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Retrouvez notre soirée spéciale "L’avocate de Patrick Bruel invitée de BFMTV", présentée par Maxime Switek sur BFMTV ce jeudi 11 juin 2026

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Transcription
00:00Bonsoir Julie, bonsoir à toutes et à tous, je suis très heureux de vous retrouver ce soir pour une nouvelle
00:03soirée en direct sur BFM TV avec dans une seconde une prise de parole sur ce plateau très attendu.
00:09L'avocate de Patrick Bruel en direct avec nous, Maître Fanny Collin va nous rejoindre et dans la foulée vous
00:14pourrez suivre notre document Ligny Rouge sur Patrick Bruel justement.
00:17Le chanteur, vous le savez, a été mis en examen la nuit dernière dans quatre affaires, mis en examen pour
00:21viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel.
00:24Mais il est donc libre ce soir, placé sous contrôle judiciaire et on va donc en parler tout de suite
00:29avec son avocate que je rejoins.
00:31Bonsoir Maître Collin.
00:32Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce soir. Je salue également Lisa Adephe à mes côtés comme tous les
00:37soirs.
00:37Bonsoir Lisa. Maître, votre client est donc mis en examen mais libre.
00:43Libre, c'est le plus important pour vous dans un premier temps qu'il soit libre ?
00:47Alors le plus important c'est que le processus judiciaire est enfin lancé.
00:52C'était attendu par M. Bruel pour qu'il puisse apporter ses explications, les éléments dont il dispose.
00:59Il a été, vous l'avez rappelé, mis en examen, ce qui ne signifie aucunement qu'il serait coupable de
01:05quoi que ce soit.
01:05Il est présumé innocent.
01:06Voilà. Mais au-delà de ça, c'est qu'il y a des soupçons et que ces soupçons vont être
01:10vérifiés dans le cadre de cette information judiciaire avec un certain nombre d'investigations.
01:17Pour d'autres faits qui ont été examinés, il n'a pas été mis en examen mais placé sous le
01:22statut favorable de témoin assisté.
01:25C'est-à-dire que pour ces dossiers-là, les juges d'instruction ont considéré qu'il n'existait même
01:29pas d'indice de la commission d'une infraction.
01:33Et enfin, puisque vous me parlez de la question de la détention provisoire, effectivement, les juges d'instruction et après
01:40eux, un juge des libertés de la détention,
01:43ont considéré que le placement de M. Bruel en détention provisoire était tout à fait injustifié et qu'il pouvait
01:50repartir libre en étant placé sous un contrôle judiciaire.
01:54Comment il réagit hier soir, Patrick Bruel, aux alentours de minuit, quand la décision tombe et qu'il comprend qu
01:58'il n'ira pas en prison, en tout cas pas à ce moment-là de la procédure ?
02:01Il est soulagé, naturellement, mais encore une fois, il est surtout soulagé de pouvoir enfin être entendu dans ses explications.
02:09Il a répondu à toutes les questions.
02:11C'est ce que j'allais vous dire. Vous insistez là-dessus. Il voulait parler, il voulait se défendre et
02:14il voulait s'expliquer devant les enquêteurs et devant les magistrats.
02:16Oui, d'abord parce que c'est le seul lieu où il convient dans ces affaires-là, c'est-à
02:22-dire des affaires judiciaires, de s'expliquer.
02:24Ce n'est pas sur un plateau télé, ce n'est pas à l'occasion d'une conférence de presse,
02:28c'est devant les autorités policières, devant les autorités judiciaires.
02:32Et je relève que depuis que cette affaire est née médiatiquement, la voix, la parole de Patrick Bruel est absolument
02:40inaudible.
02:41Et là, on lui a posé des questions, les policiers lui ont posé des questions pendant 48 heures.
02:47Après eux, les juges d'instruction, M. Bruel a pleinement coopéré et apporté toutes les réponses.
02:52Qu'est-ce qu'il vous dit hier soir ?
02:54Il nous dit qu'il est heureux d'avoir pu s'exprimer, qu'il est heureux naturellement de pouvoir rentrer
03:00chez lui.
03:01Non, pas précisément, mais comme même je m'en souviendrai naturellement, je pense que je les garderai pour moi.
03:06Vous l'aviez préparé à l'idée d'aller en détention provisoire ? C'est le rôle de l'avocat
03:10aussi ?
03:10Alors, nous avons considéré, nous c'est sa défense, Christophe Ingrain, Céline Lassec et moi-même, que cette demande de
03:18placement en détention provisoire, elle ne répondait pas aux critères légaux.
03:24Donc nous ne l'avons pas comprise.
03:26Et donc effectivement, nous n'avons pas particulièrement préparé M. Bruel parce que nous considérions que nous avions le droit
03:32avec nous et que les critères de la détention n'étant pas remplis, seul un contrôle judiciaire pouvait être prononcé.
03:38Mais ça veut dire que le rôle de l'avocat, ça n'est pas aussi, quand on est au bout
03:42de deux jours de garde à vue par exemple, d'amener tout simplement des affaires à celui qui va passer
03:47devant le juge des libertés de la détention et qui peut potentiellement dans quelques minutes aller en détention, ramener un
03:52sac et dire, ben voilà, il y a quand même cette possibilité-là à prendre en ligne de compte. Vous
03:56l'avez fait ça hier ?
03:57Non, le rôle de l'avocat, c'est d'expliquer la procédure. Parce que la procédure judiciaire, c'est une
04:02matière complexe, naturellement, et donc il faut expliquer les étapes, expliquer ce qui va se passer.
04:08C'est surtout ça le rôle de l'avocat à ce stade.
04:10Oui, mais vous ne répondez pas à cette question. Il n'y a pas cette scène qu'on imagine tous,
04:14parce que c'est normal, c'est le cas de la procédure.
04:16Elle n'a pas eu lieu.
04:16Elle n'a pas eu lieu ?
04:17Non.
04:17Elle n'a pas eu lieu. Évidemment, tout ça se fait sous une certaine pression qui a été mise sur
04:23la justice ces derniers jours, sur la manière dont la justice traite des violences faites aux femmes.
04:28Est-ce que vous avez eu le sentiment que cette pression-là a existé pendant ces 48 heures de garde
04:34à vue, et ensuite, dans les décisions qui ont pu être prises par le procureur, en l'occurrence, de réclamer
04:38un placement de détention provisoire ?
04:40La pression dans cette affaire, c'est le déferlement médiatique depuis deux mois. C'est la seule pression que nous
04:46avons identifiée. Et donc, effectivement, une forme de pression de l'opinion publique.
04:50Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que l'opinion publique ne sait rien de ce qu'il y
04:55a dans ce dossier. Ne sait pas le quart du tiers de la moitié des éléments qui s'y trouvent.
05:00Et surtout, ne sait rien des éléments en défense de M. Patrick Bruel. Et c'est heureux, puisque le principe
05:06des informations judiciaires et des enquêtes, c'est qu'elles doivent demeurer secrètes.
05:11Non pas pour contrarier les journalistes que vous êtes et vous empêcher de poser des questions, mais parce que le
05:17secret conservé, c'est le gage de l'efficacité et de la qualité des investigations.
05:23Entendons-nous bien. Lorsqu'il y a une plainte, le rôle de la justice est de vérifier ce qui est
05:29dit. La justice ne croit personne sur parole. Elle vérifie des faits. Et c'est ce qui, aujourd'hui, est
05:35le processus qui vient de débuter.
05:37Vous dites qu'on ne sait rien du dossier, évidemment. Nous n'avons pas, nous, journalistes, accès au dossier. C
05:40'est une évidence. En revanche, on a accès à un certain nombre de témoignages.
05:43On va en parler dans cette interview, mais il y a un certain nombre de témoignages qui ont été portés
05:47à la connaissance des Français. Vous, vous dites, on ne devrait même pas avoir accès à ces témoignages-là.
05:51Ils ne devraient pas exister.
05:52Oui, parce que si on veut qu'une enquête sérieuse soit menée, si on veut aboutir, et c'est tout
05:57l'objet d'une information judiciaire, à la manifestation de la vérité,
06:01on ne peut pas débattre sur un plateau télé ou à la radio d'éléments d'accusation comme d'éléments
06:08de défense.
06:08Ou alors, on annule complètement l'ensemble du procès judiciaire qui est mené par qui ? Par des autorités, magistrats,
06:15policiers, qui sont formés, qui sont indépendants,
06:18et qui vont examiner attentivement, objectivement, chacun des faits.
06:22Mais donc, vous dites que ces femmes qui accusent Patrick Oubrien ne devraient pas se livrer publiquement ?
06:26En tout cas, ce n'est pas moi ce que je ferais si j'étais l'avocat déplaignante, parce qu
06:32'encore une fois, il faut que ces faits-là soient vérifiés
06:35et venir les livrer sans aucun contrôle, parce qu'en réalité, vous n'avez aucun moyen de contrôler le témoignage.
06:44Vous pouvez le recueillir, mais vous n'avez pas de moyen de le contrôler, vous n'avez pas de moyen
06:47de le vérifier.
06:48On peut le recueillir, on peut vérifier si la personne en a parlé à des proches, on peut vérifier un
06:51certain nombre de choses.
06:52Oui, mais vous n'avez pas...
06:54Alors, on n'a pas le pouvoir d'enquête, évidemment, il n'y en a pas les moyens, les enquêteurs,
06:56ça c'est évident.
06:57Et surtout, les enquêteurs, il y a une procédure qui encadre leur travail,
07:01et qui fait qu'une déclaration recueillie par un officier de police ou par un magistrat
07:06n'a pas la même valeur probante que celle que je peux recueillir, que vous pouvez recueillir en tant que
07:11journaliste.
07:12On verra dans une seconde pourquoi Patrick Oubrien est mis en examen et les charges sont lourdes, je le disais
07:16tout à l'heure,
07:16mais juste une chose, il est placé sous contrôle judiciaire.
07:18Pour expliquer à nos téléspectateurs ce soir ce que ça veut dire,
07:20ça veut dire qu'il doit, ou il l'a déjà, il va payer d'abord une caution de 500
07:24000 euros, c'est comme ça que ça marche ?
07:25Voilà, il est soumis à un certain nombre d'obligations, que naturellement il va respecter,
07:30parmi lesquelles une caution, c'est une obligation de contrôle judiciaire qui est tout à fait classique,
07:35et voilà, il perd à sa caution dans le délai donné.
07:38Pourquoi les juges lui imposent un suivi psychologique ?
07:42Là aussi, en cette matière, c'est une obligation qui est assez classique,
07:46donc c'est un suivi psychologique, une fois par mois, aller voir un psychologue.
07:49Mais comment est-ce que lui vit le fait qu'on lui dise qu'il va falloir, d'une certaine
07:52manière, vous soigner ?
07:53Parce que c'est ça que disent les juges.
07:54Non, ce n'est pas une obligation de se soigner, parce qu'il n'y a pas de maladie, donc
07:58ce n'est pas ça le sujet.
07:59Le sujet, c'est avoir un suivi par un psychologue, à la durée que je vous ai dit, c'est
08:04-à-dire une fois par mois,
08:06et en justifier auprès des magistrats instructeurs.
08:08Et pourquoi est-ce que les juges lui interdisent d'aller dans des salons de massage ?
08:11Là aussi, on est dans des obligations qui sont tout à fait habituelles.
08:14À partir du moment où il se trouve que deux femmes accusent M. Bruel de fait qu'il aurait été
08:22commis dans un salon de massage,
08:23on lui demande de ne plus s'y rendre.
08:25Mais ce qu'il faudrait également relever, Maxime Switek, c'est ce qu'il n'y a pas.
08:30Et notamment, il n'y a pas, alors que là il y a une forme aussi de pression médiatique là
08:35-dessus,
08:35il n'y a pas d'interdiction pour M. Patrick Bruel d'exercer son métier.
08:39Il n'y a pas d'interdiction de M. Patrick Bruel de se produire ou de donner un concert s
08:44'il le souhaitait.
08:45Et ça, je pense que c'est important parce que ça aurait constitué une sanction avant même que l'enquête
08:52ne débute,
08:52alors que Patrick Bruel est présumé innocent.
08:55On y reviendra tout à l'heure effectivement, Elisa, parce qu'il y a une tournée, alors une partie des
08:58concerts qui ont été annulés,
08:59d'autres qui sont maintenus, on y reviendra dans un instant sur le fait qu'il puisse toujours exercer son
09:03métier de chanteur
09:04et savoir s'il en a envie, s'il souhaite le faire dans les mois qui viennent, on va en
09:08parler.
09:09Mais votre client est donc mis en examen pour le moment dans quatre dossiers différents.
09:12Au départ, le parquet en retenait neuf.
09:15Comment avez-vous réussi à éviter d'une certaine manière quatre mises en examen supplémentaires
09:20ou cinq mises en examen supplémentaires à votre client ?
09:23Alors, je ne suis pas autorisée à aborder le fond de l'affaire.
09:27Donc je ne vais pas livrer ici le moindre élément de la procédure.
09:32Voilà. Donc simplement, on débat à un moment donné, ça c'est la procédure, devant les juges d'instruction.
09:37La défense expose ses arguments.
09:40La seule question qui se pose est de savoir s'il existe des indices.
09:43Vous avez parlé de charges tout à l'heure, on n'en est même pas à s'interroger sur l
09:47'existence de charges.
09:48Ce sont des indices graves ou concordants ?
09:49Voilà, exactement.
09:49C'est la loi et c'est ce qui permet de mettre en examen quelqu'un.
09:51Voilà. Et donc, effectivement, pour quatre des neuf cas, les magistrats instructeurs ont considéré
09:56que ces indices n'existaient pas. Pour quatre autres, qu'ils existaient.
10:01Et donc, les investigations sur ces quatre cas-là vont débuter.
10:05Il faut bien comprendre que le statut de mise en examen, c'est un statut qui offre à Patrick Burel
10:10des droits.
10:11Le droit d'avoir accès au dossier, le droit de demander des actes, confrontation, des expertises, l'audition de témoins.
10:18Donc, la mise en examen, ce n'est pas la fin de la procédure. C'est le tout début. On
10:23est aux prémices de cette information judiciaire.
10:25– Je fais une toute petite parenthèse parce qu'on me signale que votre téléphone sonne et vibre beaucoup.
10:29Et en tout cas, résonne dans le…
10:30– Alors, ce n'est pas mon téléphone.
10:31– Résonne dans le micro.
10:32– Ah, bon, maître Colin dit que ce n'est pas son téléphone.
10:35– Laissez-le, voilà, laissez-le là à distance. Merci, pardon pour cette interruption.
10:39Je vais redonner l'effet, les raisons et les dossiers dont on parle ce soir.
10:44Patrick Burel est mis en examen pour le viol en 2008 chez lui d'une jeune femme de 20 ans
10:47rencontrée lors du concours de Miss France.
10:48Mise en examen pour une tentative de viol à Bruxelles en 2010 d'une attachée de presse.
10:52Mise en examen pour agression sexuelle sur une masseuse de Perpignan en 2019.
10:55Mise en examen pour harcèlement, là aussi sur une masseuse en 2019 à Ajaccio.
11:01Lui, ni totalement. Pour lui, tout ça n'a pas existé.
11:04– Alors, encore une fois…
11:06– Je ne vous interroge pas, fait par fait, mais globalement.
11:09– Non, non, mais non pas que je ne peux pas ou que je ne voudrais pas entrer dans tous
11:14ces détails.
11:15Simplement, je n'y suis pas autorisée.
11:17Et à partir du moment où on est dans un processus judiciaire
11:19et qu'en tant qu'avocat, moi, je suis tenue de surcroît au secret professionnel,
11:23je n'ai pas le droit de répondre à cette question.
11:26Ce que je peux vous dire, c'est que Patrick Brurel est déterminé,
11:30au moment où je vous parle, à démontrer son innocence.
11:33Voilà. Sur ces quatre cas, en particulier.
11:36– Comme sur les autres. Mais lui-même a dit,
11:38il y avait eu un message qui avait été posté sur les réseaux sociaux,
11:40a dit qu'il niait absolument tout ce qui pouvait lui être reproché,
11:43qu'il n'avait jamais contraint ou drogué qui que ce soit.
11:45C'était juste après les accusations portées par Flavius.
11:47– Et il le maintient, naturellement.
11:48– Et là, ça ne concerne pas ces choses-là.
11:51– Mais vous ne nous dites, je veux dire, même pas ce soir, il nie.
11:56– Pardon, excusez-moi.
11:57– Vous ne nous dites même pas ce soir, il nie.
11:59Ça me paraît…
12:00– Bien sûr, il conteste absolument les faits qui lui sont reprochés.
12:04Il maintient ce qu'il a indiqué dans son message sur les réseaux sociaux, naturellement.
12:08– Et quand vous dites qu'il est prêt à se défendre,
12:10il a des éléments, des arguments pour se défendre.
12:12C'est-à-dire, on a entendu un certain nombre,
12:14ou lu les déclarations d'un certain nombre de ses proches dire
12:16« Il a gardé des messages, il a gardé des SMS, il a gardé des échanges,
12:20et il va prouver qu'il n'y avait pas eu de contraintes et qu'il n'y avait pas
12:23eu de viol. »
12:24– Ce sont ces éléments qui ont été portés et qui vont être portés
12:27à la connaissance des magistrats instructeurs,
12:29qui parallèlement vont mener des investigations
12:32pour aboutir à la manifestation de la vérité.
12:35– Est-ce qu'il a eu un mot, Patrick Bruel,
12:38au moment d'être interrogé, ou en dehors d'ailleurs,
12:40pour ces femmes qu'il a pris ?
12:42– De nouveau, je ne suis pas autorisée,
12:44je suis navrée, je vais me répéter,
12:46à vous livrer la moindre des déclarations
12:48qui a été faite par Patrick Bruel dans le cadre de ces auditions.
12:51Ce que je peux vous dire,
12:53c'est qu'il conteste les faits et les qualifications pénales
12:57qui lui sont opposées,
12:58et que tout l'objet de cette information judiciaire,
13:00c'est de vérifier, de vérifier les faits,
13:03lorsque les vérifications sont possibles.
13:04Et pour cela, ils coopèrent pleinement
13:07avec les autorités judiciaires
13:08pour aboutir à cette manifestation de la vérité.
13:11– Est-ce que toutes ces femmes mentent ?
13:14– Maxime Souetec, ce qu'il faut bien entendre,
13:18c'est que vous avez un certain nombre de dénonciations,
13:21et qu'on ne peut pas faire de généralité de tout.
13:24Vous avez des ressentis,
13:26vous avez des perceptions
13:28qui peuvent évoluer avec le temps.
13:31Souvent, et on le voit ici,
13:33les faits qui sont dénoncés sont des faits,
13:34très anciens.
13:36Vous pouvez aussi avoir…
13:37– Pas tous, pardon, pas tous.
13:37– Pas tous, mais une partie.
13:39– Je donnais les dates, 2008, 2010, 2019, pour deux des cas.
13:43– Oui, alors, 2019, c'est les cas des masseuses,
13:46et les autres cas, c'est 2008 et 2010.
13:49Bien sûr que des femmes peuvent mentir.
13:52C'est-à-dire que ce n'est pas un gros mot que de le dire.
13:54Et ici, il faut examiner chaque dénonciation au cas, le cas,
13:59et ne pas faire une généralité.
14:00Et donc, c'est ce à quoi vont s'attacher
14:02les juges d'instruction et les avocats.
14:04– Mais lui, comment est-ce qu'il s'explique ?
14:07Je veux dire, l'amoncellement de faits et de témoignages contre lui.
14:11– Écoutez, je pense que le déferlement médiatique
14:14que vous avez constaté avec nous tous
14:17a pu participer à cette accumulation de plaintes.
14:20Et encore une fois, elles vont être chacune,
14:23une à une, de manière particulière, examinées et vérifiées.
14:27– Mais si je vous suis, maître, c'est parce qu'une a dénoncé,
14:30alors qu'une autre se serait dit, tiens, en réalité, j'ai été violée.
14:34C'est comme ça que ça… pour vous, c'est comme ça que ça…
14:36D'une certaine manière, il y aurait une pollution de dossier en dossier.
14:39– Non, ce qui est possible en tout cas, et ça, je l'ignore,
14:43et peut-être, je l'espère en tout cas,
14:45que l'information judiciaire pourra le mettre en lumière,
14:48on ne peut jamais exclure des formes de contamination.
14:51Et encore une fois, je fais ici une généralité,
14:53puisqu'il faut vraiment prendre chaque dossier un à un,
14:56chaque profil est particulier,
14:59chaque fait dénoncé peut être vérifié d'une manière ou d'une autre.
15:02Et si vous voulez, cette manière de faire une généralité,
15:05c'est une manière, quelque part, de tromper le public.
15:08Comme si on souhaitait absolument faire dire à M. Bruel
15:11que toutes ces femmes étaient des menteuses.
15:13Les choses sont infiniment plus complexes et plus délicates que cela.
15:17Et vous le savez bien.
15:18Donc il ne faut pas choisir cette voie de la facilité,
15:21en disant, alors donc, c'est toute démonteuse.
15:23Tout ça est infiniment plus complexe.
15:25Ça veut dire, je reprends vos termes tout à l'heure,
15:26certaines femmes peuvent mentir, d'autres peuvent se tromper.
15:29C'est comme ça que vous résumez les choses ?
15:31On peut mentir, on peut se tromper,
15:32on peut avoir des perceptions qui évoluent au fil du temps,
15:37on peut être déçu.
15:39Tout est possible, encore une fois.
15:40Je voudrais qu'on entende l'une de celles qui accuse Patrick Bruel
15:44et qui est directement concernée,
15:45parce qu'elle est dans ses quatre dossiers qui ont été retenus,
15:47quatre premiers dossiers qui ont été retenus hier.
15:50C'est Karine Wieser, qui est donc attachée de presse en 2010 à Bruxelles,
15:55qui croise Patrick Bruel ce jour-là.
15:57Elle l'accuse, Patrick Bruel, de tentative de viol.
15:59En tout cas, c'est ce qu'a retenu aujourd'hui la justice française
16:02dans cette mise en examen.
16:04Et elle raconte, d'une certaine manière, sa vie aujourd'hui.
16:06Je ne suis pas sur les faits.
16:06Sa vie aujourd'hui.
16:07Et quel intérêt elle aurait à dénoncer médiatiquement Patrick Bruel ?
16:11Et voici ce qui est devenu sa vie depuis qu'elle l'a fait.
16:15Depuis deux mois et demi, en fait, depuis ma plainte le 24 mars,
16:20ma vie a totalement changé.
16:21Elle est rythmée en fonction de l'évolution des faits de la vie de Patrick Bruel,
16:27du rythme qu'elle avance, le dossier,
16:30de mon audition qui va bientôt être faite également.
16:36Évidemment, je passe par différents stats avec une fatigue émotionnelle très poussée,
16:43mais avec une motivation qui reste réelle.
16:47Elle raconte cette vie chamboulée par cette affaire et par ce qui lui est arrivé
16:50et par ce qui se passe aujourd'hui judiciairement parlant.
16:52Est-ce que vous reconnaissez que ces femmes n'ont aucun intérêt à dénoncer médiatiquement ?
16:56D'abord, ce que je viens d'entendre, c'est une femme qui explique qu'elle est sa vie
17:02depuis que la plainte qu'elle a déposée a été médiatisée.
17:06Elle n'a pas été médiatisée, vous ne me le considérez,
17:09ni par M. Bruel, ni par ses avocats, ni par les autorités judiciaires.
17:13Non, non, c'est pas elle qui l'a choisie en toute connaissance de quoi.
17:15Et donc, elle explique qu'elle est médiatiquement exposée
17:18à partir du moment où elle a choisi de médiatiquement exposer sa dénonciation.
17:23Donc, son intérêt, moi je ne suis pas dans sa tête,
17:26je ne l'ai pas dans les pensées des autres.
17:28Et encore une fois, je demande simplement, nous demandons simplement
17:31à ce que le processus judiciaire soit respecté pour M. Bruel,
17:35comme pour n'importe quel judiciaire, comme pour vous, Maxime Soutec,
17:37si vous étiez accusé de violence sexuelle par une femme.
17:41Et bien, simplement, on vérifie les propos de cette femme.
17:45Voilà, tout simplement.
17:47Quatre mises en examen hier, quatre faits, vous le disiez,
17:49qui ont été, pour l'instant, qui ont valu à Patrick Bruel,
17:53un placement sous le statut de témoin assisté.
17:55Est-ce que vous craignez, dans les semaines qui viennent,
17:58et que les semaines qui viennent, d'une certaine manière,
17:59soient rythmées aussi par de nouvelles plaintes ?
18:02Certaines avocates annoncent au moins trois nouvelles plaintes
18:04dans les jours qui viennent, et donc par de nouveaux entretiens
18:08chez le juge d'instruction éventuellement.
18:09Est-ce que ça va être ça, l'avis de Patrick Bruel,
18:10dans les semaines qui viennent ?
18:11Alors, je ne sais pas exactement quel va être le calendrier judiciaire,
18:14mais s'il y a de nouvelles plaintes, elles seront accueillies,
18:17elles seront examinées, et Patrick Bruel répondra de nouveau
18:20à toutes les questions sur celles-ci.
18:22Il n'y a absolument pas de difficulté pour lui
18:24à participer à l'œuvre de justice.
18:26Est-ce que Patrick Bruel demandera à être confronté
18:28à toutes ces femmes ?
18:29Il n'aura aucune difficulté à être confronté absolument
18:32avec ces femmes.
18:33On peut le réclamer dans ces cas-là ?
18:34Il peut le demander.
18:35On pouvait le demander pour lui ?
18:36Bien sûr.
18:37Bien sûr, c'est possible.
18:38Y compris, par exemple, on verra ce qui se passera
18:41dans les jours et les semaines qui viennent,
18:43confronté à Flavie Flamand, par exemple ?
18:45Oui, c'est absolument possible.
18:47Et il n'y a pas de difficulté.
18:49J'ai entendu Flavie Flamand à l'antenne
18:53chez un de vos confrères dire qu'elle n'aurait pas
18:56de difficulté à être confrontée avec M. Patrick Bruel.
18:59J'indique pour ma part que Patrick Bruel
19:02n'aura aucune difficulté non plus
19:03à être confrontée à Mme Flavie Flamand.
19:06Une chose, Lisa Hadef,
19:08on parlait au tout début de cette interview
19:10du fait que la justice n'interdit pas à Patrick Bruel
19:12d'exercer son métier.
19:13Donc aujourd'hui, il peut remonter sur scène ?
19:15Oui, parce que légalement, je parle sous votre contrôle,
19:16juridiquement, il peut,
19:18parce qu'il n'a pas été placé en détention provisoire,
19:20parce que parmi les interdictions qu'il doit respecter,
19:22faire des concerts, exercer son métier,
19:24et vous l'avez rappelé, ne figure pas sur la liste,
19:26et parce que les faits pour lesquels il est mis en examen
19:29ne se sont pas produits dans ce cadre.
19:31En plus, Patrick Bruel est son propre producteur,
19:33donc il peut tout à fait maintenir les concerts
19:35qui sont prévus sur sa tournée.
19:37Et on est allé tout à l'heure sur son site internet,
19:39à ce stade, toutes les dates prévues cet été en festival
19:41sont annulées.
19:42C'est la même chose pour les dates au Canada.
19:44La tournée de Patrick Bruel commencerait donc à Chartres,
19:47le vendredi 2 octobre,
19:49et parmi la trentaine de dates de concerts
19:50qui existent encore,
19:52il y en a certaines qui posent certaines interrogations,
19:54puisque Patrick Bruel, sauf erreur de ma part,
19:56n'a pas le droit de quitter le territoire national.
19:58Est-ce qu'il pourrait, par exemple, aller en Suisse
20:01pour donner un concert,
20:02si par exemple il demandait une dérogation
20:04à titre exceptionnel pour se produire ailleurs qu'en France ?
20:06Oui, absolument, vous avez raison.
20:08On peut être interdit dans le cadre d'un contrôle judiciaire
20:11de quitter certaines limites territoriales,
20:13ici le territoire métropolitain,
20:15mais il est possible aux avocats d'un mise en examen
20:18de solliciter une dispense temporaire
20:20pour permettre d'aller de telle date à telle date à l'étranger.
20:25Est-ce qu'il veut remonter sur scène ?
20:28Mais écoutez, je n'ai pas cette information.
20:30Ce que je sais, et pour ce qui m'intéresse moi,
20:32s'il le souhaite, il le peut,
20:34puisque des magistrats,
20:36quatre juges d'instruction,
20:38un juge des libertés de la détention après eux,
20:40qui ont connaissance, contrairement à vous,
20:43du dossier de la procédure,
20:45ont estimé que ça ne poserait aucune difficulté.
20:47Il ne craint pas, aujourd'hui, vous en avez forcément parlé,
20:49il ne craint pas aujourd'hui que sa carrière soit terminée ?
20:53Mais non, encore une fois,
20:54M. Bruel, comme moi,
20:56et je partage cet avis,
20:59il croit en la justice.
21:01Aujourd'hui, il est présumé innocent.
21:02Pourquoi voudrait-on que Patrick Bruel,
21:05parce qu'il est Patrick Bruel,
21:06il soit sanctionné avant même
21:08que les vérifications les plus élémentaires
21:10aient été réalisées ?
21:11Rendez-vous compte de l'injustice que ça représente.
21:15Moi, je ne demande à personne
21:17de croire M. Bruel sur parole.
21:19Mais s'il était innocent,
21:20posez-vous juste la question,
21:21s'il était innocent,
21:22est-ce que ce ne serait pas injuste
21:24de l'avoir, à ce point-là, stigmatisé,
21:26de l'avoir empêché de travailler,
21:28si on s'apercevait, dans deux ans,
21:30dans trois ans,
21:31qu'il n'avait rien fait
21:32et qu'il était innocent,
21:34comme il le dit,
21:35avec force, aujourd'hui ?
21:36Mais donc, vous êtes son avocat,
21:37vous êtes son conseil,
21:38vous lui conseillez
21:39de retourner sur scène,
21:40de faire son métier,
21:41justement, pour montrer que,
21:42voilà, présumé son innocence,
21:44je n'ai rien fait,
21:45donc je continue.
21:46Mais M. Bruel prendra
21:48les décisions qu'il souhaite
21:49dans l'exercice
21:49de son travail artistique.
21:51Moi, je suis son avocat,
21:52je suis en charge,
21:53avec Céline Lassec
21:54et Christophe Ingrain,
21:54d'une procédure judiciaire
21:56et c'est dans ce cadre,
21:57exclusivement,
21:58que j'interviens
21:59en respectant les règles
22:00de la procédure judiciaire.
22:02Vous dites,
22:03vous disiez à l'instant
22:04que tout ça se fait
22:06ou se ferait
22:07alors même que les vérifications
22:08les plus élémentaires
22:09n'ont pas encore été faites.
22:10Quand on met en examen
22:12quelqu'un,
22:12forcerie pour des charges
22:13aussi lourdes,
22:15c'est bien avec des indices
22:16graves et concordants.
22:17Ça veut dire que les enquêteurs
22:19ont quand même vérifié
22:20un certain nombre de choses
22:21avant de mettre en examen
22:21Patrick Bruel.
22:22Ils ne le font pas
22:23uniquement sur la foi
22:24d'un témoignage.
22:25Alors, une mise en examen
22:26peut absolument intervenir
22:28sur la foi d'un témoignage
22:29puisque si les magistrats
22:30instructeurs considèrent,
22:31et là encore une fois
22:32je parle de manière générale,
22:34qu'un témoignage existe,
22:36il peut considérer
22:37qu'il s'agit d'un indice grave.
22:38Il n'est pas concordant,
22:40il est grave.
22:40Et donc, il permet
22:41une mise en examen
22:42qui elle-même
22:43va être le point de commencement,
22:45le point d'entrée
22:46des investigations
22:47visant à vérifier
22:48les positions
22:49des uns des autres.
22:51Et encore une fois,
22:52on peut recourir
22:52à un grand nombre
22:53d'investigations.
22:54Il n'y a pas que les témoins,
22:55il y a des éléments matériels,
22:58des messages,
22:59des attestations,
23:01des expertises, etc.
23:02On est encore une fois
23:03au tout début du process.
23:05Je crois qu'il faut vraiment
23:06le respecter.
23:07Merci.
23:07Merci.
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