00:00Vous m'exprimez, moi je voudrais déjà, parce qu'on est là pour ça, exprimer sincèrement ma solidarité et mon
00:04soutien pour l'ensemble des victimes.
00:05A la fois les commerces, qui étaient là que pour travailler, les personnes physiques, vous avez parlé de 220 personnes
00:09qui ont été blessées,
00:10qui étaient juste sorties pour faire la fête, vos collègues, cher monsieur, qui étaient sortis pour protéger les supporters et
00:15les supportrices.
00:16Et je voudrais leur apporter sincèrement mon soutien, parce que c'est inadmissible.
00:20Et moi, je n'ai pas entendu ce soir des gens qui cherchaient des excuses, mais on peut essayer de
00:23chercher des explications.
00:24J'entendais tout à l'heure parler de phénomène de foule.
00:26Je vous signale que si on est une dizaine à sortir en courant de la salle, vous allez tous sortir
00:29en courant de la salle.
00:30Parce que c'est un phénomène naturel, ça s'appelle des phénomènes de foule.
00:33Et effectivement, on a vu des phénomènes de foule se passer.
00:36Moi, je voudrais aussi répondre à monsieur, vous m'interpellez directement en disant que les socialistes, la sécurité, on ne
00:41connaît pas.
00:42Pourquoi est-ce que votre fille, cher monsieur, si vous l'aviez lâchée à Paris, n'aurait pas brûlé une
00:47poubelle ou cassé un abribus ?
00:48Est-ce que c'est parce qu'elle résistait deux ans de prison ferme, trois ans, quatre ans de prison
00:51ferme ?
00:52Est-ce que c'est parce qu'il y aurait eu 10, 15, 20 ou 30 policiers ? Ou c
00:55'est parce que vous l'avez bien élevé, vous l'avez éduqué, vous l'avez donné des valeurs ?
00:58Mais c'est parce que comme tout le monde ici, je m'emmerde à l'éduquer.
01:01Voilà, très bien.
01:02Donc vous avez éduqué.
01:02Donc c'est bien, cher monsieur, que l'éducation finalement, elle est même au cœur de la réponse qu'il
01:08faut apporter.
01:08Si on veut régler ce problème durablement, c'est que c'est un problème fondamentalement d'éducation.
01:13Parce que si vous et moi, on ne fait pas ça, c'est parce qu'on a une réponse éducative.
01:17Donc nous, on considère que pour assurer la sécurité, il y a un triptyque.
01:20D'abord, effectivement, la prévention et l'éducation.
01:22Moi, j'habite dans une ville où, effectivement, il y a un quartier où les deux associations de soutien scolaire,
01:27d'animation sociale de proximité, qui prenaient les gamins qui les donnaient à la campagne, ont fermé.
01:31Les éducateurs spécialisés, les éducateurs de rue ont disparu.
01:33La salle de communication associative a fermé.
01:35Il n'y a plus rien.
01:36Effectivement, quand il n'y a plus de cadre, quand il y a parfois une défaillance parentale,
01:39parfois, c'est de la faute des parents, c'est des mauvais parents.
01:42Parfois, malheureusement, les parents, ils sont malades, ils sont dépressifs, ils sont alcooliques, ils sont morts, ils sont partis.
01:46Et donc, vous avez des enfants qui ne bénéficient pas d'un père comme vous ou d'un père comme
01:50moi
01:50pour pouvoir leur donner le cadre éducatif.
01:52Et à ce moment-là, il faut que la puissance publique prenne le relais.
01:55La deuxième chose, c'est évidemment la répression et c'est ensuite la préparation.
01:58Au-delà du mot de soutien que j'ai passé, je voudrais quand même prendre un tout petit peu de
02:02distance
02:02par rapport aux spectateurs qui nous regardent, parce qu'il y a eu des centaines de milliers de personnes dans
02:07la rue.
02:07Et il y a eu des dizaines, des centaines d'endroits en France où ça s'est bien passé.
02:11Où ces jeunes des quartiers populaires, justement, qu'on stigmatise un petit peu, et c'est ça qui me dérange,
02:15eh bien, ils sont sortis pour faire la fête, à la gloire de la capitale française qui a gagné sa
02:19deuxième Ligue des Champions.
02:20Dans une démarche totalement intégrée, avec des gens de toute confession, de tout âge, de toute religion.
02:26Donc, ce n'est pas juste de ne pas traiter la minorité qui fout le bordel dans ce pays.
02:28Ce n'est pas juste pour la majorité qui la respecte.
02:31Moi, ce qui me dérange, cher monsieur, et notamment, c'est déjà, effectivement, la généralisation.
02:35Non, ce n'est pas un phénomène récent.
02:37Oui, en 1998, il y avait des voitures qui ont brûlé.
02:39C'était le cas également en 2006.
02:41C'était le cas également dans d'autres pays du monde.
02:42Donc, non, ce n'est pas un phénomène franco-français qui est lié à l'actualité,
02:46et encore moins ce que j'ai entendu de votre président, cher monsieur, à l'immigration.
02:49Lié à ce qui s'est passé hier à l'immigration, excuse-moi, c'est totalement stupide.
02:54C'est totalement... ça n'a aucun lien avec la réalité.
02:57On sait très bien que, moi, j'ai vu dans les images que vous avez montrées tout à l'heure,
02:59et même que vous avez diffusées, la mamie Mireille.
03:02On peut voir les images de Mireille, si vous voulez.
03:04Voilà, Mireille qui est entourée de jeunes, des quartiers populaires qui l'aident, qui l'apportent, qui la déplacent.
03:09Et j'ai vu un jeune homme qui n'était manifestement pas du tout issu de l'immigration
03:12fracasser un abribus avec ses copains abrutis.
03:15Donc, le fait de fracturer la société en parlant de l'immigration ici,
03:18ça prouve bien que le Rassemblement national a une très, très mauvaise analyse de ce qui se passe dans la
03:23société.
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