Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Lundi 1er juin 2026, l'auteure, compositrice et interprète Souad Massi. Elle sera sur la scène du Théâtre du Chatelet, le 18 juin pour présenter son dernier album, "Zagate".

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Soane Massy.
00:01Bonjour.
00:02Vous êtes l'une des plus grandes voix de la scène folk et chahabi contemporaine,
00:06une artiste franco-algérienne qui mêle depuis plus de 20 ans poésie, engagement et douceur.
00:11Vous avez sorti il y a quelques semaines votre huitième album, Zagat,
00:14un disque profondément lumineux malgré les blessures du monde
00:18où l'espoir dialogue sans cesse avec la mélancolie.
00:20Un retour très attendu après quatre années de silence discographique.
00:25Et ce retour a d'ailleurs été salué récemment,
00:27lors de la 24e édition des Victoires du Jazz à la Maison de la Radio et de la Musique.
00:30Donc ici même, vous avez reçu le prix de l'album de Musique du Monde.
00:34Quand on écoute Zagat, qui signifie Sazgat, on est immédiatement frappé par le changement de ton.
00:40Vous avez troqué la douceur acoustique que l'on vous connaissait par des guitares électriques,
00:43une énergie très rock, presque urgente, comme si la musique devait désormais réveiller les consciences.
00:48Est-ce que cet album est né d'un besoin de crier davantage face à la violence du monde ?
00:54J'avais un besoin de m'exprimer et de mettre des mots sur mes inquiétudes,
01:01mes angoisses par rapport à ce qui se passe maintenant pour toute l'humanité
01:06et surtout pour les futures générations.
01:10Ça me rend triste, je suis peinée et sincèrement, je me pose toujours la question de dire
01:18qu'est-ce qu'on va laisser à nos enfants ?
01:20Effectivement, cet album est traversé par la guerre, par l'exil, l'exploitation humaine, les ravages écologiques.
01:26Vous abordez vraiment tout ce qui vous passionne, tout ce qui vous heurte,
01:30mais aussi par une immense force intérieure.
01:32C'est un album coup de poing, on ne peut pas dire autrement,
01:35profondément engagé, qui refuse malgré tout de céder au désespoir.
01:38Est-ce que pour vous, l'espoir est aujourd'hui devenu presque finalement un acte de résistance ?
01:43Tout à fait, tout à fait.
01:45Et à travers tous les temps, l'espoir a été toujours un moteur de résistance.
01:57Et les gens qui ont résisté, certains et beaucoup ont écrit leur nom dans l'histoire.
02:06Vous avez commencé très jeune à écrire, c'est important de connaître votre parcours.
02:09Vous avez commencé à écrire des poèmes, d'ailleurs, avant d'apprendre la guitare.
02:14Vous aviez 17 ans quand vous commencez la guitare.
02:16Est-ce que la poésie reste aujourd'hui la racine de tout chez vous, finalement ?
02:22Jusqu'à maintenant, la poésie reste ancrée en moi.
02:29Et souvent, souvent, quand j'ai besoin de repères ou de me ressourcer, je retourne vers la poésie.
02:39Parce que c'est une forme d'art qui représente pour moi la beauté et l'inspiration.
02:47Dans tout ce que vous faites, et on le retrouve dans cet album, on sent que la famille est toujours
02:51présente quelque part.
02:52On sent que c'est un refuge.
02:53D'ailleurs, vous avez été élevé comme ça, vous avez toutes ces valeurs-là.
02:56En 2003, dans l'album Deb, d'ailleurs, vous écriviez Darjebi, la maison de mon grand-père.
03:04Une chanson bouleversante qui était née au moment, d'ailleurs, où votre famille avait quitté Alger pour la Kabylie.
03:11Que représente aujourd'hui cette figure des grands-parents dans votre construction personnelle ?
03:16On comprend qu'ils sont toujours là.
03:19Ils sont toujours là.
03:20Ils sont toujours là, c'est dans mon ADN, dans mon esprit.
03:26J'ai grandi à Alger, je ne parle pas bien le Kabylie, mais j'adore cette culture.
03:33Ça m'a nourrie, j'ai été élevée avec des sonorités, avec ses musiques, avec ses histoires, avec ses mémoires.
03:42Elle est là, j'essaie de le transmettre à mes filles.
03:44On l'a découvert aussi, ça, dans OURIA, ce besoin de liberté.
03:48Ça représente quoi, la liberté, pour vous, Soine-moi aussi ?
03:50C'est la vie, c'est ma vie.
03:51Je pense qu'on ne peut pas vivre si on n'est pas libre, libre de s'exprimer, libre de
03:57ses mouvements, libre de penser.
03:59C'est très important pour moi, c'est primordial.
04:02Est-ce que ça vous fait peur, ce qui se passe, par exemple, en Afghanistan,
04:04où, justement, les femmes sont muselées, où on leur interdit même une simple notion de plaisir ?
04:11Certaines n'ont même plus accès à des lacs, parce qu'on considère que le fait de mettre des pieds
04:15dans l'eau,
04:15de pouvoir discuter entre elles, ça justifie qu'on leur interdise ça ?
04:21Il n'y a rien qui justifie de vivre des interdits comme ça, que ce soit au Moyen-Orient ou
04:30en Afghanistan.
04:35Mais c'est pour ça que je dis que j'encourage toutes les jeunes femmes qui sont dans ces pays
04:41-là à étudier,
04:42parce que c'est la seule clé pour retrouver sa place et sa liberté.
04:49On parle du titre d'Ici et là-bas, avec la complicité de Gaëlle Fay.
04:53Cette chanson, elle nous attrape, vous chantez à l'unisson, cette histoire de sang,
04:59que peu importe d'où on vient, on a le même sang qui coule dans nos veines.
05:02Aimer, semer la paix, cultiver nos graines, permet-il donc de poser les armes ?
05:07Souad ?
05:09Tout à fait.
05:10Je pense qu'avoir une double culture est une vraie richesse.
05:16emportons-nous des graines et c'est à nous de les faire fleurir et d'essayer de passer toutes les
05:26frontières
05:26et penser à l'homme et à la femme qu'on est et qu'est-ce qu'on peut apporter
05:32à notre société
05:33avec nos bagages, avec notre différence, en faire plutôt une richesse et construire des pans.
05:45Il y a une autre chanson qui est très très forte, sans doute la plus forte de l'album, selon
05:48moi, c'est Saut.
05:52Cette chanson, elle est différente.
05:53Elle a une dimension, elle prend au trip.
05:57Elle nous prend par la main, peu importe où on se situe sur la carte du monde.
06:02On est tous concernés par cette chanson sans forcément comprendre les paroles.
06:05Comment vous l'expliquez, ça, Souad ?
06:07Ça me touche beaucoup.
06:10En fait, dans cette chanson, c'est vrai que c'est un condensé de tout ce qui me traverse
06:16et tout ce qui m'inquiète dans ce monde.
06:18D'abord, il y a le cri de ces enfants innocents qui n'ont rien demandé à personne
06:25et qui subissent les guerres, les injustices.
06:33Voilà, je voulais leur donner une voix, une place, un prénom.
06:39Et après, dans le refrain, je parle de ce qui se passe dans le monde.
06:43C'est qu'on est en train de...
06:47On ne pense pas à ce qu'on va laisser, à ce qu'on va léguer à nos enfants,
06:52qu'on pense toujours à s'enrichir.
06:57Et c'est la nature qui paye le prix.
07:00Et bien sûr, c'est nous qui allons payer le prix, malheureusement, plus tard.
07:07On ne pense pas à ce qu'on va laisser, à ce qu'on va laisser.
07:07On ne pense pas à ce qu'on va laisser.
07:07On ne pense pas à ce qu'on va laisser, à ce qu'on va laisser, à ce qu'on
07:07va laisser.
07:07Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations