00:00Il y en a qui avaient 11 ans seulement, voilà pourquoi tout le monde peut s'identifier aujourd'hui,
00:04voilà pourquoi il y a du monde attendu dans cette petite commune de Florence, dans le Gers,
00:09où vous vous trouvez Dominique Tienza et Mathias Tesson.
00:12Oui, l'émotion, Loïc, dépasse largement le cadre de cette ville de Florence et même du département,
00:18puisque nous sommes avec Maria.
00:20Maria, elle habite Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, elle a fait plus d'une heure de route,
00:23une heure et demie ce matin pour venir ici.
00:25C'était votre place, Maria, en tant que grand-mère, de venir ici aujourd'hui ?
00:29En tant que grand-mère, et je parle en tant que mère, ça aurait pu arriver à n'importe qui
00:34de nos enfants.
00:36Aujourd'hui, c'est intolérable de ce qui s'est passé, et je ne supporte pas ce que la justice
00:44était au courant.
00:46Pourquoi on n'a pas arrêté ce monsieur avant ?
00:49Pourquoi ce monsieur n'a pas été arrêté avant ? Ça n'aurait jamais dû arriver.
00:54C'est un truc qui n'aurait jamais dû arriver.
00:56Moi, je ne tolère pas ce qui s'est passé.
00:59J'ai le cœur serré pour les parents aujourd'hui.
01:02Je peux vous dire que pendant deux jours, je n'ai pas dormi, parce qu'on pense toujours aux nôtres.
01:09Et je suppose qu'on est tous au courant de ce qui s'est passé.
01:132017, 2018, 2004, 2005.
01:19Et aujourd'hui, on a attendu qu'il y ait cette petite fille qui est morte pour pouvoir faire une
01:25justice, s'excuser.
01:27C'est cette accumulation aujourd'hui qui vous révolte ?
01:31Qui me révolte ? Ça me révolte.
01:32Ça me révolte pour la bonne raison qu'il faut que ça cesse.
01:37Il faut qu'on arrête de tuer des enfants.
01:39Il faut qu'on arrête.
01:40Il faut cesser tous ces crimes.
01:47Je n'arrive plus tellement.
01:48Quelles sont votre émotion, évidemment ?
01:49Mon émotion, c'est que je pense à la mère.
01:53Je pense au père.
01:55Vous vous rendez compte, une petite fille de 11 ans disparue, ça n'aurait jamais dû arriver.
02:00Pour moi, ça n'aurait jamais dû arriver si la justice, elle aurait fait son travail.
02:04Vous parliez, je crois, tout à l'heure de faits plutôt de 2024 et 2025.
02:08C'est vrai qu'il y a une accumulation d'affaires, de plaintes, de signalements déposés contre cet homme.
02:14Pour autant, dans les circonstances, en tout cas dans les cas d'agression sexuelle et de viol,
02:19souvent, il n'y a pas de témoin.
02:20Et souvent, il faut entendre l'un et l'autre.
02:22Ça prend du temps.
02:24Vous, vous souhaiteriez des moyens d'enquête supplémentaires
02:27pour que ces affaires puissent être prioritaires face à d'autres ?
02:31Écoutez, c'était tout juste si les parents n'ont pas été accusés eux-mêmes.
02:37Il faut arrêter.
02:39Vous faites référence à la mère de Rosa qui a demandé des nouvelles de sa plainte.
02:43C'est à qui les gendarmes ont répondu qu'elles les appelaient trop souvent.
02:46Voilà, exactement.
02:47Alors qu'il y a eu une petite fille de 17 ans que le père a porté plainte,
02:52ça aboutit à quoi ? A rien.
02:53Un classement sans suite parce que la relation était consentie aux yeux de la loi
02:58vu l'âge de la jeune fille qui avait 17 ans.
03:0117 ans, elle n'était pas majeure encore.
03:03Je pense que même que si j'aurais porté plainte,
03:06normalement la plainte aurait dû aboutir à quelque chose.
03:10Ça n'a pas été pris en compte.
03:12Alors il faut faire quoi pour que ça aboutisse à quelque chose ?
03:15Maria, il y aura tout à l'heure les parents de l'IANA qui seront là,
03:18qui vont trouver le courage, la force de venir participer à cette marche blanche.
03:23Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ?
03:26Est-ce que vous avez envie de leur dire quelque chose de personnel peut-être ?
03:30Que la justice soit faite pour eux ?
03:33Que cette justice aboutisse à quelque chose ?
03:36Parce qu'aujourd'hui, ces parents, ils ont perdu leur enfant.
03:43Et j'aimerais leur dire une seule chose, qu'on est tous erreurs.
03:48Que tous ces gens-là qui sont aujourd'hui, qu'on s'est déplacés,
03:51c'est parce qu'il y a une raison.
03:53C'est qu'il y a une raison pour la mère, pour le père,
03:56peut-être pour les frères et sœurs s'il y en a.
04:01Mais que cette justice soit y faite.
04:04Vous l'entendez en tout cas, Loïc et Marielle résument ici l'état d'esprit général,
04:08l'émotion bien sûr, la douleur, la tristesse,
04:10mais aussi et peut-être surtout la colère et l'incompréhension
04:14face à ce fiasco judiciaire.
Commentaires