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Avec Christophe Gomart, député européen LR, général de corps d'armée (2S)

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##LE_FACE_A_FACE-2026-05-28##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio en ce jeudi 28 mai 2026, il est 13h04, nous allons parler actualité internationale,
00:15géopolitique, défense nationale.
00:18Est-ce que nous avons la politique militaire que nous méritons et dont nous avons besoin ?
00:22Nous allons discuter avec le général Christophe Gomart, merci mon général d'être dans ce studio avec nous pour nous
00:29décrypter, pour éclairer nos lumières,
00:31parce que comme vous le savez, l'information va un peu dans tous les sens, les nouvelles, les contre-nouvelles,
00:38les évolutions, les caprices du président américain,
00:41et puis une réalité du terrain qui ne correspond pas toujours à ce qu'on veut bien nous faire croire,
00:45et nous avons besoin justement de votre lucidité, de votre décryptage, et puis nous aurons en visio Christophe Boutin,
00:52qui lui est un politologue, qui nous parlera de la sécurité intérieure, et j'attends beaucoup de l'échange entre
00:56vous deux,
00:56puisque vous avez une vision complémentaire l'un et l'autre de ce qui se passe aujourd'hui.
01:02En un premier mot, la question, voilà, que l'on répète systématiquement, depuis le début de ce conflit, mais même
01:08depuis avant,
01:08et depuis la polémique entre Pierre de Villiers et le président de la République,
01:12le chef d'état-major des armées ayant signalé que la France n'était pas forcément dotée des moyens militaires
01:18dont elle avait besoin,
01:19est-ce qu'il y a eu de ce côté-là, et aussi au niveau du renseignement,
01:23des efforts concrets, malgré la situation politique très compliquée avec cette dissolution et cette chambre un peu ingouvernable,
01:30est-ce qu'il y a eu quand même des résolutions qui ont été prises par l'exécutif français
01:34pour nous doter d'un armement et d'une armée qui puisse faire face à l'adversité en cas de
01:38coup dur ?
01:39Alors, beaucoup disent que le budget des armées a été doublé, oui, sans doute en euros,
01:46mais à la fin des fins, et à la fin de la loi de programmation militaire actuelle,
01:50il n'y aura pas plus de chars, il n'y aura pas plus d'avions rafales ou pas plus
01:52de frégates.
01:53En revanche, avec l'actualisation de la loi de programmation militaire, qui va être augmentée,
01:58ça permettra de recompéter les stocks qui ont été vidés pour deux raisons.
02:02La première, c'est des stocks vidés parce qu'on a donné de l'armement et des munitions aux Ukrainiens.
02:06Et la deuxième, c'est lié à la guerre en Iran parce que nous avons protégé notre allié émirati et
02:13nos alliés du Golfe
02:14face aux drones ou face aux missiles lancés par les Iraniens.
02:18Donc, de mon point de vue, cette loi de programmation militaire est totalement insuffisante
02:20et le prochain président de la République devra, sans aucun doute, doubler cette loi de programmation militaire
02:26pour avoir une loi de programmation militaire de reconstruction.
02:30Car aujourd'hui, malheureusement, les armées françaises sont dotées de 220 chars Leclerc,
02:35seulement 220 chars, d'une centaine...
02:37Combien opérationnels sont les 220 chars ?
02:40Je ne sais un certain nombre.
02:43Lorsque j'étais capitaine, l'armée française, c'est dans les années 90, début des années 90,
02:47il y avait 1300 chars.
02:48J'ai commandé un escarbon de charge, j'avais 17 chars dans mes garages.
02:51C'était des AMX-30 à l'époque ?
02:52C'est des AMX-30 B2.
02:54Alors aujourd'hui, c'est du char Leclerc, du char plus moderne, plus performant, sans aucun doute.
02:57Mais on voit bien le désarmement lié à la fin de la guerre froide.
03:02Et aujourd'hui, compte tenu de l'évolution du monde, de la résurgence des empires, des états puissances,
03:07il est temps en effet que la France prenne conscience, la France et les Français,
03:11que les menaces sont là, que l'Europe est prise en étau entre une Russie impérialiste,
03:16des États-Unis qui deviennent prédateurs alors qu'ils étaient protecteurs,
03:19avec une Turquie qui cherche à réinventer l'Empire Ottoman,
03:23avec une Chine qui cherche à nous imposer son économie,
03:26face au terrorisme islamiste qui demeure.
03:28Donc oui, il est temps en effet de reconstruire,
03:31et en tous les cas de développer beaucoup plus qu'elle n'est l'armée française,
03:34en développant par exemple, en ayant une loi sur les réserves par exemple,
03:38pour développer le nombre de réservistes.
03:39Mais également en relançant des commandes,
03:42parce que vous adressez aux industries de défense,
03:44ils n'ont pas de commandes.
03:46Hier encore, j'ai vu le PDG de Renko,
03:49qui m'a dit, mais mon chiffre d'affaires, c'est 7% pour la France.
03:53Il me dit, je n'ai pas de commandes de l'armée française.
03:56C'est dire, c'est dire que oui, il est temps en effet de reconstruire.
03:59Général Gommard, vous me faites penser,
04:01je relis régulièrement les ouvrages sur la guerre de 40,
04:04et il y a potentiellement un armement français
04:07qui est presque comparable à celui des Allemands,
04:09mais vous avez le témoignage des patrons des usines de l'armement français de l'époque,
04:12qui vous dit, la loi a été votée, nous n'avons pas le bon de commande.
04:15C'est-à-dire qu'on a pris la décision politique d'armement,
04:18donc sur le papier, c'est formidable,
04:19et le gouvernement fraude populaire s'est défendu en disant,
04:22mais moi, j'avais donné...
04:23Oui, mais c'est comme le décret d'application d'une loi,
04:26tant qu'elle n'est pas au journal officiel, elle n'est pas appliquée.
04:28Et là, on est dans une situation où on prend la décision d'eux,
04:31mais on ne se donne pas les moyens pratiques
04:33de mettre en place et en œuvre la décision.
04:35C'est exactement ça.
04:36Quand le président de la République, Emmanuel Macron,
04:38parle du fait que nous soyons en économie de guerre,
04:41mais ça n'est qu'un slogan.
04:43Ça n'est rien dans la réalité.
04:44Nous ne sommes pas du tout en économie de guerre.
04:47Nous sommes réellement dans un état de pré-guerre,
04:51j'allais dire, dans une cyber-guerre,
04:53qui soit faite d'influence, d'intoxication,
04:56d'attaque cybernétique.
04:59Mais réellement, il est temps de prendre conscience de ça
05:01et de faire en sorte que notre défense,
05:04que nos armées réinvestissent,
05:07que la France réinvestisse de l'argent dans ses armées.
05:09C'est absolument une évidence.
05:10Christophe Gomart, en 1989,
05:13le mur s'effondre,
05:15l'Union soviétique n'a plus que quelques années à vivre.
05:18Est-ce qu'il est cohérent et logique
05:20de la part d'un exécutif,
05:23d'un gouvernement, d'une classe politique
05:24et d'une armée de dire,
05:25bon, il y a une page de tournée,
05:27on a moins besoin de faire le stock de médicaments,
05:30l'épidémie est écartée,
05:32puis on a un allié très puissant
05:34qui sont les États-Unis,
05:35on a l'OTAN qui est là,
05:36on peut baisser la garde.
05:37C'est exactement ce qui s'est passé.
05:39Oui, quand vous lisez les livres blancs...
05:41Mais est-ce que c'est responsable, ça, de...
05:42C'était un choix politique
05:44de nos gouvernements successifs,
05:47de plus dépenser, j'allais dire,
05:49dans le social, ou le sociétal,
05:51que dans notre propre défense.
05:53Finalement, la France,
05:55moins que les autres pays européens
05:57qui ont laissé la défense,
05:58qui ont cofé leur défense aux États-Unis,
05:59aux parapluies nucléaires américains,
06:00même si la France dispose
06:02de son propre parapluie nucléaire.
06:03Mais on a laissé l'industrie partir en Chine
06:05et on a laissé, j'allais dire,
06:07l'énergie pratiquement aux Russes,
06:09en particulier avec le gaz russe.
06:11Et on se rend bien compte aujourd'hui
06:12que l'Union européenne,
06:13que l'Europe et la France
06:14sont un peu nues.
06:17Et il serait temps de se rendre compte
06:19que ce monde est dangereux.
06:21Mais vous savez,
06:22le prochain président de la République
06:23devra montrer aux Français
06:26le besoin de courage,
06:27la nécessité de faire des sacrifices.
06:28Alors, c'est des mots
06:29qu'on n'aime pas entendre,
06:30mais c'est la réalité bien là.
06:32Si les Français savaient exactement
06:34l'état de l'armée française,
06:36ils seraient sidérés.
06:37Parce qu'on a une armée française
06:38qu'on voit bien le 14 juillet
06:39sur les Champs-Elysées
06:40qui est très belle.
06:41J'ai connu une armée française
06:43expéditionnaire au Mali,
06:44en Afghanistan.
06:45On a les moyens de faire ça.
06:46Et la France a toujours
06:47les moyens de faire ça.
06:48Mais de là à mener
06:49une guerre de haute intensité,
06:50je pense que la France,
06:51aujourd'hui,
06:51n'en a pas les moyens, malheureusement.
06:53Bien sûr.
06:53Christophe Boutin,
06:54merci d'être en visio avec nous.
06:56J'ai le général Gomard,
06:57Christophe Gomard,
06:58qui nous dit qu'effectivement,
07:00on a pris du retard.
07:01Vous êtes, vous, un analyste.
07:02Alors là, j'ai un analyste militaire.
07:04Là, vous êtes un analyste politique.
07:07Vous expliquez ce relâchement
07:09ou cette baisse de la garde
07:12de la classe politique française
07:14par rapport à un changement
07:16de cap de priorité.
07:17Il était plus important
07:18de résoudre le problème économique
07:19et sociétal.
07:20Et on a dit que la défense
07:21n'est plus un enjeu majeur.
07:24Effectivement, pendant longtemps,
07:25il s'agit de tirer
07:26les fameux dividendes de la paix
07:27et donc d'écarter la défense.
07:29Ça a été très clair.
07:30Ça a été affirmé
07:32par le pouvoir politique.
07:33La chute du mur de Berlin,
07:35l'éloignement de la menace à l'Est
07:37étaient des choses
07:38qui permettaient enfin
07:39de retrouver une marge financière
07:41et de la retrouver
07:42au dépend des armées,
07:44au dépend de la formation,
07:46au dépend aussi du matériel.
07:48Cela a conduit
07:49à des baisses de stocks.
07:52Cela a conduit à des baisses
07:53en personnel.
07:54Cela a conduit
07:54à des baisses en formation.
07:55Ensuite,
07:56les armées se sont lancées
07:58sur les opérations extérieures
08:00avec un format réduit,
08:02des forces spéciales
08:03parfaitement adaptées
08:04à ce type d'intervention,
08:06mais très loin
08:07de la nouvelle dimension
08:09qui pourrait être
08:10celle d'un théâtre
08:12d'opérations classique.
08:13Et effectivement,
08:14comme vient le dire
08:14le général Gomart
08:15de manière très juste,
08:17cela suppose
08:17de revoir complètement
08:19le mode de financement
08:20et de revoir
08:21notamment
08:21notre base industrielle
08:23de défense
08:24et le financement
08:25de cette base
08:25qui doit se tourner
08:27vers une véritable production.
08:29La France,
08:29Dieu merci,
08:30n'a pas abandonné
08:31la production des armes.
08:32On est un très bon exportateur,
08:34mais encore faut-il savoir
08:35garder pour nous
08:36quelques matériels.
08:37Pour autant,
08:38Christophe Boutin,
08:39aujourd'hui,
08:40on n'a qu'un seul mot
08:40à la bouche
08:41quand on gouverne ce pays,
08:42c'est la réindustrialisation,
08:43la reproduction,
08:44vous venez de l'évoquer
08:44à l'instant.
08:46L'industrie,
08:46l'industrie militaire,
08:48ce sont des richesses,
08:49ce sont des emplois.
08:51Est-ce qu'on n'a pas pu planifier ?
08:52A l'époque,
08:52le général de Gaulle,
08:53évidemment,
08:53il aurait planifié.
08:54Quand je parle
08:55du général de Gaulle,
08:55je parle de cette époque
08:56où la classe politique
08:57avait une vision planifiée
08:58de l'économie.
08:59On s'est dit
09:00qu'on allait pouvoir
09:01contourner cet obstacle.
09:02On pleure aujourd'hui
09:03cette industrie,
09:05cette capacité d'armement.
09:06Un,
09:07comme vous le dites,
09:07ça se vend,
09:08donc ça fait rentrer
09:09des richesses
09:09et surtout ça maintient
09:10l'intérieur du pays.
09:12On voit les endroits
09:12où les industries
09:13d'armement ont fermé.
09:14Il y a eu un appauvrissement
09:15territorial,
09:16il y a eu une périphérisation
09:17à cause de ça.
09:18Comment se fait-il
09:19qu'on n'ait pas eu
09:19des dirigeants
09:20qui aient au moins
09:20cette vision de dire
09:22nous aurons toujours besoin
09:23d'avoir une richesse industrielle
09:24qui donne de l'armement,
09:25qui en plus nous permet
09:25de nous défendre ?
09:27Et si je me permets
09:28d'oublier une troisième dimension
09:29qui est la dimension de recherche.
09:30Absolument.
09:31L'industrie d'armement
09:32est une industrie
09:34qui tire derrière elle
09:35un énorme bloc de recherche
09:40absolument indispensable
09:41à notre pays
09:42qui débouche
09:43sur bien d'autres domaines
09:44d'ailleurs
09:45que très strictement
09:46la production d'armes
09:47pour nos armées.
09:49Mais je crois
09:50que vous avez raison,
09:51notamment sur le maillage
09:53local de l'industrie
09:54de défense
09:55qui était essentiel
09:56dans certaines régions,
09:58je pense à Rouen par exemple
09:59et dans d'autres secteurs aussi,
10:00où il y a eu
10:01une désindustrialisation
10:03et cela a frappé.
10:05On aurait dû à ce moment-là
10:06prévoir éventuellement
10:07au minimum des reconversions,
10:09ce qui n'a pas été fait.
10:10Enfin, le dernier point
10:11qu'il faut signaler,
10:12c'est que c'est une industrie
10:14de très haute technologie.
10:16La soudure des coques
10:17de sous-marins,
10:18ça ne se fait pas
10:19avec n'importe quelle soudeur.
10:20Il y a des savoir-faire
10:22qu'on ne peut pas
10:22se permettre de perdre
10:24en matière,
10:25en oubliant
10:26de maintenir
10:27un minimum
10:28de formation
10:28et un minimum
10:29de suivi
10:30de cette industrie.
10:31Vous êtes bien sur ceux de radio,
10:32je reçois le général
10:33Christophe Gomart,
10:35par ailleurs député européen
10:36et en duplex
10:36nous avons Christophe Boutin
10:38et nous sommes en train
10:40de décrypter
10:41la situation
10:41dans laquelle se trouve
10:42la France
10:42au niveau militaire,
10:44au niveau défense
10:44par rapport au conflit,
10:46au conflit du Proche-Orient
10:47et la guerre du Golfe.
10:49Vous nous appelez
10:49au 0826 300 300
10:51et Emmanuel Galasso
10:52attend votre appel.
10:53Tant Christophe Gomart
10:54que Christophe Boutin
10:54répondront à vos interrogations.
10:56Vous avez le droit
10:56de donner votre avis ?
10:57Vous n'êtes peut-être pas content
10:58de ce qui se passe ?
10:59Au contraire,
10:59vous êtes inquiet,
11:00vous avez besoin
11:01de ce désexpert,
11:01vous rassure,
11:02n'hésitez pas à le faire
11:03en nous appelant
11:04au 0826 300 300
11:05et tout de suite
11:06sur Sud Radio.
11:07Midi 14h,
11:08la France dans tous ses états,
11:10Péricault et Gass.
11:12Vous êtes bien sur Sud Radio,
11:13il est 13h18,
11:14je reçois le général
11:16Christophe Gomart
11:17et nous avons Christophe Boutin
11:19en duplex.
11:20Nous parlons aujourd'hui
11:21de l'état
11:22de la défense française,
11:23de la situation
11:24de nos armées
11:25et de la capacité
11:26de la République française
11:27à faire face à l'adversité.
11:28S'il devait y avoir
11:29une attaque massive
11:31ou en tout cas
11:32une obligation de la France
11:33de se présenter
11:34sur le terrain
11:35et évidemment,
11:36quelles que soient
11:37les réponses,
11:38le compte n'y est pas.
11:41Christophe Gomart,
11:42quelle est une des options
11:44qu'il faut envisager ?
11:45Une coopération renforcée
11:46entre armées nationales,
11:47un état major européen
11:48plus efficace éventuellement ?
11:50Oui,
11:50le constat que je fais,
11:52c'est qu'actuellement,
11:53l'OTAN est en train
11:54sans doute de se dissoudre,
11:57de se détricoter.
12:00On voit bien
12:01qu'un Donald Trump
12:02n'arrête pas d'accuser
12:03les Européens
12:03de ne rien faire,
12:04en particulier dans le Golfe,
12:05en disant
12:05j'ai beaucoup dépensé
12:06pour les Européens,
12:07vous faites rien.
12:08Donc,
12:08ma réflexion,
12:09c'est de dire
12:09mais attendez,
12:10est-ce que les Européens
12:11face aux menaces du monde
12:12ne peuvent pas
12:12s'entendre entre eux
12:13pour créer leur propre défense,
12:14leur propre architecture
12:15de défense ?
12:16Et de ce point de vue-là,
12:18il faudrait en effet
12:19un Conseil de sécurité européen
12:20et au-delà du Conseil de sécurité
12:21qui décide rapidement
12:22de l'emploi de forces
12:25issues des nations européennes,
12:27un état major
12:27qui permette de planifier
12:28et conduire une guerre.
12:29Ça veut dire quoi ?
12:30Il va y avoir
12:30des moyens de logistique,
12:31des moyens de communication,
12:32des moyens de commandement,
12:33des moyens de renseignement
12:34qui soient partagés
12:36tout en gardant
12:38les armées nationales.
12:39Je ne crois pas du tout
12:40en une armée européenne.
12:41C'est un vœu
12:42totalement pieux.
12:43Il peut y avoir un corps
12:44peut-être européen
12:45éventuellement
12:45mais il faut qu'on garde
12:47quand même...
12:47Vous êtes pour la subsidiarité
12:49si je comprends bien.
12:49Oui, je crois beaucoup
12:50à l'état-major
12:51qui est capable
12:51de conduire
12:53différentes unités
12:55qui viennent
12:56de différents pays.
12:56Moi-même,
12:57j'étais sous commandement américain,
12:58j'ai eu sous mes ordres
12:59des soldats américains,
13:00donc je vois bien
13:01mais je restais
13:02totalement souverain
13:03et je répondais
13:04aux besoins
13:05du chef état-major
13:06des armées françaises.
13:07Et il n'y a pas de raison
13:08que ce ne soit pas le cas demain.
13:10Aujourd'hui,
13:10l'état-major de Shape
13:11à Mons en Belgique
13:13est environ
13:14de 1400 personnes.
13:15Si on additionne
13:16l'état-major de l'Union européenne
13:17et le record
13:18des moyens de communication,
13:19des moyens de liaison,
13:20des moyens de renseignement,
13:21je pense qu'on est en mesure
13:22ensuite
13:23de pouvoir
13:24planifier
13:25et conduire
13:25une guerre
13:25de haute intensité
13:26avec des contingents
13:27fournis
13:28par les armées nationales
13:29des 27 états membres.
13:31Et en cela,
13:32la France doit être,
13:33je pense,
13:34leader en tous les cas.
13:35Elle peut prendre le lead
13:35sans vouloir commander
13:36cet ensemble
13:37mais en tous les cas dire
13:38mais attendez
13:39à ses alliés européens,
13:40les principaux alliés européens,
13:41ceux qui dépensent
13:42de leur défense,
13:43mais attendez,
13:43il faut qu'on soit capable
13:44entre nous
13:45de pouvoir se défendre
13:47face à n'importe quel adversaire
13:49qu'il soit russe,
13:50qu'il soit turc,
13:50qu'il soit,
13:51pourquoi pas,
13:52chinois de main ou autre,
13:53je n'en sais rien.
13:54Mais en tous les cas,
13:55c'est absolument
13:55une évidence aujourd'hui.
13:57Autant il faut que l'Europe
13:58parle d'une seule voix
13:59quand elle veut se positionner
14:00sur des enjeux internationaux,
14:01autant vous vous dites
14:02qu'il faut absolument
14:03que l'on garde
14:03nos prérogatives nationales
14:05en termes d'armée.
14:06Le record est un symbole,
14:08c'est un épisode,
14:09mais l'armée nationale
14:11reste la vraie dissuasion.
14:13Bien sûr,
14:13parce que qui décide
14:14de l'envoi de soldats
14:15qui peuvent se faire tuer ?
14:16On se souvient
14:16des soldats français
14:18qui sont tombés au combat
14:19et certains sont tombés
14:20au Liban récemment.
14:21Qui les reçoit
14:22à la Cour des armées ?
14:23C'est le chef de l'État,
14:24c'est le chef des armées,
14:25c'est lui le décideur.
14:28Et c'est lui
14:29qui emporte finalement
14:29la responsabilité.
14:31Quand vous en parlez
14:31à Nicolas Sarkozy
14:32ou à François Hollande
14:33ou à Emmanuel Macron,
14:35c'est des gens
14:35qui sont très marqués par cela.
14:37Donc oui,
14:37c'est la responsabilité
14:38de l'exécutif,
14:39du chef de l'État
14:40d'envoyer des soldats.
14:41Donc une armée,
14:42elle reste nationale,
14:43elle reste souveraine.
14:45Sinon,
14:45ça ne peut pas fonctionner.
14:46Christophe Boutin,
14:48c'est donc la preuve
14:49de ce que dit
14:49le général Gomart,
14:51c'est donc la preuve
14:51que la dissuasion
14:52ou la dissuasion nucléaire française
14:54reste aujourd'hui
14:55l'élément le plus fort
14:56pour représenter
14:57la force de la France.
14:58C'est par là
14:59qu'elle pèse
15:00et non plus
15:00par ses armées conventionnelles.
15:03Elle pèse encore
15:03par ses armées conventionnelles,
15:04n'exagérons pas.
15:05Mais effectivement,
15:07la dissuasion nucléaire
15:07est un élément essentiel.
15:08Maintenant,
15:09cette dissuasion nucléaire,
15:10on voit bien
15:10toute l'ambiguïté
15:11de la démarche actuelle
15:12du président Macron
15:13qui consiste à associer
15:14les États européens
15:15tout en gardant finalement
15:17la décision finale
15:19en France.
15:20Mais jusqu'où irait
15:21dans ce cas-là
15:22le parapluie
15:23qui est proposé
15:23à d'autres États européens,
15:25je crois que personne
15:26n'a véritablement compris
15:28la pensée profonde,
15:29une nouvelle fois,
15:30du président Macron.
15:32Par ailleurs,
15:33sur le rapport...
15:33Si tant est qu'il y en ait une.
15:35C'est une autre question.
15:37Je vous laisse...
15:38Je pose la question.
15:39Mais l'autre question aussi,
15:41c'est qu'au sein de l'Union européenne,
15:43il ne faut pas oublier
15:44que les traités
15:44disent très clairement
15:46que c'est l'OTAN
15:46qui est responsable
15:47de la défense européenne.
15:49Et que donc,
15:49il faut revoir
15:50les traités de l'Union européenne
15:52pour arriver à autonomiser
15:54une force spécifique européenne.
15:57Or,
15:57OTAN,
15:57si on veut du moins,
15:58arriver à découpler
15:59les deux éléments.
16:00Enfin,
16:01le troisième point
16:02que j'aimerais signaler,
16:03c'est que l'effort français
16:05actuel,
16:05dans l'hypothèse
16:06d'un réarmement
16:07spécifiquement européen
16:08est sans commune mesure
16:10avec ce qui est prévu
16:12du côté allemand,
16:13y compris financier,
16:15y compris en nombre d'hommes,
16:17y compris en matériel.
16:18La France,
16:19actuellement,
16:20est en train de voir
16:21son leadership grignoter
16:23et sa position,
16:24le général Gomart
16:25évoquait à juste titre
16:27le fait que la France
16:27pouvait espérer
16:29prendre un lead
16:30en la matière.
16:31Dans les années qui viennent,
16:33cela va être
16:33d'autant plus difficile
16:34à cause du poids allemand.
16:36Général Gomart,
16:37comme il y a l'OTAN,
16:38pas la peine d'avoir
16:38une force d'édition européenne.
16:40Je ne suis pas tout à fait
16:41d'accord avec ça.
16:42C'est qu'il existe
16:43dans les traités
16:43de l'Union Européenne
16:44l'article 42.7
16:46qui est plus contraignant
16:47que l'article 5 de l'OTAN.
16:49Cet article a été joué
16:50une seule fois
16:51par la France
16:52suite aux attentats
16:53du Bataclan
16:53en 2015.
16:54Qui dit que
16:54si on est impliqué,
16:56si on est impliqué,
16:57les autres doivent venir
16:58vous soutenir
16:58par tous les moyens.
16:59Il est beaucoup plus contraignant
17:00que l'article 5 de l'OTAN.
17:02Donc basons-nous là-dessus.
17:03D'ailleurs,
17:03aujourd'hui,
17:03il y a une vraie réflexion
17:04au sein du Parlement européen
17:06en particulier
17:06dans lequel j'essaie
17:07d'apporter ma pierre
17:08à l'édifice
17:08dans lequel c'est de dire
17:09mais attendez,
17:10que se passe-t-il ?
17:11Chypre a été attaquée
17:12par des missiles iraniens
17:13qui visaient une base britannique.
17:15Quelle était la réaction ?
17:16Elle a été désordonnée.
17:18La France a envoyé des bateaux,
17:19l'Italie,
17:20l'Espagne,
17:20la Grèce,
17:21mais il n'y a pas eu
17:21de réaction coordonnée.
17:23C'est-à-dire que
17:25en 2015,
17:25lorsque la France
17:26a fait jouer l'article 42.7,
17:27c'était pour libérer
17:28des forces
17:29en particulier en Afrique
17:30pour permettre
17:31à nos soldats
17:32et à nos moyens
17:32d'être beaucoup plus présents
17:33sur le sol français
17:34afin de protéger
17:35les Français
17:35face aux attaques terroristes.
17:37On peut jouer là-dessus
17:38et cet état-major
17:39de l'Union européenne
17:40qui existe,
17:40qui est un état-major
17:41de crise,
17:42il faut le renforcer
17:43pour qu'il devienne
17:43un véritable état-major
17:44de planification opérationnelle
17:46capable de conduire
17:47une guerre de haute intensité.
17:48Mais c'est des moyens
17:49qui ne suffisent pas.
17:50C'est-à-dire qu'au-delà de ça,
17:50il faut un cloud
17:52européen autonome.
17:53Pourquoi ?
17:54Parce que nos données,
17:54aujourd'hui,
17:55sont hébergées
17:56dans les GAFAM américains.
17:57Il nous faut un accès
17:59à l'espace
18:00beaucoup plus important
18:00que nous avons aujourd'hui.
18:01Aujourd'hui,
18:02Elon Musk lance une fusée
18:03tous les deux jours et demi.
18:04Nous, l'Europe,
18:05on en lance une fusée
18:06Ariane tous les deux
18:07ou trois mois.
18:08C'est totalement insuffisant.
18:09Aujourd'hui,
18:10les constellations
18:11qui sont autour
18:12de la Terre,
18:13sur les 15 000
18:13satellites opérationnels,
18:1410 000 appartiennent
18:15à Elon Musk.
18:16C'est dire qu'on a laissé partir,
18:18on est devenu
18:19un vassal numérique
18:20des Etats-Unis
18:20et il est temps
18:21de ce point de vue-là
18:22de reprendre le lit,
18:23de prendre notre autonomie
18:24et donc de limiter
18:25nos dépendances.
18:25Qui plus est
18:26d'une société privée
18:27aux mains d'une personnalité
18:29un peu controversée.
18:30C'est ce que j'appelle
18:31les proto-États.
18:32On se souvient
18:33qu'avec Starlink,
18:35Elon Musk a été capable
18:36de couper
18:36le renseignement
18:37à la fois ukrainien
18:38ou de couper
18:39les communications russes,
18:40ce qui a permis
18:41de part et d'autre
18:42à un tour de rôle
18:43d'avancer
18:43parce qu'on ne pouvait plus
18:44communiquer entre soi.
18:46Donc, si on n'a pas
18:46de propre système
18:47de communication autonome,
18:49je crains fort
18:50que demain,
18:50on ait de fortes désillusions.
18:51Christophe Boutin,
18:52ça c'est une perte
18:53de souveraineté caractérisée.
18:55Oui, absolument.
18:57Ça a été très bien dit.
18:58On pourrait évoquer aussi
18:59le fait,
19:00on a parlé du cloud
19:01à l'instant,
19:02on pourrait évoquer
19:03le fait que nous avons
19:04des contacts
19:04un peu particuliers
19:05quand même.
19:06Lorsque la DGSI
19:07bosse avec Palantir,
19:09on peut se demander
19:09si on a réellement
19:11des problèmes
19:11de sécurité
19:12et où sont nos données.
19:14Lorsqu'un certain nombre
19:16de nos services
19:17sont hébergés
19:18sur des sites américains
19:20et que le cloud act
19:21permet de piocher
19:22ensuite allègrement
19:23dans les données,
19:24y compris de santé.
19:26On peut se demander
19:26où est la souveraineté.
19:28Enfin,
19:28question cybersécurité,
19:30si on en juge
19:31par la longue liste
19:32des sites français
19:32qui se sont fait exploser
19:34littéralement
19:35dans les trois derniers mois,
19:36on est vraiment
19:37dans le comique troupier.
19:38Dans la NTS ?
19:39Dans la NTS.
19:40Dans la NTS.
19:40Vous êtes sur Sud Radio
19:42et 13h27.
19:43Je reçois le général
19:44Christophe Gomart,
19:44député européen,
19:45et Christophe Boutin.
19:46Et nous dissertons
19:48tous les trois
19:49sur l'urgence
19:50qu'il y a
19:50à ce que la France
19:51retrouve une souveraineté militaire
19:53et se dote
19:54des moyens suffisants
19:55pour qu'elle puisse
19:55continuer à dissuader
19:57ceux qui voudraient
19:58lui faire du mal
19:59de ne pas l'attaquer.
19:59A tout de suite
20:00et vous nous appelez
20:01au 0826 300 300.
20:02Il va être 13h30.
20:04Vous avez la parole.
20:05C'est vous qui appelez
20:06et c'est vous qui,
20:07aujourd'hui,
20:07animez le débat.
20:09On attend vos questions,
20:10vos suggestions,
20:10vos remarques
20:11et nous y répondrons
20:12tous les trois,
20:12notamment le général Gomart
20:13et Christophe Boutin
20:14avec la ferveur
20:15qu'on le reconnaît.
20:16A tout de suite
20:16sur Sud Radio.
20:17Sud Radio,
20:18la France dans tous ses états,
20:20Péricault Légace.
20:21Vous êtes bien sur Sud Radio,
20:22il est 13h31.
20:23Vous avez la parole,
20:24vous nous appelez.
20:25Juste une question
20:26et ensuite,
20:27on donnera la parole
20:28à Flédéric
20:28qui nous appelle de Blagnac.
20:30Est-ce qu'il ne faut pas
20:30remercier Christophe Gomart
20:32et Christophe Boutin,
20:33je vous pose la question,
20:34Donald Trump,
20:35malgré tout,
20:36de nous avoir donné conscience
20:37de nos faiblesses
20:38et du besoin
20:39de recréer
20:39une puissance militaire européenne ?
20:41Je dirais merci,
20:43M. Trump,
20:45car il nous avait
20:45prendre conscience
20:46de la réalité du monde.
20:47Il le dit de manière brutale,
20:49je pense que les présidents
20:50Joe Biden
20:50ou Barack Obama
20:51juste avant lui
20:52pratiquaient la même politique
20:53vis-à-vis de l'Europe
20:53mais ça se faisait en douceur,
20:55donc sans douleur,
20:56donc on ne s'en rendait pas compte.
20:57Trump le dit de manière brutale,
20:58donc je dis merci Trump
20:59de nous réveiller.
21:00Christophe Boutin,
21:01vous êtes un peu
21:01sur cette longueur d'onde ?
21:03Pleinement sur cette longueur d'onde,
21:04tout à fait.
21:05Je crois effectivement
21:06que le langage un peu cru,
21:08peut-être,
21:09parfois du président Trump,
21:10a le mérite
21:11de la nourrit franchise
21:12et de montrer clairement
21:13les distances
21:14qu'il faut savoir
21:15parfois prendre.
21:16Et en tout cas,
21:16on aurait peut-être pu éviter
21:17le gâchis
21:18qui est celui
21:19qui nous sépare
21:20de la Russie aujourd'hui.
21:21On va y revenir.
21:22Frédéric, bonjour,
21:22vous nous appelez de Blagnac.
21:24Oui, bonjour,
21:25bonjour à tous, bonjour.
21:26Bonjour.
21:26Frédéric,
21:27vous considérez-vous
21:28que le budget de la Défense
21:29reste malgré tout insuffisant ?
21:31Bien sûr,
21:32il est largement insuffisant
21:33et ce depuis de nombreuses années.
21:35Et puis on le voit
21:36ne serait-ce qu'au niveau
21:37de nos armements.
21:37Je crois que,
21:38et vous me contrôlez,
21:39vous m'informez en la matière,
21:40je crois qu'on possède
21:41un porte-avions,
21:42voire un deuxième
21:42qui doit arriver.
21:43Oui, en 2035.
21:45En 2035,
21:46la Chine,
21:46on en a trois
21:47et on prévoit six.
21:49Bref,
21:49rien que cela,
21:50déjà,
21:51prouve,
21:52je dirais,
21:52notre manque
21:53d'armement en la matière,
21:55mais on manque de tout.
21:56Mais ça remonte
21:57un peu plus loin.
21:58Moi,
21:58je suis un boomer senior,
22:00donc j'ai fait l'armée
22:01en 1979
22:02et je regrette justement
22:04que l'armée,
22:06comme on l'avait auparavant,
22:07le service militaire
22:08ait disparu
22:09pour plusieurs raisons.
22:10Déjà,
22:11pour apprendre
22:12ce qu'est l'armée,
22:14ce qu'est éventuée
22:14les armements
22:15en cas de conflit,
22:16parce qu'en cas de conflit,
22:17il faut quand même savoir
22:18un petit peu manier quelque chose.
22:20Est-ce qu'on a pour un armée ?
22:21Vous étiez dans quelle arme ?
22:22Frédéric,
22:23vous étiez dans quelle arme
22:23en 1979 ?
22:25Alors moi,
22:25j'étais grogné des voltigeurs,
22:27c'est l'armée du train,
22:28donc les personnes
22:28qu'on envoie...
22:29En premier,
22:30c'est en général
22:31les premiers
22:31qui vont casser leur pipe,
22:33mais sans eux,
22:34il n'y a pas d'offensive.
22:36Sans eux,
22:36il n'y a pas d'offensive,
22:37on envoie justement
22:38les plans des troupes
22:38à tout le monde
22:39pour pouvoir relacer
22:40les parachutistes et autres,
22:41mais je dirais que moi,
22:42ça m'a appris beaucoup de choses.
22:43Ça m'a appris aussi du civilisme,
22:45ça m'a appris du respect,
22:46ça m'a appris plein de choses
22:47et plein de choses
22:48qu'à 65 ans,
22:49je continue à faire
22:49comme sceller mes chaussures
22:50que j'ai appris à l'armée
22:51parce que Sirès et Rangers,
22:53on s'aperçoit
22:53qu'en cas de marche,
22:54c'est quand même important
22:55de les faire tous les soirs.
22:56Mais voyez,
22:57il y a plein de choses comme ça,
22:58c'est-à-dire qu'on manque
22:59d'armement,
22:59on manque de volonté
23:00et pourquoi pas,
23:02dans ce cas-là,
23:02développer un plan d'épargne,
23:04puisqu'on parle de plan d'épargne,
23:05au plan d'épargne retraite,
23:06au plan d'épargne,
23:07pourquoi pas développer
23:08un plan d'épargne
23:08pour l'armement ?
23:09Ou un emprunt ?
23:10Ou un emprunt ?
23:12Christophe Gomart,
23:13député européen,
23:14un emprunt français
23:14pour la défense,
23:15ça vous semble sauvré ?
23:16Non, moi j'ai rédigé
23:17un rapport d'initiative
23:18au Parlement européen
23:19sur le financement privé
23:20de l'industrie de défense.
23:21C'est-à-dire avoir accès
23:24à l'argent privé,
23:25en effet,
23:25pour financer nos défenses
23:26via des investisseurs,
23:28via des assureurs,
23:29via les banques elles-mêmes.
23:30Il y en a qui seraient prêts
23:31à investir ?
23:32Bien sûr,
23:33mais il y avait
23:34jusqu'à une époque
23:35assez récente,
23:36finalement la défense
23:37n'était pas,
23:37en termes de réputation,
23:38on n'investit pas
23:39dans une bombe,
23:40on n'investit pas
23:40dans les munitions,
23:41on n'investit pas
23:41dans les canons.
23:43C'est en train de changer,
23:45même si c'est lent
23:46au changement.
23:46La Banque européenne
23:47d'investissement,
23:48aujourd'hui,
23:49refuse par exemple
23:49d'investir
23:50dans tout ce qui tue.
23:52Elle accepte d'investir
23:53dans tout ce qui est dual.
23:55Donc un satellite
23:55d'observation militaire,
23:56on va investir
23:57parce que ça ne tue pas.
23:58Même si ça permet
23:59de le faire ensuite.
24:00Mais on permet d'investir
24:02dans la construction de casernes.
24:03Mais ce n'est pas
24:04dans l'armement
24:04sonnant et trébuchant.
24:05C'est en cela
24:06où, oui,
24:07il faut réfléchir
24:08à l'investissement.
24:09Maintenant,
24:09sur ce que vient de dire
24:10Frédéric
24:11sur le service national,
24:13je pense que
24:14le service national,
24:15lorsqu'il a été
24:17supprimé tout simplement
24:18ou abandonné
24:21par Jacques Chirac,
24:23en réalité,
24:24l'armée n'est pas là
24:25pour remplacer
24:25ce que ne font pas
24:25les familles
24:26ou ce que ne font pas
24:26l'école.
24:27L'armée,
24:28elle est là
24:28pour défendre un pays.
24:30Or,
24:30on avait imaginé
24:31qu'il n'y ait plus de menaces.
24:31Aujourd'hui,
24:32il y a une nouvelle menace.
24:33Donc je pense
24:33qu'il faut en effet
24:35développer un service
24:35militaire volontaire
24:36et il faut avoir
24:38une réserve opérationnelle
24:39beaucoup plus importante
24:39qu'elle n'est aujourd'hui.
24:40Et pour ça,
24:40il faudrait avoir
24:41une loi réelle
24:42sur les réserves
24:43pour permettre
24:44aux Français
24:46qui le souhaitent,
24:47qui sont volontaires,
24:48de continuer
24:48à défendre leur pays
24:49dans la réserve
24:49mais en lien
24:50avec leurs entreprises
24:51qui les laissent faire.
24:51Aujourd'hui,
24:52on signe des conventions
24:53entre entreprises et armées.
24:54C'est de mon point de vue
24:55insuffisant.
24:56Non,
24:56il faut penser
24:56à une véritable loi.
24:57Pour autant,
24:57Christophe Gomart,
24:58ce service militaire
24:59était comme un instant
25:00de conscience nationale
25:01qui nous fait cruellement défaut
25:02au moment où on n'a plus rien,
25:03on n'a plus de repères.
25:04Je sais bien
25:04que ce serait difficile
25:05à constituer
25:06mais l'instant
25:06que ça supposait
25:07dans la mobilisation
25:07des jeunes
25:08est un instant
25:09qui nous manque.
25:09Christophe Goutin,
25:11vous pensez
25:12qu'un emprunt
25:13serait une solution ?
25:15On va chercher
25:16le monde de l'économie
25:17pour relancer
25:18la défense française.
25:19C'est quelque chose
25:20de concevable pour vous ?
25:22Non,
25:22je pense qu'au date
25:23d'emprunt,
25:24il faut simplement
25:24que l'on puisse
25:25considérer
25:26qu'acheter des actions
25:28d'une société
25:29de défense
25:29est un acte normal,
25:31aussi normal
25:32qu'acheter des actions
25:33de notre société
25:34et arrêter
25:35avec les éléments
25:36qui bloquent cela
25:37pour des motifs sociétaux,
25:39pour des motifs écologiques
25:40qui visent à limiter
25:41l'investissement
25:42dans ces sociétés
25:44de défense.
25:44Ce n'est pas la peine
25:45de faire un emprunt,
25:46il y a des tas de gens
25:46qui sont tout à fait prêts
25:47à acheter des actions
25:49qui d'ailleurs
25:49a priori
25:50ne devraient pas baisser
25:51des actions
25:52dans l'industrie
25:53de défense.
25:54L'autre point,
25:55c'est que je crois
25:56qu'il ne faut pas non plus
25:56fantasmer sur
25:57ce qu'était
25:58le service national.
25:59Il avait de multiples qualités.
26:02Ce n'était pas non plus
26:03le creuset
26:04dans lequel
26:05l'intégralité
26:06d'une jeunesse française
26:07se retrouvait.
26:08D'abord parce que
26:09nombre de cette jeunesse
26:10y échappait
26:11pour diverses raisons.
26:12Il y avait des exemptions
26:13effectivement.
26:14Voilà.
26:15Et ensuite,
26:15parce qu'il faut bien le dire,
26:17dans les corps de régiment,
26:18d'appeler,
26:19on avait parfois,
26:20on notait,
26:21on commençait à noter
26:22certaines tensions
26:23internes
26:24qui transcrivaient
26:25des tensions
26:26qui peuvent parcourir
26:27la vie politique
26:28ou la vie sociale
26:30française
26:30et qui avaient
26:31les mêmes non-réponses
26:33au sein de l'institution
26:34militaire
26:34que les non-réponses
26:35au sein de la société civile.
26:37Donc,
26:37gardons-nous ici
26:38de rêver.
26:40Nous avons Julien
26:42qui nous appelle
26:42de Viry-Châtillon.
26:44Bonjour Julien.
26:45Oui,
26:46bonjour à vous,
26:46bonjour à tous.
26:47Voilà,
26:47donc Julien,
26:48vous,
26:48vous considérez
26:49que quoi qu'il arrive,
26:51même si on augmente
26:52le budget,
26:53on ne rattrapera
26:54jamais le retard
26:55vis-à-vis des Russes,
26:56des Chinois et des Américains ?
26:57C'est un peu ça ?
26:57C'est ça dans les grandes nues.
26:59En fait,
27:00la problématique,
27:00c'est que même si on augmente
27:01le budget,
27:02c'est pour acheter à l'étranger.
27:03Donc,
27:03on n'a pas de souveraineté.
27:04Si jamais un pays
27:04décide de nous bloquer,
27:05comme l'Américain font
27:06en bloquant les F-15
27:07et compagnie,
27:08on se retrouve pieds-poiliers.
27:10Enfin,
27:10on le voit avec l'Ukraine
27:11qui est soumise
27:11au bon vouloir
27:12de tous les pays
27:12qui l'aident
27:13parce qu'ils n'ont pas le choix.
27:14Ils se sont endettés
27:15à des hauteurs pas amieuses
27:17parce que même si la guerre
27:18s'arrête,
27:19pour moi,
27:20aujourd'hui,
27:20économiquement,
27:21l'Ukraine croue tellement
27:23sous des montagnes de dettes
27:24que soit on annulera la dette
27:26et c'est nous qui,
27:26du coup,
27:27serons perdants,
27:27soit on n'annule pas la dette
27:29et du coup,
27:29l'Ukraine n'aura aucunement
27:31les moyens de se relever
27:32de ça.
27:35Et la Russie sera gagnante
27:36de coups dans l'histoire
27:37puisque l'Ukraine sera tellement affaiblie
27:39qu'au final,
27:40elle ne s'en relèvera pas.
27:40Et je pense que c'est exactement
27:41le sort qui menace la France
27:42aujourd'hui.
27:43C'est qu'on n'a aucune souveraineté
27:44sur pas grand-chose
27:45et du coup,
27:46aujourd'hui,
27:47on est un petit peu pieds-poil
27:47et qu'on est au pied du mur
27:48et on n'a plus qu'à regarder en pleurs.
27:50Enfin,
27:50là,
27:50on est à 2,30 euros de l'essence.
27:53où est-ce qu'on va ?
27:54Et en plus,
27:59si on a besoin,
28:00on a besoin de vous.
28:00Et finalement,
28:01ça s'est passé entre les deux.
28:03Général Gomard,
28:04effectivement,
28:05pas de souveraineté
28:06de production.
28:07On peut avoir
28:08un budget de défense formidable
28:09si la production
28:10n'est pas française.
28:12Ce n'est pas le même effet ?
28:13Oui,
28:14il faut l'autonomie stratégique
28:15européenne
28:16dont parle la France,
28:17en partie,
28:18est liée
28:18à l'achat
28:19et à la préférence européenne.
28:21C'est-à-dire que l'achat
28:21d'équipements militaires
28:23doit être fait en Europe.
28:24Il faut se rendre compte
28:25que depuis le début
28:25de la guerre en Ukraine,
28:2680% des équipements militaires
28:27achetés par les Européens
28:28ont été
28:29en grande partie
28:30des Etats-Unis
28:30et en Corée du Sud
28:32et quelques pourcentages
28:35en Israël.
28:36La Pologne a racheté
28:37des F-35.
28:38Elle a fait cadeau
28:38de ses avions français
28:39à l'Ukraine
28:40et au lieu de racheter
28:41du matériel européen,
28:42elle rachète des F-35.
28:43on marche par-dessus
28:44tête en général.
28:45On dit ça en permanence
28:46préférence européenne.
28:48On a vu émerger
28:49cette préférence européenne
28:49dans le cadre
28:50d'un instrument financier
28:51qui s'appelle
28:51EDIP
28:52pour Européenne Défense
28:53Industrie Programme
28:54dans lequel,
28:54en effet,
28:55il faut que 65%
28:56des composants
28:57d'un équipement militaire
28:58soient conçus
29:00et fabriqués
29:01en Europe.
29:02Mais,
29:02en fait,
29:03on veut ouvrir
29:04le panel
29:04beaucoup trop large
29:05au Canada,
29:06à des Etats tiers,
29:07même éventuellement
29:08à l'Ukraine.
29:09Non,
29:09il faut garder
29:10notre autonomie,
29:11notre souveraineté
29:11en matière de défense.
29:12nous avons en France
29:13en particulier
29:14des industries
29:15de défense
29:15très très performants.
29:16Nous avons une base
29:17industrielle et technologique
29:18de défense
29:18qui est extrêmement performante
29:19avec 4 500 entreprises.
29:21Donc,
29:22il suffit de commandes.
29:23Or,
29:23il n'y a pas assez de commandes.
29:24Si on investit,
29:26les chaînes de production
29:27doubleront,
29:28elles passeront en 2,8
29:28voire en 3,8
29:29et nous avons
29:31toutes les capacités
29:31de produire.
29:32Aujourd'hui,
29:33ceux qui achètent
29:33des matériels américains,
29:34par exemple,
29:35des F-35,
29:36ne seront pas livrés
29:36avant 10 ans.
29:38Aujourd'hui,
29:38d'ailleurs,
29:38Donald Trump
29:39a même gelé
29:40toutes les livraisons
29:41faites aux armées européennes
29:42parce qu'il a besoin
29:43de ses munitions
29:43aujourd'hui
29:44dans le cadre
29:44de la guerre
29:45contre l'Iran.
29:46Christophe Boutin,
29:47une production française
29:48et le gage,
29:49évidemment,
29:49de la souveraineté.
29:50La souveraineté,
29:51c'est qu'on peut avoir
29:51toutes les dissuasions
29:52qu'on veut.
29:52Si on est dépendant
29:53d'autres productions militaires,
29:55on n'aura jamais
29:56l'indépendance
29:57de la défense.
29:59Mais absolument,
30:00ça,
30:00quel que soit le matériel
30:01d'ailleurs concerné,
30:02c'est évident
30:03pour les avions
30:04avec les composants électroniques
30:06qui peuvent être contrôlés.
30:07Mais le problème
30:09qui a été vécu
30:09par le général Gomart
30:11est très juste.
30:12La question,
30:12c'est la question d'échelle
30:14pour nos industriels
30:15pour pouvoir se mettre
30:16à produire
30:17et derrière,
30:18avoir un carnet de commandes
30:19qui soit un carnet de commandes
30:20capable.
30:21Vous ne pouvez pas
30:21produire
30:22pour des choses
30:25secondaires,
30:26inutiles,
30:26comme vous allez faire
30:27trois.
30:28Regardez l'état
30:29de notre petit armement,
30:31regardez l'état
30:31des stocks de munitions.
30:33Nous avons des industriels
30:35parfaitement performants
30:36en termes de munitions,
30:37notamment en termes d'obus
30:38où on est absolument remarquable
30:40et il n'y a pas
30:41de commandes suffisantes
30:43en France.
30:44On n'arrive pas
30:45à avoir clairement
30:47une mise,
30:48ne serait-ce que nous,
30:49ce n'est même pas
30:50la question européenne
30:51ou faire acheter par d'autres.
30:52Nous n'achetons pas
30:53nous-mêmes assez
30:54nos propres munitions
30:55pour avoir
30:56une visibilité suffisante
30:58de tir
30:59sur la distance.
31:01Il y a quand même
31:01un problème.
31:02Vous voulez dire
31:03que si la France
31:04avait été
31:05le fournisseur exclusif,
31:06si dans l'Union Européenne
31:07il y a eu un traité
31:08entre les chefs
31:09d'État et de gouvernement
31:10disant désormais
31:12priorité,
31:12on se sert d'abord
31:13dans l'armement français,
31:14si on n'a pas
31:15le rapport qualité-prix
31:16on va ailleurs,
31:17l'histoire aurait été modifiée,
31:18c'est-à-dire que nous serions
31:19nous, la France,
31:20une puissance
31:21très enrichie
31:22par nos compétences
31:24et nos capacités
31:25d'armement.
31:25Nous sommes déjà,
31:26la France est déjà
31:26le deuxième
31:27ou le troisième exportateur
31:28d'équipements militaires au monde.
31:29Alors c'est vrai
31:30que c'est en grande partie
31:31lié à nos bateaux
31:32qui sont fabriqués
31:33par Naval Group
31:34ou c'est lié
31:35au Rafale.
31:36Mais on a une vraie capacité,
31:38les Césars,
31:39par exemple le canon César,
31:39c'est une vraie
31:40performance française,
31:41donc on a toutes
31:42les capacités
31:42en France en particulier
31:44et en Europe
31:45de manière générale
31:45pour répondre
31:47aux besoins
31:47des armées
31:48des différents pays européens
31:49et en particulier
31:50l'armée française.
31:51Donc oui,
31:51dépensons français.
31:53Les Allemands
31:54empruntent aujourd'hui
31:55pour leur propre défense.
31:57Ils veulent devenir
31:57la première armée
31:59conventionnelle en Europe.
32:00Très bien,
32:01mais ils vont acheter
32:02les équipements allemands.
32:04Nous, la France...
32:05Ils ont de l'industrie
32:06énormément malgré tout
32:07en plus.
32:07Oui, oui,
32:08rail métal et de qualité.
32:09Mais aujourd'hui la France,
32:11elle, on fait des appels
32:12d'offres,
32:12parce qu'elle n'est pas
32:12forcément français.
32:14Donc achetons d'abord français,
32:16l'argent français
32:16doit servir aux français
32:17et en tout cas l'argent
32:18des Européens
32:19doit servir aux Européens
32:21et non pas aux Etats-Unis,
32:21à la Corée du Sud
32:22ou à d'autres.
32:23Et on voit émerger
32:24de nombreuses
32:26industries de défense
32:27de plus en plus
32:28qui vont devenir
32:29compétitives des nôtres
32:31qui n'ont pas
32:31les mêmes règles
32:32du travail
32:33que les règles
32:34françaises et européennes
32:35et donc
32:35qui seront moins disantes
32:37et donc moins chères
32:37et on ira acheter
32:38chez eux.
32:39C'est de la folie.
32:40Voilà une disposition
32:41qui mériterait presque
32:42d'être inscrite
32:43dans la Constitution.
32:44On en parle juste après.
32:45Vous nous appelez au 0826-300-300.
32:47Je reçois le général
32:48Christophe Gomart
32:49et en duplex
32:50nous avons Christophe Boutin
32:51et nous en sommes
32:52en train de voir
32:56est-ce qu'on va pouvoir
32:58obtenir de notre classe politique
32:59le courage
33:00et la détermination
33:01et la cohérence
33:02nécessaires
33:03pour que la France
33:03retrouve sa puissance,
33:05son rôle
33:05et sa légitimité
33:06dans les enjeux
33:07de défense internationale.
33:08A tout de suite
33:09sur Sud Radio.
33:09Vous nous appelez
33:10au 0826-300-300.
33:20Vous êtes bien sur Sud Radio.
33:22Il est 13h48.
33:23Je reçois le général
33:24Christophe Gomart
33:25et Christophe Boutin
33:26qui est en duplex.
33:27Vous avez la parole
33:30et là on peut ouvrir
33:31le débat à toute actualité
33:32mais je vois que
33:33les gens qui nous appellent,
33:35ceux qui nous appellent
33:35veulent rester sur la thématique
33:37de la défense.
33:38Nous avons Roland
33:39qui nous appelle
33:40de Saint-Etienne.
33:40Bonjour Roland.
33:42Bonjour Péricault.
33:43Bonjour à tous.
33:45Vous considérez
33:45qu'on est quand même
33:46un pays,
33:47une puissance militaire
33:48et nucléaire
33:49qui continue à faire peur
33:50quand même,
33:50qui inspire le respect.
33:52Vous en êtes convaincu ?
33:53Oui, franchement
33:54j'en suis convaincu.
33:55Je ne suis pas
33:55un grand spécialiste militaire
33:57donc je pense que
33:57je vais écouter
33:58avec attention
33:58nos intervenants
33:59mais moi de ce que
34:00j'en vois un petit peu
34:01de loin
34:01et en regardant
34:02un petit peu
34:02ce qui se passe,
34:03c'est vrai que moi
34:04en tant que français,
34:05personnellement
34:06je me sens rassuré.
34:07On a quand même
34:08un porte-avions
34:09d'extrême qualité,
34:10le Charles de Gaulle,
34:11on a des Rafales,
34:12on a des sous-marins nucléaires,
34:14on a quand même
34:16je considère
34:16une belle armée
34:20qui est pro,
34:21qui est spécialisée.
34:24Moi honnêtement
34:25de ce que j'en vois,
34:26je ne suis pas forcément
34:29inquiet.
34:29Et puis de savoir
34:29que la France,
34:30on a la dissuasion nucléaire
34:31dans le contexte actuel
34:33qu'on connaît
34:33au niveau international,
34:34forcément je pense
34:35parce que c'est un plus
34:37qui nous rassure
34:38en tant que français
34:39au niveau
34:40des menaces extérieures.
34:41Christophe Boutin,
34:42est-ce que vous partagez
34:43l'optimisme de Roland ?
34:45Très moyennement.
34:46D'abord,
34:47une bonne partie
34:48des matériels sont...
34:49Il faut savoir
34:50quels sont les matériels
34:50qui sont réellement disponibles,
34:52c'est le premier élément,
34:53et non pas ceux
34:54qui sont vampirisés
34:55pour servir
34:56de pièce détachée
34:57aux autres.
34:58Il faut savoir
34:58combien de temps,
34:59par exemple,
35:00quand on y est en hyper,
35:01combien de temps
35:02un porte-avions nucléaire
35:04est bloqué.
35:05Et quand on a
35:06un seul porte-avions,
35:07et bien pendant ce temps-là,
35:08c'est toute la flotte
35:09embarquée
35:10qui est bloquée.
35:11Voilà des éléments,
35:12je crois,
35:12assez importants
35:13qu'il faut quand même
35:14tenir compte.
35:15Christophe Gomart,
35:16vous êtes sur la vue de Christophe Boutin.
35:17Je retiens ce que dit
35:17je suis d'accord
35:19avec Christophe Boutin.
35:20Nous avons
35:20d'excellents soldats français
35:22qui sont prêts
35:23demain à aller au combat
35:24et qui sont bien entraînés,
35:25bien formés,
35:25ça c'est certain.
35:26En revanche,
35:27en termes d'équipement,
35:28je pense qu'il faut
35:29investir beaucoup plus,
35:30il faut arriver
35:33à ces 100 milliards d'euros
35:34par an
35:34pour notre défense.
35:35Ça, c'est une évidence.
35:36Ça serait mieux
35:37si on n'avait pas
35:37les 3600 milliards de vêtres.
35:39Ah, ça serait plus facile
35:40sans aucun doute.
35:41Nous avons Loïc
35:41qui nous appelle de Toulouse.
35:42Bonjour Loïc.
35:43Bonjour.
35:44Donc, vous vous dites
35:45qu'on est armés militairement,
35:46vous n'en faites pas de soucis.
35:48Vous avez une inquiétude
35:48sur le cyber,
35:49en revanche.
35:50Alors, oui,
35:52je ne vous cache pas
35:53que l'internet
35:56est ce qu'elle est.
35:57C'est quand même
35:57une des deux seules armées européennes
35:59capables d'être projetées
36:00aujourd'hui.
36:01J'entends qu'effectivement,
36:03il y a parfois
36:03des problématiques d'équipement,
36:05mais je dirais
36:05comme dans toutes les armées,
36:08il ne faudrait juste pas
36:08que nos politiques
36:09oublient que nous avons
36:11de très, très grands
36:12producteurs d'armes
36:13en France
36:14et qu'il serait peut-être
36:15opportun de temps en temps
36:16de les mobiliser
36:17plutôt que d'acheter
36:18certains matériels
36:20à l'étranger.
36:21Maintenant, moi,
36:22ce qui m'inquiète
36:23depuis une dizaine
36:24ou une quinzaine d'années
36:25et de manière encore
36:26plus forte depuis 18 mois
36:28parce qu'on a subi,
36:29nous, une cyberattaque
36:30au bureau,
36:31c'est qu'on a un État
36:32qui, aujourd'hui,
36:34enlève des fonctionnaires,
36:36digitalise énormément
36:37de procédures,
36:38digitalise énormément
36:38de choses,
36:39énormément de demandes
36:41et on se rend compte
36:42que derrière,
36:43malheureusement,
36:44là aussi,
36:44l'intendance
36:45ne suit pas.
36:47Alors, Loïc,
36:48vous avez ici,
36:49sur ce plateau,
36:50le plus grand spécialiste,
36:52l'éminence de la compétence
36:54sur le renseignement.
36:55Général Gomard,
36:56est-ce qu'on a matière
36:59à s'inquiéter
36:59sur le cyber
37:00et sur le cyber
37:01et tout ce qui peut aller
37:02autour du numérique ?
37:04Qu'on soit inquiet,
37:05c'est bien,
37:05ça veut dire qu'on est
37:06en alerte
37:07et c'est bien.
37:08Mais est-ce qu'on a
37:09les moyens ?
37:10Parce qu'on me disait
37:11que j'étais en formation,
37:12un bon chef est un chef inquiet,
37:14non pas au sens
37:14qu'il ait peur,
37:15mais inquiet au sens
37:16où il est mobilisé
37:18et toute son attention
37:19est concentrée
37:20sur la problématique.
37:21Mon chef,
37:22on a les moyens
37:23de l'inquiétude.
37:24Oui,
37:25en termes cybernétiques,
37:26c'est vrai qu'on dispose
37:27en France quand même
37:27de très bons moyens.
37:29On est,
37:30je pense,
37:31parmi les armées européennes
37:32ou la défense européenne,
37:33on a des moyens
37:34très efficaces.
37:35On a combien de drones
37:35pour l'instant ?
37:36Alors,
37:37ce n'est pas en termes de drones,
37:37je ne parle pas en termes de drones.
37:39Mais ce n'est pas une notion
37:39de drone,
37:40la guerre cybernétique,
37:41c'est plus une notion
37:42de capacité réellement
37:44dans ce monde cyber.
37:45On a,
37:45comme en cyber,
37:46on a réellement
37:47des vraies capacités
37:48et il ne faut pas se leurrer.
37:49Si on est attaqué,
37:50il y a toujours une réponse.
37:51On n'en parle jamais,
37:52mais on a des capacités défensives
37:53comme on a des capacités offensives.
37:56La France...
37:56Avis de nos intéressés,
37:57c'est le général de Hugo Mertz.
37:59Non mais la France
37:59ne se laisse pas faire
38:00du tout de ce côté-là.
38:02C'est vrai qu'il est
38:03parfois difficile
38:04de savoir d'où vient l'attaque,
38:06même si nos services
38:08sont très compétents
38:09en la matière,
38:09que ce soit à la DGC,
38:10la DGCE,
38:11la DRM,
38:11dans les services de renseignement,
38:13à l'Agence nationale
38:13de sécurité
38:14et de système d'information.
38:15Donc oui,
38:16il y a des vraies compétences.
38:17Je peux vous le dire,
38:18la France a investi
38:19énormément d'argent
38:20dans ce domaine-là
38:21et depuis des années.
38:22Donc, bien sûr,
38:23il y a des attaques
38:24qui réussissent,
38:24mais comme la défense
38:26ne se laisse pas faire
38:27et répond.
38:29Christophe Boutin,
38:30au niveau du cyber,
38:31de la défense intérieure,
38:32on est équipé raisonnablement
38:35par rapport aux dangers supposés ?
38:37Écoutez,
38:38le spécialiste vient de parler,
38:40je ne dirai pas
38:41à l'encontre
38:42de ce qu'il vient de dire
38:42le général Gomartz
38:43sur le sujet.
38:45Sur le reste,
38:46moi,
38:46ce qui m'inquiète plus
38:47sur le cyber,
38:47c'est finalement
38:48les blocages
38:49dans le thème
38:50de la guerre hybride.
38:51C'est bien de cela
38:52qu'il s'agit
38:53uniquement des attaques
38:54dirigées
38:54contre les systèmes
38:55de défense,
38:56mais des attaques
38:57dirigées
38:57contre d'autres systèmes
38:59qui me semblent
39:00actuellement
39:01particulièrement sensibles,
39:02qu'il s'agisse
39:03des barrages,
39:04qu'il s'agisse
39:04des transformateurs,
39:05qu'il s'agisse
39:06d'autres structures
39:07qui peuvent faire courir
39:09des risques très importants
39:10à la population
39:11et conduire
39:12à des troubles
39:13très importants
39:14sur le territoire national
39:14et sur lesquels,
39:16effectivement,
39:16je serai plus réservé
39:17quant à leur cyberprotection.
39:19Nous avons Arnaud
39:20qui nous appelle de Vannes.
39:21Bonjour Arnaud.
39:22Oui,
39:23bonjour Bérico.
39:24Bon, alors,
39:24vous vous êtes catégorique,
39:26vous vous êtes catégorique,
39:27ça va Arnaud,
39:28merci, merci,
39:29vous vous êtes catégorique,
39:32pas de réindustrialité,
39:34pas de souveraineté militaire
39:35sans réindustrialisation,
39:37il n'y a pas à tortiller,
39:38il faut commencer par là,
39:39réindustrialiser le pays
39:40pour se doter
39:41d'une force militaire,
39:42c'est votre avis ?
39:44Oui, oui, clairement,
39:45et c'est surtout
39:46les décisions politiques
39:47qui doivent être prises
39:48pour l'intérêt du pays,
39:49pour l'intérêt de la France.
39:51Or, depuis des décennies,
39:52on est gouverné par des,
39:53je suis désolé,
39:54des socialo-globalistes
39:55qui ne pensent qu'à vendre
39:57aux autres.
39:57Vous faites rire
39:58le général de Mars,
39:59vous avez fait mouche.
40:01Ben oui, oui,
40:02c'est ça le problème,
40:03c'est que,
40:04les matériels,
40:05on les voit en Ukraine,
40:06on les voit un peu partout
40:07en Afrique,
40:07on les voit,
40:08bon,
40:08mais on les voit pas
40:09très peu chez nous.
40:10Moi,
40:10je suis un ancien
40:10du troisième RPIMA,
40:12la parasitie.
40:13Ah, oui, d'accord,
40:14respect.
40:14Donc, vous voyez,
40:15je vois bien
40:16que nos nouveaux matériels
40:18sont,
40:19c'est des moteurs américains,
40:21c'est des,
40:21il faut vraiment centraliser
40:23sur le plan national
40:25des achats
40:26qui restent,
40:28je pense,
40:29la nécessité pour le pays
40:31de fabriquer français,
40:33de produire français
40:34pour nos troupes
40:35en priorité,
40:36en priorité
40:37et non pas commercialement
40:38comme c'est fait actuellement.
40:40Merci,
40:40je reçus.
40:41Il nous reste
40:42une minute trente-neuf,
40:43je devais la partager.
40:44Général Gomard,
40:45le socialo-globalisme,
40:47est-ce qu'on va pouvoir
40:47à un moment donné
40:48le contourner
40:49ou en tout cas
40:50le guérir ?
40:51Je l'espère,
40:51j'espère,
40:52mais en tout cas,
40:52la France doit rester
40:53une nation puissante
40:54si elle veut conserver
40:55sa liberté.
40:56Sans puissance,
40:57malheureusement,
40:57il n'y a pas liberté.
40:58Il faut à la fois
40:59de la souveraineté
41:00et de la liberté
41:01si on veut rester la France
41:02telle qu'on la connaît.
41:03Donc vous réhabilitez
41:05le concept de souveraineté
41:07et de gloire militaire française.
41:09Le général de Gaulle
41:10depuis la tombe de Colombais
41:11se réjouit.
41:12Christophe Woutin,
41:12vous vous alignez
41:13sur la considération
41:15du général Gomard,
41:17souveraineté d'abord.
41:19Pleinement,
41:19souveraineté d'abord
41:20en sachant que la souveraineté
41:21c'est une chose
41:22mais il faut savoir
41:23qui est souverain
41:24donc il n'y a pas
41:24de souveraineté
41:25sans identité.
41:26C'est au peuple français
41:27à décider ?
41:29Bien sûr.
41:30C'est au peuple français
41:31à décider ?
41:32Oui,
41:32c'est au peuple français
41:33de décider
41:34de manière qui ne sont
41:34dans la démocratie
41:35donc on peut le souhaiter
41:35effectivement.
41:36Gageons que le sujet
41:38dont nous venons de débattre
41:40avec courage et pertinence
41:41vous n'avez pas mâché
41:42vos mots messieurs
41:43et vous êtes resté
41:43dans le palom vrai
41:44sera au cœur
41:45des enjeux
41:46de la future campagne
41:48présidentielle de 2027
41:49et que peut-être
41:51le candidat
41:52qui sortira en tête
41:54aura compris
41:56l'urgence
41:57à redonner à la France
41:58sa gloire,
41:59son honneur,
42:00sa souveraineté,
42:00sa capacité de dissuasion
42:01mais surtout
42:02le message universel
42:03qui est celui
42:04d'abord d'une immense fraternité
42:06n'est-ce pas ?
42:06La dissuasion
42:07c'est pour garantir la paix.
42:08Une France forte
42:10dans une Europe unie
42:10oui,
42:11c'est important.
42:12Bon,
42:12merci mon général,
42:13merci Christophe Boutin,
42:14merci d'avoir été en direct
42:15sur Sud Radio.
42:16Quant à nous,
42:17je vous dis à lundi prochain
42:18pour d'autres aventures
42:19d'information
42:19et là je vous laisse
42:21en compagnie de Brigitte
42:22qui va vous tenir
42:23des propos bien plus apaisés
42:24bien plus rassurants
42:25que ce qu'on a pu vous dire
42:26jusqu'à présent.
42:27Bonne journée,
42:27merci,
42:27à bientôt.
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