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00:09Le jeudi 5 avril 2012, la PJ de Versailles est appelée sur une scène de crime dans l'Essonne.
00:14Une femme vient de se faire tirer dessus dans la zone de la Grande-Borne, à Grigny.
00:19Ça nous fait immédiatement penser à d'autres meurtres qui se sont passés dans le département avec un motard.
00:25Il y a une vraie psychose.
00:26Apparemment, il y a un type qui traîne dans l'Essonne et qui allume un peu au hasard de ses
00:30pérégrinations.
00:31On est trois semaines après l'assaut quasiment télévisé de Mohamed Merah, extrêmement violent.
00:36Tout ça crée un climat qui n'est pas très serein.
00:38Celui que les policiers appellent le tueur de l'Essonne s'en serait déjà pris à quatre personnes.
00:42Je me souviens d'avoir avisé mon directeur central en lui disant
00:44« Christian, nous avons un problème. Manifestement, j'ai un tueur en série sur l'Essonne. »
00:49C'est la course. Parce qu'on doit trouver un individu qui tue sans motif apparent.
00:54Donc clairement, là, c'est la chasse à l'homme pour trouver un tueur en série.
00:57Il y a urgence à remonter jusqu'à lui avant qu'il ne repasse à l'acte.
01:01C'est un travail de fourmi qui a été très rarement fait.
01:04Pour neutraliser le tueur de l'Essonne, les enquêteurs vont se lancer dans une véritable course contre la montre.
01:08C'est un travail de fourmi qui a été très rarement fait.
01:39Il est 16h lorsque le téléphone sonne à la police judiciaire de Versailles.
01:43Un drame vient tout juste de se produire dans le quartier de la Grande Borne, à Grigny, dans l'Essonne.
01:49On est en milieu fin d'après-midi.
01:51Les policiers de la PJ de Versailles se sont informés qu'une femme vient d'être tuée dans le hall
01:56de son immeuble.
01:56Et on est appelés par les collègues qui nous indiquent qu'effectivement une femme vient de se faire tirer dessus
02:03dans la zone de la Grande Borne, à Grigny.
02:06Mon groupe est de permanence et on se dépêche tous sur place.
02:10La victime s'appelle Nadia Boudjemi Alassène.
02:13Elle a 48 ans.
02:14Dans quelles circonstances a-t-elle été tuée et pourquoi ?
02:17Les policiers le savent, le temps leur est compté car les premières heures d'une enquête sont toujours décisives.
02:21Pour la PJ de Versailles, le compte à rebours vient de commencer.
02:29Jeudi 5 avril 2012, jour 1, première heure d'enquête.
02:41Il est 16h20 lorsque les hommes du groupe 2 de la brigade criminelle arrivent aux abords de l'immeuble situé
02:46au numéro 1, de la rue du Ravin.
02:48Parmi eux, Michael Reinhardt.
02:51Quand on arrive sur place, c'est l'effervescence.
02:53Alors on est quand même dans une cité très sensible de la Grande Borne, à Grigny,
02:58où habituellement les forces de l'ordre ne sont pas forcément les bienvenues.
03:05On arrive, il y a déjà les collègues primo-intervenants, donc on va dire de la tenue du commissariat local.
03:10Et les collègues ont figé immédiatement les lieux, ont protégé la scène de crime.
03:15Et là, il y a les rôles qui vont se répartir, l'enquête de voisinage, les constatations,
03:18toutes les investigations qui vont être lancées immédiatement.
03:21Et moi, pour ma part, je me retrouve à faire les constatations dans le hall d'immeuble.
03:26C'est un hall, tout ce qu'il y a de plus classique d'une cité HLM, pas très grand,
03:307 h mètres carrés,
03:31toutes les boîtes aux lettres d'un côté, et puis ensuite la porte pour accéder aux étages.
03:34On constate encore la présence du corps sur place, et cette dame a été abattue au niveau des boîtes aux
03:41lettres,
03:42donc balle dans la tête.
03:44De leur côté, les techniciens de la police scientifique débutent leurs investigations.
03:48La première chose qui les frappe, c'est la présence de trois douilles qui sont retrouvées au sol,
03:53donc trois douilles, ça veut dire trois balles qui ont été tirées, un calibre 7,65,
03:57donc des douilles de la même calibre, de la même marque, c'est la marque GECO, GECO.
04:02Ces douilles constituent de précieux indices, car elles permettront peut-être d'identifier l'arme.
04:07Elles sont donc immédiatement transmises au laboratoire de la police scientifique.
04:15Très vite, la scène de crime révèle le scénario de la mise à mort.
04:19La victime est dans une position, une situation de faiblesse,
04:22elle tourne le dos aux gens qui rentrent dans l'immeuble,
04:25elle est en train de relever son courrier de la boîte aux lettres.
04:28Le meurtre, dont elle a fait l'objet, a été assez violent,
04:33dans le sens où il y a un acharnement avec trois coups de l'auteur des faits.
04:40Nadia Boudjamy à la scène a été froidement exécutée.
04:44Aurait-elle été victime d'un règlement de compte ?
04:46C'est d'autant plus plausible que le meurtre a été commis
04:48dans ce quartier réputé sensible de la Grande-Borne.
04:53Les hommes de l'APJ de Versailles s'empressent de recueillir les témoignages des voisins et des riverains,
04:57afin d'en savoir un peu plus sur cette femme.
04:59C'est une femme qui travaille, qui a un enfant,
05:02qui n'a aucun souci particulier avec la police, la justice ou autre.
05:06Donc c'est pas une personne qui a des soucis,
05:09ou par exemple du trafic de stupéfiants, une vengeance ou autre.
05:12C'est une personne sans aucun problème.
05:14C'était une dame sans histoire, pas d'antécédent particulier, une parfaite victime innocente.
05:20Donc pas du tout le profil de ce qui peut ressembler à un règlement de compte
05:25quand on regarde la scène de crime.
05:27Alors qui a pu vouloir s'en prendre à cette mère de famille sans histoire ?
05:30Et pourquoi ?
05:31Pour les policiers, il y a urgence à rassembler des indices pour neutraliser le meurtrier.
05:38Jour 1, deuxième heure d'enquête.
05:43Alors que les policiers continuent leur enquête de voisinage,
05:45une femme se présente à eux.
05:47Son témoignage pourrait bien bouleverser les investigations.
05:50Alors cette voisine, effectivement, elle va dire au policier
05:53qu'elle aperçoit un homme avec un casque de moto
05:55qui se dirige après les coups de feu vers une moto et qui prend la fuite.
06:00Et donc cette moto, elle est de couleur blanche et bleue.
06:02Le meurtrier de Nadia Boudjemi à la scène serait donc un motard.
06:06L'information mérite d'être creusée.
06:08J'entends des jeunes de cité qui ont vu partir après le coup de feu
06:13un homme casqué et monter à bord de sa moto
06:16qui était stationnée pas très loin et partir en trombe.
06:22Ils donnent des précisions sur la marque et le modèle de la moto
06:25puisque ce sont des jeunes qui sont soit motards ou intéressés par les motos.
06:29Et là, avec précision, ils nous expliquent que c'est une moto Suzuki GSXR 1000.
06:34Ils donnent la couleur du pot d'échappement, la couleur du carénage,
06:38des éléments sur les clignotants.
06:39Enfin, autant d'éléments qui sont importants pour identifier a posteriori le véhicule du tueur.
06:44Malheureusement, personne ne prend la plaque de la moto.
06:47En même temps, c'est compliqué.
06:48Elles sont petites sur ce genre de véhicule.
06:51Et en plus, il prend la fuite extrêmement rapidement.
06:56Un tueur qui agit en plein jour dans le hall d'un immeuble.
06:59Des douilles de 7,65 laissées sur place.
07:02Une grosse cylindrée bleue et blanche.
07:04Face à ces premières constatations, les enquêteurs sont saisis d'effroi.
07:07Et pour cause.
07:08Ça nous fait immédiatement penser à d'autres meurtres qui se sont passées dans le département
07:12avec un motard.
07:14L'inquiétude monte.
07:15Et très rapidement, on va se poser la question, est-ce que c'est le même ?
07:19Jour 1. Quatrième heure d'enquête.
07:24Il est 20h.
07:25Tous les enquêteurs se réunissent au siège de la PJ de Versailles pour faire un point.
07:29Et tous sont unanimes.
07:30Le mode opératoire du meurtre de Nadia Boudjemia-Lassène
07:33leur fait penser à d'autres meurtres, commis depuis plusieurs mois.
07:36A commencer par celui de Marcel Brunetto, 81 ans.
07:40Tué à Riss-Orangis, 3 semaines plus tôt.
07:42Ce jour-là, se retraiter parfaitement paisible.
07:44Il descend de chez lui pour aller voir les boulistes qui jouent en bas de chez lui.
07:49Quand il parvient dans le hall de sa cité HLM du 48 rue Pierre-Brossolette,
07:54Marcel Brunetto s'effondre.
07:56Il a été retrouvé par une voisine affalée dans le hall d'immeuble.
08:00Elle a de l'abord pensé qu'il s'agissait de la malaise.
08:03Et en fait, en appelant les pompiers, les pompiers ont constaté qu'il y avait une blessure,
08:07une plaie à l'arrière de la tête.
08:08Il est exécuté de la même manière que Madame Lassène.
08:12Une seule balle à l'arrière du crâne.
08:15Lassène de crime est passée au crible.
08:17Et immédiatement, on voit cette douille 7,65 Géco.
08:22Le calibre et la marque sont similaires à celle du meurtre de Nadia Boujemi Alassène.
08:27Dans cette enquête, on a la chance d'entendre un témoin,
08:31qui est un gamin en fait, qui rentre de l'école.
08:33Il a 10, 12 ans.
08:34Et il apporte un témoignage important,
08:36puisque lui a remarqué la présence d'un homme casqué.
08:41Il nous donne une précision importante.
08:44Il nous dit, cet homme, elle a la peau noire.
08:45Il en est certain, puisqu'il avait une cagoule,
08:48mais le contour des yeux permettait de voir la couleur de sa peau.
08:52Et il nous donne aussi également des précisions sur le casque et sa tenue vestimentaire.
08:57Donc on fait des recherches sur toutes les vidéos de surveillance à proximité.
09:01Et notamment, au bout de cette barre d'immeubles, il y a une station de service.
09:04Et on voit, juste après le meurtre de M. Brunetto,
09:08un individu partir rapidement sur une moto de gros cylindrée.
09:11Malheureusement, on ne peut pas voir la plaque d'immatriculation.
09:14Une exécution dans un hall d'immeubles et un motard.
09:17Et la liste des affaires qui présente des similitudes
09:20avec le meurtre de Nadia Boujemi Alassène et de Marcel Brunetto
09:23ne s'arrête malheureusement pas là.
09:26Car le mercredi 22 février 2012,
09:29six semaines avant la mort de la mère de famille,
09:31Jean-Yves Bonneru, un cadre de 51 ans,
09:33est retrouvé mort dans le parking de sa résidence,
09:36à Juvisy-sur-Roche.
09:40Il est abattu froidement alors qu'il décharge des courses du coffre de sa voiture.
09:44Même mode opératoire que sur l'effet précédent,
09:47une balle dans la tête.
09:48On retrouve aussi de la munition, une munition,
09:52une douille de 7,65 Géco.
09:56On fait une enquête de voisinage, très détaillée, très fouillée.
09:59Et les habitants de l'immeuble, les gens qui ont fréquenté le parking,
10:02nous parlent d'un individu en tenue de moteur.
10:05La femme de la victime, elle va leur dire
10:07« Moi j'ai vu à une heure et demie, deux heures avant le meurtre de mon mari,
10:10je suis descendu dans le parking et j'ai croisé un motard
10:13qui ne me semblait pas avoir grand chose à faire à cet endroit-là,
10:15ça m'a frappé. »
10:16Et donc, elle parle elle aussi d'un homme casqué, d'un motard.
10:19Donc, nouveau point commun et nouveau rapprochement possible,
10:22cette fois-ci entre trois meurtres.
10:24Michael Reinhardt avait déjà rencontré la victime
10:27dans le cadre d'une autre enquête.
10:28« J'ai entendu M. Bonnerue à son domicile
10:30dans le cadre d'une enquête de voisinage
10:32sur un meurtre qui s'est passé trois mois auparavant
10:35à Juizy-sur-Ange, dans le même parking souterrain. »
10:39« Dans ce même parking, le 27 novembre 2011,
10:41c'est-à-dire à peu près deux mois avant le meurtre de M. Bonnerue,
10:44il y a eu un meurtre, le meurtre d'une femme qui s'appelait Nathalie Davies,
10:47qui était une employée d'un hôpital parisien,
10:49l'hôpital Salpêtrière. »
10:51En effet, en ce dimanche de fin novembre,
10:53il est 17h10, lorsqu'un riverain traverse le parking souterrain de l'immeuble.
10:58Il découvre avec effroi le corps couvert de sang de Nathalie Davies.
11:01Elle a été criblée de balles.
11:03Elle avait 35 ans.
11:04Elle est tuée de plusieurs balles.
11:07Et manifestement, les constatations vont permettre de découvrir
11:09qu'elle a été achevée d'une balle dans la tête.
11:11Sept étuis de 765 sont retrouvés.
11:14Et l'enquête de voisinage permet de déterminer
11:17qu'une moto aurait pris la fuite.
11:19Un homme parle au policier d'une moto.
11:21Pas n'importe quelle moto,
11:23puisqu'il va parler de cette fameuse Suzuki GSX-R bleue et blanche
11:27qu'il a vue tourner dans le quartier, autour du parking,
11:30les heures et les jours précédents, le meurtre de Nathalie Davies.
11:33Tout porte à croire qu'un seul et unique homme a tué 4 personnes.
11:37Deux femmes et deux hommes âgés de 35 à 81 ans.
11:41Certains célibataires, d'autres mariés, des actifs, un retraité.
11:46Mais la théorie des enquêteurs se heurte à un problème de taille.
11:49Car pour le meurtre de Nathalie Davies,
11:51ils ont déjà arrêté un suspect.
11:53Cette dame était sans histoire, pas de soucis particuliers,
11:56une vie plutôt paisible.
11:57Donc à qui profite le crime ?
11:58On s'intéresse à son environnement.
12:00Et mes collègues se rendent compte qu'elle a vécu une relation sentimentale,
12:07intime, avec un monsieur qui s'appelle Michel Courtois.
12:10Et je dis bien, elle a vécu parce que quelques semaines auparavant,
12:14elle a rompu.
12:15C'est un type qui n'a pas un casier judiciaire forcément fourni,
12:17mais en tout cas qui prétend, en tout cas lui,
12:20qu'il a des liens avec la mafia, ses siliettes.
12:23Bon, enfin, c'est un type un peu bizarre.
12:24On s'aperçoit qu'il n'a pas d'alibi, sa téléphonie au moment des faits est muette.
12:29Ce monsieur est motard et il a un mobile puisqu'il a été conduit.
12:34Quatre jours après le meurtre sauvage de Nathalie Davies,
12:37Michel Courtois est interpellé au petit matin par les hommes de la Béérique
12:40et placé en garde à vue dans les locaux de la PJ de Versailles.
12:43Il y a un élément qui va être assez déclencheur en ce qui le concerne,
12:46c'est que lorsqu'on fait une perquisition, on saisit les objets qui appartiennent à la personne
12:50et on va trouver des blousons et des sacs qui ont des résidus de poudre.
12:55Ce qui voudrait dire que cette personne a utilisé une arme à feu.
12:57On ne trouve pas d'arme à feu qui aurait servi ou qui a servi à tuer mademoiselle Davies,
13:01mais en tout cas on a des objets qui supportent des résidus de poudre d'arme à feu.
13:06Cet élément particulièrement incriminant fait vaciller Michel Courtois.
13:09Il a du mal à s'expliquer, tant et si bien qu'au bout des quasi 48 heures de garde
13:14à vue,
13:15il va venir par dire qu'effectivement c'est bien lui qui a tué sa compagne, son amour,
13:21et va donner des éléments qui sont assez convaincants, assez probants.
13:25Vous savez, en matière de police et d'enquête, quand on a des aveux, c'est réglé,
13:29donc il est mis en examen, il est incarcéré, sauf qu'effectivement,
13:32quelques jours plus tard, il va voir la juge d'instruction, il va lui dire
13:34« En fait, moi j'ai avoué sous la pression des enquêteurs, mais moi je n'ai jamais tué Nathalie
13:39Davies ».
13:40La rétractation de Michel Courtois intervient le mardi 13 décembre 2011,
13:44soit 12 jours après ses aveux.
13:45Et le moins que l'on puisse dire, c'est que dans un premier temps, elle ne pèse pas lourd.
13:50Des criminels qui se rétractent, il y en a à peu près autant qu'il y a de criminels,
13:54donc au départ, les négations de Michel Courtois, elles comptent pour zéro.
13:57Mais que penser de cette volte-face après les meurtres de Jean-Yves Bonnerue,
14:01Marcel Brunetto et Nadia Boudjemi à la scène ?
14:04Des meurtres commis alors que Michel Courtois est en prison,
14:07que le mode opératoire semble similaire et que des douilles de 7,65 jalonnent toutes les scènes de crime.
14:14Jour 1, 8e heure d'enquête.
14:19Il est 23h et dans les locaux de l'APJ de Versailles, c'est l'effervescence.
14:22Après le meurtre de Nadia Boudjemi à la scène, les policiers sont face à des interrogations cruciales.
14:28Il y a trois options.
14:29Ou les quatre meurtres sont le fait de la même personne et ça ne peut donc pas être Michel Courtois,
14:32puisqu'il est innocent des trois autres.
14:34Ou le meurtre de Michel Courtois qui n'a pourtant pas été surmédiatisé,
14:38mais pourquoi pas a inspiré un deuxième tueur qui s'est dit
14:41« Tiens, je vais faire pareil que Michel Courtois, je vais tuer des gens ».
14:43Ça paraît quand même un peu compliqué à imaginer.
14:46Troisième hypothèse, enfin, comme l'arme du crime n'a pas été retrouvée,
14:49ils imaginent que Michel Courtois a un complice à qui il aurait remis l'arme
14:54et il lui aurait demandé de commettre d'autres meurtres pour le dédouaner de celui de Nathalie Davids.
15:00Cette hypothèse, ils y croient.
15:02Ils vont donc étudier à nouveau l'environnement de Michel Courtois pour essayer de trouver ce mystérieux complice.
15:08Quand les policiers vont suivre cette piste, faisant de Michel Courtois un possible commanditaire des autres meurtres,
15:13bon, ils vont se rendre compte quand même assez vite que c'est lié avec la mafia,
15:16à part des discussions de bistrot pour faire le malin, il n'y en a pas.
15:19Michel Courtois, c'est monsieur tout le monde, qui a des copains de quartier,
15:23mais qui est loin de baigner dans un milieu de banditisme, qui est loin des milieux des cités.
15:28Donc la piste de Michel Courtois commanditaire, elle ne tient plus en fait.
15:32Michel Courtois serait-il innocent ?
15:34Cette question, les enquêteurs de la PJ de Versailles se la posent plus que jamais.
15:38Les analyses de la police scientifique vont venir bouleverser leur certitude.
15:44Vendredi 6 avril 2012, jour 2, 17ème heure d'enquête.
15:52A la PJ de Versailles, les enquêteurs sont sur les dents.
15:55Ils attendent avec impatience les résultats des analyses balistiques du meurtre de Nadia Boudjemi à la Seine.
16:00Un rapport qui va venir balayer leur dernier doute quant à Michel Courtois.
16:04Cette analyse balistique, elle est pratiquée en toute urgence.
16:07Elle consiste à comparer les douilles de 7,65 retrouvées dans le hall d'immeuble de Nadia La Seine
16:12avec celles des trois autres scènes de crime.
16:15Et cette expertise, elle est très claire.
16:16Elle dit une chose très claire, elle dit, bah voilà,
16:18toutes ces douilles, elles proviennent de la même arme,
16:21d'un pistolet automatique de marque Browning, de calibre 7,65, puisque c'est calibre des douilles.
16:26Donc là, à partir de là, les policiers, ils savent que c'est cette arme-là
16:29qui a tué quatre personnes à quatre endroits différents,
16:32quatre personnes qui n'ont rien à voir entre elles, et c'est la même arme, en tout cas, ça
16:34c'est sûr.
16:35Aucun doute n'est désormais possible.
16:37Un tueur en série rôde dans l'Essonne, et il a déjà fait quatre morts.
16:41Pour Philippe Bugeot et ses hommes, la pression est maximale.
16:44Je me souviens d'avoir avisé mon directeur central, lui disant,
16:47Christian, nous avons un problème, manifestement j'ai un tueur en série sur l'Essonne,
16:51je ne sais pas qui, je ne sais pas pourquoi,
16:53je n'ai pas de lien pour l'instant d'un immobile qui relie les victimes,
16:56mais j'ai un véritable problème et je n'ai pas d'élément pour l'identifier.
16:58Donc j'ai un gros souci.
16:59Le temps presse, car l'homme casqué semble tué au hasard,
17:02et il n'a pas du tout l'air prêt à s'arrêter.
17:05Il y a une vraie psychose, apparemment il y a un type qui traîne dans l'Essonne
17:08et qui allume un peu au hasard de ses pérégrinations.
17:12Le ministère de l'Intérieur suit l'affaire de très près.
17:15Des moyens colossaux sont mis à la disposition des enquêteurs.
17:18Je mets en place une cellule de crise au sein de la PJ de Versailles,
17:21avec l'aide de la direction centrale,
17:22j'ai mis en renfort les stupéfiants, j'ai mis en renfort la BRB,
17:24bien sûr toute l'identité judiciaire était en coopération avec la BRB pour les aider à travailler sur ce dossier
17:29-là.
17:30La BRI, bien évidemment, pour rechercher et travailler aussi.
17:32Au total, ce sont près de 200 hommes qui se consacrent désormais à l'affaire.
17:37On dit à ces équipes, là les gars, on va mettre le paquet parce qu'il ne faut pas qu
17:41'il y ait de cinquième victime.
17:41C'est la course.
17:42Parce qu'on doit trouver un individu qui tue, sans motif apparent.
17:48Donc clairement, là, c'est la chasse à l'homme pour trouver un tueur en série.
17:52Et là, on va travailler sur du H24 pour identifier d'abord l'utilisateur,
17:56éventuellement le propriétaire de cette fameuse Suzuki GSXR 750 ou 1000,
18:00et ensuite, une fois qu'il sera identifié, l'interpeller.
18:03Jour 2, 24e heure d'enquête.
18:08Le tueur s'en est pris à Nadia Boudjemi à la scène, il y a exactement 24 heures.
18:12Plus que jamais, les enquêteurs ont besoin d'éléments concrets pour remonter jusqu'à lui.
18:16En accord avec le juge d'instruction, ils décident de faire appel aux médias.
18:20Ils vont lancer un appel à témoins dans la presse, partout.
18:22Ils vont mettre, on va publier dans les journaux, sur les télés, la photo de cette fameuse moto.
18:28Ils vont évidemment se tourner vers les associations de motards
18:31pour essayer de voir si dans leur club, il y a un type qui a une moto similaire
18:34avec des caractéristiques de couleurs, etc.
18:37Dans un même temps, tous les collègues de sécurité publique font des points de contrôle
18:41sur les grands axes de l'Essonne et contrôlent systématiquement tous les motards.
18:46Ils vont visionner des heures et des heures de vidéosurveillance, de caméras, de stations-services
18:50pour voir si à un moment donné, il n'y a pas cette Suzuki qui passe pour faire le plein.
18:53Une équipe de policiers est chargée d'éplucher le fichier des cartes grises.
18:57Objectif, lister tous les propriétaires de Suzuki GSXR 1000.
19:01On va faire identifier tous les propriétaires de GSXR 1000 dans la région parisienne.
19:07Et là, on demande à chaque collègue, chaque antenne en binôme de partir voir tous les propriétaires
19:14et ainsi vérifier au moins qu'ils sont, vérifier leur emploi du temps par rapport aux faits qu'on a.
19:21La tâche, elle est colossale parce qu'il y a plusieurs milliers de motos de ce type
19:25et pas seulement dans le département de l'Essonne.
19:27C'est un travail de fourmi qui a été très rarement fait.
19:35Samedi 7 avril 2012, jour 3, 47e heure d'enquête.
19:44PJ de Versailles. La pression est à son comble pour les policiers.
19:48Cela va bientôt faire 48 heures que le tueur est passé à l'acte.
19:52Et ils n'ont toujours aucun indice leur permettant de remonter jusqu'à lui.
19:55C'est alors que les recherches méticuleuses vont finir par payer.
19:59Ils vont tomber sur une carte grise au nom d'un certain Fabrice F.
20:03Il va bien les intéresser parce que d'abord, c'est exactement le même modèle.
20:07Et surtout, ce qui va les frapper, c'est qu'il y a une adresse, comme sur toutes les cartes
20:10grises.
20:11Simplement, quand ils vérifient l'adresse, ce n'est pas l'adresse de Fabrice F.
20:13C'est l'adresse de quelqu'un d'autre.
20:14Ce quelqu'un d'autre, c'est un certain Yoni Palmier.
20:17Et autant Fabrice F, il n'apparaît pas dans les radars des policiers,
20:21autant Yoni Palmier, il a déjà pas mal fait parler de lui.
20:25Il est déjà bien connu du service de police.
20:27Donc là, tout de suite, les policiers vont se dire qu'il y a sans doute une piste à suivre.
20:32Les enquêteurs ne perdent pas une seconde
20:34et se rendent donc à l'adresse de cet homme, à Draveil, dans l'Essonne,
20:37pour une visite de routine.
20:39Donc ils arrivent dans cette résidence à Draveil, il est aux environs de 17 heures,
20:43et ils tombent sur le gardien de l'immeuble.
20:45Alors il lui parle de Yoni Palmier pour une petite idée de l'homme qu'il s'apprête à rencontrer.
20:49Et là, le gardien d'immeuble leur fait un drôle de portrait.
20:53Yoni Palmier, il est décrit comme un original,
20:54parce que personne ne sait ce qu'il fait dans la vie.
20:56Il fait des allers-retours sans arrêt, il conduit des voitures électriques,
21:00il parle à personne.
21:01C'est un énergumène.
21:03C'est un individu qui est capable de se balader dans la ville, en vélo,
21:08avec un masque et un tuba.
21:11Pour, dit-il, quand il se fait interpeller ou arrêter dans ces conditions,
21:16pour des questions de pollution.
21:19Waouh !
21:19Une voiture sans permis, un vélo, mais pas question de moto sportive.
21:23Cet extravagant est-il le tueur froid que les enquêteurs recherchent ?
21:27Il est 17h20 lorsque les policiers toquent à sa porte.
21:30Ils vont tomber nez à nez avec Yoni Palmier,
21:33et tout de suite, ils vont relever une attitude étrange,
21:36où c'est un individu qui a du mal à terminer ses phrases,
21:38qui est confus dans ses explications.
21:40Quand les policiers l'interrogent un peu sur cette histoire de moto,
21:43de carte grise qui a son adresse à lui, mais pas à son nom,
21:45bon, ils s'attendent à ce qu'il réponde là-dessus,
21:47il lui dit « moi, je ne sais pas de qui vous me parlez,
21:48je ne comprends pas ce que vous me dites ».
21:50Mais en revanche, plutôt que de s'arrêter là,
21:52Yoni Palmier, il embraye et il dit aux policiers,
21:54par contre, la moto, moi, j'en sais rien,
21:56mais j'ai des trucs à vous dire sur une agression dont j'aurais été victime.
22:00Donc, il y a quelque chose qui ne colle pas, déjà.
22:02À ce moment, pour les enquêteurs, une chose est sûre,
22:05Yoni Palmier, il n'est pas net.
22:06Donc, ils font remonter l'info immédiatement à leurs collègues restés à Versailles
22:11pour que les ordinateurs soient à nouveau mis à contribution.
22:14Il s'agit d'en apprendre plus rapidement sur ce Yoni Palmier.
22:18Jour 3, 53ème heure d'enquête.
22:23De retour à la PJ de Versailles.
22:25Tous les enquêteurs sont à pied d'œuvre, avec une seule question en tête.
22:28Yoni Palmier est-il leur homme ?
22:30Il tente de retracer son parcours.
22:32Quand on commence à éplucher un peu le passé
22:35et la psychologie d'Yoni Palmier,
22:36on se rend compte que c'est un enfant qui est le dernier
22:38d'une fratrie de neufs recomposés,
22:41qui est arrivé par accident,
22:43élevé par sa mère dans un milieu social complexe.
22:46Il décrit comme quelqu'un de solitaire,
22:48il n'a pas beaucoup de copains,
22:50finalement, il abandonne,
22:51il ne passe même pas le bac alors qu'il était en terminale.
22:56Je crois qu'il est bénéficiaire du RSA,
22:58il n'a pas d'activité professionnelle.
23:02Il fume beaucoup,
23:03il repart que les cigarettes, du cannabis,
23:05il boit un peu,
23:05et en fait, il se renferme,
23:06il se crée une image,
23:07il se crée une vie.
23:09Il va partir dans un délire de persécution,
23:11en fait, et de paranoïa,
23:12de paranoïa complète.
23:14Par exemple, il n'avale pas sa salive.
23:15Un toque, il n'avale pas sa salive,
23:16donc il crase dans des mouchoirs.
23:18On s'aperçoit aussi qu'il se lave tellement les mains
23:20à l'autre javel
23:20qu'il n'a même plus d'empreintes,
23:22qu'il n'a même plus de traces sur les doigts,
23:24tellement il lave ses mains,
23:26il récure ses mains à l'autre javel.
23:28Une personnalité complexe, donc,
23:30et un casier judiciaire déjà bien chargé
23:32pour cet homme de 33 ans.
23:34Il est déjà bien connu des services,
23:35mais pas pour des faits de meurtre,
23:36mais pour des faits de violence,
23:38pour des faits d'escroquerie,
23:38d'usure patient d'identité.
23:40T'es qu'il s'en porte,
23:41il est très violent.
23:42La poignarder sa mère qui lui a valu
23:45un passage en prison.
23:46Enfin, vraiment, quelqu'un qui ne va pas bien
23:49dans sa tête.
23:50Et quand on en discute entre nous,
23:52il sent bon.
23:53Pour autant, rien ne permet pour l'instant
23:55de relier cet homme étrange aux quatre crimes.
23:57Pour en savoir plus sur le suspect,
23:59l'activité de son téléphone est étudiée.
24:02On se rend compte que,
24:03sur tous les faits,
24:05Nathalie Davids,
24:06à part,
24:08sur les trois derniers faits,
24:09son mobile n'a aucune activité.
24:11Donc, ça ne l'implique pas sur les faits,
24:14mais on ne peut pas l'exclure non plus,
24:15encore une fois.
24:15C'est alors que l'enquête va connaître
24:17un tournant décisif,
24:18car un homme prend contact
24:20avec la brigade criminelle de Versailles.
24:21Une personne nous appelle
24:23qui nous dit
24:24qu'il est garagiste,
24:25qui est désolé de nous appeler
24:26parce qu'il pense
24:27que ce n'est peut-être pas important,
24:28mais ses proches
24:29lui conseillent de le faire.
24:32Et ce garagiste
24:33qui se trouve
24:34sur Atismons
24:35nous dit
24:36« Moi, voilà,
24:36j'ai une personne
24:37qui est venue chez moi
24:38et qui m'a demandé
24:39d'installer un treuil
24:40sur sa voiturette,
24:40une voiture sans permis
24:41avec une benne à l'arrière.
24:43Il voulait installer un treuil
24:44pour y mettre sa moto GSXR. »
24:47Donc là, déjà,
24:47le garagiste s'est dit
24:48quand même
24:48« Une voiturette pour traîner une moto,
24:49ce n'est pas commun. »
24:51Donc ça lui est resté en mémoire.
24:52Et la deuxième chose
24:52qui lui est restée en mémoire,
24:53c'est que
24:54le monsieur qui est venu,
24:55il a laissé un chèque
24:57en bois
24:57et que ce chèque en bois,
24:58il a quand même
24:59un nom inscrit dessus
25:00et que le nom,
25:00c'est Yoni Palmier.
25:01Les enquêteurs
25:02s'empressent de présenter
25:03une photo de leur suspect
25:04à ce témoin providentiel.
25:06Le garagiste est formel.
25:07L'homme qu'il a reçu
25:08est bien Yoni Palmier.
25:09« Le témoignage
25:10de ce garagiste
25:12est extrêmement important
25:13parce qu'on lit
25:14Yoni Palmier
25:15à la moto. »
25:16Il n'y a pas une minute
25:17à perdre.
25:18Des équipes sont immédiatement
25:19envoyées dans les armureries
25:20et les stands de tir
25:21de la région.
25:22Là encore,
25:23des témoignages significatifs
25:24viennent renforcer
25:25leur intuition.
25:26« Le nom de monsieur
25:27Yoni Palmier
25:28ressort sur une armurerie
25:29à Corbeil-Essonne.
25:30Le propriétaire
25:31de cette armurerie
25:32nous donne son identité
25:33en disant
25:34« C'est un individu
25:36qui est trop bizarre.
25:38Je ne lui ai jamais
25:38vendu d'armes,
25:39mais quand il vient,
25:40il se cache toujours
25:41pour ne pas être vu
25:42sur les caméras.
25:43Une fois,
25:43il est même rentré
25:43avec sa cagoule
25:44et son casque sur la tête.
25:47Il me demande
25:48des choses bizarres. »
25:50« Ils vont voir
25:50des clopes de tir
25:51du coin
25:52et ils vont tomber
25:53sur un clope de tir
25:54qui va leur dire
25:54« Ah bah oui,
25:54Palmier,
25:55on le connaît.
25:55Nous,
25:56on ne l'a pas pris
25:56parce qu'on ne sentait pas.
25:57On ne sentait pas le bonhomme,
25:58on ne sentait pas ça
25:59psychologiquement,
26:00donc on l'a refoulé
26:00et il n'a pas tiré chez nous. »
26:02Une moto GSX-R,
26:04un intérêt pour les armes.
26:05Pas de doute,
26:06Yoni Palmier
26:07coche toutes les cases.
26:08La pression monte
26:09d'un cran
26:09pour les enquêteurs.
26:10Il y a urgence
26:11à établir un lien
26:12entre lui
26:12et les scènes de crime.
26:17Mercredi 11 avril 2012,
26:19jour 7,
26:20137e heure d'enquête.
26:24Il est 8h du matin.
26:26Fort des éléments obtenus,
26:27les policiers versaillais
26:28sont plus que jamais
26:29convaincus
26:30que Yoni Palmier
26:31est le tueur de l'Essonne.
26:32Mais avant de l'interpeller,
26:33ils veulent découvrir
26:34le mobile des crimes.
26:36Quel lien
26:36Yoni Palmier
26:37peut-il avoir
26:37avec les 4 victimes ?
26:39Et c'est l'obstination
26:40de Jean-Camille Viau
26:41qui va leur apporter
26:42un début de réponse.
26:43Les 2 premiers faits
26:44se sont déroulés
26:45dans un parking
26:45et je reste persuadé
26:46que pour entrer
26:47dans ce parking,
26:48l'individu dispose du bip
26:49dans un premier temps
26:50et qu'il est lié
26:51à ce parking,
26:51à cet immeuble.
26:52Donc je propose
26:53de contacter le syndic
26:55qui gère l'immeuble
26:56et de me faire communiquer
26:57l'ensemble des propriétaires
26:59de l'immeuble
27:00et de les appeler
27:01un par un
27:02afin de savoir
27:03à qui ils ont loué
27:03leur appartement,
27:05leur place de parking
27:06et je me rends compte
27:07qu'il y a
27:07un Yoni Palmier.
27:08Il a loué
27:08un emplacement de parking
27:10dans ce parking souterrain
27:11dont il a toujours la carte.
27:13Donc là,
27:13ils se disent quand même
27:14ce Palmier
27:14qu'on soupçonne,
27:16il a au moins
27:17un lien géographique
27:17et il peut avoir accès
27:18à ce parking
27:19où il y a eu deux meures.
27:20Plus les heures passent,
27:21plus l'étau se resserre
27:22autour de Yoni Palmier.
27:23En accord avec le juge
27:25d'instruction,
27:25il est décidé
27:26la mise en place
27:27d'une filature.
27:27A partir du lendemain
27:29à la première heure,
27:29les enquêteurs
27:30ne vont plus lâcher
27:31leur suspect.
27:33Jour 8,
27:34161ème heure
27:34d'enquête.
27:37Au petit matin,
27:38la BRI,
27:38la brigade de recherche
27:39et d'intervention,
27:40prend Yoni Palmier
27:41en filature.
27:42Il y a plusieurs équipes
27:43de la BRI
27:44qui vont suivre
27:44Palmier H24
27:45pour savoir
27:46ce qu'il fait
27:46dans la journée,
27:47comment il évolue,
27:47comment il bouge.
27:48La filature
27:49qui va être faite
27:49par la BRI
27:50est assez surprenante
27:51parce qu'un monsieur
27:52dont on nous dit
27:53qu'il est le tort possible
27:54du crime
27:55va se promener
27:55avec une petite voiture
27:56sans permis de conduire
27:57à des vitesses ridicules
27:59à tel point que la mairie
27:59a presque du mal à le suivre.
28:00Au volant de sa voiturette,
28:02Yoni Palmier
28:03bouge tout le temps.
28:04Il sillonne toujours seul
28:05le département de l'Essonne.
28:07Les Ligniers
28:07découvrent ainsi
28:08que leur suspect
28:09possède trois points de chute
28:10dans le département.
28:11Il a l'appartement
28:12évidemment dans lequel
28:13il a été contrôlé
28:14et vu à Draveil
28:15qu'il loue,
28:16mais il a deux autres points
28:17de chute
28:17qu'il fréquente.
28:18L'ancien appartement
28:19de sa mère,
28:20Harris Orangis
28:21et un pavillon
28:22toujours Harris Orangis
28:23qui appartient cette fois
28:24à un ancien compagnon
28:25de sa mère.
28:26Et en plus de ses appartements,
28:27les policiers
28:28qui le pistent
28:29toute la journée
28:30le voient s'arrêter
28:31à un box
28:32à Viry-Châtillon.
28:33Il en a les clés
28:34donc vraisemblablement
28:35c'est le sien.
28:36Et là,
28:37il se pose la question
28:38qu'est-ce qu'il y a
28:38dans ce box ?
28:39Parce que dans un box,
28:40on peut stocker
28:41tout un tas de choses.
28:41Ce box retient
28:42tout particulièrement
28:43l'attention des enquêteurs.
28:44Il est situé
28:45à quelques centaines de mètres
28:46de l'immeuble
28:47dans lequel résidait
28:47Nadia Bougemi
28:48à la scène,
28:49la dernière victime.
28:50Et alors là,
28:51un troisième élément
28:51qui tombe aussi,
28:52c'est qu'il a habité
28:53pendant un moment
28:55dans la même barre d'immeuble,
28:56alors pas au même numéro,
28:57mais dans la même barre d'immeuble
28:58que là où Marcel Brunetto
28:59vivait
29:00et où a été exécuté
29:01dans le hall.
29:02Ce sont des lieux
29:03qu'il fréquente,
29:04qu'il a fréquentés,
29:05des lieux où il a habité,
29:06qu'il connaît parfaitement.
29:07Pour résumer,
29:08Yoni Palmier
29:09loue un emplacement
29:10dans le parking
29:11où ont été tués
29:12Nathalie Davids
29:13et Jean-Yves Bonnerue.
29:14Il a vécu
29:15là où Marcel Brunetto
29:16a été tué
29:19à proximité de la résidence
29:20de Nadia La Seine.
29:21Ça fait beaucoup.
29:23Yoni Palmier
29:23a donc un lien géographique
29:25avec chacune
29:25des quatre victimes.
29:27Les hommes
29:27de l'APJ de Versailles
29:28ne croient pas une seconde
29:29à une coïncidence.
29:30Il est grand temps
29:31de l'interpeller.
29:35Samedi 14 avril 2012,
29:37jour 10,
29:39216ème heure d'enquête.
29:45L'interpellation
29:46de Yoni Palmier
29:47est imminente.
29:48Rien n'est laissé au hasard.
29:50Les autorités
29:50devront décider
29:51de mobiliser la Béry
29:52qui est donc
29:52la brigade anti-gang
29:53qui est spécialisée
29:54dans les interpellations
29:55un peu difficiles.
29:56Pourquoi ?
29:57Parce qu'il faut se souvenir
29:58qu'à cette époque-là
29:59en France,
29:59on est trois semaines
30:01après l'assaut
30:02quasiment télévisé
30:03de Mohamed Merah
30:04extrêmement violent.
30:05La France est quand même
30:06dans une situation
30:08extrêmement tendue.
30:09D'abord,
30:10il y a aussi
30:10une campagne électorale
30:11qui est en cours
30:11pour la présidentielle.
30:13Tout ça crée
30:14un climat
30:14qui n'est pas très serein.
30:15Et puis,
30:16ils ont quand même...
30:17Ils pensent en phase 2
30:18quelqu'un qui a tué
30:19quatre personnes
30:19en six mois.
30:20Il est 15h
30:21lorsque Yoni Palmier
30:22sort de l'appartement
30:23qu'occupait sa mère
30:24à Riss-Orangis.
30:25Je dis aux gars,
30:26on y va,
30:26on ramasse,
30:27on va voir ce que ça va donner.
30:28Et en fait,
30:28ils vont l'interpeller
30:29très simplement
30:30comme ils savent faire
30:30tout en douceur,
30:31tout en souplesse.
30:32Ils le croissent dans la rue
30:33et deux secondes après,
30:34il est par terre
30:34avec les pinces dans le dos
30:35sans comprendre,
30:36sans difficulté.
30:37Une fois que la Béry
30:39l'a interpellé,
30:40ils nous le mettent
30:40à disposition.
30:41Je me transporte
30:42au commissariat
30:42le plus proche
30:43et on me le présente.
30:44Et là,
30:44je le place en garde à vue.
30:45Donc,
30:45je lui notifie ses droits,
30:46le droit au silence,
30:48l'examen médical,
30:49la présence de l'avocat,
30:51la façon dont va se dérouler
30:52la garde à vue,
30:53c'est-à-dire 24 heures
30:54prolongeables,
30:5524 heures supplémentaires.
30:56Et donc,
30:57en fait,
30:57c'est effectivement
30:58enquête chrono.
30:58Il faut aller très très vite.
30:59Pendant ces 48 heures,
31:00essayer d'en faire un maximum.
31:03Pas une minute à perdre,
31:04donc.
31:05Et Marcel Leclerc
31:06ne tarde pas
31:06à faire une drôle de découverte.
31:07Il y a une espèce
31:09de baise en ville
31:10en toile
31:11dans laquelle il y a
31:12ses documents,
31:12ses papiers d'identité.
31:13Je découvre
31:14une petite voiturette
31:15en métal
31:16qui est assez lourde.
31:17C'est un jouet
31:18et ça m'intrigue
31:19parce que c'est quand même
31:21bizarre ce jouet.
31:22Et en la manipulant,
31:23je me rends compte
31:24que la coque
31:24s'enlève du châssis.
31:26Et en forçant un petit peu,
31:28j'ouvre la voiture en deux
31:29et je découvre une arme,
31:31un petit pistolet.
31:34C'est un bulldog.
31:35C'est un 635.
31:36Un tout petit calibre.
31:37C'est pas l'arme du crime.
31:39Mais il est quand même armé.
31:41Donc potentiellement
31:42capable de s'en servir
31:43à tout moment
31:44et en toutes circonstances.
31:45Face à cet élément
31:46pour le moins compromettant,
31:48Yoni Palmier reste de marbre.
31:49Il apparaît étranger
31:50à tout ce qui lui arrive.
31:51Il est distant,
31:53mutique.
31:54On a l'impression
31:54qu'il vit comme un spectateur
31:56plutôt qu'un acteur
31:57de ce qui lui arrive.
31:59L'horloge tourne.
32:00Les policiers décident
32:01de procéder
32:01à différentes perquisitions.
32:03Direction Riss-Oringis
32:04ouvre sa mère
32:05et ce,
32:06en présence de leurs suspects.
32:07Comme ça,
32:08on voit sa réaction.
32:09C'est toujours mieux.
32:10C'est un petit appartement,
32:11en fait.
32:11C'est un F2,
32:12une chambre,
32:13une pièce principale double
32:14avec une cuisine aménagée.
32:16Et puis,
32:16tout est en désordre.
32:17Mais on a l'impression
32:18que c'est un désordre organisé,
32:20quand même.
32:21Et puis,
32:21au milieu de cette pièce,
32:22il y a un sauna
32:24qui doit faire 4 mètres carrés,
32:27mais qui prend l'intégralité
32:28de la pièce.
32:28Mise à part cet élément déroutant,
32:30rien à signaler,
32:31en fait.
32:32En revanche,
32:33dans l'appartement
32:34de Yoni Palmier
32:35à Draveil,
32:36la pêche est meilleure,
32:37si je puis dire,
32:38puisqu'il retrouve
32:39des faux papiers,
32:40un gilet pare-balles
32:41et un pistolet
32:42à impulsion électrique.
32:43Mais en revanche,
32:44absolument rien
32:45dans ces perquisitions
32:46ne leur permet
32:47de relier
32:48Yoni Palmier
32:48aux homicides.
32:49On n'a pas
32:49l'élément décisif
32:50qui permet de dire
32:51« Ok,
32:51les 4 meurtres,
32:52c'est Yoni Palmier ».
32:53La nuit est tombée
32:54lorsque Yoni Palmier
32:56est conduit
32:56dans les locaux
32:57de la PJ de Versailles
32:58pour y être entendu.
33:01Jour 11,
33:03226ème heure d'enquête.
33:06Il est plus d'une heure
33:07du matin.
33:08Dans les couloirs
33:08de la PJ,
33:09les enquêteurs
33:09se préparent
33:10à interroger
33:10leurs suspects.
33:11L'enjeu est de taille.
33:13Il faut du concret,
33:14des aveux
33:14ou bien des indications
33:15sur le lieu
33:16où il a caché
33:16l'arme du crime.
33:18Et affaires exceptionnelles,
33:19dispositifs exceptionnels.
33:20On travaille
33:21avec l'OCRVP,
33:22l'office central
33:23de répression
33:24pour les violences
33:25aux personnes
33:25à Nanterre.
33:26Et donc,
33:26eux travaillent
33:27sur du profiling
33:29avec des psychocriminologues.
33:30Et le canevas
33:31des profilers,
33:32c'est en gros
33:33« Attention,
33:34cet individu
33:34est dans la toute-puissance,
33:35il faut faire
33:36tout ce qu'il veut
33:38pour éventuellement
33:40rentrer dans son intimité
33:41et obtenir ses aveux
33:43le plus rapidement possible.
33:44En étant gentil,
33:46vraiment,
33:47faites tout ce qu'il demande. »
33:48L'audition débute
33:49et manifestement,
33:50Yoni Palmier
33:51n'a pas l'intention
33:52de coopérer.
33:53Et en fait,
33:54ce qui devait se passer,
33:55c'est que Yoni Palmier
33:56est intelligent quand même.
33:57Et du coup,
33:58il se rend compte de ça.
33:59Il se rend compte que déjà,
34:00les enquêteurs
34:01qui sont en place de lui,
34:02ils sont soumis
34:04à ses volontés
34:05et à ses désirs.
34:07Et en fait,
34:07ça fait un déséquilibre
34:08tout de suite.
34:08Donc en fait,
34:09il fait ce qu'il veut,
34:10il demande à boire,
34:10à manger,
34:12il s'affale dans sa chaise,
34:14ne répond pas,
34:15répond quand il a envie.
34:16Il est dédaigneux.
34:17Ce premier interrogatoire,
34:19c'est une catastrophe.
34:20Les enquêteurs tournent en rond.
34:22Au milieu de la nuit,
34:23ils mettent fin
34:24à cette première audition.
34:25Jour 11,
34:27232e heure d'enquête.
34:29Dès le petit matin,
34:31Yoni Palmier
34:32est de nouveau extrait
34:32et transporté
34:33pour assister
34:34à une perquisition.
34:34direction Viry-Châtillon,
34:36cette fois-ci,
34:37dans le box repéré
34:38pendant la filature.
34:39Lorsqu'on ouvre le box,
34:42tout de suite,
34:42on s'aperçoit
34:43qu'il y a deux deux roues.
34:44Une moto 50 cm3
34:46et un autre deux roues
34:47sous des draps.
34:48Et donc ensuite,
34:49on soulève le drap
34:51et on s'aperçoit
34:52qu'il s'agit de la moto
34:54qu'on recherchait
34:55depuis quelques jours
34:56avec toutes les caractéristiques
34:58que nous allaient donner
34:59les témoins.
35:00Avec la fameuse
35:01Suzuki GSXR,
35:02les policiers tiennent
35:03enfin un élément probant.
35:05Comme la loi le permet,
35:06la garde à vue
35:07est prolongée de 24 heures.
35:08Yoni Palmier
35:09reste quant à lui
35:10imperturbable.
35:11Il est plutôt calme,
35:12il est spectateur
35:13de la perquisition,
35:14il ne laisse rien paraître.
35:15Il n'est pas nerveux,
35:17il n'est pas anxieux.
35:18Sans perdre une seconde,
35:19Guéric Guillaume
35:20et ses collègues
35:20filent ensuite
35:21dans le troisième point
35:22de chute de Yoni Palmier,
35:23le pavillon
35:24de l'ancien compagnon
35:25de sa mère.
35:25Et là encore,
35:26la moisson est riche.
35:27Dans un conteneur
35:29de poubelles
35:29à l'extérieur de la maison,
35:31il est découvert
35:31parmi les détritus
35:32sur le dessus
35:33une douille
35:34de 7,65
35:35de marque Gégo.
35:36L'analyse balistique
35:37permettra de confirmer
35:38qu'il s'agit bien
35:39d'une douille
35:40qui a été tirée
35:40par la même arme
35:41qui a été utilisée
35:42pour les quatre meurtres.
35:43Les éléments à charge
35:44s'accumulent.
35:45Face au mutisme du suspect,
35:47les enquêteurs
35:48sont dorénavant
35:48bien décidés
35:49à changer de ton
35:50pour obtenir des aveux.
35:53Jour 11,
35:54242e heure d'enquête.
35:58Exit les psychocriminologues
35:59et retour aux bonnes vieilles méthodes.
36:01Les policiers bombardent
36:02Yoni Palmiers de questions
36:04et le mettent face
36:04à ces contradictions.
36:05Et là, clairement,
36:06les policiers,
36:06ils se coulent,
36:07ils se coulent Palmiers,
36:07alors au sens imagé du terme,
36:09mais ils ont un ton
36:10qui est différent,
36:11beaucoup plus directif.
36:12Ils vont reverser
36:13le rapport de force
36:14et c'est comme ça
36:15que Yoni Palmiers
36:16va commencer à craquer un peu
36:17et à donner des éléments
36:18aux enquêteurs.
36:19Et il va reconnaître,
36:20alors pas de manière
36:21très détaillée,
36:22mais il va reconnaître
36:24qu'il est bien l'auteur
36:24du meurtre de Nathalie Davies,
36:25qui est donc le premier meurtre
36:27de la série de quatre.
36:28Et là, c'est un peu
36:29la stupeur du côté
36:31des enquêteurs
36:31parce que le meurtre
36:33de Nathalie Davies
36:34que Yoni Palmiers
36:35reconnaît certes
36:35du bout des lèvres,
36:37ça vient confirmer
36:38un doute qui le tenaillait
36:39quand même depuis
36:39quelques temps,
36:40à savoir que
36:41Michel Courtois
36:42n'a pas commis ce meurtre.
36:44Et Michel Courtois,
36:45il est pourtant
36:46toujours en prison
36:47pour le meurtre
36:48de Nathalie Davies,
36:49un meurtre
36:49qu'il n'a donc pas commis.
36:50Après cet aveu
36:51à demi-mot,
36:52Yoni Palmiers
36:53s'enferme dans le silence.
36:54Pourtant,
36:55il y a urgence
36:55car la fin
36:56de la garde à vue approche.
36:57Les policiers
36:58ont besoin d'éléments
36:59reliant leur homme
36:59aux trois autres meurtres.
37:00Et pour cela,
37:01ils misent tout
37:02sur l'arme du crime.
37:04Au côté de Marcel Leclerc
37:05et Jean-Camille Viau,
37:07Yoni Palmiers
37:07assiste à la fouille
37:08de sa voiturette,
37:09rapatriée dans la cour
37:10de la PJ de Versailles.
37:11Une fouille
37:12qui va prendre
37:12un tour complètement inattendu.
37:14Dès qu'on l'extrait
37:15des locaux
37:15de la cellule
37:16de garde à vue,
37:17Yoni Palmiers
37:17ressent peut-être
37:18l'envie de parler
37:20et avec mon collègue,
37:21on va décider
37:22de l'ignorer.
37:23Et dès que l'on va
37:24lui montrer
37:25qu'on n'a aucun intérêt
37:26pour lui,
37:26c'est lui
37:27qui va commencer
37:28à se rapprocher de nous.
37:29Puis on le fuit.
37:30Puis il arrive vers nous.
37:32Et donc moi,
37:32je m'affaire
37:33à fouiller le véhicule
37:35dans lequel
37:36on ne trouve pas
37:37d'élément primordial
37:38dans son premier temps.
37:39Et je vois bien
37:40que derrière moi,
37:41alors que pendant
37:41qu'il assiste à la fouille,
37:43il se rapproche
37:44de plus en plus
37:44de mon collègue
37:45et qu'il essaie
37:46de lui parler.
37:46Il se frotte quasiment
37:48à moi,
37:48épaule contre épaule.
37:50Et là,
37:51j'avoue que ça me fâche
37:52un peu,
37:53je le repousse.
37:53C'est plutôt inhabituel
37:55mais je me mets
37:55à le tutoyer.
37:56Et je lui dis
37:57mais laisse-moi,
37:57qu'est-ce que tu veux ?
37:58Pourquoi tu t'approches
37:59de moi comme ça ?
38:00Et je m'écarte un peu
38:01parce qu'on n'est pas
38:02dans le cadre des auditions,
38:03je n'ai rien à lui demander.
38:05Il est menotté
38:06et revient vers moi.
38:07Je lui dis
38:07mais pourquoi tu le suis comme ça ?
38:09Qu'est-ce que tu veux
38:10me dire des choses ?
38:11Et puis,
38:12il hoche de la tête
38:13en me faisant un signe
38:14d'accord en fait,
38:15il valide.
38:16On lui parle
38:17de manière un peu fâchée,
38:19on parle fort,
38:20il faut que tu nous amènes
38:21à l'arme,
38:22on a besoin de cette arme.
38:24Et finalement,
38:25il commence à dire
38:26l'arme,
38:27c'est bon,
38:27je vais vous dire
38:27où elle est.
38:28Elle est dans un box
38:29sur Draveil
38:30et là,
38:30il nous donne une adresse
38:31qu'on ne connaissait pas.
38:35Cet emplacement
38:35avait en effet
38:36totalement échappé
38:37aux policiers
38:38aussi bien au cours
38:39de leur recherche
38:39que pendant la filature.
38:41Et le lieu
38:41qu'il s'apprête
38:42à perquisitionner
38:43va se révéler
38:44être une véritable
38:45caverne d'Ali Baba.
38:50Et donc,
38:51on ouvre le box,
38:52il s'agit d'un box
38:52qui est aménagé
38:53avec une petite mezzanine.
38:55On y découvre
38:56des tenues de camouflage,
38:58des gilets pare-balles,
38:59un pain de plastique,
39:01des détonateurs,
39:02un arc avec des flèches,
39:04du matériel
39:06de transfusion,
39:07des couvertures
39:08de survie.
39:09Un attirail
39:10pour le moins inquiétant.
39:11Mais pour l'instant,
39:12pas de pistolet automatique.
39:14Je lui demande
39:14mais elle est où l'arme ?
39:15Elle me dit là-haut.
39:17Donc,
39:17je monte l'escalier,
39:18il est derrière moi,
39:20il me désigne un sac
39:21et elle me dit
39:21elle est là.
39:22J'ouvre le sac,
39:24il y a un autre sac dedans
39:26et là,
39:27je découvre une arme,
39:28un pistolet automatique.
39:29Et je trouve une autre arme.
39:32Il y a deux pistolets
39:33Browning 7,65.
39:35Alors à l'expertise après,
39:36on saura qu'un des deux
39:37est celui qui a été utilisé
39:38sur les quatre meurtres.
39:40Il y a d'autres pistolets,
39:41des plus petits,
39:42il y a des armes
39:42de différents calibres.
39:44Donc,
39:44on est vraiment face
39:45à quelqu'un
39:46qui a,
39:46à cet endroit-là,
39:47à stocker
39:48de quoi faire
39:49beaucoup,
39:49beaucoup de dégâts.
39:50Et là,
39:50bingo,
39:51il y a tout ce qu'il faut
39:52dans l'arme du crime.
39:53Pour les policiers,
39:54le soulagement est immense.
39:55Ils viennent de mettre
39:56la main sur la pièce
39:57manquante du puzzle
39:58et peut-être même
39:59d'empêcher un nouveau carnage.
40:00C'est très rare
40:01de retrouver l'arme du crime
40:02dans une affaire criminelle.
40:04Généralement,
40:04les voyous,
40:05les assassins
40:06s'en débarrassent.
40:07Donc,
40:07c'est le graal.
40:08On a enfin le tueur
40:10et il n'y aura pas
40:11d'autres victimes.
40:12Pris par le temps,
40:13les hommes de l'APJ
40:13doivent interrompre
40:14la perquisition.
40:15On est obligés
40:16de partir,
40:18donc on pose
40:18les scellés
40:19et on doit le déférer
40:21devant les magistrats
40:21pour sa mise en examen.
40:23Jusqu'à la dernière seconde
40:24de la garde à vue,
40:25les enquêteurs ont tout
40:26mis en oeuvre avec succès
40:27pour réunir un maximum
40:29d'éléments à charge
40:29contre le suspect.
40:31Seul regret pour eux,
40:32le mobile de Yoni Palnier
40:33qui restera à jamais
40:34un mystère.
40:35Pourquoi ?
40:36Pourquoi il va tuer
40:37un retraité de 81
40:38dans son litmeuble ?
40:39Pourquoi il est une mère de famille ?
40:40Pourquoi il exécute
40:42de 7 balles
40:43Nathalie Davies
40:43dans le parking
40:44alors qu'il ne la connaît pas
40:45et qu'il n'y a sans doute
40:45jamais parlé ?
40:46Donc c'est un vrai questionnement.
40:48C'est frustrant,
40:50c'est surtout,
40:50je pense,
40:51frustrant pour les familles.
40:52C'est une des premières fois
40:53qu'on a un criminel en série
40:55qui agit sans mobile évident.
40:57Et c'est ça qui est presque
40:58terrifiant d'ailleurs
40:58dans cette histoire,
40:59c'est que ce qu'il a envie
41:00c'est de tuer
41:02et de tuer complètement au hasard.
41:04C'est effroyable.
41:05Alors bien évidemment,
41:06on peut dire oui,
41:07après coup,
41:07on peut dire
41:07c'est un psychopathe,
41:08un sociopathe,
41:09comprendre qu'il a eu
41:10une vie difficile.
41:12Mais on s'en fout en fait,
41:13au final.
41:14Parce qu'il a tué des gens
41:14qui étaient innocents.
41:15Et on ne sait pas pourquoi.
41:17Et puis il y a un autre élément
41:18qui reste un mystère
41:19dans cette affaire,
41:20c'est comment Yoni Palmier
41:22a financé sa moto,
41:25ses armes,
41:26tous ses box qu'il louait
41:27un petit peu partout.
41:29Yoni Palmier,
41:29il est au RSA.
41:31Donc concrètement,
41:32il n'en a pas les moyens.
41:33Alors est-ce que c'est sa mère
41:34qui lui donnait de l'argent,
41:36elle qui le couvait tant,
41:37en même temps,
41:38elle non plus ne roule pas sur l'or ?
41:39Est-ce que ce sont
41:41les trafics de papier
41:42auxquels il semblait se livrer ?
41:45Malheureusement,
41:46les investigations
41:47de ce côté-là
41:48n'ont rien donné.
41:49C'est un mystère de plus,
41:51au fond,
41:52dans une affaire
41:52déjà bien nébuleuse.
41:57Lundi 16 avril 2012,
41:59jour 12,
42:01264e heure d'enquête.
42:08Il est 15h,
42:09lorsque la garde à vue
42:10de Yoni Palmier
42:11prend fin.
42:11L'homme a reconnu
42:12un seul des 4 crimes
42:14dont il est accusé.
42:15Il est mis en examen
42:16pour les assassinats
42:17de Jean-Yves Bonnerue,
42:18de Marcel Brunetto,
42:19de Nadia Boudjemia-Lassène
42:20et de Nathalie Davids.
42:22Il est aussitôt incarcéré.
42:2412 jours et 15h
42:25auront été nécessaires
42:26aux enquêteurs
42:27pour neutraliser le meurtrier.
42:28À la PJ de Versailles,
42:29l'affaire du tueur de l'Essonne
42:31a durablement marqué les esprits.
42:33Toute la brigade
42:34était dessus
42:35et au-delà de la brigade,
42:37tous les enquêteurs
42:37de la direction
42:38de la police judiciaire
42:39de Versailles
42:40étaient sur le terrain
42:41ou ont participé
42:43à faire des recherches,
42:44fichiers, tout ça.
42:45Et ça, c'est la machine PJ
42:47qui existe
42:49et qui fait plaisir à voir.
42:50Ce qui marque,
42:51c'est d'abord
42:51la capacité de travail
42:52et d'investissement
42:53des enquêteurs.
42:54C'est assez extraordinaire.
42:55Il y a des gens
42:56qui vont travailler H24
42:57sans se poser de questions
42:58en disant
42:58il faut qu'on le trouve.
42:59qui vont mettre le paquet
43:00à qui il faut dire
43:00parfois les gars
43:01vous allez vous reposer
43:02parce que là
43:02vous n'en pouvez plus.
43:03Donc je suis toujours
43:04très admiratif
43:05du travail des gars
43:06de la police judiciaire
43:06en général,
43:07que ce soit la crime,
43:08que ce soit la BRB,
43:09la BRI,
43:10l'IGI bien sûr.
43:11Et cette publicité
43:12qui paye
43:13et l'immense plaisir
43:14qu'on voit après
43:14dans les yeux des enquêteurs
43:15en disant c'est bon,
43:16on l'a trouvé,
43:17on a fait notre travail.
43:18C'est pas tous les jours
43:18qu'on voit ça,
43:19donc ça touche,
43:20ça touche,
43:20même si on est des professionnels,
43:22on reste des humains
43:23et des hommes,
43:24donc on est des pères de famille
43:25aussi et ça touche.
43:28Donc c'est une affaire
43:28qui a bouleversé
43:29beaucoup de personnes
43:30et j'en fais partie.
43:31Le mercredi 29 mars 2017,
43:34après trois ans
43:35d'instruction,
43:36Yoni Palmier
43:36est condamné
43:37par la cour d'assises
43:38de Paris
43:38à la réclusion criminelle
43:39à perpétuité,
43:40assortie d'une peine
43:41de sûreté de 22 ans.
43:42A l'occasion
43:43de son procès en appel,
43:45l'accusé a finalement
43:46consenti à des aveux
43:47en demi-teinte,
43:48avouant être l'auteur
43:49des quatre crimes.
43:50Concernant son mobile,
43:51Yoni Palmier
43:52s'est contenté
43:53d'indiquer
43:53qu'il avait pris
43:54des victimes au hasard.
43:55Quant à Michel Courtois,
43:56qui avait avoué
43:57le meurtre de Nathalie Davids,
43:59il a été libéré
44:00le 11 juin 2012.
44:01Il aura passé
44:02sept mois
44:02en détention préventive
44:04pour un meurtre
44:04qu'il n'a pas commis.
44:05L'État lui a octroyé
44:0718 000 euros
44:07pour le préjudice moral subi.
44:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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