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L'actualité du jour décryptée en plateau par Elodie Huchard avec les journalistes et les invités, tous les dimanches de 15h à 16h, dans #60MinutesInfo

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans 60 minutes info, une émission qui va être consacrée évidemment aujourd'hui à cette marche
00:07blanche en hommage à Liana.
00:09Vous voyez ces images en direct de Florence, ce sont environ 5000 personnes qui étaient attendues pour rendre hommage à
00:16cette jeune fillette morte.
00:18Elle avait 11 ans, on va parler évidemment de l'émotion, on entendra un certain nombre de témoignages.
00:23On sera aussi sur le terrain, Florence, cette petite ville de 6000 habitants dans le Gers qui va accueillir cette
00:31marche blanche qui passera notamment devant son collège.
00:35Un certain nombre d'élus locaux uniquement sont présents, le maire évidemment du village, le maire des villages alentours à
00:42la demande de la famille de Liana qui en revanche avait été très claire.
00:46Elle ne veut pas de récupération politique, elle ne veut pas de présence politique hors élus locaux.
00:52Vous voyez donc cette foule qui commence à s'élancer pour rendre hommage calmement et dans le silence à cette
00:58petite fille et pour en parler pendant cette heure avec moi.
01:02Myriam Djabali-Larak, bonjour.
01:03Bonjour.
01:03Je rappelle que vous êtes professeure d'économie, présidente de l'association Regards Lycéens, Karim Abrik, bonjour, de la rédaction
01:10de CNews et Tanguiamon, bonjour.
01:12Bonjour Elodie.
01:12Du service Pôle et Justice de CNews pendant toute cette émission, on vous fera vivre cette marche blanche.
01:17On entendra aussi les témoignages au fur et à mesure de cette émission.
01:21Myriam, c'est vrai qu'on voit l'émotion, évidemment, bien comprise de ces milliers de personnes qui défilent.
01:26Mais dès qu'on entend des témoignages, il y a évidemment l'émotion, mais il y a très vite aussi
01:30une certaine colère et un certain dépit devant tous les dysfonctionnements qui ont conduit à la mort de cette jeune
01:35fille.
01:36Elle avait 11 ans.
01:36Oui, oui.
01:37La colère s'exprimera et les revendications s'exprimeront demain, puisque plusieurs rassemblements sont prévus devant les préfectures et les
01:45tribunaux dans toutes les villes de la France.
01:47J'ai vu sur les réseaux sociaux des appels et même des rassemblements.
01:50Et aujourd'hui, comme plusieurs fois avant, et on en a fait des marches blanches ensemble, c'est effectivement le
01:57temps du recueillement.
01:58Parce que je pense que nous avons besoin de cette catharsis, de ce deuil collectif pour permettre justement à chacun
02:05de s'apaiser devant un drame qui est innommable.
02:09On ne peut évidemment pas se mettre à la place de ses parents parce que survivre à son enfant, c
02:14'est inimaginable.
02:16Et puis rappeler que c'est tout un écosystème qu'il va falloir questionner et qui est blessé aujourd'hui
02:22par cette tragédie, une nouvelle tragédie insoutenable.
02:25Donc une ritualisation française, un paradoxe français aussi, parce qu'on passe par l'émotion, le recueillement collectif, un deuil
02:33collectif.
02:34Mais à la fin, les questions ne sont pas réglées et elles se répètent.
02:37On le voit à la multiplication des marches blanches ces dernières années.
02:42Et justement, on voit ces t-shirts qu'a Rima sur ces images, ce « plus jamais ça » et
02:46visiblement une banderole également qui va être déployée.
02:50« Plus jamais ça », comme le disait Myriam.
02:52Malheureusement, des marches blanches, on en a commenté beaucoup en plateau.
02:55Elles sont sans doute nécessaires pour l'émotion et c'est la volonté de la famille, évidemment.
02:58Il faut le respecter, mais ce « plus jamais ça », effectivement, il devient lassant parce qu'on dit après
03:03chaque enfant, adolescent, parti trop tôt.
03:07Et malheureusement, ça se reproduit et on voit aussi la colère de plus en plus des Français qui se disent
03:11« les marches blanches, il faut les faire, mais derrière, il faut que les choses bougent aussi et changent ».
03:15Oui. En fait, il y a deux messages derrière ces marches blanches.
03:20Il y a l'aspect symbolique, ce rituel de recueillement, ce rituel presque, j'allais dire, civilisationnel où on recherche
03:28un moment où on peut être en communauté, sentir le soutien.
03:32Il y a cet élément, mais il y a aussi ce triste décompte parce que marche blanche après marche blanche,
03:39je pense que c'est non seulement un malaise,
03:42mais ça nous renvoie en fait à tous ces échecs, à toutes ces failles, à toute notre impuissance, au fait
03:49qu'on n'arrive pas finalement à maîtriser la situation.
03:52Ça se multiplie, donc il y a quelque chose, en fait, ça nous renvoie aussi à toutes ces personnes qui
03:58ont l'impression qu'elles n'ont pas de voix.
04:00Et c'est une façon pour elles de s'exprimer, le symbole est extrêmement fort, mais comme je dis, ça
04:06renvoie vraiment à cet échec.
04:07Et je trouve aussi, on ne voyait plus jamais ça, les chandails, les t-shirts en fait sont blancs, vous
04:15voyez l'écriture qui est rouge,
04:18qui rappelle en fait qu'il y a quelque chose de symbole très très fort en fait.
04:22Le sang versé malheureusement par tous ces jeunes et on voit effectivement tous les proches de Liana.
04:28Et je rappelle que la famille qu'on voit sur ces images a souhaité d'abord l'organisation de cette
04:33marche blanche.
04:34Il est important de le rappeler, ses parents ont remercié, notamment le maire de Florence, d'organiser cette marche blanche.
04:40Les parents et les proches qui avaient prévenu qu'ils participeraient à cette marche, évidemment à un moment ô combien
04:45compliqué sans doute pour eux.
04:48Et ce plus jamais ça, on va y revenir effectivement Tanguy, parce que les dysfonctionnements, ils sont au cœur de
04:54l'affaire Liana depuis le début.
04:55Et avec cette banderole et avec ce mot qui est choisi, ce plus jamais ça, on comprend aussi que la
05:00volonté des proches et de la famille,
05:02c'est quand même que ces dysfonctionnements, ils soient pointés et qu'on en parle.
05:05Oui, plus jamais ça, on aurait bien envie d'y croire.
05:08Comme vous l'avez dit, peut-être que plus jamais ça, c'est aussi plus jamais une telle faillite, un
05:12tel fiasco du côté de la justice.
05:14C'est vrai que ça fait quelques jours qu'on en parle énormément.
05:18Ce problème de lien, de communication avec ces dossiers qui s'envoient par la poste, par courrier,
05:23qui restent des semaines et des semaines sur des bureaux de magistrats,
05:27qui ont du mal à passer de parquet à parquet.
05:29Puis ensuite, la question de l'enquête.
05:32Les enquêteurs ont-ils fait tout ce qu'il fallait ?
05:35Manifestement, non.
05:36Mais bon, il y a des enquêtes administratives qui vont permettre d'y dire si oui ou non.
05:41Des questions aussi sur le profil de cet individu.
05:46On s'en est aussi beaucoup parlé depuis le début du week-end.
05:50Comment est-ce possible qu'avec tous les logiciels qu'on a,
05:53qu'avec tous les éléments qu'il y avait, les signalements, les plaintes,
05:56comment est-ce possible que cet individu, Jérôme Barrella, ne soit pas ressorti plus tôt,
06:01qu'il n'y ait aucune alerte qui se soit manifestée,
06:04que ce soit du côté de la justice ou du côté des enquêteurs ?
06:08Donc plus jamais ça, oui, pour éviter qu'un tel drame ne se produise à nouveau.
06:12Et un tel drame, j'ai envie de dire, aussi,
06:15alors même si la justice et les enquêteurs ne sont pas les principaux responsables,
06:19mais qu'un tel drame ne soit pas directement aussi lié à toute cette faillite du système judiciaire.
06:25Oui, et on voit sur les images, je vous donne la parole dans un instant, pardon,
06:28qu'arrivent justement les élus locaux qui sont encore arrivés.
06:31La zone qu'on est en train de vous montrer, c'est la zone où va prendre place la famille,
06:35les plus proches de Liana et ses élus locaux qui sont là,
06:39parce que la famille a souligné d'ailleurs, via la voix de son avocat,
06:43qu'elle avait apprécié le soutien des maires.
06:45On parle de maires de toutes petites communes, Florence, c'est 6 000 habitants,
06:47je vous le rappelle, dans le Gers, ces maires qui ont été aussi au contact de la famille,
06:51qui ont tenté de faire ce qu'ils pouvaient pour tenter de retrouver Liana,
06:54alors que ses parents et ses proches étaient à sa recherche.
06:58Pardon, Karima, je vous ai coupé.
06:59Non, je voulais mentionner en fait que dans ce cas-ci, il n'y a le plus jamais ça,
07:05mais pourquoi aussi on est saisi de cette émotion?
07:07Parce qu'il y a cette horreur, on ne peut même pas imaginer pour les parents,
07:13pour la famille, pour les proches, ça doit être une douleur qu'on ne peut même pas décrire en fait.
07:18Mais ça suscite, je pense, cette colère, cette indignation aussi dans la population,
07:22parce qu'on sait que ce qu'on appelle, vous savez, des faits divers,
07:26des choses qui peuvent arriver, qui sont dramatiques,
07:29mais où il y a une certaine fatalité.
07:31On se dit, bon, la bête humaine étant ce qu'elle est, le mal est présent.
07:35Il y a des choses qu'on ne peut pas empêcher.
07:36Il y a des choses qu'on ne peut pas empêcher, et malgré toutes les précautions qu'on pourrait prendre,
07:40bon, il y aurait des situations absolument atroces qui se produiraient.
07:44Mais dans ce cas-ci, et dans plusieurs autres cas aussi qui ont défrayé les manchettes,
07:49si je pense à l'affaire Lola, si je pense à d'autres événements
07:52qui ont vraiment marqué l'imaginaire des Français,
07:56c'est qu'on se dit, est-ce que ça aurait pu être évité?
07:59Et à tout le moins, quand on regarde cette chaîne pénale, cette chaîne judiciaire,
08:04on voit les dysfonctionnements.
08:06Oui, il y a une enquête, mais on voit qu'il y a des choses qui ne collent pas,
08:09qui n'ont pas été faites.
08:10Comment est-ce possible que sur presque dix ans,
08:14des multiples signalements à connotation, en fait, à caractère sexuel sur des mineurs,
08:19presque dix ans ont passé,
08:21et l'individu, le suspect principal dans l'affaire est passé sous le radar.
08:26Donc, il y a cette colère, cette indignation en se disant,
08:29bien oui, l'État a failli à protéger, et que peut-on faire?
08:33Oui, les gens manifestent, mais c'est surtout un appel pour que ça change.
08:38C'est ça aussi l'enjeu.
08:40Un appel pour que ça change, et on voit cette banderole avec Liana,
08:44plus jamais ça, on t'aime, tu nous manques.
08:45Un message, évidemment, de ses proches, ses petites ailes d'anges,
08:48autour de son prénom et de son visage, de petite fille.
08:51Je rappelle qu'elle avait 11 ans, avec d'un côté la foule qui a commencé à s'organiser.
08:56Je rappelle que 5 000 personnes sont attendues,
08:58et là, ce sont donc les proches de Liana qui vont prendre place.
09:01Vous parliez tout à l'heure, Myriam, et c'est intéressant de catharsis,
09:04parce qu'on voit ce village à Florence, normalement, c'est 6 000 habitants.
09:07Aujourd'hui, on attend 5 000 personnes.
09:08C'est-à-dire qu'il y aura sans doute des personnes,
09:11il me semble que c'est la maman, si je ne me trompe pas, de Liana,
09:14qu'on est en train, justement, c'est la maman de Liana qu'on voit,
09:17juste derrière la banderole qui prend place,
09:19donc pour que cette marche blanche débute.
09:23Et on va rejoindre, je vous donne la parole, pardon Myriam,
09:25dans un instant, on va rejoindre Pauline Trevzer sur place.
09:27Vous êtes justement à cette marche blanche avec Noémie Hardy.
09:29On voit donc à l'instant, Pauline, cette maman et ses proches
09:33qui rendent d'ici quelques minutes un hommage à leur fille et à Liana disparues.
09:41Oui, tout à fait.
09:42Alors, la famille de Liana est arrivée.
09:46Et puis, cette foule blanche, c'est 5 000 personnes attendues
09:50qui sont venues ici pour soutenir la famille de la petite Liana.
09:55Alors, il y a vraiment une foule intergénérationnelle.
09:59On voit des enfants, des familles et des personnes âgées
10:03qui sont toutes venues aujourd'hui, ce dimanche,
10:06pour soutenir la famille de cette jeune collégienne.
10:10Et justement, Elodie, je me trouve avec des étudiantes
10:12qui habitent à Florence et qui sont venues ici
10:15avec des roses blanches également pour soutenir cette famille.
10:18Pourquoi c'était si important pour vous d'être là aujourd'hui ?
10:21Nous, on est de Florence et qu'une tragédie comme ça,
10:25ça se passe, c'est hallucinant.
10:27Et d'être là pour voir la solidarité de tout le monde,
10:31c'est super beau à voir.
10:33Et ça risque d'aider la famille.
10:34Ils vont voir qu'ils ont du soutien, donc ça va les aider.
10:37Bon, le deuil sera quand même compliqué,
10:39mais savoir qu'ils ne sont pas tous seuls, ça peut être bénéfique.
10:42C'est important dans ces moments d'être aux cités.
10:45Il n'y a même pas de mots pour décrire ce qui s'est passé.
10:47C'est important d'être tous ensemble.
10:49Mais c'est que ça se passe ici à Florence,
10:53c'est une petite ville et qu'on a tendance à voir
10:55des trucs comme ça se passaient ailleurs,
10:57que ça se passe ici, qu'il y ait autant de gens
10:59qui viennent nous soutenir.
11:01Vraiment, ça nous fait extrêmement plaisir.
11:03Il y a également de la colère.
11:05Ah oui, mais c'est sûr.
11:06C'est un mélange de tout.
11:08On comprend, c'est un mélange de tout.
11:11Vous l'avez entendu, Elodie,
11:14ici il y a énormément d'émotions.
11:16Le cortège devrait donc débuter dans quelques minutes maintenant.
11:21Merci beaucoup Pauline, Trezère, Noémie
11:23et les jeunes femmes que vous avez interrogées.
11:26Je le disais, Myriam, c'est aussi une volonté
11:28de se retrouver et de communier quelque part ensemble.
11:315000 personnes, c'est énorme, dans un si petit village.
11:34Et on entendait ces jeunes filles à l'instant dire
11:36on a aussi envie de soutenir la famille.
11:38Évidemment, elles vivent le pire que l'on puisse vivre.
11:41Mais il y a aussi des personnes qui ont envie de se dire
11:43on est avec vous et malgré tout,
11:45on a envie de ce moment de soutien et d'hommage
11:48dans une communion et un silence aussi.
11:51Oui, c'est aussi à ça que sert, j'allais dire,
11:53malheureusement et heureusement une marche blanche
11:55parce que ça ne règle rien en fait.
11:56Mais c'est un espace, un espèce de temps mort
11:59où effectivement les solidarités, le recueillement collectif
12:01peut s'exprimer, même si, il faut le dire,
12:04les parents prennent aujourd'hui perpétuité
12:06parce qu'on ne survit pas à la mort d'un enfant.
12:10Ils prennent perpétuité.
12:11Il faudra de toute façon des réponses
12:13parce que ces marches blanches,
12:15c'est aussi un message adressé à l'État,
12:18adressé aux autorités en disant
12:19voilà, nous on veut des réponses.
12:21Qu'est-ce qui s'est passé ?
12:22Alors, il y a bien sûr une défaillance collective
12:25de l'institution,
12:26mais il y a aussi une part de défaillance
12:29personnelle et individuelle
12:30qu'il faudra de toute façon identifier.
12:32C'est le défi de notre démocratie
12:34sans pour autant renier l'État de droit.
12:37Mais les réponses sont nécessaires.
12:38Pourquoi il y a autant de monde ?
12:40Parce qu'on touche à ce qu'il y a de plus précieux
12:42aujourd'hui dans notre société,
12:44dans nos vies.
12:45On touche à l'enfance,
12:46on touche à l'innocence,
12:47on touche à l'école,
12:48on touche au quotidien,
12:49on touche à ce qu'il y a de plus intime en nous.
12:51Et je crois que vous,
12:53comme moi sur ce plateau,
12:54en en parlant et en regardant ça,
12:55on a quand même un nœud dans l'estomac
12:57pour certains,
12:58la gorge nouée.
12:59Donc ça nous parle,
13:00ça fait écho qu'on ait des enfants ou pas.
13:03La manière de l'exprimer aujourd'hui,
13:05ça existe heureusement.
13:06Mais ce qui est inquiétant,
13:07c'est cette multiplication des marches blanches.
13:10Justement de ces marches blanches.
13:11Et puis ce qui est inquiétant aussi,
13:13c'est le nombre de cas,
13:14mais c'est aussi ce qu'on est en train
13:15de découvrir dans cette affaire Liana.
13:17Tout à l'heure,
13:17notre équipe sur place,
13:18Pauline Trevzer et Noémie Hardy
13:20ont pu interroger un papa.
13:22Et vraisemblablement,
13:22sa fille aurait été victime
13:25de la même personne,
13:26de Jérôme Barrella.
13:27Elles ont interrogé ce papa.
13:28D'abord, on l'écoute
13:29et puis on réagit ensemble.
13:31J'étais en classe ensemble,
13:33donc du coup,
13:33oui, je connaissais très bien
13:35la fille de M. Jérôme Barrella.
13:36Elles étaient amis, copineaux.
13:38Ma fille a été aussi victime
13:40de cette histoire en protocole,
13:42on va dire, qu'il avait,
13:43qu'il l'a invité pour faire
13:44une soirée pyjama,
13:46même protocole avec soirée pizza
13:48et ainsi de suite.
13:49Elle a été victime d'attouchement,
13:50voilà, pour ce monsieur-là.
13:51Ça date du mois de novembre.
13:52Ma fille a pu parler,
13:53voilà, donc du coup,
13:54si on a appris ça vendredi,
13:56on a fait la dépôt de plainte vendredi
13:57à la gendarmerie.
13:58Il n'y a pas de mot,
13:59je dis il n'y a pas de mot pour ça.
14:01Ça serait moi,
14:01je ferais justice moi-même,
14:02mais si il n'y aurait pas eu
14:04cette faute judiciaire,
14:06de la justice,
14:07à mon avis,
14:07ce monsieur-là aurait dû être
14:08déjà auditionné depuis longtemps,
14:10très longtemps,
14:11par rapport à la plainte
14:12de la maman du mois d'août
14:13qui a été en 2025.
14:15Ça aurait dû être,
14:17ce monsieur aurait dû auditionner,
14:18peut-être que toute cette histoire-là
14:19ne se serait pas passée.
14:21Tanguy, il y a effectivement
14:22les dysfonctionnements
14:22dont on a déjà parlé
14:23et malheureusement,
14:24aujourd'hui,
14:25des langues qui se délient
14:26parce qu'il y a des personnes
14:27qui, ayant vu la photo
14:29de Jérôme Barrella,
14:30comprennent que c'est peut-être
14:32la personne dont parlait,
14:33leur fille ou leurs enfants.
14:34Et on craint que d'autres affaires,
14:35évidemment,
14:36ne sortent à partir de maintenant.
14:37Exactement,
14:38avec tous ces témoignages,
14:39on est en train de se demander
14:40si on n'est pas face
14:41à un serial violeur,
14:42un violeur en série,
14:43puisqu'on voit qu'il y a des familles
14:45qui, petit à petit,
14:46reconnaissent cet individu,
14:47qui portent plainte.
14:48J'imagine que tous les parents
14:50peut-être du village
14:51ou tous les parents d'enfants
14:52qui côtoyaient cet individu
14:55ou même la plus grande
14:56des filles de cet individu,
14:59sont en train de se poser
15:01déjà des questions,
15:01de poser aussi des questions
15:03à leurs enfants en demandant
15:05est-ce que tu as déjà été
15:06chez cette personne ?
15:07Est-ce qu'il t'a déjà fait
15:08quelque chose ?
15:09Est-ce que la fois où je l'avais
15:11laissé prendre un goûter,
15:12est-ce qu'il l'a ramené
15:13du collège ?
15:14Donc peut-être que, malheureusement,
15:17on n'en est qu'au début des cas
15:18dont on a connaissance.
15:20Et oui, l'enquête va peut-être
15:22prendre une ampleur
15:23qu'on ne soupçonne pas encore.
15:25Oui, on imagine aussi la crainte,
15:26comme vous le disiez,
15:27de tous ces parents aujourd'hui
15:29qui se demandent jusqu'où
15:30a pu aller ce suspect,
15:32Jérôme Barrella.
15:33On retourne sur le terrain
15:34rejoindre Mathilde Ibanaise
15:35et Timothée Forget.
15:36Mathilde, avec cette marche blanche,
15:39on le voit, qui vient de s'élancer
15:41avec en tête la famille de Liana
15:43et le maire de Florence.
15:48Exactement, vous voyez
15:49cette famille unie, soudée,
15:52qui tient cette banderole
15:55« Plus jamais ça, on t'aime,
15:56tu vas nous manquer »,
15:58cette famille qui défile
16:00autour d'eux.
16:01C'est tout un village,
16:03tout un département, finalement,
16:04qui se sont réunis ici
16:06pour rendre hommage à Liana,
16:09soutenir cette famille
16:10dans une épreuve terrible.
16:12Ils sont venus vraiment
16:14de tout le Gers.
16:15On a pu parler avec des personnes
16:16qui ont tenu à venir ici
16:18pour faire plusieurs kilomètres
16:19parce que pour eux,
16:20c'était impensable de ne pas être là.
16:23Il y a énormément de tristesse,
16:24beaucoup de chocs,
16:25mais surtout aussi cette colère
16:27qui se fait ressentir
16:28par la présence des gens ici,
16:30par les nombreux témoignages
16:32que nous avons eus.
16:33Personne ne comprend comment
16:35cet homme a-t-il pu faire
16:37ses atrocités à cette enfance.
16:39Ce qu'on peut vous dire ici,
16:41c'est que pour l'heure,
16:42il y a énormément d'émotions,
16:44beaucoup de respect.
16:45Cette marche blanche
16:46se fait dans le silence
16:48le plus possible.
16:50Merci beaucoup, Mathilde Dibanaise.
16:51Merci à Timothée Forgett
16:52qui était avec vous.
16:53On accueille aussi sur ce plateau
16:54Anthony Bem.
16:55Bonjour.
16:55Bonjour, Lénie.
16:56Je rappelle que vous êtes avocat.
16:57Mathilde vient de le dire
16:58et tous les témoignages
16:59qu'on entend depuis le début
17:01de cette affaire
17:01tendent dans le même sens.
17:03Évidemment, c'est un moment
17:04de recueillement,
17:04c'est un moment de tristesse,
17:06mais c'est aussi un moment
17:07de colère.
17:08On a l'impression aujourd'hui
17:09que notre État ou notre justice
17:11n'a pas su protéger Liana.
17:13C'est vrai, Elodie.
17:15En tant qu'avocat,
17:16je suis confronté au quotidien
17:18à ces problèmes de justice.
17:19Les problèmes sont nombreux.
17:21Il y a ces dysfonctionnements
17:25dus aux nombreux strates législatives.
17:28C'est un millefeuille législatif.
17:29C'est très complexe.
17:30Par exemple, dans cette affaire,
17:31il y a eu un problème de compétence.
17:33Il y a une plainte
17:33qui a été déposée
17:34pour des faits de 2023.
17:36Et compte tenu
17:36de problèmes de compétence territoriale,
17:38les parquetiers se sont renvoyés
17:39la balle dans cette affaire.
17:41Ce qui fait que depuis dix mois,
17:43cette personne n'a pas été auditionnée.
17:46Donc on comprend qu'il y a
17:47un problème procédural
17:49qu'il faut régler, peut-être.
17:51Oui, qui a quand même mené
17:52à la mort d'une fillette.
17:53Qui a mené à la mort d'une fillette,
17:55exactement.
17:55Et puis qui a peut-être mené
17:57à d'autres crimes ou délits
17:59dont on ignore encore l'existence,
18:01mais qui se manifestent
18:02au fur et à mesure.
18:02On voit qu'il y a
18:03de nouvelles plaintes qui arrivent,
18:05de nouvelles déclarations.
18:07Donc en effet,
18:08c'est un serial violeur.
18:11Par le nombre d'affaires,
18:13M. Barrella...
18:14Pour l'instant,
18:14on doit respecter,
18:16malheureusement,
18:17la présomption d'innocence.
18:18Mais par le nombre d'affaires
18:19qu'il a dans son casier,
18:22parce que même s'il n'a pas été jugé,
18:24il a été, il faut le rappeler,
18:25il a été révoqué de la fonction publique,
18:27puisqu'il était fonctionnaire
18:28pour des problèmes à l'égard de mineurs,
18:30de comportements à l'égard de mineurs.
18:31Là, déjà aussi,
18:33l'administration,
18:34elle est où ?
18:34L'éducation nationale,
18:35par son devoir d'alerte
18:36à l'égard du parquet,
18:38article 40 du code de procédure,
18:39aurait dû signaler au parquet.
18:41Il aurait dû y avoir une enquête.
18:43On n'aurait pas dû laisser juste,
18:44sur le plan administratif,
18:45une révocation,
18:46tel un licenciement du fonctionnaire
18:48parce qu'il s'est mal comporté.
18:49Ce n'est pas suffisant.
18:50Il y a eu une occasion loupée aussi.
18:52Là, il y a eu encore d'autres affaires,
18:54des plaintes classées sans suite
18:55pour défaut d'infractions caractérisées.
18:58Ce n'est pas normal.
19:00L'auteur n'a même pas été auditionné.
19:02On marche sur la tête.
19:04On marche sur la tête,
19:05d'autant plus, effectivement,
19:06qu'à Rima,
19:06c'est qu'aujourd'hui,
19:07on a l'impression
19:09qu'on est quand même en 2026,
19:10que les choses sont censées
19:11aller beaucoup plus vite,
19:12qu'on a des logiciels
19:13qui recensent, par exemple,
19:14tous ces signalements.
19:15Et on se dit,
19:17cet homme, Jérôme Barrella,
19:18a pu continuer à agir
19:20sans qu'à aucun moment,
19:21son nom,
19:22quand, par exemple,
19:23une maman va porter plainte
19:24en disant,
19:25ma fille accuse cet homme,
19:27eh bien, elle l'accuse
19:27comme un kidam.
19:28Rien ne remonte.
19:29On a du mal à comprendre
19:30comment c'est possible.
19:32Vous savez,
19:34je vais faire un parallèle.
19:35Quand il y a eu
19:36toute cette explosion
19:37du mouvement MeToo,
19:38moi aussi,
19:39bon, après,
19:40on peut parler
19:40des dérives du mouvement
19:42ou quoi que ce soit,
19:42mais sur l'enjeu de fond,
19:44c'était cette idée
19:45de la libération
19:46de la parole des femmes
19:48et surtout cet éclatement
19:50de ce tabou
19:51entourant les violences sexuelles
19:52où souvent,
19:53il y avait une inversion
19:54même,
19:55je vais dire,
19:56presque de la culpabilité.
19:58Souvent,
19:58c'était la victime
19:59qui devenait la coupable
20:00en disant,
20:01vous l'avez peut-être cherché
20:02ou quoi que ce soit.
20:03Donc, c'est tout
20:03ce qui entoure le tabou
20:04entourant la violence sexuelle.
20:06Eh bien,
20:06je dirais que dans ce cas-ci,
20:08il y a cet accueil
20:09de la parole des enfants
20:11ou des personnes
20:12plus vulnérables,
20:13ce tabou
20:14de la violence sexuelle
20:16envers les enfants.
20:17On l'a vu notamment
20:17avec le périscolaire.
20:19Pendant des années,
20:20des décennies,
20:21ce n'est pas plus longtemps,
20:22c'était le pas de vague.
20:24On décidait,
20:25par exemple,
20:25d'envoyer,
20:26si on réalisait
20:27qu'il y avait quelqu'un
20:28peut-être qui faisait
20:28quelque chose
20:30de louche
20:30ou de complètement criminel,
20:32on va finalement
20:33peut-être
20:34le déployer ailleurs.
20:36Eh bien,
20:37je pense que ça nous revient
20:38comme ça en pleine figure.
20:40On réalise
20:41qu'il y a encore
20:41ce tabou
20:42envers les violences sexuelles,
20:43envers les enfants
20:44et cette prise au sérieux.
20:46Je pense que dans l'absolu,
20:48tout le monde dénonce
20:49évidemment
20:51ces agressions
20:51et tout ça,
20:52mais sérieusement,
20:53est-ce qu'on prend
20:53véritablement en compte
20:55les choses ?
20:55Moi, je pense
20:56qu'on est rendus
20:56à cette étape.
20:57Et on voit
20:58cette foule
20:59parce que la marche blanche
21:00s'était lancée.
21:02On voit les proches,
21:03la maman notamment
21:04de Liana
21:05qui sont juste derrière
21:06cette banderole
21:06et tout au long
21:07du chemin pour l'instant,
21:08on voit véritablement
21:09qu'il y a une foule compacte
21:11de personnes
21:11qui ont voulu témoigner
21:13leur affection,
21:14leur colère
21:14ou en tout cas
21:15leur soutien
21:15à cette famille.
21:17C'est vrai qu'il y a
21:18forcément de la colère,
21:18Myriam,
21:19parce qu'on nous dit
21:20et comme le rappelait
21:21Karima à l'instant
21:22que la parole de l'enfant,
21:23que la parole des femmes
21:24notamment quand il y a
21:25des cas de violences sexuelles
21:27doit être vraiment
21:28prioritaire,
21:28c'est le ministre de la Justice
21:29qui le dit
21:30et qu'elle doit être entendue
21:31et là dans cette affaire
21:33mais malheureusement,
21:33on pourrait en citer d'autres,
21:35on a l'impression
21:35que cette parole,
21:36on n'a pas su
21:37l'entendre correctement ?
21:38Davantage que la parole
21:39ici je pense que
21:40ce qui se pose
21:40c'est comment prendre en compte
21:42les signaux d'alerte
21:43même faibles
21:43qu'il soit à l'école,
21:45qu'il soit dans la famille
21:45parce que c'est vraiment
21:46un signal d'alerte
21:47qui a été envoyé
21:49et en fait il y a deux choses
21:51la parole quand elle vient
21:52d'un adulte
21:52peut-être qu'elle est
21:53davantage caractérisée
21:54et encore quelquefois
21:55c'est difficile
21:56on le voit
21:57mais quand c'est un enfant
21:58c'est encore plus compliqué
21:59donc quelle place on lui donne
22:00et quels sont les professionnels
22:02qui peuvent la recueillir
22:03parce qu'une fois
22:03qu'elle est recueillée
22:04et démentie
22:04qu'est-ce qu'on en fait ?
22:05Il y avait un psychologue
22:06sur votre plateau
22:08hier soir
22:08qui l'expliquait très bien
22:09parce qu'effectivement
22:10un enfant quand il émet
22:11un signal d'alerte
22:12quand il dit
22:13voilà j'ai été touché
22:14ceci cela
22:14donc on doit effectivement
22:16l'avérer
22:16parce que c'est le droit
22:18en fait
22:18qu'il impose
22:19la preuve
22:19mais derrière
22:20si effectivement
22:21les preuves ne sont pas suffisantes
22:23qu'est-ce qu'on fait
22:23de cette information ?
22:24Un enfant ne va pas dire
22:25au hasard ou pour rien
22:26c'est que derrière
22:27il y a peut-être quelque chose
22:28qu'il faut identifier
22:29donc si le risque zéro
22:31n'existe pas
22:31il y aura deux questions
22:32suite à cette affaire
22:33si le risque zéro
22:34n'existe pas
22:35qu'est-ce qu'on fait
22:35justement pour limiter
22:36au maximum
22:38les cas comme celui-là
22:39même si effectivement
22:40on ne peut pas éviter
22:41tous les drames
22:42Malheureusement
22:43Et justement
22:43comment on va changer
22:44les procédures
22:45à l'école aussi
22:46vous disiez
22:46l'alerte n'a pas été faite
22:49mais je rappelle
22:49qu'à l'école
22:50il y a un médecin
22:51pour 10 établissements
22:52C'est-à-dire le ministre
22:53de l'éducation a dit
22:54que lui-même
22:55prenait sa part
22:55et allait regarder
22:56ce qui s'était passé concrètement
22:57Il faut
22:58parce que moi
22:58dans mon métier
22:59tous les jours
22:59je rencontre des jeunes
23:00qui sont dans mes classes
23:01ou dans les classes
23:02de mes collègues
23:02qui sont en souffrance
23:03et donc même si
23:04on les envoie vers
23:06des psychologues
23:07on a une psychologue
23:08pour X établissements
23:09elle n'est pas disponible
23:11et puis ils ne veulent pas
23:12souvent que leur famille
23:13en soit
23:13donc ça c'est la réalité
23:14du terrain
23:14c'est des jeunes
23:15qui vont mal
23:16qui ne sont pas forcément
23:17bien
23:18et qui ont besoin
23:18de soutien
23:20ou de parole
23:20et c'est encore plus difficile
23:22quand on a ici
23:23une enfant de 11 ans
23:24et j'en dis une enfant
23:24mais elle s'appelle Liana
23:25elle est morte
23:26elle est morte
23:28assassinée
23:28et abusée
23:29a priori
23:30par un homme
23:32qui était
23:34connue
23:34c'est pour ça
23:35que je parle
23:35au conditionnel
23:36ce drame
23:37aurait pu
23:39être évité
23:40parce que
23:40c'est ça aussi
23:41la question
23:41c'est jusqu'à
23:43à quel point
23:43on aurait pu éviter
23:44cette catastrophe
23:46et j'entendais
23:46le parent
23:47d'une des victimes
23:49qui parlait
23:49alors un parent
23:50présumé de victime
23:51qui disait
23:51la prochaine fois
23:52en tout cas
23:52on va penser
23:53à se faire justice
23:54soi-même
23:54voyez où on en est arrivé
23:56on ne le recommande pas
23:57mais on peut
23:57face à la douleur
23:58d'un parent
23:59on ne peut pas juger
23:59sa réaction
24:00je le comprends
24:01et puis surtout
24:01on est dans une société
24:02de vigilance
24:03ça se comprend
24:04mais de venir
24:05ou de se transformer
24:06cette société de vigilance
24:07en société de suspicion
24:08permanente
24:09ce serait dangereuse
24:10un
24:10et deux
24:11je vois aussi
24:11dans ce défilé
24:12des élus locaux
24:13qui portent
24:14l'écharpe tricolore
24:16moi quand je vois
24:17l'écharpe tricolore
24:18elle aurait dû être
24:18complètement rouge
24:19parce que l'état
24:20a du sang dans les mains
24:21aujourd'hui
24:21et bien justement
24:22on en parlera
24:23de la réponse politique
24:24et de ces accusations
24:25d'échec contre l'état
24:26puisque d'ailleurs
24:27le président lui-même
24:28a reconnu
24:28qu'il y avait eu
24:30des torts
24:30on va s'interrompre
24:31quelques secondes
24:32pour faire une courte pause
24:33et on se retrouve
24:33avec mes invités
24:35pour poursuivre
24:35cette marche blanche
24:37en hommage à Liana
24:37restez avec nous
24:41de retour dans 60 minutes
24:43info sur CNews
24:44on continue de commenter
24:45cette marche blanche
24:47en hommage à Liana
24:48avec ses parents
24:50son petit frère
24:50et le maire de la commune
24:51et ses proches
24:52qui sont en tête
24:53de cortège
24:54vous êtes sur place
24:55Mathilde Libanaise
24:55avec Timothée Forget
24:57et je crois que vous êtes
24:58avec quelqu'un
24:59qui est justement
24:59venu d'assez loin
25:00pour rendre hommage
25:02à Liana
25:06exactement
25:06parmi ces milliers
25:08de personnes
25:08et bien vous avez
25:09Christophe
25:10Christophe bonjour
25:11vous venez de Bordeaux
25:12pour participer
25:13à cette marche blanche
25:15pourquoi c'était important
25:16pour vous d'être présent
25:17ici aujourd'hui
25:18tout particulièrement
25:19parce que je suis
25:20père et grand-père
25:21surtout
25:22j'ai trois petits-enfants
25:23dont une de mes petites filles
25:24à l'âge de Liana
25:26et j'ai été pris par l'émotion
25:27ce matin au café
25:28j'ai pris ma moto
25:29et j'ai fait 200 kilomètres
25:30pour être là
25:31auprès des parents
25:33participer à cet événement
25:34qui est très très émouvant
25:36très émouvant
25:36on ressent énormément de peine
25:38quand on voit
25:38toutes ces personnes
25:40qui se sont réunies
25:41qui sont venues
25:42soutenir la famille
25:43rendre hommage
25:43à Liana
25:44je suppose qu'on ne peut pas
25:45garder son émotion
25:46non
25:47c'est encore plus
25:48que ce qu'on peut l'imaginer
25:49j'en ai des frissons
25:52mes langues
25:52est tremblantes
25:53j'en suis désolé
25:54mais je crois que c'est
25:56toute la tristesse d'un pays
25:57toutes les émotions du pays
25:59et on subit aussi
26:01beaucoup de laxisme
26:02et ça c'est de la colère
26:03justement vous me parliez
26:05de tristesse
26:06mais également de la colère
26:07que vous voulez
26:08indirectement témoigner
26:09par votre présence
26:10oui j'y tiens
26:11parce qu'on paye
26:1325-30 ans
26:14de laxisme
26:15de ministres
26:16qui n'assurent pas
26:17leurs responsabilités
26:18aujourd'hui
26:19où sont les
26:19madame Taubira
26:20où sont les
26:20Dupont-Muriti
26:21où sont
26:22aujourd'hui
26:23on n'a même pas
26:23une démission
26:24d'un homme politique
26:25c'est un vrai scandale
26:26dans le privé
26:27il y a longtemps
26:27qu'il y aurait eu
26:28des sanctions de prise
26:30en tout cas
26:31merci beaucoup
26:31pour votre témoignage
26:33qu'on peut vous dire ici
26:34c'est que
26:34les milliers de personnes
26:35que nous suivons
26:37en tout cas
26:37sur cette marche blanche
26:38beaucoup
26:39et bien sont venues
26:40avec des roses
26:40avec des t-shirts
26:41au visage
26:42de Liana
26:43cette fillette
26:44de 11 ans
26:45ici
26:45les visages
26:46et bien sont fermés
26:48certains sont en larmes
26:49il y a énormément
26:50d'émotions
26:51ici à Florence
26:52merci Mathilde Libanaise
26:53merci à Timothée Forget
26:54qui vous accompagne
26:55Myriam
26:56on entend dans tous
26:56ces témoignages aussi
26:57ce phénomène
26:59d'identification
27:00des parents
27:00des grands-parents
27:01qui se disent
27:02c'est arrivé à Liana
27:03c'est arrivé à d'autres
27:04malheureusement avant
27:05on peut citer aussi Lola
27:06autant de cas
27:07où des dysfonctionnements
27:08menés à la mort
27:09d'un enfant
27:10et où les français se disent
27:11on a aussi envie
27:12de témoigner nos soutiens
27:14parce que ça n'arrive pas
27:14qu'aux autres
27:15et que ça aurait pu nous arriver
27:16et ça crée finalement
27:17une sorte aussi
27:19de cohésion
27:19et on s'identifie
27:20à la douleur de cette famille
27:21on s'identifie complètement
27:22parce que je vous dis
27:23ça concerne tout le monde
27:24il a dit c'est la France
27:25c'est la France qui pleure
27:25c'est la France qui est en deuil
27:26il n'a pas hésité
27:27à venir
27:29de plus loin
27:30et puis il dit quelque chose
27:32de très intéressant
27:32il dit on paye
27:3330 ans de laxisme
27:35et c'est effectivement ça
27:36qui se pose en écho
27:37alors sans vouloir remettre
27:39en cause
27:39l'ensemble
27:40du système
27:41généralement
27:41on sait que le système
27:42est faillible
27:43on doit identifier
27:44quoi et qui
27:45mais là en l'occurrence
27:46on a bien l'impression
27:47que c'est l'ensemble
27:47du système
27:48qu'il faut remettre en cause
27:49parce que pour Lola
27:50effectivement
27:50c'était une question migratoire
27:52vous l'avez dit
27:52pour Shem Sedin
27:53c'était des jeunes ultra-violents
27:55mais dont on répète souvent
27:56l'ultra-violence
27:57pour Louise
27:57c'était un jeune homme
27:59qui était déscolarisé
28:00à Épinay-sur-Orge
28:01à chaque fois
28:01des marches blanches
28:02ont eu lieu
28:02à Viry-Châtillon
28:03à Épinay
28:04aujourd'hui
28:05à Florence
28:06et est-ce qu'on a tiré
28:08les leçons
28:08de ces marches blanches ?
28:10Non
28:10c'est-à-dire qu'il y a un débat
28:11et puis tout aussi vite
28:12c'est oublié
28:13rien n'est mis en place
28:14rien ne change
28:15dans nos administrations
28:16parce que justement
28:17elles sont beaucoup trop monolithiques
28:18elles ne sont pas flexibles
28:20mais on n'a plus cette capacité
28:21de se remettre en cause
28:23et de faire un petit peu
28:24enfin de relever le tapis
28:26et d'enlever la poussière
28:27et c'est bien ça
28:28qui est compliqué
28:28et je pense que demain
28:29lundi
28:31les camarades de Liana
28:32vont aller à l'école
28:33il y aurait une chaise vide
28:34on n'aura pas de réponse
28:36que vont dire les professeurs ?
28:37Alors oui je sais
28:38on va nous dire
28:38on va mettre en place
28:39une cellule psychologique
28:40bon ben voilà
28:41on met à chaque fois
28:42des solutions
28:42et des espèces de pansements
28:44qui n'éviteront pas
28:45le prochain drame
28:46alors encore une fois
28:47je répète
28:48le risque zéro n'existe pas
28:49il n'est pas question
28:50d'éviter tous les drames
28:51mais ces drames-là
28:52en l'occurrence
28:52ils auraient pu éviter
28:54ils auraient pu être évités
28:55parce que ce sont des drames
28:56qui ont eu lieu
28:56parce que nous n'avons pas fait
28:58nous n'avons pas tiré
28:59les leçons des drames
29:00qui sont arrivés
29:02précédemment
29:02et ça pousse encore une fois
29:04à aujourd'hui
29:05une marche blanche
29:05qui est calme
29:06mais je répète
29:07devant les tribunaux
29:08demain
29:09et devant les tribunaux
29:11devant les préfectures
29:12demain
29:13peut-être que le ton
29:14sera différent
29:15et à juste titre
29:16parce que
29:18les marches blancs
29:19ça permet de se poser
29:20les gens l'ont dit
29:21d'être solidaire
29:22avec la famille
29:23mais le plus dur
29:24va venir après
29:24ces familles
29:25et toutes les français
29:26auront besoin de réponses
29:27demain j'ai une fille
29:29ou un fils de 11 ans
29:30un frère
29:31ou une petite soeur
29:32de 11 ans
29:33qu'est-ce qu'on fait
29:34on va les retenir à la maison
29:35puisqu'aujourd'hui
29:36ce ne sont plus
29:36on parlait de faits divers
29:37ce ne sont plus
29:38des faits divers
29:39ce sont des faits de société
29:40la multiplication de ces faits
29:41empêche de dire
29:42que ce sont des faits divers
29:43ce n'est pas le prix du hasard
29:45et non
29:45et ça devient presque systémique
29:47donc c'est ce qui est dangereux
29:48c'est ce qui est interrogatif
29:50et c'est encore une fois
29:51l'école aujourd'hui
29:52demain
29:52devra apporter des réponses
29:53qu'elle n'a pas
29:54on va effectivement
29:55donner des petites choses
29:57pour calmer ensemble
29:58et puis derrière
30:00il y a ce trop-bas
30:00pour ses camarades
30:01qui va durer
30:02un certain nombre d'années
30:03un certain nombre de temps
30:04pour la communauté éducative aussi
30:05on avait entendu
30:06le chauffeur de bus
30:07qu'on a eu en témoignage
30:08qui était en larme
30:08et qui peut créer
30:09de la phobie scolaire
30:10et parce qu'on s'identifie
30:12mais surtout
30:12ce projet derrière
30:13c'est dans la nature humaine
30:16on cherche quoi
30:17on attend quoi
30:17alors je veux bien
30:18avec les mots
30:18le président de la république
30:19admet sa responsabilité
30:21en tout cas
30:22la responsabilité
30:23en échec de l'état
30:23bien sûr
30:24j'ai entendu également
30:25le ministre de la justice
30:26qui exprime ses excuses
30:28peut-on s'excuser
30:29de la mort d'un enfant
30:30évidemment que non
30:31vous avez raison
30:32de le souligner
30:33on va retourner sur le terrain
30:34on rejoint Pauline Trevzer
30:35et Noémie Hardy
30:37Pauline pardon
30:37je crois que vous êtes justement
30:38avec quelqu'un
30:40qui a tenu à être présent
30:41à cette marche blanche
30:45oui tout à fait
30:46Elodie
30:47ici le silence reine
30:49il y a énormément
30:49d'émotions
30:50une émotion
30:51que Yannick partage
30:53vous êtes venu
30:53aujourd'hui
30:54pour soutenir
30:55la famille
30:55de la petite Liana
30:56c'est ça ?
30:57c'est ça exactement
30:57oui
30:58un gros soutien
30:59à la famille
31:00parce que bon
31:01ce qui se passe
31:01c'est quand même
31:02c'est pas normal
31:04et beaucoup de colère
31:05aussi
31:06pourquoi beaucoup de colère
31:07aujourd'hui ?
31:08je sais pas trop
31:08si je peux le dire
31:09avec mes mots
31:10mais bon je trouve
31:11que c'est inadmissible
31:12tout ce qui s'est passé
31:12et d'avoir laissé une personne
31:14comme ça faire ce qu'il faisait
31:16avec plusieurs choses
31:17déjà qui sont contre lui
31:19je trouve ça vraiment inadmissible
31:21donc un moment de recueillement
31:23aussi pour la famille
31:24et vous m'avez fait part
31:26d'inquiétude
31:26vous êtes père de famille
31:28bien sûr
31:28je suis papa d'un enfant
31:2930 ans
31:30et on y pense
31:31on se dit qu'il y a des gens
31:33comme ça qui sont partout
31:34Florence est tout petit
31:36et on se dit quand même
31:36ça arrive près de chez nous
31:38c'est honteux
31:40vous l'avez entendu Elodie
31:43de la colère
31:44de l'indignation
31:45pour ces habitants
31:46de Florence
31:47qui n'auraient jamais imaginé
31:49qu'un tel drame
31:50puisse se produire
31:51ici dans cette petite ville
31:53de 6000 habitants
31:54dans le Gers
31:55alors ils sont venus
31:56soutenir la famille
31:57qui est en tête de cortège
31:59avec leurs proches
31:59le maire de Florence
32:01et leur avocat
32:02est également présent
32:04Merci beaucoup Pauline
32:05et Noémie
32:06pour ce duplex
32:07on voit cette foule
32:08qui est vraiment impressionnante
32:08sur les images
32:09de ces news
32:10à tel point
32:11qu'on n'arrive pas
32:11à distinguer le bout
32:12de cette marche blanche
32:14on le disait à l'instant
32:15Tanguy
32:16là c'est une marche blanche
32:17même si on sent de la colère
32:18qui reste évidemment
32:19un moment de recueillement
32:20une colère
32:21qui va peut-être
32:22s'exprimer davantage demain
32:24puisque dans la matinée
32:25le ministre de la justice
32:26reçoit les procureurs généraux
32:28mais le soir
32:28il y a des appels
32:29à manifester
32:30devant le ministère de la justice
32:31ou devant un certain nombre
32:32de tribunaux
32:33précisément
32:33pour dénoncer
32:34ces dysfonctionnements
32:35c'est vrai qu'il va y avoir
32:36un temps politique
32:37on va dire
32:38demain matin
32:39avec les procureurs généraux
32:40qui vont être reçus
32:41par Gérald Darmanin
32:42tout ça pour dresser
32:43un peu
32:44le bilan
32:45je ne sais pas si le mot
32:46est le bon
32:47mais pour un état d'élu
32:48en tout cas
32:48de ce qui se passe
32:49dans les différentes juridictions
32:51et justement
32:52trouver des solutions
32:53s'il y a des problèmes
32:54et puis
32:55lors de la soirée
32:57devant les tribunaux
32:58il y a une centaine
32:59de rassemblements
32:59devant les tribunaux
33:00et devant le ministère
33:01de la justice
33:01à Paris
33:02qui sont prévus
33:03à l'appel
33:04d'association
33:05sous la bannière
33:06l'IANA
33:07l'injustice de trop
33:08donc là
33:09ce sera
33:09cette fois plus politique
33:11mais ce sera
33:11bien les citoyens
33:13le peuple
33:13qui exprimera
33:14son mécontentement
33:15donc demain aussi
33:16journée très chargée
33:18peut-être un peu moins
33:19sur l'émotion
33:19beaucoup plus
33:20sur la colère
33:21et c'est vrai que
33:22Gérald Darmanin
33:23demain aura une journée
33:24importante pour lui
33:25je pense
33:25évidemment
33:26et sur cet angle politique
33:28Arima on le rappelle
33:28la famille n'a voulu
33:31aucune représentation
33:32politique
33:32quelle qu'elle soit
33:33en revanche
33:33depuis tout à l'heure
33:34on voit énormément
33:35d'élus locaux
33:36on voit beaucoup
33:37d'écharpes bleu blanc rouge
33:39symbolisant que ces personnes
33:40sont des élus
33:41on voit aussi le fossé
33:42qui est en train de se creuser
33:43la famille
33:44et les proches de l'IANA
33:45voient d'un côté
33:46ces élus
33:46proches d'eux
33:47qui les ont aidés
33:48quand ils cherchaient leur fille
33:49et de l'autre côté
33:50des élus
33:50plus éloignés
33:51les élus parisiens
33:52comme on les appelle
33:54qui sans doute
33:55les ont un peu trahis
33:56pour eux finalement
33:57oui
33:58il y a ce sentiment
33:59de perte de confiance
34:00envers les élus
34:02envers
34:03j'allais dire
34:04le système de justice
34:05envers la politique
34:06envers les grands messages
34:07qui sont envoyés
34:09et finalement
34:09la réalité du terrain
34:11vous avez entendu
34:11tout à l'heure
34:12le témoignage
34:12de cet homme
34:13qui était en colère
34:15mais en même temps
34:16c'était comme on dit
34:17le sens commun
34:17le gros bon sens
34:19qui parlait
34:19en disant
34:20nous avons un système
34:21de justice
34:21c'est pas la première fois
34:23qu'il y a des événements
34:24gravissimes
34:25et pourtant rien ne change
34:26donc c'est un appel
34:27aussi à l'aide
34:29et il y a eu
34:29cette trahison
34:30en effet
34:31donc aujourd'hui
34:32c'est le temps
34:33du recueillement
34:34il y a cette idée
34:35de communion
34:36de solidarité
34:37de soutien
34:38pour la famille
34:39dans cette période
34:40extrêmement difficile
34:41il y a beaucoup
34:42de dignité
34:42dans cette marche
34:43beaucoup d'émotions
34:44aussi
34:45quand on pense
34:46que c'est une petite
34:47fille de 11 ans
34:49il y en a
34:49qui est morte
34:50qui était pleine
34:51de vie
34:52on ne peut pas
34:53imaginer en fait
34:54cet abîme
34:55que vivent
34:55les parents
34:56donc aujourd'hui
34:57c'est ce moment
34:58mais vous l'avez
34:59mentionné
34:59demain
35:00il y a cet aspect
35:01politique
35:02mais sur la récupération
35:03politique
35:04le mot récupération
35:05politique
35:05moi ce que je vois
35:06aussi c'est
35:06probablement que
35:07les politiques
35:08dans le passé
35:08notamment avec
35:09l'affaire Lola
35:10et on pourrait même
35:11parler plus largement
35:13du domaine
35:14disons médiatique
35:15aussi
35:15il y a eu quelque part
35:16aussi une trahison
35:17je pense que si
35:20il y a des moments
35:20vous savez
35:21on a l'impression
35:21que tout le monde
35:22devrait un peu plus
35:23aller un peu
35:24dans la même direction
35:25et dire
35:26donc que peut-on faire
35:26pour la société
35:27pour améliorer la société
35:28et dans l'affaire Lola
35:30par exemple
35:31ça a été tout de suite
35:32si on voulait
35:32se saisir
35:33de ce qui s'était passé
35:35et bien là
35:35vous étiez accusé
35:37par exemple
35:37de faire le jeu
35:38de l'extrême droite
35:39ou quoi que ce soit
35:39donc malheureusement
35:41les politiques aussi
35:42n'ont pas été
35:42à la hauteur
35:43à ce moment
35:43et d'où le fait
35:45qu'on peut comprendre
35:45aussi la peur
35:47et l'appréhension
35:48des familles
35:48on rejoint tout de suite
35:49sur le terrain
35:50de nouveau
35:50Pauline Trezère
35:51et Noémie Hardy
35:52puisque Pauline
35:53je crois que vous êtes
35:54à côté d'un papa
35:55dont vraisemblablement
35:56la petite fille
35:57a été victime
35:59du même prédateur
36:00Pauline
36:04oui tout à fait
36:05je suis avec
36:06un père de famille
36:07présent à cette marche blanche
36:09dont la petite fille
36:10aurait également été
36:11une victime présumée
36:12de Jérôme Barrella
36:14et vous êtes là
36:15aujourd'hui
36:16monsieur
36:16pour soutenir
36:17également la famille
36:18de la petite Liana
36:19comment avez-vous appris
36:21que votre fille
36:22avait été également
36:22attouchée sexuellement ?
36:24J'ai été convoqué
36:25par l'école
36:26la crise
36:27il y a eu une crise
36:27nécessaire de crise
36:28à l'école
36:28j'ai été convoqué
36:29deux assistantes sociales
36:31nous ont raconté
36:31le récit
36:33qu'a parlé notre fille
36:34et du coup
36:35nous avons porté
36:36suite à ce récit
36:37que nous ont raconté
36:38ces deux assistantes sociales
36:40nous avons porté plainte
36:41à la gendarmerie de Florence
36:42et vous l'avez appris
36:44vendredi dernier
36:44lors de la disparition
36:45de la petite Liana
36:47et depuis
36:47nous avons été convoqués
36:50ce vendredi au collège
36:51par les deux assistantes sociales
36:53qui nous ont lu
36:54le récit de notre fille
36:55qui était à l'école
36:56avec Sophia
36:58en classe avec Sophia
36:59la petite fille
37:01de Jérôme Barrella
37:03et suite à ça
37:05ma fille a parlé
37:06avec ses assistantes sociales
37:07de cette soirée pyjama
37:09où elle était invitée
37:10au mois de novembre
37:12et ça a été
37:13le même protocole
37:14soirée pyjama
37:15avec pizza
37:16offerte
37:17pour elle
37:17achetée pour elle
37:18et ainsi de suite
37:20et voilà
37:21il a eu
37:21il a fait des attouchements
37:22sur ma fille
37:24et du coup
37:26nous avons porté plainte
37:27à la gendarmerie de Florence
37:29Et comment mettre des mots
37:30on peut même pas
37:31sur ces atrocités
37:32qu'est-ce qu'on peut retenir
37:34qu'est-ce que vous voulez dire
37:34aujourd'hui monsieur ?
37:35J'ai pas de mots à dire
37:37au jour d'aujourd'hui
37:39c'est compliqué
37:40c'est très compliqué
37:41à dire
37:43en mémoire de Liana
37:44déjà
37:45je fais la marche blanche
37:46pour elle
37:46et en mémoire
37:48ma fille m'a demandé
37:49parce qu'elle n'est pas présente
37:50sur la marche blanche
37:51qui était amie avec Liana
37:52qui n'a pas voulu être présente
37:54aujourd'hui
37:55vu les
37:56elle n'a pas voulu assister
37:57à cette chose-là
37:59donc j'ai
37:59pour ça en mémoire à elle
38:00j'ai participé avec elle
38:02à cette marche blanche
38:04Merci beaucoup monsieur
38:05on pense forcément
38:06à votre famille
38:08maintenant vous attendez
38:09certainement des réponses
38:10de la part de la justice
38:11Tout à fait
38:13beaucoup de réponses
38:14parce que
38:15vu l'ampleur
38:15que ça a pris
38:16au niveau national
38:18il y a une petite fille
38:19Rosa
38:20qui a été violée
38:22au mois d'août
38:22il y a une plainte
38:23qui a été déposée
38:24au parquet de Toulouse
38:25qui a été renvoyée
38:26au parquet de Roche
38:27et suite à ça
38:28il n'y a jamais eu
38:29une audition
38:29à ce monsieur Jérôme Barrella
38:30donc je ne pense pas
38:32que
38:33c'est injuste
38:35peut-être que cette histoire
38:36ne serait pas passée
38:36au jour d'aujourd'hui
38:38Merci beaucoup monsieur
38:39pour ce témoignage
38:40poignant
38:41on comprend votre tristesse
38:42et votre colère
38:43aujourd'hui
38:44peut-être juste un dernier mot
38:45pour la famille Liana
38:46Je leur souhaite
38:47beaucoup de courage
38:48dans des épreuves
38:49aussi dures que ça
38:51je pense que
38:52ça va être très très très dur
38:54pour eux
38:54et après
38:55excusez-moi
38:56mais je n'ai pas d'autres mots
38:57je ne...
38:58Bien sûr
38:59Merci monsieur
39:00vous avez entendu
39:01Elodie
39:02ce témoignage
39:02poignant
39:03le choc
39:04d'un père de famille
39:06dont la jeune fille
39:07aurait été également
39:08attouchée
39:08par Jérôme Barrella
39:10l'enquête
39:10devra désormais
39:12mettre toute la lumière
39:13sur ces plantes
39:14qui avaient été déposées
39:16Merci beaucoup
39:17Pauline Trevzer
39:18merci à Noémie Hardy
39:18et merci à ce monsieur
39:19d'avoir témoigné évidemment
39:20à votre micro
39:21Anthony Bem
39:22ce témoignage
39:23il fait froid dans le dos
39:23parce qu'on sait
39:24qu'il y avait déjà eu
39:25des signalements
39:26on sait qu'après
39:27l'affaire Liana
39:28il y a notamment
39:28une petite fille
39:29qui avait dit
39:29avoir reconnu Jérôme Barrella
39:31ça fait donc potentiellement
39:32une victime de plus
39:33on apprend par ce papa
39:34qui a donc une victime
39:35encore supplémentaire
39:37il y a un mot qui me frappe
39:38dans ce qu'il dit ce papa
39:39il parle de protocole
39:40il dit à chaque fois
39:40c'était des soirées pyjamas
39:42il achetait des pizzas
39:43on est sur
39:45un danger public
39:46je ne sais même pas
39:47comment le dire
39:47c'est même plus un serial violeur
39:48c'est pire que ça
39:49qu'on a laissé dans la nature
39:51le premier signalement
39:52c'était il y a 10 ans
39:53oui le 10
39:53c'est ce que je disais
39:54il y a quelques instants
39:55en effet
39:55il n'y a pas d'autre mot
39:56que prédateur
39:58prédateur c'est quelqu'un
39:59qui recherche des proies
40:00ici ces proies sont faciles
40:02ce sont des mineurs
40:03des jeunes filles
40:04de 11 ans
40:06auxquelles tout le monde
40:06s'identifie
40:07ça pourrait être
40:08nos filles
40:09nos petites filles
40:10nos soeurs
40:11nos cousines
40:13donc tout le monde
40:13s'identifie
40:14tout le monde s'identifie aussi
40:15parce que tout le monde
40:16a pris conscience
40:17du scandale
40:18qui est devenu
40:19la justice
40:19ou l'injustice
40:20devrais-je dire
40:22et le problème
40:24de ce dossier
40:25c'est qu'en effet
40:26il y a eu
40:26de nombreux
40:28alertes
40:28de nombreux signaux
40:29de nombreux marqueurs
40:31qui auraient nécessité
40:32des investigations
40:33des procédures
40:34et qui auraient permis
40:35d'éviter ce drame
40:36et c'est face
40:37à cette incompréhension
40:39comment face
40:40à notre justice
40:40que l'on pense
40:42être
40:42une justice
40:44forte
40:45bien faite
40:46ancienne
40:48bien organisée
40:49bien orchestrée
40:49on puisse
40:50dans autant d'occasions
40:52passer à côté
40:53du sujet
40:54en effet
40:55ça fait dix mois
40:56qu'une plainte
40:56est déposée
40:57dans le ressort
40:59de Toulouse
40:59et c'est la raison
41:00pour laquelle
41:00je vous disais
41:01que le dossier
41:02pour des raisons
41:03d'incompétence territoriale
41:05s'est promené
41:06d'une juridiction
41:07à une autre
41:08et c'est ce qui a fait
41:08qu'il y ait des retards
41:09mais on n'explique
41:10de toutes les façons
41:10pas
41:11comment au regard
41:12de la circulaire
41:13du garde des sons
41:14de janvier dernier
41:15qui impose
41:16aux parquetiers
41:17c'est-à-dire
41:17à ceux qui sont chargés
41:19de faire les enquêtes
41:20et de poursuivre
41:22les auteurs d'infractions
41:23devant les juridictions
41:24ils ont
41:25dans la circulaire
41:26pour obligation
41:27de leur supérieur
41:28hiérarchique
41:29de faire en sorte
41:30de traiter
41:31avec priorité
41:32et fermeté
41:34tout ce qui relève
41:35des agressions
41:36physiques et sexuelles
41:37à l'égard des mineurs
41:38ça représente 0,25%
41:40des plaintes
41:40c'est pas grand chose
41:41qu'on leur demande
41:41mais ce sont les plus graves
41:43dans la hiérarchie
41:44de la barbarie
41:45c'est pour évacuer
41:45la question des moyens
41:46qu'on dit
41:46exactement
41:47et c'est aussi
41:48parce que dans la hiérarchie
41:49de la barbarie
41:50dans la hiérarchie
41:51des infractions
41:51face à la pile
41:53des dossiers
41:54que les juges
41:55doivent traiter
41:56que les parquetiers
41:57doivent
41:57sur lesquels
41:58ils doivent faire
41:58des investigations
41:59des instructions
42:00évidemment
42:01il y en a des centaines
42:02dans les bureaux
42:03ils croulent
42:04sous les dossiers
42:04je plaidais cette semaine
42:06notamment deux dossiers
42:07pour des plaintes
42:07de 2015
42:08elles ont 11 ans
42:09les enquêtes
42:10elles ne sont pas encore
42:11clôturées
42:12avant que la personne
42:13soit jugée
42:14pour la victime
42:15mais aussi
42:16pour l'auteur
42:17qui attend son procès
42:18pour savoir
42:18si les coupables
42:19et pour la société
42:20et pour le coup
42:21pour le coup
42:22vous vous rendez compte
42:2311 ans
42:24comment des dossiers
42:25peuvent traîner
42:26aussi longtemps
42:27et que la France
42:28soit condamnée
42:29systématiquement
42:30chaque année
42:30sans que rien ne se fasse
42:32il y a des gâchis
42:33à tous les étages
42:35dans la fonction publique
42:36et la justice
42:37n'en est pas épargnée
42:39alors
42:39parce que
42:40les budgets augmentent
42:41on n'a fait qu'un tuple
42:42le nombre de magistrats
42:43on a qu'un tuple
42:44le budget
42:45en 10 ou 20 ans
42:46on est passé à 12 milliards
42:48donc qu'on ne nous dise pas
42:49certes c'est insuffisant
42:51on a trop peu de magistrats
42:52on a trop peu de greffiers
42:54quand on est à 10 en Allemagne
42:55on est à 2 en France
42:56pour 1000 habitants
42:58pour 100 000 habitants
42:59pour traiter 0,25%
43:01des plaintes
43:01dans lesquelles
43:02il y aurait dû avoir
43:03l'affaire Liana
43:03on a assez quand même
43:05c'est pas un problème
43:05ici de budget
43:06de toutes les façons
43:07c'est un des problèmes
43:08ici c'est un problème
43:08d'incompétence
43:09les incompétences
43:10ont été multiples
43:11et on ne comprend pas
43:12comment autant
43:13d'incompétences
43:14ont pu s'accumuler
43:15pour arriver à un résultat
43:17aussi dramatique
43:18et c'est aussi pour ça
43:18que tout le monde
43:19s'identifie
43:20on a bien conscience
43:21que cela peut arriver
43:22demain
43:23à n'importe qui
43:24et que la justice
43:25malheureusement
43:26n'est pas en mesure
43:27de nous protéger
43:28c'est ça le problème
43:29oui et c'est ce qu'on dit
43:30depuis le début
43:31de cette affaire
43:31malheureusement
43:32une justice
43:32c'est un état
43:33qui est en échec
43:34sauf que cet échec
43:35a coûté la vie à Liana
43:36comme elle a coûté
43:37la vie à Philippine
43:38ou bien encore à Lola
43:39et malheureusement
43:40à Elias
43:41on ne pourra même pas
43:41égrener tous les noms
43:43tellement ils sont nombreux
43:44Myriam je reviens
43:45sur le témoignage
43:46de ce père de famille
43:47il est glaçant
43:48parce qu'on se dit
43:48qu'aujourd'hui
43:49on est peut-être
43:49en train de découvrir
43:50seulement en fait
43:52l'ampleur de cette affaire
43:53c'est à dire que
43:54chaque jour qui passe
43:55de nouveaux témoignages
43:55arrive
43:57avantage enfin
43:58la parole de l'enfant
43:59au moins cette fois
43:59elle est écoutée
44:00et on imagine
44:00que ça ira plus vite
44:02mais on voit bien
44:02que cet homme
44:03parce qu'il n'a pas
44:04été confondu avant
44:05parce qu'il n'a pas
44:06été interpellé
44:06et bien il avait
44:07ce protocole
44:08pour reprendre le mot
44:09de ce père de famille
44:09et qu'il a pu continuer
44:11à l'appliquer
44:11le plus tranquillement du monde
44:12elle a été écoutée
44:14a posteriori
44:14et pas a priori
44:15et donc c'est parce que
44:16l'affaire a émergé
44:17qu'on s'est dit
44:18il y a peut-être
44:18des dommages collatéraux
44:19et quand on a écouté
44:25on trouve peut-être
44:25une nouvelle affaire
44:26Bétarame
44:26qu'est-ce qui va nous arriver
44:27encore dans 2-3 jours
44:28à ce que les paroles
44:30vont se libérer
44:30et c'est bien ça
44:31la difficulté
44:32c'est comment on traite
44:33justement les signaux
44:33d'alerte
44:34et la parole des jeunes
44:35alors je veux bien
44:36j'entends quand on dit
44:37oui mais une parole
44:37de l'enfant est difficile
44:39il faut la traiter
44:40différemment certes
44:41mais aujourd'hui
44:42il faut la prendre en compte
44:43je rappelle que
44:44les violences sexuelles
44:46sur mineurs
44:46dans la majorité des cas
44:48c'est dans le premier
44:48cercle de la famille
44:50donc là effectivement
44:51il y a un problème
44:52de coordination
44:53de transmission
44:54de l'information
44:55il y a un dysfonctionnement
44:56de l'école aussi
44:57il faut le dire
44:58de la justice
44:59mais je crois
45:00qu'il y a un dysfonctionnement
45:02global aussi
45:02de notre administration
45:03qui est monolithique
45:04il y a un millefeuille
45:06administratif
45:06qui finalement
45:08revient à ce qu'on a dit
45:09plusieurs fois avec vous
45:10ce confort de l'irresponsabilité
45:12et là
45:13tous vos témoins
45:14demandent
45:15des responsables
45:17oui
45:17des comptes
45:18et des explications
45:18on ne peut pas juger
45:19l'administration en général
45:20et globalement
45:21si demain vous ne faites pas
45:22d'audimat
45:22et bien vous êtes sanctionné
45:23là aujourd'hui
45:24s'il y a un proviseur
45:25une assistante sociale
45:28un juge
45:28un magistrat
45:29qui n'a pas fait son travail
45:30pour X et Y
45:31on doit l'identifier
45:32je voudrais qu'on retourne
45:33sur le terrain
45:34rejoindre Mathilde Libanaise
45:35et Timothée Forget
45:36puisque Mathilde
45:36vous êtes de nouveau
45:37avec deux personnes
45:38qui sont venues
45:40à cette marche blanche
45:41à Florence
45:45exactement parmi ces milliers
45:47de personnes
45:47et bien nous avons
45:48Maryse Françoise
45:49bonjour mesdames
45:50pourquoi c'était important
45:51pour vous
45:52de venir ici
45:53c'est extrêmement important
45:56parce que déjà
45:57nous sommes
45:59grand-mère
45:59maman aussi
46:01et femme
46:02voilà
46:02et je crois
46:04qu'il est essentiel
46:05aujourd'hui
46:05d'être là
46:05à un niveau
46:07de la solidarité
46:08aussi
46:08qui existe
46:09dans notre département
46:10mais aussi dans notre pays
46:11et je crois que c'est
46:13par rapport à cette famille
46:15par rapport à ce drame
46:16c'est difficile
46:17de mettre même des mots
46:20mais notre présence
46:22en fait
46:22elle remplace les mots
46:24quand on voit
46:24toutes ces personnes
46:25qui se sont réunies
46:27pour venir rendre hommage
46:28à Liana
46:29soutenir cette famille
46:30dans un deuil
46:31qu'est-ce qu'on ressent ?
46:33beaucoup d'émotions
46:34beaucoup d'émotions
46:35mais aussi
46:36quelque part
46:37de la colère
46:37parce que cette marche blanche
46:40je pense qu'elle n'aurait pas
46:42lieu d'avoir
46:43c'est un mélange
46:44entre beaucoup de tristesse
46:45et de la colère
46:46pourquoi de la colère aujourd'hui ?
46:47il fallait qu'on vienne
46:47quand même
46:48il fallait qu'on vienne
46:48pour soutenir
46:49pour tout le monde
46:51nous sommes mamies
46:52nous sommes mamans
46:53même si les petits-enfants
46:54sont grands
46:54c'est toujours des petits
46:56donc il faut toujours protéger
46:57que ce soit des femmes
46:58des enfants
46:59voilà
47:00vous disiez
47:00cette marche blanche
47:01ne devrait pas avoir lieu
47:05oui
47:05elle ne devrait pas avoir lieu
47:06parce que
47:06vous avez dû savoir
47:07un petit peu
47:08vous avez dû suivre
47:09et il y a quand même
47:10quelques failles
47:11qui font que
47:12ce monsieur
47:13n'aurait pas dû être là
47:14est-ce que justement
47:15aujourd'hui
47:17grâce à cette marche blanche
47:18à cette mobilisation
47:19de plusieurs personnes
47:20venues de toute la France
47:22il peut y avoir
47:23des changements ?
47:25je le souhaite
47:26parce qu'il y a très longtemps
47:28qu'on dit
47:28il va y avoir du changement
47:29il va y avoir du changement
47:30mais voilà
47:31et nous dans
47:32un milieu rural
47:33bon ça n'arrive pas
47:35ça arrive ailleurs
47:35mais pas ici
47:37et là on s'aperçoit
47:40c'est vrai que
47:41ce sont des zones blanches
47:42un peu pour tout ça
47:43mais je crois que
47:44nous nous devons
47:45de protéger nos enfants
47:46c'est essentiel
47:47essentiel
47:48c'est l'avenir
47:49et puis je veux dire
47:50c'est des petits quoi
47:51je vois pas les choses autrement
47:54en tout cas
47:55merci beaucoup mesdames
47:56pour votre témoignage
47:57ici vous l'avez entendu
47:58c'est énormément de tristesse
47:59mais aussi
48:00beaucoup
48:01de colère
48:01qui se mêle
48:02à la foule
48:03une foule
48:03tout le monde
48:04porte un t-shirt
48:05de blanc
48:06en hommage
48:07à Liana
48:08beaucoup sont venus
48:09également avec
48:09des photos
48:10des mots
48:11mais également
48:12des fleurs
48:14merci beaucoup
48:15Mathilde Libanès
48:16merci à Timothée Forget
48:17qui vous a accompagné
48:18voilà ce qu'on peut dire
48:19de cette marche blanche
48:20on arrive au terme
48:21de ce 60 minutes
48:23info
48:24tout de suite
48:24vous allez retrouver
48:25Olivier Decaire-en-Fleck
48:26et ses invités
48:27pour leur inter
48:31merci à Timothée Forget
48:31et ses invités
48:32pour leur inter
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