00:00Alors aujourd'hui, oui, nous craignons effectivement un rebond en tout cas de décès derrière la première vague qu'on
00:08a eue aujourd'hui.
00:09Je partageais, j'échangeais cet après-midi avec un collègue de Charente-Maritime qui me disait que rien que sur
00:15le week-end, il avait eu à peu près 6 décès.
00:17Pas que des personnes isolées, mais également des personnes isolées en fait parmi ces 6 décès.
00:23Et effectivement, on craint aujourd'hui une montée en charge en tout cas de ces décès dans les prochains jours.
00:28Alors de votre côté, votre profession continue à visiter ses patients, même le week-end, donc ils continuent à être
00:35pris en charge.
00:35Ce qui passe réellement en dessous des radars, ce sont par exemple les personnes âgées qui sont suivies tous les
00:4015 jours ou tous les mois où il n'y a pas de visite en continu.
00:43Absolument, oui. Vous avez des personnes âgées aujourd'hui qui n'ont pas un suivi quotidien, voire pluricotidien à leur
00:49domicile.
00:50Ces patients-là, on les visite parfois une fois par mois, une fois tous les 15 jours, ou en tout
00:54cas de manière beaucoup plus récurrente en fait et espacée.
01:00Ce sont ces patients-là en fait qui présentent les plus grands risques parce qu'on peut décompenser très très
01:04vite avec les pics de chaleur qu'on a connus ces derniers jours.
01:07Donc la réponse de notre point de vue, c'est plus une réponse systémique qu'une réponse individuelle.
01:13C'est-à-dire qu'il faut qu'on organise aujourd'hui la ville avec un véritable plan blanc.
01:18Et il faut intégrer en fait les professionnels de ville au plan Orsan qui aujourd'hui, de notre point de
01:23vue, est trop hospitalo-centré.
01:25– Lorsque la ministre de la Santé, on appelle à la solidarité, demande à chacun de prendre des nouvelles, des
01:31proches, de voisins,
01:32est-ce que ça vous semble suffisant ? Est-ce que ça vous semble à la hauteur de la situation
01:36?
01:36Vous attendez plus des pouvoirs publics et du gouvernement ?
01:39– C'est un appel au civisme et c'est très bien en fait. On a besoin de civisme dans
01:42ce pays, mais en tout état de cause, ça ne suffira pas.
01:45Parce que là, on est dans des réponses en fait individuelles.
01:48Donc c'est sur le système qu'il faut agir.
01:50Et aujourd'hui, si on n'agit que sur le volet hospitalier ou le volet épanne,
01:55on est dans la situation de quelqu'un qui essaye d'éponger un robinet ouvert.
01:59Donc il faut absolument en fait intégrer les deux volets, le volet ville, le volet hôpital,
02:05qu'on fasse converger en tout cas ces plans et qu'on intègre tous les acteurs.
02:09Alors là, c'est très bien de demander du civisme, mais c'est de l'injonction en fait.
02:14Et de l'injonction, on sait très bien que c'est un peu compliqué.
02:16Aujourd'hui, on peut avoir des solutions, on a des solutions concrètes à proposer.
02:22On peut améliorer les choses à condition effectivement que les instances décisionnaires prennent la mesure de ces demandes.
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