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  • il y a 8 heures
Rencontres déterminantes dans une carrière, échecs positifs et situations de crise qui aide à développer les compétences et le talent, doutes constructifs dans la manière de gérer une entreprise, adaptation du secteur du bâtiment au réchauffement climatique et crise du logement : face aux jeunes, Benoît Bazin, PDG de Saint-Gobain, nous partage son expérience et ses convictions. Année de Production :

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Transcription
00:00Masterclass avec BDL Club Invest, profitez d'experts qui accompagnent les plus grands investisseurs depuis plus de 20 ans avec
00:06les mêmes produits, la même rigueur et les mêmes performances.
00:09Vous aussi, vous pouvez rejoindre le club dès maintenant. BDL Club Invest, voyez plus grand pour votre argent.
00:17Tu les accompagnes sur quoi ?
00:19En gros, plutôt du côté artistique.
00:21Je pense que ça permet quand même.
00:24C'est pas au niveau de l'état ce qu'on est...
00:27Bonjour, comment ça va ?
00:30Ah, certains visages que je reconnais.
00:32Là-bas ?
00:33C'est pas amitié.
00:34Bon, vous savez qu'on a encore du lourd aujourd'hui dans Masterclass.
00:38C'est l'un de nos plus grands capitaines d'industrie en France.
00:41Tout le monde connaît Saint-Gobain ?
00:43Oui.
00:44On lève la main quand on ne connaît pas Saint-Gobain.
00:46Je suis rassuré, c'est bon.
00:48Bon, les métiers de Saint-Gobain, ça vous parle ?
00:52Oui, les métiers.
00:53Ils font quoi à Saint-Gobain ?
00:54Les constructions.
00:57Céramique, ferie, matériaux, très trempés.
01:00Très bien.
01:01On voit qu'on a bossé un petit peu, ça va.
01:03Le chiffre d'affaires, en gros ?
01:0548 milliards.
01:07Il est bon, lui.
01:07Je l'ai.
01:08Je crois que c'est 50, mais on n'est pas loin.
01:10Non, ça c'est la valorisation.
01:12Nombre de salariés ?
01:14160 000.
01:15Ok, bon, c'est bon.
01:16Bravo.
01:16Et bien, lui, c'est le grand chef.
01:18Et d'ailleurs, le voilà, tiens.
01:19Je vais l'accueillir.
01:21Bonjour, bonheur.
01:22Bonjour, deux minutes.
01:22Comment ça va ?
01:23Très bien, merci.
01:24Prêt pour la masterclass ?
01:25Très.
01:25Très heureux.
01:26Je vous les présente.
01:27Bonjour.
01:28Non, pas un an, le directeur général de Saint-Gobain.
01:31On peut l'applaudir.
01:31Enchanté.
01:36Si je leur dis, vous êtes le numéro un mondial dans notre secteur.
01:40Vous m'avance un peu ?
01:41Non, c'est vrai.
01:42C'est la réalité.
01:42Nous sommes le mondial de la construction durable.
01:44Et nous fabriquons dans 80 pays des matériaux, des services.
01:48Nous les inventons, nous les fabriquons, nous les distribuons pour la construction durable.
01:52Alors, c'est le résidentiel, le neuf, la rénovation.
01:55C'est aussi le non-résidentiel.
01:56Les hôpitaux, les écoles, les data centers, les hôtels.
02:00Et puis l'infrastructure, les ponts, les tunnels, les aéroports.
02:02Vous voyez, c'est vaste la construction.
02:04Et vous passez 90% de votre temps dans des bâtiments.
02:07Donc, c'est important d'avoir des bons bâtiments pour bien étudier, pour bien dormir, pour bien soigner.
02:12Donc, c'est le cœur de notre vie, la construction, l'habitat de bâtiments.
02:16Et bien voilà, c'est parti pour la masterclass de Bonobazin, donc le directeur général de Saint-Gobain.
02:22Allez, on s'installe.
02:23Venez, venez.
02:33Dans la vraie vie, évidemment, ils ne se rencontrent jamais.
02:36Et c'est normal, d'un côté, vous, les étudiants, vous êtes toutes à vos formations.
02:40Et puis de l'autre, nos plus grands dirigeants économiques français.
02:43Et bien nous, sur Public Sénat, c'est notre ambition.
02:45Chaque mois, on les réunit afin d'échanger librement sur les sujets que notre jeunesse juge comme étant prioritaire.
02:52Bonobazin ne connaît pas vos questions.
02:53Donc, pour lui, ce sera totalement une surprise.
02:56Et je rappelle, celui ou celle qui posera la question la plus pertinente,
03:00il ou elle se verra offrir en fin d'émission la maison de ses rêves construite par Bonobazin.
03:05Allez, on peut l'applaudir, je pense.
03:06Maison durable.
03:08Maison durable.
03:09Maison durable.
03:10Maison durable.
03:11Si c'est au fin fond du Canada, du Vietnam, on peut faire ça dans 80 pays.
03:16Alors, Bonobazin, regardez cette photo.
03:19On est en 2006.
03:21Vous êtes à l'époque directeur financier de Saint-Gobain.
03:24À côté de vous, c'est Jean-Louis Béfa, qui est à l'époque le PDG.
03:28Pourquoi c'est un moment charnière ?
03:29C'est vous qui avez choisi cette photo.
03:31Pourquoi c'est un moment charnière de votre carrière ?
03:34Parce que c'est une façon d'abord de rendre hommage à Jean-Louis Béfa,
03:38qui a été un grand capitaine d'industrie, un dirigeant de Saint-Gobain pendant 25 ans.
03:43Alors, j'aurais pu choisir d'autres photos.
03:45J'ai passé aussi, après les 10 ans, auprès de Jean-Louis Béfa,
03:50comme directeur de la stratégie du groupe, puis ensuite directeur financier.
03:52J'ai passé près d'une quinzaine d'années avec son successeur, Pierre-André de Chalandard.
03:56Mais cette photo, pour moi, elle incarne deux choses.
03:59Le fait qu'une entreprise, c'est une aventure humaine.
04:03C'est avant tout un lieu d'action collectif, où il se passe beaucoup de choses.
04:07Et puis, deuxièmement, c'est un lieu de transmission.
04:10Donc là, Jean-Louis Béfa me dit quelque chose.
04:12J'avoue ne pas me souvenir exactement.
04:14J'espère ne pas avoir oublié la consigne.
04:16C'est ça qu'on a envie de savoir.
04:18Mais il est dans la transmission d'un savoir-faire, d'expérience et de valeur.
04:23Elle est question de Cressel Cyrus à présent.
04:28Bonjour, monsieur Benoît.
04:29Bonjour.
04:30Moi, je suis étudiant en master 1 d'urbanisme durable.
04:33Et ma question, c'est de savoir en fait,
04:35quel est le plus grand conseil ou le plus important que vous avez reçu
04:38et qui a contribué à construire la carrière que vous avez aujourd'hui ?
04:45Alors, je ne suis pas capable d'isoler un conseil.
04:49Mais si je fais un peu le caïdodoscope de ce que j'ai entendu,
04:53c'est premièrement prendre soin des personnes pour lesquelles vous allez travailler.
04:59Vous voyez, moi, quand j'ai rejoint le groupe Saint-Gobain,
05:01alors j'avais été stagiaire pendant un an.
05:02J'étais stagiaire, ingénieur process dans des usines d'Abrazy,
05:05vous voyez, qui font du papier de verre vulgairement.
05:08Ensuite, j'ai travaillé pour le gouvernement.
05:09J'ai quitté la direction du Trésor.
05:10Tout le monde partait à l'époque sur des grandes banques d'affaires.
05:13C'était la bulle Internet, etc.
05:14Moi, je suis allé comme directeur de la stratégie du papier de verre.
05:17On m'a dit, ce n'est pas possible.
05:18Non, mais c'est parce que j'ai aimé les personnes que j'avais rencontrées comme stagiaire.
05:23Je crois que c'était Pierre-André de Chirandard,
05:24qui a été ensuite le patron de Saint-Gobain, donc mon prédécesseur.
05:26Et je me dis, ces gens-là vont prendre soin de moi et vont m'apprendre quelque chose.
05:31Donc, à titre personnel, plus que le domaine d'activité,
05:34c'est l'environnement, les valeurs, les personnes au quotidien
05:37qui vont me faire grandir, qui a été pour moi extrêmement important.
05:40Alors, c'est ma perception.
05:41Ce serait un conseil que je vous donnerais auprès de qui vous allez travailler.
05:45Est-ce que c'est quelqu'un qui va avoir plaisir à vous développer,
05:48à vous transmettre des valeurs ?
05:49Très souvent, Jean-Louis Fas s'arrêtait dans des comités de direction
05:52pour dire, Benoît, il me suis sûr à l'oreille,
05:53souvenez-vous toute votre vie de ça.
05:55Je n'ai pas tout dit sur les secrets.
05:56Il a dit quoi, alors ?
05:58Je n'ai pas tout dit sur les secrets, il faut les garder.
06:00Mais voilà, donc, les personnes, je pense que c'est très important.
06:03C'est la première chose.
06:04Et la deuxième chose que je dirais, c'est d'être ambitieux pour vous-même,
06:10pas au mauvais sens du terme, il ne faut pas être arrogant,
06:13mais de ne pas chercher la voie de la facilité,
06:15parce que c'est souvent dans les chemins plus difficiles
06:18ou dans des situations de crise, de difficulté des entreprises
06:21que vous allez le plus développer vos talents.
06:25Et donc, de viser plus haut, oui.
06:28En 2024, on avait sponsorisé modestement les Jeux olympiques
06:32avec Tony Estanguet, et notre moto en interne, c'était viser plus haut.
06:36Alors, ça peut être viser plus haut pour engager les collaborateurs,
06:38viser plus haut en termes d'innovation, viser plus haut en termes de performance financière,
06:42tout ce que vous voulez, mais viser plus haut.
06:44Moi, je trouve que c'est un petit peu ce que j'évoquais tout à l'heure.
06:46Vous avez des talents, ce que je vous souhaite de meilleurs,
06:49c'est de les découvrir, vos talents individuels,
06:51et je suis sûr qu'il y en a que vous ne connaissez même pas,
06:53parce qu'un jour, vous allez dire, wow, j'ai réussi ça,
06:55eh bien, je repousse la limite, je vais en découvrir d'autres.
06:58Donc, ce que je vous souhaite, c'est de découvrir vos talents individuels
07:01en étant ingrédients, parce que c'est vrai que si on grimpe un sommet,
07:04mais qu'on s'arrête à ce sommet-là, qu'on le fait dix fois de suite,
07:07on ne va pas savoir qu'on est capable de grandir et d'aller plus haut.
07:10Et puis, ensuite, de développer les talents collectifs,
07:13de l'équipe dans laquelle vous serez.
07:15Donc, peut-être la troisième chose que je partage avec vous,
07:17c'est que moi, je suis très attaché au collectif.
07:19J'ai fait du sport collectif quand j'étais plus jeune,
07:21parce que je considère qu'en collectif,
07:25on peut faire beaucoup plus qu'en individuel.
07:27Et donc, être auprès de gens, un chef qui vous apporte beaucoup,
07:31viser plus haut à titre individuel,
07:32et puis être dans une équipe où vous pouvez un jour vous marquer le but,
07:35puis la semaine d'après, vous êtes un peu fatigué,
07:37mais c'est l'avançante qui met le but, etc.
07:40Donc, le collectif, le chef qui vous fait grandir,
07:43et puis vous, découvrir vos talents avec de l'ambition,
07:46sans arrogance, mais du travail,
07:48et plutôt viser plus haut les lignes hautes
07:51que les lignes de plus grande pente.
07:53Une question de Marcel, à présent.
07:57Bonjour, monsieur Benoît.
07:59Bonjour.
08:01Ma première question, en fait,
08:03serait de savoir s'il y a une rencontre
08:04qui a grandement impacté votre parcours.
08:09Alors, il n'y en a pas une seule, mais il y en a plusieurs.
08:12C'est vrai que moi, je suis d'une famille
08:14où personne n'était dans l'entreprise.
08:16J'ai un grand-père paternel que je n'ai pas connu,
08:18parce qu'il est décédé avant que je naisse,
08:20qui était courtier en grains.
08:21C'est le seul qui était dans le secteur privé.
08:23Vous voyez, il faisait du trading de grains en Normandie,
08:25mais je ne l'ai pas connu.
08:26Donc, moi, je ne connaissais pas l'entreprise.
08:28Donc, j'ai fait mes études.
08:29Puis, quand je suis rentré en école d'ingénieur,
08:31j'ai levé la main,
08:32parce qu'il y avait un conseil d'administration de l'école.
08:34Et je me dis, tiens, on est 340,
08:36je vais lever la main pour me porter candidat.
08:38Il se trouve que mes camarades, je ne sais toujours pas pourquoi,
08:41m'ont élu aux représentants des élèves
08:43au conseil d'administration de l'école Petitinkin à l'époque.
08:45Et là, je me suis retrouvé avec des capitaines d'industrie.
08:48Il y avait François Michelin.
08:50On va voir François Michelin en chair et en os.
08:52J'en ai encore les frissons aujourd'hui.
08:54Il y avait Bertrand Collomb,
08:55qui était un grand capitaine d'industrie,
08:57le patron de la Farge,
08:58qui avait étudié très tôt aux États-Unis,
09:00dans les années 50.
09:00Vous voyez, il était parti à l'étranger dans les années 50.
09:03C'est peut-être un conseil aussi d'aller aussi à l'international,
09:05de ne pas hésiter à sortir des frontières
09:07pour aller apprendre de l'extérieur.
09:09Donc voilà, moi, ces rencontres avec des grands capitaines d'industrie,
09:12plus tard, Jean-Louis Eiffa,
09:13mais François Michelin, Bertrand Collomb,
09:15à l'époque, ça m'a dit,
09:16il y a des belles histoires d'entreprises.
09:18Et ça m'a donné envie de connaître ce monde de l'entreprise
09:22et puis d'essayer d'y trouver ma place et ma contribution.
09:25Donc ça a été plutôt des rencontres avec des personnalités
09:29et puis surtout des trajectoires d'entreprises,
09:32de bâtisseurs finalement, d'aventures humaines
09:34dans leur propre entreprise,
09:37où je m'étais dit, il y a des trucs chouettes.
09:38Ma question, c'est avec le recul de votre parcours,
09:41quelle a été l'erreur ou la décision difficile
09:45qui vous a le plus marqué,
09:47mais qui finalement vous a appris dans votre carrière,
09:52enfin vous a donné des bénéfices dans votre carrière ?
09:54Donc une décision ratée qui m'a aidé, c'est ça ?
09:57Oui, décision difficile ou erreur ?
10:00Une décision difficile, vous voyez,
10:03moi j'étais quatre ans dans l'administration,
10:05donc j'avais été à ce qu'on appelle le CIRI,
10:08restructuration d'entreprises,
10:09puis après la privatisation, la direction du Trésor,
10:11c'était super noble, c'est ce qui est devenu ADS, Thalès,
10:14puis on m'avait proposé quelque chose au cabinet du ministre.
10:17J'ai pris la décision de partir, de ne pas y aller,
10:20alors que c'était super glamour sur son CV,
10:21de dire « ouah, j'ai été travailler à 30 ans le cabinet du ministre »,
10:24et je me dis « non, j'ai envie de changer de vie »,
10:26je saute dans la piscine,
10:28la piscine de l'industrie de Saint-Gobain que j'aime bien,
10:31parce que j'y ai rencontré des gens,
10:33donc ça c'était en 99,
10:34j'avais rencontré des gens en 93 que j'aimais bien,
10:36mais c'était un peu un déchirement,
10:37parce que se dire « tiens, j'ai passé X années dans l'administration,
10:40puis j'ai fini au cabinet du ministre »,
10:42ça fait vraiment très glamour sur le CV,
10:44et tout le monde le faisait à l'époque, tout le monde le faisait,
10:46mais je me souviens de quelqu'un qui m'a dit
10:48« non, si tu veux vraiment changer de vie, vas-y maintenant »,
10:51et j'ai zéro regret,
10:52mais ce n'était pas facile,
10:53parce que vous disiez « tiens, c'est un peu l'aboutissement
10:55de ces années où j'ai fait de mon mieux dans l'administration,
10:58où j'étais apprécié,
10:59maintenant au cabinet du ministre, je pars ».
11:01Donc voilà, ce n'était pas simple.
11:03Une autre décision, c'est amusant,
11:05qui n'était pas facile,
11:07Jean-Luié Fah m'avait envoyé aux États-Unis,
11:09je dirais ce métier des abrasifs,
11:10bon, au bout d'un an et demi,
11:12il m'a dit « bon, moi je vais vous faire venir,
11:13je vous nomme patron des abrasifs monde ».
11:15Moi, j'étais patron des abrasifs Amérique du Nord.
11:17Et là, très naïvement, en tout cas spontanément,
11:20je me dis « non, monsieur, je n'ai pas fini ».
11:22Je n'ai pas fini,
11:23parce qu'en un an et demi,
11:24à la fois à titre familial,
11:26il se trouve que ma fille avait été née
11:28quand j'étais étudiant à MIT,
11:30elle avait 7 ans aux États-Unis,
11:31on épouse, etc.,
11:32on n'a pas fait le tour des États-Unis.
11:34Et moi, à titre professionnel,
11:35je ne peux pas dire que je suis arrivé après le 11 septembre,
11:38alors vous, vous êtes tous nés,
11:39ou à peu près après le 11 septembre,
11:40mais le 11 septembre, c'était dramatique aux États-Unis,
11:42l'industrie, l'aéronautique était à moins 30,
11:44donc il y avait de gros problèmes de restructuration,
11:47mais on commençait juste à en voir les bénéfices.
11:49Et moi, j'ai répondu au président directeur ingénieur de Saint-Germain,
11:52« non, merci, je n'en veux pas de votre job mondial »,
11:54qui était pourtant la super promotion Turbo Express
11:56au bout d'un an et demi.
11:58Je me disais, quand j'étais repassé à Paris,
11:59« Benoît, vous m'avez dit non une fois, ça ne se fait pas ».
12:02Je dis, écoutez, oui, je suis vraiment désolé,
12:04mais je pense que non, je n'ai pas fini.
12:06Pour autant, un an et demi après,
12:08il m'a nommé directeur financier du groupe,
12:09donc il ne m'en a pas voulu.
12:11Et il a peut-être considéré que j'avais raison,
12:13sur le fond, de dire, je n'ai pas fini mon expérience.
12:16Alors, il ne m'a pas laissé 30 ans dans les Amers-Yves,
12:18en Amérique du Nord,
12:19mais je pense, à l'époque,
12:21je l'ai peut-être fait un peu intuitivement
12:22ou un peu inconsciemment, je ne sais pas,
12:24mais des gens m'ont dit, mais tu t'en rends compte ?
12:25Il a dit non au grand chef, il proposait une promotion,
12:28les plats, il m'avait dit, ne repasseront pas deux fois.
12:31Un autre plat est passé un an et demi plus tard.
12:33Ma question est la suivante.
12:34Malgré vos expériences et vos responsabilités,
12:37avez-vous encore des doutes sur la manière de diriger aujourd'hui,
12:40et si oui, laquelle ?
12:43On a le droit d'avoir des doutes.
12:44Oui, et il faut avoir des doutes.
12:46Je pense que c'est important pour tout le monde,
12:50y compris naturellement pour un dirigeant.
12:53On est incarné comme dirigeant,
12:55on est dans un environnement.
12:57L'entreprise, elle n'est pas sur notre planète,
12:59elle est au milieu de parties prenantes,
13:01la société, l'environnement, la géopolitique,
13:04j'ai une fille qui me passe des messages,
13:07j'ai des collaborateurs, des clients.
13:09Donc c'est très important d'être à l'écoute
13:11aussi largement que possible de tous ces capteurs,
13:14d'essayer d'en faire la meilleure synthèse possible,
13:17de douter, de se dire, oui, aujourd'hui, je vais là,
13:20est-ce que demain, ce sera la même chose ?
13:22Donc le doute est bénéfique.
13:24Il ne faut pas qu'il tétanise,
13:26parce qu'il faut prendre des décisions pour avancer.
13:27Donc c'est un doute positif.
13:30Je pense que fondamentalement, ce qu'il faut se dire,
13:32c'est que, et vous le vivez dans votre vie,
13:34de jeune adulte et d'étudiant,
13:37quand on marche, on est en déséquilibre.
13:41Et à fortiori, quand on court,
13:42vous avez même les deux pieds en l'air
13:43pendant quelques instants de raison.
13:44Si vous n'avancez pas,
13:46ah oui, là, vous êtes statique.
13:48Et vous n'êtes pas dans le doute,
13:49vous n'êtes pas dans la prise de risque.
13:50Mais pour avancer, progresser dans la vie,
13:53ben oui, il faut mettre un pied devant l'autre.
13:55Bonjour.
13:55Bonjour.
13:56Je m'appelle Justine.
13:57Je suis étudiante en licence de lettres modernes.
13:59Et ma question est,
14:00lorsqu'on a la tête d'un groupe comme Saint-Gobain,
14:02est-ce qu'on a encore vraiment conscience
14:04de l'impact de ces décisions sur la vie des gens ?
14:07Oui, c'est important fondamentalement
14:11de s'intéresser à la vie des gens.
14:13Moi, je le dis sincèrement,
14:15une des choses qui m'émeut le plus,
14:17c'est quand je fais des visites de terrain,
14:19de se rendre compte de l'engagement de nos collaborateurs.
14:21Je vais se dire, j'ai un exemple en tête,
14:24mais j'en ai plein d'autres.
14:25Quelqu'un que j'avais vu dans une usine à Abu Dhabi,
14:27il avait complètement réorganisé son atelier de maintenance,
14:30bien rangé les outils.
14:31J'y passais 3 minutes 25 dans une visite
14:34où on visitait plusieurs usines.
14:36Il m'a montré son atelier de maintenance
14:37avec un sourire jusqu'aux oreilles.
14:40Alors, soit je m'en fiche de son atelier de maintenance,
14:43soit je le félicite, je m'intéresse à lui pour dire
14:45pourquoi vous avez mis le marteau, etc.,
14:48les pièces détachées à tel endroit.
14:49Moi, ça le fait vivre et exister.
14:51Moi, je prends une énergie extraordinaire de lui
14:54parce que je trouve ça merveilleux
14:55qu'au fin fond d'Abu Dhabi, du Vietnam ou de l'Afrique du Sud,
14:58il y ait des gens qui s'engagent comme ça.
15:00Donc oui, il faut être en permanence, je crois,
15:02capable de l'empathie, de l'humanité
15:06pour faire grandir les talents de tout le monde
15:08parce qu'il y a une chose à laquelle je suis très attaché
15:11chez 520, c'est que tout le monde compte.
15:14Chacun contribue à la mesure de ses responsabilités,
15:16à la mesure de ses moyens, et il n'y a pas un job
15:19plus important qu'un autre.
15:21Il n'y en a pas un plus facile qu'un plus difficile.
15:23Ce n'est pas le mien, ce n'est pas forcément celui
15:25du chef de la maintenance.
15:26Chacun contribue, et la place de chacun
15:29est extrêmement importante.
15:30En tant que leader mondial de la construction durable,
15:34vous êtes en quelque sorte un technicien
15:36de la pensée, de la matière et de la production.
15:40En tant que spécialiste de la transformation
15:42et de la distribution des matériaux à la base de l'habitat,
15:47comment est-ce que vous expliquez qu'en France,
15:49on compte plus de 350 000 personnes sans abri
15:52pour 10 fois plus de logements vacants ?
15:55Alors ce sujet est criant,
15:57ce sujet est extrêmement important
15:58d'un point de vue social, politique, démographique.
16:02Je pense que si la natalité baisse,
16:04c'est parce qu'on n'a pas assez de logements en France.
16:06Je vais faire une réponse courte,
16:08mais si vous avez le courage de lire ce livre
16:10Voix de passage, il y a tout un chapitre sur le logement.
16:13Parce que je pense que le logement est un impensé
16:15de la vie politique et sociale en France,
16:17pour les étudiants.
16:19Je ne sais pas qui s'occupe de trouver des logements
16:21pour les étudiants à l'étranger,
16:22mais aussi en France, parce qu'à Strasbourg,
16:24on les envoie dans la tente,
16:25il n'y a pas de logement à Strasbourg,
16:27donc il faut rééquilibrer.
16:28Et le logement, c'est faire peut-être moins de Airbnb
16:31pour les touristes étrangers
16:33qui viennent occuper des logements vacants.
16:36C'est être capable de construire mieux et plus vite.
16:39Donc Saint-Gobain s'y emploie,
16:40avec des matériaux, des offres constructives,
16:42rapides et efficaces.
16:43Nous formons des dizaines de milliers d'artisans chaque année.
16:46Nous avons 400 000 artisans en compte,
16:48donc tous les artisans des fédérations du bâtiment.
16:50Donc on a tout un tas d'écoles pour ça.
16:53Donc ce rôle de Saint-Gobain sur le logement,
16:56notamment neuf ou rénovation,
16:58il est très important.
16:59Et moi, je vous passe beaucoup, beaucoup de temps
17:00à avoir parlé à tous les ministres du logement successif.
17:04La difficulté, si vous voulez, sur tout ça,
17:06c'est que le logement, c'est un sujet de long terme,
17:08de la même façon que la politique de la ville.
17:10Ce n'est pas quelque chose qui se décrète.
17:12L'espérance de vie d'un ministre du logement
17:13sur les dix dernières années,
17:15c'est moins d'un an en moyenne.
17:16Donc vous ne construisez pas que sur dix ans
17:18si vous changez de politique
17:19tous les ans et tous les ans et demi.
17:21Donc c'est très important de s'inscrire dans la durée.
17:23Et le logement, c'est aussi toute une chaîne
17:25depuis le logement d'urgence,
17:27pour loger les gens sans abri,
17:28le logement social, le logement intermédiaire,
17:31le logement propriétaire.
17:33Donc il faut repenser toute cette chaîne
17:35qui est liée entre elles,
17:37tous ces éléments du logement.
17:38Et il faut réaliser qu'en France,
17:41il n'y a pas assez de logement.
17:43Donc moi, je l'ai dit 500 fois,
17:44si ce n'est pas 600 fois,
17:45mais Saint-Gobain est très engagé sur le logement
17:47pour essayer d'y contribuer au mieux,
17:50parce qu'on a une présence sur toute la chaîne de valeur
17:52depuis la fabrication, la formation.
17:55Encore une fois, le déficit de logement,
17:57il n'est pas lié aux capacités industrielles de 5B.
17:59On a fermé des capacités industrielles
18:01par manque de marché.
18:03Donc il faut être capable de remettre tout ça au centre.
18:05Et il faut être capable de réattirer aussi
18:07des investisseurs sur le logement.
18:09C'est une longue réponse,
18:11mais il s'intéresse aux logements,
18:12aux bâtiments commerciaux,
18:14mais pas aux bâtiments résidentiels,
18:16ce qui est différent en Allemagne et en Suisse.
18:17Donc il y a beaucoup, beaucoup de choses
18:18à reprendre sur le logement.
18:20J'espère que ce sera un engagement important
18:22des dix prochaines années.
18:23En tout cas, nous y travaillons,
18:24j'y crois,
18:25et nous essaierons de continuer à y contribuer fortement.
18:28Allez, on continue avec une série de questions,
18:30Bono Basin.
18:31Oui ou non, vous répondez par oui ou par non,
18:33et puis après, évidemment,
18:35vous nous raconterez pourquoi.
18:36Oui ou non, vous rêvez un jour
18:38de gravir l'Everest ?
18:40Non.
18:40Pourquoi je pose la question ?
18:41Parce que vous avez gravi déjà
18:44l'aiguille verte en 2018.
18:46c'est l'un des plus hauts sommets de France,
18:48d'Europe,
18:49dans le massif du Mont-Blanc,
18:50à 4100 mètres d'altitude.
18:51Alors, moi, j'aime beaucoup la montagne
18:53parce que c'est beau,
18:54parce que la montagne,
18:55c'est un chemin,
18:57quand on grimpe pendant dix heures
18:59sur tel ou tel sommet.
19:01C'est un lieu où on voit très naturellement
19:03et très vite l'impact
19:04de l'évolution de l'environnement.
19:06Je rêve d'aller voir les sommets du Népal,
19:08mais pas l'Everest.
19:09Parce que l'Everest,
19:10ce qu'on en voit aujourd'hui,
19:11c'est épouvantable
19:12en termes d'exploitation commerciale.
19:13C'est le contre-exemple
19:14de ce qu'il faut faire en montagne.
19:16En montagne, moi, ce que j'aime,
19:18c'est d'être tout seul avec le guide.
19:19Il faut aller relativement vite.
19:21On appelle ça une course en montagne
19:22parce que vous devez tenir un itinéraire.
19:24Sinon, les conditions de la montagne changent
19:26et peuvent devenir beaucoup plus dangereuses.
19:27Et donc, quand on voit des gens
19:28à la queue leu-leu comme dans le métro,
19:30même si j'aime bien prendre le métro,
19:32c'est très dangereux de faire ça sur l'Everest.
19:34Ça vous gâche tout plaisir.
19:36Donc, en revanche,
19:36allez voir si je peux un jour en bonne santé
19:39avant de passer dans un autre monde
19:41les sommets du Népal, oui.
19:43Ça a façonné le dirigeant que vous êtes,
19:45l'alpinisme, la haute montagne ?
19:47Oui, probablement,
19:48parce que moi, j'ai besoin
19:50de ce rapport à la nature.
19:51C'est vrai qu'on voit
19:53le réchauffement climatique
19:54et vous savez que la contribution
19:56de la construction est très importante.
19:58Donc, plus vite on peut décarboner
19:59la construction, mieux ce sera.
20:00La construction, le bâtiment,
20:01c'est 5-40% ?
20:02C'est 35 à 40%
20:03des émissions de CO2.
20:05Quand on prend l'extraction
20:06des matières premières
20:07jusqu'à la démolition des bâtiments,
20:08évidemment, toute l'énergie,
20:10l'air conditionné
20:10qui est perdue dans les bâtiments.
20:11Donc, c'est essentiel
20:12pour décarboner la planète
20:13de décarboner la construction.
20:15Donc, on voit sur les glaciers,
20:16des Alpes sans même aller
20:17jusqu'au Népal,
20:19la brutalité avec laquelle
20:20se fait le changement climatique
20:22à vue d'œil.
20:22Moi, si vous allez sur la mer de glace
20:24à Chamonix,
20:25moi, j'y suis allé en 1990,
20:26il y a 250 mètres d'écart
20:28entre la marque 1990
20:29et le glacier aujourd'hui.
20:31Donc, c'est absolument dramatique.
20:33Donc, oui, moi,
20:34ça m'a façonné
20:35dans ce rapport à la nature
20:36et j'aime bien
20:37la beauté de la montagne,
20:39mais aussi parce que
20:40la montagne,
20:41c'est, comme je le disais tout à l'heure,
20:42c'est une façon de viser plus haut.
20:43C'est un chemin.
20:45Et donc, c'est aussi
20:46un chemin intérieur.
20:46Quand vous êtes à vous concentrer
20:48avec vos piolets,
20:48vos crampons
20:49et le guide devant,
20:50c'est un magnifique exemple
20:51de confiance.
20:52Je parlais de la confiance
20:53tout à l'heure.
20:53Le guide, il ne va pas vous dire
20:55« Tiens, peut-être dans trois ans,
20:56je dirai à Benoît
20:56de mettre les mains
20:58sur telle prise
20:58ou les crampons comme ça
20:59parce que s'il se casse la figure,
21:01peut-être qu'il va m'entraîner.
21:01Tout de suite,
21:02je partage la totalité
21:04de la confiance. »
21:05Et il est capable
21:06de vous encourager.
21:06Donc, il y a plein,
21:07plein, plein d'analogies
21:08entre la montagne
21:09et puis, dans la montagne,
21:11à un moment,
21:11vous êtes sur une corde
21:12et puis un jour,
21:13on vous dit
21:13« Passe premier de cordée
21:14parce que c'est toi
21:15qui as été formé
21:16pour y arriver,
21:17donc tu prends tes responsabilités
21:18et on vous dit
21:18« Passe premier de cordée
21:19comme Pierre-André de Chandarmes
21:20l'a proposé
21:21il y a quelques années
21:22avec le conseil d'administration. »
21:23Donc, oui,
21:23il y a plein d'analogies
21:24avec la montagne
21:25et puis aussi cet effort lent,
21:27long.
21:28Et c'est vrai
21:29que la vie d'une entreprise,
21:30c'est de viser le long terme
21:31tout en restant
21:32sur la ligne de crête
21:33à court terme
21:33quand il y a du vent
21:34et puis c'est beau,
21:35la montagne.
21:36Donc, voilà,
21:37il y a plein de raisons
21:37d'aimer la montagne.
21:39Oui ou non,
21:40vous pourriez devenir
21:41le PDG
21:42d'un autre groupe
21:43du CAC 40
21:43si on vous faisait
21:44une offre
21:45qui ne se refuse pas.
21:46La réponse est non
21:47parce que moi,
21:48je suis depuis 28 ans.
21:50J'ai une offre merveilleuse
21:52de rester,
21:52si je peux,
21:54pendant encore quelques années
21:55chez Saint-Gobain
21:55et il y a tellement de choses
21:57à faire chez Saint-Gobain.
21:58On a des équipes
21:58extraordinaires,
21:59on a une raison d'être
22:00absolument magnifique
22:01et donc,
22:02continuer à essayer
22:03de faire éclore
22:04tous les talents
22:05et faire fructifier
22:06toutes les richesses
22:07qu'on a chez Saint-Gobain.
22:08Moi,
22:08ça me rend le plus heureux
22:09des hommes
22:09et en plus,
22:10chez Saint-Gobain,
22:11on apprend les choses
22:12tous les jours.
22:13Oui ou non,
22:13vous n'avez aucun trait
22:14de caractère rédhibitoire
22:16parce que je n'ai pas dit
22:16qu'il est champion aussi
22:17de hockey,
22:18sur glace aussi,
22:19vous l'avez dit tout à l'heure.
22:21Il est excellent
22:22violoncelliste.
22:23Vous avez des défauts ?
22:25Assurement,
22:26mais alors,
22:27il faut demander
22:27ma famille,
22:28ma fille,
22:29mon épouse,
22:29mes collaborateurs.
22:32Je pense que
22:34moi,
22:34je peux avoir parfois,
22:35par exemple,
22:36une perception
22:36d'être un petit peu froid
22:37pour des gens
22:38qui me voient à distance
22:40alors que je crois
22:41être dans l'empathie
22:42vis-à-vis des collaborateurs
22:43mais quelquefois,
22:44vous projetez une ambition
22:45ou une image
22:47qui peut être un petit peu
22:48froide,
22:48un petit peu impressionnante
22:49parce que voilà,
22:50c'est le PDG de Saint-Gobain.
22:52je détesterais par exemple
22:53être craint
22:55dans l'entreprise
22:55ou dans un environnement
22:57parce que je pense
22:57que la meilleure chose
22:58que je puisse apporter
22:59c'est de la confiance,
23:00de l'exigence,
23:01bien sûr,
23:01mais de la confiance
23:02et de la bienveillance.
23:03Donc voilà,
23:04il faut toujours trouver
23:04cet équilibre
23:05entre exigence,
23:07bienveillance,
23:07confiance,
23:08de temps en temps dire
23:09ça ne va pas,
23:10on va se retrousser les manches,
23:11on va retravailler,
23:12on va s'entraîner,
23:13on va y arriver.
23:14Donc oui,
23:15je suis sûr que...
23:15Vous aimeriez changer chez vous ?
23:17On m'a dit que
23:18vous avez parfois du mal
23:19à changer d'opinion.
23:21C'est vrai ça ?
23:22Alors,
23:22ça peut être un défaut,
23:24manifestement ça vous a été soufflé
23:25et je le reconnais
23:26et c'est vrai,
23:28j'entends par exemple
23:29mon épouse m'en parler comme ça
23:30ou mon proche entourage
23:32ou des collaborateurs de Saint-Gobain.
23:34Ça peut être aussi une qualité
23:35quand vous avez une conviction
23:37et que parfois
23:38vous êtes un petit peu précurseur
23:40mais qu'il faut la porter
23:41un peu contre vents et marées
23:43pour la faire aboutir.
23:44Donc,
23:45il faut arriver à trouver
23:46que ce soit plus une qualité
23:47qu'un défaut.
23:47Donc,
23:48il y a peut-être 50%
23:49de mauvais équilibre
23:51et donc il faut arriver
23:52à du 50-50
23:53ou du 60-40.
23:54C'est vrai que oui,
23:56quand je crois en quelque chose,
23:58j'essaye de le porter
23:59le plus loin possible.
24:00Quelquefois en étant un peu têtu.
24:01Donc,
24:02vous m'avez dévoilé...
24:04J'ai mis le doigt dessus.
24:05Laurent Berger,
24:05l'ancien patron de la CEDF,
24:07en parlant de vous,
24:08a dit,
24:08c'est chouette,
24:09il a dit,
24:10c'est un humaniste
24:10qui fait passer les hommes
24:12avant les chiffres.
24:14Oui,
24:14moi,
24:15c'est fondamentalement...
24:15C'est vrai.
24:16Oui,
24:16c'est vrai
24:17et ça m'arrive souvent
24:19de dire,
24:20alors vous allez peut-être
24:21vous dire,
24:21c'est une image
24:22pas facile,
24:22négative,
24:23un jour,
24:24malheureusement,
24:25la vie n'est pas infinie,
24:26on sera six pieds sous terre,
24:27me disent les Américains.
24:28Ce jour-là,
24:29on se souviendra de quoi ?
24:30De la marche de Saint-Gobain
24:32au mois de juin 2026
24:34ou des aventures humaines...
24:3516%.
24:35Non,
24:36je ne sais pas encore.
24:38Ou des aventures humaines
24:39qu'on a construites ensemble.
24:41On se souviendra
24:41des aventures humaines,
24:42de ce qu'on aura transmis,
24:43de ce que des collaborateurs
24:45auront appris.
24:46Bonneau Bazin,
24:46on passe maintenant
24:47à la question inversée.
24:48C'est à vous
24:48de poser une question
24:49à nos amis étudiants
24:50qui répondront
24:51s'ils en ont envie.
24:53Là,
24:53moi,
24:53j'ai une question pour vous
24:55d'actualité
24:56et qui déborde peut-être
24:57un peu le cadre
24:58de l'entreprise.
24:59C'est
24:59qu'est-ce que représente
25:01pour vous
25:01l'Europe
25:04et en quoi
25:05et comment
25:06vous seriez prêt
25:07à vous engager
25:09pour l'Europe ?
25:10Moi,
25:10j'aurais dit
25:11la cohésion,
25:12s'il fallait choisir
25:14un mot.
25:15Et pourquoi
25:16je dirais ça ?
25:17Parce qu'actuellement,
25:18du coup,
25:18je travaille beaucoup
25:19avec le programme Erasmus
25:21qui permet
25:21aux étudiants
25:23de pouvoir
25:24avoir une aide
25:25quand même
25:25assez énorme
25:27quand on part
25:27à l'étranger,
25:28en échange,
25:29etc.
25:29Vous avez parlé
25:29beaucoup aussi
25:30d'international.
25:31Et donc,
25:31je dirais,
25:32oui,
25:32beaucoup de cohésion
25:34entre tous ces pays.
25:36Magnifique,
25:36oui.
25:37Erasmus,
25:38je suis content
25:38que vous le citiez
25:38parce que c'est vrai
25:39que c'est une très,
25:40très grande avancée
25:40de l'Europe
25:40et je vous souhaite
25:41à tous d'avoir
25:42des expériences
25:43à l'étranger.
25:43Pour ma part,
25:45l'Europe,
25:46je dirais qu'en un mot,
25:46c'est plutôt l'espoir.
25:48C'est-à-dire que
25:48quand on voit
25:48au niveau géopolitique,
25:50actuellement,
25:50il y a l'expansion
25:50des Américains,
25:52il y a la rivalité
25:52avec la Chine.
25:53Finalement,
25:54le fait de réussir
25:55à rester unis
25:55à 27,
25:57ça reste un miracle
25:59actuellement
25:59et je pense
26:01que c'est l'espoir,
26:01l'espoir de l'avenir
26:02et je pense
26:02qu'il faut croire
26:03en l'Europe aujourd'hui.
26:04C'est une très belle image
26:05parce que c'est vrai
26:06que c'est aussi,
26:07et vous le dites très bien,
26:08réaliser que l'Europe
26:09peut être fragile
26:10parce que le monde extérieur
26:12est fragmenté
26:12et parfois assez brutal
26:13avec des puissances économiques
26:15qui ont un peu changé
26:16les règles du multilatéralisme.
26:18Donc, oui,
26:18garder cet espoir
26:19et cette flamme
26:21aussi fragile
26:21ou aussi forte qu'elle soit
26:22et c'est très,
26:23très important
26:23que les jeunes générations
26:24s'investissent
26:25pour garder ce message
26:26formidable d'espoir
26:27et d'espérance
26:31qui a envie de travailler
26:31chez Saint-Gobain.
26:32On lève la main.
26:33Ah ben, c'est bon.
26:34Super.
26:34Ils vont tous venir.
26:35Ça vous a plu ?
26:36Ça vous a plu à Masterclass ?
26:37Merci et puis surtout,
26:38bravo et merci
26:39pour votre engagement.
26:40Nous avons besoin
26:41d'une jeunesse qui avance
26:42et de l'audace
26:43qui vise plus haut
26:44et c'est ce que je vous souhaite
26:45de meilleur.
26:46Allez, je pense qu'on peut remercier
26:47Bonobaz,
26:48le patron de Saint-Gobain.
26:49Merci à vous.
26:52Voilà, Masterclass,
26:53c'est subi pour aujourd'hui.
26:54Ça continue, bien sûr,
26:55sur les réseaux sociaux.
26:57D'autres questions
26:57qui vous seront posées
26:58dans quelques instants
26:58par des étudiants.
27:00Cette émission est enregistrée
27:01depuis la Maison Sanofi
27:03à Paris.
27:03Masterclass est aussi
27:05du replay
27:05sur publicsena.fr.
27:07À très vite.
27:28Masterclass avec BDL Club Invest.
27:30Profitez d'experts
27:31qui accompagnent
27:32les plus grands investisseurs
27:33depuis plus de 20 ans
27:34avec les mêmes produits,
27:35la même rigueur
27:36et les mêmes performances.
27:38Vous aussi,
27:38vous pouvez rejoindre
27:39le club dès maintenant.
27:40BDL Club Invest.
27:41Voyez plus grand
27:42pour votre argent.
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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