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  • il y a 6 minutes
Ce lundi 8 juin, l'émission présentée par Maxime Switek est consacrée à Lyhanna, cette jeune fille de 11 ans retrouvée morte le 4 juin à Fleurance dans le Gers. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est l'invité exceptionnel de ce forum.

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Transcription
00:00Monsieur le ministre, il y a 160 000 enfants qui sont déclarés chaque année, qui subissent des violences sexuelles. 94
00:10% des plaintes sont classées pour viol, sans suite.
00:14Vous avez eu trois circulaires, vous avez eu 82, je crois, si je ne me trompe pas, rapports de la
00:21Civise, qui mettaient en alerte tout ce qui vient de se passer.
00:25Le diagnostic, on l'a, on l'a depuis très longtemps. Il est présent, vous l'avez entre vos mains.
00:30Je vous dis vous, parce qu'aujourd'hui, c'est vous le ministre de la Justice, mais ça implique aussi
00:34vos collaborateurs précédents.
00:36Encore une fois, je ne tire pas uniquement sur vous, parce que cette impunité, elle dure depuis trop longtemps, en
00:42fait, et depuis plusieurs années maintenant.
00:44Aujourd'hui, le problème que vous allez devoir confronter, je vous le dis, c'est qu'il est fort probable
00:50qu'il y ait des parents qui finissent par se faire justice eux-mêmes.
00:53Le ministère de la Justice, en 2025, sortait un document pour dire que 58% de mineurs étaient violés. 58
01:01% de mineurs.
01:03Donc, à un moment donné, je vous le demande, qu'est-ce qu'on fait ? Comment on y arrive
01:08? Parce qu'en fait, on ne veut plus de promesses.
01:10Il y a 2027 dans un an, donc on sait très bien ce qui nous pend au nez.
01:14Moi, j'ai une petite fille de 3 ans, ici, ce n'est pas le sujet, mais il y a
01:17l'école l'année prochaine, il y a le périscolaire à Paris.
01:20Très honnêtement, je ne sais pas du tout, je n'ai jamais pensé ne plus avoir confiance en la France
01:25qui est mon pays,
01:26et dans le pays dans lequel je suis bien, et dans lequel je croyais jusque-là.
01:31Mais très honnêtement, là, je n'ai plus les mots, je suis dépassée, je suis démunie.
01:35Et cette histoire, elle m'a traumatisée tout le week-end, parce que je n'ai eu de cesse de
01:40penser à ces parents.
01:41Et je ne peux même pas me mettre à leur place, de savoir ce qu'ils vivent aujourd'hui et
01:45ce qu'ils doivent ressentir.
01:47Et je ne sais même pas comment on tient après ça.
01:49Donc maintenant, je vous le demande, vous êtes père de famille, mais ce n'est pas suffisant, en fait.
01:53Là, aujourd'hui, on est tous parents, on est tous l'oncle, on a tous des enfants, en fait,
01:59à un moment donné, autour de nous, qui gravitons autour de nous.
02:01Qu'est-ce qu'on fait pour l'amour du ciel ? Qu'est-ce qu'on fait ? Jusqu
02:05'où ça va aller ?
02:06Parce que là, je vous le dis parce que je vous parle, pardon de monopéiser la parole, Maxime,
02:10là, vous dites qu'il y a 70 000 plaintes avant le 14 juillet qui vont être traitées,
02:15mais vous savez très bien que c'est infaisable.
02:18Et quand bien même ça serait faisable, ça veut dire qu'il y a 70 000 dossiers
02:22qui traitent d'enfants et d'attouchements ou de viols sur enfants
02:25qui sont sur des bords de bureaux.
02:28Je ne comprends pas. Je ne comprends pas quelle est votre priorité.
02:30Parce que le narcotrafic, ok, la drogue, ok, il n'y a aucun problème.
02:34C'est des choses qu'on doit résoudre.
02:35Mais en fait, ce que je suis en train de me demander, c'est soit vous protégez des gens plus
02:39hauts,
02:39quand je dis vous, ce n'est pas vous personnellement, monsieur le ministre,
02:41mais c'est aussi tous vos prédécesseurs,
02:43soit il y a des gens plus hauts dans les hauts grades de la société,
02:46qui ont des affaires comme ça et on les protège.
02:48Ça, c'est ma première question.
02:49Ou la deuxième question, c'est de savoir si en fait,
02:53parce que vous ne pouvez pas taper financièrement sur ces sujets-là
02:56et que le trafic de la drogue, c'est quelque chose que vous ne maîtrisez pas
02:59et où il y aurait de l'argent à récupérer,
03:00ça vous intéresse plus que la vie des enfants qui sont des futurs citoyens.
03:05Je pensais prendre plusieurs témoignages.
03:06Peut-être que vous pouvez répondre tout de suite à Linda.
03:09Bon, d'abord, madame, on n'a pas la même façon d'exprimer notre colère ou notre traumatisme.
03:13Et moi, je peux vous assurer,
03:16que moi non plus, depuis plusieurs jours,
03:18j'ai beaucoup de mal à dormir et beaucoup de mal à regarder en face
03:21quand on regarde la façon dont ça s'est passé pour l'IANA.
03:25Parce qu'il y a l'IANA et puis il y a les autres façons
03:27dont on a à gérer les plaintes que vous évoquez,
03:30qui touchent les enfants, qui touchent aussi d'autres personnes,
03:32mais particulièrement les enfants.
03:33Vous avez dit que vous avez des enfants, j'en ai.
03:36Vous ne connaissez pas ma vie, je ne connais pas la vôtre.
03:38Je peux vous dire que personnellement,
03:39et on n'est pas là pour faire du pathos,
03:40je ne raconterai pas des vies personnelles.
03:41Monsieur, ce n'est pas un concours.
03:42Encore une fois, je vous ai dit que je ne vous visais pas personnellement,
03:44monsieur le ministre.
03:44Donc ne me répondez pas comme ça parce que ce n'est pas le cas.
03:47Je ne vous ai pas parlé en parlant de vous.
03:50J'ai parlé de vous en tant que ministre de la justice et prédécesseur.
03:53Et j'ai bien mentionné qu'ici,
03:54on n'avait pas besoin d'être parent pour avoir été touché par ça.
03:56Si vous me le permettez, madame, je vais vous expliquer de là où je parle.
03:59Vous dites qu'il y a des gens que vous protégez peut-être à plus haut niveau.
04:02Moi, je suis le fils d'une femme de ménage.
04:04Je suis élu à Tourcoing.
04:06Mon père tenait un bistrot.
04:07Mes gamins sont à l'école publique.
04:10Donc je ne fais pas partie d'une autre sphère.
04:12Je suis comme n'importe quel citoyen.
04:14Et si je n'avais pas été ministre,
04:15si je n'avais pas été maire ou député de ma commune,
04:17j'aurais participé.
04:19Parce que je comprends très bien cette colère et la vôtre.
04:21Deuxièmement, si je fais de la politique,
04:23c'est pour essayer, j'y arrive peut-être pas,
04:24mais c'est pour essayer de changer les choses.
04:26Et je pense que j'essaie de le montrer.
04:28Vous me dites, et c'est un point très important,
04:31vous me dites qu'il y a 70 000 plaintes,
04:33c'est impossible à faire.
04:35Je ne suis pas d'accord avec vous.
04:37Il y a en France à peu près 10 000 magistrats désormais.
04:41On en a rajouté 1 500.
04:43Les 70 000 plaintes aujourd'hui, c'est quoi ?
04:45C'est des plaintes qui touchent délits et crimes,
04:48des viols sur enfants,
04:50mais aussi des attouchements ou des détresses psychologiques
04:53qui sont déposées et ouverts par les parquets.
04:56Ce qui m'intéresse, ce n'est pas de clôturer les plaintes
04:58dans le mois qui vient.
05:00Je sais comment ça fonctionne dans les services de police
05:01et de gendarmerie qui font un travail très difficile.
05:03Ce qui m'intéresse, c'est si les parquets,
05:06les procureurs de la République,
05:07et les policiers et les gendarmes
05:09ne remettent pas les mêmes dysfonctionnements
05:11que dans l'affaire Liana.
05:12Qu'est-ce qui s'est passé dans l'affaire Liana ?
05:13Liana, c'est très important de le comprendre.
05:15Il y a des moments où c'est très difficile
05:17de prouver la culpabilité de quelqu'un.
05:19Et la justice, elle n'est pas là pour dire
05:22si quelqu'un est innocent ou pas innocent.
05:24Je pense profondément que les magistrats,
05:26les policiers, les gendarmes,
05:27c'est des pères et des mères de famille,
05:28ils font ce qu'ils peuvent.
05:29Ce qui est difficile, parfois,
05:31c'est de prouver la culpabilité de quelqu'un.
05:32Dans l'affaire Liana,
05:33nous avons la plainte d'août
05:34où il y a des médecins qui constatent le viol,
05:38où il y a l'auteur qui est connu.
05:39Parfois, on ne connaît pas l'auteur.
05:40Parfois, votre petit garçon, votre petite fille...
05:43Madame, laissez-moi terminer cette phrase,
05:46s'il vous plaît, parce que c'est les difficultés.
05:47Si vous pensez que je pouvais, d'un seul coup,
05:51résoudre tous les problèmes qui touchent vos enfants,
05:52je le ferais.
05:53Évidemment que je le ferais.
05:54Et je pense que d'autres avant moi l'auraient fait.
05:56Je vous dis simplement
05:58que dans cette affaire,
05:59on connaît le constat médical.
06:00On sait qui est l'auteur.
06:01On sait qu'il a un passé judiciaire
06:03où on l'a accusé de violer des enfants.
06:06On sait que la psy dit que cet enfant,
06:07on peut la croire.
06:08Et pendant neuf mois, il ne se passe rien.
06:10Ma question que je pose au procureur généraux,
06:13ça se fait.
06:13Il est totalement impossible de constater.
06:16Et c'est un dysfonctionnement total
06:17d'une défaillance grave de la justice,
06:19de la gendarmerie et de l'ensemble des services de l'État.
06:21Pour cela, depuis 20 ans,
06:23personne n'avait présenté ces excuses.
06:24La seule fois, on a gardé ce que l'a fait.
06:26Au nom de l'institution, c'était pour l'affaire ou trop.
06:28Parce que c'est très difficile, bien évidemment,
06:30de dire oui, en tant que chef.
06:32Et on pourrait se poser la question
06:33de savoir si le ministre serait chef
06:34de son administration à la justice.
06:36Je prends sur moi.
06:37Parce que c'est absolument terrible.
06:38Et il n'y a pas de mots.
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