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Alain Bauer, criminologue et professeur émérite au CNAM, était l'invité de BFMTV ce lundi 15 juin.
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00:00Et à Evian avec un accord arraché la nuit dernière avec l'Iran, un pré-accord, on a expliqué tout
00:05à l'heure
00:06que la signature définitive aurait lieu vendredi, qu'ensuite il y a une très longue période qui va s'ouvrir
00:11de deux mois
00:12pour discuter de beaucoup de choses dont on ne sait pas aujourd'hui si elles sont ou non dans l
00:16'accord.
00:17Mais est-ce qu'il a raison de se réjouir et est-ce qu'on a raison nous de nous
00:20réjouir ?
00:21Lui de toute façon il a gagné parce qu'il a décidé qu'il avait gagné.
00:25J'ai écrit un livre complet sur pourquoi Trump de toute façon ne pouvait pas perdre
00:29et qu'en tout état de cause et quoi qu'il arrive il aurait gagné.
00:32Donc il ne pouvait que gagner quoi qu'il en soit.
00:36Deuxièmement ça n'est pas un accord, c'est un mémorandum en vue d'un protocole
00:39qui pourrait permettre de déboucher sur un accord.
00:41C'est une matrioshka, c'est une poupée gigogne.
00:43Il y a un accord sur le fait qu'on va se parler, c'est un tout petit accord d
00:48'après ce que j'ai compris.
00:49Ce sont quelques lignes, la signature électronique, c'est pas comme quand vous achetez votre maison parce qu'il y
00:55a 392 pages.
00:56C'est un tout petit protocole qui vise à ouvrir un deuxième élément un peu plus structuré, le 19 effectivement,
01:03qui permettrait ensuite pendant un temps indéfini avec des rebondissements permanents
01:07qui pourraient vous permettre de faire des éditions spéciales pendant 60 à 90 jours,
01:11d'avoir tout ce qui peut se produire au Liban parce qu'il y a un Gus qui n'est
01:16pas d'accord au fin fond d'un bout du Détroit
01:20et qui va envoyer un drone, un missile ou une vedette.
01:24Vous savez qu'il y a eu des manifestations contre le ministre des Affaires étrangères organisées et tolérées par le
01:28régime à Téhéran
01:30avec des parlementaires.
01:32Donc tout ça n'est pas si simple.
01:33Mais voilà, il y a l'affaire libanaise, ce qui a été dit tout à l'heure était très juste
01:38sur éradication ou pas du Hezbollah
01:42et décision ou pas du Hezbollah de se laisser éradiquer, de s'arrêter ou pas.
01:46Je précise que le Hezbollah n'a jamais rien décidé.
01:48Ce sont des cadres, des gardiens de la révolution iranien qui dirigent les batteries de missiles et de lance-roquettes
01:54du Hezbollah.
01:54Et d'ailleurs depuis le début, c'est eux qui ont appuyé sur le bouton contre l'avis de la
01:58branche dite politique du Hezbollah libanaise,
02:01c'est-à-dire les chiites d'Amal.
02:02Donc voilà, les rebondissements vont être permanents.
02:06Mais il y a effectivement une signature et c'est la bonne nouvelle de la journée.
02:09Et il y a quand même une bonne nouvelle avec quelques astérix en bas du contrat.
02:12Vous venez très bien de le dire à la moire.
02:14Est-ce que tous les chefs d'État et de gouvernement qui vont serrer la main dans quelques instants à
02:18Donald Trump,
02:18finalement, sont là pour payer les pots cassés de la guerre lancée par le président américain ?
02:24On parlait tout à l'heure d'hormuz, péage ou pas péage.
02:28Frais de maintenance.
02:29Frais de maintenance, comme vous le dites.
02:30Mais est-ce que finalement, là, ils ne sont pas en train de payer la facture de la guerre ?
02:34Et est-ce qu'ils auront l'occasion ou l'envie de lui en parler ce soir ?
02:37Ça fait longtemps qu'ils payent les pots cassés de la guerre.
02:40Pas seulement les Japonais, les Philippines, les Vietnamiens, la quasi-totalité de l'Asie, l'Inde.
02:46Nous, indirectement, parce que nous ne sommes pas directement sur l'essentiel de la partie pétrolière,
02:51un peu sur le gaz et encore, les destinataires des exportations concernées,
02:56mais que le prix mondial a fait en sorte que nous en avons eu des répercussions.
02:59Les Américains ont eu également la même chose par rapport à leur inflation locale,
03:04qui est très élevée et avec un vrai sujet qui est devenu dangereux.
03:08Mais en même temps, Donald Trump signifiait qu'il augmentait les exportations sur le prix du marché mondial,
03:13donc que ça lui rapportait de l'argent.
03:14Les ventes d'armes sont aux bénéfices des États-Unis et des bénéfices des États-Unis seulement.
03:19Le contrôle des armes vendues reste aux bénéfices des États-Unis.
03:23Donc oui, le monde entier paye pour les États-Unis.
03:26Avant, on payait pour le déficit budgétaire.
03:28Maintenant, on paye pour le déficit budgétaire et le reste.
03:31Et le reste. En tout cas, ce qui est sûr, Elsa Vidal, c'est qu'il y a une sorte
03:34de plan
03:36mis en place par la France à l'occasion de ce sommet déviant pour cajoler Donald Trump.
03:41L'objectif étant qu'il ne claque surtout pas la porte.
03:43Ça est arrivé récemment, il y a un an, au sommet au Canada.
03:47Là, il y a vraiment un traitement de faveur pour le président américain.
03:49Racontez-nous tout ça.
03:50Il y a un traitement de faveur, évidemment, puisque Donald Trump est un personnage dont les humeurs ont un impact
03:56sur l'état du monde entier.
03:59Peut-être de manière plus importante, sur la guerre ou la paix et l'économie mondiale.
04:03Et c'est donc un homme dont on connaît certains goûts.
04:05Vous savez qu'à la Maison Blanche, il a aussi son distributeur de Coca-Cola.
04:10Vous voulez dire qu'on a emmené le distributeur de Coca-Cola à Evian ?
04:12Alors non, on n'est pas allé jusque-là, mais les services du protocole ont quand même prévu que, même
04:17en cas de gastronomie française,
04:19le président américain puisse avoir accès à sa boisson préférée.
04:23On a aussi, bien sûr, vanté les mérites de l'hôtel qui accueille ce G7.
04:28C'est un très grand hôtel qui en a déjà accueilli et qui a une tradition diplomatique importante, qui remonte
04:33aux années 30.
04:34Et il y a un practice de golf pour que le président américain puisse aussi se détendre et pratiquer cette
04:41activité qui est la plus chère,
04:43puisqu'il y consacre beaucoup de temps au quotidien.
04:46Il y aura, bien sûr, le tête-à-tête avec notre président et une réception avec un dîner qui n
04:51'est pas véritablement un dîner de gala,
04:53mais c'est un dîner où on veut mettre Donald Trump dans les meilleures dispositions possibles.
04:59Alors, le lieu de la rencontre à Versailles est quand même très particulier.
05:02Elle est ambivalente. On a entendu des représentants politiques critiquer ce choix et dire qu'on ne devrait pas traiter
05:10aussi bien Donald Trump.
05:11On peut tout à fait le comprendre.
05:12Mais la galerie des glaces où il va se promener, qui est un lieu particulièrement, je pense, porteur pour un
05:19narcissique aussi intéressé à sa gloire,
05:22puisque plus de 350 glaces, c'est aussi le lieu de la puissance et de la magnificence française.
05:28C'est une galerie qui a été conçue pour montrer la domination de la France sur l'Europe.
05:33Donc, ce n'est pas un lieu qui est amené à juste valoriser Donald Trump.
05:37C'est lui dire, vous nous parlez ici en un lieu de pouvoir et la France aussi est une source
05:42de pouvoir.
05:43Alors, ne nous cachons pas non plus derrière notre gloire passée.
05:47Donald Trump est particulièrement sensible à l'exercice de son pouvoir.
05:51Mais il a déjà en France été à Notre-Dame.
05:54Il a déjà en France été au restaurant Jules Verne de la Tour Eiffel.
05:58Il sera à Versailles dans cette galerie.
06:00Oui, il faut faire des efforts.
06:01Mais c'est en fait la base de la diplomatie.
06:03Ce n'est pas un traitement spécial.
06:05C'est la base de la diplomatie.
06:07Mettez votre interlocuteur dans les meilleures conditions possibles pour obtenir le maximum de lui.
06:11Il fallait offrir Versailles à Donald Trump.
06:15Alors qu'on voit, voilà, pardon, je vous interromps Alain Bauer, Brigitte et Emmanuel Macron
06:18qui quittent donc cet hôtel qui domine Evian et le lac
06:24et qui se préparent à accueillir les chefs d'État et de gouvernement pour certains
06:28qui vont arriver dans les instants, dans les minutes qui viennent.
06:33Voilà, le couple présidentiel.
06:35Versailles, bonne idée ou pas ?
06:36Tout est une bonne idée.
06:38Elsa a totalement raison.
06:39Alors, j'ai juste une inquiétude.
06:40La dernière fois, il a récupéré l'Arc de Triomphe pour en mettre un à Washington.
06:44La Galerie des Glaces à la Maison-Blanche.
06:48Il y a déjà de gros travaux pour la salle de bal.
06:51Peut-être va-t-elle se transformer aussi en Galerie des Glaces.
06:54Mais à part ça, elle a parfaitement raison.
06:56De toute façon, Talleyrand a sauvé la France au Congrès de Vienne par la gastronomie.
07:01Si on peut préserver quelques-uns de nos intérêts et celles de nos collègues européens
07:06plus vassalisés que nous.
07:08Et c'est d'ailleurs intéressant que le sommet se passe en France et dans ces conditions-là.
07:13Ça permette aussi un rabibochage sur la question ukrainienne qui n'est pas du tout secondaire.
07:18Là, l'enjeu est tellement important que n'importe quoi est bon à prendre.
07:22Ça va mieux entre Emmanuel Macron et Donald Trump ?
07:24Ça a toujours été très bien.
07:26Il a eu des périodes un peu compliquées quand même.
07:28Mais non, il s'adore.
07:29D'ailleurs, il le dit.
07:29Je l'adore, donc je le déteste.
07:31Et c'est du pur Donald Trump, donc je le maltraite parce que je l'aime beaucoup.
07:34Et d'ailleurs, il commence toujours par « J'aime beaucoup Emmanuel, mais je te mets une baffe parce que
07:40où tu es, je ne t'ai pas vu.
07:42Tu es moins visible que d'habitude, etc. »
07:45Mais en fait, ils ont une relation assez curieuse et plutôt globalement pas si mauvaise que ça.
07:51Ça ne l'empêche pas.
07:52On a en tête, pardon Alain Bauer, l'image.
07:54Voilà, Donald Trump qui arrive en ce moment même.
07:57Le premier à rejoindre Willis Gosset, à rejoindre Emmanuel et Brigitte Macron.
08:04Et Donald Trump qui est venu sans Mélania, alors que les autres dirigeants du G7, par exemple le chancelier maire,
08:09c'est venu avec son épouse Charlotte.
08:10Donc il est seul.
08:12Il faut dire que l'emploi du temps a été serré.
08:14On sait pourquoi il est seul ?
08:15Non, mais ce qui est important, c'est qu'il soit là.
08:18Oui, exactement.
08:19Ce n'est pas ma question, mais c'est votre réponse.
08:21Mais c'est la bonne.
08:22Mais parce que ce n'était pas certain du tout.
08:24Et Versailles, si vous voulez, c'était la souris sur le gâteau.
08:27Mais aussi avec quand même la nécessité pour la France de célébrer aussi le 250e anniversaire de la Déclaration d
08:34'indépendance.
08:35Absolument.
08:35Et de rappeler le rôle de la France.
08:37Qu'est-ce qui se serait passé si la France n'avait pas envoyé son armée pour aider finalement les
08:42Américains ?
08:43Est-ce que ça serait la Grande-Bretagne, etc. ?
08:46Ce qu'on voit là, c'est prévu par le protocole, le fait que le président arrive, le président américain
08:50arrive en premier.
08:51Oui.
08:52Pour le mettre en valeur en quelque sorte.
08:53Si vous voulez, si on regarde les chiffres, l'économie américaine dans le G7 est largement majoritaire.
08:58Donc si vous voulez, oui, c'est une façon de...
09:00Et puis pour Trump, c'est très important.
09:02C'est l'importance qu'il attache aux gestes de ce genre.
09:06Donc oui, tout est fait pour que les choses se passent bien.
09:09Comme le disait Alain Bauer, il y a des dossiers cruciaux qui vont être sur la table demain matin.
09:14Je ne parle pas du Golfe, je parle de l'Ukraine essentiellement.
09:17Mais il y a aussi les sujets économiques.
09:19Donc c'est vrai que la crise du Golfe et la crise en Ukraine, voici Mme Mélanie, qui était venue
09:26avec sa fille tout à l'heure.
09:27On l'a vu à l'atterrissage à Genève.
09:29Il y en a qui viennent sans leur femme et il y en a d'autres qui viennent avec leur
09:31fille.
09:32On a rarement vu le compagnon de Mme Mélanie depuis qu'elle est au pouvoir, qu'elle est présidente du
09:38Conseil italien.
09:40Mais oui, donc si vous voulez, il y a des dossiers très importants, ne serait-ce que par exemple la
09:47question de l'intelligence artificielle.
09:49Quelle régulation ? Le monde est inquiet avec ces robots qui pensent à notre place et qui pourraient penser demain
09:56encore plus.
09:57Il faut réguler. Les Américains sont contre.
09:58Je reviens sur cette image.
10:00Aujourd'hui, au sein du G7, il y a les pros, il y a les anti-Trump.
10:04Là, on est plutôt dans une alliée de Donald Trump.
10:08Dans quelques instants, c'est la première ministre japonaise qui va arriver, celle qu'on surnomme la Trump japonaise aussi.
10:14Il a aussi ses alliés à l'intérieur du G7.
10:17Ce n'est pas lui contre le reste du monde.
10:20Il n'y a pas d'ennemi de Trump à l'intérieur du G7 ?
10:23Personne ne peut être l'ennemi de Trump.
10:24Si on est ennemi de Trump, on n'est pas au G7 ou Trump n'est pas là.
10:27D'ailleurs, le seul qui manque de son point de vue, c'est Vladimir Poutine,
10:31parce qu'il avait même établi l'idée qu'il pourrait peut-être revenir
10:35parce qu'il était nécessaire que dans le cadre des pourparlers qui...
10:40Et d'ailleurs, en Corrède, il était prévu que cette option soit sur la table s'il avait accepté le
10:45plan de paix de Donald Trump.
10:46Sur la chancelier allemand, avec son épouse Charlotte.
10:49Un personnage important, notamment sur la question de l'Ukraine et aussi des déséquilibres économiques.
10:54On pense aux voitures électriques qui arrivent et à la Chine, qui est un peu l'éléphant dans la salle.
11:01Donc, il y a une photo de groupe importante.
11:04C'est vrai qu'il y a beaucoup de désaccords à l'intérieur de ce sommet.
11:09C'est vrai que la Premier ministre, Sanae Takahichi, est la plus proche de Trump.
11:13Ensuite vient Mme Meloni, mais qui a quand même un peu fait évoluer sa position.
11:17Elle reste quand même assez amicale avec Donald Trump.
11:22Depuis le départ de M. Orban, il n'y a plus beaucoup de pro-Trump au sein de l'Union
11:26Européenne.
11:28Non, mais après, il est important de préciser aussi qu'il ne faut pas toujours confondre dépendance et proximité.
11:35Il y a des pays qui sont très alignés officiellement sur les positions de Donald Trump.
11:40Voilà Keir Sarmer avec son épouse Victoria, le Premier ministre britannique, qui est en grande difficulté en Grande-Bretagne.
11:45Le futur ex-Premier ministre.
11:47Qui pourrait perdre le pouvoir.
11:49Non, non, tout à fait, mais Sanae Takahichi, la Première ministre japonaise,
11:52elle est extrêmement maltraitée par Donald Trump publiquement,
11:55qui faisait des références à Pearl Harbor lors de leur rencontre dans le bureau Oval.
12:00Elle n'est pas véritablement Trumpiste.
12:03Elle est en revanche dans une situation de très grande dépendance stratégique face à la Chine.
12:06Elle a très peur d'être lâchée par Donald Trump face à la Chine.
12:10Et Donald Trump lui demande des investissements massifs dans la défense.
12:13Elle est obligée également de se trouver des portes de sortie,
12:17parce qu'elle a une dépendance au pétrole qui passe par Hormuz absolument gigantesque.
12:22Donc, elle est surtout dans une grande dépendance.
12:25Et elle doit sauver le Japon, l'économie japonaise, a fortiori, de cette grande dépendance aux États-Unis.
12:30Et ça, c'est un défi.
12:32Tous ceux qui sont là sont, en quelque sorte, sous le joug de l'économie américaine
12:37et surtout des décisions extrêmement brutales, mercantilistes et agressives de Donald Trump.
12:44Un grand changement dans la politique étrangère américaine.
12:46Alain Bauer, de tous les visages qu'on voit là, qui sont les hommes et les femmes les plus puissants
12:51du monde,
12:51qui, ce soir à table, dans quelques minutes, peut dire à Donald Trump
12:55qu'il est allé trop loin avec l'Iran
12:59ou qu'il refuse aujourd'hui de payer pour passer le détroit d'Hormuz ?
13:04Personne.
13:06Personne.
13:07Et vous êtes facile ? Personne.
13:08Les Canadiens ?
13:09Voici le Premier ministre canadien qui est accompagné de son épouse Diana Fox.
13:14C'est important le Canada, parce que le discours du Premier ministre canadien en Europe récemment
13:19a été celui d'une alliance des puissances moyennes dont fait partie la France, mais aussi l'Allemagne,
13:24pour faire face justement à l'Empire américain.
13:27Et donc, ce n'est pas vraiment un allié de Donald Trump qui est là au G7.
13:31Il va aider certainement les Européens à essayer de trouver des compromis, notamment sur les questions économiques.
13:36C'est vraiment difficile.
13:37La condition de ne pas perdre l'Alberta dans un référendum qui arrive et qui est moins facile qu'il
13:41n'y paraît.
13:42Alberta, principale puissance pétrolière du Canada, de l'Ouest canadien,
13:46dont la Première ministre est à peu près aussi trumpiste que Donald Trump ou qu'un élu maga,
13:52et qui laisse faire ce référendum un peu comme David Cameron avait laissé le référendum du Brexit,
13:58n'y croyant pas, tout en se disant qu'une surprise n'est pas impossible.
14:01Canada, donc, risque d'être extraordinairement affaibli, ne serait-ce que par l'idée que ce référendum puisse connaître un
14:10succès.
14:10Après la photo, ou les photos, là, on aperçoit la Première ministre japonaise qui arrive à son tour,
14:16est-ce que c'est vraiment utile à la mourir un G7 aujourd'hui ?
14:20Est-ce qu'ils ont besoin de se voir, de se parler de près ?
14:24Parce qu'après tout, évidemment, tous peuvent s'appeler à longueur d'année pour se féliciter ou autre chose.
14:30Ça sert encore ce genre de rendez-vous aujourd'hui ou pas ?
14:32Toutes les réunions servent toujours, et puis le fait d'avoir un effet de groupe est toujours utile.
14:38On l'a vu d'ailleurs dans des épisodes précédents.
14:41On commence avec l'idée que ça ne sert à rien, et puis il arrive que quelque chose se produise,
14:46qu'un accord puisse être retrouvé au dernier moment.
14:50Donc oui, les G7 sont toujours utiles.
14:52Après, le format du G7 est un peu handicapé par ceux qui manquent,
14:57parce que le G7 est marqué par l'histoire ancienne de l'Occident dominant.
15:02Il y a un petit affaiblissement avec ceux qui sont partis et une difficulté avec ceux qui ne sont pas
15:07rentrés.
15:08Donc il est certain qu'on est dans une phase beaucoup plus complexe que quand l'idée même du G7
15:14a été mise en place,
15:15c'est-à-dire les années 70.
15:17Là, on est dans autre chose, et le moment est probablement venu de revisiter l'état réel du monde,
15:23de l'économie du monde, des évolutions du monde.
15:27– Rappelons que c'est Valéry Chardestin qui a créé le G7, à l'époque c'était un G2 avec
15:31Gérald Ford,
15:32ils se sont retrouvés au bord d'une piscine en maillot de bain.
15:34– Dans la piscine.
15:35– Dans la piscine.
15:36– Ah oui, c'était plus simple qu'aujourd'hui.
15:38– Plus décontracté.
15:39– Plus décontracté, il y a peut-être une piscine à y avoir.
15:41– C'était une très bonne idée, et c'est très important de pouvoir se parler, surtout en période de
15:45crise.
15:46Et on peut dire que ce G7 tombe à pic, et ajoutons qu'il y aura d'autres pays qui
15:50sont associés,
15:50notamment le Qatar, l'Arabie Saoudite, qui vont venir pour parler du golf.
15:53– Antonio Costa qui arrive, le président du Conseil européen.
15:56– Oui, il y a des gestes qui ont vraiment été faits pour essayer justement de ne pas enteriner par
16:01ce G7
16:02une coupure avec les pays des Sud, pour montrer qu'il y a quand même une prise de conscience
16:06qu'on doit gérer et la crise et la prospérité de manière plus partagée, plus égale, plus équitable.
16:13– Question piège, il manque qui là ?
16:15– Il manque le président du Ghana, qui est l'invité spécial, je dirais, d'Emmanuel Macron.
16:20Ça fait suite au sommet qui a eu lieu au Kenya au mois de mai dernier.
16:24C'est important parce que c'était une forme de rupture.
16:26La France ne s'intéresse plus seulement aux précarés africains, mais aussi à l'Afrique anglophone,
16:30l'Afrique de l'Est, qui est économiquement extrêmement importante.
16:33– Et Ursula von der Leyen ?
16:34– Elle va arriver, elle a atterri tout à l'heure à Genève,
16:37donc effectivement elle va certainement arriver dans les minutes qui viennent, dans les secondes qui viennent.
16:42– Eh bien il suffit de la demander.
16:43– Et la voici.
16:44– Vous avez une puissance, un pouvoir de déclencher les arrivées à distance.
16:48Voilà, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
16:52et son mari également qui arrive.
16:55On est presque au complet, le dîner va pouvoir commencer dans quelques minutes.
16:59Il y a encore une photo de famille au grand complet qui est prévue, c'est ça dans le protocole
17:04?
17:04– Probablement il fait beau, là c'est le moment des retrouvailles si j'ose dire,
17:11et avant la discussion qui aura lieu au cours du dîner,
17:15avec certainement beaucoup, beaucoup de petites apartés,
17:19puisque l'intérêt du G7 c'est que c'est assez informel malgré les apparences.
17:23Ça permet aux dirigeants de parler sérieusement, mais en tête à tête, sans caméra, sans micro, sans protocole.
17:30– Alors il y a cette réunion, il y a ce G7 qui se tient en ce moment côté français,
17:34à Evian, mais il y a un autre sommet dont on va parler à présent avec vous Alain Boer
17:38et avec vous Raphaël Grablis, c'est le sommet de la Tech qui se tient de l'autre côté du
17:42lac,
17:43à Genève, certains des géants de la Tech sont réunis,
17:45notamment pour réfléchir à une chose qui est importante,
17:48on en a déjà parlé ces derniers mois,
17:49c'est l'usage de l'intelligence artificielle dans la guerre Raphaël.
17:53– Exactement, alors qu'on est peut-être au début de la fin de la guerre d'Iran,
17:56je voulais revenir avec vous sur ces images,
17:59ces images d'une école en Iran qui a été bombardée au tout premier jour de la guerre,
18:04le 28 février, alors elles vont peut-être apparaître.
18:06– On les voit derrière vous rapidement.
18:08– Exactement, 120 enfants iraniens qui sont tués, selon différents médias.
18:12L'armée américaine avait frappé par erreur en utilisant des informations obsolètes
18:17pour déterminer la cible, sauf que ce ciblage,
18:20il est en partie automatisé grâce à de l'intelligence artificielle,
18:25c'est nouveau et ça implique des questions éthiques, notamment suite à ce drame.
18:29– C'est donc une IA, une intelligence artificielle, qui aurait tué ces enfants ?
18:33– Alors non, pour deux raisons, d'abord parce qu'on attend les conclusions de l'enquête,
18:35il faut le préciser, et ensuite c'est toujours un humain qui appuie sur le bouton.
18:39En revanche, ça va beaucoup plus vite qu'avant.
18:41Brad Cooper, le commandant américain du Senkom,
18:44se vantait notamment d'un gain de temps considérable,
18:47jusqu'à 1000 cibles iraniennes frappées en 24 heures,
18:51une cadence qui est impossible à tenir sans l'aide de la machine.
18:54– Concrètement, ça fonctionne comment l'IA en temps de guerre ?
18:57– À peu près comme les films futuristes des années 90,
19:00vous voyez à l'écran une démonstration de Palantir,
19:03c'est le géant américain de la tech qui fournit notamment sa technologie au Pentagone,
19:07avec une IA qui analyse des milliers de photos satellites,
19:11des milliers d'heures de vidéos de drones,
19:12ce serait tout simplement impossible à faire pour un humain,
19:15pour identifier des cibles potentielles,
19:17et les militaires n'ont plus qu'à cliquer sur un bouton,
19:20sur le bouton validé, là vous le voyez juste à droite,
19:23le bouton validé qui déclenche ensuite une frappe,
19:25en espérant, je précise que l'IA ne s'est pas trompée,
19:28le patron d'Entropie, qu'on en a parlé il y a quelques minutes,
19:30autre partenaire du Pentagone, il était interrogé sur le sujet,
19:33la semaine dernière, il confessait ne pas savoir
19:36si son intelligence artificielle avait été impliquée
19:39dans la frappe qui a tué les 120 enfants iraniens.
19:42– Une guerre entièrement pilotée par des ordinateurs,
19:45vous y croyez un jour ?
19:45– Ah bah moi j'ai regardé Terminator il n'y a pas longtemps,
19:49j'ai aucun problème, la science-fiction est toujours en retard
19:52sur la réalité, elle la prédit, elle la prévoit,
19:56elle la met en scène, mais la réalité la dépasse toujours,
19:59ce qu'on ne sait même pas encore de ce que font les outils,
20:03notamment Mythos et Fable 5, où nous n'avons plus accès
20:06depuis 48 heures, et c'est un signe très intéressant,
20:09parce que…
20:09– Ce sont les derniers outils d'intelligence artificielle,
20:11d'entropique, que Donald Trump a interdit aux non-américains.
20:15– Oui, aux non-américains, y compris présents sur le territoire américain,
20:19ce qui est assez complexe à traiter, mais pourquoi pas,
20:23la problématique qui est donnée, c'est qu'actuellement,
20:28les dirigeants d'entropique ont peur de leurs propres outils,
20:32ont peur de leurs propres outils, dont ils ne savent pas maîtriser les choses.
20:36Et je reviens, pardon, sur l'école en question,
20:39il se trouve que l'intelligence artificielle n'est pas très intelligente,
20:41elle va le devenir, elle cumule et elle compile
20:44à une vitesse folle des données anciennes.
20:46Il se trouve que l'école en question est construite à côté
20:49d'un ancien et d'un actuel caserne des gardiens de la Révolution,
20:53dont le périmètre a évolué dans le temps,
20:56et l'enquête montre, notamment chez Bellingcat et quelques autres,
20:59à quel point, sur la base du plan ancien de l'équipement en question
21:04par rapport à l'extension de l'école,
21:06il est parfaitement possible que l'IA ait dit que ceci est une installation militaire,
21:11alors que c'était devenu une installation civile.
21:14Et l'ancienneté des images, pour une intelligence qui ne fait que compiler
21:18et pas analyser, c'est la différence essentielle qui existe,
21:23alors que les nouvelles formes d'intelligence artificielle
21:26deviennent intelligentes, créatives elles-mêmes,
21:28et génératives, comme on dit,
21:30et qu'elles permettent éventuellement de contrôler, par exemple,
21:34une frappe multiple,
21:36avec un opérateur qui n'est plus celui qui appuie sur le bouton,
21:39mais qui contrôle que les cibles sont, entre guillemets, valables.
21:45Et vous avez déjà, notamment chez les Anglais et les Américains,
21:48qui ont beaucoup d'unités mixtes, missiles et antimissiles,
21:52qui s'en sont servies d'ailleurs en Afghanistan,
21:54des problématiques qui ont déjà été identifiées,
21:56de frappes multiples, plus ou moins calibrées,
22:00avec des outils informatiques qui n'étaient pas encore de l'IA,
22:02mais qui commettaient aussi des erreurs sur la base de données inexactes.
22:08Parce que le problème, c'est la donnée.
22:09Mais ça veut dire que dans 10 ou 20 ans,
22:11c'est le pays qui aura l'IA la plus puissante ?
22:13Dans 10 ans ?
22:14Dans un an ?
22:15Dans un an ?
22:16Qui gagnera la guerre ?
22:17Oui.
22:17Ah non ?
22:18Non, parce que les autres auront aussi de l'IA.
22:20Oui, mais...
22:20Non, non, l'IA, tout le monde s'y est mis.
22:22La question, elle est d'abord le stock de données disponibles,
22:26pour nourrir l'IA.
22:27Les Américains ont une avance considérable,
22:30de même que les Chinois.
22:32Pour l'instant, il y a une sorte de débat.
22:33Ensuite, il y a la puce qui permet de tout faire fonctionner.
22:36Pour l'instant, les puces, elles sont taïwanaises
22:38et elles sont américaines, Nvidia, TSMC.
22:41Il y a une puce anglaise,
22:43qui a survécu à des tentatives de prise de contrôle étrangère,
22:47et une puce hollandaise, graveur de puces.
22:50Donc, ce sont des enjeux de souveraineté industrielle considérables,
22:53dans lesquels nous ne jouons pas, malheureusement.
22:55Et puis, il y a la montée très forte de Huawei en Chine,
22:59qui dit désormais,
23:01la manière dont ils l'ont fait relève toujours du débat
23:03sur qui espionne qui et dans quelles conditions,
23:06mais désormais, nos puces sont aussi intéressantes
23:09que celles de Nvidia.
23:10Il se trouve que Nvidia a vendu beaucoup de puces
23:12à des gens dont on se demande
23:14à quoi elles ont bien pu servir,
23:15si ce n'est à contourner l'embargo.
23:18Et là, vous avez un enjeu aujourd'hui,
23:20où Chine et Etats-Unis jouent un jeu essentiel
23:24de contrôle véritable de l'avenir de la planète
23:28sur ce terrain-là,
23:29et les deux sont désormais à égalité.
23:32et les deux sont désormais à égalité.
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