00:00On a vu ces mots-là. Un maintien de l'ordre remarquable. Voilà ce que disait Laurent Nunez. Est-ce
00:05que vous comprenez, Prisca Thévenot, je vous vois faire la grimace ?
00:08Ben oui ! Qu'on a du mal à comprendre cette remarque-là. Le ministre lui-même donne le chiffre
00:13de 890 interpellations, 178 policiers et gendarmes blessés, etc.
00:18Un maintien de l'ordre remarquable.
00:20Non mais bien sûr, je l'entends tout à fait. Je ne vais pas commencer à vous expliquer pourquoi, dans
00:24quel ordre ces mots sont importants et sont bien évidemment légitimes au regard de ce qui s'est passé ce
00:29week-end.
00:30Je le dis aussi, moi j'ai deux fans du PSG à la maison alors qu'ils sont beaucoup plus
00:33petits de toute façon.
00:34Mais bien évidemment que je ne les aurais jamais fait sortir. Ce qu'on est en train de se dire
00:38depuis tout à l'heure, j'entends et je n'ai pas compris très vite comment ça a glissé sur
00:40l'immigration.
00:41Mais ok, pourquoi pas ? On peut en parler et je n'ai pas de soucis sur ça.
00:45L'intégration, je n'ai pas parlé de l'immigration.
00:47Je vous ai écouté, M. Tréa.
00:48Non mais Ibrahim en a parlé aussi.
00:49Vous écoutez, M. Tréa, le sujet ce n'est pas de savoir qui sont ces gens.
00:54Le sujet c'est de savoir qu'est-ce qu'on en fait, qu'est-ce qu'on répond aujourd
00:57'hui.
00:57Et oui, il y a un sujet de glissement de l'autorité qui n'est pas nouveau, mais auquel on
01:01doit pouvoir répondre.
01:02Et quand j'entendais tout à l'heure remettre en cause les juges, moi je ne remets pas en cause
01:06les juges, je remets en cause la règle que les juges appliquent.
01:08Et c'est ça qu'il faut changer.
01:09On ne peut pas demander aujourd'hui aux juges d'appliquer une règle qui n'existe pas.
01:13Et c'est exactement ce qu'on a voulu faire, nous il y a deux ans, changer la règle.
01:16Et notamment d'un sujet dont on n'a pas parlé ici, c'est les mineurs.
01:20Parce qu'il y a un fait quand même dans tout ce qu'on voit depuis tout à l'heure.
01:22Alors oui, il y a les réseaux sociaux, je suis complètement d'accord.
01:24Il y a une course aux réseaux sociaux, alors dans l'image qu'on voyait, ils étaient tous avec un
01:27téléphone en train de filmer pour diffuser.
01:29Mais il y a un phénomène, c'est qu'ils sont quand même globalement tous majeurs.
01:32Et c'est ce que rappelle aussi ce qui a été fait.
01:34Et par rapport à ça, notre droit...
01:36Mineurs, pardon.
01:36Ils sont globalement tous mineurs.
01:37Tout à fait.
01:37Non, non, il y a un tiers, dans ceux qui ont été interpellés, il y a un tiers de mineurs.
01:40Un tiers de mineurs.
01:41Il faut y répondre parce que c'est aussi la jeunesse, cette jeunesse.
01:43Moi qui étais sur le champ, je peux vous dire qu'il y avait beaucoup de pères de famille aussi.
01:47Monsieur Traher, je me permets, je vais juste finir parce que c'est important aussi qu'on puisse être entendus.
01:50Et donc il faut y répondre parce que ces mineurs-là, si on ne répond pas tout de suite, ça
01:54va continuer.
01:54Si la sanction n'est pas adaptée, elle n'est pas comprise, ça va continuer.
01:57Ça va aussi envoyer un message délétère aux générations qui suivent.
02:00Et donc il faut revoir aujourd'hui le code pénal de la justice des mineurs, avec revoir le sujet de
02:05la comparution immédiate,
02:06revoir aussi l'excuse de minorité.
02:08On a essayé de le faire.
02:09Attendez, attendez.
02:10Non mais vous avez raison.
02:11Il y a déjà eu une réforme.
02:12On a essayé de le faire, on a été retoqué, je regarde le monsieur là.
02:15Vous avez été 10 ans au pouvoir, madame.
02:16On a été retoqué par le Conseil constitutionnel.
02:18Je sais, c'est pour ça que je disais rien.
02:19Et c'est pour ça que je dis très justement, moi je ne suis pas en train de pointer du
02:22doigt les juges,
02:23je suis en train de dire, si aujourd'hui la constitution ne nous le permet pas, alors que la société
02:26a évolué,
02:27alors il faut une révision de la constitution.
02:29Ah, merci de le dire.
02:31Mais pour imaginer que les comparutions immédiates des mineurs permettraient de changer quoi que ce soit,
02:36c'est ne pas connaître le droit pénal des mineurs en réalité.
02:39Parce qu'il existe des procédures qui permettent, à l'issue d'une garde à vue,
02:42de déférer des mineurs devant le tribunal.
02:44Et il y a des procédures qui permettent, à l'issue d'une garde à vue,
02:47de placer en détention provisoire des mineurs avant qu'ils soient jugés.
02:50Donc en fait, je vais même vous dire, les procédures qui s'appliquent aux mineurs sont même plus sévères
02:54que les procédures pour les majeurs.
02:55Pourquoi ? Non mais juste laissez-moi terminer.
02:58Parce qu'en réalité, les majeurs, ils peuvent choisir d'être jugés le jour même.
03:03Et souvent, quand on est jugé le jour même, on a plus de chances de sortir,
03:07d'être remis en liberté, avec une condamnation, mais une remise en liberté.
03:11En revanche, les mineurs n'ont pas cette possibilité.
03:14Et quand le parquet décide de les déférer et de les présenter au JLD,
03:18il n'y a pas l'option du jugement.
03:20Il n'y a que l'option de la détention ou du placement sous contrôle judiciaire.
03:23Monsieur, vous ne voulez pas nous dire ce qu'il faut faire pour les violences ?
03:25Franchement, je suis fasciné par votre discours.
03:27Moi, je suis avocat.
03:27Je ne suis pas un homme politique.
03:30Dieu m'en garde.
03:32Et je ne risque pas de me présenter une calme en collection.
03:34Vous n'avez pas une demi-idée pour nous, s'il vous plaît ?
03:36Je parle de ce qui se passe devant les tribunaux.
03:41Je parle, je suis invité parce que je sais ce qui se passe devant les tribunaux.
03:44Je parle de ce qui se passe devant les tribunaux,
03:46de même que vous pouvez me parler de ce qui se passe dans les stades.
03:49Il n'y a pas de problème.
03:49Vous êtes journaliste sportif, parlez-moi des stades.
03:51Laura, Laura, Laura, Laura.
03:52Moi, je suis avocat, je vous parle des tribunaux.
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