00:007h56, La Politique avec vous, Paul Sujit, journaliste au Figaro. Bonjour Paul.
00:03Bonjour Romain.
00:04Le gouverneur de la Banque de France, François Villedroit de Gallo, quitte ses fonctions après 11 ans à la tête
00:09de la Banque Centrale du pays.
00:11Quand on lui demande quelle est sa principale inquiétude, il répond sans hésitation, l'état de nos finances publiques.
00:17Oui, il y a une forme de tradition, Romain, au sommet de l'État, qui veut que l'on dise
00:20toutes les vérités, y compris les plus désagréables à entendre,
00:22au moment où l'on quitte ses fonctions. On se souvient de Gérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieur,
00:26qui parlait d'une France qui risque de vivre un jour face à face.
00:28Eh bien, François Villedroit de Gallo, lui, évoque le sujet de la dette et des finances publiques,
00:33et il parle en des termes qui méritent d'être écoutés.
00:35Depuis 2010, dit-il, le constat est frappant.
00:38Nous sommes dans la moyenne européenne sur la croissance, on s'est amélioré sur l'emploi,
00:43mais nous avons dégradé les finances publiques, et le chiffre qu'il cite est alarmant.
00:47Depuis 2010, la dette publique en zone euro est restée globalement stable quand on la mesure en proportion du PIB
00:52des États.
00:52En France, elle a augmenté de 30 points.
00:54Depuis 2010, c'est une période assez vaste, mais entre-temps, il y a eu 9 à 10 ans de
00:59mandat d'Emmanuel Macron.
01:01Et c'est vrai que, contrairement à toutes les promesses de campagne et des origines,
01:03le président Emmanuel Macron restera, entre autres, comme le président de la dette.
01:08Il a englué le pays et l'a privé durablement des moyens de sa réussite.
01:13Voilà, le principe de la dette, on le connaît, c'est que ce sont les suivants qui payent.
01:17Donc, en clair, ceux qui sont les plus jeunes aujourd'hui.
01:19Oui, et François Villeroy de Gallo, qui rappelle avec humour qu'il est lui-même un senior,
01:23mais pose les problèmes en ces termes, c'est-à-dire en des termes générationnels.
01:26C'est un vrai problème générationnel, dit-il.
01:28Nous transférons la charge de la dette et des retraites à nos enfants.
01:32Nos choix collectifs ne peuvent pas toujours rester gérontocratiques
01:36et jouer contre la jeunesse et contre l'avenir.
01:38Voilà ce qu'il disait à Maréviso et Fabrice Naudet-Langlois dans cet entretien au Figaro.
01:42Et c'est vrai qu'en lisant, on a le sentiment que la notion de génération future,
01:46qui est invoquée à Nozéam pour justifier des politiques très engagées sur l'écologie,
01:50l'environnement, ce qui est évidemment normal,
01:52mais ne sont beaucoup moins citées au cœur du débat public
01:55lorsqu'il s'agit de parler de finances publiques, de dettes,
01:58alors que pourtant, le sujet est le même.
02:00Quel monde allons-nous laisser demain à nos enfants et nos petits-enfants ?
02:03Je n'ai pas l'impression que ce soit au cœur du débat présidentiel pour l'instant.
02:06Non, je ne crois pas.
02:07Nos 3 200 et quelques milliards d'euros de dettes passionnent les agences de notation.
02:12Il vous en manque 300, on est à 3 500.
02:143 500, je vous en disais.
02:16C'était probablement plus que 3 500.
02:20Je vois que vous, vous avez un œil dessus, Romain, en permanence,
02:22mais c'est vrai que le débat public s'est beaucoup décentré de cette question de la dette,
02:26alors que les agences de notation, encore une fois, la scrutent avec inquiétude.
02:30Et les prétendants à l'Elysée, eux, semblent regarder ailleurs.
02:33Alors certes, Jean-Dane Bardella, par exemple,
02:35incarne une inflexion dans le discours du Rassemblement national,
02:37puisqu'il parle notamment de ramener le déficit sous les 3%.
02:40Mais on ne sait pas encore exactement comment.
02:42Et surtout, il agite dans le même temps le retour, par exemple,
02:45à des âges de départ à la retraite invraisemblables
02:48ou une baisse de la TVA sur l'énergie,
02:49des chèques dont on ne sait pas très bien qui pourra les signer.
02:51À droite, Xavier Bertrand, Édor Philippe,
02:54le renvoqué par exemple, se disputent le match de la petite phrase.
02:56On a le sentiment que le redressement des comptes publics
02:58est d'abord un slogan plus qu'un véritable programme.
03:00À gauche et à l'extrême gauche, la question ne se pose même pas.
03:03Jean-Luc Mélenchon pense que l'on peut effacer la dette d'un trait de plume
03:06comme on effacerait toutes ces saillies par le passé.
03:10La vérité, c'est qu'au fond, personne ne veut bien sûr être le candidat de la rigueur.
03:13C'est rarement là-dessus qu'on gagne une élection.
03:15La dette continue de s'accumuler tranquillement,
03:17en attendant que quelqu'un d'aile s'en occupe,
03:18peut-être plus tard, en 2032-2037.
03:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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