00:00Je vous ai en train de mettre Darmon. Bonsoir.
00:02Merci d'être là.
00:04Oui, bonsoir.
00:04Avocat de l'association.
00:06Innocence en danger.
00:06Innocence en danger, effectivement.
00:07Absolument.
00:08Vous avez tout à fait raison, monsieur, ce que vous avez dit,
00:10mais je reviens juste un peu en arrière.
00:11Est-ce qu'on peut remontrer peut-être la photo des dossiers ?
00:12On va vous la remontrer, la photo.
00:14En fait, c'est ça, c'est dans tous les commissariats.
00:17C'est exactement ça.
00:18Nous, quand on va en garde à vue, qu'on va assister des clients,
00:22que ce soit des victimes ou des mises en cause,
00:25c'est tous ces dossiers-là qu'on voit.
00:27Et je pense qu'on arrive un peu à lire.
00:29Il y a écrit « viol » sur certaines des étiquettes.
00:32Il y a écrit « mineur victime ».
00:33Là, il y a écrit « viol » mineur, « mineur victime », « autre ».
00:37Et ici, je n'arrive pas à dire.
00:37Et donc, nous, en fait, on a des dossiers qui sont là,
00:40entre tout au fond ou au milieu.
00:42On ne sait pas trop où est-ce qu'ils naviguent, où est-ce qu'ils zonnent.
00:44Et c'est ça qui est absolument tragique,
00:46c'est qu'on a des victimes qui viennent déposer plainte.
00:48J'en ai qui ont déposé plainte en 2020, 2021,
00:50pour des faits de viol, viol incestueux.
00:52Et le dossier, il est encore là.
00:53Il est encore là aujourd'hui, que ce soit en 2025, 2026.
00:56Mais justement, quand le ministre nous dit tout à l'heure,
00:5970 000 plaintes qu'on va aller réétudier en urgence,
01:01avant 14 juillet, pour voir lesquelles il faut faire remonter au-dessus de la pile.
01:04Mais non, mais ça n'a aucun sens, 70 000 plaintes.
01:06Donc déjà, ça veut dire que ces 70 000 plaintes,
01:08elles dorment depuis je ne sais pas combien de temps.
01:10Ce qui est absolument atroce pour les victimes.
01:13Il faut bien comprendre, en fait, que l'attente,
01:15c'est juste, mais insupportable.
01:18C'est ce qu'on appelle la victimisation secondaire.
01:21C'est, on attend juste d'être pris en compte,
01:24pris en considération par la justice.
01:25C'est-à-dire qu'on a été victime une première fois de tel ou tel fait,
01:28et ensuite, on est une deuxième fois victime de la justice.
01:30On est victime de viol.
01:32Il n'y a pas plus atroce que ça.
01:33Victime de viol, parfois sur mineurs, viol incestueux.
01:36Et ensuite, on a le courage d'aller déposer plainte.
01:39Et qu'est-ce qui se passe ?
01:40On attend un an, deux ans, que le parquet prenne enfin la responsabilité qui est la sienne.
01:45Et peut-être après, par miracle, on a un juge d'instruction
01:48qui est saisi via le parquet par un réquisitoire introductif.
01:52Et là encore, juge d'instruction, on attend un an, deux ans, trois ans,
01:57avant d'avoir, par exemple, une première audition de partie civile,
01:59avant qu'elle soit entendue, avant d'avoir une mise en examen.
02:02Et c'est absolument dramatique.
02:03Là, j'étais au pôle mineur des juges d'instruction de Paris vendredi.
02:07Il y a sept juges d'instruction à Paris en charge des mineurs victimes ou mis en cause.
02:13Sept, ils ont 130, 140, 150 dossiers à gérer individuellement.
02:19C'est du délire.
02:20Et dans chaque dossier, il peut y avoir trois, quatre, cinq ans d'examen et plusieurs victimes.
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