00:00Bonjour Frédéric Lose. Pour présenter les commissaires de la police nationale, vous êtes secrétaire général du syndicat des commissaires.
00:06Il y a eu 22 000 policiers et gendarmes, dont 8 000 rien qu'à Paris et sa banlieue.
00:11Un dispositif hors normes, XXL, vous pouvez mettre tous les superlatifs que vous voulez.
00:15Et pourtant, et pourtant, ces scènes de casse et de violence. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus
00:22?
00:23Le problème n'est pas policier. Moi j'en suis convaincu. On peut toujours dire toujours plus de moyens.
00:28C'est un petit peu la pensée paresseuse. Le dispositif qui a été mis en place était pour moi dimensionné.
00:36Il était basé sur une idée qui était la réactivité, la mobilité des forces de l'ordre.
00:41Mais nous ne sommes pas sur une manifestation déclarée, encadrée, qui d'ailleurs bien souvent dégénère en France.
00:48Le problème, c'est un problème culturel. De façon festive, on ne sait plus célébrer en France une victoire sportive,
00:56notamment dans le monde du football, sans que ce soit un prétexte, un exutoire de casse.
01:01Alors on sait le faire à Lens, par exemple. Tout le monde a pu constater, et il y a des
01:06enseignements à tirer.
01:07On avait d'ailleurs eu une auditrice ce matin avec vous, Mathieu, qui effectivement disait, une auditrice de Lens,
01:12qui disait sa fierté à ce qu'il y ait eu une fête énorme.
01:16Elle dit pourtant, en plus, il y a eu beaucoup de boissons, il y avait des bars de l'alcool.
01:20Mais il y avait les enfants, il y avait les familles, et il n'y avait aucune inquiétude.
01:24On sait faire la fête. De la même façon, Bordeaux-Bègle, vous avez vu, pareil, on a un public.
01:28Là, on a un souci. Le football est le prétexte à un exutoire malsain.
01:33Donc le problème n'est pas policier.
01:34On peut toujours dire, oui, mais il aurait fallu ci, il aurait fallu ça.
01:37En amont, le problème est culturel.
01:40C'est le prétexte à des débordements.
01:42Évidemment, il est politique.
01:45Et puis, en aval, quelles vont être les sanctions ?
01:48Quelles ont été les sanctions pour les dernières violences urbaines ?
01:51La réponse, c'est rien du tout.
01:53Les mécanismes juridiques, non.
01:54Rien du tout ? Vous estimez rien du tout ?
01:55Rien du tout.
01:56Moi, j'ai évidemment regardé ce qui s'était joué en 2025.
01:58Il y avait un peu moins de personnes qui avaient été arrêtées,
02:05un tout petit peu moins de garde à vue,
02:06mais proportionnellement, il y a eu des peines de prison prononcées.
02:09Bon.
02:10Moi, je vais vous répondre.
02:12Ce n'est pas du tout, du tout à la hauteur,
02:14parce que la seule question qu'il faut se payer, c'est qui casse ?
02:19Vous voyez, on vous parle de dette, on vous parle de...
02:23Mais qui paye de ras-le-bol des contribuables ?
02:26Qui paye ?
02:26Les auditeurs d'RMC qui sont peut-être en train de travailler,
02:29qui sont sur la route, en train de s'y rendre.
02:31C'est inacceptable, c'est injuste.
02:33Si un de vos auditeurs est en train de brûler un feu rouge,
02:37malheureusement, ou dépasse de 10 ou 20 kilomètres la vitesse autorisée,
02:43croyez-moi, on va chercher sa responsabilité financière et rapidement.
02:46Ce n'est pas le cas pour les casseurs.
02:48Et c'est pour ça que ça va continuer.
02:50Le sentiment d'impunité va...
02:52Voilà.
02:52C'est là-dessus qu'il faut travailler.
02:53Je vous interroge dans un instant sur comment est-ce qu'on pourrait faire concrètement
02:56pour qu'il paye, pour que ceux qui cassent payent.
02:59Et je sais que vous avez des propositions,
03:00mais je voudrais d'abord donner la parole à Thierry,
03:02parce que précisément Thierry nous appelle là-dessus.
03:04Thierry qui nous appelle de Charente,
03:06qui est gestionnaire d'un site de e-commerce.
03:08Quel regard vous portez là-dessus, Thierry, justement ?
03:11Bonjour Apolline, bonjour à votre invité.
03:13Alors, je ne vais pas dire grand-chose de plus que ce qu'a dit votre invité,
03:15parce qu'il a pris tout ce que j'allais à peu près dire.
03:18Il a parlé de l'UBB, qui a remporté le titre européen.
03:21Ça s'est fait dans la joie et très festif.
03:24Au rugby, on ne boit pas que du sirop de grenadine,
03:28donc il y a aussi de l'alcool.
03:29Le 27 juin, il y aura la finale du top 14 au Stade de France.
03:32Votre invité, je pense qu'il pourrait être plus précis là-dessus,
03:34mais il ne va pas mettre un dispositif équivalent à celui qu'il y a eu samedi pour Paris,
03:40pour le foot.
03:41Et à Lens, ils ont su faire la fête.
03:43Donc effectivement, il y a un réel souci avec certains clubs de foot.
03:47et vous pourrez émettre 60 000 policiers.
03:49Le résultat serait le même à la sortie.
03:51Enfin, je ne veux pas m'avancer.
03:52Vous avez l'impression, vous Thierry, que ceux qui cassent ne payent pas ?
03:56Mais c'est l'impunité, voilà.
03:57Il y a l'impunité.
03:58Il y a eu 400 arrestations au garde à vue.
04:00Il n'y aura rien.
04:01Il n'y aura rien derrière.
04:02Il n'y aura rien.
04:03Ils vont rentrer chez eux, ils recommenceront.
04:05C'est les mêmes qui balancent des pierres sur les policiers
04:08quand ils vont dans certains quartiers.
04:10C'est toujours la même chose.
04:12Toujours.
04:12C'est devenu un jeu.
04:13Casser du flic, c'est un jeu.
04:15C'est un jeu.
04:16Ils ont rendez-vous avec les flics, ils sont contents.
04:18Ils vont casser du flic.
04:19Ils ont rendez-vous avec les flics en quelques heures.
04:21Thierry, je voudrais justement que Frédéric Loss puisse vous répondre.
04:24C'est un jeu, c'est un sentiment d'impunité.
04:26Pourtant, je le rappelle, en 2025, il y a un an,
04:29même cause, mêmes effets,
04:31et un certain nombre d'arrestations.
04:33Alors, le ministre de la Justice, à l'époque, déjà Gérald Darmanin,
04:37disait que les sanctions n'étaient, je cite,
04:40« plus à la hauteur de la violence que connaissait le pays »,
04:43mais il y avait eu des peines de condamnation,
04:46avec quelques peines de prison ferme,
04:48parfois de 8 à 12 mois, avec mandat de dépôt.
04:51La plupart, la quasi-totalité des peines de prison
04:55qui ont été prononcées n'ont pas été exécutées.
04:58Ça, c'est la première chose.
04:59Vous avez eu 780 interpellations, 500 gardes à vue.
05:03Donc, un énorme travail.
05:04Et je veux rendre hommage aux policiers qui ont été blessés,
05:08les 57 policiers.
05:09Au même moment, on sécurisait également,
05:11au Stade de France, et ça s'est bien passé,
05:14le concert d'Aya Nakamura, ça s'est parfaitement bien passé.
05:17Et ces événements festifs, il faut rappeler quand même
05:19que la finale n'avait pas lieu à Paris,
05:21c'est quand même surréaliste,
05:22ont eu lieu les débordements, les pillages,
05:25ont eu lieu dans toute la France.
05:26On l'a vu également avec les violences urbaines,
05:28qui sont une spécificité française qui paye.
05:31Il y a eu, après la mort de Naël et les violences urbaines de 2023,
05:36il y a eu près de 800 millions d'euros de dégâts,
05:39près d'un milliard.
05:40Qui paye ? Faites le bilan.
05:42Pourquoi la Cour des comptes et l'INSEE
05:43ne se sont pas penchés sur cette question ?
05:45C'est quand même intéressant pour voir qui paye,
05:48pas simplement les condamnations pénales,
05:50c'est la responsabilité.
05:51Alors, comment on fait pour que ceux qui cassent payent ?
05:53Déjà, il faut faire un vrai bilan.
05:56C'est pour ça que moi, je suis favorable à ce qu'on établisse
05:59le coût de la délinquance.
06:00Ça va responsabiliser tout le monde.
06:02Il y a un économiste, Jacques Bichaud,
06:03qui l'avait fait il y a 15 ans.
06:05Déjà, il y a 15 ans, il avait affiché ça
06:07en disant qu'il y a à peu près 150 milliards d'euros.
06:10Aujourd'hui, on serait certainement plus proche
06:11des plus de 200, 220 milliards d'euros.
06:14Vous imaginez, ça serait un élément de responsabilisation
06:17que chaque année, la Cour des comptes, l'INSEE,
06:19les inspections...
06:19Nous disent, voilà combien ça nous a coûté la délinquance.
06:22Au lieu de ce qu'a fait le gouvernement,
06:23de proposer, il y a un an, une taxe casseur.
06:26Subrétissement, on disait, maintenant,
06:27c'est les communes qui vont...
06:29On va intégrer dans les assurances des communes
06:30une taxe casseur.
06:31Mais c'est choquant.
06:32C'est-à-dire que les Français, les contribuables,
06:36les Français qui ne créent pas de problème,
06:38qui respectent les lois de toute origine,
06:40vont payer pour une minorité de casseurs
06:42parce que juridiquement, on a décidé
06:44que dans notre pays, au nom de l'individualisation des peines,
06:47on ne peut pas engager de responsabilité civile pénale collective.
06:51Donc, on aboutit à une autre injustice de plus en plus grande
06:53et à un ras-le-bol, en particulier aux auditeurs qui vont au travail.
06:56Alors, je vous repose la question, on fait comment ?
06:58On fait comment ? On les tape au portefeuille ?
07:00Oui, on les tape au portefeuille
07:02avec, par exemple, une présomption de responsabilité civile.
07:05On les tape au portefeuille pour aller saisir
07:07leurs avoirs patrimoniaux,
07:09pour aller saisir les revenus sociaux.
07:12On inverse, s'il le faut, la charge de la preuve.
07:14Et pour ceux qui disent,
07:16juridiquement, ce n'est pas possible,
07:17est-ce que cette situation est possible ?
07:19d'avoir des dégâts en permanence ?
07:21Vous imaginez l'ouvrier, l'employé qui va travailler,
07:25qui a eu sa bagnole, qui a été pété,
07:27mais il n'a que ça à faire,
07:28qui a été brûlé.
07:30Quelqu'un qui vient dans un événement festif
07:32avec ses enfants en famille,
07:33c'est-à-dire qu'on est un pays,
07:34on ne sait plus rien faire.
07:35L'impunité financière encourage,
07:39l'irresponsabilité financière
07:40va encourager l'impunité.
07:42Voilà, je vous le prédis.
07:44Non seulement ça va continuer,
07:45ça va avoir des traductions, etc.
07:47Et puis, un dernier mot,
07:49regardez PSG.
07:50Qu'est-ce qui est fort dans cette équipe de PSG ?
07:53Qu'on soit supporter ou pas.
07:54C'est le collectif.
07:55C'est l'excellent état d'esprit.
07:57Voilà, on a besoin en France
07:59de retrouver un « nous ».
08:00On a besoin en France de patriotisme.
08:02Parce qu'on ne casse pas,
08:04on casse en tout cas beaucoup moins,
08:06lorsqu'on a un sentiment d'appartenance.
08:08C'est aussi ce qui manque en France.
08:09Merci beaucoup Frédéric Loz
08:12d'avoir été mon invité ce matin.
08:13Merci à vous.
08:14Secrétaire général du syndicat
08:15des commissaires de la police nationale.
08:17Merci aussi à Thierry.
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