00:00Face à la photo, vous l'ancien enquêteur.
00:03J'ai hérité d'un service d'enquête, ce n'était pas des affaires spécifiquement mineures,
00:07mais on avait 13 000 dossiers qui étaient enregistrés et qui étaient stockés proprement
00:12dans une salle qu'il a fallu ensuite classer par année, enfin bref.
00:17Merci de me donner la parole parce que moi je représente très globalement, sans mandat,
00:22d'ailleurs l'ensemble des enquêteurs, enfin beaucoup d'enquêteurs de France et de Navarre
00:25qui traitent justement des affaires de mineurs et globalement d'affaires d'atteinte aux personnes.
00:30qui souffrent, mais vraiment dans leur corps et dans leur esprit,
00:34de la démagogie politique qui nous assène des réformes depuis plus de 20 ans.
00:38Vous n'avez pas laissé, on peut remonter même bien avant.
00:41Et vous allez comprendre pourquoi je dis ça.
00:43Et là c'est terrible ce qui nous arrive, parce que quand Lola a été assassinée
00:46dans les conditions qu'on connaît, il y avait déjà eu une vague d'émotions,
00:49mais tout à fait naturelle, mais comme à chaque fois chaque enfant qui est assassiné,
00:53ça nous prend aux tripes, qu'on soit parent ou pas.
00:56Là l'affaire Liana c'est encore pire, pourquoi ?
00:58Parce que malheureusement, ça arrive en perte électorale.
01:00Et qu'est-ce qui va se passer ? Vous allez le voir, vous le voyez déjà.
01:03On va assister à un florilège de promesses parfaitement ubuesques,
01:07irrationnelles et totalement contre-productives.
01:10Vous savez l'excès de contrôle sur les magistrats, ça va provoquer quoi ?
01:13La crispation du système, on n'en a vraiment pas besoin.
01:15Au contraire.
01:16Ce qu'il faut quand j'ai entendu Emmanuel Macron de je ne sais plus trop où il était,
01:19montrer les gros je crois, dire il ne faut pas me parler de moyens.
01:22Ben si monsieur le Président, on va vous en parler des moyens.
01:24Parce que vous les avez ignorés depuis dix ans.
01:26Idem pour le ministre de l'État.
01:27Sauf que pardon, c'est le Président de la République qui a fait augmenter les moyens de la justice.
01:31Je ne dis pas qu'on est arrivé à un état parfait.
01:37Non mais il faut décrypter.
01:37Mais les moyens ont augmenté ces dernières années.
01:39Et où sont-ils allés ?
01:42Administration pénitentiaire, augmentation des indemnités d'avocats commis d'office,
01:45et j'en passais des meilleurs.
01:46Mais pas là où il fallait.
01:47Vous parliez, l'avocat qui s'est exprimé tout à l'heure,
01:49dont je ne connais pas le nom, mais ce n'est pas grave,
01:51parlait des difficultés pour se faire communiquer les pièces.
01:54Pourquoi ?
01:55Parce qu'on manque d'agents, Péni.
01:56On manque d'agents dans la justice.
01:58Et pourquoi on en manque ?
01:59Un, parce que c'est sous-payé.
02:00Deux, parce qu'il y a une fuite des vocations qu'on n'en a pas.
02:03Quant à la droite ou à la gauche,
02:05et là je les mets tous dans le même panier, rassurez-vous,
02:07pourquoi je vous dis ça ?
02:08S'il y a quelques personnes qui sont très actives dans les associations de défense
02:11aux atteintes aux femmes,
02:14je commandais une unité spécialisée
02:17dans les agressions sexuelles et les viols à Marseille.
02:19D'accord ?
02:20Je parle d'un port international,
02:21le port sur la Méditerranée.
02:23Nous arrêtions des violeurs en série,
02:24des prédateurs de toutes sortes.
02:26Nous avons été supprimés comme ça,
02:29pour la mise en place de la police de proximité.
02:31Parce qu'il n'y avait pas la ressource,
02:33et c'est là où c'est important,
02:34il n'y avait pas la ressource humaine
02:36pour que cette réforme,
02:38cogitée par des crânes d'œufs au ministère de l'Intérieur,
02:40n'avait pas réfléchi à la faisabilité de la réforme.
02:43Et c'est de ça dont on crève aujourd'hui.
02:45C'est qu'il y a, dans les ministères,
02:47la chasse, une sorte de concours d'épines de la bonne idée
02:50qui devra être appliquée partout sur le territoire national,
02:54sans se soucier de la faisabilité de ces réformes.
02:57Et c'est de ça dont souffrent également les gendarmes.
02:59Les gendarmes de la petite commune, ils font quoi ?
03:01Contrôle routier le lundi,
03:03contrôle alco-test le surlendemain,
03:06opération narcotrafic le mercredi,
03:08et je vous en passez des meilleurs.
03:09Et chacun va de priorité en priorité,
03:11mais fondamentalement, on est à l'os.
03:14Ils peuvent dire ce qu'ils veulent,
03:15les services de police sont à l'os,
03:17la magistrature est à l'os,
03:18tout le monde est à l'os.
03:19Alors après, nous parler de responsabilité,
03:22j'ai un sourire, mais cynique,
03:24M. Switek ce soir, cynique,
03:25parce que moi j'ai eu les yeux dans les yeux
03:26des femmes le matin violées
03:28parce qu'elles avaient un cutter la nuit
03:30et violées dans des rues, d'accord ?
03:31Ça, personne d'autre que les enquêteurs
03:33ne les voit, ces femmes-là.
03:34Personne, ni les victimes.
03:36Personne ne les voit en dehors
03:37des personnels de brigade des mineurs
03:38qui sont en rupture de capacité
03:41de traiter tous les dossiers.
03:42C'est un coup de gueule, je vous l'accorde.
03:44Je laisse la parole.
03:44Mais vous êtes là.
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