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  • il y a 2 jours
Le 27 mai, la commission de la culture du Sénat auditionnait, dans le cadre de la mission d'information sur la gestion des monuments historiques, Marie Lavandier, présidente du centre des monuments nationaux.

Marie Lavandier est revenue sur l'attractivité des monuments du CMN, notamment permise par des investissements massifs dans la rénovation et l'entretien de ces derniers. Afin d'accélérer et d'amplifier ces projets de sauvegarde du patrimoine, elle a affirmé souhaiter s'appuyer notamment sur des financements privés.

Longuement interrogée sur le site du Mont Saint-Michel, Marie Lavandier a présenté les récents aménagements et travaux réalisés sur le site par le centre des monuments nationaux. Elle a également rappelé le caractère indispensable du monument au sein du CMN. Grâce à ses millions de visiteurs annuels, le site permet de financer l'entretien d'autres monuments du CMN, moins fréquentés.

Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:09Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat.
00:00:13Pour suivre cet après-midi, une audition, celle de Marie Lavandier, présidente du Centre des Monuments Nationaux.
00:00:20Avec au cœur des échanges, vous allez le voir, la question de la gestion du Mont-Saint-Michel.
00:00:24Depuis l'été dernier, un bras de fer oppose le Centre des Monuments Nationaux avec l'établissement public qui gère
00:00:31le site en Normandie.
00:00:32Au cœur de leur grief, la répartition jugée trop inégale des importantes recettes reçues par le Centre des Monuments Nationaux
00:00:39via la billetterie du monument,
00:00:40alors que l'établissement public peine à assurer les dépenses liées à l'entretien des parkings, le renouvellement des navettes
00:00:46et le développement des infrastructures touristiques.
00:00:48Voyez cette audition en Commission Culture du Sénat.
00:00:51Monsieur le Président, merci beaucoup. Mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, je vous remercie effectivement de me recevoir pour
00:00:58la seconde fois ici,
00:01:00depuis le début de mon mandat et plus globalement, je vous remercie pour votre intérêt pour les sujets afférents au
00:01:08patrimoine.
00:01:11Je voulais peut-être commencer très simplement parce que c'est toujours bon de le rappeler et ce n'est
00:01:17pas de la forfanterie de ma part.
00:01:19Le Centre des Monuments Nationaux est le premier opérateur patrimonial et touristique de notre pays.
00:01:28C'est un établissement, vous le savez, qui comprend plus de 1 500 agents sur l'ensemble du territoire.
00:01:34Et nous conservons, restaurons, ouvrons à la visite, animons, inventons des usages pour plus d'une centaine de monuments pour
00:01:44le compte de l'État,
00:01:45depuis effectivement le château de Vincennes qui vous est cher, Monsieur le Président, au château d'Yves,
00:01:50depuis l'Arc de Triomphe jusqu'au rempart de Carcassonne, depuis l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue jusqu'au château
00:01:57de Cadillac,
00:01:58en passant évidemment par le château de Rambouillet que le Président Larcher m'en voudrait d'oublier,
00:02:04depuis du patrimoine préhistorique jusqu'à du patrimoine du XXe siècle.
00:02:10Donc le Centre des Monuments Nationaux présents sur l'ensemble des territoires.
00:02:14À côté de ces monuments, on l'oublie trop souvent, il y a plus de 600 bâtiments annexes.
00:02:21Alors on dit bâtiments annexes, parfois ce sont des joyaux absolus.
00:02:24Je pense à la Chaumière au Coquillage ou à la laiterie de la Reine à Rambouillet, par exemple.
00:02:2988 parcs et jardins, 3 500 hectares sur l'ensemble du territoire.
00:02:34Et nous sommes le plus grand représentant et gestionnaire de sites UNESCO, évidemment, du pays,
00:02:42avec 26 sites inscrits, 26 depuis, vous le savez, l'inscription au patrimoine de l'humanité des mégalithes de Carnac
00:02:50l'été dernier.
00:02:51Notre modèle repose sur deux principes.
00:02:54La péréquation, vous l'avez cité, M. le Président, cette solidarité financière unique qui relie tout notre réseau.
00:03:02Les monuments les plus fréquentés, et il ne sont qu'au nombre de 5 à participer à la péréquation,
00:03:08c'est-à-dire à présenter un solde de coût d'exploitation, un solde d'exploitation positif,
00:03:13finance la restauration et l'animation des sites plus confidentiels partout dans notre pays.
00:03:20Ces sites, ce sont l'Arc de Triomphe, l'abbaye du Mont-Saint-Michel, la Sainte-Chapelle, le Panthéon et
00:03:27la Conciergerie.
00:03:28On a évoqué les tours de Notre-Dame. Elles n'ont pas rouvert depuis un an, mais elles devraient rejoindre
00:03:32ce petit peloton
00:03:34de contribution à la péréquation financière de notre établissement.
00:03:39Ça veut dire que le reste de notre réseau a un solde d'exploitation, disons en tout cas financièrement défavorable,
00:03:49mais la création de valeurs ne repose pas qu'évidemment sur ce solde d'exploitation.
00:03:55Il peut être très conséquent, ce solde d'exploitation défavorable, en particulier pour les plus grands domaines qui nous sont
00:04:02confiés.
00:04:03Le second principe qu'on oublie trop souvent, c'est celui de la mutualisation, mutualisation des moyens et surtout mutualisation
00:04:09des emplois.
00:04:10Vous aurez fait vous-même la division pour 100 sites, 1500 agents.
00:04:15Le compte n'y est pas par rapport au service qui est rendu au quotidien sur chacun de ces sites.
00:04:21Ce qui est mutualisé, ce sont des ressources humaines, ce sont des compétences en maîtrise d'ouvrage,
00:04:26c'est le développement culturel, c'est la communication, c'est le conseil juridique, c'est le budget, etc., etc.
00:04:34Le tout en complémentarité avec des correspondants locaux.
00:04:38Mais tout cela est mutualisé.
00:04:40Ce sont 350 agents du Centre des monuments nationaux qui sont rattachés à ce qu'on appelle pas très joliment
00:04:46le siège à Paris
00:04:47et qui travaillent au quotidien pour ces 110 monuments et je dirais même dans ces 110 monuments
00:04:52puisqu'évidemment, ils sont très très fréquemment sur site.
00:04:57C'est un modèle unique.
00:04:58C'est un modèle qui permet bien sûr des économies d'échelle,
00:05:02qui nous permet aussi une vision d'ensemble.
00:05:05C'est quelque chose de précieux pour notre pays, évidemment.
00:05:08Une dimension d'observatoire en quelque sorte à l'échelle nationale.
00:05:11Ça nous permet aussi que nos monuments bénéficient évidemment d'un niveau d'expertise
00:05:18et aussi, je dirais, d'une variété d'expertise absolument inégalée à l'échelle des monuments qui nous intéressent.
00:05:25J'insiste bien sur cette alliance, ce modèle de solidarité entre monuments.
00:05:30La moitié de nos monuments, vous le savez, est en zone rurale,
00:05:34ce qui fait là encore une des originalités de notre établissement public le plus présent dans les territoires.
00:05:39Et sans cette solidarité, beaucoup de monuments en ruralité n'auraient pas les mêmes moyens de vivre, d'agir, de
00:05:46s'ouvrir.
00:05:47Par cette présence territoriale, nos monuments, grands et petits,
00:05:50vivent évidemment en lien étroit avec leur territoire et avec les collectivités locales.
00:05:57Je vous donnerai deux exemples, parce que ce sont des partenariats originaux
00:06:01que nous mettons en place, évidemment, avec les collectivités locales.
00:06:05Le monastère royal de Brou, où nous travaillons en co-gestion avec la ville de Bourg-en-Bresse,
00:06:13pour gérer l'ensemble d'un monument.
00:06:15Et puis, le comité de concertation régionale,
00:06:21qui regroupe les élus locaux autour de la cité de la langue française,
00:06:25la cité internationale de la langue française, à Villers-Cotterêts.
00:06:31Le moteur essentiel, évidemment, de nos relations avec les territoires,
00:06:36vous vous en doutez bien, ne se joue pas à Paris.
00:06:38Il se joue au niveau de la présence de nos administrateurs,
00:06:41qui sont responsables de circonscriptions,
00:06:43qui peuvent regrouper un à plusieurs monuments,
00:06:45et qui sont véritablement les interlocuteurs au quotidien
00:06:49pour le centre des monuments nationaux, des élus locaux.
00:06:52Élus locaux, d'ailleurs, qui, au niveau national, siègent.
00:06:55J'en ai deux élus au sein de notre conseil d'administration,
00:06:58en l'occurrence la maire de Vincennes, M. le Président,
00:07:01et le maire de Bourg-en-Bresse.
00:07:04Nos missions au quotidien de conservation et restauration,
00:07:07je l'évoquais, ce sont 200 chantiers chaque année.
00:07:09Ces derniers mois, les plus visibles, on l'a évoqué,
00:07:12et je vous remercie pour ceux qui êtes venus le découvrir,
00:07:15le nouveau parcours des tours de Notre-Dame.
00:07:18En cours, l'aile des Preuses au château de Pierrefond,
00:07:20le donjon de la forteresse de Salles,
00:07:22la restauration de la tour du Moulin au château d'Angers,
00:07:24de la tour de la chaussée au palais Jacques-Cœur,
00:07:26à Bourges, etc., etc.
00:07:27Ce sont 200 chantiers par an qui sont menés sur nos monuments
00:07:32par notre centre, avec, j'y reviendrai peut-être un petit peu plus tard,
00:07:36un très important projet à Reims,
00:07:38puisque nous rouvrirons au public, en début d'année prochaine,
00:07:41le Palais du Thau pour raconter le Sacre des Rois de France
00:07:44de façon inédite à un public que nous attendons nombreux.
00:07:49Notre réseau, vous l'avez évoqué à SUS, développé ces dernières années,
00:07:52en l'occurrence avec les travaux, la restauration et surtout l'ouverture au public
00:07:59dans un contexte économique inédit et innovant de l'Hôtel de la Marine, d'une part,
00:08:07et plus récemment de la Cité internationale de la langue française.
00:08:11Mais aussi, j'ajouterais, nous sommes en train de préparer l'ouverture au public
00:08:16de deux monuments, alors plus modestes en taille, mais majeurs,
00:08:20de la préhistoire de notre pays, Osésie, avec la Grotte du Sorcier, d'une part,
00:08:26et l'abri de Cro-Magnon, qui nous ont été confiés récemment par l'État.
00:08:30En continu, nous menons des chantiers d'amélioration, des parcours de visite, évidemment.
00:08:35Alors le Mont-Saint-Michel, mais je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler
00:08:38avec des nouvelles tablettes interactives, la médiation à la Basilique Saint-Denis,
00:08:44qui a été entièrement refondue il y a deux ans, celle du château de Châteaudun,
00:08:48plus récemment, pour vous donner quelques exemples.
00:08:52Le Centre des monuments nationaux, c'est également un établissement
00:08:55qui, évidemment, fait vivre le patrimoine.
00:08:57Il le fait vivre par son ouverture au public, il le fait vivre par l'engagement
00:09:01de ses agents sur les territoires.
00:09:03Il le fait vivre par la création et l'action culturelle, exposition, spectacle, concert,
00:09:10résidence d'artistes, un axe que nous développons plus particulièrement
00:09:14ces dernières années.
00:09:15Et ce sont 400 événements par an qui viennent donc animer
00:09:20et diversifier par l'usage, le visage de ces monuments.
00:09:27Pourquoi ? Parce que nous sommes absolument convaincus
00:09:30que le patrimoine se préserve et se préservera, c'est un enjeu aujourd'hui,
00:09:35d'autant mieux qu'il est vivant, qu'il est ouvert à tous
00:09:39et qu'il reste l'objet d'une appropriation par ceux qui le fréquentent.
00:09:44Le patrimoine se voit, évidemment, autant qu'il se vit.
00:09:48Vous m'interrogez, M. le Président, sur la fréquentation.
00:09:51Le Centre des monuments nationaux a bien rebondi après la crise sanitaire.
00:09:56En effet, nous avons été pendant plusieurs années en dessous de 10 millions,
00:10:02autour de 9 millions.
00:10:04Nous avons franchi, avant la pandémie, la barre des 10 millions.
00:10:08Et en 2023 et 2024, nous avons passé deux années qui étaient déjà records
00:10:14à plus de 11 millions de visiteurs pour atteindre un nouveau record,
00:10:17vous le savez, en 2025, avec plus de 12 millions de visiteurs
00:10:21accueillis dans notre réseau.
00:10:25Des inquiétudes ont existé au moment des Jeux olympiques.
00:10:31L'été 2024 a été difficile pour un certain nombre de nos monuments
00:10:35en termes de fréquentation.
00:10:36La fin de l'année a été remarquable.
00:10:38Donc l'effet JO que nous attendions s'est fait sentir dès l'automne.
00:10:42Il n'a pas suffi à égaler en 2024 les chiffres de 2023.
00:10:47On a baissé de 2% sur l'ensemble du réseau, ce qui est assez peu,
00:10:50même si chez nous, numériquement, ça chiffre tout de suite.
00:10:54Mais encore une fois, 2025 a permis d'affermir ce que je crois être
00:11:00largement aussi un effet Jeux olympiques.
00:11:03Et je crois que, paradoxalement, l'effet de fréquentation que nous connaissons
00:11:05est aussi un effet de la post-pandémie.
00:11:12Néanmoins, je dois vous dire qu'on connaît quelques inquiétudes
00:11:15depuis quelques semaines.
00:11:16Je ne l'évoquerai pas auprès de vous si le Centre des monuments nationaux
00:11:19était le seul.
00:11:20Tous nos sites culturels et touristiques nationaux
00:11:27enregistrent une baisse sensible au mois d'avril.
00:11:30Donc il est assez probable que celle-ci résulte d'un croisement
00:11:34entre les effets de la situation internationale sur le tourisme international
00:11:39et les effets de la crise des prix, et en particulier du prix du carburant
00:11:45sur les déplacements locaux, puisque, je vous le rappelle,
00:11:48on a une implantation locale extrêmement importante.
00:11:52Au-delà de ce dynamisme général, je voudrais vous parler très rapidement
00:11:56de cette fréquentation.
00:11:57On a mis en place un observatoire des publics pour la première fois
00:12:00dans le cadre de notre projet stratégique que vous évoquiez.
00:12:04Nous avons au Centre des monuments nationaux, et je pense que c'est vraiment
00:12:07une source d'espoir et quelque chose à bien noter, nous avons un public
00:12:10qui est jeune, qui est plus jeune que dans les autres types d'établissements
00:12:14culturels, qui est populaire, et qui est très largement issu des régions,
00:12:22issu de notre pays et de ces régions.
00:12:24Nous n'avons que, entre guillemets, c'est déjà remarquable, évidemment,
00:12:27et dans certains monuments, vous l'imaginez, c'est la majorité,
00:12:30nous n'avons que 41% d'étrangers, sur lesquels 80% d'européens.
00:12:36Donc on est vraiment sur une segmentation de public qui est très largement locale,
00:12:41nationale, ensuite européenne.
00:12:44Le modèle mutualisé du CMN, pour donner quelques indications financières,
00:12:49est également un modèle très économe, puisque avec 140 millions de ressources propres
00:12:55en 2025, il se traduit par un niveau d'autofinancement qui est extrêmement élevé,
00:13:00inégalé dans le secteur public culturel, pour un établissement en réseau.
00:13:05Il est supérieur à 75% pour l'exploitation, c'est énorme,
00:13:09et à 60% en comptant l'investissement en 2025.
00:13:14Il est associé à un niveau de subvention publique par visiteur,
00:13:18de 6 euros environ en 2025, qui est là encore inférieur
00:13:22à l'ensemble des grandes institutions patrimoniales.
00:13:26Vous m'interrogiez, M. le Président, sur la feuille de route stratégique
00:13:30de l'établissement, CMN 2030.
00:13:32Je rappelle que c'est un projet qui a été construit avec tous les agents,
00:13:351 500 répartis sur tous les territoires,
00:13:38avec aussi les partenaires, élus locaux, institutions culturelles,
00:13:43associations, pour aboutir à 10 grands chantiers.
00:13:45J'y reviendrai plus longuement si vous le souhaitez.
00:13:47Parmi ces 10, j'en citerai 3.
00:13:50Construire un pacte d'hospitalité avec nos visiteurs
00:13:53pour développer un socle commun en termes d'accueil,
00:13:57de qualité de médiation, de qualité de confort sur l'ensemble de nos sites.
00:14:01Développer une écologie de la conservation.
00:14:04J'en suis convaincue, il faut aussi qu'aujourd'hui,
00:14:06que nous allions, je crois que je vous en avais touché un mot,
00:14:09vers davantage d'entretiens au sein de nos monuments historiques.
00:14:12On ne peut plus, aujourd'hui, faire face à l'attente sanitaire de nos monuments
00:14:18uniquement à coups de très grandes restaurations
00:14:21pour lesquelles nous n'avons plus les moyens.
00:14:24On est pris dans une course de vitesse
00:14:28qui doit consister à réapprendre à entretenir au quotidien
00:14:33avec des moyens peut-être plus modestes,
00:14:36mais qu'il faut absolument réussir à redévelopper,
00:14:38ce que nous sommes en train de faire
00:14:39à l'échelle du Centre des monuments nationaux,
00:14:42trop modestement, évidemment, mais très fermement,
00:14:45pour éviter d'avoir à procéder à des grandes restaurations,
00:14:49dont collectivement, et je ne parle pas du seul Centre des monuments nationaux,
00:14:53nous n'avons plus les moyens aujourd'hui.
00:14:55Et enfin, dernier grand chantier à évoquer,
00:14:58l'implication systématique des visiteurs, des habitants,
00:15:02des citoyens, disons-le, dans la construction de nouveaux projets.
00:15:06Je pense qu'il est urgent de réimpliquer les habitants
00:15:10dans les choix que nous faisons au quotidien.
00:15:13Enfin, c'était votre dernière question,
00:15:16si j'ose dire, le Mont-Saint-Michel.
00:15:18Un site exceptionnel, un monument qui appartient à tous les Français,
00:15:22un monument exceptionnel, un monument très complexe,
00:15:26très fragile aussi, un monument île.
00:15:28C'est le deuxième monument le plus fréquenté du Centre des monuments nationaux
00:15:31après l'Arc de Triomphe, 1,6 million de visiteurs l'année dernière.
00:15:37Et c'est évidemment le premier de nos sites hors Île-de-France.
00:15:43Alors c'est un lieu où nous n'avons cessé d'investir.
00:15:47Avec ces 10 dernières années, plus de 30 millions d'investissements
00:15:51pour la restauration du Mont.
00:15:53Je vous évite la liste des travaux qui ont été faits.
00:15:55On pourra peut-être y revenir.
00:15:58Ce site fait l'objet depuis quelques années d'une gouvernance assez inédite
00:16:02avec le Centre des monuments nationaux
00:16:04qui gère plus de 70% de la surface du Mont,
00:16:07au-delà d'ailleurs de l'Abbaye,
00:16:08où il exerce ses missions traditionnelles,
00:16:10conservation, restauration, accueil des publics,
00:16:13programmation culturelle, valorisation du site,
00:16:15investissement patrimoniaux, diversification des usages aussi.
00:16:20Dans ce monument qui, vous l'imaginez,
00:16:22fait face aujourd'hui à d'importants défis.
00:16:25L'adaptation au changement climatique,
00:16:27la pression touristique qui est très forte,
00:16:29le maintien du caractère paysager et environnemental du site.
00:16:33Je le dis parce qu'effectivement,
00:16:35ce n'est pas un site qui est tout à fait comme les autres.
00:16:38C'est un site qui requiert une connaissance,
00:16:40des compétences en termes de préservation
00:16:42et de conservation patrimoniale.
00:16:44C'est un site qui est menacé, disons-le, au quotidien.
00:16:49Aux côtés du Centre des monuments nationaux,
00:16:50un second établissement,
00:16:52un établissement public à caractère industriel et commercial,
00:16:54a été créé il y a presque 7 ans maintenant,
00:16:57pour reprendre assez tôt sa genèse,
00:17:00qui est compétent pour le maintien du caractère maritime de la Belle,
00:17:04les infrastructures d'accès au site, parking, passerelles,
00:17:08pour la promotion du Mont-Saint-Michel
00:17:10comme destination touristique.
00:17:12Il a été prévu, c'est important,
00:17:14on y reviendra si vous le souhaitez,
00:17:16il a été prévu dans les statuts de cet établissement
00:17:19que le directeur général de cet établissement public
00:17:22soit escalité automatiquement l'administrateur du site
00:17:26géré par le Centre des monuments nationaux.
00:17:28Donc ce directeur de l'établissement public du Mont-Saint-Michel
00:17:33est en possession de tous les leviers, en fait,
00:17:37que mobilise le Centre des monuments nationaux
00:17:39à l'échelle nationale.
00:17:40Il a ses deux casquettes.
00:17:41Donc vous l'avez dit, il y a des réflexions sur l'avenir,
00:17:44la gouvernance de ce site,
00:17:45à l'aune de ces enjeux et d'un rapport récent de la Cour des comptes.
00:17:51L'État a fait le choix de renouveler la convention
00:17:53qui lie nos deux établissements jusqu'au 30 juin prochain.
00:17:58Effectivement, je n'ai pas fait d'annonce,
00:17:59je n'ai pas à en faire, puisque c'est à l'État à les faire.
00:18:03Je n'ai pas de moyens aujourd'hui de vous en dire plus
00:18:06sur une éventuelle décision.
00:18:09Par contre, vous dire évidemment notre engagement,
00:18:12notre attachement à l'abbaye du Mont-Saint-Michel,
00:18:15vous l'aurez deviné.
00:18:16Nos agents, ils font au quotidien un travail remarquable.
00:18:20Et je les en remercie.
00:18:22Évidemment, le Centre des monuments nationaux n'est pas sourd.
00:18:24On est dans une période qui est compliquée pour tout le monde,
00:18:28y compris financièrement.
00:18:30Je ne suis pas sourd aux demandes de certains élus locaux.
00:18:33Vous le savez, j'ai passé plus de la moitié de ma carrière
00:18:35en collectivité locale.
00:18:37Je connais les enjeux locaux.
00:18:40Je connais aussi les très grandes qualités professionnelles
00:18:43qui sévissent au sein de nos collectivités locales.
00:18:46Et je suis évidemment, nous le sommes,
00:18:48à la disposition de toutes et tous pour l'évoquer.
00:18:52Voilà en quelques mots ce que je voulais dire
00:18:54en introduction de cette audition.
00:18:57Monsieur le Président,
00:19:00péréquation, mutualisation, solidarité entre les sites,
00:19:03coopération avec les territoires et les habitants.
00:19:05C'est vraiment la force de notre établissement
00:19:08qui est pour moi un véritable trésor national à préserver.
00:19:12Merci, Mme la Présidente.
00:19:13Sans plus tarder, je vais donner la parole à nos rapporteurs,
00:19:15en commençant par les rapporteurs de la mission d'information
00:19:19et ensuite Sabine Drexler, rapporteur budgétaire.
00:19:21Nathalie Delattre, M. Joseph Poulette-Mattray et Sabine Drexler.
00:19:27Merci, M. le Président.
00:19:29Merci, Mme la Présidente, chère Marie, pour votre introduction.
00:19:34Alors, j'ai trois grosses questions.
00:19:39La première, vous avez évoqué devant l'Assemblée nationale
00:19:43la nécessité d'un véritable changement de paradigme
00:19:46par rapport à la gestion de nos millions historiques.
00:19:51Pouvez-vous nous dire aujourd'hui
00:19:52quelles sont, selon vous,
00:19:54les principales limites du modèle actuel
00:19:56et les urgences qui rendent cette évolution indispensable ?
00:20:01Ce changement passe-t-il aussi par une évolution des usages ?
00:20:05Et je le pense, comme ancienne ministre du Tourisme,
00:20:08par une mise en tourisme mieux assumée des monuments
00:20:10sans tomber, évidemment, dans une logique purement commerciale, évidemment.
00:20:15Mais il ne suffit pas de conserver.
00:20:18Il faut faire vivre ce patrimoine.
00:20:23Deuxième grosse question.
00:20:24Vous interrogez également sur votre réflexion
00:20:26sur un éventuel National Trust français
00:20:30qui a suscité beaucoup d'intérêts.
00:20:34Quels éléments du modèle britannique
00:20:37vous paraissent aujourd'hui réellement transposables en France ?
00:20:42D'aucuns estiment que la fondation du patrimoine
00:20:45serait peut-être plus légitime pour porter un tel modèle.
00:20:49Partagez-vous cette analyse.
00:20:51Et par ailleurs, considérez-vous que les missions respectives
00:20:55du CMN et de la fondation du patrimoine
00:20:57sont aujourd'hui suffisamment complémentaires ?
00:21:00Ou existe-t-il parfois un risque de superposition,
00:21:04voire de concurrence ?
00:21:05Et enfin, sur le Mont-Saint-Michel,
00:21:09partagez-vous, puisque nous avons eu une audition
00:21:11à part entière de l'EPIC sur ce sujet,
00:21:16partagez-vous le constat
00:21:17selon lequel les modalités actuelles de gestion du site
00:21:20donnent lieu à des doublons de compétences et d'interventions
00:21:23qu'il serait aujourd'hui nécessaire de rationaliser ?
00:21:27Là aussi, d'aucuns pensent que le statut de domaine national
00:21:31serait peut-être le plus adapté
00:21:33pour la gestion de grands sites monumentaux,
00:21:37comme en témoigne l'exemple du domaine de Chambord.
00:21:39Qu'en pensez-vous ?
00:21:40Et qu'attendez-vous de la renégociation de la convention
00:21:43qui vous lie à l'établissement public du Mont-Saint-Michel ?
00:21:46Je vous remercie.
00:21:49C'était Jean-Chaine.
00:21:50Merci.
00:21:51Merci, Joseph.
00:21:53Madame la Présidente, donc je vais enchaîner.
00:21:57Ça fonctionne ?
00:21:59Donc, Madame la Présidente,
00:22:01à l'heure où les monuments historiques sont à croisé des chemins,
00:22:03c'est ce que vous avez évoqué,
00:22:05vous dévantez une logique de la conservation par l'usage
00:22:08qui est également celle qui a été mise en avant par notre commission
00:22:11dans le rapport et les propositions adoptées
00:22:14à l'issue de la mission et le rapport écrit par Pierre Ouzoulas
00:22:19et Anne Vantalon sur le patrimoine religieux
00:22:22et qui fait, on le constate sur le terrain, toujours référence.
00:22:26Enfin, toujours, qui fait référence, pardon.
00:22:29Quels sont les usages qui vous paraissent compatibles
00:22:31avec les impératifs patrimoniaux
00:22:33et à l'inverse, ceux qui sont le moins ?
00:22:36Et comment éviter les risques de dénaturation commerciale
00:22:40des sites historiques et développer, vous l'avez évoqué,
00:22:42les usages, mais aussi celles du public ?
00:22:46Dans le contexte de ma deuxième question,
00:22:48concerne le contexte budgétaire qui a été largement évoqué aussi.
00:22:51Quels nouveaux leviers de financement identifiez-vous
00:22:54pour faire face aux besoins immenses
00:22:55de réhabilitation des monuments historiques ?
00:22:58Comment en particulier assurer le financement
00:23:00de l'entretien courant des monuments ?
00:23:03C'est un vrai sujet pour les collectivités, mais pas que,
00:23:07parce qu'on a aussi des monuments privés.
00:23:11Du côté des financements privés, justement,
00:23:13le financement participatif qui a connu d'importants succès
00:23:15avec la cathédrale Notre-Dame de Paris,
00:23:18ou encore le loto du patrimoine,
00:23:19peut-il encore se développer ou a-t-il atteint ses limites ?
00:23:23Quant au mécénat, conduit-il à concentrer les financements
00:23:26sur certaines catégories de monuments historiques ?
00:23:29À l'instant, donc, ma collègue Nathalie Delattre
00:23:32évoquait la piste du National Trust.
00:23:35Il semble que la force de ce modèle réside
00:23:38dans le nombre de ses adhérents
00:23:39et à la mobilisation citoyenne qu'il suscite.
00:23:42Donc comment développer également l'adhésion,
00:23:45l'engagement populaire en faveur des monuments historiques ?
00:23:48Faut-il développer l'encadrement et la reconnaissance du bénévolat ?
00:23:52C'est une question quand même assez récurrente.
00:23:54Et plus largement, comment pourrait-on mieux associer
00:23:56les habitants et les visiteurs à l'avis des monuments ?
00:23:59Vous en avez déjà un petit peu parlé.
00:24:01Et enfin, comment le CMN s'est-il saisi de l'enjeu
00:24:05de la sécurisation, si nécessaire des sites patrimoniaux,
00:24:09à l'heure où on ne voit un nombre de vols
00:24:12et d'infractions commises un petit peu partout en France ?
00:24:16Merci.
00:24:26Donc merci, M. le Président.
00:24:28Madame la Présidente,
00:24:29donc un petit peu mon leitmotiv,
00:24:31mais en tant qu'ancienne élue d'une petite commune,
00:24:34je relaie les difficultés auxquelles sont confrontés
00:24:37les maires ruraux pour assurer la conservation
00:24:40et l'entretien de leur patrimoine monumental.
00:24:43Le problème qui se pose est évidemment celui du financement.
00:24:47Il est également celui de l'ingénierie,
00:24:49que les petites collectivités n'ont pas les moyens de développer.
00:24:54Or, l'ingénierie est cruciale,
00:24:56non seulement pour bâtir un plan de travaux
00:24:59et donc un plan de financement,
00:25:01mais également pour penser, ce qu'on a déjà évoqué,
00:25:05l'indispensable usage différent des monuments,
00:25:08accompagner leur mise en tourisme,
00:25:10développer des activités et donc des ressources annexes.
00:25:15Quelque chose d'indispensable et, j'allais dire,
00:25:17pour les collectivités, les petites collectivités aussi,
00:25:20quelque chose de nouveau.
00:25:21Le CMN peut-il intervenir en soutien de certaines collectivités ?
00:25:26Et si oui, quelles sont les modalités de ces interventions
00:25:29et comment sont-elles financées ?
00:25:31Le secteur du patrimoine est marqué par l'intervention,
00:25:36donc, de multiples acteurs.
00:25:38Donc, DRAC, Collectivité territoriale,
00:25:41Fondation du patrimoine, Banque des territoires,
00:25:44groupe gestionnaire privé, enfin, etc.
00:25:46Quel regard portez-vous sur la répartition des compétences
00:25:51entre ces différents acteurs ?
00:25:53Existe-t-il, selon vous, des enchevêtrements de compétences
00:25:58et, à l'inverse, des angles morts auxquels il faudrait remédier ?
00:26:01Et je pense aussi, quelque chose qui est très important,
00:26:04c'est l'émiettement actuel des acteurs
00:26:07permet-il une politique patrimoniale structurée et cohérente ?
00:26:12Bon, à la fin de votre intervention,
00:26:15Mme la Présidente,
00:26:16vous défendez une écologie de la conservation,
00:26:20privilégiant l'entretien et la réparation,
00:26:23et la réparation, donc, aux restaurations lourdes.
00:26:27Comment cette doctrine pourrait-elle être davantage diffusée
00:26:31dans les politiques patrimoniales françaises ?
00:26:35Quels freins identifiez-vous sur ce point ?
00:26:39Enfin, comment intégrer mieux et davantage
00:26:43les enjeux climatiques dans la gestion des monuments historiques ?
00:26:47Et enfin, pour cette première série de questions,
00:26:50Sabine Rexel.
00:26:51Merci, M. le Président, Mme la Présidente.
00:26:54Un récent rapport de la Commission des finances du Sénat
00:26:56a pointé la concentration des dépenses du CMN
00:26:59ces dernières années sur quelques grands projets
00:27:02que notre président Laffont a énumérés tout à l'heure,
00:27:05et le caractère désormais insoutenable de tels chantiers
00:27:08face au financement nécessaire pour l'entretien des monuments
00:27:12en situation de péril ou en mauvais état,
00:27:14qui est estimé à 270 millions d'euros.
00:27:16De plus, en une décennie, les dépenses de l'établissement
00:27:19ont progressé de 130 % sous l'effet conjugué
00:27:22de l'inflation, de la hausse des coûts des matériaux
00:27:25et des besoins croissants de restauration.
00:27:28Or, dans le même temps, les moyens consacrés
00:27:31à l'entretien courant sont restés très en deçà
00:27:33des besoins à 25 millions d'euros seulement
00:27:36pour l'ensemble des monuments du CMN.
00:27:39Ce décalage entre les ressources disponibles
00:27:41et l'ampleur des besoins prend une dimension
00:27:43particulièrement aiguë lorsqu'on considère
00:27:46l'état réel du bâti.
00:27:48Alors, compte tenu de ce contexte,
00:27:51comment priorisez-vous les travaux
00:27:55entre l'urgence et la programmation ?
00:27:58Le CMN a-t-il dû renoncer à certains grands projets
00:28:01du fait de cette contrainte budgétaire ?
00:28:04Quels sont les monuments qui, selon vous,
00:28:07seraient aujourd'hui en danger
00:28:08et qui appelleraient une intervention urgente ?
00:28:11Le cas échéant, quel financement mobilisez-vous
00:28:14pour répondre à ces situations ?
00:28:18Une question également sur le mécénat,
00:28:20qui ne représente que 5 à 6 millions d'euros en 2025,
00:28:23un levier que vous identifiez comme un axe d'avenir,
00:28:26mais qui demande un travail considérable.
00:28:29Comment comptez-vous accélérer sur ce point ?
00:28:32Et une dernière question concerne
00:28:34la tarification différenciée.
00:28:36Elle a été mise en place en 2026
00:28:38à la Sainte-Chapelle et à la Conciergerie
00:28:41pour les visiteurs extra-communautaires.
00:28:44Quel en sera l'impact concret pour le CMN
00:28:46et faut-il aller plus loin ?
00:28:48Je vous remercie.
00:28:49Madame la Présidente, je vais vous laisser répondre
00:28:51à cette première série de questions
00:28:52qui est déjà assez vaste.
00:28:56Merci beaucoup.
00:28:57Merci, mesdames et mesdames et sénatrices.
00:29:02Pour commencer,
00:29:05madame Nathalie Delattre,
00:29:07madame la sénatrice,
00:29:08je vais tenter de répondre
00:29:09à la série de questions que vous avez posées.
00:29:13La première, sur cette nécessité
00:29:15d'un changement de paradigme
00:29:16que j'ai pu évoquer devant l'Assemblée nationale,
00:29:19changement de paradigme
00:29:20en matière de gestion des monuments historiques.
00:29:24c'est peut-être important de vous dire,
00:29:26mais vous l'aurez compris,
00:29:27que dans notre établissement
00:29:30et aussi dans ce qui est ma pratique professionnelle,
00:29:34je ne décorèle pas ce qui serait la gestion,
00:29:37c'est-à-dire l'exploitation, entre guillemets,
00:29:39auprès du public,
00:29:40de l'entretien, le soin porté au monument.
00:29:44On est dans un cadre,
00:29:45je dirais pour utiliser une expression
00:29:49peut-être un petit peu galvaudée en ce moment,
00:29:50mais on est dans un écosystème vertueux
00:29:53qui intègre donc la vie du public
00:29:56au cœur d'un monument
00:29:57et la vie d'un monument
00:29:58avec du public retrouvé,
00:30:01puisque souvent nos monuments,
00:30:02vous le savez,
00:30:03sont passés en France
00:30:04par une période de fermeture
00:30:05ou de réaffectation
00:30:07qui a vu moins de monde.
00:30:11Deux axes de réflexion,
00:30:14peut-être,
00:30:15j'y reviendrai évidemment,
00:30:17changer de paradigme,
00:30:18et ça rejoint la dernière question
00:30:22sur la restauration,
00:30:24changer de paradigme,
00:30:25je l'ai évoqué,
00:30:26c'est en termes de conservation,
00:30:28encore une fois,
00:30:30réinvestir le quotidien,
00:30:32réinvestir la réparation de maçonnerie au quotidien,
00:30:36réinvestir l'attention,
00:30:38y compris d'ailleurs de la population,
00:30:39à l'évolution de l'état des monuments,
00:30:42par exemple par des opérations
00:30:43de monitoring participatif,
00:30:46pour, encore une fois,
00:30:48changer véritablement de paradigme
00:30:49dans la manière de les sauvegarder,
00:30:51de les soigner, nos monuments,
00:30:53on n'est pas obligé
00:30:54de pratiquer systématiquement
00:30:56des grands chocs de restauration
00:30:58pour les projeter dans l'avenir,
00:31:00je crois qu'il va falloir véritablement
00:31:01qu'on apprenne à travailler autrement.
00:31:04Le changement de paradigme,
00:31:05vous l'avez dit,
00:31:06c'est aussi une question
00:31:08de moyens d'animation,
00:31:11de moyens de gestion
00:31:13au quotidien de ces monuments
00:31:14dans un contexte économique
00:31:16qui est de plus en plus compliqué
00:31:18pour chacun d'entre nous.
00:31:21Ça a été évoqué,
00:31:22l'hôtel de la Marine, par exemple,
00:31:24avec un modèle économique très innovant,
00:31:27140 millions de travaux,
00:31:28pas un sou rajouté par l'État,
00:31:32le premier emprunt de l'histoire
00:31:33du CMN de 80 millions d'euros,
00:31:36un mécénat original
00:31:37avec la Fondation Altani,
00:31:39des occupations domaniales de prestige,
00:31:42le cordon bleu,
00:31:44deux restaurants,
00:31:45des espaces de travail
00:31:46de morning co-working,
00:31:48donc des espaces de travail
00:31:49qui sont loués,
00:31:52disons-le aussi des bâches publicitaires
00:31:54pendant toute la durée des travaux
00:31:55qui ont rapporté
00:31:56plus de 20 millions d'euros,
00:31:58un modèle économique
00:31:59quand c'est possible original
00:32:01avec des sources
00:32:02de financement diversifiées,
00:32:03mais je dois vous avouer
00:32:05que faire ça à la place de la Concorde
00:32:07et faire ça dans des territoires ruraux,
00:32:12c'est pas tout à fait le même sujet,
00:32:14on n'arrive pas forcément à ça.
00:32:17Ce que je voulais vous dire aussi,
00:32:19on reviendra sur le National Trust
00:32:20qui apportera quelques éléments de réponse,
00:32:22parce que moi, je crois vraiment
00:32:23qu'aujourd'hui,
00:32:24on est à un moment
00:32:25où il faut absolument s'unir
00:32:27pour le patrimoine
00:32:29qui est le nôtre,
00:32:32je défends vraiment
00:32:35un modèle
00:32:36où l'on n'oppose pas,
00:32:38en particulier,
00:32:39le privé et le public,
00:32:41c'est très important,
00:32:42justement,
00:32:43le public et les grandes fondations,
00:32:45où l'on n'oppose pas
00:32:46l'État et les collectivités locales,
00:32:49je crois qu'on est au pied
00:32:50d'un choc de coopération,
00:32:52si vous voulez,
00:32:53salutaire,
00:32:54sans lequel les choses
00:32:55vont devenir difficiles,
00:32:57et je ne parle évidemment pas
00:32:58que du patrimoine
00:32:59qui est confié
00:32:59au Centre des Monuments Nationaux,
00:33:01mesdames les rapportrices,
00:33:03évidemment.
00:33:06Pour la question
00:33:07de la mise en tourisme
00:33:08de nos monuments,
00:33:10ce que je voudrais dire,
00:33:11c'est que là encore,
00:33:12on s'inscrit dans un contexte
00:33:14institutionnel,
00:33:15dans un contexte public,
00:33:16dans un contexte économique aussi,
00:33:18qui dépasse le Centre
00:33:19des Monuments Nationaux,
00:33:20c'est-à-dire quand on a
00:33:21une abbaye,
00:33:24isolée,
00:33:25dont l'augmentation
00:33:26de la fréquentation
00:33:27doit passer
00:33:29par une amélioration
00:33:30des mobilités,
00:33:31par exemple,
00:33:32là encore,
00:33:32c'est vraiment
00:33:33d'une coopération
00:33:34avec les collectivités locales
00:33:35qu'on a besoin
00:33:36pour pouvoir passer,
00:33:37je pense à l'abbaye
00:33:38de Boulogne-Henroer,
00:33:38évidemment,
00:33:39où on a investi
00:33:4012 millions d'euros
00:33:41il y a quelques années,
00:33:41pour pouvoir passer
00:33:42à un palier,
00:33:44c'est quelque chose
00:33:44de très important.
00:33:46Mais sinon,
00:33:46le Centre des Monuments Nationaux,
00:33:48vous connaissez bien
00:33:48l'écosystème du tourisme,
00:33:50il est compliqué,
00:33:51il repose beaucoup,
00:33:52beaucoup d'ailleurs
00:33:53sur les collectivités locales,
00:33:55sur les structures départementales
00:33:57et régionales en particulier,
00:34:00avec lesquelles nous travaillons
00:34:01au quotidien
00:34:01sur les destinations,
00:34:03mais aussi,
00:34:04évidemment,
00:34:05à l'échelle nationale,
00:34:06avec une signature prochaine
00:34:08d'une convention cadre
00:34:10à tout France,
00:34:10avec laquelle nous travaillons
00:34:11beaucoup,
00:34:12des équipes qui sont dédiées,
00:34:13ça fait partie des équipes
00:34:14qui sont sur le terrain
00:34:15chez nous,
00:34:16avec des chargées
00:34:17de développement régionaux,
00:34:19en quelque sorte,
00:34:20et puis,
00:34:21un travail classique,
00:34:23présence dans les grands salons,
00:34:24partenariat avec la SNCF,
00:34:26partenariat avec les aéroports
00:34:27de Paris,
00:34:29etc.,
00:34:29etc.,
00:34:30etc.
00:34:31J'ajouterais,
00:34:31je l'ai évoqué,
00:34:33la question de l'observation,
00:34:34développer le tourisme,
00:34:36c'est savoir qui est là,
00:34:37c'est savoir quand ça frémit,
00:34:38je vous ai parlé du mois d'avril,
00:34:40et donc dispositif à la fois
00:34:42d'éléments de mesure,
00:34:44c'est nouveau,
00:34:44de comptage de nos visiteurs
00:34:46sur site,
00:34:47notamment dans nos espaces verts,
00:34:48c'est important,
00:34:49ils ne sont pas toujours sous douane,
00:34:50et observatoire des publics,
00:34:52vous disais-je,
00:34:52pour mieux le connaître,
00:34:53ce public.
00:34:54Principales orientations
00:34:55sur le rapport,
00:34:56sur le National Trust.
00:34:59La ministre de la Culture,
00:35:00vous le savez,
00:35:00a choisi de ne pas rendre public
00:35:02ce rapport,
00:35:03donc je ne peux évidemment pas
00:35:04vous en parler dans le détail,
00:35:06mais pour répondre
00:35:09à votre question,
00:35:10d'abord ce travail
00:35:13qui a permis
00:35:14d'auditionner 60 personnes
00:35:15et justement
00:35:15de beaucoup réfléchir
00:35:17à la manière
00:35:17dont on pourrait fédérer
00:35:18les énergies
00:35:19et notamment
00:35:20le formidable,
00:35:22je ne sais pas si c'est un réseau,
00:35:23mais le formidable ensemble
00:35:24de fondations,
00:35:26d'associations,
00:35:27d'unions d'associations
00:35:28qui travaillent
00:35:29sur l'entièreté du territoire
00:35:32et la proposition
00:35:34qui a été faite,
00:35:36je peux vous en donner
00:35:37le grand principe,
00:35:38le grand principe,
00:35:38il est simple,
00:35:39ce n'est pas le moment
00:35:40de créer un énorme établissement,
00:35:42une énorme fédération,
00:35:44qu'elle soit publique
00:35:45ou privée,
00:35:46ce n'est pas le moment,
00:35:46c'est le moment
00:35:47d'unir nos forces,
00:35:50de soigner ce qui existe,
00:35:51de l'optimiser,
00:35:52là encore,
00:35:53dans un projet collectif
00:35:54au service,
00:35:56je ne dirais pas au chevet
00:35:57parce qu'on n'en est pas là
00:35:58du tout,
00:35:59au service de notre patrimoine
00:36:00et d'une certaine vision
00:36:01de notre pays
00:36:02et de notre société
00:36:03qui ont besoin
00:36:05plus que jamais
00:36:06de ces racines.
00:36:09Pour ça,
00:36:10le modèle britannique,
00:36:11vous m'avez posé la question
00:36:12qu'est-ce qui est important
00:36:13dans le modèle britannique ?
00:36:14Oui,
00:36:15ce qui est important,
00:36:16je l'ai déjà évoqué,
00:36:17c'est la participation
00:36:18des citoyens,
00:36:19c'est l'engagement
00:36:21des citoyens,
00:36:22c'est 5 millions de membres,
00:36:25le National Trust britannique,
00:36:27c'est 50 000 bénévoles,
00:36:30vérifiez les chiffres
00:36:31parce que c'est en train
00:36:31d'évoluer,
00:36:32ils ont une petite crise
00:36:33pour tout vous dire
00:36:34de recrutement
00:36:34de leurs bénévoles
00:36:35et de changement
00:36:36de génération,
00:36:37c'est aussi,
00:36:38et ça c'est une source
00:36:39d'inspiration pour nous,
00:36:41une manière différente,
00:36:43là encore,
00:36:43de recevoir
00:36:44et de restaurer
00:36:45les monuments.
00:36:46On n'accepte
00:36:47un nouveau monument
00:36:47dans le National Trust
00:36:49que s'il y a
00:36:49un modèle économique
00:36:50derrière,
00:36:51quitte à prendre
00:36:522, 3, 4 ans
00:36:53pour l'instruire
00:36:54et on ne restaure
00:36:57pas systématiquement
00:36:58les monuments,
00:36:59on travaille
00:36:59sur les usages
00:37:01périphériques
00:37:02parfois aux monuments
00:37:03centrales,
00:37:03notamment,
00:37:04évidemment,
00:37:05dans les parcs
00:37:05et jardins
00:37:06qui sont
00:37:06un des grands marqueurs
00:37:08de ce National Trust.
00:37:10Donc,
00:37:10ce qu'on a essayé
00:37:11de faire,
00:37:13c'est de proposer
00:37:14un dispositif
00:37:16qui permettrait,
00:37:17alors évidemment,
00:37:18comme président du CMN,
00:37:19j'ai mobilisé
00:37:21virtuellement le CMN
00:37:22dans ce rapport
00:37:23qui permettrait
00:37:24d'augmenter
00:37:25effectivement
00:37:25l'impact
00:37:26de notre établissement,
00:37:29d'augmenter
00:37:29pour répondre
00:37:30à la question
00:37:30concernant
00:37:31les collectivités locales,
00:37:33sa capacité
00:37:34à répondre
00:37:34à des attentes,
00:37:37à des demandes
00:37:37et à des besoins
00:37:38qui concernent
00:37:39les collectivités locales.
00:37:40Vous l'avez très bien dit,
00:37:41Madame,
00:37:42besoin non seulement
00:37:43en financement
00:37:44mais en ingénierie
00:37:45et puis qui concernent
00:37:47les propriétaires privés
00:37:48avec peut-être
00:37:49une manière différente
00:37:50d'accompagner,
00:37:53de labelliser,
00:37:54d'associer à notre marque
00:37:55un certain nombre
00:37:56de monuments
00:37:56pour aboutir
00:37:57à une grande marque
00:37:58nationale renforcée.
00:38:00Sans monuments,
00:38:01c'est merveilleux,
00:38:02ce n'est pas tout à fait
00:38:03à l'échelle de nos besoins
00:38:04en matière de maillage
00:38:05touristique.
00:38:06Donc l'idée,
00:38:07c'est de pouvoir accueillir
00:38:08de manière non organique,
00:38:09accompagner de manière
00:38:10non organique
00:38:11un nombre élargi
00:38:13de monuments
00:38:14et en particulier
00:38:15de propriétaires
00:38:18publics
00:38:19comme privés.
00:38:22Mont-Saint-Michel,
00:38:24vous l'avez évoqué,
00:38:26je suppose
00:38:27qu'on va peut-être
00:38:29l'approfondir,
00:38:30même si je ne vous cache pas
00:38:31que je regrette
00:38:32qu'on n'ait pas
00:38:33une audition complète
00:38:34sur le sujet
00:38:35puisque l'autre
00:38:35établissement public
00:38:37d'État concerné
00:38:38a été auditionné
00:38:39spécifiquement.
00:38:41sur les doublons,
00:38:42il y en a peu,
00:38:43honnêtement.
00:38:44Ce qu'il est très difficile
00:38:45à comprendre dans ce dossier,
00:38:46c'est la gouvernance
00:38:47qui a été mise en place
00:38:48avec un directeur
00:38:50d'établissement public
00:38:51à caractère industriel
00:38:52et commercial,
00:38:53donc l'établissement public
00:38:55du Mont-Saint-Michel,
00:38:56qui est S-Qualité,
00:38:58directeur du site
00:38:59pour le compte du CMN,
00:39:00donc qui a aujourd'hui
00:39:02largement en main
00:39:03les leviers
00:39:03qui sont disponibles
00:39:07sur site
00:39:07pour le développement
00:39:11qui est indispensable,
00:39:12développement
00:39:12qui doit être compris
00:39:13d'une manière là aussi
00:39:15fondamentalement intégrée
00:39:16de ce site.
00:39:18Le domaine national,
00:39:20en fait,
00:39:20c'est un régime de protection,
00:39:21c'est un régime
00:39:22de protection juridique
00:39:25du patrimoine,
00:39:26c'est pas un régime
00:39:27de gestion,
00:39:29pour autant,
00:39:30il y a un certain nombre
00:39:30d'options
00:39:31qui sont sur la table,
00:39:34ce que je crois aujourd'hui,
00:39:37encore une fois,
00:39:37c'est que l'apport
00:39:39du centre des monuments
00:39:39nationaux à ce site,
00:39:41il est majeur
00:39:43s'il faut le chiffrer,
00:39:46grâce à cette mutualisation
00:39:48qui n'est pas,
00:39:48encore une fois,
00:39:49une simple multiplication,
00:39:50une simple division
00:39:52de moyens affectés
00:39:53à chaque site,
00:39:54mais qui nous donne
00:39:55une puissance
00:39:55dans une économie
00:39:58extrêmement frugale,
00:39:59si j'ose dire.
00:40:01c'est assez unique,
00:40:03on parle de,
00:40:04on a 60 personnes
00:40:05sur site,
00:40:06l'établissement public
00:40:07en a 18 ou 19,
00:40:09je crois,
00:40:10presque autant
00:40:10mis à disposition
00:40:11par les collectivités locales,
00:40:13le domaine de Chambord,
00:40:15puisque vous évoquez
00:40:16un établissement national
00:40:17propre,
00:40:18qui, vous le savez,
00:40:19a quitté le centre
00:40:20des monuments nationaux
00:40:20il y a une vingtaine d'années,
00:40:21c'est aujourd'hui 260 ETP,
00:40:25260 emplois,
00:40:28pour accueillir,
00:40:29je crois,
00:40:29un peu plus d'un million
00:40:30de visiteurs,
00:40:31là on est à 1,6 million,
00:40:32donc pour vous dire
00:40:33qu'il faut être très prudent,
00:40:35le modèle économique
00:40:37qui est mis en place
00:40:37aujourd'hui
00:40:38sur le Mont-Saint-Michel,
00:40:40il est,
00:40:41moi je trouve,
00:40:41pour les finances publiques,
00:40:44il est très remarquable
00:40:45et il faut bien réfléchir
00:40:47avant de le déstabiliser.
00:40:51Madame Joseph,
00:40:53je vous remercie
00:40:53de revenir,
00:40:55Madame la Sénatrice,
00:40:56sur cette question
00:40:57de la transformation
00:40:58par l'usage,
00:40:59qui est effectivement aussi
00:41:00un des points
00:41:01qui est au cœur
00:41:01de mon rapport.
00:41:02Un monument vide,
00:41:05un monument vide,
00:41:06j'essaye de le dire poliment,
00:41:08il est fichu,
00:41:09il est fichu,
00:41:10un monument qui est vide,
00:41:11un monument qui ne sert à rien,
00:41:13un monument qui n'est plus
00:41:15visité,
00:41:15parcouru
00:41:16par les habitants,
00:41:19va, je le crois profondément,
00:41:21avoir des difficultés
00:41:22dans les temps qui viennent.
00:41:26On hérite de monuments,
00:41:27je l'évoquais tout à l'heure,
00:41:28qui sont passés
00:41:29par des périodes compliquées,
00:41:32mais qui nous sont arrivés
00:41:33parce que,
00:41:34et qui ont été sauvés,
00:41:35alors souvent,
00:41:35on y pense avec dédain,
00:41:38on pense que c'est dommage,
00:41:39ça a abîmé,
00:41:40ça a détourné,
00:41:41ça a...
00:41:42Ils sont arrivés,
00:41:43les monuments,
00:41:43jusqu'à nous
00:41:43parce qu'ils ont été
00:41:44souvent transformés
00:41:45en prison,
00:41:46ils ont été transformés
00:41:47en maisons de retraite,
00:41:49ils ont été transformés,
00:41:49etc.
00:41:50Ce sont les meilleurs des cas.
00:41:51Quand ils ont été abandonnés,
00:41:52ils nous arrivent
00:41:53en très mauvais état.
00:41:54Donc,
00:41:55ce qu'il faut aujourd'hui,
00:41:56vous l'avez évoqué,
00:41:58c'est trouver des usages
00:41:59qui n'altèrent pas le monument,
00:42:01les développer
00:42:02dans un contexte global,
00:42:04encore une fois,
00:42:05intégré,
00:42:05mais je pense être très audacieux.
00:42:09Très clairement,
00:42:10vous avez raison
00:42:10de l'annoncer,
00:42:12de le dire,
00:42:15la vocation monoculturelle,
00:42:17la vocation uniquement
00:42:18touristique des monuments,
00:42:20qui, encore une fois,
00:42:20il n'y a pas un monument
00:42:21et rien autour,
00:42:22il y a 10, 15 bâtiments autour
00:42:25qui font partie
00:42:26de sa valeur patrimoniale.
00:42:27Cette vocation-là,
00:42:29elle ne saurait suffire
00:42:30à construire l'avenir
00:42:31des monuments.
00:42:33Donc,
00:42:33on a un certain nombre,
00:42:34c'est un des chantiers prioritaires
00:42:36de notre projet stratégique.
00:42:38Pour parler du Mont-Saint-Michel,
00:42:39d'ailleurs,
00:42:39par exemple,
00:42:40il y a deux cas.
00:42:41restauration de la tour Boucle,
00:42:43une tour qui est située
00:42:44en bas du Mont-Saint-Michel
00:42:45pour y ouvrir une boutique.
00:42:47C'est un chantier
00:42:48100% sans des monuments nationaux.
00:42:51Le logis Sainte-Catherine
00:42:52qui a été transformé aussi
00:42:53pour ouvrir un nouveau restaurant.
00:42:55Même chose,
00:42:57mais des exemples aussi
00:42:59un peu plus variés,
00:43:00notamment à Mont-Dauphin,
00:43:02un des seuls forvobans
00:43:03qui n'ait jamais été attaqué.
00:43:04Il est magnifique.
00:43:05Bon,
00:43:05il est au pied des écrins.
00:43:06Évidemment,
00:43:07on est très isolés,
00:43:10mais pour autant,
00:43:11la caserne Rochambeau,
00:43:12aujourd'hui,
00:43:12fait l'objet
00:43:13d'un chantier général,
00:43:14donc d'abord
00:43:15de recherche
00:43:15de projets
00:43:18et abrite
00:43:19depuis quelques années
00:43:20par exemple
00:43:21une cave
00:43:22d'affinage
00:43:23de fromage
00:43:25qui permet
00:43:26à un bon millier
00:43:27de mètres carrés
00:43:28d'être aujourd'hui sauvés.
00:43:29Ce que je voudrais vous dire,
00:43:31on est aussi en train
00:43:31de travailler
00:43:32sur l'hôtel de Lunas
00:43:33en plein Montpellier
00:43:34pour y trouver
00:43:35une vocation
00:43:37autre que l'ouverture
00:43:38à la visite
00:43:39qui ne sera pas
00:43:41suffisante.
00:43:42Mais ce que je voulais vous dire,
00:43:43c'est que
00:43:43ce qu'on découvre
00:43:45au Centre des monuments nationaux,
00:43:46y compris à travers
00:43:46quelques expériences
00:43:47de tiers-lieux,
00:43:49c'est que
00:43:50cette ouverture
00:43:51à de nouveaux usages
00:43:51ne résout pas
00:43:52dans un premier temps
00:43:53la question de l'investissement.
00:43:55Quand on veut être
00:43:57efficace,
00:43:58vertueux
00:43:59et rapide,
00:44:00il faut réussir
00:44:01à financer
00:44:02la restauration
00:44:03de ces lieux.
00:44:04On a des discussions
00:44:04en ce moment
00:44:05à ce propos
00:44:06avec la Banque des territoires
00:44:08sur le sujet.
00:44:12La question du mécénat.
00:44:17La question du mécénat,
00:44:18effectivement,
00:44:19vous l'avez dit,
00:44:195 millions seulement.
00:44:21On découvre
00:44:21au Centre des monuments nationaux
00:44:23à quel point
00:44:23il est plus facile
00:44:25de lever aujourd'hui
00:44:26des gros mécénats
00:44:29en région parisienne
00:44:30qu'en région,
00:44:32qu'en territoire.
00:44:34Pour autant,
00:44:35il ne faut pas
00:44:35sous-estimer
00:44:36l'engagement,
00:44:37parfois modeste financièrement,
00:44:39mais là encore,
00:44:39pour ce qu'il représente
00:44:40d'engagement
00:44:41aussi de la société,
00:44:43parce que les entreprises,
00:44:43c'est aussi la société,
00:44:45ce sont des dirigeants,
00:44:49ce sont des clients,
00:44:51ce sont des employés
00:44:53qui se cachent derrière
00:44:54et donc derrière ce chiffre
00:44:55se cachent en réalité
00:44:56des dizaines
00:44:58et des dizaines
00:44:58de mécénats.
00:45:00Pour autant,
00:45:00ce que je voudrais dire
00:45:01avec force,
00:45:01et c'est à la fois
00:45:03la grandeur
00:45:04et la fragilité
00:45:04de notre modèle,
00:45:05c'est que
00:45:06notre premier mécène,
00:45:10c'est le public.
00:45:11Sur 140 millions
00:45:13de ressources propres
00:45:14l'année dernière
00:45:15au Centre des monuments nationaux,
00:45:17c'est 140 millions
00:45:18de ressources propres
00:45:20Ah, pardon.
00:45:21Sur 140 millions
00:45:22de ressources propres
00:45:24au Centre des monuments nationaux
00:45:25l'année passée,
00:45:27on a 90 millions
00:45:28de ressources de billetterie.
00:45:30C'est énorme.
00:45:31Alors, ça nous vaut,
00:45:32je vous parlais
00:45:32de nos frémissements
00:45:33sur avril,
00:45:36ça rend nos établissements fragiles,
00:45:38mais c'est une force
00:45:39absolument considérable.
00:45:40Donc là encore,
00:45:41n'oublions pas
00:45:42l'engagement massif
00:45:44du public individuel.
00:45:47Alors, vous avez raison,
00:45:48peut-être faut-il explorer
00:45:49des pistes
00:45:51de bénévolat.
00:45:52C'est des sujets
00:45:53qui ont été évoqués
00:45:54dans le rapport
00:45:55que j'ai rendu
00:45:55à notre ministre.
00:45:59Sans doute,
00:46:00faut-il aussi,
00:46:01évidemment,
00:46:03continuer à aller
00:46:04vers le public individuel
00:46:06sous des formats participatifs.
00:46:08Donc, un des chantiers
00:46:08de semaine 2030
00:46:10porte là-dessus.
00:46:11Et très clairement,
00:46:12aujourd'hui,
00:46:13aucun nouveau chantier
00:46:15au Centre des monuments nationaux,
00:46:16je vous l'ai dit,
00:46:17ne se fait sans l'engagement,
00:46:19sans un travail préalable
00:46:21avec les habitants.
00:46:23Pour revenir
00:46:24et peut-être enchaîner
00:46:26sur les questions
00:46:29de Mme Matray,
00:46:31Mme la sénatrice,
00:46:33la complémentarité
00:46:34entre les acteurs
00:46:35du patrimoine.
00:46:39Comparé là encore
00:46:41à nos amis britanniques,
00:46:42ce n'est pas si énorme
00:46:44le millefeuille apparent
00:46:47ou cette famille
00:46:50très nombreuse
00:46:51et parfois difficile
00:46:51à comprendre
00:46:52d'acteurs du territoire
00:46:54en France.
00:46:57On a depuis quelques années
00:47:00évidemment la fondation
00:47:01du patrimoine.
00:47:02On a, vous disais-je,
00:47:04plutôt en organisation
00:47:05d'un réseau de bénévoles
00:47:07très important sur le territoire,
00:47:08mais un réseau de bénévoles
00:47:10qui est orienté
00:47:10vers la levée de fonds,
00:47:11au profit, vous le savez,
00:47:13d'un très grand nombre
00:47:14de projets de travaux.
00:47:16Initialement,
00:47:16plutôt sur du patrimoine
00:47:17non protégé au titre
00:47:18des monuments historiques
00:47:19et c'était très important.
00:47:20Ça construit l'image
00:47:22de nos territoires
00:47:23et de notre pays.
00:47:26Mais voilà,
00:47:27donc une mission là
00:47:28pour laquelle aujourd'hui
00:47:30il n'y a pas de recouvrement
00:47:31par exemple
00:47:31avec ce que pourrait être
00:47:33la gestion,
00:47:34l'ouverture au public
00:47:35de lieux,
00:47:35la prise en charge complète
00:47:36de lieux
00:47:37que la fondation du patrimoine
00:47:38n'a d'ailleurs jamais
00:47:39souhaité opérer.
00:47:42Un réseau d'associations,
00:47:44je l'évoquais,
00:47:44j'ai absolument considérable,
00:47:45l'association de propriétaires,
00:47:47union d'associations,
00:47:49union d'associations
00:47:50consacrées par exemple
00:47:51aux chantiers participatifs,
00:47:53je pense à l'union
00:47:54rempart en particulier,
00:47:58et ministères de la culture
00:47:59qui opèrent bien évidemment
00:48:01à la fois la politique
00:48:02de protection du patrimoine
00:48:05et ça, mesdames les rapporteuses,
00:48:06c'est un vrai sujet.
00:48:07On continue à protéger,
00:48:09vous le savez,
00:48:10dans des proportions
00:48:11d'ailleurs très très importantes,
00:48:13plutôt des châteaux
00:48:14et du patrimoine religieux,
00:48:16sans que,
00:48:17plusieurs centaines par an,
00:48:19sans qu'aujourd'hui,
00:48:19les moyens qui y sont dédiés
00:48:22n'évoluent.
00:48:23Pour autant,
00:48:23disons-le,
00:48:24c'est pas le CMN ça,
00:48:26mais la protection
00:48:30et le financement
00:48:31de la restauration du patrimoine
00:48:32sont quand même aujourd'hui
00:48:34très très largement fondés
00:48:36sur des moyens d'État,
00:48:37presque 300 millions
00:48:38encore l'année dernière.
00:48:42Vous dire que,
00:48:44bien entendu,
00:48:46au-delà de ces non-doublons,
00:48:48je vous le disais tout à l'heure
00:48:49et ça vaut évidemment
00:48:50pour ces associations,
00:48:54là encore,
00:48:54je crois qu'aujourd'hui,
00:48:55il faut s'associer.
00:48:58S'associer avec la fondation
00:49:01du patrimoine.
00:49:02Je ne vais pas vous citer
00:49:02l'exemple de Notre-Dame,
00:49:04dont vous le savez,
00:49:05on a été chargé
00:49:05de la réouverture des tours,
00:49:08effectivement,
00:49:08dans le contexte
00:49:09d'une synergie
00:49:11de financement
00:49:12avec la fondation.
00:49:14Aujourd'hui,
00:49:15en cours de discussion
00:49:16avec la fondation aussi,
00:49:18un projet qui me tient à cœur,
00:49:19qui est la continuation,
00:49:20il ne faut pas s'arrêter,
00:49:22la continuation
00:49:22de la restauration
00:49:23de la Sainte-Chapelle
00:49:24pour laquelle
00:49:25nous allons nous associer.
00:49:26Nous associons aussi
00:49:27localement,
00:49:28par exemple,
00:49:29au niveau du Palais du Thau
00:49:31et du financement
00:49:32des vitraux contemporains
00:49:34de la Chapelle Palatine.
00:49:36La fondation nous a
00:49:37très largement aidés
00:49:38avec beaucoup de puissance
00:49:39localement
00:49:40pour pouvoir lever des fonds.
00:49:43Je reviens sur la sécurité
00:49:44des sites patrimoniaux.
00:49:46C'est une question
00:49:46qui est très difficile
00:49:47que je ne vais pas
00:49:50trop détailler
00:49:51pour des raisons
00:49:52de sujets précisément.
00:49:55Je vais vous dire deux choses.
00:49:56La première,
00:49:57c'est que la sécurité
00:49:58du patrimoine
00:49:59et la sûreté du patrimoine...
00:50:01Donc sécurité,
00:50:01c'est plutôt l'incendie.
00:50:02Sûreté,
00:50:03c'est plutôt le vol.
00:50:06Elle est évidemment
00:50:07à notre échelle
00:50:08très compliquée.
00:50:09Pourquoi ?
00:50:09Parce qu'on a un patrimoine
00:50:10qui est double.
00:50:12Bien sûr,
00:50:12on a 160 000 objets mobiliers,
00:50:14donc des collections.
00:50:16Et on a aussi
00:50:17ces 600 bâtiments
00:50:19et ces espaces verts.
00:50:20Et la question
00:50:22de la sécurisation
00:50:23de cet ensemble,
00:50:25elle relève bien sûr
00:50:26de choix,
00:50:26de priorités
00:50:27qui évoluent.
00:50:28On l'a vu hélas
00:50:28récemment
00:50:29au fil des années,
00:50:32au fil du marché,
00:50:33si j'ose dire,
00:50:34presque,
00:50:34des agressions au patrimoine.
00:50:38Mais on a aussi
00:50:39un patrimoine
00:50:41qui, je tiens à le rappeler
00:50:43avec beaucoup de gravité,
00:50:44parce que je pense
00:50:44qu'il ne faut pas
00:50:44se tromper sur le sujet,
00:50:46pour lequel,
00:50:46aujourd'hui,
00:50:47le risque majeur,
00:50:48je ne sous-estime pas
00:50:49les vols,
00:50:50pour lesquels,
00:50:51dans le contexte,
00:50:52vous le savez,
00:50:52post-Louvre,
00:50:53nous avons pu opérer
00:50:54un plan d'urgence,
00:50:57un plan d'action.
00:50:58Et le proposer
00:50:59au ministère,
00:51:00on en financera
00:51:02de part et d'autre,
00:51:03chacun la moitié.
00:51:04Mais le risque majeur,
00:51:05aujourd'hui,
00:51:06avec le changement climatique,
00:51:09c'est l'incendie.
00:51:11C'est l'incendie,
00:51:12il est très grave.
00:51:13Et quand vous avez
00:51:13un incendie,
00:51:14c'est non seulement,
00:51:15évidemment,
00:51:15le monument qui disparaît,
00:51:17mais tous son contenu.
00:51:18Donc nous poursuivons,
00:51:20parallèlement,
00:51:20évidemment,
00:51:22l'équipement
00:51:23de nos monuments
00:51:24qui sont équipés
00:51:24à presque 100%.
00:51:26En réalité,
00:51:26on est aujourd'hui déjà
00:51:27en phase de changement
00:51:29de génération,
00:51:29mais pour cette lutte
00:51:31contre les incendies.
00:51:37Pour la question
00:51:38de l'écologie,
00:51:41je l'ai brièvement évoqué,
00:51:45effectivement,
00:51:46c'est une priorité.
00:51:48C'est une priorité
00:51:49de l'écologie,
00:51:50de la conservation.
00:51:51Alors c'est un drôle de terme,
00:51:52mais le sujet,
00:51:53c'est aussi,
00:51:54au-delà,
00:51:54vous disais-je,
00:51:55de travailler de manière
00:51:56plus économe,
00:51:57plus régulière sur l'entretien.
00:51:59Il faut qu'on ait
00:52:00une approche aujourd'hui
00:52:02de notre patrimoine.
00:52:03Je l'évoquais
00:52:04pour les monuments,
00:52:06les bâtiments
00:52:07qui les entourent.
00:52:08Là aussi,
00:52:09une vision plus écosystémique.
00:52:10Le patrimoine,
00:52:11il n'est pas posé
00:52:11au milieu de nulle part.
00:52:12Il est posé
00:52:13dans des environnements naturels
00:52:14qui parfois nous sont confiés
00:52:16ou paysagers,
00:52:17parfois pas,
00:52:17dont l'entretien,
00:52:20la végétalisation
00:52:21ou la revégétalisation,
00:52:23la compréhension
00:52:24des équilibres hydrauliques,
00:52:26par exemple,
00:52:26sont aujourd'hui déterminants
00:52:28pour la conservation
00:52:28de notre patrimoine.
00:52:29Donc notre approche
00:52:30de l'écologie
00:52:31et de la conservation
00:52:32repose aussi largement
00:52:33sur les fondements,
00:52:35la physique,
00:52:36les fondements naturels
00:52:37du patrimoine
00:52:39qui en constituent
00:52:40aujourd'hui
00:52:40l'espoir de salut.
00:52:43Vous connaissez
00:52:44sans doute tous
00:52:45dans vos territoires
00:52:46des lieux aujourd'hui
00:52:47où les assureurs
00:52:47ne veulent plus assurer
00:52:48parce que les maisons
00:52:49se craquellent
00:52:50et se fissurent.
00:52:51Je vous laisse imaginer
00:52:51ce que ça donne
00:52:52à l'échelle
00:52:53d'un monument historique.
00:52:56Évoquez peut-être aussi
00:52:57sur cette question
00:52:58de l'évolution
00:52:59du budget restauration-entretien
00:53:01notre effort
00:53:02pour augmenter
00:53:03ce budget d'entretien
00:53:08de 3 millions
00:53:10pour le moment
00:53:11sur 6,7 millions
00:53:12de subventions
00:53:13de l'État,
00:53:14le centre
00:53:15des monuments nationaux
00:53:16qui a retrouvé
00:53:16une capacité
00:53:17d'autofinancement
00:53:18cette année.
00:53:19Ça a été
00:53:21un redressement
00:53:22progressif.
00:53:23Elle a réinvesti
00:53:253 millions
00:53:25dans sa politique
00:53:26d'entretien.
00:53:27L'idée,
00:53:28c'est de continuer,
00:53:28évidemment,
00:53:30d'abonder ce budget
00:53:31d'un million par an
00:53:32si nous y arrivons
00:53:33pendant les années
00:53:34qui viennent
00:53:34pour pouvoir
00:53:35rééquilibrer les choses.
00:53:39peut-être un dernier mot
00:53:42sur la tarification
00:53:43différenciée
00:53:45avec,
00:53:46vous le savez,
00:53:47une proposition
00:53:47de notre ancienne ministre
00:53:49de travailler
00:53:50sur une différenciation
00:53:51entre les visiteurs
00:53:53qui viennent
00:53:53de l'Union européenne
00:53:54et ceux qui viennent
00:53:55d'ailleurs
00:53:56que l'Union européenne
00:53:57avec l'idée
00:53:57donc d'un tarif
00:53:58plus cher
00:53:59pour les ors
00:54:01Unions européennes.
00:54:02Nous avons proposé
00:54:03très tôt,
00:54:03devant cette proposition
00:54:05de la ministre,
00:54:06nous avons proposé
00:54:06très tôt
00:54:07une alternative
00:54:08qui nous semblait
00:54:08ressembler davantage
00:54:09à la segmentation
00:54:11de public
00:54:11dans notre réseau.
00:54:12En effet,
00:54:13vous disais-je,
00:54:14on a un public
00:54:15qui est très largement
00:54:16français
00:54:17et très largement
00:54:18européen
00:54:19à quelques exceptions près.
00:54:20Donc ce qu'on a proposé
00:54:22c'était plutôt
00:54:22de travailler
00:54:23sur une tarification
00:54:26différenciée
00:54:26selon la saison
00:54:27en saison haute
00:54:28et en saison basse.
00:54:29On l'a fait
00:54:30dans 8 de nos monuments
00:54:31dès l'année dernière
00:54:33et ça nous a permis
00:54:34de redégager
00:54:355 millions
00:54:36de droits d'entrée
00:54:37supplémentaires.
00:54:39Pour ce qui concerne
00:54:40la proposition
00:54:41stricto sensu
00:54:42qui nous était faite
00:54:43par le ministère,
00:54:44on a regardé
00:54:45sur le périmètre
00:54:46qui est le nôtre
00:54:47et il y a un monument,
00:54:49on a un monument,
00:54:50c'est vrai,
00:54:50où on a pratiquement
00:54:5480,
00:54:54enfin c'est 77%
00:54:55de public étranger
00:54:56sur lequel plus des trois quarts
00:54:58viennent d'ailleurs
00:54:59que l'Union européenne
00:55:00et c'est la Sainte-Chapelle.
00:55:02Il faut savoir
00:55:02que la Sainte-Chapelle
00:55:03en France,
00:55:03elle est peu connue,
00:55:05elle est peu identifiée
00:55:09et donc là,
00:55:11on a pratiqué
00:55:12cette tarification.
00:55:14Alors c'est un petit peu
00:55:15trop tôt pour vous en parler
00:55:16puisqu'on a mis ça en place
00:55:16au 1er janvier.
00:55:17Ce que je peux vous dire déjà,
00:55:19parce que c'est évidemment
00:55:19notre objet d'attention,
00:55:20c'est que le public
00:55:21n'a pas baissé.
00:55:24on a des projections
00:55:25qui nous laissent imaginer
00:55:27que ça pourrait nous rapporter
00:55:281 million d'euros.
00:55:29C'est des choses
00:55:30qui ont été compliquées
00:55:31à mettre en place,
00:55:32mais elles le sont
00:55:32à la Sainte-Chapelle.
00:55:33On va évidemment observer
00:55:35les deux dispositifs
00:55:36pour voir lesquels
00:55:37sont les plus intéressants
00:55:38dans l'avenir
00:55:39pour l'économie
00:55:40de notre établissement.
00:55:42Voilà,
00:55:43mesdames les rapporteuses,
00:55:44en quelques mots,
00:55:46je crois que j'ai répondu
00:55:47aussi aux questions
00:55:49de la sénatrice Dexler
00:55:52des réponses
00:55:53à vos questions.
00:55:55A propos de l'action
00:55:56du Centre et des musées nationaux,
00:55:58je me permets,
00:55:59à l'instar de notre collègue
00:56:00Pierre Zoulias
00:56:00dans d'autres débats,
00:56:01une citation latine.
00:56:04Nullus tenetur ad impossibilis.
00:56:07Saint-Omode-Aquin,
00:56:08nul n'est tenu à l'impossible.
00:56:10En effet,
00:56:10l'État demande beaucoup
00:56:11aux SEMEN.
00:56:12Je vois d'ailleurs
00:56:13son action dans mon département
00:56:14de l'Indre-et-Loire
00:56:15avec ses investissements lourds,
00:56:16dans les châteaux
00:56:17d'Azéle-Rideau
00:56:18et de l'Angers.
00:56:19Mais l'État demande
00:56:20beaucoup aux SEMEN
00:56:21avec peu,
00:56:22notamment peu
00:56:22en budget d'entretien.
00:56:2425 millions
00:56:25pour 110 monuments
00:56:26avec, au passage,
00:56:28une peau de chagrin
00:56:29puisque Bercy
00:56:30a gardé 30%
00:56:32de la somme
00:56:32qui était antérieurement
00:56:33dévolue
00:56:33à l'entretien des monuments.
00:56:35À ce train-là,
00:56:36le fantôme de Prosper-Mérimé
00:56:37va devoir bientôt
00:56:38revenir hanter
00:56:39main-cite patrimoniaux
00:56:41d'intérêt national,
00:56:42voire UNESCO,
00:56:43en attente
00:56:44de travaux urgents,
00:56:45sans oublier
00:56:46le patrimoine rural,
00:56:47essentiellement religieux,
00:56:48pour lesquels
00:56:48les collectivités
00:56:49font un très gros effort.
00:56:51Alors,
00:56:51Mme la Présidente,
00:56:52comment faire face
00:56:53au défi du patrimoine
00:56:55qui est devant nous
00:56:57dès maintenant,
00:56:58Trésor national
00:56:59auquel les Français
00:56:59sont très attachés ?
00:57:01Merci, M. le Président.
00:57:02Merci, Mme la Présidente,
00:57:03pour cet exposé.
00:57:04Alors,
00:57:04en tant qu'habitant
00:57:05de la Manche,
00:57:06parlementaire de la Manche,
00:57:07je vous parlerai
00:57:08du Mont-Saint-Michel,
00:57:08vous n'en doutez pas.
00:57:09Et donc,
00:57:10voilà,
00:57:11je voulais simplement
00:57:11vous dire que
00:57:12c'est vrai que
00:57:13cet EPIC a été créé
00:57:14après des rapports
00:57:15par Bernard Cazeneuve
00:57:17fin 2019
00:57:18pour être en place
00:57:19en 2020.
00:57:21Il était donc
00:57:21prévu qu'il soit revu,
00:57:23la convention était,
00:57:25donc cet EPIC
00:57:25permettait d'avoir
00:57:26une direction bicéphale
00:57:28entre l'EPIC
00:57:29du Mont-Saint-Michel
00:57:30et les monuments nationaux.
00:57:33C'est vrai que
00:57:34la convention avait
00:57:35les fins,
00:57:36normalement,
00:57:36au fin décembre 2025.
00:57:38Elle a été reportée
00:57:39jusqu'au 30 juin 2026.
00:57:40Et la question se pose
00:57:42puisque la Cour des comptes
00:57:43a marqué vraiment
00:57:44un dysfonctionnement
00:57:45important
00:57:46entre cette direction bicéphale
00:57:48et quelques sujets
00:57:50sont vraiment
00:57:51à mettre en place.
00:57:52Nous avons donc d'ailleurs
00:57:53tous les parlementaires,
00:57:54le président de la région,
00:57:55le président du département,
00:57:57le président de l'EPIC
00:57:58du secteur
00:57:59avons fait un courrier
00:58:01pour préciser
00:58:01à quel point
00:58:02il nous semblait important
00:58:03de revoir
00:58:04cette direction bicéphale.
00:58:06Et donc,
00:58:07je voulais simplement
00:58:07vous mettre en avant
00:58:08les difficultés
00:58:09du dysfonctionnement.
00:58:11Vous avez dit,
00:58:11madame la présidente,
00:58:12que le président de l'EPIC,
00:58:15le directeur de l'EPIC
00:58:16avait les coudes effranches,
00:58:17avait les leviers
00:58:18pour tout faire.
00:58:18En fait,
00:58:19ce n'est pas tout à fait
00:58:20comme ça que ça se passe.
00:58:22Il y a un peu
00:58:23un non-respect
00:58:23de la convention
00:58:24de partenariat
00:58:24entre l'EPIC
00:58:25et le centre
00:58:26des monuments nationaux.
00:58:27Il y a un refus
00:58:28de mutualiser les postes
00:58:29et de créer
00:58:29des services communs.
00:58:31Il y a aussi
00:58:32une absence
00:58:33de partenariat commercial
00:58:34autour de la marque
00:58:35du Mont-Saint-Michel
00:58:35qui rapporte beaucoup.
00:58:37Et l'abbaye,
00:58:38par exemple,
00:58:38que vous gérez
00:58:39au niveau du centre
00:58:40des monuments nationaux,
00:58:41ne propose pas cette marque,
00:58:42alors que c'est quand même
00:58:43le fleuron.
00:58:44Il y a bien sûr,
00:58:45vous l'avez dit,
00:58:451,6 million visiteurs
00:58:47à l'abbaye,
00:58:47mais il y a 3 millions
00:58:48de visiteurs au mont.
00:58:50avec une billetterie du mont
00:58:52de l'abbaye
00:58:52qui a été augmentée
00:58:54de 2020 à 2025,
00:59:00de 11 à 16 euros
00:59:02le billet.
00:59:03Et là,
00:59:04c'est le centre
00:59:06des monuments nationaux
00:59:07qui en profite.
00:59:08Et derrière,
00:59:09la reversion à l'EPIC
00:59:11est vraiment dérisoire
00:59:12et n'a pas augmenté.
00:59:13C'est 0,675 millions d'euros.
00:59:16Donc,
00:59:17c'est vraiment très peu.
00:59:18Alors,
00:59:20l'EPIC doit fonctionner
00:59:21avec le million
00:59:22de la culture,
00:59:23du ministère de la culture.
00:59:25Il n'y a plus rien
00:59:26pour le développement durable.
00:59:27Et vous savez
00:59:27que c'est un lieu très fragile
00:59:28et que le développement durable
00:59:30donné 500 000 euros
00:59:31ne les donne plus.
00:59:33Et donc,
00:59:34on arrive vraiment
00:59:35à une difficulté
00:59:36avec un EPIC
00:59:36qui doit faire face
00:59:37à 30 millions d'investissements
00:59:39pour mettre en sécurité,
00:59:40pour apporter un peu
00:59:41de bien-être
00:59:42parce que c'est vrai
00:59:42que,
00:59:43et je parle d'un détail,
00:59:44mais qu'il n'en est pas un
00:59:45quand vous allez au mont,
00:59:46les toilettes sont
00:59:47inexistantes au mont.
00:59:48Donc,
00:59:48vous arrivez au mont,
00:59:49vous ne pouvez pas
00:59:50avoir de toilettes.
00:59:51On a tous les équipements
00:59:53de navettes
00:59:53puisque vous n'allez plus
00:59:54au mont en voiture.
00:59:56Vous avez l'équipement
00:59:56de navettes
00:59:57qu'il faut renouveler,
00:59:58la digue
00:59:59qui a été faite
01:00:00qu'il faut entretenir.
01:00:00tout ça est à la charge
01:00:02de l'EPIC.
01:00:02Et il est vrai
01:00:03que l'EPIC
01:00:04est quelque chose
01:00:04qui fonctionne bien,
01:00:05qui ne demande qu'à exister.
01:00:07Il demande simplement
01:00:07d'avoir une gestion directe
01:00:09et la péréquation
01:00:10vers les monuments
01:00:10et de permettre aux monuments
01:00:14de contribuer
01:00:15aux autres monuments.
01:00:16L'EPIC ne veut
01:00:17tout à fait continuer
01:00:18à la contribution.
01:00:19Il ne s'agit pas
01:00:20d'enlever cette contribution
01:00:21aux autres monuments
01:00:21qui sont déficitaires,
01:00:23comme vous l'avez dit.
01:00:24Il s'agit simplement
01:00:24d'avoir une direction
01:00:27économique, touristique
01:00:28et qui soit dynamique.
01:00:30Et je crois
01:00:31que cette dynamique
01:00:31nous manque
01:00:32parce que cette direction
01:00:33bicéphale est problématique.
01:00:35Voilà.
01:00:36Donc c'était un peu
01:00:36un coup de gueule,
01:00:38excusez-moi,
01:00:39un cri du cœur.
01:00:40Mais c'est vrai
01:00:40que ce monument
01:00:41qui est le deuxième
01:00:42le plus visité en France
01:00:43le mérite.
01:00:44Merci.
01:00:45Catherine Morin de Sailly.
01:00:48Oui.
01:00:52C'est l'autre.
01:00:53C'est l'autre.
01:00:55En tant que Normande,
01:00:57je ne peux que souscrire
01:01:00à ce que mon excellente collègue
01:01:02vient de rappeler
01:01:04sur le dossier
01:01:05du Mont-Saint-Michel.
01:01:06Je voudrais vous rappeler,
01:01:07Madame la Présidente,
01:01:08parce que vous avez évoqué
01:01:09la question de la gouvernance
01:01:11qui vous semble incompréhensible.
01:01:12Je rappelle que celle-ci
01:01:13a été voulue
01:01:14et mise en place
01:01:14suite à de nombreux rapports
01:01:16décidés par Bernard Cazeneuve.
01:01:19Certement choix.
01:01:19Donc il connaissait bien
01:01:20son territoire
01:01:21alors qu'il était Premier ministre.
01:01:23mais appliqué par la suite
01:01:24par Édouard Philippe.
01:01:26Et qu'aujourd'hui,
01:01:27on est à la croisée du chemin.
01:01:28Parce que le système
01:01:29de gouvernance
01:01:29qui a été mis en place,
01:01:31qui délègue
01:01:32donc à cet établissement public
01:01:34du Mont-Saint-Michel,
01:01:35qui, je le rappelle,
01:01:36est administré à parité.
01:01:38Neuf représentants État,
01:01:39neuf représentants
01:01:40des collectivités territoriales.
01:01:42Je crois qu'il a fait ses preuves.
01:01:43Je regarde le rapport
01:01:45de la Cour des comptes
01:01:46qui est sans appel,
01:01:47qui dit
01:01:47une gestion jugée rigoureuse,
01:01:48une bonne relation
01:01:49avec les élus locaux,
01:01:50une montée en compétences rapide,
01:01:52une capacité à coordonner
01:01:53de nombreux acteurs.
01:01:55Car c'est d'un système intégré
01:01:56dont on a besoin
01:01:57pour porter l'ensemble
01:01:58des politiques,
01:01:59à la fois l'urbanisme,
01:02:00l'environnement,
01:02:00mais également
01:02:01le développement économique
01:02:02et touristique
01:02:03et bien sûr culturel.
01:02:05Bien entendu,
01:02:07cet établissement
01:02:07ne revendique pas
01:02:08l'entretien patrimonial
01:02:09au sens strict du terme
01:02:11puisque ce sont les compétences
01:02:12bien sûr du CNM
01:02:13qui assure la maîtrise d'ouvrage.
01:02:16Pour autant,
01:02:18au terme de cinq années
01:02:19de fonctionnement,
01:02:21ce que constate aussi
01:02:22la Cour des comptes,
01:02:24ce qu'a rappelé
01:02:24Béatrice Gosselin,
01:02:25c'est que du coup,
01:02:27par non-application
01:02:28de la Convention
01:02:29qui lit cet établissement public
01:02:30avec le CMN,
01:02:32de la rétention d'informations,
01:02:34pas de volonté vraiment
01:02:35de partager le développement
01:02:37d'une politique nécessaire
01:02:38au développement
01:02:39du monde,
01:02:40on voit qu'il y a un blocage
01:02:43et que finalement,
01:02:45tout le potentiel incroyable
01:02:46de ce monument
01:02:47qui est un des premiers
01:02:48de France visités
01:02:50par les touristes
01:02:52ne peut pas porter ses fruits.
01:02:55Donc ce que réclame
01:02:56la Cour des comptes,
01:02:57c'est un nouveau pacte financier
01:02:58aussi, je tiens à le rappeler,
01:03:00parce que quand on entend
01:03:01que les recettes de billetterie
01:03:03ont monté de façon conséquente
01:03:05et qu'il n'y a aucun retour
01:03:06pour l'ÉPIC lui-même,
01:03:12que concomitamment se désengage
01:03:14le ministère de la Transition écologique
01:03:16du financement de cette établissement publique,
01:03:19et pour cause,
01:03:20parce qu'il dit
01:03:21qu'il y a tellement de recettes
01:03:22que, franchement,
01:03:24la péréquation en faveur
01:03:25du Mont-Saint-Michel
01:03:26pourrait être un peu rééquilibrée.
01:03:28Aujourd'hui,
01:03:29c'est 600 000 euros
01:03:30sur les 7 millions
01:03:32que perçoit en recettes
01:03:33de billetterie
01:03:35le CMN.
01:03:36Vous voyez un peu quand même
01:03:37le gap qu'il y a.
01:03:38Donc je crois
01:03:39qu'il y aurait déjà
01:03:40à rétablir aussi
01:03:42pour faire face
01:03:43au mur d'investissement
01:03:44que les collectivités territoriales
01:03:45ne pourront pas financer
01:03:46toutes seules.
01:03:46C'est aussi la raison
01:03:47pour laquelle,
01:03:48chers collègues,
01:03:49je ne veux pas parler
01:03:49pour la région Bretagne,
01:03:50mais la région Bretagne
01:03:51s'est retirée aussi
01:03:52de l'établissement public,
01:03:53jugeant,
01:03:54je termine,
01:03:54Monsieur le Président,
01:03:55jugeant qu'elle n'avait pas
01:03:56à se substituer
01:03:57à des recettes
01:03:58qui pourraient être
01:04:00équitablement redistribuées
01:04:01par le CMN.
01:04:03Donc un nouveau pacte financier,
01:04:04une gouvernance
01:04:05qu'il faut clarifier définitivement.
01:04:07Je pense qu'il y a plusieurs scénarios,
01:04:08ils ne sont pas encore décidés,
01:04:09mais il faut s'acheminer
01:04:10vers plus de responsabilités
01:04:13de cette EPIC.
01:04:14Et un dernier mot pour vous dire,
01:04:16je comprends la défense
01:04:18que vous faites du CMN.
01:04:22Moi, je vous dis à l'instar
01:04:23ce qu'ont dit plusieurs collègues,
01:04:24je regrette,
01:04:25parce que c'était souligné aussi
01:04:26dans un précédent rapport
01:04:28de la Cour des comptes,
01:04:29que le CMN s'est vu confier
01:04:32de plus en plus de monuments
01:04:33et de missions par l'État
01:04:36sans que les financements,
01:04:38voilà,
01:04:39en matière notamment
01:04:39de restauration du patrimoine,
01:04:41ne soient au rendez-vous.
01:04:43Donc on a confondu
01:04:44d'autonomie du CNM
01:04:46et des engagements budgétaires,
01:04:48d'où le recours absolument
01:04:49à des recettes de billetterie,
01:04:51d'une politique touristique,
01:04:52etc.,
01:04:52qui pour moi ne relèveraient pas
01:04:53en premier lieu du CMN.
01:04:56Voilà,
01:04:56donc on vous accompagne
01:04:57sur le soutien au CMN,
01:04:58sachez le...
01:04:59Il faut conclure.
01:05:00J'ai conclu.
01:05:01Sylvie Robert.
01:05:04Merci, M. le Président.
01:05:06Alors, ne vous inquiétez pas,
01:05:08chers collègues,
01:05:08je ne vais pas relancer le débat
01:05:10sur le Mont-Saint-Michel,
01:05:12est-il breton ou normand ?
01:05:13Surtout pas.
01:05:15Mais permettez-moi quelques mots
01:05:17suite aux interventions
01:05:19de mes deux collègues normandes.
01:05:20Il est vrai que la région Bretagne
01:05:23a été un temps,
01:05:24ça fait longtemps,
01:05:24ça fait plus de 9 ans,
01:05:27partie prenante financièrement,
01:05:28d'ailleurs,
01:05:29du syndicat mixte.
01:05:30Et elle s'est retirée
01:05:31considérant qu'il n'y avait pas
01:05:33une redistribution
01:05:36assez juste
01:05:37entre, effectivement,
01:05:39les collectivités
01:05:40et les charges
01:05:41qui leur incombaient
01:05:41et les recettes
01:05:43qui revenaient au CNM.
01:05:47Néanmoins,
01:05:47moi, je suis dans une position
01:05:49où je n'ai pas envie
01:05:50de prendre position,
01:05:51sachant qu'on sait
01:05:52que fin juin,
01:05:53il va y avoir
01:05:54une nouvelle convention
01:05:54qui va lier l'État,
01:05:56l'établissement public
01:05:58et le CNM.
01:06:01J'ai entendu
01:06:02qu'on demandait
01:06:04une stratégie,
01:06:05je crois que c'est Sonia
01:06:06qui l'a énoncée,
01:06:08et je pense que
01:06:09qui dit stratégie
01:06:11dit à un moment,
01:06:11effectivement,
01:06:13de quoi on parle
01:06:14en termes de gouvernance,
01:06:15de moyens
01:06:16et d'objectifs.
01:06:17Je pense qu'il faut
01:06:18commencer par là.
01:06:19Mais je mets en garde
01:06:20mes collègues normandes
01:06:22avec toute l'amitié
01:06:23qui me lient à elles
01:06:24pour nous dire
01:06:25si le CNM
01:06:28finalement se retire
01:06:30du Mont-Saint-Michel.
01:06:31Je voudrais
01:06:32qu'on étudie
01:06:32les impacts
01:06:33sur le modèle économique
01:06:35du CNM
01:06:36qui, à un moment,
01:06:37va perdre
01:06:38tant de millions
01:06:39qui seront d'autant moins
01:06:41dans la redistribution
01:06:42et péréquation
01:06:43qui s'appliquent
01:06:44aux différents édifices
01:06:45de notre pays.
01:06:47Et s'il faut ça,
01:06:49est-ce que...
01:06:51Forcément,
01:06:52ce n'est pas une question
01:06:53à la présidente,
01:06:54mais puisque notre audition
01:06:55est publique,
01:06:56j'espère que le gouvernement
01:06:57l'entendra.
01:06:58S'il faut compenser
01:06:597 à 8 millions d'euros,
01:07:01mes chers collègues,
01:07:02dans la prochaine loi de finances,
01:07:03en avons-nous les moyens ?
01:07:05Eh bien,
01:07:06je ne pense pas.
01:07:07Et donc,
01:07:07est-ce à terme
01:07:09la fin du CNM ?
01:07:16Moi,
01:07:17je pense et je forme le vœu,
01:07:18et ce sera ma proposition,
01:07:21qui ait un nouveau dialogue
01:07:22et concertation territoriale
01:07:24qui permette peut-être
01:07:25une plus juste redistribution
01:07:27des moyens vers les collectivités
01:07:29et pour le CNM
01:07:30en ne fragilisant ni l'un
01:07:33et en ayant la lucidité
01:07:35de se dire que,
01:07:36s'il y a moins d'argent,
01:07:38ce seront les autres
01:07:38qui en pâtiront.
01:07:40Je pense que c'est aussi
01:07:41notre responsabilité.
01:07:42Et je termine.
01:07:43Vous avez dit,
01:07:44Madame la Présidente,
01:07:45que le directeur général
01:07:47était en même temps
01:07:48le directeur du site.
01:07:49Ça me paraît assez étonnant,
01:07:51je vous avoue,
01:07:52comme gouvernance.
01:07:54Mais bon,
01:07:55j'espère que ce monsieur
01:07:56a l'objectivité
01:07:57et la neutralité
01:07:58qui s'y est
01:07:59à ce genre de responsabilité.
01:08:01En tout cas,
01:08:01nous serons vigilants
01:08:02pour voir l'évolution du dossier.
01:08:03Je vous remercie.
01:08:04Dernière intervention
01:08:05de Jacques Gropéin.
01:08:07Merci, Président.
01:08:09Alors,
01:08:09c'est vrai que le CNM
01:08:10occupe une place singulière
01:08:12dans la politique patrimoniale
01:08:14de notre pays
01:08:15avec une mission nationale
01:08:16qui agit au cœur
01:08:17des territoires.
01:08:18Et nous sommes ici
01:08:19justement à la Chambre
01:08:19des territoires
01:08:20et au cœur des citoyens,
01:08:22des concitoyens
01:08:23et des collectivités locales
01:08:24dont les réalités,
01:08:25bien sûr,
01:08:26et les capacités
01:08:27sont véritablement diverses.
01:08:29Alors,
01:08:29vous avez affirmé
01:08:30l'ancrage territorial
01:08:31du CNM
01:08:32et sa volonté
01:08:33de réengager les habitants
01:08:34dans la vie des communes,
01:08:35Madame la Présidente.
01:08:36Alors,
01:08:36objectif,
01:08:36bien sûr,
01:08:37intéressant,
01:08:38car il permet
01:08:39de présenter
01:08:39le patrimoine
01:08:40comme un levier
01:08:41de participation locale,
01:08:42de médiation
01:08:42et de cohésion territoriale.
01:08:44Cependant,
01:08:45dans le même temps,
01:08:46depuis la loi de 2004
01:08:47relative aux libertés
01:08:48et responsabilités locales,
01:08:50les communes
01:08:51ou le regroupement
01:08:51peuvent reprendre
01:08:52la gestion
01:08:52de certains biens patrimoniaux
01:08:54dans un esprit
01:08:55de décentralisation.
01:08:56Or,
01:08:56ce mouvement intervient
01:08:57aujourd'hui
01:08:58dans un contexte
01:08:58de force contrainte
01:09:00budgétaire
01:09:00pour les collectivités
01:09:01qui ne disposent pas
01:09:02de tous les mêmes moyens
01:09:04pour assumer
01:09:04ces responsabilités.
01:09:05Donc,
01:09:05deux questions.
01:09:06Comment le CNM
01:09:07entend-il
01:09:08structurer sa coopération
01:09:09avec les élus locaux
01:09:11pour concilier
01:09:12ce double impératif
01:09:13de rayonnement national
01:09:14et d'engrage territorial
01:09:15sans accentuer
01:09:17les inégalités
01:09:17entre les communes ?
01:09:18Et plus précisément,
01:09:20considérez-vous
01:09:21que le cadre actuel
01:09:22issu de la loi de 2004
01:09:24reste adapté
01:09:25ou qu'il doit évoluer
01:09:26pour mieux accompagner
01:09:27les collectivités,
01:09:28notamment les plus fragiles ?
01:09:29Je vous remercie.
01:09:31Voilà,
01:09:32Madame la Présidente,
01:09:33on va vous laisser répondre
01:09:34à ces questions.
01:09:49Merci beaucoup.
01:09:51Peut-être répondre
01:09:53pour commencer,
01:09:54et ça donne bien
01:09:55le cadre général,
01:09:57d'ailleurs,
01:09:57et de mon intervention
01:09:58et du périmètre
01:10:00de responsabilité
01:10:00de l'établissement
01:10:01que je préside,
01:10:04à Madame la Sénatrice
01:10:05du Calvados
01:10:06sur justement
01:10:07la manière
01:10:08dont le Centre
01:10:09des Monuments Nationaux
01:10:09s'inscrit
01:10:10dans une stratégie globale
01:10:12du ministère de la Culture.
01:10:13Vous comprendrez
01:10:13que ce n'est pas à moi
01:10:14de répondre
01:10:14sur la totalité
01:10:16de la question.
01:10:17Bien sûr,
01:10:18les relations
01:10:19sont fructueuses,
01:10:22elles sont encadrées,
01:10:24elles sont régulières,
01:10:27mais pour autant,
01:10:28derrière votre question
01:10:29et d'autres,
01:10:30d'ailleurs,
01:10:31se cache effectivement
01:10:33une certaine confusion
01:10:35qui s'opère régulièrement
01:10:36sur notre établissement,
01:10:38qui, par son importance,
01:10:40par sa présence aussi
01:10:42sur tous les territoires,
01:10:43par sa capacité finalement,
01:10:45notamment ce plan touristique,
01:10:46à porter une parole nationale,
01:10:48c'est d'ailleurs
01:10:49dans son nom,
01:10:53est parfois confondue
01:10:55avec le ministère
01:10:56en termes de prérogatives.
01:10:58Et j'ajouterais,
01:10:59quand bien même
01:11:00je me réjouis absolument
01:11:00d'avoir pu mener
01:11:01cette réflexion,
01:11:02que le rapport
01:11:03sur un national trust
01:11:04à la française
01:11:04a peut-être encore
01:11:05augmenter un petit peu
01:11:06cette confusion.
01:11:07Donc, pour autant,
01:11:09on a là un établissement
01:11:11extrêmement important,
01:11:13pluri-implanté,
01:11:15pluri-partenarial,
01:11:16avec un niveau,
01:11:18encore une fois,
01:11:19de collaboration locale
01:11:21à de très nombreuses échelles
01:11:22qui est très original,
01:11:24un établissement
01:11:25qui est unique
01:11:25à l'échelle internationale.
01:11:26C'est pour ça, d'ailleurs,
01:11:27que nous continuons,
01:11:28depuis ce rapport,
01:11:29à travailler avec nos collègues,
01:11:31non seulement d'ailleurs
01:11:31du National Trust britannique,
01:11:33mais aussi du National Trust écossais,
01:11:35de l'English Heritage.
01:11:36J'étais encore
01:11:37il y a quelques jours
01:11:38en Écosse
01:11:38pour réfléchir avec eux
01:11:40sur un certain nombre
01:11:40de sujets.
01:11:42Donc, oui,
01:11:43nous portons
01:11:44une part importante,
01:11:46nous avons une voix importante
01:11:48en matière
01:11:48de politique patrimoniale.
01:11:50Pour autant,
01:11:51la réponse est dans votre question,
01:11:53nous ne la définissons
01:11:55évidemment pas.
01:11:57Je pense que c'est
01:11:58très important néanmoins,
01:12:00je l'ai rappelé un petit peu,
01:12:01l'intervention de l'État,
01:12:03l'intervention financière
01:12:04à travers les DRAC,
01:12:05l'intervention à travers
01:12:07le Centre des monuments nationaux,
01:12:08l'intervention en matière
01:12:09de politique patrimoniale
01:12:11qui est un sujet très important.
01:12:12L'État français porte,
01:12:14et c'est très frappant
01:12:15quand on voyage,
01:12:16quand on le rappelle
01:12:17de le mesurer,
01:12:19porte aujourd'hui
01:12:20une part très importante,
01:12:22une responsabilité
01:12:23très importante
01:12:24qui est assumée
01:12:25dans la conservation
01:12:26et la protection
01:12:27de notre patrimoine.
01:12:30Pour revenir
01:12:31à cette question
01:12:31d'entretien
01:12:32que vous m'avez posée également,
01:12:34oui, vous disais-je,
01:12:36on l'a déjà augmenté,
01:12:37oui, 6,7 millions
01:12:38ou 7 millions
01:12:39de subventions
01:12:40pour l'entretien
01:12:41a été évoqué aussi,
01:12:42un chiffre de 25 millions
01:12:43qui est aujourd'hui
01:12:44un petit peu plus bas,
01:12:45d'ailleurs,
01:12:45de 22 millions
01:12:46qui concernent cette fois
01:12:47la restauration
01:12:48monument historique.
01:12:49Donc, en gros,
01:12:51disons les grands travaux
01:12:53fondamentaux
01:12:53par opposition
01:12:54à ce qui relève
01:12:55à la fois de la maintenance
01:12:56et de l'entretien
01:12:57lesquels nous voulons
01:12:58faire augmenter.
01:13:00Donc, oui,
01:13:00notre objectif
01:13:01sur très peu d'années
01:13:02c'est de monter
01:13:03à 12 millions,
01:13:04là, de 6,7
01:13:06jusqu'à 12,
01:13:08mais à terme,
01:13:09la cible,
01:13:09très clairement,
01:13:10il faut le dire,
01:13:10c'est comme ça
01:13:11qu'on y arrivera
01:13:11à l'échelle nationale,
01:13:13je pense,
01:13:14c'est d'équilibrer
01:13:15un budget de restauration
01:13:16qui est de 25 millions,
01:13:17qui est dérisoire
01:13:18à l'échelle
01:13:19de nos 110 monuments.
01:13:20Vous entendez partout
01:13:21des murs d'investissement.
01:13:22Alors, le ticket
01:13:23commence généralement
01:13:24plutôt à 30 ou 50 millions
01:13:25d'euros.
01:13:26Nous, on a moins que ça
01:13:27pour 110 monuments.
01:13:29Oui, l'objectif
01:13:30sur une demi-douzaine
01:13:32d'années,
01:13:32c'est d'aligner
01:13:34les crédits d'entretien
01:13:35et les crédits de restauration,
01:13:37donc 25-25.
01:13:39Voilà.
01:13:41Pour ce qui concerne
01:13:43les remarques,
01:13:44peut-être plus que les questions
01:13:46de M. le sénateur
01:13:50des Hauts-de-Seine,
01:13:52oui, bien sûr,
01:13:52le modèle du Centre
01:13:53des Monuments Nationaux,
01:13:55il est vertueux.
01:13:56Oui, on le dit beaucoup,
01:13:58il est frugal.
01:13:59Alors, pour ça,
01:13:59on peut considérer
01:14:00qu'il est adapté au temps,
01:14:01mais ça ne veut pas dire
01:14:02qu'il n'est pas fragile
01:14:04ou fragilisé.
01:14:05Oui, depuis quelques années,
01:14:07on nous confie,
01:14:08fusse des merveilles
01:14:09ou de merveilleux projets,
01:14:11on nous confie
01:14:12des monuments
01:14:13qui ne sont pas en mesure
01:14:16ou des projets
01:14:17qui ne sont pas en mesure
01:14:18de contribuer à la péréquation
01:14:20qui, la plupart du temps,
01:14:22exception faite peut-être
01:14:23de l'Hôtel de la Marine,
01:14:24qu'on est en train seulement,
01:14:25au bout de 5 ans,
01:14:26de réussir à équilibrer,
01:14:27mais qui non seulement
01:14:29ne contribue pas
01:14:29à la péréquation,
01:14:30mais coûte à l'établissement.
01:14:32Oui, bien sûr,
01:14:32il y a une question
01:14:33qu'il faut poser
01:14:35et que, bien évidemment,
01:14:37nous posons.
01:14:40M. le sénateur
01:14:41d'Indre-et-Loire,
01:14:42dans cette logique,
01:14:44nul n'est tenu à l'impossible,
01:14:46je vous remercie.
01:14:48Même si,
01:14:49un petit mot personnel,
01:14:50malheureusement,
01:14:51j'ai beaucoup de mal
01:14:51à me résoudre,
01:14:52à ne pas tenter l'impossible
01:14:54dans le beau métier
01:14:56qui est le mien
01:14:57et je pense que c'est
01:14:58une forme d'optimisme
01:15:00qui, au sein des monuments nationaux,
01:15:03s'incarne dans des formes d'action.
01:15:08Vous évoquiez effectivement
01:15:11ce budget de 25 millions
01:15:13qui est rabaissé depuis cette année,
01:15:15enfin, sur deux ans,
01:15:16à 22 millions seulement.
01:15:20Oui, nous avons des monuments
01:15:21qui sont aujourd'hui en difficulté.
01:15:23C'est votre question.
01:15:25Je pense qu'il est important
01:15:26d'y résoudre.
01:15:27En général,
01:15:27le ministère de la Culture
01:15:28est à nos côtés.
01:15:29Je pense autour de la Rochelle.
01:15:30Vous le savez,
01:15:31la tour Saint-Nicolas
01:15:32a subi de très, très graves désordres
01:15:35il y a maintenant un an et demi.
01:15:36Elle est maintenant stabilisée,
01:15:38reste à la consolider.
01:15:39C'est un chantier
01:15:39de dizaines de millions d'euros
01:15:41qui est devant nous
01:15:42pour lequel, pour l'instant,
01:15:43le ministère nous accompagne.
01:15:47J'ai évoqué la...
01:15:48Enfin, on peut en évoquer des dizaines.
01:15:50J'ai évoqué la Sainte-Chapelle
01:15:51qui est un monument
01:15:52qui n'est pas en bon état
01:15:53et qui doit faire l'objet
01:15:54d'une restauration
01:15:55dans un contexte très compliqué.
01:15:58Vous avez évoqué
01:16:00le Panthéon, évidemment,
01:16:02ce monument formidable
01:16:03pour lequel la fréquentation
01:16:04a doublé depuis quelques années.
01:16:06Je vous rappelle,
01:16:06on n'en parle pas beaucoup,
01:16:07mais que tout ça s'inscrit
01:16:08dans une logique
01:16:10de plafond d'emploi
01:16:13strictement bloquée.
01:16:14Donc, ça veut dire
01:16:15que l'augmentation
01:16:16qui nous a vu passer
01:16:17de 9 à 10,
01:16:18maintenant à 12 millions
01:16:19de visiteurs accueillis,
01:16:22eh bien,
01:16:22elle ne s'accompagne pas
01:16:23d'une augmentation des postes.
01:16:24Je vous laisse imaginer
01:16:25la gymnastique
01:16:26qui est faite au quotidien.
01:16:28Mais donc, sur le Panthéon,
01:16:29où cette année,
01:16:30on a dépassé
01:16:311,1 million de visiteurs,
01:16:32c'est extraordinaire.
01:16:33Vous vous rappelez tous
01:16:34de ce monument
01:16:34où aucun d'entre nous,
01:16:36je m'y intègre,
01:16:37n'avait l'idée
01:16:38de se rendre
01:16:39pour une visite.
01:16:39Le Péristyle, par exemple,
01:16:41est en très mauvais état.
01:16:42Et pour ceux
01:16:44qui assisteront
01:16:45à la prochaine Panthéonisation,
01:16:46levez les yeux,
01:16:47vous verrez
01:16:47qu'il est entièrement fileté
01:16:49dans ses parties latérales hautes.
01:16:52Il y a des filets
01:16:52pour empêcher
01:16:53les chutes de pierre.
01:16:55Donc voilà
01:16:55quelques exemples.
01:16:59Monsieur le sénateur,
01:17:02effectivement,
01:17:04évoquez aussi,
01:17:04je vous remercie
01:17:05de cette question,
01:17:07là encore,
01:17:08pour être non seulement optimiste,
01:17:09mais véritablement opportuniste,
01:17:13au sens où,
01:17:14en mesure de mobiliser,
01:17:16encore une fois,
01:17:17ces trésors nationaux
01:17:19que constituent
01:17:20les établissements publics
01:17:21nationaux de notre pays,
01:17:23effectivement,
01:17:24c'est un réseau
01:17:25sur lequel nous nous appuyons
01:17:26énormément.
01:17:27On a très souvent,
01:17:28je le disais,
01:17:28des monuments vides.
01:17:29Nos collègues ont très souvent
01:17:31des collections.
01:17:32Ils ont aussi
01:17:34de plus en plus,
01:17:35et c'est normal,
01:17:36à faire,
01:17:36c'est la nation justement,
01:17:38à faire face
01:17:39à des demandes
01:17:40d'actions plus fortes
01:17:42dans les différents territoires.
01:17:43Nous en sommes
01:17:44un vecteur majeur
01:17:45sous des formes temporaires.
01:17:48Par exemple,
01:17:49je pense évidemment
01:17:50au château de Cadillac
01:17:51où nous avons inauguré
01:17:52il y a quelques jours
01:17:53une exposition
01:17:53avec le mobilier national
01:17:55de meubles réinterprétés,
01:17:57à Châteaudin également,
01:17:58à La Rochelle,
01:17:59pour cet ensemble d'opérations.
01:18:01Je pense à la dizaine
01:18:02d'expositions
01:18:03que nous préparons
01:18:04avec le centre national
01:18:05Georges Pompidou
01:18:06sur deux années.
01:18:08Je pense à nos inscriptions
01:18:10aussi avec le mobilier national
01:18:12dans le remeublement
01:18:13permanent de nos lieux,
01:18:15et peut-être là aussi
01:18:16tout particulièrement
01:18:17à Rambouillet,
01:18:20avec un remeublement
01:18:22avec le mobilier
01:18:23à l'antique
01:18:24d'origine
01:18:24de la laiterie
01:18:25de la Reine.
01:18:26C'est un geste
01:18:27exceptionnel de Versailles.
01:18:28Donc voilà,
01:18:29par le biais
01:18:30du Centre des monuments nationaux
01:18:31et de ses collaborations
01:18:33au quotidien,
01:18:35nous sommes là encore
01:18:37en mesure
01:18:37de faire ruisseler,
01:18:39si j'ose dire,
01:18:40le bien national,
01:18:43les biens nationaux
01:18:44sur l'entièreté
01:18:45des territoires.
01:18:48Monsieur le sénateur
01:18:50de Seine-Saint-Denis,
01:18:52monsieur Zian,
01:18:54merci d'avoir évoqué
01:18:55cette question des risques
01:18:56qui est effectivement
01:18:58au cœur
01:18:58de notre action
01:18:59au quotidien.
01:19:00Ouvrir des monuments
01:19:01au public,
01:19:02c'est un risque.
01:19:04Montrer des collections
01:19:05au public,
01:19:06c'est un risque.
01:19:07Nous sommes des professionnels
01:19:08du risque,
01:19:09mais pour autant,
01:19:09les risques institutionnels
01:19:11et financiers
01:19:12que nous partageons
01:19:12avec la totalité
01:19:13de la communauté nationale,
01:19:15je crois qu'il faut le dire,
01:19:17se font évidemment
01:19:18de plus en plus aigus,
01:19:22surtout dans un contexte
01:19:23où, je l'évoquais,
01:19:23quelques monuments
01:19:24nécessitent
01:19:25des grosses restaurations
01:19:27urgentes.
01:19:27Dans ce contexte-là,
01:19:30oui, bien sûr,
01:19:31le départ du...
01:19:32Pour aborder
01:19:33les questions
01:19:34qui vont suivre,
01:19:34mais le départ
01:19:35du Mont-Saint-Michel
01:19:37de l'emprise confiée
01:19:38au Centre des monuments nationaux
01:19:40constituerait pour l'établissement
01:19:41une déflagration
01:19:42majeure, évidemment.
01:19:44Elle est non seulement
01:19:47financière,
01:19:47mais elle est aussi
01:19:48dans ce contexte
01:19:49de mutualisation,
01:19:50dans ce contexte aussi
01:19:51de l'image
01:19:52de ce qu'est la nation.
01:19:54C'est-à-dire,
01:19:54on se retrouverait
01:19:55avec un établissement
01:19:57où il y aurait
01:19:58quelques grands monuments
01:20:00magnifiques à Paris
01:20:01et puis tout ce qui est
01:20:02à charge en région.
01:20:03Elle s'inscrit
01:20:04dans un contexte
01:20:05de risque à tout niveau.
01:20:07C'est effectivement
01:20:08quelque chose
01:20:08dans quoi il est très difficile
01:20:10aujourd'hui
01:20:11de projeter
01:20:12l'établissement.
01:20:13Je ne vous le cache pas.
01:20:17Pour ce qui concerne
01:20:18la question
01:20:19du mur d'investissement,
01:20:20comme je vous le disais,
01:20:22je pense qu'il faut
01:20:24être très vigilant
01:20:25en ce moment,
01:20:26même à cette expression
01:20:27qui est extrêmement
01:20:30angoissante
01:20:30pour tous les professionnels
01:20:31que nous sommes.
01:20:32Donc, on entend
01:20:33100 millions
01:20:34à Chambord,
01:20:35tant de centaines
01:20:36de millions,
01:20:36etc.
01:20:37Je pense qu'encore une fois,
01:20:38il faut qu'on se mobilise
01:20:40en responsabilité
01:20:41et collectivement,
01:20:42j'insiste dessus,
01:20:43quels que soient
01:20:44nos moyens.
01:20:45Bien sûr,
01:20:45les collectivités
01:20:46sont en difficulté financière
01:20:48très fréquemment,
01:20:49l'État l'est aussi,
01:20:50le secteur privé
01:20:52l'est aussi largement,
01:20:53mais pour autant,
01:20:54je suis convaincue
01:20:55que c'est dans
01:20:55des solutions collectives
01:20:57que résident
01:20:58les solutions.
01:20:59Et encore une fois,
01:21:00le patrimoine,
01:21:01c'est aussi un lieu
01:21:03d'enseignement de ça.
01:21:04Il en a traversé des crises,
01:21:05il en a traversé
01:21:07des guerres,
01:21:07il en a traversé
01:21:08des disettes.
01:21:09Mais souvent,
01:21:10d'abord,
01:21:10il a été choisi,
01:21:11on s'est mis autour de lui,
01:21:12on l'a soigné,
01:21:13et ensuite,
01:21:14il a fait l'objet
01:21:15à des moments particuliers
01:21:16de son histoire
01:21:17de sursauts
01:21:18qui ont été
01:21:18des sursauts collectifs.
01:21:21Alors, bien sûr,
01:21:24madame la sénatrice
01:21:25de la Manche,
01:21:26madame Gosselin,
01:21:28on peut revenir
01:21:28sur un certain nombre
01:21:30de détails.
01:21:31Je crois qu'il ne faut pas,
01:21:31ici,
01:21:32si vous souhaitez
01:21:33plus d'éléments
01:21:34ou une audition spécifique,
01:21:35on est évidemment
01:21:36à notre disposition.
01:21:37Ce que je voulais dire,
01:21:38c'est que
01:21:41la question du retour,
01:21:42elle est quand même,
01:21:43elle est un petit peu faussée.
01:21:44Le retour,
01:21:45ce n'est pas seulement
01:21:47675 000 euros
01:21:48du Centre des monuments nationaux
01:21:50revenant
01:21:51à l'établissement public,
01:21:52notamment pour le financement,
01:21:54disons de quoi on parle,
01:21:55de l'entretien,
01:21:57des parkings,
01:21:58des navettes,
01:21:59du centre d'accueil touristique,
01:22:01ce qui est légitime
01:22:02et ce qui ne saurait pas,
01:22:03dans mon esprit,
01:22:05être dissocié
01:22:06de la bonne marge
01:22:06de l'abbaye
01:22:07ni même du Mont-Saint-Michel.
01:22:10Mais ce que je voulais juste dire,
01:22:12c'est que le Centre
01:22:13des monuments nationaux,
01:22:14il réinvestit aujourd'hui
01:22:16la participation
01:22:17à la péréquation
01:22:18de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
01:22:20Elle est annuellement
01:22:21d'à peu près
01:22:221,5 million en moyenne
01:22:24depuis 15 ans.
01:22:25Depuis 15 ans,
01:22:26on a investi
01:22:2835 millions d'euros
01:22:29sur le Mont-Saint-Michel.
01:22:30Depuis 15 ans,
01:22:32encore une fois,
01:22:33on a restauré
01:22:33très largement
01:22:34le Mont-Saint-Michel,
01:22:35le cloître.
01:22:36On a restauré
01:22:36la merveille,
01:22:37alors dans le cadre
01:22:38du plan de relance,
01:22:39mais pas seulement,
01:22:40avec un budget
01:22:41d'à peu près
01:22:42la moitié, je crois,
01:22:43engagé par l'établissement.
01:22:46On a, vous disais,
01:22:47je refais toute la signalétique,
01:22:49on a créé
01:22:49des nouvelles tablettes numériques.
01:22:51On n'est pas
01:22:51en train de s'arrêter.
01:22:52On va ouvrir
01:22:53la réservation en ligne
01:22:54dans quelques jours.
01:22:55On est en train
01:22:55de confier
01:22:56à l'architecte en chef
01:22:58un certain nombre
01:22:59de contrats
01:23:00qui vont porter
01:23:01sur la restauration
01:23:02de l'abbatiale.
01:23:03On est en train
01:23:04d'engager,
01:23:05ça a été dit d'ailleurs
01:23:07récemment,
01:23:07une cinquantaine
01:23:08de millions d'euros
01:23:09sur le Mont-Saint-Michel
01:23:10et surtout,
01:23:11on est en train,
01:23:11on a reçu
01:23:12les premières offres,
01:23:13on est en train
01:23:14de mettre en place
01:23:16le cadre
01:23:17d'un schéma directeur
01:23:18pour le Mont-Saint-Michel
01:23:19qui permettra
01:23:20d'associer
01:23:21les différentes parties
01:23:22autour de la question
01:23:23des travaux.
01:23:24Ce que je crois
01:23:24qu'il est important
01:23:25de faire aujourd'hui,
01:23:28et j'y associe évidemment
01:23:30madame la sénatrice
01:23:31Morin de Sailly,
01:23:33c'est vraiment
01:23:34de se mettre
01:23:35autour de la table
01:23:36pour,
01:23:37au lieu d'opposer
01:23:38des investissements
01:23:39pour les parkings,
01:23:41peut-être le barrage,
01:23:43rappelons quand même,
01:23:43défendons l'État,
01:23:44rétablissement du caractère
01:23:45maritime de la baie.
01:23:46C'est extraordinaire
01:23:47ce qu'on a fait.
01:23:48Soyons fiers de ça
01:23:49au lieu de nous diviser.
01:23:52aujourd'hui,
01:23:53se mettre autour
01:23:53de la table...
01:23:54Moi, j'entends
01:23:55qu'il y a des besoins
01:23:55financiers
01:23:56sur les infrastructures
01:23:57touristiques.
01:23:58Je l'entends.
01:24:00Il y a des besoins
01:24:01financiers aussi
01:24:02sur la maintenance
01:24:03du monument.
01:24:04Mais je n'ai cessé,
01:24:06depuis 3 ans
01:24:06que je suis à la tête
01:24:07de cet établissement,
01:24:08je n'ai cessé
01:24:09d'appeler de mes voeux
01:24:11véritablement
01:24:11des projets communs
01:24:13entre les 2 établissements.
01:24:15Pour l'instant,
01:24:16force est de constater
01:24:17qu'il en est peu sorti.
01:24:19Il y a eu le restaurant.
01:24:20On a fait.
01:24:21Il y a eu le restaurant.
01:24:22C'est nous à 100%.
01:24:23Il y a eu la nouvelle boutique.
01:24:25Il y a eu...
01:24:26Donc, ce que je voudrais dire
01:24:27simplement,
01:24:28c'est qu'il n'y a pas
01:24:28que ces 675 000 euros.
01:24:31Par contre,
01:24:33discutons.
01:24:33Je veux dire,
01:24:34très clairement,
01:24:35ce n'est pas moi
01:24:35qui vais vous dire le contraire.
01:24:36Un, le Mont-Saint-Michel
01:24:38sans un partenariat territorial
01:24:42non seulement n'a pas de sens,
01:24:43mais sera en difficulté,
01:24:44d'une infrastructure touristique
01:24:47majeure de qualité
01:24:48qui existe,
01:24:50que n'a pas construit,
01:24:51mais que maintient l'EP
01:24:52et cherche à développer l'EP
01:24:54et indispensable
01:24:55à ce lieu unique.
01:24:57Qu'est-ce qu'on a fait,
01:24:58en gros,
01:24:58au Mont-Saint-Michel ?
01:24:59On a choisi
01:25:00de sanctuariser,
01:25:01en quelque sorte,
01:25:03un monument,
01:25:05je dirais presque nature,
01:25:08sans l'entacher
01:25:09d'accueil trop moderne,
01:25:13etc.,
01:25:14d'adjonction,
01:25:15d'agrandissement.
01:25:15On a choisi
01:25:16de déplacer sur la terre ferme,
01:25:18si j'ose dire,
01:25:19ces infrastructures touristiques.
01:25:20C'est le salut du Mont,
01:25:22c'est sa beauté.
01:25:22Donc on est,
01:25:23évidemment,
01:25:24à disposition
01:25:25pour discuter
01:25:28plus avant
01:25:29de ces différents points.
01:25:31Mais en tout cas,
01:25:32encore une fois,
01:25:33ne limitez pas
01:25:34notre investissement
01:25:34aux 675 000 euros
01:25:36qui peuvent être discutés.
01:25:38Nous,
01:25:38ce qu'on aimerait,
01:25:39honnêtement,
01:25:39c'est que le public
01:25:41à l'abbaye,
01:25:42par exemple,
01:25:43augmente davantage.
01:25:44C'est le seul endroit
01:25:45qui reste magique
01:25:46du Mont aujourd'hui,
01:25:47qui parfois s'est beaucoup dit,
01:25:49et ça a été montré,
01:25:51et en prise
01:25:51avec une fréquentation
01:25:53qui le rend absolument
01:25:54irrespirable.
01:25:55Quand vous arrivez
01:25:56à l'abbaye,
01:25:56vous respirez.
01:25:57La proportion,
01:25:58aujourd'hui,
01:25:59entre les visiteurs
01:26:00de l'abbaye
01:26:00et les visiteurs du Mont,
01:26:02depuis des années,
01:26:03elle n'augmente pas.
01:26:04Ça,
01:26:04c'est un sujet
01:26:05d'intérêt commun.
01:26:05Et croyez-moi,
01:26:07ça,
01:26:07ça vaut un engagement
01:26:10très ferme
01:26:11et très volontariste
01:26:13du Centre des monuments nationaux.
01:26:16Peut-être,
01:26:18pour finir,
01:26:20remercier,
01:26:20même la sénatrice,
01:26:21dit-les vilaines
01:26:22de ces quelques mots.
01:26:24Oui,
01:26:25le Mont-Saint-Michel
01:26:26est un monument national
01:26:27dans un contexte,
01:26:29encore une fois,
01:26:31assez compliqué,
01:26:32dans un contexte aussi
01:26:34d'un modèle,
01:26:35je dirais,
01:26:36de générosité,
01:26:37de solidarité territoriale,
01:26:39qui est une espèce
01:26:39de métonymie
01:26:40de la nation.
01:26:41Oui,
01:26:42encore une fois,
01:26:43je suis prête
01:26:43à chercher des solutions
01:26:45qui agraient davantage,
01:26:47disons,
01:26:48les différentes parties.
01:26:50Monsieur le sénateur
01:26:51du Doubs,
01:26:54et j'en ai presque terminé
01:26:58sur cette question
01:26:59de décentralisation
01:27:01en tant de fortes contraintes.
01:27:03Là encore,
01:27:03vous vous doutez
01:27:04que ce n'est pas à moi
01:27:05à répondre globalement
01:27:06à cette question.
01:27:08Peut-être,
01:27:09à travers mon établissement,
01:27:10défendre un modèle
01:27:11qui est un peu différent,
01:27:12qui relève plutôt,
01:27:13d'ailleurs,
01:27:13de la déconcentration,
01:27:14mais effectivement,
01:27:15c'est la force du CMN,
01:27:16c'est qu'il est
01:27:18dans les territoires,
01:27:19il est l'État
01:27:19dans les territoires
01:27:20et je pense très honnêtement
01:27:22que dans les temps
01:27:23que nous traversons,
01:27:24il est absolument indispensable
01:27:25de préserver
01:27:26ce type de modèle
01:27:28et je ne trahis pas l'État,
01:27:30je le crois,
01:27:31évidemment,
01:27:32nous en sommes l'incarnation
01:27:35en précisant
01:27:36que plus que jamais,
01:27:37il se pense
01:27:38dans les territoires,
01:27:40mais c'est uniquement
01:27:41à travers,
01:27:42je le disais,
01:27:42des chocs de coopération
01:27:43qu'on parviendra,
01:27:44je pense,
01:27:45à traverser
01:27:46cette période
01:27:47un petit peu compliquée.
01:27:48Voilà,
01:27:48pour cette audition
01:27:49de Marie Lavandier
01:27:50qui se tenait
01:27:51la semaine dernière
01:27:51au Sénat,
01:27:52n'hésitez pas
01:27:53à lire les décryptages
01:27:54et à voir les replays
01:27:55sur notre site
01:27:56publicsénat.fr,
01:27:58très belle suite
01:27:58des programmes
01:27:59sur les chaînes parlementaires.
01:28:00– Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:02– Sous-titrage Société Radio-Canada
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