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  • il y a 15 heures
Accompagnée du célèbre écrivain breton, Yann Queffélec, Nathalie Schraen-Guirma nous invite à parcourir la fabuleuse et romantique route Jacques-Coeur. Pour Yann Queffélec, amoureux de la mer, c'est une véritable découverte de cette terre berrichonne, riche de ses merveilleux paysages, de ses produits du terroir comme le crottin de Chavignol et de son patrimoine médiéval comme le château d'Ainay-Le-Vieil. En point d'orgue au voyage, Nathalie et Yann visitent à Bourges l'incroyable Palais de Jacques Coeur, marchand, aventurier et argentier du roi Charles VII. Année de Production :

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Transcription
00:00C'est parti
00:39Bonjour, alors prêt à partir pour une nouvelle route mythique ?
00:42Cette fois-ci, je vous emmène dans le délit
00:45Que l'on va sillonner du nord au sud
00:47En passant par la vallée de la Loire et du Cher
00:49Cette route s'appelle la route Jacques Coeur
00:52Du nom d'un grand personnage du 15e siècle
00:55Qui a été une sorte de super ministre des finances sous Charles VII
00:59Et il a marqué de son emprunt de cette région
01:01Que nous allons découvrir ensemble
01:04J'espère que le programme vous convient
01:06Comme disait Jacques Coeur
01:07A Coeur Vaillant, Rien n'a pas besoin
01:15Des bords de Loire sans ses rois
01:16Au château d'Ainé-le-Vieille
01:18Nous serons tous sur ce pays de Jacques Coeur
01:21Notre route sera ponctuée par des étapes à Chavignol
01:23Dont vous avez certainement entendu parler de la spécialité
01:26À Bourges, capitale du Béry
01:28Et à Saint-Amand-Montron
01:30Où nous apprendrons à rouler un aigle d'or
01:56Mon point GPS m'amène ici
01:58Je ne sais pas où je suis
02:00C'est là que mon invité m'a donné rendez-vous
02:02Justement parlons-en de cet invité
02:03La route Jacques Coeur
02:04C'est une route littéraire
02:05C'est une route poétique
02:06Qu'a inspiré beaucoup d'auteurs
02:08Comme Jean-Jean-Jean
02:08Ou encore Alain Fournier
02:09Donc j'ai demandé à un écrivain
02:11De m'accompagner
02:12Alors quelques indices
02:13En 85
02:14Il a eu le prix concours avec les Noces barbares
02:16C'est un amoureux de la Bretagne
02:18De la mer
02:18Il s'agit de
02:19Yann Kéfilik
02:22Il est là
02:24Il est là
02:24Non mais voilà
02:25Il faut qu'il y ait un bateau
02:26Et c'est pour lui
02:28Yann
02:31Les garçons
02:34Je vous rejoins messieurs
02:35Non mais t'es pas croyable toi
02:37Tu me trouves un bateau
02:38C'est parti
02:39Je ne te dirai pas que c'est mon bateau
02:41Mais je me sens chez moi
02:42Bonjour
02:45Bravo Nathalie
02:45Je suis content de faire cette route avec toi
02:50Et moi aussi
02:52T'as quand même très le moyen de prendre un bateau toi
02:54Ah c'est ça là Marie
02:55Non
02:56Bonjour
02:57Bonjour
02:58Bienvenue à bord
02:59Oui c'est votre bateau
03:00Tout à fait
03:01Magnifique
03:02On l'a construit il y a un an et demi
03:04Alors avant de se balader
03:05Parce que j'ai bien compris
03:06Quand on allait faire une bataille sur la loi
03:20Et on finira notre périple
03:23Et bien au château d'Amené-le-Viel
03:26Donc on va faire tout ça en bateau
03:27Non
03:28Non
03:28T'aimes bien les cartes sinon toi ?
03:31J'adore les cartes
03:32J'adore les cartes marines
03:33Aujourd'hui on se repère surtout avec le GPS
03:36Quand on est en navigation
03:36Il faut toujours doubler ça
03:38Avec un tirage en papier
03:40Et c'est vrai que c'est magnifique
03:41De rêver sur une carte en papier
03:42Et en plus c'est très important
03:44Parce que l'informatique tombe en panne
03:45Sur les bateaux
03:46Même si c'est rare
03:47Et on est bien content de pouvoir
03:48Vous êtes d'accord avec les Sylvains ?
03:49Alors nous j'allais y venir
03:50Sur la Loire c'est pas du tout pareil
03:52On peut pas avoir de GPS
03:54Parce qu'en Loire on a des bancs de sable
03:55Qui se déplacent en permanence
03:56Donc tous les jours ta route va être modifiée
03:59Le seul moyen de naviguer en Loire
04:00C'est ce qui est le plus compliqué à acquérir au départ
04:02C'est la lecture d'eau
04:03Parce qu'en Loire
04:04Aujourd'hui on a un peu d'eau
04:06On a une crue qui a pris 1m60 en 48 heures
04:09Mais la lecture d'eau c'est qu'on regarde la couleur ?
04:10C'est qu'on regarde
04:11On regarde la couleur
04:12On regarde les petites vagues
04:13Qui peuvent se produire
04:15S'il y a un rocher, s'il y a un tronc d'arbre qui est là
04:17Parce que la Loire charrie
04:18On va voir ça tout à l'heure
04:19Il y a des très très gros arbres
04:21Qui sont collés après les piles de pont
04:23Donc c'est une rivière qui rigole pas
04:25Ça veut dire que les marins d'eau douce
04:27Aujourd'hui sont les vrais marins
04:29On va pas se faire des copains d'ailleurs
04:31Ce sont eux qui sont capables de naviguer ici
04:42Qu'est-ce qu'on est bien
04:43Il y a des petits coussinets
04:45On peut s'asseoir
04:46Comme à la maison
04:47Comme à la maison
04:48C'est vrai
04:49Yann
04:49Tout à fait
04:50Viens à côté de moi
04:51Donc le but
04:51Bah oui c'était qu'on réussisse à faire un petit bateau convivial
04:54Qu'on reste
04:56Ça reste un peu familial
04:57Si vous voulez qu'on puisse déguster les produits du terroir
04:59Mais sur des tout petits groupes
05:02Alors Rabolio c'était un
05:04Par exemple
05:04Moi mon ancien métier j'étais bûcheron
05:06Et le Rabolio c'est un roman de Maurice Genevois
05:09Qui a eu le prix Goncourt
05:10Voilà
05:11Qui a en fin de compte
05:13Qui contait l'histoire d'un bûcheron devenu braconnier
05:15Et comme je suis devenu pêcheur professionnel
05:17Considéré comme braconnier
05:19Par certains
05:20Par certains
05:21Ça peut arriver
05:21Et bah du coup
05:22Je lui ai dit
05:23Tiens on va faire un clin d'oeil à Maurice Genevois
05:24On va appeler le bateau
05:25Le Rabolio
05:26Qu'est-ce que tu pêches ici ?
05:27Dans la Loire on pêche
05:28Beaucoup de poissons blancs
05:29Tout ce qui est brème
05:30Chevennes
05:31Autues
05:31Barbillons
05:32Des poissons qui sont dit non nobles
05:33En fait on assiste au retour du poisson dans la Loire
05:36Du poisson comestique dans la Loire
05:37Tout à fait
05:37Ça veut dire que les ondes sont en train de s'insénir
05:39On va dire
05:41La totalité quasiment en France
05:43A l'heure actuelle
05:43Des cours d'eau
05:44Des fleuves
05:45Soit il y a stagnation du niveau de la pollution
05:47Soit amélioration
05:48Et donc la Loire a été préservée
05:49Parce qu'il n'y a pas beaucoup de construction
05:51La Loire a été préservée
05:52Parce que c'est un des premiers fleuves
05:54Qui a commencé à attirer une très grande attention
05:56Comme c'est un fleuve
05:57Le plus grand fleuve sauvage d'Europe
05:58Et donc tout de suite
05:59Il y a beaucoup
06:00Au niveau écologique
06:01Il y a beaucoup de monde
06:02Qui a commencé à se tourner vers la Loire
06:04Due à la richesse de la faune
06:05Et de la flore qu'elle peut avoir
06:06Moi j'ai des amis du côté de son mur
06:09Et on voit bien que la Loire
06:10Développe une vraie sympathie
06:12Auprès des rives
06:13Et on n'a pas du tout envie
06:15De repolluer la Loire
06:16Ou de lui faire du mal
06:17On la protège
06:17C'est identitaire la Loire
06:19Pour les gens qui habitent à côté
06:20On est fiers de sa Loire
06:21Et sur la Loire
06:22On va dire dans l'ensemble
06:22Il y a une grande famille
06:24Et il y a une entente
06:29Donc ça c'est la production
06:30Est-ce que tu pêches toi Yann ?
06:32Est-ce que tu aimes pêcher ?
06:33Je pêche oui
06:34Mais je pêche sans vouloir
06:36Ça veut dire quoi ça ?
06:37Les poissons ont compris
06:39Que je n'étais pas pêcheur
06:40Donc à l'arrière de mes bateaux
06:41Je mets des lignes à tremper
06:42Le soir je remonte ma ligne
06:44Coup de bol
06:45Un poisson s'est pris dans un hameçon
06:46C'est incroyable ça
06:47Et je le mange
06:48Mais sinon de moi-même
06:49Je ne pêche pas
06:53Je suis ravie de cette petite balade sur la Loire
06:55Sylvain
06:56On commence bien cette route ensemble
06:58J'ai plus envie de quitter ce bâton
07:00C'est pas horrible
07:01Je préfère te prévenir
07:02C'est moi qui vais conduire
07:04J'ai le permis
07:04Mais je conduis très mal
07:06Tant mieux
07:06Je préfère ça
07:07Je trouve ça plus artisanal
07:08Si tu veux
07:09Tu m'en as à voir de l'artisanat
07:10Sans serre dans un foncé ensemble
07:12Ça va pas de problème
07:13Bah vous savez où c'est maintenant ?
07:15Ah oui
07:15Ça c'est une bonne adresse
07:17A garder en mémoire
07:19Parce que vraiment
07:19Salut Sylvain
07:20A bientôt
07:20C'était bon cours
07:21Mais c'était bien
07:22Ah bah merci
07:22Maintenant tu sais où c'est
07:23Faut hésiter
07:25J'en viendrai
07:25Au plaisir
07:27Oups
07:28C'est pas le même bateau là
07:29Bah non
07:30Non regarde
07:31Quand même
07:32On quitte un beau bateau
07:33Mais il est beau mon combi
07:34C'est joli
07:34Tu vas quand même pas me comparer
07:36Ce combi avec cette merveille
07:38Viens faire connaissance avec mon combi
07:39Tu vas voir
07:40Au revoir les garçons
07:41Au revoir
07:42Alors attends que je t'ouvre
07:43Alors
07:44Nous sommes obligés d'arracher Yann à son bateau
07:46Car il est grand temps de se mettre en route
07:48Avec mon copilote
07:50Nous mettons le cap sur Chavignol
07:55Donc là on va à la chèvrerie
07:57On va apprendre à fabriquer du crottin de Chavignol
08:00Ça me manquait justement
08:02Tu vois je me demandais
08:03Quand est-ce que j'allais apprendre à fabriquer du crottin de Chavignol
08:05C'est aujourd'hui
08:07Bah alors c'est vrai que la Bretagne
08:09C'est pas une région à tradition franc-major
08:12Nathalie
08:12Mais comment faut-il te dire une chose pareille ?
08:14Bah il n'y a pas beaucoup de fromage en Bretagne
08:16Il y a un fromage qui est le roi des fromages
08:18C'est le beurre
08:19Ah bah oui
08:19Bah dans ce cas là oui je suis d'accord
08:21Dans ce cas là c'est le roi
08:21La Bretagne c'est vraiment le pays du fromage
08:24Non mais le beurre demande un affinage au moins aussi subtil que celui du fromage
08:29Donc c'est pour ça que les Bretons ont fait le fromage royal de tout leur plateau
08:41Est-ce qu'enfant avec tes parents vous alliez ailleurs qu'en Bretagne ou bien dès qu'il était arrivé
08:49direction la Bretagne automatiquement ?
08:51C'est le fils d'Arnold qui était obsédé par la Bretagne
08:53Mon père parlait de Bretagne tous les jours de l'année
08:56Nous habituons à Paris si tu veux
08:58Mais nous étions une espèce de petite enclave bretonne avenue René Coty dans le 14ème
09:02Et chaque jour on comptait les jours avant qu'ils nous séparaient de notre retour en Bretagne
09:08Mais tout de même en Bretagne il y a des cours d'eau qui sont absolument magnifiques
09:11Dont la Loire et mon village d'enfance, l'Aber et le Dut
09:15Est un village à la fois sur la mer et sur une rivière si tu veux la rivière de la
09:20mer
09:21Simplement il y a beaucoup de cours d'eau comme ça maritimes en Bretagne
09:24Et des fluviaux maritimes qui vont très très loin à l'intérieur des côtes
09:27Et tu as été à l'école de voile alors ?
09:30C'est un classique, on est obligé de faire l'école de voile
09:33Je suis né dans une sorte d'école de voile
09:35J'avais un oncle qui était un yachtman donc il avait des voiliers
09:39J'ai toujours eu le pont d'un bateau, d'avoir un petit bateau sous les pieds tu vois
09:44Et mon but dans l'existence c'était de toujours naviguer
09:47Je ne consommais pas l'existence sans avoir un bateau à moi
09:51Et sans concevoir une sorte de navigation perpétuelle autour du monde
09:56Malheureusement les événements en ont décidé autrement
09:59Ce qui n'empêche pas que je me sens toujours dans la Pont d'un marin
10:04Vous n'êtes jamais retrouvé à aller à la montagne pour changer ?
10:07Si si l'hiver vous êtes...
10:08Ah quand même
10:08Le breton est voyageur, le marin est migrateur
10:11C'est pas parce qu'il aime follement la Bretagne qu'il n'aime pas l'ensemble des beaux paysages
10:15Comme celui-ci d'ailleurs que celui que nous traversons
10:18Et donc on allait à la montagne
10:21Mais comme on avait des petits moyens à certaines époques
10:26Mon père étant romancier et élevant 4 enfants à la force de sa plume
10:30Et bien on allait dans les Vosges où finalement ça n'était pas si cher
10:34Les Vosges qui quelquefois nous offraient ce visage
10:36L'hiver il n'y avait pas de neige, il n'y avait pas neigé
10:38Ça faisait un peu sourire mes camarades quand je leur disais que j'allais à la montagne dans les Vosges
10:42Ils considéraient que c'était dans la montagne à vache
10:44Mais tout de même, même dans la montagne à vache j'ai appris à faire du ski
10:49En général vous y alliez quoi ? En train ? Ou bien en voiture ?
10:53Ah non il n'y avait pas de voiture chez moi
10:54Mon père n'avait pas le permis de conduire
10:55La voiture on n'en parlait pas
10:56Donc comme toi ?
10:58Toi tu n'as pas le permis ? Ton père n'a pas le permis ?
11:00Non non non je n'ai pas le permis de conduire
11:03J'aime bien l'objet, je crois que c'est magnifique
11:06J'ai eu deux voitures au cours de mon existence sans avoir le permis de Jaguar
11:10Mais en revanche
11:11Carrément, j'adore, des Jaguar mais je n'ai pas le permis
11:14Donc tu ne l'as jamais conduite ?
11:16Si si je la conduisais, je ferais tout ça aujourd'hui
11:18C'était après le gros cours, les lois étaient moins sévères
11:22Et puis j'étais un peu irresponsable à cette époque-là
11:27Même ça j'adore, tu as le Goncourt et tu te dis je vais me payer deux Jaguars
11:30Je n'ai pas le permis mais ce n'est pas grave
11:32Je suis passé devant un concessionnaire Jaguar
11:35Il y avait une Jaguar qui tournait comme ça sur une espèce de podium mobile
11:38Je trouvais qu'elle était très belle, qu'elle avait de jolies couleurs
11:41Bleu marine d'ailleurs
11:42Donc j'ai immédiatement acheté la Jaguar
11:49On est quatre frères et sœurs et on est tous franchement des fondus de Bretagne et d'Atlantique
11:55Tu as toujours eu un point de chute en Bretagne ?
11:58Alors nous avions, la famille Keferec avait cinq maisons en Bretagne à l'époque
12:03Il n'en reste aucune aujourd'hui
12:05Ça ce sont les aléas des successions et des désaccords familiaux
12:09Mais il n'empêche que de même que j'ai envie de revoir un grand voilier
12:14J'ai envie de me racheter une maison dans mon village d'enfance à la Bérette d'Une
12:21Il parlait breton ton père ?
12:23Alors là il t'entendrait, il rougirait de honte parce qu'il ne parlait pas breton
12:27Il parlait pas breton ?
12:28Non, c'était à Brestois, c'était un enfant de la ville
12:31Il n'a jamais essayé d'apprendre le breton ?
12:33Je pense qu'il ne s'y est pas trop fronté
12:36Mais il faisait semblant de parler breton parce qu'il avait honte
12:39C'est le seul domaine où j'ai vu qu'il mentait
12:42Parce que c'était tout sauf un menteur
12:43Est-ce que tu le provoquais là-dessus ?
12:45Bien entendu, on arrêtait pas de l'embêter
12:47On lui faisait pas semblant de parler breton
12:49Tu n'as rien compris
12:50Il se renfrognait, tu vois
12:55Mais j'en le pratique plus depuis longtemps
12:57Tu parles
12:59Mais le breton c'est très difficile
13:01Si on ne parlait pas breton
13:04Moi-même d'ailleurs je ne parle pas breton
13:05Et je fais semblant aussi de temps en temps
13:07De le parler ?
13:08Parce que c'est tellement beau et c'est tellement triste pour un breton
13:12De ne pas parler breton
13:14Bonjour
13:14La langue de ses aïeux
13:16Ecoute, on arrive là
13:17Dans notre ferme
13:21Bonjour Patricia
13:23Bonjour
13:23Elles sont ados
13:25Elles sont venus nous dire bonjour
13:26Elles ont l'habitude de voir du monde
13:29Voilà
13:30Merci beaucoup
13:31Enchanté
13:31De nous recevoir ici
13:33Bonjour Patricia
13:34Bonjour Patricia
13:37Voilà, nous sommes dans le Sancerrois
13:39Et le pays du Crotin de Chavignoles
13:40Crotin de Chavignoles
13:41Ou Chavignoles si on veut
13:43Mais le crotin c'est beau en même temps
13:45C'est un mot magnifique
13:47Alors le mot crotin vient du mot cro
13:49C-R-O-T
13:50Parce qu'il y a plus d'inversion hein
13:52Alors c'est une lampe à huile qui s'appelait cro
13:54Aucune allusion à l'odeur typique de la chèvre
13:58Du crotin
13:59Voilà
13:59Non, non, qui n'avait rien à voir avec l'odeur de la chèvre
14:02C'était cette petite lampe à huile qui éclairait les caves à cette époque-là
14:07Alors vous avez combien de chèvres ?
14:08240
14:09240
14:10Et on garde quelques boucs aussi
14:12Puisqu'on fait de la chèvre
14:14Ah des boucs !
14:15Des boucs !
14:16On les verra tout à l'heure
14:18On est passé
14:19Ah ils sont séparés ?
14:19Ils se retrouvent qu'au moment
14:22L'accouplement
14:23L'accouplement
14:24Voilà
14:24Bon on y va
14:25Et merci pour tous vos crottins de chavignoles mademoiselle
14:28Soyez confiants qu'ils sont appréciés
14:31Merci de tout
14:33Continuez
14:33Donc
14:34Tu comprends pourquoi on dit ça sent bien ?
14:35Oui ce qu'il est mon corne
14:36Ah oui ça sent fort
14:37Ça sent fort
14:38Ah oui ça sent très très fort
14:40Il y a des toutes petites cornes
14:41Alors ça c'est que c'est des boucs d'insémination qu'on a acheté et qui ont été écornés
14:47Pourquoi est-ce qu'ils ont été écornés ?
14:49Ben justement parce qu'il y a des gens qui ne veulent pas de boucs à tendre
14:54Et moi je préfère parce que d'abord une, c'est plus joli, deux, vous attrapez la barbichette et une
15:00corne et vous pouvez le tenir
15:02Et il ne bouge plus
15:03Est-ce que le bouc est jaloux par exemple ? Est-ce que le bouc repère une chèvre et ne
15:07vaut pas qu'un autre bouc aille sur sa chèvre ?
15:08Ben oui ils se battent
15:09Ah ils se battent
15:10Mais quand il n'a pas de corne alors il est psychanalyse d'avance ?
15:12Ils se battent tête contre tête, vraiment comme ça
15:16Et bon ben c'est celui qui est le plus fort qui va monter sur la chèvre
15:20Bon alors Patricia, un bouc qui peut monter sur une chèvre combien de fois par jour ?
15:23Alors un bouc qui peut monter 25 chèvres
15:2625 chèvres ?
15:27C'est pas possible !
15:28Par jour, si si si
15:29Il ne montera pas forcément tout le temps la même
15:31Mais il peut monter 3-4 fois la même déjà
15:34Il y a un roco sur Freddy des boucs
15:36Voilà tout à fait
15:38Alors on plonge le seau dans le cahier
15:44Et on va le verser
15:47Il faut le faire tout en délicatesse
15:49En délicatesse
15:50Parce que nous travaillons avec une matière vivante
15:54On va voir si je suis un bon fabricant de fromage
15:57Le crottin de chavignon
16:00Oh tu mets que la bousse !
16:02Je suis désolé que j'étale parce que je le répartis équitablement
16:06Je pense qu'il faut que je fasse aussi bien que Yann là !
16:11Ça tient de près, vous très vite !
16:15Je crois que j'ai que la bousse au fond de toi Yann !
16:17Nathalie, c'était formidable !
16:20Et donc une fois que vous avez récupéré la matière première, on passe au moulage !
16:24Est-ce que tel qu'il est là, est-ce qu'on pourrait en manger par exemple ?
16:27Oui, tout à fait !
16:28Et c'est bon quand on s'apprend ?
16:30Oui !
16:30Ça ressemble à de la mozzarella !
16:31Ici, on mange ceci avec du sel !
16:36Oui, allez-y !
16:37Avec du sel, du poivre, des fines zèches et de château !
16:41Il fait goûter en premier, c'est ça ?
16:43C'est toujours goûter en premier !
16:44C'est toujours goûter en premier !
16:45Il n'y a pas de problème, j'ai confiance !
16:47Non, non mais c'est bon !
16:51C'est très frais !
16:55Et moi je fais...
16:56Un peu de confiture !
16:58Celui qui veut de la confiture, du miel, du sucre, du sel, du poivre, des fines zières, de l'échalote
17:05!
17:06De l'échalote absolument !
17:11C'est bon de voir ça !
17:13J'adore !
17:16Après, on écarte !
17:18Avec les mains comme ça ?
17:19Voilà, tout à fait !
17:21D'accord, je suis sûr qu'on utilise la pelle !
17:23Pas du tout !
17:24On fait des pâtés, vous !
17:25Ah !
17:27Et on récupère...
17:29Le surplus !
17:30On ne perd rien !
17:32On va commencer par...
17:36Par la masse ou du chevon !
17:39Et notre travail proprement dit commence maintenant !
17:42Voilà !
17:42On y va !
17:43On y va !
17:44On y va !
17:45C'est pas très bien fait !
17:46Je vous reconnais !
17:47Quand on voit Patrice a travaillé, ça parait tellement simple !
17:50C'est pas si...
17:52C'est pas si...
17:54C'est tendance à remettre un peu partout !
17:56Un peu partout !
17:56En tout cas, je suis très épaté par Nathalie !
17:59Ecoute !
18:00Mais tiens aussi, il n'y a pas de différence !
18:02Non, non, tu fais ça beaucoup !
18:02On a bien travaillé !
18:04On a bien travaillé !
18:06C'est très bien qu'il n'y ait plus de trous !
18:08Ah oui !
18:08Tu vois, moi, les biens, ils sont...
18:10Ils ne m'ont pas les plus !
18:11Ils sont très bien !
18:13Je dis la une, tu dis la d'autre, je dis la trois !
18:15Non, c'est fort !
18:15Je te dis les trois !
18:17On a une...
18:18On a deux...
18:19Et on a trois !
18:26Voilà !
18:29Ça, ça y est, ça y est, ça y est !
18:32Ça y est, ça y est, ça y est !
18:32Non, c'est fou !
18:35Non, c'est fou !
18:36Ça, c'était le cri du bouc !
18:38Si tu veux, c'est avant l'heure !
18:39La chef, c'est plus pas...
18:40Alors, la voici la récompense !
18:42Ah !
18:43J'essaie de les appeler en faisant...
18:45Ça marche pas !
18:46Ça marche pas !
18:46Ça marche pas !
18:57Oh là là !
18:58Quel bonheur de finir notre atelier crottin-chavignol !
19:01Oui, crottin-chavignol !
19:02En présence...
19:02En présence de nos chèvres !
19:04Hum !
19:05Mais tu l'as, il y a différents !
19:07C'est du repassé, celui-là !
19:09C'est un repassé !
19:09Et pourquoi repassé ?
19:12Il est passé une fois, il est repassé ?
19:14Il est passé une fois, bon, dans le Halloir,
19:16et on le repasse une deuxième fois dans un pot en gris,
19:19ce qui fait qu'on appelle le fromage repassé !
19:21Le plus goûteux, c'est le repassé, ça !
19:23C'est impressionnant !
19:24Il reste grand-chose !
19:25On a tout mangé !
19:26On a fait un malheur !
19:28Alors, on va vous souhaiter bonne route sur la route Jacques Coeur !
19:30Ouais !
19:31On va reprendre la route jusqu'à Bourges !
19:33Voilà !
19:34Et bien, écoutez !
19:35Ça la glisse vraiment !
19:37C'était un vrai bonheur !
19:38Et puis, merci de votre visite !
19:39C'est malheureux de se séparer de cette délicieuse formule !
19:42Je vous dis !
19:43Merci !
19:52Bon, Nathalie, heureusement qu'on ne nous fait pas souffler dans le ballon
19:54quand on a mangé du crottin de chavignol !
19:56Sinon, on serait déjà en cellule de dégrisement !
19:59Mais comment ces goins frais !
20:01C'était délicieux !
20:02Ah là là !
20:03Tiens, nous fais un coucou Patricia !
20:06T'as raison !
20:07Qu'est-ce que c'était bon !
20:08Merde !
20:09Le problème, c'est que...
20:12En général, ça stocke au niveau des hanches quand on mange du crottin de chavignol !
20:16Ça stocke au niveau des hanches !
20:16Mais tant mieux !
20:17Tant mieux !
20:17Qu'est-ce que ça stocke au niveau ?
20:19Des hanches !
20:19Ici, pour les femmes, c'est une catastrophe !
20:21Non !
20:24Aucun problème !
20:25Aucun souci !
20:26Tous !
20:26Tout va bien !
20:30Alors, comme il y a beaucoup de l'écaillé en Bretagne...
20:34Peut-être que tu pourrais essayer de relancer dans la production de crottin de chavignol !
20:39Chez toi !
20:40T'en fais de temps en temps un petit peu comme ça, dans une petite carte d'affinage !
20:43Les crottins de coups dans la maison !
20:44Les crottins de la mer Eldotte !
20:46C'est vrai !
20:47Les crottins de la mer Wack !
20:48Mais oui, on pourrait imaginer ça !
20:50Mais tout ça, il y a tellement de bonnes et belles choses en Bretagne !
20:55Si on parle du Kouignyaman !
20:56Tiens, je te parlais de stockage de graisse dans les hanches !
20:59Si je te parle de Kouignyaman...
21:00Tu les stockes un peu partout, le Kouignyaman !
21:02Ils ne se contentent pas des hanches !
21:03Ils vont partout !
21:04Ils se reflent !
21:10Alors, c'est drôle parce que dans ton...
21:13Effectivement, dans ton dernier livre,
21:15L'Homme de ma vie !
21:17Oh !
21:17Ton papa !
21:18Tu parles de ton père !
21:20Tu racontes justement que...
21:22Tu avais un plaisir à effectivement écrire des...
21:26Écrire des petits textes pour ta mère, faire des dessins...
21:29Mais du coup, ça énervé ton père !
21:32En fait, tu lui volais un peu la vedette, quoi !
21:35Au visage de ta mère !
21:35Je lui volais sa femme !
21:37Je lui volais le rire de sa femme !
21:40Je lui volais le regard de sa femme !
21:42Non, c'est vrai !
21:43Il était le privilégier, si tu veux, d'une certaine expression de ma mère !
21:46C'était l'écrivain de la famille !
21:47C'était l'écrivain !
21:48Un roi de la famille !
21:49C'était un dieu de la famille !
21:50Et quand il a senti qu'il y avait une espèce de petit écrivain en herbe...
21:55Qui commençait à vouloir...
21:55Qui se profilait à l'horizon !
21:57Là, ça lui a...
21:58Effectivement, ça l'a rendu encore plus méfiant qu'il l'était déjà à mon égard !
22:04Et quand ma mère a voulu lui montrer ce que j'écrivais, comme ça...
22:07Imaginant qu'il allait s'émerveiller à son tour, qu'il allait dire c'est magnifique...
22:11Pas du tout !
22:12Ça l'a considérablement énervé !
22:14Il a déchiré ce que...
22:15C'est violent, ça !
22:16De déchirer l'écrivain de son fils !
22:20Oui, c'est violent !
22:20Non seulement il a déchiré ce que j'écrivais, mais il m'a interdit d'écrire !
22:24Il m'a interdit d'écrire et de dessiner !
22:26Oui, oui, vraiment !
22:27Au lieu d'y être fier, justement, des productions de son fils, c'est quelque chose qu'il a eu
22:32beaucoup de mal à accepter !
22:34Non, pour lui, c'était...
22:36C'était inacceptable !
22:38Il voulait que...
22:38Je sais pas, que je devienne...
22:40Que je fasse...
22:40Que tu excellent !
22:41En fait, il voulait que tu excellent !
22:42Je pense qu'il voulait que tous ses enfants excellent, c'est ça, dans leur domaine !
22:47Mais...
22:47Pas le sien !
22:48Pas le sien !
22:49On sent, dans ce livre, que tu es vraiment en toute telle admiration devant cette figure paternelle !
22:54Est-ce que, justement, peut-être que tu as aussi choisi l'écriture ?
22:57Parce que tu avais envie d'avoir un vrai lien avec lui, quoi !
23:01Quelque chose de plus que tes frères et sœurs, non ?
23:03Ou en tout cas, différent du lien qu'il avait tissé avec mes frères et sœurs !
23:07Mais c'est vrai que je voulais l'impressionner !
23:10C'est vrai que j'aurais aimé avoir un mot d'admiration ou un mot sympathique de sa part à
23:16mon sujet !
23:17Finalement, je m'aperçois que je n'ai jamais entendu une parole agréable sortir de sa bouche, me conservant !
23:23Et...
23:24Ça m'a manqué !
23:25Ça m'a manqué !
23:26Contestablement !
23:27Et puis, tu t'es accompli !
23:29Tu...
23:29Voilà !
23:29T'as ta propre famille !
23:31Oui, mais dans l'homme de ma vie, je me suis aperçu que ces blessures d'enfance, elles sont loin
23:38de moi maintenant !
23:38Ce sont des blessures, mais ce sont des blessures qui ne me font plus mal !
23:41Donc, je peux un peu les utiliser comme des éléments romanesques, voire comme de petits personnages !
23:47Et même mon père, j'aurais fait une sorte de personnage !
23:53Longtemps, je me suis demandé si mon père était un bon père !
23:56Et qu'est-ce qu'était un bon père !
23:58C'est un peu la réflexion, d'ailleurs, que je me fais à la fin de ce livre, la fin
24:01de ma vie !
24:01Je m'aperçois que je n'aurais jamais voulu avoir un autre père que mon père !
24:08Non seulement, je ne m'étais pas trompé de famille, mais que vraiment, c'était un père mystérieusement taillé sur
24:14mesure !
24:14C'était lui que je voulais ! Et que je revendique encore aujourd'hui !
24:18Je suis fier de l'avoir eu mon père ! Je lui dois ma culture !
24:21Je me dois une certaine forme de sensibilité !
24:23Une forme de refus, si tu veux, de tout accepter !
24:26Je suis dans une époque, quand même, qui a tendance à tromper les humains sur beaucoup de plans !
24:31C'est vrai !
24:32Donc, mon père, il avait...
24:33Un monde de perte de valeurs ! Alors que lui, il vous a appliqué...
24:36Les valeurs ! Le sens des valeurs !
24:38Le sens des valeurs !
24:38Et un certain sens de la rébellion, quand même ! Malgré tout !
24:42Mais il n'y a pas de doute, cet homme ne m'aimait pas beaucoup !
24:48Et je ne peux pas lui en vouloir de ça !
24:49Quand on me dit, est-ce que tu as pardonné à ton père ?
24:51Je n'ai pas à lui pardonner !
24:52Si tu veux, il avait une préférence marquée envers mon frère aîné !
24:56Bon ben, tant mieux pour là et tant mieux pour moi !
24:59Nous arrivons à Bourges !
25:01La ville où Jacques Coeur a laissé son empreinte à peu près partout !
25:04Il y a une rue qui porte son nom, un hôpital, un théâtre,
25:08mais aussi un pub, une librairie, sans oublier son célèbre palais !
25:30Ah !
25:32Enfin arrivée à Bourges !
25:33Tu sais qu'on ne peut pas venir faire la rue de Jacques Coeur ?
25:36Ça, ça ne peut pas être lycée top.
25:37Ah oui, de toute façon dans l'expérience.
25:39C'est une incontournable, là !
25:40J'espérais qu'on se y arrêterait.
25:42Ah, voilà !
25:42Je t'espère qu'on se y arrêterait.
25:42Christophe !
25:42Ça va les japonais ?
25:42C'est ça, c'est là.
25:43Le guide conférencier, on connaît tous les rues de Bourges.
25:45C'est lui qui va nous emmener jusqu'au Palais Jacques-Cœur.
25:47Bonjour.
25:49Bonjour Christo.
25:50Bonjour.
25:50Alors il est pareil que vous connaissez Bourges comme votre poche.
25:52On va déambuler dans les rues de Bourges, jusque devant la façade du Palais Jacques-Cœur.
25:58On voit la cathédrale.
25:59On l'aperçoit ici, effectivement.
26:02Tu la vois, il y a de la cathédrale ?
26:03Bien sûr, ça va.
26:04C'est très bon.
26:10On va prendre le passage Casse-Cou.
26:13Ça fait coupe-gorge, on se dit.
26:15Oui, ça fait coupe-gorge.
26:16Donc c'est des passages qui relient la ville hôte à la ville basse,
26:21et qui sont percés dans le mural d'Elle-Romaine de la Ville-Terre.
26:26Il y avait beaucoup des mizos à colombages ?
26:29Plus de 400, 430 approximatiquement.
26:32C'est beau.
26:33Des colombages d'origine ?
26:36Essentiellement d'origine.
26:38La fin du 15ème siècle, début du 16ème siècle.
26:41Donc là, on est dans le Vieux-Bourges, Christophe.
26:44Là, on est au cœur du Vieux-Bourges, oui.
26:46Qui s'étend sur combien d'hectares, ce Vieux-Bourges ?
26:50Souvent, il y a des villes où on la trouve charmante, la ville, mais sur deux rues.
26:55Et très rapidement, on tombe sur des zones un peu moins classiques.
27:00La surface englobée par la murale gale-romaine, c'est 25 hectares.
27:03Et on a un dispositif qui s'appelle le secteur sauvegardé, qui lui fait 65 hectares.
27:09Et qui englobe toutes les rues où il y a des curiosités, des monuments, des maisons en pointe comme celle
27:14-ci.
27:14Alors là, un très beau monument de ce côté-ci.
27:17L'hôtel d'Allemands, un hôtel particulier.
27:23T'as vu le panneau ?
27:24Les bonnets rouges, de vieilles connaissances bretonnes.
27:28Effectivement.
27:28Quel rôle de tomber sur ça avec toi.
27:29Je suis content de penser que les bonnets rouges en 1793, grande époque révolutionnaire, sont en séparables.
27:38C'est la plus belle place de Bourges, la place Gordaine, qui est une place très ancienne.
27:44Dès le Moyen Âge, il y avait des boucheries qui étaient établies ici.
27:48Elle est entourée de très belles maisons en colombage.
27:50Ils sont plus riches, plus possibles que celles que nous avons vues rue Bourbonneau tout à l'heure, puisqu'elles
27:56ont deux étages.
27:57On vous suit, Christophe.
27:58C'est parti.
28:02Vous voulez qu'on passe par là, Christophe ?
28:04Oui, un autre passage casse-cou.
28:06Super casse-cou, oui.
28:08Là, c'est sportif, là, Yann.
28:10Sportif, ça va, c'est un escalier.
28:14On reconnaît la grande sportive, tu vas me dire.
28:21Allez, une, deux, une, deux.
28:26Christophe, on est au palais ?
28:27Voilà, nous voilà devant la façade sur rue du Palais Jacques Coeur, on disait la grand maison de Jacques Coeur.
28:34C'est lui qui est sculpté, là, sur la façade ?
28:36On dit que Jacques Coeur et son épouse se sont fait sculptés dans les fausses fenêtres, on trompe l'œil,
28:42de chaque côté de l'entrée principale.
28:45C'est marrant, il y a des coeurs sculptés et des coquilles de Saint-Jacques.
28:49Des emblèmes, pardon.
28:50Des emblèmes, pardon.
28:51Jacques Coeur, Jacques Coeur.
28:53J'ai l'impression qu'on est surveillé.
28:55Tu crois ?
28:56C'est pas bon, hein.
28:58Regarde, il y a une soulette.
29:00Je te laisse frapper ?
29:01Mais il y a un heure-toi.
29:02Ouais ?
29:03Non, je t'en prie, Nathalie, quand même.
29:07C'est bien tombé, en premier compte.
29:08Je te frappe sur un cœur.
29:10C'est génial.
29:15Bonjour, Elisabeth.
29:17Bonjour, Franck.
29:18Bonjour.
29:21Bonjour.
29:21Bonjour.
29:22Bonjour.
29:22Comme vous pouvez le constater, c'est très riche.
29:24Ah ouais, c'est très riche, c'est très beau.
29:26Beaucoup de motifs.
29:27Ouais.
29:28Donc c'est un lieu qui n'a pas...
29:29Après ça, c'est beaucoup ?
29:30Oui, absolument.
29:31Même encore aujourd'hui, la lecture du palais reste une énigme, puisqu'on a des petits
29:36personnages que vous ne remarquez pas.
29:38Il faut prendre beaucoup de temps, en fait.
29:39Est-ce qu'il a vécu ici, Jacques Heure ? Il a eu le temps de profiter de son palais
29:43?
29:43Malheureusement, non, puisqu'il a été arrêté le jour où il a souhaité honorer justement
29:50l'aboutissement de ce palais.
29:51Le jour de l'inauguration, il s'est fait arrêter ?
29:53Dans la salle des festins.
29:55Tout ça pour ça.
29:56Il est arrivé jusqu'à la salle des festins, et là, il s'est fait arrêter.
29:59Il s'est fait manger.
30:01Il y a eu le festin, tout de même.
30:03Mais Charles VII a compris que Jacques Heure, en fait, n'était pas aussi riche que le roi.
30:08Mais tout de même.
30:09Et donc, il a été effectivement accusé d'extorsion.
30:13Et comment il a fait fortune, Jacques Heure ?
30:15Jacques Heure a beaucoup aimé avancer l'argentier du roi.
30:18C'était un diplomate.
30:19Et je pense que c'était quelqu'un qui était très en avance aussi sur le capitalisme, on peut dire.
30:40Voilà la salle des festins.
30:44C'est magnifique.
30:45Oui, c'est magnifique.
30:47Et cette cheminée, elle est impressionnante.
30:50Oui.
30:50C'est l'écran zone.
30:51Oui.
30:52C'est des tapisseries qui se sont...
30:54Non, mais ça, c'est une fraise, en fait, qui date de l'été du 18ème.
30:58En fait, ce qui s'est passé, c'est que ce monument, en fait, il va servir aussi de bâtiment
31:03administratif.
31:05Au 17ème, au 19ème, il va devenir le plaid de justice, d'où son nom de palais de Jacques Heure.
31:10Évidemment, ce n'est pas le monument enregistratif qui ne se tend pas.
31:13Quand les choses gênaient, on les cassait.
31:15Ce qui explique qu'en fait, dans le monument, notamment avec la chevillée que vous avez derrière,
31:19elle a été entièrement faite pendant la grande restauration des années 30.
31:22D'accord.
31:24Et puis, on a les blasons, là ?
31:25Oui.
31:25Et on a, évidemment, sur les corbeaux.
31:27Les blasons, alors évidemment, Jacques Heure, on leur connaît rapidement.
31:29Heure et à côté Saint-Jacques.
31:31J'aimais beaucoup, là, que le lieu des petits singes.
31:33Là, vous me dites que les petits singes, ne sont pas d'origine.
31:35Mais, on ne peut pas forcément regarder un monument, parce que ça, ça n'a fait pas ça.
31:38D'un point de vue, strictement, est-ce que c'est d'origine, est-ce que c'est le départ
31:41?
31:42Est-ce que l'osminé était peinte à l'origine ?
31:44À l'origine.
31:45À l'origine, oui.
31:46Mais visiblement, oui.
31:47Puisque...
31:48Des restes de couleurs.
31:49Voilà, oui.
31:50Donc ça, ce sont des motifs qui remontent au 15ème siècle.
31:53Voilà.
31:53C'est ça.
31:55Et là, les édiles prenaient la parole.
32:01À notre avis, c'est plutôt les musiciens qui ont été installés ici.
32:04Ah, un temps d'orchestre qui est installé là-haut.
32:05C'est une sorte de tribune.
32:06Ben, ben...
32:12Waouh !
32:13Voici les combles.
32:15T'as vu ça ?
32:16Un peu la charpente.
32:17Et l'authentique charpente.
32:19C'est d'origine.
32:20Voilà.
32:21C'est d'origine, Yann !
32:23Comment sait-on que c'est d'origine ?
32:24Tiens donc !
32:25Et là, c'est toutes les sculptures que l'on peut voir sur les façades...
32:28Oui, sur les moulages.
32:30Et qui sont ces gens ?
32:31De sombres connus.
32:32Oui, mais de différentes origines, j'ai l'impression.
32:36Oui, on a l'impression que ça représente différentes civilisations.
32:40Alors Charles VII récupère le palais, il en fait quoi ?
32:43Pas grand-chose, en fait.
32:44Parce que ce qui intéressait Charles VII, c'était surtout la fortune de Jacques Cœur.
32:49Oh, magnifique cette vue !
32:51Voilà, waouh !
32:54Un petit tour sur les toits de la ville.
32:56T'as le vertigien ou pas ?
32:58Dans le gâtement bas, c'est pour ça.
32:59Non, non, pas spécialement, non, non.
33:01Oh là là !
33:04Vous venez souvent ici à admirer la vue ?
33:06Quand il fait beau ?
33:07Quand il fait beau, oui, c'est légère.
33:10On a un calais hauteur ici, Franck ?
33:14Sur Bourges.
33:15On a un point de vue exceptionnel ici.
33:17On va reprendre la route, hein ?
33:18On n'a pas fini, hein ?
33:20Mais oui !
33:20A bientôt !
33:21Merci, Franck.
33:23Merci.
33:24Au revoir, Franck.
33:27Merci, à bientôt.
33:28Bonne journée, Franck.
33:38Une cité de l'or au cœur du Berry ?
33:41Non, vous ne rêvez pas.
33:42C'est bien notre prochaine étape.
33:44De l'or, nous allons avoir l'occasion d'en voir, d'en toucher et même d'en fabriquer.
33:49Mais pas question de l'emporter avec nous.
33:59Oui, il y a plus ce qu'elle est faite.
34:00Oui, oui.
34:01Il y a rien.
34:04Donc là, on va chercher des bijoux.
34:06Oui, il y a un gros d'or.
34:07Il y a un gros d'or, c'est pas grave.
34:11Tony est là.
34:12Bonjour.
34:13Bienvenue à la cité de l'or.
34:14Bonjour.
34:15Bonjour, Tony.
34:15Bonjour.
34:17Pourquoi une cité de l'or ici ? Dans le Berry, il n'y a pas des mines d'or
34:21dans la région ?
34:21Parce que Saint-Amand-Moron et la troisième ville française après Paris et Lyon a transformé l'or pour en
34:26faire des bijoux.
34:27Oui, mais alors pourquoi ? Pourquoi un centre ici ?
34:29Parce qu'en 1888, un atelier parisien, l'atelier Morico, est venu s'installer sur les conseils de l'une
34:35de leurs employés, qui était de la région.
34:38Leur a dit que la main d'œuvre serait moins chère, voilà, ici, tout à fait.
34:41Ils ont donc délocalisé l'entreprise de Paris à Saint-Amand, rue des Vieilles-Prisons, et donc ça a plutôt
34:47bien fonctionné.
34:48Et c'est devenu le troisième pôle ?
34:49Alors, par la suite, plusieurs bijoutiers ont suivi la même démarche, et quelques années après, nous sommes devenus ce troisième
34:55pôle français à transformer l'or pour en faire des bijoux.
34:58C'est-à-dire qu'il y a une réserve d'or considérable ?
35:00Absolument pas.
35:01Non, non, du tout, du tout.
35:03C'est un musée également, alors ?
35:05Oui, tout à fait.
35:07Entrée interdite, ça veut tout dire, là.
35:09Qu'est-ce qui se passe là-bas ?
35:10C'est ça qui nous intéresse.
35:12Oui, mais justement, je vais vous inviter à y rentrer.
35:15Après vous.
35:16Alors, aujourd'hui en France, on peut extraire de l'or nulle part.
35:19Il n'existe encore des mines d'or ?
35:20Oui, il y en a une en Haute-Vienne, à Charla.
35:23Celle-ci, on a extrait plus de 2 tonnes d'or à l'intérieur, et aujourd'hui, elle est fermée
35:27pour manque de rentabilité.
35:29Il y en a une deuxième, cependant, dans le sud de la France, à Selcine, qui, elle, est fermée parce
35:33qu'elle a été polluée au mercure et au cyanure, parce qu'on n'a pas respecté les bonnes méthodes
35:36d'extraction.
35:37C'est ça, donc elle est en dépollution actuellement.
35:40Et donc, c'est pas lui où on emmène sa femme, hein ?
35:42Non, effectivement.
35:43La carte bleue peut chauffer rapidement.
35:45Ce sont des copies ou ce sont de vrais bijoux ?
35:48Ce sont absolument des vrais bijoux. C'est une collection qui est appartenue à un bijoutier clermontois et que la
35:54ville de Saint-Hermain-Mauron a racheté.
35:56C'est certi de perles, diamants.
36:01Là, on va rentrer à la pomme de l'or.
36:04Oh là là, c'est quoi ces objets de torture, là ?
36:07Une pince qui va nous servir à manipuler le lingot parce que lorsqu'on va le sortir du four à
36:12induction, il est très très chaud.
36:13À combien de degrés ?
36:141060 degrés.
36:15Et ça, c'est quoi ?
36:16C'est un creuset. Faites attention parce qu'il est peut-être un peu chaud.
36:19Mais il est chaud, il est chaud, ouais !
36:20Où est notre lingot ? On en va bien le voir.
36:22Mais je l'ai dans la poche.
36:25Oh !
36:25C'est bon, mon cheval, je te souviens.
36:27Il est juste ici.
36:29Il fait 500 grammes.
36:31On va utiliser le creuset en graphite qu'on va mettre dans le four à induction, juste ici.
36:36Et donc, on va monter en chaleur à 1060 degrés, qui est le point de fusion, pour que l'or
36:42passe à l'état liquide.
36:43Et il est en combien de temps, son point de fusion ?
36:45Alors, ça va être assez rapide, en 2-3 minutes.
36:47C'est tout ?
36:48Là, on est à 330 degrés déjà.
36:50Tu vois la montée à la température ?
36:51Bien sûr !
36:52Afin d'éviter un choc thermique, lorsqu'on va couler l'or dans la lingotière,
36:57on va également chauffer la lingotière.
36:59Sinon, il y a un choc entre le chaud, des 1060 degrés.
37:03Et qu'est-ce qui se passe, alors ?
37:03Ça explose.
37:04Le creuset est en train de devenir rouge.
37:07Ah !
37:07Allez-y, je vous en prie, oui, oui.
37:08Oh, les cheveux, pas qu'il y a...
37:09Ah oui, oh là là !
37:11Là, on sent que ça chauffe bien, là.
37:14Alors là, on est sur un lingot de 500 grammes, aujourd'hui.
37:16Mais vous pouvez faire différents lingots.
37:18Alors, en dessous de 500 grammes, on sera sur un lingotin.
37:21Oui.
37:21Et au-delà, à partir d'un kilo, on sera sur une barre.
37:24D'accord.
37:25Voilà, donc les barres, c'est ce que vous voyez dans les films.
37:28On va bientôt pouvoir mettre...
37:31Notre lingot.
37:32Notre lingot.
37:32Il est devenu notre lingot.
37:33Notre lingot, oui.
37:35En a quelques minutes.
37:37Comment s'approprier un lingot discrètement ?
37:40Discrètement.
37:41Discrètement, tu sais.
37:42Donc, je vais insérer maintenant dans la lingotière le lingot d'or.
37:46On y va, là ?
37:46On y va.
37:46Je le mets à l'intérieur.
37:51On peut regarder ou c'est dangereux ?
37:53On peut y regarder.
37:54Ça va se fondre.
37:56Attention à votre main, surtout.
37:57Ça commence à faire un peu.
37:58Ça fond comme du chocolat.
38:00Alors, je remets la lingotière dessus.
38:02On va mettre la lingotière.
38:03Oui, tout à l'heure.
38:04C'est ça.
38:05Vous allez récupérer avec la pince.
38:08Attention.
38:09Attention.
38:14Wow, qu'est-ce que c'est beau.
38:16C'est magnifique.
38:19Ah oui, c'est magnifique.
38:26Et la lingotière, on la met tout de suite dans l'eau ou on attend un peu ?
38:28Non, on va attendre un petit peu.
38:29Donc là, il est toujours rouge vif, vous voyez.
38:31Et là, il va se durcir.
38:34Et là, le croisé, il est à 1000 degrés ?
38:35Là, il est à 1000 degrés.
38:36Donc, ne pas le toucher.
38:37Ça se voit, il est rouge vif.
38:38Même à 500 degrés, je ne l'aurais pas touché.
38:41Oula.
38:42Voilà.
38:46Wow.
38:56C'est quoi les dépôts qu'on a là-haut, dans cette cuve ?
38:59Est-ce que c'est des restes d'or ?
39:00C'est la fille qui est vraiment à la recherche de sa poudre d'or.
39:04C'est quoi ?
39:04C'est de la rouille.
39:05C'est de la rouille ?
39:06Bon, auquel intérêt ?
39:08Bon, ça refroidit quand même assez vite.
39:09Tout à fait.
39:10On peut le toucher ?
39:11Là, vous pouvez le toucher.
39:12C'est vrai, c'est froid.
39:15C'est ce que vous faites faire à vos stagiaires, c'est ça, quand vous venez ?
39:18C'est ça.
39:18C'est la partie...
39:20La partie sportive.
39:23Voilà.
39:24On voit la différence.
39:25Une fois qu'on a enlevé, ça, c'est quoi ? C'est l'oxydation ?
39:27C'est l'oxydation, tout à fait.
39:28Oui, on a envie de voir le doré du lingo d'or.
39:33Vous l'apercevez quand même, déjà.
39:35Ah oui, on l'aperçoit, on l'aperçoit, on l'aperçoit bien.
39:39Voilà.
39:41Tu es une bonne gratteuse de lingo, Nathalie.
39:43J'essaie de garder un peu de poudre sur moi, tu sais, dans ma poche.
39:46Dans ma poche.
39:48Eh bien, merci beaucoup, hein, Tony.
39:50Mais de rien.
39:50C'est un plaisir.
39:51Merci de vous avoir appris à couler un lingo d'or.
39:53Voilà, vous pouvez recommencer chez vous quand vous voulez.
39:55Au revoir, mon petit lingo.
39:57Dis au revoir, tonton.
40:00Je suis déprimée.
40:02Moi aussi.
40:03J'ai vu fondre 15 000 euros.
40:08C'est ce qu'on appelle une réaction à chaud, Nathalie.
40:11C'est exactement ça.
40:20Alors là, on va pas très loin d'ici, tu sais.
40:23On va à 100 kilomètres, à peu près, à la fin de cette route Jacques-Cœur.
40:28C'est vraiment la dernière étape.
40:30C'est le château d'Ainé-le-Viel.
40:33D'Ainé-le-Viel.
40:34Voilà, et ce château, il appartient à la même famille depuis 570 ans.
40:39Magnifique.
40:39Ça, c'est une belle famille française.
40:41Magnifique.
40:41Et elle va pouvoir nous raconter, disons, l'histoire de cette route Jacques-Cœur.
40:48Pourquoi cette route a été créée ?
40:49Quelle est son histoire ?
40:50Elle connaît le secret de la route Jacques-Cœur.
40:53Elle connaît enfin le secret de cette route Jacques-Cœur.
40:55T'as raison.
40:56Enfin, oui.
40:56Après d'être allé vers l'or, nous allons vers un autre secret, maintenant.
41:00Le secret de la route Jacques-Cœur.
41:07Quand tu écris un livre, Yann, est-ce que tu as des rituels ?
41:11Est-ce que tu, je dis n'importe quoi, est-ce que tu t'écris entre 3h et 4h du
41:15matin ?
41:16Tu t'enfermes seul dans une pièce ?
41:18Comment ça se passe quand tu décides d'écrire un nouveau roman ?
41:21Alors déjà, l'écrivain, il écrit n'importe où, n'importe comment, comme il peut, à n'importe quelle heure.
41:26Dès qu'il a une espèce de petit flash dans la tête.
41:29Mais sinon, tout de même, de façon plus organisée, il a besoin de se créer un cérémonial.
41:35Il se crée un cérémonial pour croire à ce qu'il fait.
41:37Parce que tu vois, il n'y a rien de plus absurde que de consacrer sa vie à gratouiller des
41:43mots sur une page blanche.
41:44Donc pour donner une espèce de sens et d'équilibre à tout ça.
41:49Moi, j'écris tôt le matin.
41:51Tu vois, je choisis un rythme scolaire.
41:54Je suis au travail à 7h30, 8h jusqu'à 13h.
41:58Sans interruption ?
41:59Ah non, je suis avec interruption.
42:01Je m'interromps à 13h pour aller déjeuner.
42:03Moi, j'écris sur des cahiers chinois, fabriqués par des femmes, sur les berges du fleuve Amour, dans la plus
42:10vieille papauterie de Chine.
42:11Est-ce que c'est romantique ? Est-ce que c'est poétique ?
42:14Je ne l'ai pas fait dans une idée, dans un esprit romantique.
42:17Je l'ai fait parce que je suis tombé par hasard sur ces cahiers il y a une quarantaine d
42:22'années dans le quartier chinois de Paris, le 13e arrondissement.
42:24Ah, donc tu peux t'en fournir facilement à Paris.
42:27Tu es en train de t'imaginer aller en Chine ?
42:29Pas du tout, pas du tout.
42:30Paris n'en fournit plus depuis 40 ans.
42:33C'est un cargo rouge qui vient de Chine une fois par an, qui fait compte en Europe, généralement en
42:41France.
42:41Et c'est Servan, mon épouse, qui va négocier avec le capitaine du cargo chinois l'ouverture de la caisse
42:48qui transporte un certain nombre de cahiers.
42:50Si, si, si.
42:51Et donc on achète à chaque fois ?
42:52Un maximum.
42:53Et alors qu'est-ce qu'ils ont de particulier, ces carnets ?
42:56Alors ces cahiers, d'abord ils sont très beaux, ils sont fabriqués à cette base de centales et de muriers.
43:02Le papier est lisse, mais pas trop non plus.
43:04Donc c'est un confort d'écriture.
43:06Exactement, qui correspond bien à un décalage entre la vitesse de ma main et la vitesse de ma pensée.
43:11Et ce décalage, à mon avis, correspond éventuellement à la qualité de mon écriture.
43:17Si j'écrivais aussi vite que je pense, ça deviendrait une écriture.
43:20Je pense journalistique, un peu trop orale.
43:24L'écriture, il perdrait quelque chose.
43:26C'est l'idée que je m'en fais.
43:28Il faut se faire des idées quand on est écrivain.
43:29D'accord.
43:31Alors j'avais lu, je ne sais plus où, que tu lisais, parce que c'est toujours d'actualité,
43:35une page du roman de ton père avant de commencer ta journée.
43:38Non, non, pas forcément une page d'un roman de mon père.
43:40En revanche, quand j'ai une panne, ça arrive d'avoir des pannes en plein milieu d'un paragraphe.
43:46Ça se passe bien, puis brusquement, tu ne trouves pas la suite de ta phrase.
43:49Tu n'arrives pas à amorcer le paragraphe suivant ou le chapitre suivant.
43:53Tu as l'impression que tu es vraiment...
43:56Alors au début, sans m'angoisser, quand j'avais commencé à écrire, je me disais, voilà, c'est fini.
43:59C'est terminé.
44:00L'écriture, pour moi, c'est, voilà, je suis arrivé dans un mur et jamais je ne le franchirai.
44:05Et en fait, je commençais, j'ouvrais un livre de mon père, tu vois, n'importe où.
44:10Et là, je m'apercevais qu'en fait, avec des mots extrêmement simples, avec, voilà, des choses qui n'ont
44:16l'air de rien,
44:17tu relançais très facilement la bécane.
44:21Donc, ce sont des instants de fatigue ou un moment de distraction, brusquement,
44:25tu n'es plus dans l'univers de ta phrase.
44:28Mais il suffit de pas grand-chose pour y revenir.
44:31Et quand il suffit de grand-chose, quand tu n'y arrives pas, malgré ton père, malgré la simplicité des
44:36choses,
44:36tu attends un petit peu et puis ça recommence.
44:41Un monument qui est resté inchangé depuis des siècles, c'est le château d'Ainé-le-Vieille,
44:47véritable petit carcassonne d'Ibéry.
44:49C'est la dernière étape de notre voyage.
44:52Oh, écoute, c'est là, regarde comment c'est beau !
44:57Je crois qu'il y a un peu en haut.
44:58C'est extraordinaire.
44:59Il y a toujours un barat, tu vois, il y a des dons, tu vois.
45:02Ben ouais.
45:03Il y a des créneaux, c'est peut-être un château fort.
45:07Ouais, c'est impressionnant.
45:13Oh, bonjour madame !
45:17Je vais me garder ici ?
45:20Elle va se mettre là.
45:22Et c'est appartient à la famille ?
45:24À la famille depuis 550 ans.
45:29Je crois que c'est Marisol qui est là.
45:31Je la distingue au milieu des rosiers.
45:34Ah, bonjour !
45:35Bonjour Marisol !
45:35Comment ça va ?
45:36Elles sont belles vos roses !
45:38Ah, elles commencent !
45:39Elles commencent, mais elles ont tellement souffert de la pluie qu'elles sont restées longtemps en bouton.
45:47Merci en tout cas de nous recevoir.
45:48Je suis en train de dire à Yann que ce château...
45:50Bonjour Marisol !
45:51Bonjour !
45:51On voit derrière nous, le château...
45:52C'est les 550 ans qu'il y a dans la famille.
45:54Oui, absolument.
45:55C'est incroyable !
45:55Absolument !
45:56Vous êtes la...
45:56Combien de génération, vous ?
45:58Bon, 4 pour 500 ans, 4 x 5, 20.
46:01Alors on est la 20e génération ?
46:03C'est ça ?
46:04Extraordinaire !
46:04Même plus, puisqu'il y a ça, c'est chaque fois.
46:06Mais c'est une ancienne forteresse, non ?
46:07Ah, tout à fait !
46:07On se posait la question avec le pont-levis, puis on voit un peu les remparts.
46:10Mais je dirais, Yann est née comme forteresse.
46:13Yann était une forteresse très importante jusqu'à la fin de la guerre de Cent Ans.
46:17Et quand la guerre de Cent Ans s'est terminée,
46:21et bien Yann est devenue une résidence.
46:23Et il y avait un pont-levis, jusqu'au 19e.
46:27Et puis au 19e, le château était moins habité,
46:30parce que nos ancêtres avaient deux châteaux à 20 km l'un de l'autre.
46:34Et donc l'autre était plus facile à habiter, plus souriant.
46:38Il y en a combien de châteaux, justement, dans la région, qui appartiennent à votre famille ?
46:41Il y en avait deux.
46:43Ah, il n'y en a plus qu'un aujourd'hui, c'est celui-ci ?
46:44Non, ma sœur a repris le second.
46:47Là, on est dans la roserie, ici.
46:48Et là, on est dans la roserie.
46:49Mais le jardin, il fait quel super succès ?
46:51Il fait deux hectares, le jardin.
46:52Deux hectares ?
46:53Je vois, les jardins sont sculptés, le buis est sculpté.
46:56Ah oui, alors buis et Yves, nous travaillons beaucoup les deux.
46:59Alors, je veux quand même que tu sentes les roses, Yann.
47:01Je l'ai sentie une tout à l'heure, pendant que Marie-Sol nous racontait l'histoire du château.
47:04C'est tellement parfumé.
47:06Ça sent délicieusement bon, je ne sais pas si c'est la main de Marie-Sol.
47:10À mon avis, c'est la rose.
47:12Alors, cette route Jacques Coeur, comment est-ce qu'elle est née, cette route ?
47:15J'ai entendu dire que c'était à l'initiative de trois châtelains.
47:20Tout à fait.
47:21Et vous en faites partie ?
47:22Ah, nous en faisons partie.
47:24D'autant plus que mon père est un de ces trois, qui est à l'origine de la création.
47:29Mon père, Géraud Daligny, avec Pelot de Mortemart, propriétaire du château de Meillan,
47:36et Jean Ferrague, propriétaire du château de Cullan, qui est plus au sud,
47:42ont décidé, comme ils voulaient tous ouvrir au public, que l'union fait la force.
47:47Et alors, ils ont créé ce qu'était la route des châteaux du Coeur de la France.
47:51C'était mon père qui a créé.
47:52C'était comme ça au début ?
47:53Du Coeur de la France.
47:54Du Coeur de la France.
47:54Et au bout de quelques années, il y avait une quinzaine de monuments, dont la ville de Bourges, etc.
48:01Et il a semblé bien d'honorer notre grand homme, régional mais national, Jacques Coeur,
48:09en lui donnant le nom, son nom à la route.
48:15J'arrive pas à décoller mon nez de cette rose.
48:19Oui, mais c'est délicieux.
48:21Et encore, elle ne semble pas tellement fort.
48:29Alors, vous voyez, c'est ça qui est joli ici.
48:31Oui, donc des petits ponts.
48:32Oui, absolument.
48:34Des ponts qui permettent d'entrer dans cette île.
48:37Alors, c'est une île artificielle ?
48:38Totalement artificielle.
48:40C'est l'ancien ruisseau qui amenait l'eau dans les Doubs,
48:43qui a été à la Renaissance canalisé,
48:47en créant donc au milieu une île de 120 mètres de long.
48:52C'est tellement plein de douceur.
48:54Oui, c'est très civilisé.
48:56Oui, c'est très civilisé.
48:58Alors, là, nous sommes à côté, face à la guérine du poète,
49:03qui a été faite en charme et qui reprend un petit peu la forme des pavillons.
49:08Et ce qui est important, c'est qu'elle est dédiée à mon père,
49:11qui était un peu de vraiment de grand talent.
49:14Votre père s'appelait Gérôme Dalény ?
49:16Gérôme Dalény.
49:16C'est très chiant.
49:17Ah ben, bravo.
49:18Ah ben, c'est le poème qui sont derrière.
49:20Absolument.
49:20Est-ce qu'on peut lire les poèmes de...
49:22Ah, si vous les lisiez à haute et claire voie, ce serait merveilleux.
49:26Je vais commencer par en lire un à voix basse.
49:29Moi, je ne veux pas m'y aventurer,
49:30parce que d'éclamer des verres, c'est tout un art.
49:33L'air était si léger ce matin qu'on voyait voltiger des lutins.
49:38L'air était si léger, un lapin s'en allait pas cager dans le teint.
49:42L'air était mensonger ce matin, il voulait se venger des humains.
49:47L'homme avait immergé son chagrin et pleurait engorgé d'un refrain.
49:53L'air était surchargé de venin et venait saccager son destin.
49:59L'air semblait si léger, un lapin s'endormait, allongé dans le teint.
50:05Bravo, vous l'avez très, très bien lu.
50:07T'en as écrit, toi, des poèmes ?
50:08J'ai commencé de manière très modeste par la poésie,
50:10comme tout adolescent romantique attiré par la littérature
50:13et par la musique des mots et par la bonté de la langue française.
50:17Ensuite, je me suis plutôt dirigé vers la prose.
50:19Je ne dis pas que je ne reviendrai pas un jour à la poésie,
50:22mais il faut avoir vraiment cette espèce de talent immédiat
50:25comme l'avait visiblement Géraud Aligné
50:27pour oser publier des poèmes.
50:30On est arrivé au bout de notre route ici.
50:32Hélas, moi je m'installe ici.
50:34Je vais demander à Marie-France de me trouver un petit logement dans un pavillon.
50:38Je vous laisse.
50:39Eh bien, écoute, chère Nathalie.
50:41Merci, Nathalie.
50:41Vraiment, ce fut un plaisir de faire cette route avec toi.
50:44Merci de m'avoir amené dans ce moment.
50:46Un vrai bonheur.
50:46Oh, j'en perds ma rose.
50:48Tellement je suis émue.
50:49Voici ta rose.
50:50Alors, Nathalie, merci vraiment.
50:52Ça a été un plaisir.
50:53Partagé.
50:56Voilà, c'est sur les remparts du château d'Aimé le Vieil que l'on se quitte.
51:00Ce château qui a été édifié au 14e siècle.
51:03Je suis encore sur le charme du lieu.
51:04C'est juste magnifique.
51:05D'ailleurs, Yann aussi, il m'a abandonné dans la guéride du poète.
51:11Ici, à Beauchamp, je suis quand même triste de quitter cette région.
51:14J'ai fait des paires en cours.
51:16J'avais un compagnon de route extraordinaire.
51:18Mais je suis ravie d'avoir partagé toutes ces découvertes.
51:21Et je vous dis à très bientôt.
51:34Sous-titrage Société Radio-Canada
52:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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