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  • il y a 14 heures
Chaque matin à 5h50 dans Le Morning RMC, un conseil conso qui impactera votre quotidien

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00:00RMC à votre service.
00:02En France, une femme meurt toutes les 7 minutes d'une maladie cardiovasculaire.
00:06C'est la première cause de décès chez les femmes devant le cancer du sein.
00:11Et face à un arrêt cardiaque, elles ont 14% de chances en moins de recevoir un massage dans la
00:16rue.
00:16Deux fois plus de risque d'en mourir.
00:18Bonjour Marina Clément.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes chirurgien cardiaque.
00:22Une femme survit deux fois moins qu'un homme à un arrêt cardiaque.
00:25Comment on l'explique d'abord ?
00:27Alors je ne suis pas sûre que l'explication, il y en ait une seule.
00:30En fait, il y a plusieurs explications qui amènent à ce constat.
00:35C'est probablement plusieurs petits facteurs.
00:37Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'arrêt cardiaque, c'est finalement la fin de l'histoire.
00:41Mais qu'auparavant, il y a eu tout un tas de signes qui n'ont pas été pris en compte.
00:46Et on sait que devant l'arrêt cardiaque, finalement, on pense moins...
00:53Devant une femme, on ne pense pas à crise cardiaque.
00:56Parce que l'arrêt cardiaque et la crise cardiaque, c'est une histoire d'hommes dans l'imaginaire collectif, encore
01:02aujourd'hui.
01:02Et c'est faux.
01:03Et c'est faux.
01:04Et c'est complètement faux.
01:05Et devant une femme qui tombe dans la rue, on se dit qu'elle fait un malaise vagal.
01:10Elle fait une hypoglycémie.
01:11Et en fait, on dit souvent qu'il faut réagir dans les quatre premières minutes.
01:15Mais en fait, c'est faux.
01:16Il faut réagir dans les premières secondes.
01:18Donc c'est l'histoire d'un retard qui a des conséquences dramatiques.
01:21Et ce qu'il faut savoir aussi, c'est que le rythme de la femme qui s'arrête, le rythme
01:27choquable, est deux fois moins que chez l'homme.
01:30C'est-à-dire que le rythme choquable, qu'est-ce que c'est ?
01:32C'est un rythme qui...
01:32Oui, c'est un peu tôt là, ce matin.
01:34Vous avez vu nos yeux.
01:35Vous avez compris qu'on était perdus.
01:37Entre le moment où le cœur fonctionne normalement et le moment où il s'arrête,
01:42il y a une sorte de fenêtre de tir qui s'appelle le rythme choquable.
01:46C'est le moment où on peut intervenir et sauver une vie.
01:48Le moment où on peut intervenir, où on peut utiliser un défibrillateur
01:51et où on peut transformer finalement cet arrêt cardiaque en arrêt cardiaque récupéré.
01:57Donc il y a un défaut de prise en charge au moment où l'arrêt cardiaque intervient,
02:01mais il y a aussi un défaut de prévention, c'est-à-dire de suivi médical des femmes
02:05avant qu'elles n'en arrivent à l'arrêt cardiaque.
02:08Bien sûr.
02:09Les femmes, elles vont toutes chez les gynécos.
02:12Ça, c'est quelque chose d'évident.
02:13Elles vont toutes chez les gynécos et aussi elles se sentent protégées.
02:15Donc elles ne pensent pas qu'elles doivent aller voir un cardiologue au moins une fois dans leur vie
02:19et en particulier à la période de la périménopause
02:22où leur protection hormonale diminue.
02:26Oui, à ce moment-là, il faut le dire clairement.
02:29Oui, toutes les femmes qui nous écoutent ce matin,
02:32quand elles sont autour de la périménopause, d'ailleurs autour de 50 ans,
02:36si elles n'ont jamais vu de cardiologue, elles doivent penser et se dire
02:38« Tiens, je vais aller voir un cardiologue » et en particulier quand elles ont des facteurs de risque.
02:43Mais alors, on a aussi une explosion d'infarctus chez les jeunes femmes.
02:46Comment on l'explique ?
02:47Alors, chez les jeunes femmes, le mode de vie, la femme a changé.
02:52La femme jeune, elle est protégée par ses oestrogènes, c'est vrai,
02:56mais dans une certaine mesure.
02:58Il ne faut pas non plus que son mode de vie...
03:02Il ne faut pas déconner, en pratique.
03:04Donc, elles fument, elles boivent, elles augmentent ses oeuvres.
03:06Aujourd'hui, on est en train de payer l'augmentation du tabagisme des années 2000.
03:12Aujourd'hui, les femmes fument un petit peu moins et heureusement...
03:15Mais oui, vous vous rappelez un truc important, c'est qu'au moment où les hommes,
03:17on a vu le tabagisme baisser, on avait observé, je me souviens très bien de cette affaire-là,
03:21un croisement de courbes, enfin, en tout cas des femmes, ça repartait à la hausse.
03:25Pourquoi sociétalement ? On peut se poser la question, mais on le paye aujourd'hui sanitariquement.
03:29On le paye aujourd'hui.
03:30Le tabac est un facteur de risque énorme pour la femme.
03:33Et à tabagisme égal, le tabac est beaucoup plus toxique chez la femme que chez l'homme.
03:38Donc, il n'y a pas de petite cigarette chez la femme, en pratique.
03:41Alors, prévention, intervention, est-ce qu'on peut faire les choses mieux, selon vous, à l'hôpital aussi ?
03:47Alors, à l'hôpital, oui, il faut aussi changer la façon de voir des médecins par rapport aux femmes
03:54qui, parfois, devant une femme jeune, ne vont pas penser forcément qu'elle fait un infarctus.
04:01Probablement, la présentation...
04:02Alors, on voit parfois que, dans certains médias, oui, il n'y a pas de douleur thoracique chez la femme.
04:08C'est faux.
04:09La douleur thoracique est toujours présente chez la femme.
04:11Elle est peut-être un petit peu moins verbalisée, un petit peu moins bruyante.
04:15Et puis, il y a aussi parfois des signes associés qui brouillent un petit peu les pistes.
04:20La femme va se sentir très angoissée.
04:22Et puis aussi, finalement, parfois, elle n'y pense pas elle-même.
04:25Donc, elle ne va pas se dire, je vais faire l'infarctus.
04:28Devant les mêmes signes qu'elle verrait chez son mari, elle appellerait immédiatement le 15.
04:33Et elle, elle va se dire, bon, ça va aller, je vais prendre un Doliprane, je suis fatiguée, je suis
04:38stressée en ce moment.
04:39Et ça, on l'a très bien vu, les femmes arrivent avec 30 minutes de retard par rapport à l
04:45'homme en cas d'authentique infarctus.
04:47Et on en revient à la perte de chance au temps qu'on perd, etc.
04:50Merci beaucoup Marina Clément.
04:51Je rappelle que vous êtes chirurgien cardiaque.
04:53C'était important de rappeler ces éléments-là et peut-être de sensibiliser, que ce soit sur la prévention ou
04:58sur la gestion, justement.
04:59Et sur la formation au geste des premiers secours.
05:02Formez-vous.
05:02On le rappelle sur plein de sujets.
05:03Exactement.
05:04Il faudrait qu'on se forme au geste des premiers secours, tous, beaucoup mieux dans ce pays.
05:07Merci beaucoup Marina Clément.
05:08De rien.
05:08Il est simple.
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