurs
38:18une des victimes
38:19sur une précédente affaire
38:20c'était également
38:20une soignante en réalité
38:22je pense qu'il est
38:23très complexe en fait
38:24en termes de personnalité
38:25à la fois
38:26il dit que c'est un appel à l'aide
38:27qu'il veut effectivement
38:29attirer l'attention
38:30et en même temps
38:31de toute façon
38:31il est quand même
38:32complètement déterminé
38:33c'est à dire que
38:34la psychologue
38:34de toute façon
38:35au moment où il agit
38:37elle ne peut pas s'en sortir
38:38si quelqu'un n'intervient pas
38:39en prison
38:40sans grand espoir de sortie
38:43Philippe Pac
38:44l'épervier Damien
38:45je suis dans un trou
38:46sans fond
38:47je n'arrive plus
38:47à remonter
38:48vu mon âge
38:49je sais qu'il n'y a plus
38:50d'espoir de sortie
38:51l'enquête de l'heure du crime
38:53je vous retrouve tout de suite
38:54sur RTL
38:55cette émission vous intéresse
38:57vous en voulez plus
38:58retrouvez toutes les archives
38:59en podcast
39:00sur l'appli RTL
39:02l'heure du crime
39:03présentée par Jean-Alphonse Richard
39:05sur RTL
39:06dans l'heure du crime
39:08l'affaire Philippe Pac
39:09cet ancien garçon
39:10boucher Damien
39:10a passé la plus grande partie
39:12de sa vie en prison
39:13condamné trois fois
39:141987
39:152014
39:162023
39:17pour l'assassinat
39:18d'une lycéenne
39:19et cinq tentatives
39:20d'assassinat de femmes
39:21sortira-t-il un jour de prison ?
39:272026
39:27Philippe Pac
39:2869 ans
39:29aura passé
39:30une quarantaine d'années
39:31en détention
39:32toutes ces années
39:33il a été examiné
39:3516 fois
39:36par des psychologues
39:37et des psychiatres
39:38son dernier avocat
39:39se demandait
39:39si sa place
39:40n'était pas
39:41dans un établissement spécialisé
39:42une experte psychologue
39:44avait répondu
39:45je ne pense pas
39:46qu'il en aurait tiré
39:47grand profit
39:48il refuse
39:49toute idée
39:50de pathologie
39:51mentale
39:54en 2023
39:55Philippe Pac
39:56déclarait
39:58psychologiquement
39:58je suis dans un trou
39:59sans fond
40:00je n'arrive plus
40:01à remonter
40:02c'est pour ça
40:03que j'ai arrêté
40:03de me battre
40:04vu mon âge
40:05je sais
40:06qu'il n'y a plus
40:06d'espoir
40:07de sortie
40:09c'est surréaliste
40:10qu'il était condamné
40:11déjà deux fois avant
40:12en réclusion criminelle
40:13à perpétuité
40:14sans peine de sûreté
40:15c'est quand même
40:16c'est ça qui m'a choqué
40:17là-dessus
40:17les procès
40:18il a reconnu
40:19il a reconnu
40:20de toute façon
40:21c'est sûr
40:21je mérite perpète
40:24la voix de maître
40:26Sandrichin
40:27qui était
40:27l'avocat commis
40:28d'office
40:29de Philippe Pac
40:29au procès
40:31de l'attaque
40:31de la psychologue
40:32c'est une interview
40:33RTL
40:34effectivement lui aussi
40:35cet avocat
40:36qui ne connaissait pas
40:37Philippe Pac
40:37il a été désigné
40:38pour aller le défendre
40:39avait été surpris
40:40par l'attitude
40:41de cet homme
40:42jusqu'au boutiste
40:43qui n'entend pas
40:44grand monde
40:45et qui continue
40:45sur des rails
40:46à avancer
40:47sur la voie du crime
40:48finalement
40:49puisque effectivement
40:50il a été condamné
40:51je le dis
40:51je le répète
40:52trois fois
40:53à la perpétuité
40:54c'est quand même
40:54assez rare
40:54en matière
40:56criminelle
40:57Georges Charrière
40:58vous nous accompagnez
40:58depuis le début
40:59de cette émission
41:00ancien journaliste
41:01au courrier
41:01Picard
41:02vous aviez traité
41:03beaucoup
41:04cette affaire
41:04Philippe Pac
41:05c'est très incroyable
41:07et presque inimaginable
41:09que des années après
41:10un demi-siècle après
41:1250 ans après
41:14Philippe Pac
41:15il soit toujours
41:15dans cette espèce
41:17de maelstrom
41:17et d'idée
41:19peut-être de se venger
41:20du départ de son épouse
41:22d'attaquer des femmes
41:24c'est incroyable
41:25la mémoire
41:25ne s'est jamais effacée
41:27oui on a l'impression
41:28qu'à un moment donné
41:29ça s'est arrêté
41:29dans le temps pour lui
41:30à partir du moment
41:31où son épouse
41:32ou sa compagne
41:33le quitte
41:34le temps s'arrête
41:36et vous savez
41:36je parle sous le contrôle
41:37de l'avocat
41:39qui se trouve avec vous
41:40aux assises
41:41en général
41:41les avocats de la défense
41:43essayent de préparer
41:44le procès
41:44un peu avec leurs clients
41:46en disant
41:47comment tu vas venir
41:47à l'habiller
41:48qu'est-ce que tu vas dire
41:49et tout ça
41:49et là je me rappelle
41:51que l'avocat
41:51que je connaissais bien
41:52qui défendait Philippe Pac
41:53n'avait pas trouvé
41:54la porte d'entrée
41:55dans le cerveau de ce type
41:56il n'y avait pas
41:58de communication
41:59c'était maître
42:00Bertrand Sabreux
42:01l'avocat
42:01et il n'y avait
42:02pas de communication
42:03possible
42:04c'est-à-dire que
42:05il y avait des faits
42:06qui étaient là
42:07il y avait la cour d'assises
42:09il y avait une avocate générale
42:10qui était redoutable
42:11et puis
42:12des partis civils aussi
42:13et puis
42:15rien quoi
42:15rien
42:16il était complètement déconnecté
42:18il était ailleurs
42:18pour moi vraiment
42:20si je devais résumer ça
42:21je dirais
42:21le temps s'est arrêté
42:22le jour
42:23où il a appris
42:24que sa compagne
42:25le quittait
42:26et on n'a pas la clé
42:27il n'a pas défendre la tête
42:28c'est important
42:29ce que vous dites
42:30Jean Charrière
42:30on n'a pas trouvé la clé
42:31pour le comprendre
42:33et pourtant
42:34il n'est pas fou
42:35il n'a pas été expertisé
42:37comme étant dément
42:39non non
42:39il n'est pas fou
42:40il n'y avait
42:42ni abolition
42:43ni abolition
42:45ni discernement
42:45donc il n'est pas fou
42:49les collèges
42:50d'experts
42:51qui l'ont examiné
42:52pour les trois procès d'assises
42:53ont tous dit la même chose
42:54c'est-à-dire qu'on tous dit
42:56il n'est pas fou
42:56donc voilà
42:57c'est-à-dire que
42:58alors son avocat
42:59l'avocat de la défense
43:00s'est dit à un moment donné
43:02peut-être qu'il serait
43:03bien dans une
43:04dans une
43:05dans une série spécialisée
43:06peut-être
43:06moi je
43:07j'en sais rien quoi
43:08mais ce qui est certain
43:09c'est que
43:09ce qu'on sait tous
43:10c'est que
43:11Philippe Pâques
43:12on le remet demain
43:13même aujourd'hui
43:14seul avec une femme
43:15quelque part
43:15ça va mal
43:16de se passer pour cette femme
43:18c'est clair
43:18oui
43:18s'il y a un déclic
43:19effectivement
43:20il peut recommencer
43:21c'est pour ça que
43:23très vraisemblablement
43:23il ne sortira pas
43:24de prison
43:25on ne sait pas du tout
43:26quel est son état aujourd'hui
43:27on ne sait pas du tout
43:28s'il est vraiment soigné
43:29s'il accepte des traitements
43:30parce que pendant longtemps
43:31il n'a pas accepté
43:33effectivement
43:34certains traitements
43:35Anne Glodé
43:36vous êtes avec nous
43:37dans cette heure du crime
43:38avocate
43:38à La Rochelle
43:39vous êtes l'avocate
43:40de la psychologue
43:41vous avez pu approcher
43:42Philippe Pâques
43:43à ce procès
43:44de l'agression
43:45de votre cliente
43:46vous avez pu
43:47essayer de le décrypter
43:48même si c'est très difficile
43:49comme le dit Georges Charrière
43:50de savoir
43:50ce qu'il peut y avoir
43:51dans le cerveau
43:53de cet homme
43:54il est dangereux
43:55un peu partout
43:56il est dangereux en liberté
43:57il est dangereux aussi
43:58en prison
43:58et en prison
43:59finalement
43:59on l'a un peu oublié
44:01cet homme
44:01on l'a laissé
44:02comme ça
44:03végéter
44:03mais avec une dangerosité
44:05qui est toujours intacte
44:07c'est le fantôme
44:07c'est un fantôme
44:08d'ailleurs il ne passe pas
44:09sous le portique de sécurité
44:10personne ne se rend compte
44:11parce qu'on oublie
44:12sa dangerosité
44:14et en fait
44:15on a presque oublié
44:16le danger
44:17qu'il représentait
44:17on n'a pas imaginé
44:18qu'à un moment donné
44:19il puisse récidiver
44:21en détention
44:21alors même que
44:22en réalité
44:23effectivement
44:24la dangerosité
44:24elle est encore là
44:25le concernant
44:27Jean Charrière
44:28un mot là-dessus
44:28sa névrose
44:29elle n'a fait que s'amplifier
44:30en général
44:31ça régresse
44:32il y a des traitements
44:33il y a
44:33la prison
44:34on fait qu'on n'a peut-être
44:35plus envie de recommencer
44:36etc
44:36là ça s'aggrave
44:39oui
44:39parce qu'encore faut-il
44:40que
44:42vous l'avez dit
44:42tout à l'heure
44:43pour lui
44:44tout ce qui est psychiatrie
44:46psychologie
44:47ça n'existe pas
44:48oui c'est ça
44:48il déteste ça
44:50ça n'existe pas
44:50il y a des fois
44:51des condamnés
44:53ou des gens
44:54qui sont en détention
44:57provisoire
44:57qui veulent aller voir
44:58un psy
44:59pour discuter avec lui
45:00lui
45:00ça n'existe pas
45:01et quand il va voir
45:02cette psy
45:04à mon avis
45:04il a quand même
45:04une arme par destination
45:06dans la poche
45:07cette fameuse fourchette
45:07il sait très bien
45:09ce qu'il va faire
45:09il ne va pas
45:10pour parler de lui
45:11donc c'est quelque chose
45:13il fait partie des rares
45:15dans ma carrière
45:16j'en ai rencontré
45:17finalement assez peu
45:18il fait partie
45:19de ces accusés rares
45:21sur lesquels
45:22on se dit que
45:23il n'y a pas grand chose
45:24il n'y a malheureusement
45:25plus grand chose
45:26à faire pour eux
45:27ils sont là comme ça
45:28il est quand même
45:29face aux parents
45:30de Dominique Créter
45:31au procès d'Amiens
45:32l'adolescente
45:34il ne les regarde même pas
45:36il n'a pas un mot
45:38d'excuse
45:38c'est l'avocat
45:39qui va faire le boulot
45:40mais les jurés
45:40ne sont pas dupes
45:41ils voient bien
45:41que lui
45:42Philippe Pack
45:43en termes triviaux
45:44il s'en tape
45:45le coquillard
45:46voilà
45:48Anne Glodé
45:49maître Anne Glodé
45:50avocate de la psychologue
45:5316 expertises
45:54qui concernent
45:56Philippe Pack
45:5616 expertises
45:58c'est beaucoup
45:58dans une vie
45:59criminelle
46:01puis sans doute
46:02beaucoup d'autres
46:03rendez-vous
46:03chez des psychologues
46:05est-ce que
46:06selon vous
46:07on connait
46:08aujourd'hui
46:09les leviers
46:10de sa névrose
46:11à cet homme
46:13c'est un dossier
46:14où la cote personnalité
46:15et la cote
46:16des expertises psychiatriques
46:17et psychologiques
46:18étaient plus épaises
46:19que la cote des faits
46:20ce qui est rare
46:22mais on cherche toujours
46:23ce qu'a pu être
46:24l'élément déclencheur
46:25qui fait qu'à un moment donné
46:26il soit structuré comme tel
46:28il n'est pas structuré
46:28comme n'importe qui
46:30je ne sais pas
46:30si on a la réponse
46:31est-ce qu'il sait
46:32que c'est quelque chose
46:33d'ailleurs auquel personne
46:34n'a eu accès
46:35ça peut arriver aussi
46:36un trauma auquel personne
46:37n'a eu accès
46:40ça on ne sait pas trop
46:41c'est verrouillé
46:42c'est un coffre-fort
46:43sans doute qu'on ne saura
46:44jamais d'ailleurs
46:45Georges Charrière
46:46je termine cette émission
46:47avec vous
46:47il était l'épervier
46:49Damien
46:50une histoire qui a marqué
46:51sur place beaucoup
46:51les imaginations
46:53complètement
46:54d'autant que
46:54quelques temps
46:56avant
46:56quelques années avant
46:57il y avait eu
46:58d'autres agressions
46:59commis par un homme
47:00qui était également
47:01avec une parca verte
47:03et que cet homme
47:04avait aussi agressé
47:05ou tué une personne
47:06et que c'était resté
47:08dans les mémoires
47:09des éménois
47:09oui c'est ça
47:10donc effectivement
47:11il y avait déjà
47:11un précédent
47:12on l'appelait
47:13le vampire vert
47:14le vampire vert
47:15oui
47:15on a cru d'ailleurs
47:16que c'était le vampire vert
47:18qui était revenu
47:19mais ça ne pouvait pas être lui
47:20puisqu'il était en prison
47:22une histoire qui
47:23qu'est-ce qui vous a marqué
47:24chez cet homme
47:24juste en un mot
47:25Georges Charrière
47:27pardon
47:27qu'est-ce qui vous a marqué
47:29en cet homme
47:29juste en un mot
47:31c'est cet espèce
47:32j'ai fait quelques procédatrices
47:34comme vous le disiez
47:35ou quelques faits divers aussi
47:37et en général
47:38soit dans la garde à vue
47:40soit au procès
47:42il y a des choses
47:43qui se libèrent
47:44et qui se disent
47:44et là rien
47:45l'accusé se rend compte
47:46des dégâts
47:47qu'il a provoqués
47:49pour la société
47:49et pour les victimes
47:50et puis
47:51et lui rien
47:52rien du tout
47:54de froideur
47:54c'est ça
47:55et de froideur
47:56et de silence
47:57c'est un bloc de silence
47:58cet homme
47:59merci beaucoup
48:00Georges Charrière
48:01Gauthier Le Cardenel
48:02et Maître Anne Glaudet
48:03d'avoir été les invités
48:04de l'art du crime
48:04aujourd'hui
48:05merci à l'équipe de l'émission
48:06rédactrice en chef
48:07Justine Vigneault
48:08préparation Romain Diver
48:09est-ce réalisation en direct
48:10Jonathan Griveau
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