00:00Bonsoir Nathalie, maman de quatre enfants que j'élève seule depuis quelques années.
00:04Vous êtes auxiliaire de vie ?
00:05Alors j'ai obtenu mon diplôme d'accompagnante éducative et sociale.
00:09Félicitations, depuis le dernier forum.
00:11Oui, donc j'interviens auprès des personnes les plus vulnérables,
00:15les enfants bien évidemment, mais c'est surtout les personnes en situation de handicap,
00:19les personnes en fin de vie, les personnes âgées, les pathologies,
00:24les neurones dégénératives, les maladies mentales.
00:27Comment vous réagissez à ce qui vient d'être dit sur le plateau ?
00:29Là, je suis profondément malheureuse de ce qui s'est passé.
00:33En fait, ce qui me rend le plus malheureuse, c'est la face cachée du problème.
00:37C'est qu'aujourd'hui, on parle des plaintes, donc des enfants dont on a détecté la détresse et les
00:43abus.
00:44Mais le rapport de la civile, ce qu'il dit, c'est qu'en moyenne, il y a trois enfants
00:48par classe.
00:50Et c'est à tous ceux-là qui souffrent dans le silence que je pense ce soir,
00:54parce qu'on ne les a pas détectés, parce qu'on ne les entend pas et parce qu'on ne
00:57les voit pas.
00:58Et c'est ça qui me rend vraiment la plus malheureuse ce soir.
01:02Il y a ces plaintes, certes, parce que moi, j'en ai une là.
01:04Vous voyez, j'en ai encore déposé une.
01:06Parce que malgré que je me sois sauvée avec mes enfants de mon domicile,
01:09parce qu'on souffrait, parce que notre vie était mise en danger,
01:14le père de mes enfants, après six ans, il continue de me pourrir la vie tous les jours.
01:19Donc, j'encaisse, je continue d'avancer parce que mes enfants, je veux les protéger et je les protégerai tout
01:24le temps.
01:25Cette plainte-là, je l'ai faite la semaine dernière, non, il y a 15 jours.
01:29Mais avant, j'ai saisi le procureur de la République de Bordeaux pour lui expliquer la situation.
01:37Ne voyant rien venir, je suis allée au commissariat et là, j'ai tout entendu au commissariat.
01:42Déjà, quand vous arrivez, c'est, oh, vous avez plus de cinq heures d'attente, madame.
01:47Bon, on attend cinq heures.
01:48Et puis là, on est reçu par quelqu'un qui finit par nous dire que, bon, il ne croit plus
01:51en rien.
01:52Parce que ce qu'il voit aujourd'hui, c'est la terreur et qu'il y a de l'impunité.
01:57Le père de mes enfants est franc-maçon, peut-être.
02:00Ça ne sert à rien de le dire.
02:01Mais en tout cas, oui, il se sent protégé.
02:03Il agit en toute puissance.
02:05Et il n'hésite pas à faire du mal à ses propres enfants.
02:10Donc, les enfants aujourd'hui, ça doit être notre priorité.
02:13Parce que c'est eux qui feront la France de demain.
02:16Et si on a eu un échange sur le sujet, Quentin,
02:20et c'est vrai qu'on ne s'est pas compris, peut-être,
02:24quand j'ai voulu lancer ce sujet, justement, de la violence qui a été faite dès le plus jeune âge.
02:28Parce que pour moi, tout est lui.
02:30Et si on a aujourd'hui de la violence chez les jeunes,
02:33c'est qu'à un moment donné, on ne les a pas protégés.
02:35Mais simplement, Nathalie, quand vous disiez que vous êtes allée porter plainte,
02:38en début d'émission, je disais, est-ce que vous avez confiance, vous, encore, collectivement, aujourd'hui ?
02:41Est-ce que vous faites confiance ?
02:42En la justice ?
02:43Oui.
02:44Bien évidemment.
02:45Pour moi, ce sont les justes, ce sont les sages.
02:49Le travail qui leur est donné, il est incommensurable.
02:52Parce que rendre justice, c'est prendre en considération la personne qu'on a en face de nous, son vécu.
03:01On ne peut pas se permettre...
03:02Des fois, on dit, mais il n'est pas suffisamment condamné.
03:05Mais quelque part, on ne peut pas appliquer toutes les mêmes peines à tout le monde.
03:10Après, pour les délinquants sexuels, c'est tout à fait différent.
03:13Je pense qu'en effet, c'est maladif.
03:16Et que...
03:18J'en veux pas la justice.
03:20Voilà.
03:20Qu'est-ce que vous voulez demander au ministre de la Justice ?
03:22Alors, moi, surtout, ce que j'ai envie de demander, c'est au niveau plus gouvernemental.
03:28On connaît le problème.
03:30Et là, aujourd'hui, quand j'entends notre président qui incrimine la justice, ça me fait mal.
03:36Parce qu'en fait, il cherche à se cacher derrière un responsable.
03:40Et le coupable, on l'a.
03:43La responsabilité, elle est collective, elle est nationale.
03:45Et le fait de ne rien faire quand on a ce rapport ou peu de choses, ça porte préjudice à
03:52nos enfants.
03:53Et quand j'entends, par exemple, dans l'éducation nationale, qu'il y a une baisse démographique,
03:58et que du coup, on souhaite supprimer des postes et fermer des classes,
04:02je me dis, mais non, profitons de cette opportunité.
04:05On va pas rajouter un budget pour ça.
04:09On fera pas d'économie, mais on va pas rajouter du budget pour l'éducation nationale.
04:14On va juste utiliser ses professeurs plutôt que de les sortir.
04:17De les former à la prévention, à la détection, à l'accompagnement.
04:21Si on pouvait avoir un référent par établissement, surtout dans les petites classes,
04:25parce que je suis maman de quatre enfants, j'ai pris à chaque fois un congé parental.
04:29Parce que confier à une personne étrangère un enfant qui n'est pas capable de s'exprimer ou de parler,
04:34pour moi, c'était inconcevable.
04:35C'est inconcevable. J'aurais préféré ne pas avoir d'enfant si j'avais pas pu m'en occuper moi
04:40-même.
04:40Alors attendez, le ministre vous répond, Gérald Darmanin.
04:45Madame, dans l'affaire Liana, il n'y a pas besoin de nouvelles lois.
04:49Il n'y a pas besoin de plus d'argent.
04:51Il n'y a pas besoin de projets numériques.
04:53Nous avons failli parce que nous avions les médecins qui, en deux jours, ont constaté les liaisons de la petite
04:59fille.
05:00Nous avons eu une personne qui a été bien reçue à la brigade de gendarmerie en Haute-Garonne,
05:04qui a pu témoigner.
05:05Et nous avons un psy qui, en quelques jours, a pu voir cette petite.
05:09Donc ce que vous dites, c'est vrai pour des milliers, peut-être des dizaines de milliers d'enfants.
05:13Et vous avez parfaitement raison qu'il faut davantage de moyens, plus de mobilisation.
05:16Et bien plus, bien sûr qu'il faut le dire.
05:18Et c'est un échec, y compris pour nous.
05:20Pour moi, il n'y a aucun problème pour le dire.
05:21Vous avez raison.
05:23Pour plein d'enfants, sans doute que nous n'avons pas les bons signalements,
05:26le nombre de personnes, les moyens assez importants.
05:29Tout à fait d'accord.
05:30Mais dans le cas très précis de Liana, c'est ça qui, aujourd'hui, nous réunit aussi,
05:35nous n'avons pas besoin de nouvelles lois et on n'a pas besoin de nouveaux moyens.
05:38On aurait dû, collectivement, ne pas traiter cette affaire, je vais vous dire comme je le pense,
05:42comme une autre affaire, comme un cambriolage,
05:45où on met à la fin quelqu'un en garde à vue.
05:47On aurait dû commencer par quelque chose de très simple,
05:50qui était d'abord de mettre en protection les enfants,
05:52de vérifier que ce monsieur, pour utiliser le mot que vous avez utilisé,
05:56n'avait pas lui-même des atteintes sur ses propres enfants.
06:00On n'en sait rien.
06:01Ou peut-être était-il en contact avec d'autres enfants.
06:04La preuve que oui.
06:04D'ailleurs, il travaillait dans le domaine de l'éducation nationale.
06:06Ce qu'on aurait dû faire, c'est pour ça que j'ai présenté des excuses au nom de l
06:10'État
06:10et que je me dis que cette affaire, sans moyens, sans lois,
06:13il en faut pour autre chose.
06:15Je ne sous-estime pas, aurait pu être évitée.
06:17C'est parce qu'on a mis neuf mois à se dire,
06:19tiens, on va mettre en garde à vue cette personne.
06:22Donc là, ce n'est pas un dysfonctionnement,
06:25et pardon si le terme est mal pris, madame, vous avez parfaitement raison,
06:27une défaillance, un échec fatal,
06:29tout ce que vous souhaitez comme épithète,
06:31je n'ai aucun problème pour le dire.
06:32Ce qui peut nous permettre de nous en vouloir profondément,
06:35c'est qu'on aurait pu changer les choses.
06:36Je ne sais pas, c'est qu'on aurait pu changer les choses,
06:36c'est qu'on aurait pu changer les choses.
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