00:00Nous parlons de Jordan Bardella ce matin, Raphaël, qui a indiqué hier à Politico vouloir réduire de moitié la contribution
00:06nette de la France au budget de l'Union Européenne.
00:08Mais derrière ce chiffre, ce que vous voyez, vous, c'est que le RN finalement ne veut plus quitter l
00:13'Europe, il veut la changer de l'intérieur.
00:15Oui, c'est ça. Vous savez que pendant longtemps, l'ancêtre du RN, le Front National, puis le RN voulait
00:21sortir de l'euro, de l'Europe.
00:23Alors évidemment, le Brexit est passé par là, mais surtout, voyant l'attachement des Français à l'Europe et à
00:30l'euro, le RN a changé de stratégie, comme beaucoup de partis nationalistes en Europe.
00:36Plus question de quitter la table européenne. Leur nouvelle devise, c'est tout changer sans rien détruire.
00:44Si on ne peut pas quitter l'Europe, eh bien, changeons-la de l'intérieur en prenant le pouvoir.
00:50C'est exactement ce que propose Jordan Bardella en tentant notamment, vous l'avez dit, de diviser par deux la
00:57contribution nette de la France à l'Union Européenne.
01:01Comment veut-il s'y prendre ?
01:02Alors, ça va pas être simple, évidemment. La France ne peut pas décider seule du montant de sa facture.
01:08D'abord, le budget pluriannuel doit être adopté à l'unanimité des 27 avec l'accord du Parlement européen.
01:17Et puis, ensuite, lui propose, pour trouver ces 6 à 7 milliards, de couper dans le budget de fonctionnement des
01:25institutions européennes.
01:27Bon, il faut le dire tout de suite, ça ne suffira pas, Sandra.
01:30Les frais de fonctionnement de l'ensemble des institutions européennes, c'est moins de 12 milliards par an.
01:36Donc, trouver 6 à 7 milliards d'économies uniquement sur cette sphère, c'est couper la machine en deux.
01:41On voit mal comment ce serait possible.
01:45Et si la France veut payer moins, il y a eu des précédents.
01:47Souvenez-vous de Margaret Thatcher, « I want my money back ».
01:50Donc, on peut peut-être négocier, mais ça veut dire que d'autres paieront davantage.
01:56Ou alors, c'est coupé dans les budgets de la politique agricole commune.
02:01Nous sommes en France les premiers bénéficiaires.
02:03Ou alors, il faut toucher à la politique de cohésion des territoires, à la défense.
02:07Aujourd'hui, c'est Rosatory, on voit que c'est un peu compliqué.
02:09La technologie ou les frontières, là aussi, c'est compliqué.
02:12Et il faut des alliés pour ça ? Est-ce que le RN les a ?
02:15Alors, les différents blocs des droites populistes ne sont pas forcément alignés sur tous les sujets.
02:21Vous en avez trois à la droite du PPE.
02:24Sur l'économie, sur l'OTAN, ils ne sont pas toujours d'accord.
02:26Mais c'est vrai que s'il y a une chose qui les unit, c'est bien la lutte anti
02:31-européenne.
02:32Ce sont les droites nationalistes, évidemment.
02:36Si vous prenez ces trois groupes, c'est quand même plus du quart du Parlement européen aujourd'hui.
02:43Et des groupes qui s'alignent de plus en plus sur le vote du PPE.
02:4950%, la plus de la moitié des votes des droites nationalistes sont désormais alignés sur la PPE.
02:54C'est une note de la Fondation Jean Jaurès qu'il indiquait il y a quelques jours
02:58et qui affirmait que le cordon sanitaire avait désormais sauté entre les droites.
03:05C'était une étude sur les nouvelles alliances au sein du Parlement européen.
03:09Et donc, ça veut dire que la bataille, quand même, ne fait que commencer
03:12et que ça pourrait bouger, effectivement, sur ces lignes.
03:14La bataille ne fait que commencer parce qu'en 2027, en plus,
03:19huit pays de l'Union doivent connaître une présidentielle ou des législatives
03:24où l'extrême droite pousse très fortement.
03:27Vous avez la France, mais vous avez aussi l'Italie, l'Espagne, la Pologne, la Finlande, la Grèce, l'Estonie
03:33ou Malte.
03:34C'est une année européenne extrêmement importante l'année prochaine.
03:38Et ceux qui veulent rendre le pouvoir en nation ont compris
03:42qu'il fallait d'abord prendre le pouvoir en Europe.
03:46On verra ce que donnent les résultats.
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