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  • il y a 13 heures
J-7 avant le Mondial 2026. Avec 48 équipes, 3 pays hôtes pour la première fois et une compétition étalée sur 5 semaines, la Coupe du monde de football va s'ouvrir le 11 juin dans un format inédit. Elle se déroulera aussi dans un contexte international tendu. Guerre au Moyen-Orient, diplomatie de Donald Trump, politique des visas : pour Kevin Veyssière, expert en géopolitique du sport, auteur de « Mondial 2026 » (éd. Max Milo), créateur du média FC Geopolitics, elle sera l'une des plus politiques du XXIème siècle. Il est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 05 juin 2026.

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Transcription
00:0042. Thomas Soto, RTL Matin.
00:03La Coupe du Monde de foot débute la semaine prochaine et Donald Trump est bien décidé à en faire une
00:06vitrine mondiale de la toute puissance américaine.
00:09Car oui, pour ceux qui en doutaient encore, la Coupe du Monde cache aussi des enjeux politiques.
00:13Kevin Vessière est passionné de foot et de géopolitique. Il vient de publier le livre Mondial 2026 aux éditions Max
00:18Milo.
00:18Il est donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Kevin Vessière.
00:22Bonjour.
00:22Pour les 48 équipes engagées dans la compétition, l'enjeu de ce mondial, il est simple, c'est réussir à
00:27accrocher une étoile de champion du monde sur leur maillot.
00:30Mais pour les puissants de ce monde, quel est-il l'enjeu d'un mondial ?
00:33L'enjeu d'un mondial pour les puissants, c'est finalement de savoir comment est-ce qu'on peut instrumentaliser
00:37cette compétition
00:38qui est en fait finalement le plus grand divertissement mondial vu de la planète, puisqu'on a 5 milliards de
00:43téléspectateurs pour la précédente édition au Qatar.
00:45C'est plus que les JO, la Coupe du Monde.
00:46C'est plus que les JO et puis on a une dimension aussi qui est peut-être aussi plus symbolique
00:52avec une équipe nationale
00:52et le fait qu'ils affrontent d'autres équipes nationales, ça peut remplacer parfois certains conflits, certains champs de bataille.
00:58C'était un peu l'objet en tout cas de la création de la Coupe du Monde.
01:01Et donc l'idée pour les puissants, notamment pour Donald Trump pour cette Coupe du Monde 2026,
01:04c'est de savoir comment est-ce qu'on peut bénéficier des retombées, on va dire, positives de cette Coupe
01:09du Monde.
01:09Parce qu'avec le sport, on a aussi beaucoup plus de retours positifs qu'on peut le faire avec des
01:15actions diplomatiques ou économiques.
01:17Le sport qui s'amuse parfois de la situation internationale, puisque l'Iran et les Etats-Unis pourraient se retrouver
01:21sur le terrain en huitième de finale.
01:23Cette présence des Iraniens dans le tournoi, est-ce qu'elle prend un sens particulier dans le contexte de guerre
01:27qu'on connaît ?
01:28On imagine que oui, mais ça va changer quoi ?
01:29Ça prend en tout cas une tournure particulière, puisque l'Iran est qualifié sportivement,
01:34mais aujourd'hui, ils n'ont pas de visa américain, et leurs trois matchs ont lieu sur le sol américain.
01:39Parce que Donald Trump refuse de donner aux joueurs la visa pour aller sur le territoire américain.
01:42C'est ça, et il y a une autre problématique, c'est que normalement leur camp de base était prévu,
01:46donc le camp d'entraînement était prévu aux Etats-Unis,
01:49mais les Etats-Unis ne veulent pas que les joueurs iraniens soient présents,
01:52en tout cas durant la durée du tournoi, sur le sol américain.
01:54Donc ça pose en tout cas question sur l'équité sportive de cette Coupe du Monde, notamment pour l'équipe
01:57iranienne.
01:58Parce qu'ils seront à 8 heures de bus, hein ?
01:59Voilà, ils seront à 8 heures de bus à l'air tour, donc vis-à-vis d'autres sélections, ils
02:02seront en tout cas désavantagés.
02:04Après, ce qui sera intéressant à voir, c'est que cette équipe d'Iran voudra incarner une certaine image de
02:09l'Iran qui s'oppose aux Etats-Unis,
02:11et donc il faudra voir, analyser ce qui pourra être possible en dehors des stades,
02:15mais aussi lors du match, du premier match contre la Nouvelle-Zélande,
02:18si les joueurs vont faire une action, notamment lors de la cérémonie de l'hymne.
02:22C'était déjà le cas lors de précédents matchs amicaux,
02:24où en tout cas ils avaient revendiqué, ou en tout cas contesté cette attaque des Etats-Unis vis-à-vis
02:28de l'Iran.
02:29Et dans un sens contraire, les filles, les iraniennes, s'étaient révoltées,
02:33n'avaient pas chanté l'hymne il y a quelques mois, dans une autre rencontre de foot.
02:37Mais ça veut dire quoi en fait, Kevin Vessier ?
02:39Que quand nous on va voir des équipes de foot jouer,
02:41quand on va voir les Etats-Unis, il faut voir Donald Trump,
02:43quand on va regarder les Argentins courir, on va imaginer Milley,
02:46quand on va voir l'Iran tirer au but, il faut dire que c'est Rameney qui marque.
02:50On en est vraiment là, dans le lien entre la géopolitique et le sport ?
02:53Non, il ne faut pas nécessairement faire des parallèles entre l'équipe nationale
02:56et après représentation politique nationale.
02:59L'exploitation qui vient derrière ?
03:00Par contre, ce qui est sûr, c'est que les joueurs des équipes nationales,
03:04ils ont quasiment un rôle d'ambassadeur,
03:05et ils sont le visage du pays durant ce mois et demi de compétition.
03:09Et donc leurs faits et gestes seront en tout cas scrutés, analysés,
03:12l'effet positif comme l'effet négatif, sur le terrain et en dehors du terrain.
03:15Et donc finalement, il faudra en tout cas faire en sorte que cette équipe,
03:21par son jeu, par ses déclarations, fasse passer un message peut-être plus positif
03:26ou change l'image du pays.
03:27On pense aussi, par exemple, il y a des équipes comme Haïti qui sont qualifiées.
03:29Haïti, à chaque fois qu'on en parle dans l'actualité, c'est plutôt avec une actualité négative.
03:33Là, avec une équipe qui se qualifie et qui va participer à cette coupe du monde,
03:38on peut avoir une vision peut-être plus positive de l'image qu'on peut se faire de Haïti.
03:41C'est intéressant Haïti parce que ça fait partie des pays qui sont sur la liste noire.
03:44Donald Trump avec le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, le Sénégal.
03:48Qu'est-ce qui peut se passer pour eux ?
03:49Est-ce qu'il y a un risque que Trump positionne sa redoutable police anti-immigration,
03:53la fameuse ICE ICE, aux abords des stades pour faire la chasse aux Haïtiens par exemple ?
03:57C'est envisageable ça ?
03:57C'est l'un des risques et c'est ce qui rend cette coupe du monde très politique
04:00parce qu'il y a un contexte interne aux Etats-Unis qu'on connaît en tout cas
04:04qui se répercuse sur cette coupe du monde
04:05à travers effectivement, comme vous l'avez dit, cette politique de visa.
04:08Donc avec une liste noire qui comprend des ressortissants de 4 pays qualifiés.
04:13Donc ces supporters ne pourront pas venir.
04:14Donc Haïti, Cap Vert, Sénégal et Côte d'Ivoire.
04:16Et la question qui se pose c'est est-ce que cette police migratoire sera aux abords des stades
04:19puisque on sait qu'il y a une forte diaspora haïtienne aux Etats-Unis.
04:22Est-ce qu'il y aura des scènes de Radzia qui seront présentes aux abords des stades ?
04:26Mais il a tous les droits ?
04:28Parce que ce n'est pas Donald Trump, ce n'est pas les Etats-Unis qui organisent la coupe du
04:30monde,
04:31c'est la FIFA.
04:32Alors c'est la FIFA qui organise la coupe du monde
04:34mais après c'est quand même un pays autre qui l'organise.
04:36Donc normalement c'est une co-organisation.
04:37Quand ils ont obtenu cette coupe du monde 2018, c'était Canada, Mexique et Etats-Unis.
04:42Dans les faits, vous avez 75% des matchs qui sont organisés par les Etats-Unis.
04:46Et surtout, on a une FIFA qui est très complaisante
04:50dans la personne de Gianni Fantino vis-à-vis de Donald Trump.
04:52Patron de la FIFA.
04:53Tu lui avais remis un prix et qu'il a créé une espèce de prix de la paix de la
04:57FIFA
04:57qu'il a complètement inventé pour lui remettre leur du tir à l'extérieur.
04:59Voilà, qui fait pas mal de cadeaux.
05:00Et même quand Donald Trump fait des déclarations
05:04qui concernent l'organisation même de la compétition,
05:06notamment il remettait en cause le fait que
05:07les villes démocrates allaient mal organiser certains matchs
05:10parce qu'ils voulaient politiquer le débat en vue des élections de Muanda de cette année,
05:14la FIFA n'a pas véritablement réagi.
05:16Donc ça pose question, durant la compétition,
05:18si Donald Trump prend des décisions qui impactent directement l'organisation de la compétition,
05:22est-ce que la FIFA a les moyens d'avoir un rapport de force avec Donald Trump
05:26pour finalement lui faire annuler telle ou telle décision ?
05:28Alors ça dit Donald Trump n'est pas un pionnier,
05:30c'est pas le premier à instrumentaliser une Coupe du Monde
05:32et vous le racontez dans le bouquin,
05:33Mussolini en 1934 avait utilisé la Coupe du Monde en Italie au service de son régime fasciste,
05:38on n'en est quand même pas là avec Trump là ?
05:40On n'en est pas là mais le cas de 1934 est intéressant
05:43parce qu'on voit que c'était la deuxième Coupe du Monde,
05:45dès la deuxième Coupe du Monde il y a une instrumentalisation politique
05:47mais au service d'un régime politique.
05:49Et ça, ça va poursuivre l'histoire de la Coupe du Monde dans certaines autres éditions,
05:52vous avez aussi 78 en Argentine avec la dictature de Videla
05:55et c'est vrai que sur les précédentes éditions,
05:58on est sur des éditions très politiques
06:00puisqu'on a un Gianni Infantino qui s'affiche beaucoup
06:02avec la responsable politique qui porte cette Coupe du Monde.
06:05Ça a été le cas en Russie en 2018 avec Poutine,
06:08en 2022 au Qatar.
06:10Au Qatar avec l'émir Altani
06:11et on a un Gianni Infantino qui aime beaucoup s'associer en tout cas aux puissants,
06:15en tout cas qui ne le cache pas
06:16et ce qui fait qu'en finalement il politise cette compétition
06:19puisqu'il s'affiche avec les puissants
06:21et parfois, pour Poutine et pour le Qatar,
06:24on avait vu un Gianni Infantino qui était aussi dans une complaisance
06:27mais qui fixait quand même certaines règles.
06:29Là, on a l'impression qu'il n'y a pas véritablement de règles.
06:31C'est Donald Trump qui propose ses propres règles
06:34et qui fixe ses règles du jeu
06:35et que Gianni Infantino, il n'a que pour de la complaisance
06:38ou faire des cadeaux comme ce prix de la paix de la FIFA.
06:40Il y a quand même une différence
06:41et que pour autant que je m'en souvienne,
06:42en Russie et au Qatar, il y avait eu des appels au boycott.
06:45Là, il n'y en a pas pour la Coupe du Monde aux Etats-Unis.
06:47Là, il n'y a pas eu d'appel au boycott.
06:49Après, je pense que par rapport à la décision du Qatar,
06:51il y avait quand même beaucoup de controverses
06:53par rapport aux conditions d'organisation.
06:55Et puis, c'est finalement le reflet de la politique internationale.
06:58On a pu le voir qu'aux Etats-Unis,
06:59avec leur attaque vis-à-vis de l'Iran,
07:01il y a eu des critiques, notamment vis-à-vis de ses partenaires européens,
07:03mais il n'y a pas eu de véritables sanctions
07:05parce qu'on ne veut pas se mettre à dos quand même
07:07la première puissance américaine.
07:08On est toujours parfois en situation de dépendance américaine.
07:11Donc, c'est compliqué de mettre en place une action commune
07:14pour vouloir boycotter une compétition
07:16sachant que depuis les JO de 1984,
07:18il n'y a plus de grands boycotts sportifs.
07:20C'est Los Angeles.
07:21En 80, les Américains avaient boycotté l'URSS à l'époque.
07:24Et en 84...
07:25C'est les derniers grands boycotts, en tout cas.
07:28Et depuis, il n'y a pas eu de boycotts,
07:29si ce n'est des boycotts diplomatiques,
07:30mais c'est vraiment des boycotts qui sont à la marge.
07:32Cela dit, à chaque fois, on met beaucoup d'enjeux géopolitiques
07:34et à la fin, on ne retient que le foot.
07:35Ça a été le cas, justement, en Russie et au Qatar.
07:37Oui, c'est...
07:38Ça reste une compétition sportive, quand même.
07:40Il ne faut pas l'oublier.
07:40C'est aussi l'analyse que je fais dans mon livre.
07:43C'est que, finalement, on parle beaucoup de politique en amont.
07:45C'était surtout...
07:46Enfin, beaucoup le cas aussi au Qatar.
07:48Et qu'après une semaine de compétition,
07:50il y avait eu, effectivement,
07:51quelques actions qui avaient été mises en place,
07:53notamment par l'équipe d'Allemagne.
07:54Mais très vite, le fait sportif a repris le centre du jeu
07:57et on a retenu, finalement, la victoire de l'Argentine.
07:59Donc, peut-être qu'il se passera la même chose,
08:00mais avec un personnage aussi imprévisible que Donald Trump,
08:03qui va peut-être politiser le débat durant la compétition.
08:05Et pour les tout petits États,
08:07quel est l'enjeu ?
08:08Un pays comme Curaçao, par exemple,
08:09sans faire injure à Curaçao.
08:11On sait qu'ils ne vont pas être champions du monde.
08:12Qu'est-ce qu'ils ont à gagner dans un mondial comme ça ?
08:15Ils ont un grand enjeu de visibilité
08:17puisque Curaçao, c'est le petit poussé de la compétition.
08:20Ils ont 150 000 habitants.
08:21C'est une petite île des Caraïbes.
08:23Et donc, pour chaque pays qui participe,
08:25qui n'est que peu connu,
08:26c'est un enjeu de visibilité énorme.
08:28Et surtout, ça peut permettre de tendre une compétition,
08:31de placer son pays sur une carte du monde
08:33alors qu'on ne le connaît pas du tout.
08:34Bon, dernière question.
08:35Notre confrère journaliste et spécialiste du foot,
08:37Christophe Glaze, est toujours injustement détenu
08:39algérienne. L'Algérie qui va jouer cette Coupe du Monde
08:41avec notamment Lucas Zidane, le fils de Zinedine Zidane
08:44dans les cages.
08:45C'est illusoire de penser que cette fête mondiale
08:48va pouvoir aider à la libération, à une grâce
08:49de Christophe Glaze ou pas ?
08:51Ça, ça reste à voir. Après, ce qui est intéressant,
08:53c'est que durant ces compétitions sportives,
08:55que ce soit les Jeux Olympiques ou les Coupes du Monde,
08:56il y a toujours des coulisses diplomatiques
08:58où il y a des chefs d'État qui peuvent se rencontrer.
09:00On peut se parler de manière un peu moins officielle,
09:02un peu plus informelle ?
09:03Voilà, ça peut-être un peu plus dans les coulisses.
09:05Et après, effectivement, vous avez le poids symbolique
09:07d'une Coupe du Monde. Ça peut être aussi parfois
09:08un bon moyen de symboliser
09:11une reprise diplomatique ou en tout cas
09:13la libération d'otages comme Christophe Glaze.
09:15On le souhaite et on pense
09:17comme chaque matin à Christophe Glaze
09:19dont on espère la libération
09:21le plus rapidement possible. Merci Kevin Vestia
09:23d'être venu sur Vestiaire,
09:25pas Vestiaire même s'ils auraient pu.
09:27Je rappelle le titre de votre livre, Mondial 26,
09:29publié chez Max Milot.
09:30Tout de suite, l'homme qui connaît le goût de la défaite.
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