00:00Non mais alors je suis d'accord sur le fait qu'il y a l'expression d'une colère, ça
00:03c'est une certitude.
00:04J'entendais tout à l'heure le premier intervenant qui parlait de jeunes qui ne savent pas quoi faire.
00:08Donc c'est sûr qu'il y a une notion de désœuvrement aussi.
00:11Maintenant, ce qui m'interpelle dans ce qui est dit depuis tout à l'heure,
00:15c'est notamment quand on dit qu'à cause, alors je ne sais plus quel est le terme qui a
00:19été utilisé,
00:20mais des guignols du Conseil d'État et du Conseil constitutionnel,
00:23la justice ne pourrait plus agir ou les lois ne seraient plus appliquées.
00:28Alors évidemment, je suis complètement d'accord avec mon confrère.
00:30Il suffit d'aller en comparution immédiate tous les jours et pour n'importe quel sujet
00:33pour se rendre compte que la loi, elle est appliquée, elle est appliquée très sévèrement.
00:37De très nombreuses personnes sont incarcérées, alors peut-être pas sur ces comparutions immédiates depuis hier et aujourd'hui.
00:42Effectivement, hier, il n'y a pas eu d'incarcération.
00:44Aujourd'hui, jusqu'à maintenant, à ma connaissance, il n'y en a pas eu,
00:47mais il faut comprendre aussi pourquoi il n'y a pas eu d'incarcération.
00:50Il y a eu des relax, il y a eu des personnes qui étaient poursuivies pour des faits d'une
00:55gravité somme toute relative.
00:57Et effectivement, on n'envoie pas en prison des gens qui n'ont pas de casier judiciaire,
01:02qui n'ont pas d'antécédent, parce que la réalité, c'est que la plupart des prévenus
01:05qui comparaissaient hier et aujourd'hui en comparution immédiate sont des gens qui n'ont pas d'antécédent.
01:10Certains sont étudiants, certains ont même un travail.
01:13Et il faut comprendre que la réponse n'est pas la prison.
01:17En fait, vous envoyez des gens en prison, il y a deux choses.
01:21C'est que la première chose, c'est un facteur de réitération et de récidive.
01:24Et la deuxième chose, c'est que les courtes peines de prison n'ont jamais été dissuasives.
01:29C'est-à-dire que ça n'est pas parce que vous allez condamner des gens
01:32et incarcérer trois jeunes à l'issue de débordements dans une ville
01:36que l'année d'après ou quelques mois après, les jeunes vont se dire...
01:40Je vois Daniel Riolo qui tout de suite veut prendre la parole, enfin veut réagir.
01:45S'il a des informations sur la récidive, la réitération et la dissuasion des peines de prison, ça m'intéresse.
01:51Ah non, ça, il n'y a que les avocats qui les ont ces informations.
01:54Et depuis 10, 20 ans, j'entends toujours ces mêmes propos.
01:58Et à l'arrivée, la seule conclusion qui s'impose quand je vous entends, c'est ne faisons rien, ne
02:02faisons rien.
02:03Donc les services de renseignement savaient ce qui allait se passer.
02:06C'est vrai.
02:08Les violences urbaines, elles existent depuis longtemps maintenant, mais ils ne font que s'accentuer.
02:12On le sait tous.
02:13On est tous d'accord ici, pour la plupart, vous, je ne sais pas, maître,
02:17pour condamner ce qui s'est passé samedi soir, l'année dernière, à chaque fois qu'il y a une
02:22fête.
02:23Parce qu'on a bien compris que l'agenda, c'était tout ce qui est festif.
02:26Et vous avez raison, autre maître, ça n'a rien à voir avec le foot,
02:30parce qu'en fait, c'est juste les victoires du PSG, c'est une nouvelle festivité dans le calendrier.
02:35Donc c'est un nouvel événement que les policiers, malheureusement, doivent gérer.
02:37C'est un nouvel Halloween, en même temps, si c'est un à tous les ans pour le PSG, c
02:39'est bien.
02:40C'est un événement où il y a une foule, tout simplement, en fait.
02:42Et il faut comprendre que la notion de foule, que ce soit un événement festif, un événement de colère,
02:46ou quoi que ce soit, non, mais tout ne va pas bien, mais il faut juste comprendre pourquoi les choses
02:49se passent.
02:50Il faut comprendre pourquoi les choses se passent.
02:52Et dans un événement où il y a des rassemblements avec des milliers de personnes,
02:57évidemment qu'il peut y avoir des débordements.
02:58Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas qu'on doit s'en satisfait.
03:01Moi, je préfère comprendre, monsieur le coiffeur, si on peut s'exprimer, s'il vous plaît, deux secondes.
03:08La prison n'est pas une réponse évidente.
03:09Oui, bien sûr, pas tout le temps, je vous rends la parole dans un instant, Daniel.
03:12On doit comprendre la colère de ceux qui cassent,
03:14mais moi, je préfère comprendre la colère de monsieur le coiffeur qui voit son salon détruit du jour au lendemain,
03:19ou les restaurateurs, représentés ici par Stéphane Manigold, qui n'ont rien demandé à personne,
03:22et qui voient leur vitrine foutue par terre.
03:24Vous, vous préférez comprendre le casseur, moi, je préfère comprendre ceux qui ont leur travail anéanti en deux heures,
03:29parce que des débiles mentaux dégénérés, qui n'ont rien dans le cerveau, comme l'a dit votre voisin,
03:32viennent pour tout casser.
03:33Parce que moi, ça fait 30 ans que j'entends les explications sociologiques sur pourquoi on casse.
03:38Mais en fait, on en fait quoi de ces explications, au final ?
03:40On en fait quoi ?
03:41Alors, la prison n'est pas une solution.
03:43Ok, alors on ne va pas demander à la police de rentrer dans le tas,
03:45parce que je pense que ce serait encore pire.
03:47Alors, quelles sont les solutions ?
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