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  • il y a 7 heures
Policier

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00:00...
00:22Il est 8h30 du matin à Carson en Californie dans le bassin de Los Angeles.
00:29L'employé d'une entreprise vaque à ses affaires quand il entend des rafales de coups de feu à l
00:42'extérieur.
00:46En percevant ce sont caractéristiques, il se baisse instinctivement.
00:52Quand la fusillade s'arrête, il sort sur le parking et découvre un SUV rouge avec une femme à l
01:04'intérieur couverte de sang et affalée sur le volant.
01:10Il l'observe, visiblement elle est morte.
01:17Appelle les urgences !
01:23Vite !
01:26Une fusillade dans un parking, en plein jour, qui est la victime ?
01:32À qui profite ce crime et qui pouvait lui en vouloir à ce point ?
01:41Tout au long de ma carrière, j'ai enquêté sur des affaires de meurtre.
01:46Mais je ne suis pas le seul à avoir répondu à l'appel du devoir.
01:51D'autres comme moi sont nés pour résoudre l'insoluble.
01:55Pour mettre la main sur des tueurs impitoyables.
01:58Et pour rendre justice aux victimes.
02:02C'est ça, être un American detective.
02:15Je suis Louis Aguilera, inspecteur à la criminelle pour le bureau du shérif du comté de Los Angeles.
02:22À l'âge de 7 ou 8 ans, j'ai assisté à un homicide dans mon quartier.
02:28J'ai alors su que je voulais consacrer ma vie à rechercher ce genre de personnes.
02:37L'inspecteur Aguilera est un spécialiste des enquêtes criminelles, avec quelques 350 affaires à son actif.
02:47Salut Franck !
02:48Le matin du 8 octobre, mon partenaire et moi ont regardé les infos.
02:53T'as vu ça ?
02:55Sur l'un des téléviseurs du bureau.
02:58Et on a vu qu'une personne avait été tuée par balle.
03:02On s'est dit, cette affaire est pour nous.
03:06Il était ferré, comme qui dirait.
03:10Aguilera ?
03:10Et l'affaire lui revient.
03:13Moins d'une heure après, on a reçu le fameux appel officiel qui nous donnait plus de détails sur l
03:19'incident.
03:22On y va.
03:25On est partis dans la foulée.
03:35Sur place, l'officier de terrain nous a briefés.
03:40La victime était une femme de 30 ans, répondant au nom de Véronica Reyes.
03:47Les employés de l'entreprise la connaissent.
03:49Ils disent qu'elle a des enfants, qu'elle est probablement mariée, et qu'elle a dû être tuée au
03:55moment d'arriver à son travail.
03:57Après des coups de feu, des collègues sont sortis et l'ont trouvé là.
04:00Elle était responsable dans une entreprise de logistique.
04:03D'après ses collègues, c'était une femme joviale qui travaillait dur.
04:09On a tout de suite vu la victime.
04:15Elle était allongée par terre, recouverte par un drap.
04:22Les coups de feu ont défiguré cette femme.
04:25Elle a reçu deux balles dans la tête.
04:27Dont une qui lui a brisé la mâchoire, lui déformant le visage.
04:32La mort déforme, elle aussi.
04:36J'ai remarqué comme des pointillés sur son visage.
04:40Quand il y a de la poudre à canon, des métaux et d'autres choses sur le visage, ça indique
04:46que les coups de feu ont été tirés à bout portant.
04:52Le suspect se trouvait juste au-dessus d'elle.
04:57En traversant le parking, j'ai vu de nombreuses douilles de balles.
05:03On a aussi remarqué que les vitres de la voiture avaient volé en éclats et qu'il y avait des
05:09impacts de balles sur la carrosserie.
05:15Ils récupèrent huit douilles à l'intérieur même du véhicule.
05:19C'est du calibre 40.
05:21Le tireur était si proche que quand les douilles sont sorties de l'arme,
05:25elles sont entrées par la vitre brisée et ont fini sur le plancher de la voiture.
05:35C'est une tentative de vol de voiture ?
05:38Pas sûr.
05:39On se demande toujours comment et pourquoi le crime a eu lieu.
05:44Est-ce un vol de voiture ?
05:45Non.
05:46Pourquoi ?
05:47Trop de coups de feu.
05:50Ni la voiture, ni rien d'autre n'ont été volés.
05:55C'est un meurtre pur et simple, pas un vol de voiture.
06:01Il y a un autre véhicule ici.
06:04L'agent de patrouille désigne un 4x4 qui a été légèrement endommagé, frotté ou frôlé au niveau du pare-choc,
06:12ainsi qu'un arbuste certainement écrasé par une voiture.
06:17Est-ce lié au crime ?
06:18Probablement.
06:20Est-ce qu'on a des vidéos de surveillance ?
06:22Pas encore.
06:23La rue où le meurtre a eu lieu comprend plusieurs entreprises de logistique,
06:27qui gèrent la livraison de marchandises.
06:30Or, la loi oblige ces entreprises à avoir des caméras de surveillance sur leurs bâtiments.
06:37On nous a alors annoncé que l'une d'elles avait filmé le meurtre.
06:46Sur les images, on voit Véronica arriver sur le parking dans sa voiture rouge.
07:02Dès qu'elles s'arrêtent, ce qui ressemble à une BMW noire s'immobilise juste à côté.
07:11Et le conducteur sort si vite qu'il en oublie de mettre le frein à main.
07:17Le tueur est si concentré sur sa cible, qu'il saute d'un véhicule encore en mouvement,
07:23sans se rendre compte que la BMW recule sur le parking.
07:29Il ne pense clairement qu'à une chose, tuer cette personne.
07:35Il s'est précipité sur elle, sans lui laisser le temps de sortir.
07:42Et lui a tiré dessus plusieurs fois.
07:46Il a les pieds écartés pour un meilleur équilibre,
07:50et il ouvre le feu.
08:03La terreur qu'a dû ressentir Véronica à ce moment-là,
08:07c'est à ça que j'ai pensé en découvrant ces images.
08:10Je me suis mis à sa place,
08:12en me demandant ce que je ferais
08:16si on me tirait dessus.
08:19Elle tente de faire marche arrière pour s'enfuir,
08:21mais il est déjà trop tard.
08:23Sa voiture est alors en roue libre.
08:25Elle recule toute seule,
08:27parce que la conductrice est décédée,
08:29jusqu'à ce qu'un mur arrête sa course.
08:36Le tueur constate alors que sa voiture a elle aussi reculé.
08:40Elle a touché un autre véhicule,
08:43et a fini dans les buissons.
08:45Il sprint, remonte dedans,
08:49et disparaît en s'engageant dans la rue.
08:53Quand on voit des images pareilles,
08:56on aimerait que quelqu'un lui ait dit
08:58« N'allez pas travailler. »
09:01« Pas aujourd'hui, pas sur ce parking. »
09:03« C'est très dur à regarder. »
09:06« Ces images sont bonnes dans le sens
09:08où elles montrent ce qui s'est passé. »
09:11« On voit le type de voiture,
09:12et on obtient une description globale du suspect. »
09:16« On distingue sa casquette, son t-shirt et ses chaussures. »
09:21« Mais on n'a pas de numéro d'immatriculation,
09:23ni aucun détail marquant concernant le tireur. »
09:27« C'est donc un meurtre qui a été filmé. »
09:30« Rien de plus. »
09:32Il serait bon de retrouver cette voiture. »
09:36L'enquêteur en chef lance donc un avis de recherche
09:38sur une BMW noire,
09:40conduite par un homme armé
09:42et potentiellement dangereux.
09:45« S'il vous plaît, ma sœur travaille ici. »
09:48« Un parent de Véronica est arrivé. »
09:51« On a l'obligation de parler à la famille. »
09:54« C'est dur. »
09:56« Mais je ne suis pas là que pour résoudre une enquête. »
09:59« Je dois m'occuper de ces gens. »
10:01« Je peux vous aider ? »
10:03« Je parlais à ma sœur sur son portable
10:04alors qu'elle arrivait au travail. »
10:06« J'ai l'impression que quelque chose de grave est arrivé. »
10:08« J'ai entendu des crépitements. »
10:10Soudain, au milieu de la conversation,
10:13elle entend sa sœur crier
10:14« Oh non ! Oh non ! »
10:16puis des bruits d'explosion
10:18qui ressemblent à des coups de feu.
10:21« Éloignons-nous un peu. »
10:23Elle ignore manifestement
10:24ce qui s'est passé
10:25après le « Oh non ! »
10:26et les bruits intenses.
10:28C'est à Louis de le lui annoncer.
10:31« Votre sœur a été tuée. »
10:35« Non ! »
10:37« C'est terrible, mais nécessaire
10:40d'annoncer la mort d'un proche. »
10:42« Elle est dévastée par la nouvelle. »
10:45« Non ! Non ! »
10:47Avant de lui poser des questions,
10:49l'inspecteur la laisse reprendre ses esprits.
10:52« Non ! »
10:55« Y a-t-il quelqu'un
10:56qui aurait pu lui en vouloir ? »
10:59« En tant qu'enquêteur criminel,
11:00on ne s'intéresse pas uniquement
11:02au suspect,
11:03mais également à la victime. »
11:07« Je voulais donc avoir
11:08un aperçu
11:08le plus rapidement possible
11:11de ce qui se passait
11:12dans la vie de Véronica. »
11:15« Tout le monde l'aimait. »
11:17« C'était une super maman
11:18et une super sœur. »
11:21« Ma sœur et moi
11:22étions très proches. »
11:24« C'était le ciment de la famille. »
11:26« Une mère formidable. »
11:28« Une bonne amie. »
11:29« Et une sœur incroyable. »
11:31« Et mes parents en diraient sûrement
11:32la meilleure fille qui soit. »
11:35« Ma mère était très... »
11:37« Je ne sais pas si pétillante
11:39est le mot juste,
11:40mais elle avait
11:41beaucoup de personnalité. »
11:43« Elle aimait les gens. »
11:45« Elle aimait danser. »
11:46« Elle aimait rire. »
11:48« Son rire était loufoque,
11:49mais contagieux. »
11:52« Elle avait quatre jeunes enfants
11:54qu'elle avait eus
11:55avec son mari Carlos,
11:57dont elle avait partagé
11:58la vie pendant neuf ans. »
12:01« Ils s'étaient rencontrés
12:03au lycée. »
12:04« Donc, c'était
12:05un amour de jeunesse. »
12:07« Ils sont encore ensemble ? »
12:10« Ils sont séparés depuis peu. »
12:12« Quand elle l'a quitté,
12:14je lui ai dit
12:14de reprendre sa vie en main. »
12:17« Elle allait de l'avant. »
12:18« Elle redevenait indépendante. »
12:21« Je lui ai dit,
12:23vas-y, sors avec tes amis. »
12:25« Je gère les enfants. »
12:27« Elle sortait
12:28et fréquentait d'autres gens. »
12:30« Sa soeur explique
12:31à l'inspecteur
12:32que Véronica a rencontré
12:33d'autres hommes
12:34au cours des deux derniers mois. »
12:37« Qui sont-ils ? »
12:39« Je suis navré. »
12:40« Et peuvent-ils
12:41être impliqués ? »
12:43« Bien sûr que oui. »
12:44« Quelqu'un l'est, forcément. »
12:46« C'est un proche de la victime. »
12:49« Les meurtriers
12:49ont un mobile. »
12:51« On ne connaît pas encore
12:53celui-ci. »
12:54« Ça pourrait être quelqu'un
12:54qu'elle a rencontré récemment. »
12:57« La question est,
12:58qui ? »
13:02« La police cherche
13:03qui dans la mégalopole
13:05qu'est Los Angeles
13:05a pu prendre l'avis
13:07de Véronica Reyes. »
13:12« Alors qu'il se penche
13:13sur les nouvelles fréquentations
13:15de Véronica,
13:16l'inspecteur Aguilera
13:17espère que l'autopsie
13:18lui en dira plus. »
13:26« J'ai des résultats
13:28pour vous. »
13:31« On a appris
13:32qu'elle avait subi
13:3311 blessures par balle,
13:35dont 7 mortels. »
13:38« Les balles fatales
13:40se trouvaient dans
13:41la zone de l'abdomen,
13:42mais elle avait aussi
13:43été touchée à la tête. »
13:45« L'arme est un Glock
13:46de calibre 40. »
13:47« Pas d'autres armes
13:48impliquées,
13:49aucune blessure
13:49à l'arme blanche,
13:51rien de tout ça. »
13:53« Elle a aussi
13:53une grave blessure
13:54sur l'avant-bras gauche. »
13:58« Ça ressemblait
13:58à une blessure défensive.
14:00Quand elle a vu
14:01l'agresseur s'approcher,
14:02alors qu'elle se garait,
14:04elle a levé le bras gauche
14:05pour se protéger
14:06de ce qu'il s'apprêtait
14:07à faire. »
14:09« Véronica Reyes
14:10a passé les dernières
14:11secondes de sa vie
14:12à tenter de se protéger
14:13afin de rester en vie
14:15pour ses enfants.
14:17Malheureusement,
14:18en vain. »
14:23« On doit trouver
14:24son mari. »
14:25« Carlos Reyes ? »
14:26« Oui. »
14:26« Ils ont des raisons
14:27de vouloir parler
14:28à Carlos Reyes. »
14:30« Sa sœur a perdu sa trace
14:31après le départ
14:31de Véronica. »
14:32« D'abord,
14:33ils ne sont pas divorcés,
14:35seulement séparés.
14:36Il doit donc être informé
14:37de la mort de sa femme.
14:38Il est en outre
14:40responsable
14:40de quatre enfants
14:41qu'il va désormais
14:42devoir élever. »
14:44« Ensuite,
14:45quelles ont été
14:45les circonstances
14:46exactes de leur séparation ?
14:48Et connaîtra-t-il
14:49les nouvelles fréquentations
14:51de Véronica ? »
14:57« En bon enquêteur
14:58qu'il est,
15:00Louis Aguilera
15:01saisit le nom du mari
15:02dans le système informatique.
15:03A-t-il déjà été arrêté ?
15:05A-t-il déjà été
15:06en prison ?
15:08Qui est Carlos Reyes ? »
15:11« Tiens, tiens. »
15:13« Et il n'est pas déçu
15:14du résultat.
15:16Carlos n'est pas tout blanc.
15:19Il fait partie d'un gang,
15:22les Wilmas 13,
15:24le plus ancien gang hispanique
15:26de South Central.
15:27Un groupe
15:30particulièrement dangereux.
15:35J'ai travaillé 12 ans
15:36dans la police des gangs
15:37avant d'entrer
15:38dans la criminelle
15:39et il y a des gangs
15:41partout à Los Angeles.
15:44Principalement afro-américains
15:46et hispaniques.
15:48C'est un véritable fléau
15:50pour la société.
15:52C'est un syndicat du crime,
15:54la culture du narcotrafic,
15:57des armes à feu,
15:58de la violence.
16:01Personne n'est épargné.
16:04Le grand sud
16:06de Los Angeles,
16:08la ville de Compton
16:09et ses alentours,
16:11se trouve être une zone
16:12à forte criminalité.
16:15Les gangs
16:16y ont une très forte influence.
16:19Il y a des dealers
16:20et des toxicomanes
16:21avec les crimes violents
16:23qui en résultent.
16:26Los Angeles
16:27et le comté de Los Angeles
16:28ont toujours souffert
16:30des gangs
16:30depuis des milliers d'années.
16:33Les gangs chinois,
16:35les yakuza japonais,
16:38la Cosa Nostra sicilienne
16:40et j'en passe.
16:44Ces gangs existent
16:45parce qu'ils apportent
16:47à leurs membres
16:48quelque chose
16:49qu'ils ne trouvent pas
16:50chez eux.
16:53L'amour,
16:54le respect,
16:55l'acceptation,
16:57la discipline,
16:58le sens du devoir,
16:59toutes ces choses
17:01que l'être humain apprécie.
17:03Un sentiment d'appartenance.
17:06Et en échange,
17:08ces entreprises criminelles
17:10exigent une loyauté absolue.
17:13C'est la condition
17:14pour obtenir
17:15toutes ces autres choses.
17:17Les gangs sont un problème
17:19d'ordre social
17:19causé par un manque
17:20d'éducation,
17:22par l'incompréhension
17:23et par tout ce que la société
17:25a de dérégler.
17:28C'est à cause de ça
17:30que les gangs,
17:31dans les années 70 et 80,
17:34ont décidé d'adopter
17:35la stratégie
17:36des grandes entreprises.
17:38Ils ont créé
17:39des franchises.
17:41Ils ont créé
17:43dans tout le pays
17:44des petits groupes
17:45de Crips,
17:46de Bloods,
17:47entre autres,
17:48pour vendre
17:49leurs stupéfiants.
17:51Et les membres
17:53originels
17:53de ces entreprises
17:54criminelles
17:55en ont alors composé
17:57le conseil
17:57d'administration.
17:59Ils se sont
18:00énormément enrichis
18:02en vendant
18:03de la drogue
18:03à travers le pays.
18:05Une chose banale,
18:06à Los Angeles
18:07et dans le comté
18:08de Los Angeles.
18:12Il y a beaucoup
18:13de rivalités
18:14entre les gangs,
18:15mais si vous demandez
18:17à un jeune membre
18:18d'un gang
18:18pourquoi il déteste
18:20celui d'en face,
18:21je peux vous garantir
18:22qu'il ne saura pas
18:23quoi répondre.
18:24Il sait seulement
18:25qu'il a été formaté
18:26pour haïr les gars
18:27d'en face
18:28parce que leur gang
18:29porte un autre nom.
18:34T'en penses quoi ?
18:35Vengeance d'un gang rival ?
18:37Possible.
18:38Inspecteur s'interroge.
18:40Carlos aurait-il contrarié
18:42des membres
18:43d'un autre gang
18:43de rue
18:44qui auraient alors décidé
18:45de lancer des représailles
18:47non seulement
18:48sur Carlos
18:49mais aussi
18:50sur sa famille.
18:52Il faut aller voir
18:53Carlos Reyes.
18:54Ont-ils tué
18:55Véronica
18:56pour montrer à Carlos
18:56qu'ils étaient
18:57très sérieux ?
19:01Si l'époux
19:02fait partie d'un gang,
19:03c'est forcément
19:04une piste.
19:05Il faut alors
19:06envoyer une équipe
19:07sur le terrain
19:07pour poser des questions.
19:12Aguilera
19:13dépêche une unité
19:14chez les Reyes
19:14pour s'assurer
19:16qu'aucune action
19:16menée par un gang
19:17n'est en cours.
19:20Bureau du shérif,
19:22ouvrez !
19:35Je voulais être sûr
19:36qu'il n'y avait pas
19:37d'autres victimes
19:39alors j'ai envoyé
19:40des hommes
19:40pour faire un contrôle
19:42de sécurité.
19:45Aguilera.
19:46Inspecteur.
19:47Il n'y avait personne
19:48à l'intérieur.
19:49Ils ont cherché
19:50des victimes potentielles.
19:52La maison est vide.
19:53Mais ils n'ont rien trouvé.
19:55Il y a de la famille
19:56pas loin.
19:57La famille de Véronica
19:58nous a dit
19:58que la mère
19:59et la sœur de Carlos
20:00vivaient dans le quartier.
20:02Allez-y,
20:03je vais leur parler.
20:04J'ai donc demandé
20:05à ce qu'elle soit emmenée
20:06au poste de police local.
20:18Merci d'être venu.
20:21Quand je leur ai parlé,
20:22elles étaient au courant
20:24pour le meurtre.
20:25Elles sont aussi
20:26restées évasives
20:27quand je leur ai posé
20:28des questions
20:29sur Carlos
20:30et ses déplacements.
20:31Quand l'avez-vous vu
20:32pour la dernière fois ?
20:34Je ne sais pas.
20:35Je ne me souviens pas.
20:37ou sur ce qui venait
20:38de se passer ?
20:41Sa propre mère
20:42ne sait pas où il est ?
20:42C'est la réponse classique
20:44quand des gens
20:45ne veulent pas être impliqués.
20:47Où est Carlos ?
20:48Je n'en sais rien.
20:49Je ne me souviens pas
20:49où il est allé.
20:51Vraiment ?
20:52Vous ne savez pas
20:53où est votre propre frère ?
20:55Elle sait très bien.
20:57Mais elle ne le dira pas.
21:00Merci pour votre temps.
21:02Au cours de leur interrogatoire,
21:04ces deux femmes
21:05ne nous ont pas été
21:05d'une grande utilité.
21:08Mais quand on enquête
21:09sur un meurtre,
21:10il faut étudier
21:11toutes les pistes
21:12qui se présentent.
21:14Il nous fallait
21:15plus de preuves.
21:25inspecteur Aguilera
21:27et de ceux
21:27qui remusent
21:28ciel et terre
21:28pour trouver des preuves.
21:31Et il a appris
21:32qu'un shérif adjoint
21:33avait repéré
21:34une BMW
21:34noire abandonnée
21:37non loin
21:38de la scène de crime.
21:41un agent de patrouille
21:43voit une BMW
21:44noire
21:44correspondant
21:45à l'avis de recherche
21:46de Louis Aguilera.
21:49Véhicule suspect.
21:50Il prévient
21:51immédiatement
21:52l'inspecteur.
22:01C'est bien elle ?
22:03Oui.
22:04Le pare-choc est abîmé
22:05comme vous l'avez dit.
22:06Il y avait
22:07sur cette voiture
22:09des dégâts
22:10qui étaient cohérents
22:11avec les images
22:12de surveillance.
22:14Notamment
22:14des bouts d'arbustes
22:15sur lesquels
22:16elle avait roulé.
22:18En voyant ça
22:20l'inspecteur
22:21n'a plus de doute.
22:22Oui
22:23c'est bien
22:24ce véhicule.
22:26Demande un mandat
22:26au procureur.
22:27Ça marche.
22:29Il y a peut-être
22:29des empreintes
22:30des traces d'ADN
22:31des armes
22:32des munitions
22:33qui sait.
22:34C'est la voiture
22:35du tireur
22:35c'est sûr.
22:36Mais
22:37qui est-il ?
22:42Les enquêteurs
22:43obtiennent un mandat
22:44pour analyser
22:45la voiture
22:48ils y trouvent
22:49des canettes
22:51et tout un tas
22:52d'autres objets
22:53sans intérêt.
22:55Puis
22:55ils découvrent
22:57qu'il y a aussi
22:57un portefeuille.
22:59Étrangement
22:59son propriétaire
23:01a oublié
23:01de le prendre.
23:03Dans le portefeuille
23:04il voit
23:05un permis
23:06de conduire
23:07avec la photo
23:08de Carlos Reyes.
23:11Donc
23:12le mari
23:13de la victime.
23:14mais ça ne prouve
23:16rien.
23:17Quelqu'un d'autre
23:17a très bien
23:18pu conduire
23:19cette BMW
23:20noire.
23:22Je ne comprenais
23:23pas ce que faisaient
23:24ces objets
23:24dans cette voiture.
23:26Pourquoi les avoir
23:27laissés ?
23:30Il pense alors
23:31à une tierce personne.
23:33Il a peut-être
23:34été menacé
23:35par un homme armé
23:36qui a ensuite
23:36tué sa femme.
23:37Qui sait ?
23:39Ils trouvent aussi
23:41la facture
23:41d'un hôtel
23:42situé à proximité
23:44pour une chambre
23:45utilisée la nuit
23:46précédant le meurtre.
23:48Et cette facture
23:49est au nom
23:49de Paige Sanchez.
23:53La question
23:54était alors
23:54qui est cette femme ?
23:56Pour le savoir
23:57on s'est rendu
23:57dans cet hôtel
23:58afin d'envisionner
23:59les images
23:59de vidéosurveillance.
24:05A l'hôtel
24:06la responsable
24:07confirme que
24:08oui
24:08cette femme
24:09est venue
24:09elle a payé
24:10la chambre
24:10et il était
24:11avec un hispanique.
24:15La responsable
24:16nous a fait entrer
24:17dans la salle
24:18de vidéosurveillance
24:18et on a vu
24:20Carlos
24:20et cette femme
24:21arriver à l'hôtel.
24:27Ce qui nous a frappés
24:28c'est qu'ils portaient
24:29une boîte métallique
24:30qui ressemblait
24:31à une mallette
24:32d'armes
24:33ou de munitions
24:34et c'était
24:35la veille du meurtre.
24:38On les voit
24:39alors prendre
24:39l'ascenseur ?
24:44Il était
24:45affectueux
24:45avec elle.
24:46Il se connaissait
24:47visiblement
24:48et se prenait
24:49dans les bras.
24:50On s'est demandé
24:51si elle était
24:52impliquée
24:53dans cette affaire.
24:57Tôt le lendemain matin
24:59on les voit
24:59ressortir
25:00de l'hôtel.
25:03La fille monte
25:04dans un taxi
25:04et s'en va.
25:06Puis Carlos
25:07s'éloigne
25:08à son tour.
25:12L'inspecteur
25:13voit les circonstances
25:14mais sait-il
25:15ce que cela implique ?
25:17Non.
25:18Il sait
25:19en revanche
25:19que cette question
25:20mérite
25:21d'être approfondie.
25:31Oui ?
25:31Bonjour,
25:32inspecteur Aguilera.
25:33Quand ils arrivent
25:34chez Paige Sanchez,
25:35celle-ci semble troublée
25:36par leur présence.
25:37Vous connaissez
25:38Carlos Reyes ?
25:39Oui.
25:41On a trouvé
25:41la facture
25:42d'une chambre
25:42d'hôtel.
25:43Pouvez-vous
25:44nous en dire plus ?
25:45On a passé
25:45le week-end ensemble.
25:46Elle semble
25:47très surprise
25:48et elle paraît sincère.
25:50Un point pour elle.
25:53Savez-vous
25:53que Carlos
25:54est mariée ?
25:55Oui,
25:56je le sais.
25:57Et que sa femme
25:59vient d'être assassinée ?
26:01Quoi ?
26:02Elle était
26:03bouleversée.
26:04Elle savait
26:05qu'ils étaient séparés
26:06mais aussi
26:06qu'ils avaient des enfants
26:07et savoir
26:08que ces derniers
26:09avaient perdu leur mère
26:10l'a beaucoup attristée.
26:12Je ne le connais
26:13que depuis
26:14trois mois.
26:15Elle nous a dit
26:16qu'ils avaient
26:17beaucoup bu
26:17les jours précédents.
26:19Qu'ils avaient
26:20fait la tournée
26:21des bars.
26:23Elle explique
26:24aux shérifs
26:24qu'ils ont bu,
26:26joué,
26:26fait la fête,
26:27passé du bon temps.
26:30Mais le matin
26:31du meurtre,
26:33il était debout
26:34à sept heures
26:35avec une bière
26:36à la main.
26:40Ils ont ensuite
26:41réglé la note
26:42de la chambre
26:42d'hôtel.
26:45Les au revoir
26:46ont été
26:46bizarres.
26:48Comment ça ?
26:49Il se comportait
26:50comme s'il n'allait
26:51jamais la revoir.
26:53Genre,
26:54merci pour tout,
26:55c'était sympa.
26:57Il lui a fait
26:58comprendre
26:58que leur relation
26:59était finie.
27:02Elle a trouvé
27:03ce moment
27:04plutôt étrange.
27:05Il lui a donné
27:06l'impression
27:07qu'il allait faire
27:07quelque chose
27:08d'inhabituel.
27:12Il était évident
27:13pour nous
27:14qu'elle n'avait
27:14rien à voir
27:15avec ce meurtre.
27:16Mais il nous
27:17paraissait tout aussi
27:17évident que si
27:18Carlos lui avait
27:19fait ses adieux,
27:20c'était parce qu'il
27:21s'apprêtait à tuer
27:22Véronica
27:23et à fuir.
27:30Il retourne
27:31voir la sœur
27:31de la victime
27:32pour en savoir
27:32plus sur les relations
27:34entre Véronica
27:35et Carlos.
27:38Elle ne m'en avait
27:39jamais parlé,
27:40sauf à la fin.
27:43Oui,
27:43ça prenait
27:45une très mauvaise
27:45tournure.
27:47Je sais
27:48qu'une semaine
27:48ou deux
27:48avant que ça arrive,
27:50il a volé son sac
27:51et cassé
27:51les vitres
27:52de sa voiture.
27:53Là,
27:54on a su
27:54que ça n'allait
27:54pas du tout.
27:57Lucie révèle
27:58ensuite que
27:58si Véronica
27:59a demandé
27:59le divorce,
28:00c'est parce que
28:01Carlos
28:02était un mari
28:03violent.
28:04Et pourquoi
28:05tu dis ça ?
28:05Pour résumer
28:07ma relation
28:08avec lui,
28:09c'était mon père,
28:10mais c'était
28:10surtout Carlos.
28:13Je sentais
28:14quand il allait
28:14se disputer
28:15avec ma mère,
28:16il avait
28:17une expression
28:18très méchante
28:18sur le visage.
28:21Il serrait
28:22les poings,
28:24puis il explosait
28:26donnant des coups
28:27de poing
28:27dans les portes
28:28et dans les murs.
28:30Quand il était
28:31furieux,
28:32ivre ou défoncé,
28:34on poussait
28:34l'armoire
28:35contre la porte
28:36de notre chambre
28:37et on attendait
28:39qu'il parte.
28:44Au cours
28:45de l'enquête,
28:46on a appris
28:47qu'elle avait
28:47demandé le divorce
28:48environ 11 jours
28:49avant d'être abattue.
28:51C'était le signe
28:52qu'elle était prête
28:53à tourner la page,
28:54à mettre fin
28:55aux effets cycliques
28:56de cette violence
28:57domestique.
29:03Quelques jours
29:04après le meurtre,
29:05en fouillant
29:05la voiture
29:06de Véronica,
29:07on a trouvé
29:08plusieurs choses
29:09qui nous ont fait
29:09mal au cœur,
29:12notamment
29:13son journal
29:14intime.
29:16Sur une page
29:17de ce journal,
29:19une mèche
29:19de cheveux
29:20était scotchée
29:21avec une légende
29:22en dessous
29:23qui disait
29:24« Ses cheveux
29:25ont été arrachés
29:26par Carlos ».
29:30Dès qu'elle est venue
29:31nous dire
29:31ce qui se passait,
29:32mon mari et moi
29:33lui avons donné
29:34de l'argent
29:34pour financer son divorce
29:35et on l'a aidé
29:36à partir.
29:38Il y avait
29:39plusieurs choses
29:40intéressantes
29:40dans ce journal
29:41intime.
29:43Véronica
29:43s'obligeait
29:44à sortir Carlos
29:45de sa vie.
29:45C'était écrit
29:46« Divorcer
29:47et m'éloigner
29:48de Carlos,
29:49gagner de l'argent,
29:50être indépendante
29:51et changer
29:52ma façon de penser ».
29:55Véronica Reyes
29:56a fait tout
29:57ce qu'il fallait
29:58pour se débarrasser
29:58de Carlos.
29:59Elle a réfléchi,
30:01elle a agi,
30:02elle a pris un avocat
30:03et même demandé
30:03une injonction
30:04d'éloignement.
30:06Ce sont les conseils
30:07qu'on donne
30:08à une femme
30:08victime de violence
30:09domestique.
30:12Sa coupe
30:12était pleine
30:13et elle voulait
30:14passer à autre chose.
30:18Véronica
30:18a fait tout
30:19ce qu'elle a pu.
30:20Ça n'a pas suffi.
30:262 plus 2
30:27font toujours
30:284 aux dernières nouvelles.
30:30Carlos
30:31fait partie
30:31d'un gang.
30:32Il a donc
30:33les compétences
30:34et le tempérament
30:35pour envoyer
30:36sa femme
30:37dans l'au-delà.
30:39L'inspecteur
30:40s'intéresse
30:41à son téléphone.
30:43On a appris
30:44que son portable
30:45avait émis
30:45un signal
30:46sur l'autoroute 5.
30:49Cette autoroute
30:50traverse presque
30:52toute la Californie
30:53du nord
30:54au sud.
30:55Elle est gigantesque
30:57et s'étend
30:57jusqu'au Mexique.
30:59Ce qu'il fait
31:00est évident.
31:02Et
31:03s'il traversait
31:04la frontière,
31:05on risquait
31:06de ne jamais
31:06le retrouver.
31:09Il essaie
31:09de disparaître
31:10au Mexique.
31:11S'il y parvient,
31:13il deviendra
31:13quasiment invisible.
31:22Carlos Reyes
31:23fait l'objet
31:24d'une chasse
31:25à l'homme
31:25pour meurtre
31:26avec préméditation.
31:28Son téléphone
31:29indique
31:29à l'inspecteur
31:30Aguilera
31:30qu'il roule
31:31vers le sud.
31:33Mais le signal
31:34s'arrête
31:34au poste frontière
31:35de sang nid d'hydro.
31:39Il fallait donner
31:40l'alerte.
31:42Passez-moi
31:42la douane
31:43et dire aux autorités
31:45de la frontière
31:45on cherche
31:46cet homme.
31:47Carlos Reyes.
31:49Voilà sa photo.
31:51Si vous le voyez,
31:52ne le laissez pas partir.
31:53On était quasiment
31:54certains
31:55qu'il avait réussi
31:56à passer la frontière.
31:57Et dans un pays
31:58aussi vaste
31:59que le Mexique,
32:01avec tant d'endroits
32:02où se cacher,
32:03on craignait
32:04d'avoir perdu sa trace.
32:07Louis Aguilera
32:08doit maintenant
32:09patienter.
32:11Mais un inspecteur
32:12de la brigade
32:13Antiguan
32:13frappe alors
32:14à sa porte.
32:16Salut.
32:17J'ai une info
32:17pour toi.
32:18Ah oui ?
32:19Mon collègue
32:20m'a dit
32:21j'ai un indique
32:23qui sait
32:24où est
32:25ton suspect.
32:27Il existe
32:27des informateurs
32:28confidentiels
32:29qui sont toujours
32:30prêts à arrondir
32:31leur fin de mois.
32:32Sans aller
32:32jusqu'au tribunal,
32:34ils sont d'accord
32:34pour parler.
32:36Ouais,
32:36il a eu la lumière rouge.
32:37Ah ouais ?
32:39Du côté mexicain
32:40de la frontière,
32:41une lumière rouge
32:41ouverte
32:42s'allume
32:42de façon aléatoire.
32:54Et quand ils décident
32:55de fouiller
32:56votre voiture,
32:57ils ne font pas
32:58semblant.
32:59Ce n'est pas seulement
33:00leur travail,
33:01c'est leur spécialité.
33:03S'il y a quelque chose
33:04au fond du réservoir
33:05d'essence,
33:06ils le trouveront.
33:09et il y avait
33:11une arme
33:12cachée
33:13derrière
33:13l'autoradio
33:14de Carlos Reyes.
33:21Les douaniers
33:23l'ont arrêté
33:23pour importation
33:24illégale
33:25d'armes.
33:26Le type
33:27s'appelle
33:28Arturo Lopez.
33:30Lopez ?
33:31Ouais.
33:32Mais on cherche
33:32Carlos Reyes.
33:33Alors,
33:34c'est lui
33:35ou pas ?
33:36L'indique
33:37dit que oui.
33:38Mais les indiques
33:39sont-ils toujours fiables ?
33:41L'inspecteur
33:42contacte alors
33:42un collègue
33:43et lui demande
33:44s'il peut retrouver
33:45ce type en prison.
33:48Guillermo ?
33:49C'est lui.
33:52J'ai appelé
33:52l'agent spécial
33:53Guillermo Aion
33:54qui est spécialisé
33:56dans la recherche
33:57de personnes
33:58au Mexique.
33:59Lui,
34:00il a un réseau
34:01que nous n'avons pas.
34:06En admettant
34:07qu'il avait utilisé
34:08une fausse identité,
34:09on a comparé
34:10les individus
34:11qui avaient été
34:12arrêtés
34:12le jour de son passage
34:13et on l'a trouvé
34:16sous un phonon.
34:18Il n'a pas fallu
34:19longtemps
34:19pour que Guillermo
34:20m'annonce
34:20qu'il l'avait trouvé.
34:23Il nous a envoyé
34:24une photo du Mexique
34:26et l'homme
34:27qu'on voyait
34:28sur cette photo
34:28ne pouvait être
34:29que Carlos Reyes.
34:33À la frontière,
34:35pendant que sa voiture
34:36est fouillée,
34:37le conducteur du véhicule
34:38se présente
34:39sous le nom
34:39d'Arturo Lopez
34:40et fournit
34:41une fausse pièce
34:42d'identité
34:44car il sait
34:45qu'il est recherché.
34:47Pas de chance,
34:48Carlos.
34:48On vient
34:49de vous retrouver.
34:53J'étais ravi
34:54mais aussi inquiet
34:55car il était
34:56au Mexique.
35:02La semaine même,
35:04il a été condamné
35:05à cinq ans
35:05de prison.
35:07Au Mexique,
35:08on ne plaisante pas
35:09avec les armes à feu.
35:10Si vous tentez
35:11d'introduire illégalement
35:12une arme,
35:13dommage pour vous.
35:14Ils sont très stricts.
35:17Ils ne sont pas
35:18du genre à dire
35:18« Venez,
35:19confrères américains,
35:20on va vous aider. »
35:22C'était rageant
35:24mais je savais
35:25qu'on ne pouvait
35:26rien faire
35:26pour le sortir
35:27de cette prison mexicaine.
35:29Il y avait des risques
35:30qu'ils ne repassent
35:31jamais la frontière.
35:33Notre enquêteur
35:34veut savoir
35:34si l'arme retrouvée
35:35dans la voiture
35:36est celle
35:37qui a tué
35:38Véronica.
35:39Malheureusement,
35:40elle est au Mexique
35:41et les autorités locales
35:43ne sont pas
35:43très coopératives.
35:46Le pistolet trouvé
35:48avec le suspect
35:48était-il bien
35:49l'arme du crime ?
35:51Les armes à feu
35:52confisquées à la frontière
35:53sont confiées
35:54à l'armée.
35:55Cette arme
35:56était dans la salle
35:57de pièces à conviction
35:58de l'armée mexicaine
35:59à Tijuana.
36:03On s'est rendu sur place
36:05pour tirer
36:06avec cette arme
36:07afin d'en rapporter
36:08les balles
36:08et les douilles
36:09et de les comparer
36:10avec ce qu'on avait
36:11à Los Angeles.
36:14Ils utilisaient
36:15une technique basique
36:16en l'occurrence
36:17des annuaires
36:18les bons vieux
36:19annuaires jaunes
36:20qu'on a tous connus.
36:23Il y a longtemps
36:24les tests balistiques
36:25se faisaient
36:26avec des annuaires
36:27qui arrêtent
36:27les balles.
36:28Il n'y en a plus
36:29aujourd'hui aux Etats-Unis
36:30mais au Mexique
36:31oui.
36:34Ils ont donc fait ça
36:35à l'ancienne
36:37en posant trois annuaires
36:39dans une boîte
36:39en carton
36:40et en tirant
36:42une balle dedans.
36:50Boum !
36:51Dans la boîte.
36:53La balle s'est logée
36:54dans le troisième annuaire.
36:56Elle en a traversé deux
36:57mais pas trois.
36:58Peu conventionnelle certes
37:00mais efficace.
37:05On a récupéré
37:06les douilles
37:07et les balles
37:07et on les a rapportées
37:09aux Etats-Unis
37:10pour analyse.
37:13Je me souviens
37:15de ce voyage retour
37:16tous ensemble
37:17à croiser les doigts
37:19pour que ce soit
37:20bien l'arme du crime.
37:23Il compare les balles
37:25à celles extraites
37:25de la victime.
37:27C'était important
37:30de voir le motif
37:31sur la balle
37:32et de le comparer
37:33aux balles trouvées
37:34sur la scène de crime.
37:36C'est comme
37:37une empreinte digitale.
37:40Ok.
37:41Merci.
37:42Une personne
37:43m'a appelé
37:44pour me dire
37:44Louis,
37:45c'est pour te dire
37:46que c'est la même arme
37:47à 100%.
37:50En plus des autres éléments
37:52recueillis dans ce dossier,
37:54cette preuve
37:54nous a permis
37:55de le faire arrêter.
37:56C'était pour moi
37:57un grand soulagement.
38:02Les enquêteurs
38:03ont à présent
38:03une idée assez claire
38:04du déroulement
38:05des événements.
38:07Véronica Reyes
38:08rencontre un homme,
38:09Carlos Reyes.
38:10Il se marie.
38:12Petit à petit,
38:13ce dernier dévoile
38:14la face violente
38:15de sa personnalité.
38:16Ça commence par des mots,
38:19des remarques,
38:20puis il la bouscule,
38:23puis arrive la première gifle.
38:26Mais Véronica refuse
38:28de vivre de cette façon
38:29et demande le divorce.
38:33C'est l'humiliation
38:35ultime pour lui.
38:37Cette demande de divorce
38:38a été la goutte d'eau.
38:45Carlos est un homme violent,
38:47ça ne fait aucun doute.
38:49Et les hommes violents
38:51se disent tous
38:51la même chose.
38:53Si je ne peux pas t'avoir,
38:56personne ne t'aura.
38:58Tu m'as insulté
38:59avec ton divorce.
39:01Tu vas me le payer.
39:07Il est blessé
39:09quand il reçoit le document.
39:11Que fait-il ?
39:12Il boit
39:14et passe du temps
39:16avec une femme.
39:17Mais l'alcool le ronge,
39:21ça le désinhibe.
39:23La tournée festive
39:25n'est qu'une façade
39:26pour cacher sa colère.
39:27Il espère oublier ses problèmes
39:29en passant trois jours
39:29à faire la bringue
39:30avec une femme.
39:31Mais il n'a pas
39:33qu'il n'arrête pas
39:33d'y penser.
39:34Et ça attise
39:35sa colère.
39:37Il pense tout le temps
39:38à Véronica
39:39jusqu'à franchir
39:41un seuil émotionnel.
39:42Il monte dans sa voiture,
39:44il sait où elle va,
39:46alors il s'y rend aussi.
39:52Il était sûrement
39:53sur place un peu avant,
39:55au cas où Véronica
39:56arriverait plus tôt
39:57et il a attendu
39:58qu'elle entre sur le parking
39:59au volant de sa voiture.
40:08Elle s'est garée
40:09en se croyant
40:10en sécurité.
40:11en se croyant en sécurité.
40:20Et elle se fait abattre
40:22par son mari,
40:24le père de ses enfants
40:25qui s'enfuit au Mexique.
40:28Curieusement,
40:29il laisse une voiture
40:30immatriculée à son nom
40:32avec son portefeuille
40:33à l'intérieur.
40:37Le Mexique a refusé
40:39de l'extrader
40:40avant qu'il ait purgé
40:41sa peine.
40:43Je me suis demandé
40:44si on allait réussir
40:45à garder sa trace
40:46dans le système carcéral
40:47mexicain
40:47pendant cinq ans.
40:53Reyes profite
40:54du niveau de corruption
40:55qui ronge
40:56le système pénal
40:56mexicain
40:57pour payer
40:58des gardiens
41:00et le font passer
41:01d'une prison
41:02à une autre
41:03afin de brouiller
41:05les pistes.
41:09Il fallait absolument
41:11veiller à ce que
41:11M. Reyes
41:12ne parvienne pas
41:13à acheter
41:14sa libération.
41:17Le directeur
41:18de la prison
41:19nous a alors dit
41:20je vous dirai
41:21si ça change
41:22mais il est encore là.
41:28Finalement,
41:28à l'approche
41:29de sa libération,
41:30on a contacté
41:31l'équipe d'extradition
41:32de notre bureau
41:33afin d'organiser
41:34le retour
41:35de Carlos Reyes
41:36aux Etats-Unis.
41:38Quand ils l'ont
41:39sorti de cette prison,
41:41il a été transféré
41:42par avion
41:42jusqu'aux Etats-Unis.
41:45sous la responsabilité
41:46d'un U.S. Marshall.
41:54Je voulais être présent
41:55à son arrivée
41:56à l'aéroport
41:56de Los Angeles.
41:58Quand il est descendu
41:59de l'avion,
42:00l'équipe chargée
42:01des extraditions
42:02nous l'a confié.
42:04Il ne semblait
42:05ni contrarié,
42:06ni triste,
42:07ni repentant,
42:09rien.
42:10De façon factuelle,
42:12bienvenue Reyes.
42:14Il a demandé
42:15la date du procès.
42:16On l'a emmené
42:17au poste de police locale
42:18ou on l'a inculpé
42:19pour meurtre.
42:24Il a été déclaré
42:25coupable de meurtre
42:26avec préméditation,
42:28harcèlement
42:28et usage
42:29d'une arme à feu
42:30et condamné
42:31à la perpétuité
42:32dont 55 ans
42:33incompressibles.
42:37Pour un crime
42:38commis
42:39le 8 octobre 2008,
42:41il ne sera condamné
42:42aux Etats-Unis
42:43qu'en 2015,
42:45soit 7 ans plus tard.
42:48Tous les jours,
42:50j'apprends
42:50à faire face.
42:51C'est pour ça
42:53que je porte son collier,
42:54pour qu'elle soit
42:55plus proche de moi
42:56et que je me sente
42:57plus proche d'elle.
42:58Car la vie sans elle
43:00est très dure.
43:01Ça fait mal.
43:05On a retiré
43:06toute notre épargne
43:07pour acheter une maison
43:08qui pouvait accueillir
43:09les enfants
43:09et après deux semaines
43:11en famille d'accueil,
43:13ils sont venus
43:14vivre avec nous.
43:16J'espère qu'elle est fière
43:17de ce qu'on a fait.
43:22Je me dis encore aujourd'hui
43:24que j'aurais préféré
43:25ne pas hériter
43:26de cette affaire
43:27parce que ça n'aurait
43:28jamais dû arriver.
43:31C'est comme jeter
43:32une pierre dans un lac.
43:34Les effets sont durables.
43:37Quatre enfants privés
43:38de leur mère
43:38et qui n'ont jamais
43:39vraiment eu de père.
43:40Même s'ils s'épanouissent
43:42aujourd'hui,
43:43tous rêvent
43:44de revoir leur mère.
43:45Mais c'est impossible.
43:48Sous-titrage Société Radio-Canada
43:51Sous-titrage FR ?
Commentaires
Philippe Laboulais
Créateur
Homicide Crime

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