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  • il y a 3 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 6 juin, dans le cours n° 369, François Tibi, directeur associé senior au BCG et expert marchés énergies, et Thomas Giraud, directeur associé au BCG et membre du centre d'expertise énergie, se sont penchés sur le choc énergétique pour l'Europe suite au blocage prolongé du détroit d'Ormuz, dans l'émission BFM Stratégie présentée par Frédéric Simottel sur BFM Business. Cette émission a été réalisée en partenariat avec Boston Consulting Group.

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00:03bfm stratégie avec frédéric simotel sur bfm business bonjour et bienvenue dans ce
00:12programme bfm stratégie à réaliser avec le partenariat du bcg boston consulting group on
00:18va parler d'hormuz alors en vous ça y est je pense que vous savez tous le situé sur la
00:22carte
00:23du monde et on va parler de l'europe face au choc énergétique parce que depuis trois mois
00:27voilà on en parle régulièrement ici même sur nos antennes le prix du plein d'essence à
00:31exposé conséquence directe donc de cette crise alors est ce qu'il faut craindre un choc pétrolier
00:36durable quels scénarios se dessine pour les prochains mois comment les entreprises peut-être se
00:40préparer c'est là les questions que l'on va auquel on va essayer de répondre avec nos
00:45deux invités françois thiby bonjour françois bonjour frédéric merci être avec nous vous
00:48êtes directeur associé senior au bcg expert du marché énergie et avec nous thomas giraud bonjour
00:52thomas bonjour directeur associé au bcg membre du centre d'expertise énergie françois je disais
00:57le prix du pétrole a connu des mouvements impressionnants il va les 72 dollars fin
01:01février il a dépassé les 126 dollars en avril avant de redescendre partiellement
01:05alors évidemment ça touche jusqu'aux citoyens puisque on est tous nombreux à avoir une voiture
01:11et pas encore tous électriques comment on explique cette flambée des prix est-ce que voilà
01:16juste c'est juste la guerre enfin c'est ces manœuvres alors c'est surtout en fait la fermeture
01:23en fermant le détroit on a perdu environ 10% de la capacité de production de pétrole et 20%
01:29de la
01:29production de gaz 10% du pétrole ça représente huit fois la consommation de la france chaque jour et
01:35donc du coup on a d'un côté enlevé une partie de la production importante et de l'autre côté
01:40on a une
01:40consommation qui est en fait très inélastique les gens qui utilisent leur véhicule comme vous le
01:45disiez frédéric quand le prix du pétrole est plus cher ils ont quand même besoin de leur véhicule donc
01:49en fait on a cette demande très inélastique cette offre qui a disparu qui fait monter ce prix du
01:54pétrole parce qu'on n'a pas encore juste pour bien comprendre on n'a pas encore comme on a
01:58de la
01:58fibre optique qui passe un peu partout on n'a pas de grand pipeline entre le moyen-orient enfin il
02:02y en a mais on n'a pas encore exactement le bateau reste quand même enfin le vous avez ces
02:07grands
02:07pétroliers il y a un léger bypass par deux pipelines qui permet d'évacuer quand même une partie de la
02:14production de pétrole brut par contre pour le gaz par exemple il n'y a pas d'alternative d'accord
02:18aujourd'hui en tout cas ça sera peut-être une des conséquences du bouclier de réinventer ces flux là
02:23et donc du coup on a ce choc de destruction de moins de défacement de l'offre avec une demande
02:28assez inélastique et de l'autre côté ça induit forcément une augmentation des prix pour équilibrer
02:33le tout ce qui est intéressant de noter c'est que c'était ajustement fait de la demande il s
02:36'est
02:37fait surtout en asie ah oui où les gens sont beaucoup plus sensibles au prix du des matières
02:42pétrolières et donc du coup on a entendu beaucoup ces histoires de restaurants en inde aux philippines
02:47qui ont été obligés de fermer parce que les gens les propriétaires de ces restaurants n'arrivaient
02:51plus à acheter le butane qui était nécessaire à leurs opérations donc on est on est bien dans
02:55cette logique de destruction d'une partie de la demande pour ça je pour ajuster le marché mais
03:00néanmoins pour les entreprises en europe on a comme une hausse de prix et du coup des tensions
03:04et des marges économiques bien évidemment Thomas comment les entreprises françaises justement sont
03:09elles impactées par cette crise et puis enfin comparé à leurs voisins européens tout d'abord il faut bien
03:16voir l'aspect global de la situation avant on était dans un monde où on avait un approvisionnement de
03:23gaz qui venait majoritairement de russie après la crise ukrainienne on est rentré dans une situation
03:27où on a commencé à importer du gaz naturel liquéfié alors pas seulement du moyen-orient
03:31mais de nombreux marchés donc à part bateau par bateau et comme l'expliquait françois avant
03:36environ 20% de cette capacité aujourd'hui n'est pas disponible donc ça a un impact immédiat tout
03:41d'abord sur le prix du gaz et ça aussi un impact sur le prix de l'électricité parce qu
03:45'une partie
03:45électricité est générée dans certains pays sur une base de gaz donc c'est par exemple le cas sur
03:50certains voisins européens l'italie l'allemagne ou encore l'angleterre donc cette séparation du
03:55prix du gaz et de l'électricité elle est plus ou moins forte et quand on regarde le marché français
04:00on a la chance d'avoir un parc nucléaire important donc ce parc nucléaire ne nous protège pas bien
04:05entendu de l'aspect augmentation du prix du gaz mais nous protège en partie de l'augmentation des
04:09prix de l'électricité donc on a un amortisseur côté français c'est pas un parfeu parfait mais c'est
04:14un
04:14amortisseur moins impacté donc des pays comme l'allemagne ou d'autres complètement sur cette
04:18partie là et qu'est ce que ça veut dire pour la compétitivité des entreprises le coût de
04:23l'énergie augmente malgré tout néanmoins dans des proportions différentes alors c'est surtout
04:27vrai pour des entreprises du secteur de l'acier c'est aussi vrai pour les verriers notamment donc
04:32ça signifie que l'on a un impact un peu plus réduit en france par contre quand on compare typiquement
04:37à des entreprises basées aux états unis où le prix du gaz est environ cinq fois moins cher qu'il
04:42n'est aujourd'hui en europe il y a clairement un choc de compétitivité qui est en train de se
04:45produire à court terme c'est un sujet mais si la situation devait perdurer ça poserait des
04:51questions beaucoup plus fondamentales sur l'aspect industriel et donc oui il n'y a pas de conséquences
04:58similaires c'est plus c'est ça là on se projette plus sur mois année tout à fait oui françois
05:04si le prix
05:07si le prix du alors est-ce que le prix du baril va continuer à augmenter enfin voilà je n
05:11'ai pas
05:11non plus une boule de cristal mais c'est quoi les différents scénarios oui c'est ça je préfère
05:15parler en termes de scénarios parce que sinon de prévision du prix du baril il y a une phrase célèbre
05:20qui dit il faut pas parler du prix du baril et d'une date dans la même phrase surtout quand
05:24on a
05:24un donald trump à la tête des états unis qui selon un de ses tweets peut faire tomber ou remonter
05:29le ce prix voilà on l'a vu dans les dernières semaines sur les actualités alors écoutez je
05:34crois qu'il y a trois scénarios aujourd'hui souvent dans les conflits on dit il y a deux
05:37scénarios ça se calme ou ça se résout ou ça dure ici je crois qu'on voit trois grands scénarios
05:43le
05:43premier bien évidemment c'est celui qu'on espère tous et une résolution du conflit avec une base
05:48d'accord qui conviennent aux différentes parties et donc une reprise assez rapide des approvisionnements
05:55en pétrole la réouverture de leur mousse en premier lieu et puis progressivement la remise en marge des
06:00installations qui ont dû être fermées voire abîmées par des bombardements alors comme vous le
06:07pointez très justement tout ne va pas pouvoir reprendre tout de suite parce qu'il y a eu des
06:10dégâts et on pense qu'il y a environ huit mois pour retrouver 80% de la production et ensuite
06:16il
06:16restera plusieurs années afin de retrouver 100% de la production initiale donc on est parti même dans un
06:21scénario de résolution pour un impact prix qui est quand même assez durable le
06:25deuxième scénario c'est un scénario de nouvelle normalisation de nouveau nouvelle normale un peu
06:31à l'instar de la coré du nord qui ne sont où il n'y a jamais eu d'accord
06:34de paix mais les deux
06:35parties progressivement ont stabilisé leur relation c'est malheureusement un scénario qui est encore
06:41ouvert aujourd'hui puisqu'on voit pas immédiatement les parties se mettent d'accord sur les sur les
06:44termes d'un échange ou d'une résolution et dans ce cas là on stabiliserait sans doute les prix au
06:52niveau actuel avec des épisodes plus élevés quand tout d'un coup ça s'enflamme et puis après ça se
06:56recalme un petit peu le dernier scénario que personne ne souhaite c'est celui d'une reprise
07:00majeure des hostilités où là on aurait sans doute des impacts sur les prix beaucoup plus forts que
07:06ce qu'on a connu aujourd'hui puisque jusqu'à aujourd'hui on a pu tempérer une partie des impacts
07:11par des mesures de relâche de stocks stratégiques des mesures d'ajustement de consommation dans certains
07:16pays si on devait détruire cette capacité de production de manière plus durable je pense
07:21qu'on irait vers des niveaux de prix qu'on n'a pas vu depuis très longtemps quoi qu'il
07:23arrive que
07:24soit ce conflit là au moyen-orient ou le conflit en ukraine les prix enfin redescendront pas enfin
07:31resteraient non comme comme on le disait à l'instant fait dans tous les scénarios il y a
07:35un renchississement assez durable des prix de l'énergie notamment parce que même si le conflit
07:38se résout les coûts d'assurance et les coûts de financement dans cette région du monde ont
07:42durablement augmenté alors thomas quand qu'est ce qu'il faut craindre au niveau est ce qu'on va
07:46avoir des problèmes de pénurie c'est vrai que on a on est au mois de juin les vagues les
07:51vagues beaucoup
07:51de français vont prendre leurs voitures ce que ça reste cette grande transhumance en juillet en
07:55août est ce que est ce qu'on pourra partir en vacances ou surtout à quel prix alors la réponse
08:00rapide a priori oui on l'espère tous en tout cas alors il faut voir sur la partie transport terrestre
08:07donc voitures enfin essence diesel aujourd'hui on a quand même un outil européen d'approvisionnement
08:13qui est robuste donc il n'y a pas de pénurie à attendre de pénurie il pourrait y avoir par
08:19moment et c'était le cas notamment en 2022 par exemple des situations où localement parce
08:24que des personnes veulent d'un seul coup avoir le réservoir plein des situations de grandes
08:29queues aux stations d'essence etc ça pourrait arriver très localement mais c'est pas le grand
08:33risque encore une fois l'approvisionnement il est là donc c'est plus des comportements qui
08:36pourraient amener à cette situation-là localement il y a la partie aérienne où là il y a une
08:40question qui est un petit peu différente où il y a eu quelques annulations de vol de manière très
08:46locale là encore mais fondamentalement il n'y a pas il n'y a pas d'inquiétude d'annulation
08:50massive et il n'y a pas eu d'annulation massive là où ça va plus être une question c
08:54'est sur la
08:54partie gaz alors je pense après l'été là on parle moyen terme parce qu'il faudra qu'on recommence
08:59à
08:59se chauffer là on vit un épisode un peu un peu chaud mais il ya un moment en novembre il
09:04faudra rallumer
09:04les séries radiateurs exactement surtout après les chaleurs des derniers jours je pense qu'on oublie
09:08un petit peu qu'il faudra se réchauffer l'hiver prochain on est dans une période où on remplit les
09:11réservoirs de gaz donc on a un taux de remplissage aujourd'hui qui est d'environ 40% c'est
09:16plus faible
09:16que l'an dernier donc ça veut dire qu'on pourrait aborder l'hiver avec un niveau de stockage plus
09:21faible et donc un appareil entre guillemets de stockage qui est un petit peu plus faible et est ce que
09:27les
09:27entreprises justement elles ont elles ont une façon de faire un peu tampon de pouvoir gérer tout ça comment ça
09:33se passe il y a
09:33malheureusement pas énormément de solutions qui permettent qui permettent de faire ça donc les
09:37entreprises en plus une situation où elles subissent entre guillemets ou au moment où on parle
09:40il faut essayer de s'adapter au new normal comment quand on le disait avec eux avec françois justement
09:47et puis c'est peut-être le meilleur moyen c'est vrai qu'on est tous enfin tous ceux qui
09:51ont gardé parce
09:52qu'ils ont des trajets différents des véhicules je parle pour les particuliers des véhicules à moteur
09:58thermique de se poser la question de passer à l'électrique donc tout le monde s'interroge
10:02se réinterroge en tout cas sur la décarbonation de façon alors là pour le coup beaucoup plus
10:07active non françois tibbi alors tout à fait on a vu les annonces gouvernementales des derniers jours
10:14l'électrification surtout dans le cadre de la situation française moins dans la situation française
10:19est un levier évident d'amélioration l'électricité est peu chère en france et donc du coup basculer des usages
10:28thermiques sur des usages électriques c'est bien évidemment une priorité pour les consommateurs mais
10:33aussi pour le pays au sens large c'est aussi une bonne chose dans la trajectoire net zéro qu'on
10:39espère travailler qui a été un peu perturbée ces derniers temps mais qui reste un objectif collectif
10:44et c'est aussi un signal de continuer à renforcer les systèmes électriques des pays européens
10:49donc on va en cette crise justement alors oui j'avais une autre question Thomas est-ce que cette crise
10:55elle va
10:56accélérer la transition énergétique parce que ça qu'on oublie un peu là tous ces éléments là
11:01alors c'est une très bonne question à court terme il va y avoir une pression sur les budgets de
11:06nombreuses entreprises et de tous les acteurs qui contribuent au secteur de l'énergie donc à court terme
11:10ça va pas être un effet immédiat néanmoins à moyen terme on pense que ça va avoir un effet relativement
11:15positif pour deux raisons la première c'est qu'on s'est tous rendu compte que les molécules venaient
11:19de nombreux endroits dans le monde il y a un aspect souveraineté énergétique et puis un deuxième
11:23élément qui va être aussi la compétitivité l'aspect coût puisque les sources d'énergie renouvelable
11:28peuvent redevenir plus compétitives face à des prix du gaz qui sont très élevés ou extrêmement élevés
11:32dans le long terme en conclusion qu'est-ce que vous quelle leçon vous dégageriez de cette crise qui n
11:38'est pas
11:38terminée voilà mais déjà au bout de ces quelques mois par rapport au conflit au Moyen-Orient et puis si
11:44on regarde
11:44l'Ukraine un peu plus aussi il va y avoir enfin un besoin fort de réfléchir à la souveraineté
11:51énergétique à l'indépendance énergétique et ça c'est le conseil à toutes les entreprises de regarder
11:55quand même cette tout à fait de garder quand même cet aspect de penser à la génération d'énergie mais
12:01aussi de manière un peu plus locale et un peu plus souveraine et François on s'était dit tout à
12:07l'heure que l'énergie serait durablement plus cher mais je pense que c'est aussi une invitation aux
12:10entreprises à réfléchir à comment optimiser leur approvisionnement énergétique l'optimiser choisir les
12:17sources d'énergie de manière intelligente diversifier l'exposition autant que possible
12:22voilà voilà investissez dans l'énergie voilà et bien voilà j'espère que vous avez bien écouté et
12:26pour suivre tous ces conseils de façon vous pouvez évidemment retrouver toutes ces émissions BFM
12:30stratégie en replay merci à tous les deux François Tibi directeur associé senior au BCG expert sur les
12:35marchés énergie et Thomas Giraud directeur associé au BCG membre du centre d'expertise d'énergie merci
12:40à tous les deux voilà de nous avoir éclairé merci c'est qu'on peut partir en vacances mais
12:44c'est vrai qu'on aimerait que tous ces ces crises voilà se stabilisent un peu et s'apaise
12:48apaise un peu le climat du moment merci messieurs à très bientôt pour un nouveau programme BFM stratégie
12:58BFM stratégie sur BFM business
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