00:00J'ai moi-même dit à plusieurs reprises de suivre le ministre de la Justice que je pense que nous
00:04sommes dans la honte nationale.
00:05C'est le titre des journaux au lendemain de mes auditions lorsque j'ai témoigné devant la commission d'enquête
00:10de Mme Petit
00:12et lorsque j'ai reçu moi-même la civise.
00:13Donc je voudrais saluer en effet le travail qui n'a pas été totalement suivi.
00:17Quand j'étais ministre de l'Intérieur, Madame, j'ai créé le premier office de protection des mineurs.
00:21Ça s'appelle l'OFMIN. Il n'existait pas avant.
00:23Il n'y avait pas d'office de protection des mineurs.
00:25C'est-à-dire que j'ai eu l'occasion de dire à quel point la société aussi pouvait être
00:29en lien avec la pédopendographie.
00:31Parce qu'aujourd'hui, s'il y a un office avec des dizaines et des dizaines de policiers et de
00:35gendarmes
00:35qui permettent de lutter contre les viols en ligne,
00:37où des gens échangent des photos avec leurs propres enfants violés
00:40pour pouvoir les échanger avec des gens qui sont en Thaïlande ou je ne sais où,
00:43s'il y a des gens qui regardent des connexions Internet pour pouvoir faire des perquisitions,
00:46ça n'existait pas il y a trois ans avant que nous le mettons en place,
00:49c'est parce que je m'intéresse depuis longtemps à cette question.
00:51Peut-être que je n'en fais pas assez, vous avez raison.
00:52Quand je suis arrivé, la préfecture de police, rien que Paris,
00:55il y avait 50 enquêteurs pour la brigade des mineurs.
00:58J'ai doublé ces effectifs en deux ans.
00:59Peut-être que ça ne suffit pas, vous avez parfaitement raison.
01:02Votre question, c'est est-ce qu'on fait un fichier administratif ?
01:05Où on met les personnes qui sont publiques, au sens administratif,
01:08au sens où ce ne sont pas les magistrats qui le mettraient,
01:10mais que ce serait un fichier qu'on pourrait qualifier de citoyen
01:12où rapidement on pourrait mettre des signalements.
01:14Alors, c'est la police qui ferait ces signalements,
01:16ce n'est pas moi en tant qu'individu qui rentrerai dans ce fichier.
01:19C'est de pouvoir le consulter, que le grand public puisse le consulter.
01:22Écoutez, moi je pense qu'on peut discuter de toute proposition
01:25à un moment où il faut protéger les enfants.
01:27La question qu'il faut savoir, si ce n'est pas une délation généralisée
01:29qui nous empêcherait de vivre en liberté, ça peut tout à fait aussi arriver.
01:33Mais moi je suis prêt à discuter avec vous, madame, et d'autres,
01:35sur ce genre de proposition que vous faites, qui nous permettraient peut-être,
01:38vous avez raison, d'écarter un certain nombre de personnes
01:41qui sont extrêmement violentes et qui ont des antécédents judiciaires.
01:45Peut-être revenir encore une fois sur l'affaire Liana.
01:47Je ne voudrais pas vous dire ce soir qu'un fichier, s'il avait existé,
01:52aurait protégé Liana.
01:53Ce qui aurait protégé Liana, c'est que tout le monde fasse correctement son travail.
01:57Mais ça je suis complètement d'accord.
01:58A commencer par moi, jusqu'à la personne qui était en contact,
02:03sans doute avec cette procédure.
02:04Ce qui me rend particulièrement en colère,
02:11et je le dis avec la froideur dans mes propos,
02:15pour éviter d'être dans trop d'émotions.
02:17et en disant, et je dis devant vous, que des magistrats formidables
02:20font un travail formidable, et on ne veut pas tous, bien évidemment,
02:23ou bien au contraire, mettre les enquêteurs, les magistrats dans des difficultés,
02:26parce qu'ils vivent aussi des choses personnelles.
02:27Je suis sûr que les magistrats qui nous écoutent, qui sont les enquêteurs,
02:30qui sont responsables de la situation, même s'ils ont fait des fautes éventuelles,
02:33on verra ce que dira l'inspection, ils doivent se sentir très mal ce soir.
02:36Voilà.
02:36Parce que je ne pense pas qu'ils aient comme envie que les gamins soient violés.
02:39Ce que je vous dis, et c'est très important, dans les 70 000 plaintes,
02:42pour que les Français le comprennent, ma question est de savoir, déjà,
02:44si on faisait notre travail, il y aurait beaucoup d'enfants qui seraient protégés.
02:49Il n'y aurait pas de récidité.
02:50Si on va dans une deuxième étape, qui est le fichier que vous évoquez,
02:52je suis prêt à en discuter avec vous, et je suis prêt à en discuter avec le Premier ministre,
02:56pour que très rapidement, on trouve, de la bonne idée de la part de citoyen, de citoyenne,
02:59une manière de protéger nos enfants.
03:01Alors, il reste une question.
03:03Qui pourrait y avoir accès à ces fichiers, s'il vous plaît ?
03:05Qui pourrait ?
03:06Dans mon idée, n'importe quel citoyen, dans sa mairie,
03:09on pourrait savoir s'il y a un délinquant ou un fort suspect de délinquance sexuelle.
03:13Les établissements scolaires également.
03:15Les établissements scolaires, vous en tant que citoyenne, une maman, un papa, un patron.
03:19Gérald Darmanin, il nous reste quelques minutes avec vous.
03:21L'émission va se poursuivre, évidemment, direct jusqu'à minuit.
03:24Et c'est moi qui vais vous poser la dernière question.
03:26Je pensais que les Français vous la poseraient ce soir, et ils ne l'ont pas fait.
03:30Je vais vous la poser.
03:30Est-ce que vous avez pensé depuis dix jours à démissionner ?
03:33Mais moi, si je pensais que j'étais responsable de la situation,
03:37et que par ailleurs, ça aiderait aux fonctions de la justice, je l'aurais fait.
03:41J'ai déjà proposé ma démission au président de la République.
03:43Quand j'étais ministre de l'Intérieur, c'est la responsabilité.
03:45Je ne suis pas propriétaire de ma charge.
03:48Simplement, j'ai l'impression, personnellement,
03:50depuis un peu plus d'un an que je suis au ministère de la Justice,
03:51que j'essaye de réformer.
03:53J'y arrive peut-être pas très bien.
03:54Peut-être que je n'ai pas su protéger nos enfants
03:57avec l'énergie que j'essaie de mettre ce soir
03:58et que je mets mes années précédentes sur d'autres sujets.
04:01Je pense qu'on l'a vu au ministère de l'Intérieur.
04:02Je me dis que quitter le bateau en pleine tempête,
04:06alors que j'essaie de dire aux magistrats qu'ils ont des responsabilités,
04:09alors que nous recrutons,
04:10alors que j'essaie de mettre la politique de l'enfance,
04:13comme je crois, elle n'a rarement été mise en avant,
04:15alors que je porte des propos
04:17qu'aucun garde des seaux n'a porté sur l'imprescriptibilité
04:19ou le fait que des pédocriminels soient curables,
04:21je suis pas sûr que ça aiderait la cause.
04:22Mais vous savez, dans 11 mois, moi, je ne suis plus ministre.
04:25– Mais puisque vous avez dit ce soir
04:26que tout le monde pouvait avoir commis des erreurs dans cette affaire-là.
04:30– Bien sûr, mais moi, le Parlement a raison de ma fonction,
04:33mais je n'ai pas de majorité à l'Assemblée nationale,
04:35et par ailleurs, il n'y a aucun problème,
04:37j'ai des chefs qui peuvent me virer,
04:38et d'ailleurs, il n'y a aucun problème,
04:39je réponds, et je pense que je me mets en danger
04:41en répondant aux questions des Français,
04:43c'est tout à fait normal.
04:44Je ne suis pas propriétaire de la charge,
04:45je ne suis pas magistrat, je ne suis pas fonctionnaire,
04:47je ne suis pas avocat, je ne suis pas du monde de la justice,
04:50je suis un élu local,
04:52et j'essaie de faire de mon mieux.
04:54Et je crois, j'essaie, avec les gens qui m'accompagnent,
04:57de faire de mon mieux.
04:58Est-ce qu'on a tout bien fait ? La réponse est non.
04:59Puisqu'il y a non seulement ce terrible échec de constat pour l'IANA,
05:03mais il y en a d'autres dont on ne parle pas,
05:04qui ne font pas la une des journaux, et que je vois.
05:06Et puis il y a aussi des victoires,
05:08il y a aussi des gens qu'on arrive à sauver, tous les jours.
05:10Et je pense, et c'est très important,
05:13que tant que les Français verront un peu de sincérité,
05:16d'authenticité,
05:17j'espère, comme ils le font chez moi dans le Nord de la France,
05:19ils me connaissent bien,
05:20que même s'ils ne sont pas d'accord,
05:21ils me font confiance pour tenter de réformer
05:23un ministère extrêmement difficile,
05:25chacun sans doute, qu'est la justice.
05:27Merci monsieur le ministre d'être venu ce soir face aux Français.
05:30Merci à vous.
05:31Merci à vous.
05:31d'avoir participé au forum, pardon.
05:33cool.
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