- il y a 3 heures
95 films, un César, 65 pièces de théâtre, un Molière : une carrière de comédien comme la sienne, beaucoup en rêvent. Et pourtant, sur scène, il présente aujourd'hui ses lettres d'excuses : pour nous partager ses regrets d'avoir laissé sa mère finir sa vie dans un ehpad, pour prolonger son amour à son fils disparu dans un accident de voiture, mais aussi pour clamer son amour du métier de comédien. Une voix, un phrasé, une humanité qui nous rapproche encore un peu plus de ce comédien qui fait partie de nos vies depuis près de 60 ans. Cette semaine, Patrick Chesnais est l'invité de Rebecca Fitoussi dans l'émission Un monde, un regard. Année de Production :
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00:04Musique
00:23On n'en a pas tant que ça des acteurs qui ont si bien accompagné nos vies pendant des décennies.
00:28Des acteurs dont on reconnaîtrait la voix entre mille, le phrasé si singulier, le débit devenu si familier.
00:35Des acteurs dont on aime retrouver le visage, les mous, la moustache, entendre le souffle à chaque film, observer la
00:42tendresse, l'humanité et la simplicité à chaque pièce.
00:46Des œuvres dans lesquelles il a joué, il y en a eu beaucoup, certains ont compté.
00:4995 films, 65 pièces, des séries, des téléfilms, chacun retiendra le rôle qu'il a le plus marqué.
00:56Dans « Je ne suis pas là pour être aimé » peut-être, un titre qui semble tellement lui ressembler.
01:01Ou dans « La lectrice », ce rôle qui lui a offert un César.
01:04À moins que ce ne soit dans « Les beaux jours » et ce trio irrésistible avec Fanny Ardent et
01:08Laurent Laffitte.
01:09Là où il est irrésistible en ce moment, c'est sur la scène du théâtre de Pochemont-Parnasse.
01:13Tous les lundis jusqu'en juillet, dans sa lecture de lettres d'excuses mises en scène par sa fille, Émilie.
01:18Des excuses présentées à Ferdinand, à sa mère, à sa mémé de la Garenne ou encore à Mathilde Amet.
01:24Pourquoi des excuses ? A-t-il fait tant d'erreurs que cela ?
01:27Ce spectacle est-il une manière de remettre les compteurs à zéro ?
01:30Posons-lui toutes ces questions, bienvenue, dans un monde d'un regard, bienvenue.
01:33Patrick Chenet, merci d'avoir accepté notre invitation ici au Sénat.
01:37Ça fait quelque temps que ce spectacle existe et que vous les présentez, ces excuses.
01:41Alors pour les personnes qui sont encore là, pour les entendre,
01:44avez-vous été pardonnées en telle, étaient entendues ces excuses ?
01:47Alors vous savez, le mot excuse peut s'employer de différentes manières.
01:54Alors c'est vrai, il est vrai que je m'excuse, parce qu'il y a matière à s'excuser.
01:58On a tous des excuses à présenter à un moment ou à un autre, à quelqu'un ou à quelque
02:04chose.
02:05Et puis aussi je joue avec le mot excuse, c'est-à-dire que je ne m'excuse pas en
02:11réalité,
02:12c'est-à-dire que je choisis le préalable de l'excuse pour pouvoir dire ce que j'ai envie
02:16de dire,
02:16ou m'adresser à une personne, pas forcément à des personnes,
02:20d'ailleurs ça peut être aussi des concepts, des lieux, des situations,
02:24je m'excuse auprès du soleil par exemple, ou auprès du jazz, voilà.
02:28– La démarche de présenter des excuses est rare quand même dans une époque
02:31où les égaux sont surdimensionnés, où on a l'impression…
02:35– Alors je vais m'envoyer peut-être quelques…
02:39– Quelques fleurs, allez-y.
02:40– Oui, je ne sais pas si c'est des fleurs, mais pour pouvoir présenter ces excuses,
02:46il faut avoir une force en soi.
02:48Les gens qui sont dans un moment de faiblesse, qui ne s'excusent pas, au contraire.
02:55Pour s'excuser, il faut avoir un sentiment, non pas de puissance,
02:58parce que ce serait… mais d'équilibre, quelque chose qui va bien
03:04et on a envie de s'adresser à quelqu'un ou à quelque chose
03:07pour présenter des excuses.
03:09– Alors la première lettre d'excuses que vous lisez
03:11est celle adressée à votre fils Ferdinand,
03:13mort dans un accident de la route en 2006, il avait 20 ans.
03:16« Je m'excuse de ne pas t'avoir protégé,
03:18je m'excuse de ne pas pouvoir t'admirer grandir,
03:21je m'excuse de ne pas être témoin à ton mariage. »
03:23C'était une évidence de commencer ce spectacle
03:26et ces lettres d'excuses par lui ?
03:28– C'était difficile, difficile de confronter le public
03:33avec ce genre de lettres qui est très dure, très difficile,
03:37c'est la perte, puisque j'évoque la mort de mon fils
03:40à un accident de voiture, à 20 ans.
03:44Donc beaucoup de gens sont au courant,
03:45d'autres non, le découvrent à ce moment-là
03:47et je sens quand même quelque chose qui se fige dans le public,
03:54se fige, pas forcément dans le mauvais sens,
03:56mais il y a une espèce de sidération d'un type,
04:00d'un père qui s'excuse auprès de son fils mort.
04:03– Oui, parce qu'on a tendance…
04:04– Il a fallu, non, pas s'en débarrasser,
04:06mais je voulais évidemment à un moment ou à un autre
04:09parler de mon fils, je ne pouvais pas faire de l'impasse là-dessus,
04:13et où mettre la lettre ?
04:16J'ai voulu la mettre dès le début, non pas pour en finir,
04:20mais que les choses soient claires.
04:22– Vous vous êtes senti suffisamment fort
04:24pour lui présenter ses excuses et commencer par cela ?
04:27Parce que les gens qui ont eu le malheur,
04:29le terrible malheur de perdre un enfant,
04:31ont plutôt tendance à se mûrer dans le silence,
04:33et vous, c'est tout l'inverse ?
04:34Vous parlez de lui, vous vous adressez à lui ?
04:37– Oui, c'est vrai ce que vous dites,
04:40mais pas toujours.
04:42Je crois que ça fait du bien de parler,
04:44ça fait du bien d'évoquer ce drame épouvantable.
04:52et de ne pas le mettre sous le capot, quoi.
04:58Et, enfin, vous savez, j'ai souvent dit,
05:01mais après l'enterrement de mon fils,
05:03il y a eu de très belles cérémonies
05:07avec tous ses amis qui ont chanté, etc.
05:13Quelqu'un m'a dit qu'il avait vécu quelques années de plus.
05:17Donc j'ai voulu, ça m'a profondément,
05:22intrigué, donc j'ai voulu,
05:23quelques années de plus, mais rester dans l'oreille.
05:25Donc j'ai voulu qu'on en parle.
05:27J'ai écrit un bouquin, j'ai fait un film.
05:29– Vous avez créé une association aussi ?
05:30– J'ai créé une association.
05:31– L'association Ferdinand.
05:32– Oui, puisqu'il est mort de la personne qui conduisait.
05:36– Il était alcoolisé.
05:37– Il était alcoolisé.
05:38Enfin, je ne vais pas revenir là-dessus en détail,
05:40j'en ai suffisamment parlé.
05:41Mais voilà, donc je pense qu'en parler,
05:45on lui envoyait des lettres d'excuses,
05:47faire un bouquin sur lui,
05:48était une façon rituelle de prolonger son existence
05:53d'une autre façon, évidemment.
05:55– Dans ces lettres d'excuses,
05:56vous vous adressez aussi à votre mère,
05:57vous évoquez sa lassitude et son isolement en Ehpad.
06:00Comment va le petit ?
06:01Vous répète-t-elle sans cesse.
06:03– Oui.
06:03– Et vous culpabilisiez de la laisser après l'été
06:05à l'île de Ré où elle était justement si heureuse
06:08et vous dites, voilà, je te fausse compagnie,
06:10je te largue au milieu des odeurs pestilentielles de vieux,
06:13de silhouettes affaissées tout le long du couloir,
06:15du silence impressionnant.
06:16Vous trouvez qu'on s'occupe mal de nos aînés aujourd'hui ?
06:19– Oui.
06:22On ne s'en occupe pas comme il faut.
06:24C'est vrai que les aînés sont souvent dépendants
06:27de tout un tas de choses physiquement.
06:30Et je trouve que ce qui est mis à leur disposition,
06:34le système qui fait qu'on les accompagne
06:36jusqu'à ce qu'ils s'en vont,
06:38ils s'en aillent.
06:41D'abord, c'est très cher souvent.
06:43C'est très, très cher.
06:45Tout le monde ne peut pas y accéder
06:47ou y accéder dans des conditions difficiles.
06:50Et je trouve qu'il devrait y avoir une…
06:54Pour les aînés, pour nos aînés,
06:57dont je commence à me sentir visé,
07:02il faut avoir un peu plus d'attention d'accompagnement,
07:07de systèmes, je ne sais pas, d'endroits, de techniques,
07:13de personnel qui s'occupe de ça.
07:16Qu'est-ce que ça dit de notre société,
07:17le fait qu'on s'en occupe pas si bien que ça ?
07:20– Justement, je pense souvent à ça.
07:23Je trouve qu'à une certaine époque, dans nos sociétés,
07:26il y avait une espèce de grandeur,
07:29de mise en valeur des sages,
07:32de la sagesse qui représentait les vieilles personnes,
07:37les anciens.
07:39– C'est encore le cas, dans des civilisations,
07:41dans certaines cultures,
07:42et d'ailleurs on garde les aînés à domicile.
07:44– Bien sûr.
07:45– Et on ne le fait plus.
07:45– Et là, c'est un peu plus compliqué,
07:47parce que ça coûte cher,
07:49parce qu'on n'a pas les moyens,
07:51parce que les endroits sont petits, etc.
07:55Donc moi, je ne vais pas…
07:56Mais ce qu'ils ne me regardent pas,
07:58on me pose la question,
07:58j'essaye de répondre le moins mal possible,
08:01je ne suis pas politique, rien,
08:02mais enfin, je sais qu'il faudrait quand même
08:04faire des efforts là-dessus, franchement.
08:06– Ce spectacle est plein de moments drôles,
08:08aussi, pas que des moments là qu'on vient d'évoquer.
08:11On sent en tout cas le plaisir de jouer
08:12qui reste intact.
08:14C'est le cas ?
08:14C'est ce qu'on ressent ?
08:15C'est le cas ?
08:16– Ah ben, c'est une…
08:17On est au théâtre,
08:19c'est une…
08:19On appelle ça un salon-scène,
08:21mais où je joue,
08:22je fais la représentation,
08:25je fais le spectacle.
08:26Les gens rient beaucoup.
08:28Moi, ma manière,
08:30c'est de passer de l'émotion,
08:34voilà,
08:35d'évocation de choses compliquées
08:38au burlesque,
08:39parfois les mélanger,
08:40j'aime bien ça,
08:41c'est un peu mon terrain de jeu.
08:43Et les gens rient beaucoup,
08:45et moi,
08:46j'aime bien que les gens rient beaucoup.
08:48Moi, je dis qu'une représentation
08:50où les gens ne rient pas,
08:51c'est un peu raté, je crois.
08:54Vous savez,
08:54même dans Britannicus,
08:57j'ai vu des représentations
08:58où les gens rient.
08:59Parce que quand les gens se reconnaissent
09:01ou reconnaissent que la situation
09:02est très juste,
09:03est très bien représentée,
09:04il y a une espèce
09:06de satisfaction
09:07de voir la présentation.
09:10– Voilà, on n'est pas seul.
09:11Les gens réagissent par de rien.
09:13– C'est très universel.
09:14J'ai un document
09:15à vous proposer,
09:15Patrick Chenet.
09:16Alors, vous allez évidemment
09:17le reconnaître tout de suite,
09:17je vais le décrire
09:18pour les gens qui nous écoutent.
09:19C'est une archive.
09:20Il s'agit de Michel Bouquet,
09:21en bonnet de nuit,
09:22sur la tête.
09:23– Dans le malade imaginaire,
09:24j'ai réagi.
09:24– Dans le malade imaginaire,
09:25exactement,
09:26de Molière,
09:26en septembre 2008,
09:27au théâtre de la Porte Saint-Martin,
09:29à Paris,
09:29lors d'une répétition.
09:30J'ai cru comprendre
09:31qu'il était votre modèle,
09:32votre référence absolue.
09:33Vous dites,
09:34j'ai plus appris
09:35en jouant cent fois avec lui
09:36qu'en trois ans de conservatoire.
09:38– Oui, oui,
09:39ce n'est pas très gentil
09:39pour le conservatoire.
09:41Enfin, c'est une phrase comme ça,
09:42mais c'est vrai que
09:44je jouais avec lui
09:45et j'avais simplement une scène.
09:46J'étais encore au conservatoire,
09:47d'ailleurs.
09:48J'étais tout jeune acteur
09:49et j'allais dans la salle après
09:51pour voir,
09:53parce que,
09:54bon,
09:55j'avais un petit ami
09:56qui était ouvreuse,
09:57j'attendais la fin
09:58de son service.
09:59– Ah, on a les coulisses.
10:01– Comme ça,
10:02vous savez tout.
10:04Et donc,
10:04je voyais Michel Bouquet
10:05en liberté
10:06et j'ai énormément appris
10:10ce qu'il fallait faire
10:11ou ne pas faire.
10:12Et les jours avec,
10:13les jours sans,
10:14comme toutes les créations artistiques,
10:16comme tous les…
10:17même les footballeurs
10:18ont des jours avec,
10:19des jours sans,
10:20même les athlètes,
10:22les artistes,
10:24les interviewers.
10:24– C'est vrai,
10:25aussi,
10:26vous avez raison.
10:26– Voilà.
10:27et cette façon
10:29qu'il avait
10:29de tourner
10:32le problème
10:33quand il n'était pas dedans
10:36m'apprenait énormément.
10:38Non, non,
10:39c'était…
10:40c'était un show total
10:44avec…
10:45c'était avant tout
10:46un acteur d'instinct.
10:47On parlait de son intelligence,
10:48de ça,
10:48il avait une réflexion
10:49sur son métier,
10:50sur l'art de l'acteur,
10:51bien sûr,
10:52qu'on peut avoir,
10:53que beaucoup de gens ont.
10:54lui, il avait porté
10:55à un degré
10:56très fort,
10:58très intéressant,
10:59mais c'était surtout
10:59un acteur d'instinct
11:00qui aimait le jeu,
11:01qui aimait jouer un personnage
11:03et le donner au public,
11:05le partager avec le public.
11:06– À propos du métier d'acteur
11:08et du jeu d'acteur,
11:09vous dites quelque chose
11:09de très joli.
11:10Pour un acteur,
11:11ce qui est important,
11:12ce n'est pas la technique
11:13ou les exercices de voix,
11:14c'est d'apprendre la vie,
11:15c'est d'aimer,
11:16c'est de souffrir,
11:17c'est de faire le tour du monde.
11:18Vous diriez qu'aujourd'hui,
11:20certains acteurs
11:20sont trop sédentaires ?
11:22Les choses changent ?
11:23– Je ne sais pas,
11:24je crois en tout cas
11:25que la technique
11:28qu'on apprend parfois
11:29dans les cours d'art dramatique
11:31ou conservatoire,
11:33je crois qu'effectivement,
11:35l'art de l'acteur,
11:36c'est de représenter
11:38les errances
11:39de la condition humaine
11:40à tous les niveaux.
11:42Donc, il faut qu'ils apprennent
11:43la condition humaine,
11:44il faut qu'ils en soient eux-mêmes
11:45un des dépositaires.
11:46– Qu'ils la vivent, forcément.
11:47– Oui, c'est ça,
11:48qu'ils la vivent.
11:48Donc, qu'ils souffrent,
11:49qu'ils aiment,
11:50qu'ils aient de la joie,
11:51qu'ils aient des interrogations,
11:53qu'ils découvrent,
11:54qu'ils rencontrent, etc.
11:56C'est ça,
11:56la formation de l'acteur.
11:57– Oui.
11:58Ce qui est intéressant
11:59dans votre parcours,
12:00c'est que votre truc,
12:00c'est le théâtre,
12:01ça a toujours été le théâtre
12:02et ça l'est toujours aujourd'hui,
12:03mais c'est le cinéma
12:04qui est venu vous chercher
12:05alors que vous n'y pensiez pas
12:06vraiment au début.
12:07Vous dites même,
12:08j'ai cru que c'était une erreur,
12:09un malentendu
12:10et qu'ils allaient s'en rendre compte
12:11après coup.
12:13– Ah oui,
12:14non,
12:14ça c'était au conservatoire,
12:15ça.
12:15– Oui ?
12:15– Oui,
12:16mais alors non,
12:17c'est-à-dire que le cinéma,
12:20il n'y avait pas de film
12:21avec des jeunes à l'époque,
12:23il y en avait très peu,
12:25je ne sais pas,
12:25il y avait les J3
12:27ou les Tricheurs
12:28ou des choses comme ça,
12:30mais moi je suis sorti au conservatoire,
12:31j'avais 20 ans
12:33et on est venu me chercher,
12:35j'avais 25 ans
12:35pour faire un premier film
12:37et j'étais un peu
12:38le seul jeune de la distribution
12:39avec Jacques Vulleray,
12:40je me rappelle,
12:41on était les deux gamins quoi.
12:44Donc voilà,
12:45donc j'étais surpris,
12:46vous savez au départ,
12:48on pense au théâtre,
12:49on ne pense pas au cinéma,
12:50la plupart des acteurs,
12:51même Belmondo,
12:52il vit au conservatoire
12:53et il ne pensait pas
12:54faire du cinéma,
12:55c'est non pas secondaire
12:57mais autre chose
12:58et effectivement,
12:59au bout d'un moment,
13:00bon ça se vit.
13:01– Ce premier film que vous faites,
13:02c'est Les Naufragés
13:02de l'Île de la Tortue,
13:03c'est ça,
13:04tourné en 1974,
13:05sorti en 1976,
13:07par le réalisateur Jacques Rosier
13:08et vous dites
13:09un vrai baptême du feu,
13:10pas de scénario,
13:11de l'improvisation,
13:12des conditions de tournage
13:13extrêmement difficiles,
13:14presque celles de Naufragés.
13:15– Oui, oui, c'est ça.
13:16– C'est ça la meilleure école ?
13:18– C'est-à-dire que c'est
13:19une façon de tourner
13:20que je n'ai jamais reconnue,
13:22oui, c'était exceptionnel,
13:24c'est-à-dire qu'il essayait
13:25de mettre les personnages
13:27que nous étions,
13:28il y avait Pierre Richard,
13:29Jacques Villerey,
13:31Pierre Barou, etc.,
13:32que nous étions
13:34dans les conditions
13:35des personnages.
13:36Les conditions,
13:37c'était
13:39pas bouffer
13:39ou très peu,
13:41dormir dans
13:42une condition terrible,
13:44chasser au péché
13:44pour se mourir,
13:47justement.
13:47C'était ça,
13:48un peu les naufragés
13:48de la Tortue.
13:49C'était l'anticlum
13:50Méditerranée.
13:52Voilà.
13:53Donc, il y avait
13:54beaucoup d'impros,
13:55beaucoup de mises
13:55en condition,
13:56et moi, c'est la première fois
13:57que je tournais,
13:58je me disais,
13:58bon, c'est ça le cinéma,
13:59c'est pas mal.
14:00On buvait des coups,
14:01on déconnait,
14:03on improvisait,
14:04on découvrait des paysages,
14:05des endroits,
14:06des machinaires,
14:06on n'était pas conscient
14:07de tourner,
14:08la caméra tournait.
14:10– Et après,
14:10les choses ont changé ?
14:12– Après,
14:13comment les choses ont changé ?
14:14– Les autres films,
14:15oui, on est rentrés
14:17quelques jours depuis…
14:18– Votre vrai nom de famille
14:19n'est pas Chenet,
14:21mais Chenet.
14:22– Oui, ça change tout.
14:23– Ça change tout.
14:24– Ça n'a rien à voir.
14:24– Une erreur
14:25sur une affiche
14:25que vous laissez passer,
14:26qui deviendra
14:27votre nom d'artiste.
14:29– Au conservatoire,
14:31on m'a inscrit
14:34sur ce nom-là,
14:35c'est une erreur,
14:35et après,
14:36quand j'étais toujours
14:37au conservatoire,
14:38j'étais affiché au théâtre
14:39pour la première fois,
14:40on m'a inscrit
14:41avec un R.S.,
14:42j'ai trouvé ça
14:43plutôt pas mal,
14:44assez chic.
14:45– Ça marchait bien.
14:45– Donc, je l'ai essayé.
14:46– Et vos parents
14:47n'étaient pas du tout
14:48des artistes,
14:49même si votre mère
14:49s'est essayé au théâtre.
14:51Je crois que vous n'étiez
14:51pas très bon à l'école non plus.
14:53Vous racontez qu'en quatrième,
14:54vous aviez 16 ans.
14:55– Oui,
14:56il ne fallait pas
14:56m'emmerder à la réclaration.
14:58– Vous étiez plus costaud
14:59que les autres.
15:00– Oui,
15:01c'était terrible.
15:02– Mais c'est aussi
15:03à 16 ans
15:03que vous avez cette révélation
15:04et que vous dites
15:05que vous voulez
15:06devenir acteur
15:07et vous le dites
15:08à votre mère.
15:10– Oui,
15:10c'est-à-dire que,
15:10en fait,
15:11j'avais construit
15:12un théâtre dans ma chambre.
15:13J'avais fait,
15:14à 7 ans,
15:15j'avais réécrit
15:16des fourbris de Scapin,
15:17etc.
15:17Donc, je faisais l'acteur
15:18un peu partout.
15:19On faisait du camping
15:20avec mes parents
15:21et je me débrouillais toujours
15:22pour faire des feux de camp,
15:23on appelait ça,
15:24et jouer des sketchs
15:26et tout ça.
15:29mais ça ne me traversait
15:30pas l'esprit
15:31d'être acteur professionnel.
15:32Ça me paraissait
15:33un truc lointain,
15:34pas pour moi.
15:35Moi, ce que je voulais,
15:36c'est être footballeur.
15:38Je voulais être footballeur
15:39professionnel.
15:39J'étais au FCR à Rouen,
15:42dans les minimes,
15:43dans les cadets,
15:44dans tout ça,
15:45et j'étais plutôt bon.
15:48Et puis, un jour,
15:49je me suis rendu compte
15:50que je n'étais pas
15:50si bon que ça.
15:51– Au foot ?
15:52– Et que j'étais meilleur
15:53en faisant mes petits sketchs
15:55dans ma chambre,
15:55devant des...
15:57Voilà, donc ça m'est apparu
15:59comme une évidence
16:00où j'ai dit à ma mère
16:00un matin,
16:01maman, ça y est,
16:02j'ai compris,
16:02je sais ce que je veux faire.
16:03J'étais nul à l'école.
16:05On se demandait
16:06ce qu'on allait faire de moi.
16:07Maman, j'ai trouvé,
16:08je veux être acteur.
16:10Et elle m'a répondu,
16:12rendors-toi,
16:12il n'est pas l'heure
16:13d'aller à l'école.
16:14– Sauf que ça va
16:15très bien se passer
16:16puisque vous allez
16:17intégrer le conservatoire
16:18et je crois qu'au conservatoire,
16:19votre prof dit
16:20devant tout le monde
16:21qu'il y a une grande carrière
16:23qui vous attend.
16:24– Oui, oui, c'est ça.
16:25– Qui vous attend.
16:25Il le sent tout de suite.
16:26– C'est Jean Chevron,
16:27conservatoire de Rouen,
16:28en province,
16:29où je me présente
16:30et qui était un professeur
16:31absolument formidable,
16:33auquel on a rendu hommage
16:34il y a quelques mois.
16:35Il y a un bouquin
16:35qui est sorti sur lui.
16:37Et voilà,
16:39après avoir dit
16:39une fable de La Fontaine,
16:41les animaux malades
16:42de la peste,
16:43je m'en souviens,
16:45il s'est élevé,
16:46il a fait un grand discours
16:47comme quoi le conservatoire
16:49servait à prendre
16:50les grands textes,
16:51à se bonifier,
16:53peut-être quelques-uns
16:54peuvent éventuellement
16:56être professionnels
16:57et encore,
16:57c'est pas sûr.
16:58Et puis,
16:59on a la chance
17:00de peut-être rencontrer
17:01quelqu'un
17:02qui ferait une grande carrière
17:03et Patrick Chenet,
17:04ceux-là,
17:04papa, papa, papa,
17:05papa,
17:05j'avais 16 ans,
17:06donc il a convoqué
17:07mes parents,
17:08tout ça.
17:09Donc,
17:10non,
17:10je me faisais du bien
17:11par où ça passait
17:12parce qu'on se demande
17:13à 16 ans.
17:14Surtout si on n'est pas bon
17:15à l'école
17:15et que j'imagine
17:15on prend des réprimandes
17:16de la part des profs.
17:17Oui,
17:18j'ai senti quand même
17:18ma fable,
17:19j'avais bien envoyé.
17:22Et je crois que vous lisez
17:23une fable de La Fontaine
17:24dans votre spectacle
17:25aujourd'hui.
17:25Oui,
17:26je l'ai dit à la fin.
17:27La boucle est bouclée.
17:28Oui,
17:29puisque j'ai dit
17:30dans la lettre à mon fils
17:31au début,
17:32j'ai dit que
17:37je m'excuse
17:38de ne plus te dire
17:39le loup et l'agneau
17:39que je te lisais plutôt bien.
17:41Je disais souvent,
17:42ça faisait beaucoup rire.
17:43Donc à la fin du spectacle,
17:45oui,
17:45la boucle est
17:46j'ai dit
17:46le loup et l'agneau.
17:47Et vos parents,
17:48quand ils comprennent
17:49que vous allez être comédien,
17:50est-ce que ça les effraie
17:52ou est-ce que ça les rassure
17:53au fond
17:53que vous ayez trouvé une voie ?
17:54– Alors,
17:55mes parents,
17:57d'abord,
17:57ça les rassurait
17:58parce que
17:59mon frère avait fait
18:00des bêtises
18:02et comme j'étais plutôt cante,
18:04ils avaient peut-être
18:05un peu peur
18:05que je suive
18:06le même chemin.
18:08Donc,
18:09quand même,
18:10je m'intéressais
18:11à Shakespeare,
18:11Molière
18:12et le professeur
18:13leur avait dit
18:13qu'il y avait quelque chose
18:15à tenter.
18:17Donc ça les rassurait
18:18et ça les a encore
18:19beaucoup plus rassurés
18:21quand je suis rentré
18:21au conservatoire de Paris,
18:24la première fois
18:24où je me présentais
18:25et j'étais tout jeune
18:27et qu'en plus,
18:28j'étais boursier
18:30et qu'on m'a donné
18:32ma bourse
18:33à la fin du premier trimestre
18:35en liquide.
18:37Pourquoi ?
18:37Je n'avais pas de compte
18:38bancaire,
18:39donc c'était des gros billets
18:40et il y avait
18:41trois ou quatre mois
18:42de bourse
18:44que j'avais mis
18:44dans mon sac
18:45et je suis rentré
18:46en province
18:47où étaient mes parents
18:48à Rouen
18:49et alors dans un geste,
18:50dans une envolée
18:51très théâtrale,
18:52j'ai ouvert le sac
18:53et j'ai foulé
18:55mes billets
18:55au milieu de la table
18:57et alors mon père
18:58s'est dit
18:59que si l'État
19:00donnait autant d'argent
19:01à un jeune freluquet
19:03comme moi,
19:03c'est que c'était sérieux,
19:04on ne donne pas
19:05de l'argent comme ça.
19:06Il ne fallait pas rassurer,
19:07bien sûr.
19:08Et vous croyez
19:08aux carrières écrites,
19:10Patrick Chénet,
19:10vous avez l'impression
19:11que c'était évident
19:12pour vous
19:12le métier de comédien ?
19:13Vous avez parlé
19:14de footballeur
19:15mais est-ce que
19:15vous auriez pu faire
19:15autre chose
19:16que comédien ?
19:17– Je ne crois pas.
19:20Franchement,
19:20je ne crois pas.
19:22Et mon écrivain,
19:23j'écris des livres
19:24mais enfin,
19:24non, c'est…
19:25– Prof de lettres,
19:26vous auriez pu.
19:28Vous lisiez beaucoup.
19:28– Non, j'aurais pu,
19:29j'aurais aimé être médecin.
19:30– Ah bon ?
19:31– Mais quand on a
19:3416 ans, 4ème,
19:35c'est mal barré, quoi.
19:37Mais non,
19:38j'aurais aimé soigner
19:39les gens,
19:40écouter les gens
19:41qui me parlent
19:42de leurs difficultés,
19:44problèmes
19:44et que j'essaie
19:45de trouver des solutions.
19:45ça m'arrivait bien plus.
19:47– Est-ce que vous
19:47soignez pas un peu
19:47les gens ici aujourd'hui ?
19:49– Oui,
19:50jolie métaphore.
19:52– Oui ?
19:52– Oui, oui,
19:53peut-être,
19:54oui, oui.
19:55Je sais que,
19:56par exemple,
19:56ce spectacle,
19:58beaucoup de gens
19:59me disent merci,
20:02se sentent,
20:03comment dire,
20:04concernés
20:05par ce qu'ils entendent
20:05sur le plateau
20:06et par aussi
20:07le moment
20:07qu'ils ont passé
20:08de détente aussi
20:09et en même temps
20:10d'émotion
20:10et que ça leur fait
20:12du bien.
20:12– Et d'introspection,
20:13peut-être.
20:13– Donc je me dis,
20:14oui,
20:14ça fait du bien
20:15d'en faire du bien.
20:16– Oui.
20:17À la lueur de celui
20:18que vous êtes aujourd'hui,
20:19quel conseil donneriez-vous
20:20au petit garçon
20:20que vous étiez ?
20:21Qu'est-ce que vous lui diriez
20:22avant qu'il ne se lance
20:23dans la vie ?
20:26– Ah, je ne sais pas du tout.
20:29Je ne sais pas.
20:32J'étais indiscipliné
20:33et en même temps,
20:34j'étais friand de discipline.
20:39Non, c'est très dur.
20:41Une fois que j'ai dit ça,
20:42j'étais indiscipliné
20:43et friand de discipline.
20:44– Vous recherchez un cadre.
20:45– Si vous voulez,
20:46alors, moi,
20:46il y a un film
20:50qui m'avait interpellé
20:52qui s'appelait If,
20:55où le type
20:56qui était Macon MacDowell,
20:58qui le jouait, je crois,
21:00était le meilleur
21:00dans une institut anglaise,
21:03rigide, etc.
21:04Il était très, très bon élève.
21:05Il était premier en tout.
21:06Mais il était puni tout le temps.
21:08Pourquoi ?
21:09Parce qu'on lui disait
21:09qu'il avait une façon de marcher,
21:11une façon de vous mettre
21:12la main dans les cheveux,
21:13une façon de regarder
21:14qui ne nous plaît pas,
21:15nous dérangeait,
21:16alors qu'il était premier partout.
21:18Et je me sentais comme nuit.
21:20j'ai eu le film
21:20trois, quatre fois,
21:21j'allais le voir.
21:23Je me sentais à la fois
21:26au conservatoire,
21:27j'étais, oui,
21:29et en même temps,
21:30je s'est décalé.
21:31Il y a quelque chose
21:31qui n'était pas comme les autres,
21:32qui n'était pas convenu.
21:34J'ai essayé de rentrer
21:36dans le rang,
21:37de faire plaisir,
21:39d'être la bonne élève
21:40et que je n'arrivais pas.
21:41Enfin, j'ai eu un premier prix,
21:42quand même,
21:42donc j'arrivais,
21:43mais j'ai essayé,
21:45je sais qu'il y a un article
21:46dans Le Monde
21:47après mon concours
21:47de conservatoire,
21:49qui disait,
21:51Patrick Chenet,
21:51alors c'était le titre,
21:52dans Le Monde,
21:54il faudrait la grande carrière
21:55qui les mérite
21:55s'ils continuent à se rebeller
21:56contre la directive
21:57qu'on a eu dans le conservatoire,
21:59alors que j'essayais
22:00d'être le très, très bon élève,
22:02de faire plaisir à tout le monde,
22:03d'écouter mes professeurs,
22:05de faire ce qu'on me disait,
22:06mais vraiment,
22:07religieusement, quoi.
22:08Donc c'est là
22:08où je me suis dit
22:09que le...
22:10un peu la subversion
22:12était une chose
22:13qui ne se décrétait pas,
22:15mais qui était, quoi.
22:16C'était comme ça.
22:17C'était naturel.
22:17Voilà.
22:21J'ai des photos à vous proposer,
22:22ça fait partie des petits rituels
22:24de cette émission,
22:24Patrick Chenet.
22:26Première photo
22:27que j'ai à vous proposer,
22:28c'est celle-ci,
22:29il s'agit de Vincent Bolloré,
22:30cible de la tribune,
22:32qui a fait tant couler d'encre,
22:33signé par des centaines
22:34de professionnels du cinéma,
22:35dénonçant l'emprise
22:37de l'extrême droite,
22:38je cite,
22:38sur le cinéma français.
22:39En réponse à cela,
22:41Canal+, a fait savoir
22:42qu'il ne voulait plus
22:42travailler avec ses artistes.
22:43Le fils de Vincent Bolloré
22:45a pris la parole
22:45évoquant un climat d'agitation
22:47et appelant à l'apaisement.
22:48On vous avait proposé
22:49de la signer, cette tribune ?
22:50Non, je ne l'aurais pas signée.
22:52Vous ne l'auriez pas signée ?
22:52Quel est votre regard
22:53sur cette affaire ?
22:54Je n'aime pas les pétitions
22:55en général,
22:56et dès qu'on emploie
22:57le mot fasciste
22:58dans une pétition,
22:59je n'y vais pas,
22:59parce que c'est un mot galvaudé.
23:03et puis j'ai lu,
23:05je ne me rappelle plus
23:06la pétition,
23:06j'ai lu plus ou moins,
23:09et ce qui est bizarre,
23:10c'est d'essayer de faire
23:13la peau à Canal+,
23:15qui est quand même
23:16le plus grand donateur
23:18qui fait vivre
23:19le cinéma français.
23:20Ça a quand même plus ça.
23:21Donc, on peut faire des conneries
23:23et signer une pétition,
23:24etc.,
23:24mais c'est alimenté
23:26par la CGT,
23:28par tout ça,
23:29et tout le monde
23:30est soupçonné
23:30de fascisme
23:31ou d'extrême-droitisation,
23:33tout ça.
23:33Ça me fatigue un peu, quoi.
23:35Au moins, c'est dit.
23:37Deuxième photo,
23:38là, je m'adresse
23:38aux fans de foot,
23:39vous l'avez dit vous-même,
23:40il s'agit de Gianni Infantino,
23:42président de la FIFA,
23:43patron du foot mondial,
23:44mais aussi proche
23:45de Trump et de Poutine.
23:46Il a d'ailleurs remis
23:47au président américain
23:48en décembre 2025
23:49le prix de la paix,
23:50considérant qu'il aurait dû
23:51recevoir le Nobel de la paix.
23:53Il y a un mouvement possible
23:55de boycott, d'ailleurs,
23:55de cette Coupe du Monde
23:56de foot qui s'annonce.
23:58Vous allez la regarder, vous ?
23:59Ah oui.
24:01Je vais essayer de regarder
24:02tous les matchs,
24:03qui est un challenge,
24:04parce qu'il y a, je crois,
24:05au moins 64 matchs,
24:07et je n'ai pas que ça
24:07à faire non plus.
24:08Et un décalage horaire
24:09qui ne va pas nous être
24:10forcément favorable.
24:11Oui, ça dépend,
24:12ça dépend.
24:13Enfin, je vais voir ça
24:13de plus près.
24:14Oui, il y a un décalage horaire,
24:15mais il y a des matchs
24:16à 10h du matin, je crois,
24:17ou là, en début d'après-midi.
24:19Donc, je vais essayer
24:20de voir tous les matchs.
24:21C'est ce que j'essaye de faire
24:22à chaque Coupe du Monde.
24:23Ce n'est pas dans la poche,
24:24mais c'est un challenge
24:25que je me...
24:26Voilà.
24:26Et ça ne vous gêne pas
24:28qu'elle se passe aux Etats-Unis ?
24:29Non.
24:30J'adore les Etats-Unis.
24:32J'aime un peu moins
24:33son président.
24:34Et la victoire du PSG,
24:35on en dit un mot ou pas ?
24:37Vous avez regardé le match ?
24:39Tiens, je me gênais.
24:41Évidemment que je regardais
24:42les matchs...
24:43Non, non, je suis...
24:45Je suis un aficionado du PSG
24:48et aussi du Paris FC maintenant.
24:50Oui, c'est vrai.
24:50Je vais voir les matchs
24:52au stade Jean-Bouin
24:53où je regarde le Paris FC
24:55qui vient très, très bien
24:56et d'ailleurs qui a éliminé
24:57le PSG en Coupe de France.
24:59Vous n'avez pas fait la fête
25:00sur les Champs-Elysées
25:01pour autant ?
25:02Non, je ne fais pas la fête.
25:03Je fais la fête chez moi.
25:05C'est le foot ?
25:06Parfois, je fais la fête.
25:07Oui, je mange
25:08avec des amis qui sont venus.
25:11J'ai une dernière question,
25:12Patrick Chenet,
25:12qui est en lien
25:13avec le décor qui nous entoure.
25:14Nous sommes entourés
25:15de quatre statues
25:16qui représentent chacune une vertu.
25:18Il y a la sagesse,
25:20la prudence,
25:21la justice
25:22et l'éloquence.
25:23Est-ce qu'il y a une de ces vertus
25:25qui vous parle particulièrement,
25:26que vous avez envie de défendre
25:28ou qui vous caractérise ?
25:30Sagesse, prudence, justice ?
25:31Prudence, sûrement pas.
25:35Sagesse, je crois,
25:36j'en sais rien,
25:36peut-être un peu.
25:38L'éloquence,
25:41l'éloquence,
25:41l'éloquence,
25:42c'est un côté un peu
25:43sénateur,
25:44si je peux prononcer le mot.
25:46Le message est envoyé
25:47directement.
25:47Institution.
25:49Non, c'est la justice,
25:50bien sûr.
25:50La justice qui est quand même
25:51très galvaudée en ce moment
25:52et très, voilà.
25:54Je pense que c'est
25:55la référence ultime,
25:57la justice
25:59qui peut se tromper,
26:00qui peut faire des conneries aussi,
26:01mais il n'y a pas
26:02d'autre solution
26:03que de se faire confiance
26:04à la justice.
26:05Il n'y a rien de pire
26:06que l'injustice.
26:08La justice,
26:08ce sera votre mot de la fin.
26:10Merci.
26:10Déjà ?
26:11Déjà, c'est pas si vite.
26:12J'ai encore plein de choses à dire.
26:12Vous voyez,
26:13on va continuer à rentrer.
26:14Je vous dis à une petite fin
26:14de la fontaine.
26:15Allez.
26:16Non, non, non.
26:17Vous ne voulez pas.
26:18Merci en tout cas Patrick Chenet
26:19d'avoir passé ce moment avec nous.
26:20Merci d'avoir participé
26:21à cette émission.
26:22Merci à vous
26:22de nous avoir suivis
26:23comme chaque semaine.
26:24Émission à retrouver en replay
26:25sur notre plateforme
26:27publicsénat.fr
26:28mais aussi en podcast.
26:29À très vite.
26:30Merci beaucoup.
26:37Sous-titrage Société Radio-Canada
26:40Sous-titrage Société Radio-Canada
26:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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