00:00Brahim d'abord pour réagir à ce qui vient d'être dit.
00:02Merci, moi je représente donc du coup des travailleurs qui travaillent avec les plateformes numériques, Uber et j'en passe.
00:06Les VTC.
00:07C'est hyper important de dire certaines choses.
00:08Déjà la première chose, c'est la responsabilité de l'État.
00:11Il y a un échec total. Pourquoi ?
00:13Parce qu'en fait il y a eu différents événements.
00:15Il y a eu donc du coup les JO, la Coupe du monde de rugby, j'en passe.
00:20Nous à chaque fois on reçoit donc vous savez des éléments de la préfecture en me disant
00:23il y a des fanzones, il y a des zones de dépose réception.
00:26Pour cet événement on n'a rien reçu.
00:27C'est-à-dire que finalement aucune consigne, les travailleurs sont partis,
00:31on travaille comme si c'était un jour normal, ne vous inquiétez pas.
00:34Donc déjà on a sous-estimé clairement l'événement.
00:37Alors qu'on sait très bien, c'est limite comme un match de Coupe du monde.
00:40Clairement, d'accord ?
00:41Et ce n'est pas la première fois.
00:43Non mais attendez, excusez-moi, ce n'est pas la première fois qu'ils gagnent.
00:45C'est la deuxième fois.
00:47Je le dis encore, les syndicalistes, nous n'avons pas reçu de consigne.
00:50Vous êtes force ouvrière.
00:51Oui, encore.
00:52Et ça en plus on est chez force ouvrière, donc on a toujours les consignes, on n'a rien reçu.
00:56On s'est dit mais qu'est-ce qui se passe ?
00:57Bon ben apparemment, ça va être un événement où il n'y aura rien.
01:01Les travailleurs sont arrivés, déjà ils sont très mal payés,
01:04je ne vous raconte même pas avec les plateformes numériques.
01:05On les envoie là-bas, limite on dirait qu'en fait c'est des, excusez-moi,
01:09mais ils sont là avec une charrue et on doit ramasser un maximum de personnes
01:12pour les évacuer à l'extérieur, on est qui nous en fait ?
01:13On devient quoi ? Des ambulanciers, finalement ?
01:15Mais c'est du n'importe quoi, clairement.
01:17C'est le sentiment que vous avez ces soirs-là ?
01:19Parce que c'est des soirs de foot, on l'isait.
01:20C'est la vérité déjà, ils sont très mal payés, on les a envoyés là-bas,
01:24on leur dit « ben vous inquiétez pas, commandez un gogo, c'est pas cher et tout,
01:27donc évacuez un maximum ».
01:28Vous imaginez, vous, à travers, qu'ils arrivent dans une rue,
01:30ils se retrouvent avec 50 personnes.
01:31Il n'y a aucune notification, aucun avertissement.
01:34Alors que nous, les syndicalistes, la première des choses,
01:36c'est qu'on fait des remontées à chaque fois, comme pour tous les événements.
01:39Donc ça déjà premièrement.
01:40La deuxième, c'est que j'entends, on stigmatise à chaque fois,
01:43voilà, c'est une population de personnes.
01:45Il faut arrêter la violence, elle n'a pas, encore une fois, de religion,
01:48elle n'a pas de couleur de peau, elle n'a pas d'origine.
01:51Donc déjà, dès qu'on stigmatise une population, déjà ça ne va pas.
01:55Parce que, quand on regarde les personnes qui se sont fait attraper,
01:57il y a des Léo, des Jean-Luc, des Mohamed, il y a un peu de tout.
01:59Ce sont des Français, pour certains, qui malheureusement ont été endoctrinés,
02:04je le redis, par les réseaux sociaux.
02:05Quand vous avez des TikTok, j'étais là-bas, j'ai brûlé une poubelle.
02:08Vous avez des jeunes qui sont là, qui se disent quoi, je vais y aller.
02:10Finalement, il n'y a rien, il n'y a pas de police, il n'y a rien, je vais
02:12y aller.
02:13Donc les réseaux sociaux sont aussi responsables.
02:14Parce que le gouvernement aurait dû avertir justement, on a des solutions,
02:18on a tout ce qu'il faut.
02:18Et aujourd'hui, on laisse les gars-femmes faire ce qu'elles veulent dans tous les domaines.
02:22Il y a aussi la violence politique.
02:24À chaque fois, on dit, voilà, les jeunes de quartier, les banlieusards, ok.
02:28Mais quelle image on donne à chaque fois,
02:30quand on voit les cols blancs se faire condamner à ma thématique reprise ?
02:33Mais quelle image qu'on donne à chaque fois,
02:35quand on voit de multiples condamnations,
02:37déjà dans ce gouvernement, et d'autres bords politiques,
02:40et j'entends bien qu'on est toujours en train de se tagmiter.
02:42Mais je vais vous dire, moi je gère des jeunes.
02:44Quand des jeunes, on parle avec eux, parce qu'il faut comprendre le rapport,
02:46vous dites le rapport, nous on gère, on a une association,
02:48nous déjà, on gère avec des gens, on discute avec des jeunes.
02:50Ils nous disent, mais ça ne nous donne pas envie.
02:51On voit des politiciens qui se goinfrent, qui prennent dans les caisses.
02:55Et aujourd'hui, on nous tape dessus.
02:56Nous, on ne vit pas, on vit la misère, il n'y a rien du tout.
02:58Alors que, je rappelle, attendez, excusez-moi,
03:00bien sûr, mais bien sûr,
03:02dans des quartiers, moi j'habite à Roubaix, je vais vous dire,
03:05pendant des années, on n'a rien eu.
03:07Non mais attendez, excusez-moi, à Roubaix,
03:09mais attendez, 83,
03:11j'ai 43 ans, je peux vous dire,
03:12laissez-nous parler, parce que vous avez parlé pendant un moment.
03:14J'habite à Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France.
03:18On n'a jamais rien eu.
03:19Clairement, jamais, c'est-à-dire que,
03:21quand il y a des événements, d'accord ?
03:22Vous ne pouvez pas dire que Roubaix n'a pas changé, que Tourkhan n'a pas changé,
03:25que Villeneuve n'a pas changé, je suis là-bas.
03:26Ça a changé que récemment, depuis l'élection de David Guéraud.
03:29C'est pas vrai, Brahim.
03:30S'il vous plaît, disons-le, depuis que David Guéraud est là, ça a changé.
03:33Attendez, Brahim, je ne dis pas que tout est réglé,
03:35que c'est formidable.
03:36Je ne dis pas que tout est réglé, que c'est formidable.
03:39À la Courneuve, qu'est-ce qu'il a fait ?
03:40Il a été élu maire, il a mis un écran, il l'a géré,
03:42de manière formidable, l'événement.
03:44Les jeunes de la Courneuve se sont retrouvés avec un écran,
03:47ils ont pu festoyer.
03:48Vous, vous n'avez pas impliqué, les politiciens.
03:50Il y a des maires qu'on doit impliquer dans ces événements,
03:52on doit dire, voilà, essayez de faire des choses à l'échelle locale.
03:55On n'a rien impliqué, on a laissé faire.
03:57Pourquoi ? Parce que dans ce pays-là, je vais vous dire un truc,
04:00et justement, il l'a géré.
04:01Il y a eu des violences à Roubaix ?
04:02Je vous invite à regarder.
04:03Il y a-t-il lui, des violences à Roubaix ?
04:05Non, rien, ni à la Courneuve.
04:06Ben, voilà.