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Policier
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00:09Les tribunaux sont censés être des lieux de calme où la solennité est de mise et où le juge fait
00:15régner l'ordre et la justice.
00:17Mais lorsque les enjeux et les émotions sont à leur paroxysme, il est parfois difficile de garder son sang-froid.
00:24Attrapez-le !
00:25Dans cet épisode, l'agression d'un avocat.
00:29J'ai ressenti une décharge électrique traverser tout mon corps.
00:33Un juge sur le banc des accusés.
00:37Et une surprise pleine d'émotions.
00:42Vous allez assister à tous ces moments stupéfiants, ainsi qu'aux analyses de nos criminologues et de nos juristes.
00:49Cette femme était désespérée, mais quelque chose ne collait pas.
00:52Voici, chaos au tribunal.
01:00Jayé Persson-Lin est avocat.
01:02Lorsqu'il se rend au palais de justice de San Bernardino ce jour-là, c'est pour régler une affaire
01:07a priori sans histoire.
01:09Malheureusement pour lui, cette journée va rapidement virer au cauchemar.
01:13Jayé Persson-Lin est avocat en Californie depuis plus de dix ans.
01:17C'est un homme d'expérience.
01:19Ce jour-là, il était simplement venu au tribunal pour modifier la date de l'audience d'un de ses
01:24clients.
01:25Il ne portait pas de costume car il pensait que sa requête pouvait se régler avec le greffier.
01:30Mais à sa grande surprise, il a été redirigé vers la salle d'audience du tribunal.
01:35À son arrivée, Jayé Persson-Lin est immédiatement interpellé par l'agent Paul Barry, qui lui demande son identité.
01:43Je lui ai dit qu'il ne me connaissait pas, mais que je devais parler au greffier.
01:47Il m'a répondu que je devais retourner vers la tribune en me pointant la direction.
01:52La tribune est à l'arrière de la salle d'audience.
01:54C'est là que ce soit les gens qui assistent au procès.
01:57Je lui ai dit que j'étais avocat.
01:59Et il m'a répondu qu'il fallait que je m'adresse à l'huissier de justice.
02:04L'avocat s'approche de l'agent Sutton.
02:07Il m'a dit, monsieur, vous voyez cette barre ? Seuls les avocats peuvent s'en approcher.
02:11Je lui ai répondu que j'étais avocat et que je devais parler au greffier pour une de mes affaires.
02:18J'ai mis ma main dans ma poche pour sortir mon portefeuille et prouver mon identité.
02:23Et l'agent Barry a immédiatement agrippé Jayé pour l'éloigner de la zone réservée aux avocats.
02:29J'essaie de me retourner pour lui faire face, mais il me repousse à nouveau.
02:33Il me bloque le passage avec sa main et je tente de lui faire comprendre qu'il fait une erreur.
02:38Mais à aucun moment je n'utilise la force pour me défendre.
02:41Mais ils auraient peut-être simplement dû lui dire de se calmer.
02:45C'était la première fois que je me retrouvais dans une situation pareille au tribunal.
02:49L'avocat tente à nouveau d'expliquer aux agents la raison de sa présence en salle d'audience.
03:08Jayé Personeen avait beau répéter encore et encore la raison de sa présence au tribunal, les agents ne voulaient rien
03:14entendre.
03:14La question qui se pose à ce stade de l'histoire c'est, est-ce que Jayé aurait été traité
03:19différemment s'il avait été blanc ?
03:21Malheureusement, je ne vois pas d'autre explication à cette situation.
03:25Je suis persuadé que Jayé a été traité de cette manière en raison de sa couleur de peau.
03:29Bien sûr, le fait qu'il ne porte pas de costume d'avocat et qu'il perde en partie son
03:33sang-froid n'a pas dû jouer en sa faveur.
03:35Mais tout a commencé parce que Jayé est jeune et noir, ce qui dans l'esprit des agents et de
03:41l'huissier de justice ne correspondait pas à l'image qu'il se faisait d'un avocat.
03:46Jayé Personeen est avocat depuis plus de dix ans et on lui demande de rejoindre la tribune réservée au public.
03:52Pas étonnant qu'il refuse. C'est un avocat et un homme d'expérience.
03:56Il sait à quel point il est important de se plier aux requêtes des policiers et des huissiers de justice.
04:02Mais comme il refuse d'obtempérer, la situation finit par s'envenimer.
04:23Sur la vidéo de sécurité, on peut voir l'agent Paul Barry attraper son taser et le cacher derrière son
04:29dos.
04:30Il est prêt à l'utiliser comme s'il était sur le point d'être attaqué par Jayé.
04:34Encore une fois, il ne croit pas une seconde que cet homme puisse être avocat.
04:40Le taser n'est pas mortel. C'est une arme de dissuasion qui gagne en efficacité quand elle est exhibée
04:46avant d'être utilisée.
04:47Dans la plupart des cas, il suffit de la montrer à son agresseur potentiel pour le dissuader de passer en
04:53l'acte.
04:54Je n'ai pas de problème avec le fait qu'un agent de police garde son taser à portée de
04:58main, au cas où la situation échapperait à son contrôle.
05:01Quand on est policier et qu'on essaye de désamorcer une situation conflictuelle en discutant,
05:06il est courant de cacher le taser derrière son dos pour ne pas énerver davantage la personne qu'on essaye
05:11de calmer.
05:13On préfère éviter d'ajouter de l'huile sur le feu en effrayant la personne avec le taser parce que
05:18ce serait contre-productif.
05:22Alors que l'altercation se poursuit en dehors du champ de vision des caméras,
05:27Jayé est de plus en plus gagné par la frustration.
05:54Répétez inlassablement aux agents de police qu'ils font une grosse erreur, ne joue pas en sa faveur.
05:59Jayé a clairement perdu le contrôle. Son comportement est dicté par ses émotions.
06:09Et c'est à ce moment qu'on a atteint le point de non-retour.
06:18À cet instant, j'ai ressenti une décharge électrique traverser tout mon corps.
06:23Et pendant que je tombais, je me suis demandé, il vient vraiment de faire ça ?
06:27Je n'arrivais pas à y croire.
06:29Je pense que l'utilisation du taser était excessive dans cette situation.
06:32Ce n'était pas un jeune tout droit sorti de l'école de police.
06:35Il savait ce qu'il faisait, à mon avis.
06:38C'est pour ça qu'il a pris le soin d'enregistrer la suite de l'altercation,
06:42pour pouvoir justifier le recours à la force et l'utilisation du taser sur Jayé Personne-Lin.
07:01Les menottes étaient tellement serrées autour de mes poignets
07:03que les bleus et les cicatrices ont mis plusieurs mois avant de disparaître.
07:08Même si Jayé Personne-Lin finit par prouver son identité,
07:13l'agent Barry n'est pas inquiété pour son utilisation excessive de la force.
07:17Au lieu de ça, c'est le jeune avocat qui est arrêté.
07:19Jayé est accusé d'entrave à un policier dans l'exercice de ses fonctions.
07:24Et cette accusation se fonde sur le moment où il a tenté de mettre sa main dans sa poche
07:28pour attraper son portefeuille.
07:30On lui reproche également d'avoir repoussé l'agent Barry.
07:33« Toute l'altercation a été présentée de telle sorte que Jayé passe pour quelqu'un de violent
07:38qui a résisté à la police, justifiant ainsi l'utilisation du taser. C'est ridicule. »
07:44« J'ai pris connaissance des faits qui m'étaient reprochés et ça aurait dû s'arrêter là.
07:48Mais au lieu de ça, ils ont pris un malin plaisir à m'humilier en m'arrêtant et en me
07:54jetant en prison. »
07:55Après l'arrestation, le procureur aurait facilement pu abandonner les charges contre Jayé.
07:59« Mais il a continué à gâcher son temps et ses ressources dans cette affaire. Pourquoi ? »
08:05Le plus ironique dans cette histoire, c'est que Jayé Persson-Lin est connu pour avoir plaidé de nombreuses affaires
08:10liées au racisme et au profilage racial.
08:13« J'ai été personnellement confronté à ces problèmes en grandissant.
08:17Être un conducteur noir, devoir s'arrêter, se garer, sortir du véhicule,
08:21c'est la répétition de toutes ces humiliations et de ces injustices qui m'a poussé à étudier le droit
08:27et à devenir avocat de la défense. »
08:30Un an plus tard, en septembre 2020, se tient le procès de Jayé Persson-Lin.
08:36Il est accusé d'entrave à un policier dans l'exercice de ses fonctions
08:40et condamné à un an de prison avec sursis.
08:44« Je pensais que mon métier d'avocat me donnait le droit de me rendre dans une salle d'audience
08:50pour parler d'une affaire en cours à un greffier.
08:53Mais je sais aujourd'hui que j'avais tort,
08:56puisque j'ai été condamné à un an de prison avec sursis en tentant de faire mon travail. »
09:01Même si la peine n'est pas ferme, Jayé fait appel de la décision et il a bien raison.
09:06« Je pense qu'il s'agit d'un cas d'injustice flagrant.
09:09Jayé Persson-Lin a été arrêté, ce qui est une erreur selon moi.
09:14Ensuite, il a été accusé et convoqué devant un tribunal pour être jugé.
09:18Et au final, il a été condamné à un an de prison avec sursis.
09:22C'est une décision complètement inédite compte tenu de la situation. »
09:26Jayé Persson-Lin a engagé des poursuites contre le comté de San Bernardino et l'agent Barry
09:31pour utilisation excessive de la force.
09:33« Il n'y a pas que les cicatrices physiques.
09:35Le préjudice moral est immense.
09:37Je suis perdu.
09:38J'avais pris l'habitude de lire la déclaration d'indépendance le jour de la fête nationale
09:43tellement j'étais fier d'être américain.
09:46J'espère que les résultats de mon appel et de la poursuite aux civils
09:50viendront en quelque sorte corriger cette injustice.
09:54Mais ce que j'ai perdu ce jour-là, je ne suis pas sûr de pouvoir le récupérer. »
10:02Dans une salle d'audience bondée du Michigan,
10:04Theresa Brennan, un ancien juge, se retrouve sur le banc des accusés
10:08pendant la lecture de sa sentence pour parjure
10:10dans le tribunal itinérant du comté de Livingstone.
10:19Les problèmes de ce juge ont vraiment commencé en janvier 2013.
10:24À cette époque, elle présidait un procès pour double homicide.
10:28Jérôme Kowalski était accusé du meurtre de son frère et de sa belle-sœur.
10:33« Environ quatre jours avant le procès,
10:35le juge Brennan s'est retrouvé au cœur d'un scandale
10:38en étant accusé d'entretenir une relation avec le témoin principal de l'affaire,
10:44l'enquêteur en chef, Sean Furlong.
10:46Le problème quand on entretient une relation personnelle avec un témoin dans une affaire,
10:50c'est que votre jugement et votre impartialité peuvent être remis en cause. »
10:56Le juge Brennan s'est défendu en affirmant que ses rapports avec le témoin étaient strictement amicaux.
11:01« Et quand on lui a demandé de se récuser dans cette affaire bien précise,
11:05elle a répondu « Non, je ne le ferai pas. »
11:08Le verdict finit par tomber et Jérôme Kowalski est reconnu coupable du meurtre de son frère
11:13et de sa belle-sœur.
11:15Il est condamné à la prison à vie.
11:19Quatre années se sont écoulées depuis la fin du procès.
11:22Nous sommes en 2017 et le juge Brennan est au cœur d'un divorce douloureux
11:26avec son mari Don Root.
11:27« Je ne vais pas attendre. »
11:29« Je ne vais pas attendre. »
11:33Ses accusations d'adultère avec le témoin principal de l'affaire de double meurtre qu'elle avait jugée
11:40sont revenues sur le tapis lors du divorce qu'il a opposé à son mari.
11:49Le juge a fini par admettre sa liaison,
11:52mais elle s'est défendue en argant qu'elle était postérieure au procès.
11:55On sait aujourd'hui que c'était faux.
11:57L'étude de ces données téléphoniques indique que le juge Brennan a échangé des appels avec le témoin
12:03à trois reprises durant le procès.
12:05Et elle indique également qu'ils se sont téléphonés 241 fois avant ce même procès.
12:10Teresa Brennan a fini par être accusée de parjure,
12:14de comportement irrégulier et de falsification de preuves.
12:21La juge Brennan encourt une peine de prison de 15 ans
12:24si elle est reconnue coupable de parjure lors de son procès.
12:30Mais elle décide de plaider coupable dans le cadre d'un accord
12:33avec le bureau du procureur général du Michigan
12:35qui prévoit une peine maximum de six mois de prison.
12:59Quand on commence à se poser des questions sur l'équité et l'impartialité d'un juge,
13:04ça signifie qu'il est temps pour lui de changer de métier
13:07et de se préparer à subir les conséquences de ses actions.
13:11Sept ans après l'affaire Kowalski,
13:14la juge Brennan doit affronter ses conséquences.
13:17Pendant le verdict, l'accusé est souvent submergé par l'émotion.
13:21Et c'est ce qui s'est passé ce jour-là.
13:37Cette femme était désespérée.
13:40Elle a essayé de justifier son comportement.
13:43Mais quelque chose ne collait pas.
13:54La confession larmoyante de Theresa Brennan
13:56n'a pas suffi à convaincre le juge.
13:58Elle a été condamnée à six mois de prison ferme,
14:01200 heures de travaux d'intérêt général
14:02et 18 mois de prison avec sursis,
14:04soit la peine maximale qu'elle encourait.
14:07Évidemment, suite au comportement
14:08et à la condamnation du juge Brennan pour parjure,
14:11le verdict de l'affaire Jérôme Kowalski a été annulé.
14:15Un nouveau procès doit avoir lieu
14:17et on verra bien s'il est à nouveau condamné.
14:19Ce n'est jamais agréable de voir un juge sur le banc des accusés,
14:22surtout quand son comportement a été à ce point inapproprié.
14:26Ça discrédite toute la profession.
14:35Au tribunal du comté de Broward,
14:37William Green, 27 ans,
14:39est accusé de coups et blessures volontaires
14:41sur un membre du personnel soignant
14:43dans un hôpital psychiatrique.
14:45Au moment des faits,
14:46William Green était un patient de l'établissement
14:49traité pour troubles psychiatriques.
14:51Julie Chase est une avocate commise d'office
14:53et elle est également présente au tribunal ce jour-là.
14:56Elle travaille sur une autre affaire.
14:58Dans la salle d'audience,
15:00les accusés attendent d'être appelés à la barre par le juge.
15:03Il n'y a pas de barrière entre les avocats et les accusés.
15:07Ils ne sont pas menottés,
15:09ils n'ont pas de chaîne.
15:10Julie Chase se tient debout près de la barre.
15:13Elle est accompagnée de sa cliente.
15:15Et là, sans aucune raison apparente,
15:18William Green surgit derrière elle
15:19et la frappe brutalement au visage.
15:25Elle n'a absolument rien vu venir.
15:27C'est arrivé tellement vite que même le juge n'a rien vu.
15:31Juste après que Julie Chase a été frappée au visage,
15:34plusieurs agents se dirigent vers William Green
15:37pour l'interpeller et l'immobiliser au sol.
15:41Elle dit avoir eu soudainement les oreilles qui sifflent.
15:44De toute évidence, elle souffrait beaucoup.
15:46Et surtout, elle était choquée.
15:49Elle ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver.
15:51Les huissiers, les agents et les autres avocats
15:54viennent immédiatement à son secours.
15:55William Green est accusé de coups et blessures volontaires
15:59pour avoir frappé Julie Chase.
16:01L'avocate est immédiatement conduite aux urgences
16:03et heureusement pour elle,
16:05ses blessures physiques sont minées.
16:06Elle est autorisée à sortir le jour même de l'hôpital.
16:10Cependant, elle a du mal à se remettre émotionnellement
16:12de l'attaque brutale dont elle a été victime au tribunal.
16:15Les avocats sont particulièrement exposés.
16:19Certains avocats ne souhaitent pas que leurs clients soient menottés
16:22parce que c'est une image qui est associée à la culpabilité.
16:25C'est un véritable dilemme.
16:26Les avocats veulent ce qu'il y a de mieux pour leurs clients.
16:29Mais ils veulent également être en sécurité.
16:32Ce n'est jamais un problème avant d'en devenir un.
16:35Pourquoi prendre le risque de laisser 30 ou 40 détenus libres
16:39de leur mouvement dans une salle d'audience ?
16:40Comment être sûr qu'aucun d'entre eux ne va essayer
16:43de tirer profit de la situation ?
16:45Cet incident a poussé Julie Chase à se montrer plus prudente
16:48vis-à-vis des détenus souffrant de problèmes mentaux
16:50et à revoir son point de vue concernant l'usage des menottes au tribunal.
16:55Suite à cette agression, les règles ont été modifiées dans ce tribunal.
16:59Tous les accusés doivent maintenant se présenter menottés en salle d'audience.
17:03C'est peut-être moins bon pour leur image,
17:06mais c'est mieux pour la sécurité de tous.
17:13Dans le tribunal du comté de Washington,
17:16Jessie Coleman, 30 ans, accompagne sa belle-mère Carla Robinson
17:19devant le juge Russell Vaclow,
17:22sans se douter un instant de ce qui l'attend.
17:25Jessie pensait simplement accompagner sa belle-mère au tribunal
17:28pour régler quelques problèmes d'ordre juridique.
17:31En arrivant, j'essaye de rester discrète.
17:34Je suis un peu perdue dans mes pensées.
17:36Jusqu'à ce que le juge dise...
17:45Je suis un peu tendue parce que je commence à me demander
17:48si j'ai fait quelque chose de mal.
17:50Peut-être que j'ai crié un stop ou j'ai fait un excès de vitesse,
17:53donc j'essaye de me rappeler.
17:57Jessie avait à peine trois ans quand on s'est rencontrés.
18:00Je venais d'épouser son père
18:02et j'ai aimé cette petite fille à la seconde où je l'ai vue.
18:05Je n'ai pas mis très longtemps avant de considérer Carla
18:07comme ma vraie maman.
18:10Peut-être parce que je n'avais pas vraiment de lien
18:12avec ma mère biologique.
18:14Elle a fait tout son possible pour m'entourer d'amour
18:17et me donner cette affection dont j'avais besoin.
18:20Et ça nous a immédiatement rapprochés, toutes les deux.
18:23Jessie était avec nous le week-end.
18:26Le reste du temps, elle vivait chez sa mère.
18:28Et à chaque fois qu'elle devait nous quitter,
18:30elle se mettait à pleurer et à s'agripper à moi.
18:33Il fallait presque qu'on me l'arrache des bras
18:35pour qu'elle s'en aille
18:36et ça me fendait le cœur à chaque fois.
18:38Carla faisait très attention à Jessie.
18:40Et elle a remarqué que parfois,
18:42en revenant de chez sa mère biologique,
18:44elle avait des marques sur le corps.
18:47Elle avait des bleus
18:48et elle se comportait bizarrement.
18:50Elle ne voulait pas rester seule.
18:53Carla a commencé à tenir un journal
18:55où elle consignait tous ses incidents.
18:58Et c'est primordial avant de passer à l'étape suivante,
19:01c'est-à-dire déposer une plainte
19:02auprès des services de protection de l'enfance.
19:04Ils ont mené leur enquête
19:05et ont fini par déterminer que Jessie Coleman,
19:08qui n'était encore qu'une enfant à l'époque,
19:10avait été abusée sexuellement.
19:13Selon Jessie,
19:14son agresseur est le fils d'un des amis de sa mère
19:17qui venait fréquemment leur rendre visite.
19:21Selon Carla,
19:22après les résultats de l'enquête
19:23menée par les services de protection de l'enfance,
19:26la mère biologique de Jessie
19:27s'est vue retirer la garde de sa fille.
19:29On a reçu un appel et...
19:33Désolée.
19:34On n'a même pas eu besoin
19:36de retourner au tribunal.
19:38C'était une décision facile à prendre pour le juge.
19:40Il nous a accordé la garde exclusive de Jessie.
19:44Je suis désolée.
19:46Ça a été un soulagement immédiat
19:47de savoir que je n'aurais jamais pu
19:49à retourner là-bas.
19:51Pour vous donner une idée
19:52de la force du lien
19:54qui unissait Jessie à sa belle-mère,
19:56quand Carla et le père biologique de Jessie
19:58ont divorcé en 2007,
20:00Carla a tenu à rester proche de Jessie.
20:03Carla avait très envie d'adopter Jessie,
20:05même après son divorce.
20:08Malheureusement,
20:09Carla a dû affronter un cancer du cerveau
20:11et des difficultés financières.
20:13La vie n'a pas toujours été facile
20:14pour ces deux femmes.
20:19J'allais bientôt avoir 31 ans.
20:21Ma mère m'a dit
20:22« Cette année, pour ton anniversaire,
20:24on va se faire une manucure et une pédicure.
20:26On va passer la journée
20:27à se faire chouchouter toutes les deux. »
20:30Et alors qu'on se rapprochait
20:31de l'Institut de beauté,
20:32ma mère m'a dit
20:33« Jessie, je suis vraiment désolée,
20:35mais j'ai complètement oublié
20:37que j'avais une affaire urgente
20:39à régler au tribunal. »
20:40Vous savez pourquoi vous êtes ici aujourd'hui ?
20:42Non.
20:51Et j'ai vu comme une étincelle
20:54dans le regard de Jessie.
20:55Je pense qu'elle commençait
20:56à comprendre la situation.
20:59Even though you were not born to her,
21:01she treated you as
21:02if you were her child
21:04and you treated her
21:04as if she was your mother.
21:07So I ask you again,
21:08do you know why you're here today ?
21:09Yes, sir.
21:14Do you want Ms. Robinson to adopt you ?
21:17Yes, sir.
21:18To be her legally adopted daughter ?
21:19Yes, sir.
21:21And it's my honor, as of now,
21:23she is legally and formally your mother.
21:26Thank you.
21:27Congratulations.
21:28Thank you.
21:28« C'est une démarche inhabituelle.
21:31C'est très rare qu'un adulte
21:32se propose d'adopter un autre adulte.
21:35Mais pour Carla et Jessie,
21:36c'était comme une évidence,
21:37peu importe le temps que ça aura pris.
21:40C'est assez exceptionnel
21:41d'être adoptée à l'âge adulte.
21:43Même si c'est plus symbolique
21:44qu'autre chose
21:45et que ça ne changeait pas
21:46notre quotidien à toutes les deux,
21:48avoir les papiers
21:49qui officialisent notre relation
21:50était quelque chose
21:51dont j'avais toujours rêvé.
21:53Ça compte beaucoup pour moi.
21:54Ça nous a permis
21:55de refermer un chapitre douloureux
21:57de notre vie.
21:58Je pense que c'est une erreur
22:00d'abandonner ses rêves
22:01sous prétexte
22:02qu'on se considère trop vieux.
22:03Quand on est 3 ou 30 ans,
22:05tout le monde a besoin d'une mère.
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