- il y a 4 semaines
Retrouvez notre soirée spéciale "Battues, fouilles… Lyhanna toujours introuvable", présentée par Maxime Switek sur BFMTV ce mercredi 3 juin 2026.
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00:00L'énigme de la disparition de la petite Liana, voilà pour ce document Ligne Rouge.
00:04Avec moi en plateau ce soir, Lisa Adet, Vincent Vantiguem, le général Fonbonne, Dominique Rizet, Maître Leborgne et Joana Rosenblum.
00:11Bonsoir à tous les six, on va revenir dans le détail sur les derniers éléments qui sont donnés dans ce
00:15document Ligne Rouge.
00:16Mais il y a une chose qui est sûre, Dominique Rizet, c'est qu'au fil des jours, au fil
00:19même des dernières heures,
00:21il y a un sentiment ce soir de malaise qui est en train de grandir.
00:24Parce qu'on découvre que cet homme, ce suspect, présumé innocent dans cette affaire évidemment, et dans les autres,
00:30il est cité dans cinq affaires différentes, cité, mais en réalité jamais réellement inquiété.
00:36Bien sûr, il est au cœur de plusieurs dossiers qui aujourd'hui, à la lumière de ce qui se passe
00:40et de l'absence de Liana,
00:43nous font nous poser de véritables questions.
00:47Il est toujours à la bordure, il est mis hors de cause, et comme il est mis hors de cause,
00:51pour l'instant, dans deux affaires, et la troisième en cours, la quatrième vient de sortir ce matin avec une
00:58plainte déposée.
00:59Une autre, bon c'est une histoire qui ne sera pas vraiment importante, c'est un prof de sport qui
01:04dit voilà, il se comportait mal.
01:07On l'entendra tout à l'heure.
01:08Voilà. Ce qui est étonnant, c'est que quand les gendarmes ont cette première affaire, cette première plainte,
01:15qui va être classée, on parle de l'affaire de 2017, qui est ensuite la plainte qui va être classée
01:21en 2022,
01:22quand des gendarmes tapent sur leur ordinateur Jérôme Barrella, il n'y ait pas une petite primaire qui s'allume,
01:29quelque chose qui leur fasse se dire, tiens c'est étonnant s'il est déjà...
01:33La deuxième, la troisième affaire, il est cité, tiens il y a quelque chose.
01:37Oui, parce que ça devrait quand même sonner quelque part, on nous parle aujourd'hui de fichiers,
01:43les gendarmes ont des systèmes de rapprochement, le STRJD, tout un tas de dispositifs et de bureaux qui travaillent à
01:51Renis-sous-Bois,
01:51comment se fait-il que quand on écrit Jérôme Barrella, ça ne donne rien ?
01:57Vous voulez réagir général ?
01:59Parce que jamais condamné.
02:00Mais c'est vrai qu'il y a une contradiction, parce que quand on reprend les 48 dernières heures,
02:04lundi, on a le procureur d'Agin qui communique sur la mise en examen de Jérôme Barrella
02:08pour enlèvement et séquestration de l'IANA, raison pour laquelle il dort en détention depuis lundi soir.
02:14Il dit quoi dans son communiqué ? Cet homme a un casier judiciaire vierge, et c'est vrai.
02:18Et il dit aussi qu'il est présumé innocent dans cette affaire.
02:20Et deux jours après, on a la procureure d'Auch, cet après-midi, sur notre antenne,
02:24qui communique et qui nous fait la liste de toutes les affaires dans lesquelles il est impliqué d'une certaine
02:29manière.
02:29Et quand on prend la plus ancienne, on remonte, Dominique l'a dit, à 2017.
02:32Alors attendez, Vincent, on va reprendre la liste ensemble.
02:352017, la gendarmerie est saisie par la mère d'une jeune femme de 17 ans.
02:39Oui, une jeune femme qui dit, voilà, ma fille, elle a 17 ans,
02:43et j'ai découvert qu'elle entretenait une relation avec un majeur.
02:46Ce majeur, en question, il s'appelle Jérôme Barrella.
02:48Il a 32 ans à l'époque, et c'est ce qu'on appelle un renseignement judiciaire.
02:51Les gendarmes vont aller regarder, ils vont se rendre compte que cette jeune fille, elle a 17 ans,
02:55la relation est consentie, c'est ce qu'elle dit, et ça va être classé, selon la procureure,
03:01en raison de l'âge, 17 ans au moment des faits.
03:03Cela ne permet pas de présumer une absence de consentement, et ça fait l'objet d'un cas de répréhensible.
03:082020, deuxième affaire, là c'est une première accusation de viol sur mineur.
03:12Oui, là c'est beaucoup plus grave, et ça va prendre aussi du temps.
03:15Pourquoi ? Parce que cette plainte, elle émane de la maman d'une petite fille qui est alors dans le
03:20Pas-de-Calais,
03:21elle va déposer cette plainte à Béthune, le temps que ça soit transmis, dépaysé,
03:25pas dépaysé, mais transmis au parquet d'Oche, parce que les faits présumés se sont produits à Montestruc,
03:31au domicile du suspect, ça va prendre un petit peu de temps.
03:34Et là, il y a des examens qui sont faits, il y a des investigations, examens médicaux égales,
03:37examens psychologiques, témoignages recueillis, ça ne permet pas d'étayer suffisamment les déclarations.
03:43Cette procédure fait donc l'objet d'un classement sans suite.
03:45Le 28 mai 2021, c'est-à-dire déjà 4 ans après le dépôt de la plainte.
03:49La vie qui me présumait a 7 ans, Vincent, 7 ans.
03:51À ce moment-là, cette petite fille, puisqu'elle est née en 2013,
03:55pour des faits présumés commis en 2020, elle est âgée de 7 ans au moment donné.
03:58Mais la justice passe son chemin là-dessus, en disant...
04:01Ce n'est pas la justice qui passe son chemin, on ne peut pas quand même dire ça,
04:03parce qu'il y a une enquête qui fait, il y a un classement sans suite.
04:05À l'arrivée, je veux dire.
04:06À l'arrivée, effectivement, ça débouche sur un classement sans suite.
04:09Oui, enquête, puis classement sans suite.
04:10Alors, il est cité, on parle d'affaires à chaque fois,
04:13mais il y a des choses d'importance judiciaire différente.
04:17Je ne sais pas comment le dire, mais 2021, il est agent d'entretien
04:19dans un lycée de lecture, il est licencé pour avoir été trop insistant
04:22avec une jeune lycéenne.
04:24Oui, et là aussi, il faut s'arrêter un instant là-dessus,
04:27parce qu'effectivement, la procureure en a fait mention cet après-midi
04:30en disant qu'on a été contacté ces derniers jours spontanément
04:34par un responsable de l'éducation nationale qui nous a parlé de cette affaire,
04:37de la raison pour laquelle le licenciement de cet homme a eu lieu.
04:40Mais pourquoi n'y a-t-il pas eu un signalement à la justice, un article 40,
04:43qui aurait peut-être permis aux enquêteurs d'enclencher une enquête,
04:46de voir s'il y avait quelque chose de répréhensible en tout état de cause ?
04:49Ça, ça a été découvert ces derniers jours.
04:51Article 40, ça veut dire je suis agent de la fonction publique, par exemple.
04:54Je suis témoin d'un délit, d'un crime, etc.
04:58J'ai le devoir de le dénoncer à la justice.
05:00En tout cas, la justice doit enquêter.
05:01Le mot « devoir » a son importance, c'est une obligation en fait.
05:04Oui, une obligation.
05:05Alors, on verra dans un instant parce qu'il va falloir revenir à cette plainte de 2025
05:09qui est capitale au témoignage que vous venez de voir aussi sur BFM TV,
05:12celui de la petite Rosa et de sa maman.
05:14Mais d'abord, on va aller du côté de Florence,
05:16là où a disparu vendredi dernier la petite Liana.
05:19On va retrouver Isor Delagorse.
05:21Isor, on vient de commencer à lister ces affaires dans lesquelles ce suspect est cité.
05:26Et ce soir, évidemment, il y a de la stupéfaction du côté de Florence.
05:31Effectivement, on sent qu'un grand froid a été jeté sur cette commune de Florence
05:35depuis la révélation de la procureure de la République d'Oche
05:38dans une conférence de presse cet après-midi.
05:40Les habitants sont abasourdis d'apprendre que le principal suspect dans cette affaire,
05:45Jérôme Barrella, est impliqué, visé dans trois procédures pour viol et agression sexuelle
05:50et également une nouvelle plainte qui a été déposée pour viol sur mineurs.
05:54On a discuté avec des habitants, des habitantes, notamment des mères de famille
05:58qui s'inquiètent pour la sécurité de leurs enfants.
06:01D'autres nous disent être en colère contre une justice
06:03qui a peut-être laissé passer quelque chose.
06:06Alors, on nous dit qu'ici, c'est un petit village que tout le monde se connaît.
06:10Pour certains habitants, ils sont sidérés d'apprendre ces accusations.
06:13Pour d'autres, ils affirment que le suspect avait une réputation qui le précédait.
06:18Moi, je sais juste qu'il avait des comportements assez déplacés
06:22et qu'il était assez avenant envers les élèves.
06:27De ce que j'ai pu entendre, moi, de ce que j'ai vu, rien.
06:30Mais de ce qu'on m'a dit, il était assez tactile, assez avenant, demandeur,
06:36mais toujours un peu dans son coin et plutôt discret.
06:41Et certains habitants nous décrivent vivre un cauchemar depuis six jours
06:45et la disparition de l'IANA.
06:48Ici, on ne s'attendait pas du tout à une telle affaire
06:50dans cette petite commune de 6 000 habitants.
06:53Isor de la Gorce avec Alain Branger du côté de Florence.
06:55Merci à tous les deux.
06:56Ce qui est compliqué, Général, c'est que là, évidemment,
06:59on a ces affaires qui commencent à apparaître
07:01mais qui sont prises séparément par la justice.
07:04Et puis, est-ce que dit cette jeune femme ?
07:05La réputation. Mais qu'est-ce qu'on en fait de la réputation ?
07:07C'est ça. Mais c'est un élément qui est, en termes de présomption d'innocence,
07:13qui est extrêmement important.
07:15Là, on a des dépôts de plainte, mais qui surviennent depuis que les faits ont été révélés.
07:20C'est-à-dire qu'il y a, de la part des gens qui sont en mesure de dénoncer quelque
07:24chose,
07:24un passage à l'acte parce qu'il y a une sorte de libération de la parole.
07:27Mais si on se retrouve dans la situation, comme cet éducateur qui dit,
07:31il avait des gestes déplacés, on est dans une situation où on a un doute,
07:35où effectivement la personne n'a pas un comportement normal.
07:38Il y a deux options. C'est-à-dire que, où on ne dit rien éventuellement,
07:41on protège les enfants, ou on avise le procureur de la République,
07:44ou les gendarmes, ou les policiers.
07:46Mais là, ça prend tout de suite une tournure qui vous échappe, surtout dans un village.
07:49C'est-à-dire qu'on va désigner la personne,
07:51même si la présomption d'innocence joue en droit,
07:55en fait elle ne joue pas du tout d'un point de vue social,
07:57la personne est perdue de réputation.
07:59Il n'a plus qu'à déménager à l'autre bout du monde.
08:01Il n'y a jamais de fumée sans feu, dit le bon sens populaire.
08:05Donc on va le regarder comme un paria, même s'il n'est pas accusé,
08:08même s'il y a un non-lieu, même s'il y a un classement censure.
08:10Avec justement un témoignage ce soir, témoignage recueilli par les équipes de BFM TV,
08:14celui d'un prof de sport, du club de sport,
08:16que fréquentait Jérôme Barrella, ses enfants,
08:19avec un comportement qui là aussi a attiré son attention à l'écoute.
08:23Très vite, on a repéré qu'il y a quelque chose qui n'allait pas.
08:25Il était tout le temps avec les enfants.
08:27À plusieurs reprises, on lui a dit « viens t'entraîner avec nous ».
08:30Et donc on le sortait du groupe.
08:32On sentait que c'était… c'était pas son truc.
08:34On sentait que ça l'embêtait de se faire sortir du groupe, d'enfant.
08:39Honnêtement, je pensais même pas que c'était possible.
08:41Je suis… encore aujourd'hui, j'ai du mal à imaginer que ce soit possible
08:45qu'une telle personne existe.
08:48C'est des choses qu'on entend toujours, qui nous paraissent plus ou moins lointaines,
08:51mais j'ai presque l'impression que la structure, elle est souillée par sa présence.
08:55C'est vraiment… c'est terrible. C'est vraiment terrible.
08:58J'ai l'impression de ne pas avoir fait ce qu'il faut pour protéger une élève.
09:02Ça fait très longtemps maintenant que j'enseigne.
09:04On s'attache aux élèves, etc.
09:07Et voilà, quand il leur arrive quelque chose comme ça, c'est terrible.
09:09On en a parlé avec des parents d'élèves.
09:11Les mamans ont fondu en larmes.
09:12C'est normal.
09:14Voilà pour ce document recueilli par les équipes d'RMC.
09:16Et Jean-Laurent Zinblom, il y a plusieurs choses.
09:18D'abord, il y a le sentiment de culpabilité de ce monsieur,
09:21qui dit « bon, voilà, je ne suis pas ça connaître quelque chose ».
09:24Il dit « je pensais qu'il approchait la petite fille pour se rapprocher de sa mère ».
09:28Oui, je suis un peu bouleversée parce que je me dis qu'on ne communique encore pas suffisamment.
09:36Je ne sais pas.
09:36Il y a les chiffres, il y a un an ou deux de la civise,
09:40la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants,
09:43qui a été dirigée par le juge Édouard Durand,
09:46qui a donné des chiffres.
09:4710% de la population a été victime de violences sexuelles, d'inceste ou d'abus dans l'enfance.
09:52C'est trois enfants par classe.
09:53C'est 160 000 enfants chaque année qui sont victimes de violences.
09:58Je pense que si on travaille auprès d'enfants, si on est parent,
10:01si on connaît des enfants qu'on n'est pas attentifs et qu'on n'a jamais de doute
10:05et qu'on ne fait jamais de signalement,
10:06alors qu'il y a en moyenne trois enfants par classe qui est victime d'un prédateur,
10:11c'est qu'on passe à côté de quelque chose.
10:12Alors est-ce qu'on est dans le déni ?
10:14Est-ce qu'on ne veut pas voir ?
10:15Est-ce qu'on ne voit pas parce qu'il n'y a aucun signaux d'alerte ?
10:19C'est aucun signaux faible ?
10:21C'est difficile, mais là on voit qu'il y a quand même quelque chose
10:24qui commence à apparaître entre ce témoignage-ci,
10:26ce que l'on a compris du comportement que pouvait avoir Jérôme Barrella
10:29avec la petite Liana, c'est-à-dire d'être tout le temps avec des enfants,
10:33c'est-à-dire de les couvrir de cadeaux.
10:34C'était le cas pour Liana, c'était le cas aussi pour la petite Rosa,
10:37qu'on a entendu tout à l'heure, des cadeaux, des goûters, etc.
10:40Mais encore une fois, c'est pris séparément,
10:42c'est-à-dire que c'est des parents dans trois histoires différentes ?
10:45C'est pris séparément, et puis finalement,
10:47quand on dézoome un petit peu avec le temps,
10:49on voit qu'il y a tellement d'indices,
10:51tellement de red flags, comme on dit,
10:53tellement de faisceaux d'indices qui vont dans le sens de la prédation,
10:56qui croient progressivement, comme ça,
10:59les enfants sont de plus en plus jeunes,
11:02les actes sont de plus en plus graves,
11:04et puis il n'est pas forcément inquiété,
11:06puis il y a des non-lieux, les faits sont insuffisamment caractérisés,
11:08on sent qu'il y a une montée en puissance qu'on connaît très bien.
11:11Là, c'est ce que vous commencez à percevoir dans le parcours ?
11:14En fait, c'est vrai que, si vous voulez,
11:16on commençait à en parler déjà,
11:17je commençais à en parler il y a trois, quatre jours,
11:20moi l'histoire, je sais déjà comment elle va se terminer,
11:22je sais déjà ce qu'on va voir sur son téléphone,
11:24sur son ordinateur, je peux vous le dire,
11:25et je suis même extrêmement inquiète pour ces enfants,
11:27je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas eu
11:30un signalement au CRIP, le centre de recueil,
11:31des informations préoccupantes,
11:32à minima, il a deux petites filles à la maison,
11:36et, si vous voulez, c'est des tableaux qu'on connaît par cœur,
11:41par cœur, par cœur, par cœur.
11:42– Maître Lebande, ça vous fait réagir ?
11:44– Oui, dans la mesure, si vous voulez,
11:45où d'une part un individu, vous ou moi,
11:48ne peut pas se reprocher de ne pas avoir prévu,
11:52de ne pas avoir deviné,
11:53et de la même manière,
11:55on ne peut pas reprocher à la justice,
11:57d'abord de ne pas avoir fait son travail dans cette affaire,
12:00parce que visiblement…
12:01– On va le voir dans un instant.
12:02– Non, mais attendez, c'est important,
12:03parce qu'on en est à l'idée que,
12:06et les individus auraient dû s'apercevoir
12:10que quelque chose d'anormal se passait,
12:13nous ne sommes pas doués de ce double sens de prévisibilité,
12:18et la justice a un dossier déterminé,
12:21visiblement, quand je vois qu'il y a eu des enquêtes
12:24qui se sont conclues par des portes fermées,
12:27un classement sans suite,
12:28mais il y avait probablement des raisons
12:31qui justifiaient que ça se termine de cette manière.
12:34– Mais c'est ce qu'on disait,
12:35c'est-à-dire que pris isolément toutes ces affaires,
12:37on peut trouver toutes les raisons judiciaires,
12:39et sans doute valables, juridiquement parlant,
12:42pour les fermer, pour les refermer,
12:44mais une fois qu'on a un cas comme celui de Diana
12:46et qu'on refait le parcours derrière,
12:49c'est pour ça que je parlais du sentiment de malaise tout à l'heure, maître.
12:51– Non, mais je comprends ce que vous voulez dire.
12:54Cela étant, je pense qu'il est difficile
12:56de conclure, comme j'ai cru que ça s'inscrivait un peu dans l'air du temps,
13:02que, à la fois les individus,
13:04je pense à ceux qui l'ont croisé,
13:07comme cet animateur sportif tout à l'heure,
13:10et l'institution judiciaire,
13:12n'ont pas été capables de voir ce qu'ils devaient voir.
13:16Il se passe, pour chacun d'entre nous,
13:19à notre porte ou un peu plus loin,
13:21un certain nombre de choses que nous ne soupçonnons pas.
13:23Et quelque part, ce monde de la prévisibilité,
13:27ce monde où le soupçon nous permettrait d'anticiper
13:32sur je ne sais quel crime qui peut-être n'aurait jamais lieu,
13:35est un monde qui, lui aussi, fait peur.
13:37– Une fois qu'on a dit ça,
13:39je rappelle qu'on peut signaler sur le site Stop Violence,
13:42c'est un site du gouvernement,
13:43vous pouvez signaler si vous avez des doutes,
13:45si vous avez recueilli la parole,
13:46si vous sentez qu'il y a quelque chose d'un climat incestuel
13:50ou de violence sexuelle autour d'un enfant.
13:51Je rappelle aussi aux adultes et aux enfants qui nous écoutent
13:54qu'il y a un numéro très facile,
13:55c'est le 119-119.
13:57Il ne figure pas sur les relevés téléphoniques,
14:00donc vous pouvez appeler dans l'anonymat.
14:01Dès que vous avez un doute,
14:03dès que vous pensez qu'un enfant peut être en danger,
14:06vous faites un signalement,
14:07c'est un numéro vert,
14:09c'est un numéro qui est gratuit.
14:10La responsabilité des adultes,
14:12c'est de protéger nos enfants et pas les prédateurs.
14:14– On fera le point dans un instant, évidemment,
14:16sur les recherches qui se poursuivent
14:17cinq jours après la disparition de la petite Liana.
14:19Mais d'abord, Lisa Adeph, il y a une plainte qui interpelle,
14:22une affaire qui interpelle dans ce dossier,
14:25plainte déposée en 2025, l'an dernier.
14:28– Le 22 août 2025, la maman d'une petite fille, Audrey,
14:31se rend à la gendarmerie de Plaisance du Touche,
14:34en Haute-Garonne.
14:34Elle raconte donc que sa fille a changé de comportement,
14:37qu'elle parle beaucoup de sexualité,
14:39qu'elle pose beaucoup de questions sur la sexualité
14:40depuis quelques mois.
14:41Et elle finira par confier qu'elle a été violée
14:43à plusieurs reprises chez le père de l'une de ses amies,
14:45qui s'avérera être Jérôme Barrella.
14:48Elle le croisait quand elle allait à ses cours de sport,
14:50cours de sport qu'elle partageait avec les filles de Jérôme Barrella.
14:53Audrey porte donc plainte pour viol sur mineurs de moins de 15 ans.
14:56Le 15 octobre 2025, la gendarmerie en informe le parquet de Toulouse.
15:01Vous le voyez, c'est deux mois plus tard.
15:03Plus rapide, le 28 octobre, le parquet de Toulouse se dessaisit
15:06et la plainte est finalement transmise au parquet d'Oche.
15:09Ce changement de parquet rallonge la transmission.
15:12Ce n'est qu'en décembre que la procureure reçoit la plainte sur son bureau.
15:15Jérôme Barrella, à cette époque, ne sera pas auditionné,
15:17il ne sera pas entendu.
15:18Mais la procureure renvoie le dossier en janvier de cette année
15:21en service d'enquête pour mener de nouvelles investigations.
15:24Ça arrive jusqu'à la brigade de Lectour,
15:26parce que c'est dans ce secteur que vit le suspect.
15:29Et Audrey nous a confié avoir demandé plusieurs fois aux enquêteurs
15:31où le dossier en était sans succès,
15:33puisque pendant tous ces mois, personne ne lui a donné de réponse.
15:35Et Audrey en est persuadée.
15:37Elle dit que si la justice avait été plus rapide,
15:39Liana n'aurait peut-être pas disparu.
15:41Je rappelle quand même que Jérôme Barrella est présumé innocent.
15:45Il y a plein de choses à dire.
15:47La première chose à dire, c'est que dans le cadre de la justice,
15:51quand un parquet est saisi, il y a des règles.
15:53Des règles, c'est des règles de compétence,
15:56notamment une compétence territoriale.
15:59La commission des faits dénoncés, c'est à Montestruc.
16:02Ça dépend du parquet Doche.
16:03Le domicile du mis en cause, c'est Montestruc.
16:06C'est la même chose.
16:07C'est pour ça que le parquet de Toulouse l'a envoyé au parquet Doche.
16:10C'est pour ça que le parquet Doche est compétent.
16:12C'est une règle procédurale.
16:13On ne peut pas aller à l'encontre.
16:14Et effectivement, ça a retardé la procédure.
16:17Mais ça n'a pas mis un temps si considérable que ça.
16:19On parle d'une plainte déposée au mois d'août.
16:21Elle a été transmise au mois d'octobre.
16:22Donc voilà, il y a un petit peu de temps.
16:24Ça ne veut pas dire que rien n'a été fait.
16:25Des examens médicaux légaux ont été faits dans l'intervalle.
16:28La jeune fille a été auditionnée.
16:29La petite fille a été auditionnée.
16:31Pardon.
16:31Sa maman a été auditionnée.
16:32Et ça a été transmis aux enquêteurs au mois de janvier pour un complément.
16:36Et la procureure s'en est défendue en disant, oui, au mois de janvier, on a décidé d'aller plus
16:40loin dans les investigations,
16:42de réentendre des témoins, de faire du renseignement téléphonique.
16:45Et au final, qu'est-ce qu'on allait faire ?
16:47On allait placer en garde à vue cette personne.
16:49Et là, on peut s'interroger sur la façon de mener une enquête.
16:51Aujourd'hui, dans ce cas de figure, pour pouvoir placer quelqu'un en garde à vue,
16:56il faut bien avoir des éléments pour le confronter.
17:00On a recueilli tel témoignage, on a vu ça sur votre téléphone, on a vu que vous étiez en contact.
17:04Si on n'a pas ces éléments-là, la garde à vue ne sert à rien.
17:06Sauf que ce qui interpelle, Vincent, j'entends.
17:09Et on voyait tout le processus, la procédure se dérouler sous nos yeux avec l'ISA-DEF.
17:14Et on y reviendra parce que c'était le témoignage qu'on entendrait avec Audrey et la petite Rosa.
17:19C'est de ça dont on parle là.
17:20Sauf qu'entre la plainte déposée le 28 octobre et aujourd'hui,
17:26quand on découvre ça, qu'on n'est pas un habitué de la justice,
17:29on s'est dit, c'est passé quoi ?
17:30Neuf mois, c'est extrêmement long.
17:32Et on n'est pas sur un cas de plat grand délit.
17:35Sinon, ça serait allé beaucoup plus vite.
17:37C'est-à-dire que si on découvre, si on a un élément qui permet de déterminer tout de suite
17:40qu'effectivement, cet homme, Jérôme Barrella, s'est rendu coupable d'un fait de viol sur mineur,
17:44on a la preuve ultime, il est placé en garde à vue le lendemain, le surlendemain.
17:49Ça va très très vite, mais là, on a besoin d'investiguer, on a besoin de ces éléments.
17:53Je pense que le général Fonbonne pourra en parler aussi bien que moi,
17:55mais avant de placer quelqu'un en garde à vue, on a besoin de recueillir des éléments
17:58pour le confronter et faire en sorte que cette procédure, elle aboutisse, au final, à une réponse judiciaire.
18:03Mais évidemment, c'est quelque chose d'inaudible.
18:05Mais voilà, c'est inaudible. Est-ce que c'est classique ? Est-ce que c'est comme ça que
18:07ça marche ?
18:08Bon, c'est inaudible. Ce qui est effectivement habituel, c'est ce que vous dites et ce que dit la
18:15procureure de la République,
18:16c'est-à-dire que vous mettez quelqu'un en garde à vue, d'abord, il faut avoir des raisons
18:20plausibles,
18:20ça, c'est le code de procédure pénale qui le dit, vous mettez quelqu'un en garde à vue sans
18:24avoir bossé le dossier,
18:25il va vous dire « c'est pas moi » et que c'est terminé.
18:29Donc, comme le dit très justement la procureure de la République,
18:33on met une personne en garde à vue lorsque l'on a d'abord suffisamment d'éléments
18:37et qu'on ait, comme on le fait toujours et comme je le dis souvent ici,
18:41la possibilité de rentrer dans la contradiction, de lui apporter des éléments qui sont,
18:46qui l'apportent des éléments qui sont au contraire aux constatations qui ont été faites.
18:49Alors après, ça a duré extrêmement longtemps, mais on peut peut-être imaginer,
18:54je dirais sans défendre personne, mais il y a la possibilité d'un processus,
18:59qui réclame par étapes des éléments suffisants.
19:02Dans ce cas, il y a, alors tel qu'il est présenté, d'abord normalement,
19:07c'est pas une brigade territoriale. La brigade territoriale prend la plainte, évidemment,
19:10mais c'est en toute une unité spécialisée en police judiciaire qui prend ça.
19:14Ça peut être la brigade des recherches départementales, c'est 10 sous-officiers
19:17commandés par un lieutenant, ou ça peut être la section des recherches.
19:20C'est un peu petit, je dirais, pour la section des recherches lorsqu'on a un fait unique.
19:24Après, il y a l'audition de l'enfant, c'est une technique qui est très particulière,
19:28que les gens des brigades, dont très peu, ne maîtrisent pas, sauf exception.
19:33Après, il y a les constatations médico-légales, c'est-à-dire que, est-ce qu'il y a des
19:37traces ?
19:38Est-ce qu'il y a quelque chose autre que la parole de l'enfant, dont on ne sait pas
19:42vraiment
19:42comment elle a été recueillie ? Au bout d'un moment, les parquets sont ce qu'ils sont
19:47avec les moyens qu'on leur donne. Ils sont écrasés de travail.
19:50Donc, on peut avoir soit un classement sans suite, mais le classement sans suite, il a l'autorité
19:55de la chose décidée, pas de la chose jugée. Donc, on peut toujours revenir dessus.
19:58C'est ce qui va se passer, forcément, avec la série.
20:01Manifestement, la procureure, peut-être parce qu'il y a un doute, ou parce que les gendarmes
20:05lui ont dit, écoutez, on n'a pas grand-chose, mais ça vaut le coup de creuser.
20:08On voit pour une autre enquête, mais ça prend quand même, effectivement, un temps infini
20:12et inacceptable pour les victimes.
20:13Là aussi, il y a un malaise. Il y a un malaise aussi, Dominique Crisé, quand on voit
20:16le temps que ça prend, la sensibilité de l'affaire. On parle d'une petite fille.
20:20Moi, je trouve Vincent et Jacques très indulgents. Je trouve qu'ils sont très indulgents
20:24que des enquêteurs et une justice qui a envie de faire avancer un dossier est une justice
20:30et une enquête ou un système d'enquête qui va s'accélérer un peu, qui est capable
20:34d'accélérer le système. Il y a quand même, dans la gendarmerie, un officier qui va dire
20:40à ces gars, sur cette affaire-là, je veux que vous bougiez vite. Ils peuvent se déplacer,
20:45aller au parquet. Du côté du parquet, il y a un proc qui peut dire, bon, moi, cette
20:49affaire, elle me tient à cœur. C'est quand même des accusations graves. La petite fille
20:54a 11 ans. Elle accuse quelqu'un de plusieurs viols. Moi, je veux que ça avance vite.
20:58Il y a des réunions chaque jour dans les tribunaux. Il y a des réunions au tribunal
21:02judiciaire, les parquets. Il y a des réunions chaque jour dans les gendarmeries. Je veux
21:09vous donne la parole, Vincent. Vous confirmez que la petite Rosa, qu'on entendait tout
21:13à l'heure, en parle une première fois à sa mère. Elle est, si j'ai bien compris,
21:19confrontée à Barrella, mais dans le cadre familial, amical, d'une certaine manière.
21:23Elle retire ses accusations et au bout d'un moment, au bout de quelques mois, elle dit
21:27non, non, il m'a réellement violée. C'est comme ça que ça s'est passé ?
21:29C'est ce qui est terrible dans le témoignage, effectivement, de la maman de la petite
21:32Rosa, parce qu'elle dit qu'elle interroge sa fille. Sa fille dénonce l'effet une
21:36première fois et elle va confronter elle-même Jérôme Barrella, qui lui dit
21:39mais non, ta fille c'est une manipulatrice, vois comme je l'aime bien, je la considère
21:44comme ma fille. Et donc, elle se dit, en fait, les choses vont bien comme ça.
21:48Et puis, il s'écoule encore quelques mois, puisque l'effet dénoncé, les viols
21:53qu'elle dénonce, date de septembre 2024 à mai 2025, sur une période assez longue,
21:59qu'elle va dénoncer l'effet une deuxième fois. Et là, la maman va se dire, là, il y a
22:01vraiment quelque chose qui ne va pas. Juste pour terminer sur ce que disait Dominique,
22:05il y a aussi un élément qu'on ignore, mais qui aurait pu faire accélérer le dossier,
22:09c'est, est-ce que quand les gendarmes ou la procureure d'Hoche a pris ce dossier,
22:12est-ce qu'on a recherché tout le passif dont on fait mention aujourd'hui ? Est-ce qu'on
22:16s'est dit, tiens, en 2017, il y avait déjà un signal, tiens, en 2020, il y avait une
22:19plainte ? Parce que tous ces éléments, même classés sans suite, ça aurait pu alerter
22:22en disant, ah oui, on s'est déjà intéressé à cette personne-là. On imagine que les enquêteurs
22:28ont fait ce travail-là, mais ça, c'est un élément qui aurait pu leur dire, on va peut-être
22:31aller un peu plus vite. C'est pour ça que Laurent Nunez demande une enquête. C'est
22:34pas systématique ? Normalement, si, parce que la première chose que les enquêteurs
22:37vont faire quand ils sont confrontés à un agent de cas de figure, c'est de taper le
22:40nom de la personne et de regarder le traitement des antécédents judiciaires pour voir toutes
22:47les procédures dans lesquelles il a été entendu comme témoin, comme mis en cause.
22:51Je reprends ma question de tout à l'heure, Johanna Rosenblum, et encore une fois, cet
22:54homme est présumé innocent dans toutes les affaires dont on parle ici.
22:58On a quelqu'un qui est cité, jamais vraiment inquiété, qui a un comportement un peu étrange,
23:07c'est ce que disent un certain nombre de témoins qui ont pu le côtoyer avec les
23:10enfants, etc. Qu'est-ce que vous, vous percevez du profit de ce monsieur ?
23:15Je vois quelqu'un qui bénéficie d'une grande impunité. Vous savez, moi, je suis spécialisée
23:21en psychotrauma. C'est-à-dire, 8 patients sur 10 que je vois dans mon cabinet sont des
23:26personnes qui ont été victimes d'événements à caractère traumatique, notamment des viols
23:30de l'inceste. On voit des enfants qui sont remis à leur papa alors qu'ils dénoncent
23:36des faits. On voit des papas qui conservent l'autorité parentale et la garde, et des faits
23:40qui se répètent et qui se répètent et qui se répètent. Et il faut attendre que ces
23:44enfants devenus adultes, donc 10% de la société française, font des tentatives de suicide.
23:51C'est à peu près la moitié des victimes. 40% ont des addictions, des troubles du comportement
23:56alimentaire, des troubles de l'attachement, des dépressions extrêmement sévères pour
24:00qu'on s'intéresse un petit peu à leur cas, qu'on voit qu'il y a une amnésie traumatique,
24:05une dissociation. Et puis un jour, il y a un témoin, une victime qui ose parler, puis une deuxième,
24:08puis une troisième. Mais malgré tout, malgré tout, lorsque un pédocriminel crie à l'injustice,
24:15on l'entend. Mais quand 30 femmes ou 30 enfants crient au viol, eh ben on remet encore la parole
24:21en question et on demande des preuves toujours encore plus.
24:23Il y a une nouvelle plainte ce soir, une plainte supplémentaire déposée par un père de famille.
24:29Sa fille, qui est née en 2014, a accusé, elle aussi, visiblement, d'attouchement, d'agression
24:36sexuelle, Jérôme Barrella. Les faits datent d'août 2025. La plainte date d'aujourd'hui.
24:42Vincent Van Digamme, on écoute ce père de famille, on en parle juste après.
24:46Il y avait eu, comment ça s'appelle, des gestes mal passés au niveau de ma fille au réveil,
24:50parce que, comment ça s'appelle, il y avait des caresses au niveau des fesses et qu'il y avait,
24:55comment ça s'appelle, la main qui a été posée sur un mur pour lui parler près. Et soi-disant,
25:01comment on appelle ça, qu'il serait allé dans une piscine et en sortant de l'eau, qu'il
25:08aurait touché les fesses, avoir fini tout ça. Ça s'est passé chez ce monsieur Jérôme Bé au domicile
25:16à Montestri. Mais il y avait plusieurs jeunes filles. Donc je l'ai reu cet après-midi le téléphone,
25:24on m'a bien précisé que c'était bien une soirée pyjama. Hier soir, c'est moi qui ai appelé
25:30pour dire
25:30qu'il s'était passé ça, ça, ça, ça. Et ils m'ont entendu aujourd'hui.
25:33Mais l'éducatrice, elle vous dit quoi ? Qu'il y a un signalement qui a été fait ?
25:36Oui, il y a un signalement. Elle vous explique quoi ?
25:38Il y a un signalement qui a été fait depuis mars, mars 2026, au niveau du procureur d'Hoche.
25:46Et sans suite.
25:48Et ça, ça vous interpelle ?
25:49Ça me pose de nouvelles questions, on va dire. Pourquoi ? Parce que la procureure d'Hoche,
25:53cet après-midi, elle dit exactement, il a été porté à ma connaissance ce matin le dépôt
25:57d'une nouvelle plainte pour viol sur mineur à l'encontre du mis en examen,
26:00dont je n'ai pas encore pu prendre connaissance dans l'entièreté de ces détails.
26:03C'est la plainte dont ce papa fait mention.
26:06Il se trouve que sa fille, elle est placée à l'heure actuelle.
26:08Là, c'est l'aide sociale à l'enfance qui la gère au quotidien.
26:11Et c'est son éducatrice qui a recueilli son témoignage.
26:14Et ce papa, encore faut-il que ce soit vérifié,
26:17mais dit que l'aide sociale à l'enfance a fait un signalement au mois de mars 2026.
26:21Plusieurs questions. Est-ce que ce signalement a été bien fait ?
26:23Est-ce que c'est remonté à l'autorité judiciaire ?
26:25Et si oui, pourquoi la procureure d'Hoche, cet après-midi, nous a dit qu'elle n'avait pas connaissance
26:29de l'entièreté des faits ?
26:30En expliquant que la plainte avait été déposée ce matin.
26:34Si ça date du mois de mars, ça remonte à quelques mois.
26:37Et forcément, elle a connaissance aussi de ces faits-là.
26:40Donc ça m'interroge.
26:41Là aussi, il y a des questions.
26:43Il faut évidemment parler des recherches.
26:44Ce soir, je vous le disais, Diana a disparu depuis plus de cinq jours.
26:47Plus de 180 gendarmes encore mobilisés.
26:49On va retrouver Nicolas Dumas sur place du côté de Florence dans le Gers.
26:53Nicolas, vraiment, recherche tous azimuts aujourd'hui de la part des gendarmes.
26:59Oui, c'est un travail de fourmi qui est mené sur le terrain.
27:03On se situe dans une zone qui a été fouillée cet après-midi.
27:05Elle se situe simplement à 500 mètres du collège qui se situe par là-bas.
27:10C'est une quarantaine de gendarmes du Gers, mais aussi de Clermont-Ferrands,
27:14qui sont venus fouiller cette zone, notamment parce qu'il y a de nombreux végétés.
27:18Aussi, une ancienne voie de chemin de fer qui est présente sur le terrain.
27:24Il y a aussi des petites plaques en béton sur les côtés,
27:27plein de lieux où il peut y avoir des choses à cacher.
27:32Ils ont avancé, effectivement, avec du repérage visuel, mais aussi physique.
27:36Cet après-midi, c'est au total trois zones qui ont été fouillées dans les environs depuis vendredi.
27:43C'est au total une vingtaine de villes où il y a eu des fouilles, notamment dans de nombreux bois.
27:49Les opérations de fouilles sont finies pour aujourd'hui.
27:52Elles reprendront demain aux alentours de 7h30.
27:55Nicolas Dumas avec Léni Becomi, général Fonbonne, battu, organisé avec des chasseurs aujourd'hui,
28:00porte à porte entre le collège et la piscine, visite dans une entreprise agricole où il a travaillé.
28:06Le suspect, ratissage dans les bois, plongeur de la gendarmerie déployé sur des points d'eau.
28:10Je le disais, c'est tous azimuts. Cinq jours après, six jours après, comment est-ce qu'on s'organise
28:15quand on est gendarme
28:16et qu'il faut, effectivement, il y a urgence, retrouver cette gamine ?
28:20Alors, il y a deux axes d'enquête. Je dirais qu'il y a l'enquête judiciaire qui est menée
28:25par la section de recherche
28:26avec ce que l'on connaît, des auditions, des auditions de témoins, des opérations de police technique,
28:32et notamment sur le véhicule et la téléphonie, ce que l'on connaît.
28:35Et puis, il y a la recherche de l'enfant, où malheureusement, avec le temps qui passe,
28:40la recherche de son corps. Ça veut dire qu'on va procéder avec des cercles de plus en plus grands.
28:48La battue citoyenne, on évoquait tout à l'heure qu'il y avait des officiers de gendarmerie,
28:53effectivement, qui disaient qu'ils étaient contre.
28:55Je pense qu'il faut expliquer. C'est-à-dire, vous voyez, on voit les gendarmes,
28:58ils sont effectivement dans des céréales, c'est du blé ou c'est de l'avoine,
29:03d'une façon où on ne voit quasiment rien.
29:05Ça, c'est derrière moi. Ce n'est pas l'image que vous voyez à l'écran, c'est la
29:08photo que l'on voit derrière moi.
29:09C'est la photo, pardon, qu'on voit derrière vous.
29:11Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans un premier temps, on va au plus près et au
29:14plus évident.
29:16On va chercher, en se tenant à une distance où on est sûr que, d'un gendarme à l'autre,
29:20il n'y a pas une zone, il n'y a pas un endroit où on ne voit pas.
29:22Dans une zone comme ça, on est très serré. Premier ratissage, deuxième ratissage.
29:27L'avantage de la battue citoyenne, c'est qu'au lieu d'avoir un escadron,
29:30ou l'escadron de Clermont-Ferrand qui est en déplacement et qu'on a appelé au secours,
29:34c'est 75 hommes, un déplacement, enfin c'est 75 gendarmes, 75 militaires,
29:38puisque maintenant il y a des fins dans les escadrons de gendarmes immobiles.
29:42Ça veut dire qu'on couvre un territoire qui est quand même relativement petit.
29:46Là, il faut aller vide dans les premières heures, parce que l'enfant peut être dans un grand danger physiologique.
29:50Donc l'intérêt de la battue citoyenne, c'est qu'on arrive à augmenter le front de recherche.
29:56Ça peut marcher à une condition, c'est que justement ils ne fassent pas n'importe quoi,
30:00et qu'on ait des gendarmes de temps en temps pour encadrer, pour rester en ligne,
30:04et pour éviter qu'ils touchent à n'importe quoi et qu'ils détruisent des preuves.
30:06Pardon, un point important, Dominique, vendredi, ça fera une semaine.
30:11Et on peut imaginer que le vendredi, les gendarmes mènent des opérations particulières,
30:16parce qu'une semaine après, je pars sous votre contrôle,
30:19mais certains des habitants pourraient avoir des habitudes.
30:21Je fais tel déplacement tous les vendredis, je vais à tel endroit, etc.
30:25Donc une semaine après, on va forcément se retrouver à nouveau sur les lieux.
30:29C'est un classique qu'on apprend dans les écoles de police judiciaire de gendarmerie,
30:32comme celle que dirigeait Jacques Fonbonne.
30:34On dit, voilà, le vendredi, il y a celui qui ne mange pas de viande
30:37et qui va acheter du poisson tous les vendredis matins
30:40et qui part de bonheur de chez lui.
30:42Il y a celui qui va déposer sa femme ou son mari,
30:45celle pour une chimiothérapie à l'hôpital,
30:48donc qui passe là tous les jours le vendredi à cette heure-ci
30:51et qui revient à telle heure.
30:53Donc on fait ça, on refait l'équipe de copains qui vont faire du vélo,
30:58de copines qui vont courir, et donc on leur pose des questions.
31:01Vous étiez là vendredi, vous passez là tous les vendredis,
31:03à telle heure, ok, d'accord, le club de sport,
31:06l'entraînement de foot des gamins qui va démarrer à 16h,
31:11les parents sont arrivés un peu avant, 15h, qu'est-ce que vous faisiez ?
31:15Est-ce que vous avez remarqué quelque chose de particulier ?
31:18Et puis on peut espérer obtenir un témoignage.
31:20Ça s'est vu très souvent.
31:22Là maintenant, on a un suspect.
31:24La question c'est, est-ce que les gendarmes continuent à chercher quelqu'un d'autre ?
31:27Non, les gendarmes cherchent Liana et les gendarmes ont un suspect.
31:32C'est-à-dire qu'a priori, l'enquête, elle se limite à cela.
31:39Maître Le Borne, justement, ce suspect, il a été mis en examen,
31:43il a été placé en détention provisoire.
31:44On sait qu'il a nié devant les enquêteurs,
31:46qu'il s'est tu devant le juge d'instruction.
31:49Peut-être sait-il des choses.
31:50Est-ce qu'on peut aller le réinterroger quand on veut ?
31:53Aussi souvent qu'on veut, aussi rapidement qu'on veut.
31:55Comment ça marche ?
31:56On peut, bien entendu, l'interroger.
31:58Le juge d'instruction peut le convoquer à plusieurs reprises.
32:01Il a un droit au silence.
32:04Il n'est pas obligé de répondre aux questions qu'on lui pose,
32:08de telle sorte que cet acharnement judiciaire d'interrogatoire
32:14qui se succéderait pourrait n'avoir strictement aucun effet.
32:17Mais si vous voulez, je comprends que devant une situation qu'on peut dire tragique,
32:22vous disiez, mon général, tout à l'heure,
32:24qu'on cherchait peut-être le corps de cette malheureuse enfant aujourd'hui,
32:29compte tenu du temps qui a passé,
32:30nous sommes tous saisis, au fond, d'horreur dans une situation de ce genre.
32:35Mais de là à considérer que, par exemple,
32:38l'institution judiciaire n'aurait pas fait son travail,
32:42je crois qu'on ne peut pas dire ça.
32:44On a vu qu'il y a eu des enquêtes, qu'elles se sont conclues par des classements sans suite,
32:48faute de preuves, infractions insuffisamment caractérisées, comme on dit.
32:53Les choses ont été faites.
32:54Vous ne pouvez pas demander à la justice, finalement,
32:59de prévoir ce qui pourrait se passer.
33:02J'entends ce que vous dites, Maître.
33:03J'ajoute une précision, on l'a dit tout à l'heure rapidement.
33:06Les doutes que l'on peut avoir et dont on peut faire mention ce soir,
33:10on n'est visiblement pas les seuls à les avoir,
33:11puisque le gouvernement a annoncé,
33:14les ministres ont annoncé tout à l'heure,
33:16des inspections de la gendarmerie et de la justice
33:19pour aller précisément vérifier s'il n'y avait pas eu des ratés
33:21et des manquements dans les affaires précédentes.
33:24Donc les doutes dont on parle ce soir,
33:26on n'est peut-être pas les seuls à les avoir.
33:27D'un mot, vraiment, Dominique ?
33:28Très rapidement, sur ce que vient de dire Maître Leborgne,
33:30on est interrogé par un juge d'instruction
33:32et on est soupçonné d'avoir enlevé une petite fille de 11 ans.
33:35Pourquoi est-ce qu'on garde le silence si on n'a rien fait ?
33:38Moi, je vous pose la question.
33:39Alors, non, attendez, faisons attention.
33:41Il y a des droits qui appartiennent aux individus.
33:44Le droit au silence en est un.
33:45Si maintenant vous dites que l'usage du droit au silence,
33:48qui n'est généralement pas bien vu là-dessus,
33:50vous avez raison, monsieur,
33:52mais serait la démonstration d'une culpabilité,
33:55nous y allons un peu vite en besoin.
33:57C'est peut-être une stratégie.
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